Cannes 2019: Qui est Noémie Merlant ?

Posté par kristofy, le 21 mai 2019

C’est l'un des films français les plus attendus en compétition : >Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma avec Adèle Haenel, toute deux révélées à Cannes avec Naissance des pieuvres (Un certain regard, 2007). Et au générique de ce film, nous allons aussi (re)découvrir Noémie Merlant, dans le rôle d’une peintre séduite, et qui va nous séduire aussi. « 1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde... »

Assurément, le talent de Noémie Merlant va prendre une nouvelle dimension avec ce festival de Cannes. Lors d'un entretien, l'actrice nantaise a évoqué les origines de sa vocation: "Parfois on fait un peu des choses sans savoir pourquoi. Ce que je trouve bien, c’est que mon père a voulu que je trouve un sens à ma vie. Il m’a dit qu’il s’était renseigné sur les cours Florent et m’a proposé de monter sur Paris. Je pense qu’il s’est souvenu que je faisais des spectacles, que je rêvais tout le temps et il s’est dit que j’avais une place à trouver là-dedans. Je l’ai écouté et j’y suis allée. Je me suis sentie tellement en vie sur un plateau, à incarner l’autre. J’avais trouvé ma vocation, c’était une révolution."

Ses débuts à l’écran dans L’orpheline avec en plus un bras en moins lui vaut de figurer dans la liste des Révélations pour le César du meilleur espoir féminine en 2013 (elle sera nommée en 2017 avec le film Le ciel attendra). Entre-temps, elle aura des petits rôles dans La Permission de minuit de Delphine Gleize et dans La Crème de la crème de Kim Chapiron. C’est surtout à partir de 2014 que l’on commence à identifier le nom de cette jeune fille prête à s’enflammer avec son rôle dans Les Héritiers de Marie-Castille Mention-Schaar. Avec la réalisatrice, elle va ensuite tourner dans Le ciel attendra en 2016 et La fête des mères en 2018.

Pendant ce temps là Noémie Merlant monte son niveau avec des apparitions dans Un moment d'égarement de Jean-François Richet en 2015, Dieumerci ! de Lucien Jean-Baptiste, Plonger de Mélanie Laurent en 2017. Elle est même la dulcinée de Jean Dujardin en 2018 dans la comédie romanesque Le Retour du héros de Laurent Tirard. Elle apparait aussi dans des clips ("Aficionado" des BB Brunes), une fiction interactive (Wei or Die, de Simon Bouisson), au théâtre (Les Lésions dangereuses, mise en scène de Julia Dunoyer), ou même en chanteuse ("Fate", coécrit avec la chanteuse et compositrice Kat May).

Surtout, elle passe derrière la caméra avec Je suis#unebiche, qui reçoit le Prix Canal + à la 7e édition du Nikon Film Festival. Actrice avant d’être cinéaste, elle confie se sentir rassurée d’avoir plusieurs moyens d’expressions: "J’ai eu une envie, mais d’abord c’était des histoires. À force de baigner dans cet univers, entre les castings et les scénarios, je passais mon temps à m’inventer des histoires dans ma tête. J’écrivais plein de petits bouts d’histoire. Un jour j’ai compris que je ne terminais jamais mes récits et j’ai fini par prendre confiance en moi, grâce à des rencontres, pour finalement me lancer dans le court-métrage."

2019 sera enfin l’année charnière pour elle. C’est elle l’héroïne de Les Drapeaux de papier de Nathan Ambrosioni (sortie le 13 février), de Curiosa de Lou Jeunet (sortie le 3 avril), et de ce Portrait de la jeune fille en feu , qui sortira le 18 septembre. D’autres films avec elle à l’affiche vont se suivre : Les jours d’avant avec Sami Bouajila et Jumbo avec Emmanuelle Bercot. Noémie Merlant est la jeune actrice on fire du moment.

Bowling : la Bretagne ça vous gagne (ou pas)

Posté par cynthia, le 17 juillet 2012

bowling catherine frot mathilde seignerSynopsis : L’histoire se passe à Carhaix. En plein coeur de la Bretagne. Un petit hôpital, une maternité paisible. Pas beaucoup d’accouchements. Mathilde, sage-femme, Firmine, puéricultrice, et Louise, propriétaire du Bowling de Carhaix y vivent, heureuses et amies. Catherine, DRH, y est envoyée pour restructurer l’hôpital et surtout fermer à terme la maternité qui perd de l’argent. Quatre femmes dont l’âge, la personnalité, les origines sont différentes et qui vont pourtant former un quatuor fort en humanité et en humour pour défendre cette maternité. La vie, l’amour, l’amitié, la Bretagne et... le bowling !

