Marion Cotillard tourne dans un premier film

Posté par vincy, le 9 octobre 2017

C'est aujourd'hui que commence le tournage du premier long métrage de Vanessa Filho, Gueule d'ange, avec Marion Cotillard en vedette. Pour le film, l'actrice semble s'être teinte en blonde selon les photos récentes postées sur Instagram.

Cela faisait 11 ans, depuis Fair Play de Lionel Bailliu et Dikkenek d'Olivier Van Hoofstadt, que la star française n'avait pas tourné dans un premier film. Entre temps, elle a eu un Oscar, un César etc...

Ayline Etaix, Alban Lenoir et Amélie Daure sont également au générique de ce drame qui raconte la vit de Marlène, une mère célibataire, autodestructrice et sans repères, qui, une nuit, après une rencontre en discothèque, décide de partir et d'abandonner sa fille de huit ans, qui boit en cachette. Ellie, surnommée Gueule d'ange, est livrée à elle-même, et sombre dans l'alcoolisme, jusqu'à sa rencontre avec Julio, un ancien plongeur de la mort, auquel elle s'attache.

Le scénario est coécrit par la primo-réalisatrice, François Pirot (Mobile Home) et Diastème (Un Français).

Le film a bénéficié de l'Avance sur recettes et sortira en 2018, distribué par Mars Films.

Vanessa Filho, photographe et vidéaste, a déjà réalisé quelques courts métrages, clips vidéos (notamment "U Turn" de Aaron), et un documentaire court sur Daniel Darc.

Marion Cotillard n'a rien tourné depuis un an; Elle était à l'affiche cette année de deux films: Les fantômes d'Ismaël et Rock'n Roll.

Cabourg 2017 : Le romantisme dans tous ses états

Posté par kristofy, le 19 juin 2017

juliette binocheCabourg c'est "Le romantisme est un état dans tout ses états", pour l'écrivain Gonzague Saint Bris qui avait soutenu la création d'un festival de cinéma dans cette ville liée à cet autre écrivain autrement plus célèbre Marcel Proust. Célébration du glamour et ouverture d'esprit vers la découverte, depuis 31 ans Cabourg est autant un évènement pour les films d'aujourd'hui et pour les talents de demain, avec une compétition plus pointue et une sélection grand public qui n'hésite pas à sortir des sentiers battus. Le cœur ici a ses déraisons.

Cabourg, le glamour

Le Festival du film de Cabourg a fêté la 31ème édition de ses Journées Romantiques. Durant quelques jours caniculaires, sa plage normande est devenue un tapis rouge chic avec Marion Cotillard en présidente du jury. Le plus long tapis rouge, partant du Grand Hôtel et s'achevant au Casino. Cotillard le connaît bien puisqu'elle avait été récompensée dès 2000 avec un Swann d'or de la révélation pour Du bleu jusqu’en Amérique puis ensuite en 2007 avec un Swann d'or de la meilleure actrice pour La môme, qui lui vaudra ultérieurement un César et un Oscar.

© ecran noirDeux autres talents oscarisés étaient ici lors de la clôture et à l'occasion de deux séances spéciales : Juliette Binoche pour Un beau soleil intérieur et Michel Hazanavicius (venu avec l'actrice Stacy Martin qui a bien chauffé la piste de danse du Gatsby avec Félix Moati samedi soir) pour Le Redoutable, soit deux films qui étaient au Festival de Cannes en mai dernier.

En effet, de par son placement dans le calendrier, les salles de cinéma de Cabourg bénéficient d'un avantage: le public peut y découvrir avant de nombreux spectateurs certains films de la Croisette : Ava de Léa Mysius, Cuori Puri de Roberto De Paolis, Mobile Homes de Vladimir de Fontenay (mention spéciale du jury), Une vie violente de Thierry de Peretti, Jeune femme de Léonor Serraille (qui avait gagné laCaméra d'or), 120 battements par minute de Robin Campillo (Grand prix du jury à Cannes et prix du public à Cabourg), Le ciel étoilé au-dessus de ma tête d'Ilan Klipper, avec Camille Chamoux, Marilyne Canto et Alma Jodorowsky.

Quand on est romantique on fait des déclarations d'amour, c'est ce que Cabourg fait avec un Swann d'or remis à une personnalité qui a fait battre le coeur du cinéma français durant l'année. Le palmarès a donc fait briller Rabah Nait Oufella (révélation masculine), Doria Tillier (révélation féminine et excellente en chanteuse au piano-bar), Reda Kateb (meilleur acteur), Béatrice Dalle (meilleure actrice). Et pour le meilleur film Sage femme de Martin Provost : "Faire des films c’est apprendre quelque chose de soi pour le donner aux autres ."

Le Festival du film de Cabourg c'est environ une soixantaine de séances avec beaucoup de films européens (Espagne, Islande, Danemark, Allemagne, Italie...), et pour les 7 films en compétition pour la moitié il s'agit de premiers films.

Cabourg, les découvertes

L'amour a ses raisons que la raison ignore, et le romantisme à Cabourg c'est bien plus que de la comédie ou du drame selon Suzel Piétri, la déléguée générale : "des intermittences du coeur, des pulsions amoureuses, artistiques, politiques, des questions d'écologie, d'identité et de genre, des questions raciales et sociétales...". Ainsi on chante Céline Dion avec Anne Dorval, on plonge dans le décolleté d'Elodie Frégé, on se fait dédicacer le livre d'Aure Atika: il y a tant de manières de déclarer sa flamme à ce festival.

Pour la compétition il y a un film qui se détache des autres en ayant été récompensé à la fois par le jury de la compétition et par le jury de la jeunesse : Une femme fantastique (Una mujer fantástica) du chilien Sebastian Lelio, à découvrir dans les salles le 12 juillet. L'héroïne est confrontée à la famille de son amant décédé, car en plus d'être beaucoup plus jeune cette Marina s’appelait avant Daniel... Depuis quelques années Cabourg organise aussi une cérémonie pour le Prix du Premier Rendez-vous pour encourager la première apparition marquante dans un long-métrage, qu'on espère retrouver ensuite. Ont été ainsi remarqués pour ce prix la jeune actrice Léna Magnien dans Jamais contente de Emilie Deleuze et l'acteur Soufiane Guerrab dans Patients de Grand Corps Malade er Mehdi Idir. Dans la section courts-métrages certains réalisateurs sont d'ailleurs déjà en train de préparer leur prochain projet de film.
En plus des multiples sections (panorama, jeunesse, par amour de la musique...), le festival inaugure une nouvelle petite sélection au nom fleuri de Catleya, une variété d'orchidée chère à Marcel Proust qui avait fait de Cabourg son lieu de villégiature : Catleya compile quelques séances pour public majeur et averti. L'occasion de revoir Mademoiselle de Park Chan-wook mais surtout de découvrir en avant-première Passade avec Fanny Valette et Amaury de Crayencour dans une chambre d'hôtel, et Even lovers get the blues du belge Laurent Micheli.

Cabourg, la fête du cinéma avant l'été...

Le Festival de Cabourg c'est donc pour son public toujours quantité de films en avant-première : Les Ex de Maurice Barthélémy venu avec Stéfi Celma, Alice David, Amaury de Crayencour et Baptiste Lecaplain, le réjouissant Cherchez la femme présenté par Félix Moati, Willima Leghhil et Camélia Jordana, en salles le 28 juin, Loue-Moi! présenté par Déborah François, Alison Wheeler, prévu le 5 juillet, l'excellent 120 battements par minute de Robin Campillo à découvrir le 23 août, le surprenant Le chemin de Jeanne Labrune avec Agathe Bonitzer au Cambodge calé pour le 6 septembre... Il y en a pour tous les goûts: errances asiatiques entre fantômes et tentations pour Agathe Bonitzer ou duel névrotique entre Lars Eidinger et Adèle Haenel, voyage à Hiroshima avec un réalisateur japonais parisien ou questionnements d'un trentenaire parisien d'origine chinoise, deuil d'une jeune enfant espagnole ou battements du cœur d'adolescents islandais.

N'oublions pas le coup de cœur Their Finest réalisé par Lone Scherfig, avec la crème du cinéma britannique - Gemma Aterton, Bill Nighy, Sam Claflin, Eddie Marsan )- qui suit une femme devenue scénariste dans une société de production dominée par les hommes. Cela se déroule durant la guerre. La société doit produire un film à propos d'une opération de sauvetage de soldats à Dunkerque (ce qui fait écho au Dunkirk de Christopher Nolan). C'est le film romantique idéal : de la romance compliquée bien sûr, du féminisme, de l'humour, la passion de faire de continuer à faire du cinéma quoiqu'il arrive en temps de guerre... Their Finest sera prochainement distribué par EuropaCorp.

Ce qu’il faut savoir sur le 31e Festival du film de Cabourg

Posté par vincy, le 14 juin 2017

Le 31e Festival du film de Cabourg, dédié au cinéma romantique, s'ouvre ce mercredi 14 juin et se clôturera le dimanche 18 juin. Qui succédera à Diamond Island (Grand prix du jury l'an dernier) et Mr. Ove (Prix du public)?

Un jury très étoilé: Marion Cotillard (Swann d'or de la meilleure actrice en 2007) préside le Grand jury qui décernera le Grand prix du jury samedi 17 juin. Elle sera entourée d'Aure Atika, Camille Cottin, Anne Dorval, Hugo gélin, Nathanël Karmitz, Camille Laurens, Ibrahim Maalouf et Manu Payet (Swann d'or du meilleur acteur en 2016). Le jury jeunesse, composé de 6 collégiens et lycéens, sera parrainé par Nora Arzeneder et Stéphane de Freitas. Pour les courts-métrages, le jury est présidé par Gabriel Le Bomin, avec à ses côtés Swann Arlaud, Olivier Chantreau, Elodie Frégé,Yaniss Lespert, Salomé Richard et Solène Rigot.

Une compétition éclectique: Ava de Léa Mysius, prix SACD à la dernière Semaine de la Critique, Cuori Puri de Roberto De Paolis, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, Eté 93, prix du meilleur premier film à Berlin, Heartstone de Gudmundur Arnar Gudmundsson, Grand prix du jury et prix du public à Angers, Queer Lion à Venise, Mobile Homes de Vladimir de Fontenay, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, Une femme fantastique de Sébastian Lelio, Ours d'argent du meilleur scénario et Teddy Award à Berlin, et Walk With Me de Lisa Ohlin.

Un panorama "romantique" pour le public: le prix du Public sera choisi parmi les 12 films suivants.

120 battements par minute, Grand prix du jury à Cannes
L'âme du tigre
Cherchez la femme
Le chemin
Le ciel étoilé au-dessus de ma tête
Les Ex
Jeune femme, Caméra d'or à Cannes
Loue-moi!
Lumières d'été
The Bloom of Yesterday
Their Finest
Une vie violente

Premiers Rendez-vous: pour ce prix qui récompense la première apparition d'un(e) comédien(ne), sont en lice Jamais Contente d'Emile Deleuze avec Lena Magnien et Patients de Grands Corps Malade et Mehdi Idir, avec Pablo Pauly. La cérémonie a lieu vendrredi 16 juin.

Dans les salles, sur la plage, pour la musique, pour la passion: Cabourg proposera aussi de revoir ou de découvrir des films "romantiques" de l'année écoulée tels Django, Monsieur & Madame Adelman, Nocturama, Sage femme, Mountain Cry, La tortue rouge, Mademoiselle, Passade ou encore Even Lovers get the blues...

Une histoire de plumes: signatures, lectures, conférences, Cabourg propose aussi des rencontres hors-cinéma. Christine Citti lira ainsi le scénario de Caroline Vignal, Cévennes, Aure Atika et Camille Laurens ont été invité à dédicacer leurs livres (Christine Citti lira également des extraits de leurs romans), et Gonzague Saint-Bris animera une conférence où se mêleront sexe et pouvoir. Chaud!