Notre avis : Bowling est une petite comédie à la française. L'amitié fait figure de valeur étalon, aux côtés de la fraternité et du patriotisme. Et bien sûr il s'agit de bowling, de boules, de quilles...

Les trois bretonnes passionnées par ce sport font équipe avec la nouvelle DRH, bien bourgeoise, bien parisienne afin de remporter le championnat. Clichés? Figurez-vous que c'est adapté d'une histoire vraie. Le film de Marie-Castille Mention-Schaar retrace la passion de ces femmes ont tenté d'empêcher la fermeture de la maternité de leur ville.

Les décors sont étudiés et caricaturaux : un appartement riche et parisien orné de statue artistique de mauvais goût face aux petites bicoques bretonnes entourées par la végétation ou l'art de passer de l'étouffement à la bouffée d'air frais.

Catherine Frot excelle dans le rôle de la parisienne perdue, toujours prompte à critiquer son voisin breton. La scène de son arrivée commence d'ailleurs par une blague stéréotypée, que cette dernière raconte dans le but de s'intégrer. Un vrai paradoxe qui rappelle le contraste entre son personnage et celui des autres. Ca ne va pas beaucoup plus loin... Sa solitude sert également d'élément antagoniste face à la solidarité bretonne. En Province, c'est connu, tout le monde est plus heureux. La bonne humeur y est. Mais elle n'est pas forcément contagieuse pour le spectateur.

Reste que les situations sont parfois émouvantes et drôles. Cet hymne au service public et à l'entraide se noie hélas dans le sirop. Les bons sentiments sont appréciés mais on aurat aimé quelque chose d'un peu moins naïf.

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Un film de Marie-Castille Mention-Schaar
avec Catherine Frot, Mathilde Seigner, Firmine Richard et Laurence Arne

Ma première fois : une expérience banale

Posté par Morgane, le 18 janvier 2012

" - Comment tu fais pour toujours tout contrôler?
- Je contrôle pas, j'anticipe. Sinon, tu te laisses surprendre et c'est là que les problèmes commencent."

L'histoire: Sarah, en classe de terminale, première de la classe, contrôle sa vie en tout point sans laisser la moindre chance au hasard. Zach, 20 ans, passe de lycée en lycée dans lesquels il collectionne les renvois plutôt que les bonnes notes. Tout semble donc les opposer, et pourtant...

Notre avis: Pour son premier long métrage, Marie-Castille Mention-Schaar a choisi de prendre deux acteurs inconnus du grand écran (Esther Comar et Martin Cannavo) pour incarner une histoire aux tons autobiographiques. Productrice, puis scénariste (Ma première étoile), et désormais réalisatrice, elle prend la caméra pour filmer une histoire d'amour entre deux adolescents pensionnaires dans les environs de Paris. Mais étrangement, cette histoire aux allures de conte de fée qui devrait être passionnée et passionnelle, n'en ressort que très lisse et sans profondeur. À la fois ancrée dans une certaine réalité tout en paraissant totalement irréaliste, l'histoire ne permet pas au spectateur de s'identifier aux personnages. On reste alors très très loin de Zach et Sarah et de cet amour sublime qui semble les unir.

Rempli de très nombreux clichés (le baiser sous pluie, une lecture dans la neige entourée de bougies, une première fois des plus romantiques...), le film en devient presque drôle, comme si la réalisatrice s'était trompée de registre. Pris au second degré l'effet aurait fonctionné, mais le ton est bien trop sérieux pour qu'on s'aventure sur ce terrain. Du coup, on oscille, on hésite entre rire nerveux et rire franc; quoiqu'il en soit, ce n'est pas du tout l'effet recherché. Tout est appuyé, surligné, ne laissant aucune place à l'interprétation. Même les plans manquent de subtilité.

Cependant, hormis cette histoire d'amour plutôt bancale, certaines scènes restent plaisantes. Notamment celles avec Vincent Pérez, plutôt sympa dans son rôle de beau-père poule, ou encore celles où Zach pète un plomb en compagnie de sa soeur. Mais elles n'empêchent pas le film de s'enliser dans un amour (trop) plein de bons sentiments où les grandes phrases pseudo-philosophiques alternent avec des scènes au romantisme peu crédible. Trop c'est trop, on n'y croit pas un instant. Quand un film à priori romantique en devient drôle, c'est plutôt mauvais signe...