Daily Cannes: Sécurité, Marion, Monica, Pedro et un tweet

Posté par cynthia, le 17 mai 2017

Des caméras partout, un système de sécurité renforcé, Cannes est non seulement sous le signe du soleil mais aussi sous le signe de la protection cette année. 10 mois après les attentats de Nice, la ville aux mille étoiles a fortement investi dans sa protection afin d’accueillir comme il se doit les célébrités et autres fans présents tous les ans sur la croisette.

Cette 70e édition du festival démarre sous surveillance et sous le signe du glamour avec Monica Bellucci qui préside les festivités en tant que maîtresse de cérémonie et l'équipe du nouvel Arnaud Desplechin qui illumine le premier tapis rouge.

La conférence de presse du jour: Les fantômes d' Ismaël d'Arnaud Desplechin.

L'équipe du film a illuminé le photocall et la conférence de presse. Si Marion brille, Charlotte Gainsbourg nous a scotchés dans sa tenue sublime mais "casual" ou comment l'actrice/chanteuse a su allier le naturel à la croisette. La star, c'est évidemment Marion Cotillard, qui, bonne joueuse est également admirative de Charlotte Gainsbourg. "Les actrices de ma génération sont toutes sous le charme de Charlotte Gainsbourg".
Côté boulot, l'ancienne Môme affirme ne pas avoir de méthode de travail et qu'elle a su interpréter son personnage en ayant appris sa respiration. Un peu psychédélique comme réponse. Connaître le corps pour pénétrer l'âme, jolie formule.
Lors de cette conférence, la question "femme" a été abordée: "J'ai rencontré plus d'hommes que de femmes dans ma carrière... J'aimerais bien que ça change d'ailleurs (rires) même si j'ai tourné avec des acteurs merveilleux, j'aimerais beaucoup tourner avec plus de femmes".

Focus: Marion Cotillard et Monica Bellucci

L'une est italienne, l'autre est française, chacune n'est plus à présenter et connaît Cannes par cœur. Ces deux brunettes arpentent la Croisette avec glamour depuis longtemps: Monica huit fois, Marion sept. Les deux actrices font limite parties du décor.
Maîtresse de cérémonie pour la seconde fois, Monica Bellucci confie à la télévision française que cette année nous allons beaucoup parler de femmes grâce aux 12 réalisatrices en sélection officielle en ajoutant que le réalisateur Almodovar, président du jury est "un amoureux des femmes". Vous l'aurez compris, la femme est à l'honneur cette année (et tant mieux).
L'actrice italienne confie même son attachement en tant que professionnelle à Cannes: "Mon parcours cinématographique ne serait pas le même sans Cannes."
Côté Cotillard: elle confie la pression qu'elle ressent à chaque fois qu'elle monte les marches: "J'ai trouvé mes marques dans l'exercice du red carpet comme on l'appelle, mais à Cannes c'est particulier...à chaque fois j'ai le trac."

Deux films en moins pour la Palme d'or?

"Ce serait un énorme paradoxe que la Palme d'or ou un autre prix à un film ne puisse pas être vu en salles" a déclaré Pedro Almodovar lors de la conférence de presse du jury, pointant du doigt The Meyerowitz Stories de l'Américain Noah Baumbach et Okja du Sud-Coréen Bong Joon-Ho, tous deux en compétition et qui ne sont prévus que pour une diffusion sur Netflix. Le cinéaste a ajouté: "Tout ça ne signifie pas que je ne suis pas ouvert aux nouvelles technologies ou à tout ce que ces technologies nous apportent". "A mon sens, ce qui est déterminant lorsqu'on voit un film pour la première fois, c'est la taille de l'écran: la taille ne devrait pas être plus petite que la chaise sur laquelle vous êtes assis. Il faut vraiment avoir le sentiment d'être humble et petit par rapport au grand écran". Il épaissit la couche en précisant:"La seule solution est que les nouvelles plateformes acceptent les règles en place (...) et notamment aussi toutes les règles financières ou fiscales".

L'instant tweet

Parce que sur Twitter on trouve des perles rares, on a décidé en ce 70e festival de Cannes de vous faire partager un tweet pertinent, drôle (ou les deux) par jour.

Aujourd'hui c'est @CliveTwo qui mélange politique et cinéma en taclant Manuel Walls et son extrême dévotion à vouloir être partout.

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Cannes 70: Et Cannes créa l’actrice française…

Posté par vincy, le 23 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-25. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

Au fil des décennies, entre flâneries sur la Croisette, poses sur le tapis rouge, robes traînant sur les marches ou sourires radieux éclairés par les flashs des photographes, l'actrice française a su être la Marianne, l'emblème du chic gaulois, l'ambassadrice de la beauté et le symbole d'un jeu mêlant glamour et drame. Souvent jurées, voire présidentes de jury, les comédiennes ont aussi été les égéries de grandes marques, les figurantes classes d'une montée des marches ou d'une remise de prix.

Inutile d'en faire la liste exhaustive. Elles sont toutes passées par Cannes. De Danielle Darrieux à Emmanuelle Béart, de Marie-France Pisier à Laetitia Casta en passant par Simone Signoret, Sandrine Bonnaire ou Nathalie Baye. Mais on ne va en retenir que quelques-unes, celles qui ont cette particularité d'avoir marqué le Festival, par leur nombreux films sélectionnés ou par leur présence sensationnelle, et qui ont un retentissement mondial, dont Cannes n'est pas étranger. Un Top 10, qui couvre toutes les décennies cannoises. Et en cadeau bonus, une comédienne à part dont on fête les 50 ans de la disparition.

Françoise Dorléac. Il y a 50 ans, le 26 juin 1967, Françoise Dorléac disparaissait tragiquement pas très loin de Cannes. Elle avait 25 ans. La sœur de Catherine Deneuve était alors une des rares stars françaises de la nouvelle génération. 16 films à son actif en 8 ans de carrière. Magnétique, charmeuse, à l'aise dans la comédie et le drame, gracieuse, la comédienne avait tout pour plaire. Elle avait tourné avec Michel Deville, René Clair, Édouard Molinaro, Philippe de Broca, Roger Vadim, Roman Polanski, Ken Russell.

Tout la destinait à une carrière internationale. Juste avant son accident de voiture, elle avait conquis le public, en compagnie de Deneuve, avec les éternelles Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy. Pourtant c'est bien un film de Demy et avec Deneuve qui avait assombrit son passage sur la Croisette.

En 1964, Françoise Dorléac accompagnait le film de François Truffaut, La peau douce. Dorléac et Truffaut sont alors en couple. La première est au top du box office avec L'Homme de Rio. Le second a des difficultés financières. Le film est là pour consacrer la star en devenir et remettre le réalisateur sur les rails de la prospérité. Hélas, la critique éreintera le beau drame adultérin. Et le jury ignorera complètement le film au palmarès. Le film ne sera finalement vu que par 600000 spectateurs. La blessure est immense pour Truffaut, qui ne reviendra plus à Cannes avant 1973.

Mais l'ironie de l'histoire est ailleurs, dans un match que personne n'attendait. De ce Festival, personne ne retiendra la sublime Françoise Dorléac. Tous les yeux étaient rivées sur sa cadette, Catherine Deneuve, qui explose à Cannes avec son premier grand rôle dans le film qui, en bonus, reçoit la Palme d'or : Les Parapluies de Cherbourg.

Michèle Morgan. Le cas particulier de l'actrice récemment disparue est qu'elle était déjà une star internationale lorsqu'elle est venue au premier festival de Cannes, en 1946. Elle y a présenté La symphonie pastorale en compétition. Elle est revenue en compétition en 1956 avec Marie Antoinette, reine de France, en 1990 avec Ils vont tous bien et hors-compétition en 1962 avec Le crime ne paie pas. Ce fut surtout la première actrice de l'histoire du Festival à recevoir le prix d'interprétation féminine. La quintessence du jeu à la Française où elle incarne une aveugle dans le film de Jean Delannoy. C'était son grand retour en France, pays qu'elle avait quitté au début de la guerre pour Hollywood. Elle avait le mal du pays et son passage sur la Côte d'Azur lui faisait un bien fou. Elle était ravie de son prix. Et à jamais, l'image la plus représentative de ce premier festival c'est cette jeune femme de 25 ans, en bikini, libre et radieuse, s'amusant devant les photographes sur le sable de la plage du Carlton.

Brigitte Bardot. Avec elle l'après-guerre prend fin, l'émancipation sexuelle éclot, la libération de la femme naît. La star des starlettes, c'est elle. Elle débarque sur la Croisette et va affoler paparazzis et photographes. La première "people" de l'histoire du Festival. Brigitte Bardot n'a jamais été en compétition à Cannes.

Mais sa seule présence, en "touriste", en 1953, convaincue que son sex-appeal ferait tourner la tête des festivaliers, a suffit à en faire une vedette dans l'air du temps. Elle n'a tourné que quelques films, avec des petits-rôles. Son sex-appeal n'est pas encore mondial. Elle vit avec Roger Vadim, qui a des difficultés à monter son film, Et Dieu créa la femme... En débarquant à Cannes, elle veut à la fois voler la vedette aux grandes actrices, améliorer sa notoriété et ainsi rassurer les éventuels producteurs d'investir dans le projet de son époux.

Le film sort trois ans plus tard, grâce à la participation financière de l'acteur principal, Curd Jürgens. Il en fait une actrice de premier rang. Déchaînant les passions, défiant la censure, entre érotisme libéré et modèle féministe, Et Dieu créa la femme... entraînera aussi la fin du couple Bardot/Vadim.

Jeanne Moreau. Deux fois présidente du jury (1975 et 1995), Jeanne Moreau est l'une des plus fortes incarnations du festival. A la fois actrice incontournable, autorité cinéphile, muse de la Nouvelle vague, citoyenne engagée. Lady Moreau a débarqué en 1960 avec Moderato Cantabile. Elle fait face à Jean-Paul Belmondo dans un film mis en scène par Peter Brook d'après le roman de Marguerite Duras. Excusez du peu. Jeanne Moreau obtient le prix d'interprétation à Cannes.

Elle a déjà dix ans de carrière derrière elle, avec Vadim, Malle, Becker, Allégret, Decoin dans sa filmographie. Certains de ses films ont été de jolis succès (La Reine Margot a séduit 2,4 millions de Français). Moderate Cantabile sera aussi un succès avec un million de spectateurs. Mais ce prix d'interprétation à Cannes est son premier grand prix international.

De ce jour-là, elle ne quittera plus la Croisette avec parfois deux films en compétition la même année (en 1966 tout comme en 1991). Les dernières fois où Jeanne a présenté un film à Cannes, c'était en 2005, à Un certain regard avec Le temps qui reste de François Ozon, et en 2009 avec Visage de Tsai Ming-liang, en compétition. Elle n'était pas là pour monter les marches. Le temps est passé.

Catherine Deneuve. On ne va pas s'éterniser sur le cas Deneuve. Une Palme d'or d'honneur. Un prix d'interprétation spécial. Deux films ayant reçu la Palme d'or. Une vice-présidence de jury. Plusieurs fois remettante de la Palme. La Deneuve est plus qu'une abonnée de la Croisette, elle est Cannes. Même si elle apprécie peu le chaos du Festival comme toutes ces mondanités du 7e art. Le plus impressionnant est sans doute le nombre de films qu'elle a accompagné, depuis son lancement au firmament des étoiles en 1964, avec Les Parapluies de Cherbourg, jusqu'à aujourd'hui. Six décennies de présence ininterrompues.

D'abord Hors compétition avec Luis Bunuel, Claude Lelouch, Tony Scott et Alain Corneau. Puis régulièrement en compétition grâce à André Téchiné (trois fois), Manoel de Oliveira, Raoul Ruiz, Leos Carax, Lars von Trier, Marjane Satrapi, Arnaud Desplechin... Ces dernières années, elle a soutenu un film d'ouverture, une petite production de Paul Vecchiali, un film de Christophe Honoré. Mais elle est surtout revenue pour présenter ses grands films à Cannes Classics, du Dernier métro à Indochine, du Sauvage à La vie de château.

Cannes a toujours illustré sa carrière en soulignant son éclectisme et son ouverture sur le monde. Star mondiale, elle assume son rôle : avec des tenues extravagantes et glamours de grands stylistes, en épaulant la novice Björk qu'elle défend en conférence de presse, en rendant hommage aux cinéastes à qui elle doit beaucoup ou en embrassant à pleine bouche le Maître de cérémonie, juste pour le fun.

Isabelle Huppert. On a déjà évoqué le cas spécifique de Isabelle Huppert dans cette série (lire notre article). L'actrice est celle qui a reçu deux prix d'interprétation, avec ses deux cinéastes emblématiques (Chabrol et Haneke). Une exception en soi. Depuis Aloise en 1975, Huppert est une régulière. Dès l'année suivante elle est couronnée avec Violette Nozière. Quatre films en compétition dans les années 70, 6 dans les années 80 (dont trois en 1980), 2 dans les années 90, 2 dans les années 2000 et 6 depuis 2010.

Avec les autres sélections, le compteur explose. Huppert est une sorte de quintessence cannoise. L'actrice française par excellence, qui, comme Moreau, Deneuve, Binoche ou Cotillard, est sur le tapis rouge pour un film français, européen, américain ou asiatique. Elle n'a aucune frontière. Toutes ces comédiennes révèlent ainsi l'universalité du cinéma, en bonnes héritières des frères Lumière et de l'esprit des Lumières.

Isabelle Adjani. En 1976, Adjani arrive sur la Croisette, auréolée du génie qu'on lui colle à la peau, avec Roman Polanski, pour Le Locataire. Elle est déjà populaire (La gifle), admirée (L'histoire d'Adèle H), curieuse (Barocco). Cannes s'offre alors les deux Isabelle. La Huppert qui repartira avec un prix d'interprétation pour Violette Nozière. L'Adjani déjà insaisissable.

Isabelle A. et Isabelle H. reviennent d'ailleurs ensemble en 1979 avec un Téchiné, Les sœurs Brontë. Mais en 1981, c'est bien Adjani qui domine Huppert. La star de l'époque,c'est elle. Elle obtient un prix d'interprétation pour deux films radicalement différents: Quartet de James Ivory et Possession d'Andrzej Zulawski. Ce dernier film a été un cauchemar. Le début du déraillement qui la conduira dans le mur dix ans plus tard.

Entre temps, elle revient à Cannes, avec L'été meurtrier. Puis se fait rare. Le désastreux Toxic Affair est présenté hors-compétition en 1993. Un échec. Son grand retour s'annonce en 1994 avec La Reine Margot. Le rôle de Jeanne Moreau. Catherine Deneuve au jury. Adjani au sommet. Mais c'est Virna Lisi qui emporte le prix d'interprétation. Une dispute au sein du jury prive la Reine Isabelle de la gloire promise. Et l'étoile file vers les confins obscurs d'une galaxie de films plus ou moins oubliés. Parfois, elle revient briller. Pour présider le 50e Festival de Cannes, remettre un prix, ou s'attirer la colère des photographes. Elle sait encore créer l'événement.

Sophie Marceau. On ne peut pas passer à côté de l'actrice chérie des Français. A Cannes, elle n'a jamais été en compétition. Tout juste au début de sa carrière, elle a quand même accompagné Noiret, Depardieu et Deneuve sur le tapis rouge pour le film d'ouverture de 1984, Fort Saganne. 25 ans plus tard, elle est revenue en séance de minuit avec un film de genre, Ne te retourne pas. Elle a bien présenté deux films à Un certain regard (dont son premier film en tant que réalisatrice, le court métrage L'aube à l'envers).

Bref on ne peut pas dire que Sophie Marceau ait une histoire particulière en tant qu'actrice avec Cannes. Elle fut quand même membre du jury en 2015. Mais, connue de la Chine à la Russie, du Japon à l'Allemagne, elle a souvent été réclamée par Cannes pour faire sensation sur le tapis rouge ou remettre un prix. Parfois tout se mélangeait. Un décolleté qui dénude un sein, une robe qui s'emmêle les pinceaux, une autre qui dévoile sa culotte, un discours brouillon où tout se mélange. Son franc-parler, sa sincérité, sa personnalité difficile affrontent alors les quolibets, moqueries, critiques. C'est la copine sympa qu'on regrette parfois d'inviter. Mais elle fait partie du folklore. Les malheurs de Sophie ont toujours fait le bonheur des magazines people et féminins qui ne viennent pas à Cannes pour le cinéma mais bien pour chopper une Cendrillon perdant sa chaussure sur les marches.

Juliette Binoche. Comme Deneuve, elle est née sur la Croisette. En 1985, l'actrice vient de présenter le dernier film de Godard, Je vous salue Marie à Berlin. Trois mois plus tard, elle monte les marches grâce à André Téchiné pour Rendez-vous, le film qui la révèle définitivement. Elle obtient quelques mois plus tard sa première nomination aux César comme meilleure actrice et reçoit le Prix Romy Schneider. Rendez-vous sera primé pour sa mise en scène et Binoche, nue sur l'affiche, va alors rapidement devenir l'une des comédiennes les plus sollicitées.

Pourtant, il faut attendre quinze ans avant qu'elle ne revienne à Cannes. Entre temps, elle a eu un Oscar, un César, un prix à Venise et un autre à Berlin. La jeune comédienne est devenue une actrice internationale. Et c'est d'ailleurs avec des cinéastes étrangers qu'elle vient sur la Croisette : Michael Haneke, Hou Hsiao-hsien, Abbas Kiarostami, qui lui permet, grâce à Copie Conforme, de réaliser le grand chelem, et David Cronenberg. Olivier Assayas (co-scénariste de Rendez-vous) et Bruno Dumont ont été les deux derniers cinéastes en date à la faire briller sur les marches. Mais surtout, Juliette Binoche a été la seule actrice française a être le visage de Cannes, égérie le temps d'une édition, sur une affiche bleue électrique.

Marion Cotillard. Après un long moment où les vedettes francophones se sont enchaînées dans l'histoire de Cannes - Emmanuelle Devos, Elodie Bouchez, Audrey Tautou, Valéria Bruni Tedeschi, Emilie Dequenne, Ludivine Sagnier, Mélanie Laurent, etc... - une seule actrice a émergé dans les années 2000 : Charlotte Gainsbourg, qui fut d'ailleurs récompensée par un prix d'interprétation en plus d'être membre du jury. Mais on ne peut pas dire que sa filmographie comme son itinéraire soit liés à Cannes. Ce fut plutôt une forme de consécration d'une déjà longue carrière.

En revanche, Marion Cotillard, après plus de quinze ans de carrière, un Oscar, deux César et quelques films hollywoodiens, va devenir la plus fidèle des actrices à partir de 2010. C'est déjà une star et elle va devenir durant cette décennie l'actrice cannoise par excellence. Pas une année depuis Minuit à Paris en 2011 où elle n'aura pas un ou deux films en sélection officielle: De rouille et d'os en 2012, The Immigrant et Blood Ties en 2013, Deux jours, une nuit en 2014, Le petit prince et Macbeth en 2015, Juste la fin du monde et Mal de pierres en 2016, Les fantômes d'Ismaël en 2017.

Miss Dior qu'on adore ou qu'on abhorre est devenue une tête d'affiche pour Hollywood et une valeur sûre pour les films de festivals. A chaque fois le prix d'interprétation lui échappe. Mais après tout, Deneuve, Binoche ou Gainsbourg justement ont du longtemps attendre avant de l'obtenir. C'est l'actrice qui tourne avec un québécois, un américain, un australien, deux belges, son mari, les grands auteurs du cinéma français. Elle a troqué le taxi marseillais pour la limousine de Renault cannoise. Cotillard c'est la french touch du XXIe siècle.

Léa Seydoux. Dernière venue du casting. Il y a eu La vie d'Adèle, avant et après. Avant pourtant, elle était déjà un peu connue avec des auteurs comme Bonello, Breillat, Honoré, Ruiz. Mais Cannes, elle était surtout hors-compétition, en second rôle. Dans Robin des Bois et Minuit à Paris (comme Cotillard). Ou avec un personnage éphémère dans le premier chapitre de Inglorious Basterds en compétition.

Il faut attendre 2013 pour qu'elle s'impose. Dans Grand central à Un certain regard et dans La vie d'Adèle en compétition. Le film obtient la Palme d'or. On n'a d'yeux que pour sa partenaire, la novice et fraîche Adèle Exarchopoulos. Mais les deux comédiennes reçoivent une Palme chacune en distinction honorifique. Une première. Pour Léa Seydoux, c'est le grand virage. Les grosses productions s'ouvrent à elle, de James Bond à Wes Anderson. Elle devient la It-Girl frenchy du cinéma mondial.

Depuis sa Palme, elle est toujours en compétition: chez Bonello avec Saint Laurent, chez Lanthimos avec The Lobster, chez Dolan avec Juste la fin du monde. A l'instar de Cotillard, elle navigue entre blockbusters et films d'auteur, entre Tom Cruise et Benoit Jacquot. Elle assure la promo et assume son statut de "cover girl", avec belles robes, bijoux et ce petit accent français quand elle parle anglais. Elle aussi se joue des frontières, des genres, des étiquettes. Elle vise la catégorie "world actress". Avant la femme française faisait rayonner le cinéma du pays dans le monde ; aujourd'hui le cinéma mondial fait rayonner l'actrice française.

Edito: Une exception française

Posté par redaction, le 30 mars 2017

Juliette Binoche tente une opération grande séduction auprès d'un public populaire et jeune. L'une des rares actrices françaises oscarisées, et la comédienne française de sa génération la plus récompensée dans le monde (Un César pour 9 nominations, deux European Film Awards, et le grand chelem des festivals avec Venise en 1993, Berlin en 1997 et Cannes en 2010) réalise un virage étonnant ce printemps.

Binoche, on a pu admirer ou adorer récemment en Mademoiselle Julie ou en Antigone au théâtre. Au cinéma, elle a brillé chez Godard, Téchiné, Carax, Malle, Kieslowski, Haneke, Boorman, Cronenberg, Dumont, Hsiao-hsien, Gitai, Kiarostami ou Assayas. Une comédienne libre, instinctive, respectée. Juliette fut aussi l'égérie du 63e festival de Cannes. Bref, Binoche, dans l'esprit du public, est une actrice pointue, exigeante mais certainement pas populaire.

Sur le plan des chiffres, sa carrière comporte six-sept succès importants, dominés par deux fresques historiques et romanesques. Une seule comédie se classe dans son box office.

Juliette Binoche opère donc un virage à 180° cette semaine en étant à l'affiche d'un blockbuster américain et d'une comédie française grand public, en plus d'être une des guests de la série TV "Dix pour Cent" (qui sera diffusée à partir du 19 avril sur France 2). Après avoir refusé Jurassic Park et n'être passé que quelques minutes dans Godzilla, Binoche tient enfin un second-rôle étoffé dans une grosse production hollywoodienne. Là encore, elle avait failli passer son tour mais l'univers l'a séduit et le cinéaste Rupert Sanders l'a convaincue, arguant qu'il voulait "une femme authentique, une femme d’émotion". Binoche, malgré son pédigrée, a vu pas mal de films et projets lui passer sous le nez (pour diverses raisons).

En acceptant de faire le grand écart entre une chercheuse expérimentant la cybernétique et une adulescente enceinte tardivement, entre un rôle de "mère" dramatique et celui d'une maman comique (girly et blonde!), elle montre et démontre qu'elle est tout terrain et qu'elle veut plaire. En France, seule Cotillard s'est risquée jusque là à de tels contorsions cinéphiliques, passant de Mal de Pierres à Assassin's Creed à Rock n' Roll, pour prendre ses trois derniers films.

Ce come-back dans le cinéma populaire et ce surgissement sur le petit écran à heure de grande écoute s'accompagne d'une promotion logiquement ciblée sur des émissions comme "Quotidien" (qui a déjà reçu Deneuve, Huppert, ...) ou l'émission de radio de Nagui (et pas celle de Trapenard). Sur les tapis rouges, elle mise sur le glam sexy (décolleté plongeant) plus que sur le chic élégant qu'on imaginerait pour une star quinquagénaire.

On espère que ce triplé printanier permettra aux producteurs et aux réalisateurs de redécouvrir l'une de nos meilleures actrices. Mais une chose est certaine: on est ravi de voir qu'une comédienne de 53 ans (depuis le 9 mars) peut encore être en haut de génériques de films aussi différents, avec des personnages aussi contrastés, alors qu'Outre-Atlantique, toutes ses consœurs se plaignent d'un jeunisme meurtrier, et qu'en France, on range les interprètes dans des cases trop étanches. Binoche, avec Deneuve, Cotillard, Baye, Seydoux et autres, prouve qu'il y a bien une (belle) exception française.

« Elle » décroche trois Prix Lumières 2017

Posté par vincy, le 30 janvier 2017

La 22ème cérémonie des Lumières de la presse internationale a eu lieu lundi soir au même moment que la soirée du Syndicat français de la critique cinéma. En soi, c'est une drôle d'idée. Imagine-t-on, les Golden Globes en même temps que la soirée du National Board of Review?
En tout cas, les deux cérémonies se sont accordées à choisir Elle comme meilleur film français de l'année.
L'unanimité autour de ce thriller sadomasochiste présenté à Cannes en compétition l'an dernier pourrait conduire à un grand chelem avec les César, où il est nommé 11 fois.

Elle a donc été couronné le titre suprême mais aussi le prix du meilleur réalisateur pour Paul Verhoeven et le prix de la meilleure actrice pour Isabelle Huppert.

Trois autres films ont été à la fête lors de la soirée. Ma Vie de Courgette de Claude Barras a remporté logiquement le prix du meilleur film d'animation, mais il a également été couronné pour le scénario de Céline Sciamma. La mort de Louis XIV repart avec le prix du meilleur acteur pour Jean-Pierre Léaud et le prix de la meilleure image pour Jonathan Ricquebourg. Enfin, Divines a aussi été doublement récompensé avec le prix du premier film et le prix de la Révélation féminine pour ses deux actrices Oulaya Amamra et Déborah Lukumuena.

Damien Bonnard a, de son côté, été distingué comme meilleure révélation masculine pour son rôle dans Rester vertical. Le film tunisien de Mohamed Ben Attia, Hedi, un vent de liberté, a reçu le prix du meilleur film francophone tandis que celui du meilleur documentaire est revenu Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier. Enfin c'est Ibrahim Maalouf qui a gagné le prix de la musique pour Dans les forêts de Sibérie.

Deux hommages ont été rendus: à Marion Cotillard et à Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes. Il y avait bien un air cannois qui soufflait à Paris puisque six des huit films récompensés lundi 30 janvier étaient sur la Croisette en mai.

Rock n’ Roll de Guillaume Canet se dévoile (un peu)

Posté par vincy, le 19 décembre 2016

Tourné l'hiver dernier dans le plus grand secret, Rock'n roll, cinquième film réalisé par Guillaume Canet réunit Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Johnny Hallyday, Philippe Lefebvre, Camille Rowe, Kev Adams, Ben Foster, Maxim Nucci, Yarol Poupaud, Yvan Attal, Alain Attal et Laëticia Hallyday.

Ecrit par Guillaume Canet, Philippe Lefebvre et Rodolphe Lauga, le film devrait être dans l'esprit de Mon idole, le premier long métrage de Canet, une comédie satirique. Mais cette fois-ci, ce n'est plus la télévision qui est dans le décor mais bien le milieu du cinéma.

Le pitch: Guillaume Canet, 43 ans, est épanoui dans sa vie, il a tout pour être heureux. Sur un tournage, une jolie comédienne de 20 ans va le stopper net dans son élan, en lui apprenant qu’il n’est pas très « Rock », qu’il ne l’a d’ailleurs jamais vraiment été, et pour l’achever, qu’il a beaucoup chuté dans la «liste» des acteurs qu’on aimerait bien se taper… Sa vie de famille avec Marion, qui doit apprendre le québécois pour un tournage, son fils, sa maison de campagne, ses chevaux, lui donnent une image ringarde et plus vraiment sexy… Guillaume a compris qu’il y a urgence à tout changer. Et il va aller loin, très loin, sous le regard médusé et impuissant de son entourage.

Pas de photos sur le plateau et sur les réseaux, motus sur le script ou les personnages. Le culte du secret a été digne des grosses productions hollywoodiennes. Impossible de savoir quelles guests participent, même si les rumeurs en évoquent d'autres que celles mentionnées dans la fiche technique. Le film sortira le 15 février 2017.

Trois actrices parmi les 50 Français les plus influents dans le classement de Vanity Fair

Posté par vincy, le 21 novembre 2016

Dans son numéro de décembre à paraître mercredi, Vanity Fair révèle son quatrième palmarès des 50 Français les plus "influents" dans le monde, ceux dont le talent rayonne au-delà de nos frontières. 45 d'entre eux sont nouveaux, 27 sont des femmes et 10 ont moins de trente ans.

C'est éclectique, subjectif, ouvert comme le rappelle le directeur du mensuel Michel denisot. On découvre ainsi que le Top 50 2016 est dominé par la chanteuse Christine and the Queens qui succède à Daft Punk, Christine Lagarde et Carlos Ghosn.

Le cinéma est relativement peu représenté. Seules trois actrices se glissent dans ce classement. Marion Cotillard, 5e, "seule véritable star française à avoir enchaîné les rôles aux Etats-Unis" selon le magazine survole les autres. Quoi de plus étonnant pour cette comédienne à l'affiche de blockbusters internationaux comme de films régulièrement sélectionnés voire primés à Cannes. 19e, Isabelle Huppert, qui a de sérieuses chances d'être nommées aux prochains Oscars, profite de son triomphe "au Barbican de Londres avec Phèdre(s)" et de l'effet "sensation dans le sulfureux Elle de Paul Verhoeven". Enfin, plus surprenant, à la 42e place, on retrouve Nora Arnezeder, que "les producteurs anglo-saxons s’arrachent". Certes elle a joué dans Safe House de Daniel Spinosa et dans Maniac de Franck Khalfoun, et elle est au générique de séries TV comme Xanadu, Mozart in the Jungle et Zoo.

Mais on osera émettre quelques doutes si on la compare à Eva Green ou Golshifteh Farahani dans le registre cinéma mondial. Sans oublier Mélanie Laurent, léa Seydoux, Julie Deply ou Clémence Poésy côté actrice. E côté acteurs, Omar Sy, Jean Dujardin, Vincent Cassel restent des comédiens courtisés ou exportables.

Lettre à Xavier Dolan

Posté par wyzman, le 21 septembre 2016

Cher Xavier,

Avec toi, c'est toujours la même chose. A chaque passage à Cannes, tu fais un malheur. Certains t'adorent, d'autres te détestent. Mais rares sont ceux qui, après avoir vu l'un de tes films, se disent "Mouais… Bof… Ça passe !" Il y a deux ans, Mommy faisait le job comme personne. Je m'en souviens comme si c'était hier. Tu étais partout, tout le monde te citait, tu allais gagner. Jusqu'à la dernière minute, tout le monde te voyait remporter la Palme d'or… Et puis finalement non. Ce n'est pas grave. Ton nouveau bébé, Juste la fin du monde, est la preuve que ton meilleur film (à ce jour !) allait sortir deux ans plus tard.

Alors oui, nombreux sont ceux qui t'ont reproché et vont continuer à te reprocher la mise-en-scène de cette adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce. Mais on s'en fiche. Comme tout metteur en scène, tu t'es approprié l'oeuvre de J.-L. L., quitte à la modifier légèrement. C'est tant mieux. En modernisant un peu le tout, tu m'as donné envie de découvrir le travail de ce dramaturge. Et ce n'était pas gagné d'avance. Comme avec Tom à la ferme à l'époque, il est évident que ton nouveau film va diviser et déranger. N'est-ce pas ce que les grands artistes sont censés faire ? En n'allant là où tu n'étais pas franchement attendu, tu nous as prouvé (si c'était nécessaire) que tu étais seul maître de ta carrière. Et je ne te remercierai jamais assez pour cela.

Dramatique au possible et sincèrement prenant, Juste la fin du monde m'a réconcilié avec ma famille (j'y reviendrai plus tard) et avec cette belle et grande famille du cinéma français. Parce que cela mérite d'être dit : ton casting cinq étoiles est une merveille. Oui, l'interprétation de Léa Seydoux risque d'en agacer certains. Oui, Nathalie Baye aurait dû forcer encore un petit peu le trait. Mais en face, impossible de résister au jeu de Gaspard Ulliel (un bonheur qui mérite une nomination aux César), de Marion Cotillard (plus juste que la justesse elle-même) et de Vincent Cassel (parfait au possible).

Parce que tous tes acteurs sont incroyables, je suis d'autant plus content que tu n'aies pas lésiné sur les gros plans. Si pour certains spectateurs et internautes, ce n'est que du cadrage, pour moi, cela a fait toute la différence. Et ne me lance même pas sur ces regards qu'Ulliel et Cotillard s'échangent ou sur tes ralentis ! En mettant en scène et de manière brillante mais osée une pièce de théâtre essentiellement basée sur les non-dits, tu as réussi un véritable exploit. Et au cas où tu ne le saurais pas, tu es officiellement l'un des meilleurs réalisateurs de cette décennie et de notre génération.

Mais assez parlé de ton excellent travail (tu méritais plus qu'un Grand Prix, ça reste entre nous), parlons maintenant de moi et de toutes les personnes qui vont aller voir ou revoir ton film dès aujourd'hui. Évoquons brièvement tous ceux qui vont être pris par les tripes, songer à leur famille pendant de longues minutes et se baisser sur leur siège de cinéma pour pleurer discrètement. Car oui, Juste la fin du monde est d'une telle beauté que j'en ai pleuré. Bon d'accord, j'ai pleuré devant chacun de tes films, mais celui-ci m'a vraiment laissé en PLS pendant plusieurs heures. D'ailleurs, je ne m'en suis toujours pas remis. D'où cette lettre.

Après avoir vu Juste la fin du monde, j'ai presque changé d'avis sur les repas de famille. Presque. Je les déteste toujours autant parce que tout le monde semble y être en pleine représentation, mais je les tolère davantage. J'y communique et y partage également plus. Avec la puissance d'un électrochoc, ton nouveau film m'a fait comprendre que ce sont ces petits moments passés autour d'une table qui font les familles et pas juste les liens du sang.

Alors merci. Merci pour ces 95 minutes absolument flamboyantes. Merci d'être toujours toi-même (talentueux, franc, sensible et parfois mal compris). Merci de partager ton regard sur le monde et ta maturité avec le public (même les purs haters). Mais plus encore, merci de ne jamais avoir cédé sous la pression des critiques.