Posté par vincy, le 28 décembre 2011

Palais des Festivals de Venise
Le nouveau comité de direction de la Biennale de Venise n'a pas confirmé Marco Müller à la direction artistique de la Mostra du cinéma. Comme quoi le mérite ne paie pas. Alberto Barbera lui succédera (c'est un retour puisqu'il avait dirigé le Festival entre 1998 et 2002). Critique de cinéma, directeur du Musée national du cinéma à Turin depuis 7 ans, le vénérable Barbera (61 ans) fera un mandat de 4 ans. Il avait été membre du jury du Festival de Cannes en 2010.
La tache qui lui a été assignée sera rude : attirer des films de qualité, alors que Locarno s'empare du cinéma de demain et que Toronto, à peu près aux mêmes dates, prend une ampleur digne de Cannes et Berlin. Il devra aussi impliquer les "différentes manifestations artistiques liées au langage cinématographique". Venise a enflé ces dernières années, sous l'impulsion de Müller qui cherchait à couvrir toutes les formes de cinéma, sans forcément donner une cohérence et une visibilité à toutes ses sélections parallèles. Barbera devra également développer un marché du cinéma. Venise, contrairement à Berlin, Cannes, Locarno, Sundance, et Toronto, ne dispose pas de marché, longtemps délégué à Milan, désormais moribond.
Mais Venise a d'autres défis à surpasser : la concurrence du nouveau Festival de Rome, doté d'un budget conséquent, un financement fragile, des relations avec le pouvoirs vulnérables, l'absence d'un véritable centre névralgique dédié au Festival (la ville procède à un lifting" global des lieux du Festival) et surtout les contraintes mêmes de la ville (coûts élevés pour les accrédités). Tout cela contribue à une relative désaffection du monde du cinéma (professionnels, journalistes, ...).
Barbera aura à coeur de vouloir continuer l'oeuvre de celui qui a fait revenir Venise dans la cour des grands. Marco Müller a redonné à la Mostra une dimension artistique qui lui avait longtemps manqué. Huit belles années.
A croire que cela ne suffisait pas pour renouveler son mandat. Müller est en fait "coupable" de ne pas s'entendre avec le président de la Biennale (qui chapeaute tous les événements artistiques de la Cité des doges) et de d'avoir, parfois, été trop complaisant avec Berlusconi (qui est aussi producteur et distributeur de films). Berlusconi, avant de quitter le pouvoir, avait déjà tenté un coup de force en remplaçant le Président de la Biennale par un agent publicitaire qui lui était proche.
Cependant, le jeu de chaises musicales n'est pas terminé puisque Müller est pressenti pour aller diriger le Festival de Rome. De quoi réellement inquiéter Venise.
Tags liés à cet article: alberto barbera, festival, italie, marco müller, venise, venise 2012.
Publié dans Business, Festivals, Projet, tournage, Venise |
Posté par vincy, le 5 septembre 2009

Sylvie Testud est l'une des comédiennes que l'on verra le plus dont les prochains mois. Cette "rentrée" commençait par la présentation en compétition officielle à Venise du film Lourdes (le nom de la ville pieuse, pas de la fille de Madonna), de Jessica Hausner. Mais Venise n'est pas encore au point en projection numérique puisque la première projection de presse a pris une heure de retard. Pour une fois le couac n'était pas socio-politique (l'ouverture avait subit les aléas de manifestations contre la politique gouvernementale et les critiques vis-à-vis du film choisi, financé par Berlusconi).
Le projecteur numérique de la salle Perla a refusé de démarrer. Et comme les esprits s'échauffent vite dans les grands festivals, surtout chez les Latins, il a fallu l'intervention de Marco Müller, le directeur de la Mostra. Lourdes, qui raconte l'histoire d'une femme paralysée et miraculée lors d'un voyage de pèlerinage, a donc été présenté devant une salle à moitié vide. Le film rassemble aussi Léa Seydoux et Bruno Todeschini.
Après Venise, Testud sera sur les planches du Théâtre Edouard-VII à Paris, dans "Sentiments provisoires", avec Pierre Arditi et François Berléand.
Sur les écrans, Sylvie Testud sera à l'affiche de Mumu les petites pattes (avec Marielle et de Caunes), Rose et Nina, Je m'appelle hmmm..., premier film d'Agnès B., Gamines, d'après le roman de la comédienne, et surtout Lucky Luke, en Calamity Jane. Elle vient de tourner La Rafle, de Roselyne Bosch.
Tags liés à cet article: agnes b, bruno todeschini, gamines, je m'appelle hmmm, Jessica Hausner, la rafle, lea seydoux, lourds, lucky luke, marco müller, mumu les petites pattes, projection, rose et nina, sylvie testud, théâtre, venise.
Publié dans Avant-premières, Personnalités, célébrités, stars, Venise, exploitation, salles de cinéma |
Posté par MpM, le 7 septembre 2008

Lion d’or du meilleur film : The Wrestler de Darren Aronofsky (USA)
Lion d’argent du meilleur réalisateur : Aleksey German Jr. Pour Paper Soldier (Russie)
Prix spécial du jury : Teza de Haile Gerima (Ethiopie, en coproduction avec l’Allemagne et la France)
Coupe Volpi du meilleur acteur : Silvio Orlando pour Il papa di Giovanna de Pupi Avatti (Italie)
Coupe Volpi de la meilleure actrice : Dominique Blanc pour L’autre de Patrick Mario Bernard and Pierre Trividic (France)
Prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune espoir : Jennifer Lawrence pour The Burning Plain de Guillermo Arriaga (USA)
Osella de la meilleure contribution technique : Alisher Khamidhodjaev et Maxim Drozdov pour Paper Soldier de Aleksey German Jr. (Russie)
Osella du meilleur scénario : Haile Gerima pour Teza (Ethiopie, en coproduction avec l’Allemagne et la France)
Lion d’or spécial : Werner Schroeter pour "son œuvre dénuée de compromis et rigoureusement innovante depuis 40 ans"
__________________
Pas de grosses surprises pour ce palmarès qui récompense logiquement les rares coups de cœur du festival (The wrestler et Teza) ainsi que les prestations les plus marquantes : celle de l’amoureuse trahie basculant lentement dans la folie (Dominique Blanc), celle de la jeune fille détruite par la culpabilité (Jennifer Lawrence) et celle du père dévoué corps et âme et à sa fille déséquilibrée (Silvio Orlando). Bien sûr, tout le monde attendait Mickey Rourke en meilleur acteur, mais un point du règlement aurait empêché Wenders et ses jurés d’offrir ce doublé historique au film d’Aronofsky. Par contre, le film éthiopien sur les années de "terreur rouge" de Hailé Mariam Mengistu ainsi que le film russe de Aleksey German Jr (sur la course à la conquête spatiale dans les années 60) ont eux remporté deux prix chacun, preuve assez flagrante du manque d’oeuvres à récompenser… Plus surprenant est le prix spécial décerné à Werner Schroeter alors même que son film en compétition, Nuit de chien, a reçu le plus mauvais accueil de la compétition.
Globalement, le palmarès de cette 65e Mostra reflète assez finement le ressenti général, celui d’une compétition de mauvaise qualité. Bien que son mandat ait été reconduit pour quatre ans, Marco Müller, le directeur artistique du festival depuis 2004, a été sévèrement critiqué par la presse italienne et internationale. Il se justifie comme il peut en évoquant le contexte politique (depuis deux ans, trois festivals ialiens doivent se partager l’aide du gouvernement : Turin, Venise et Rome, avec l’idée que Venise serait un lieu d’expérimentation et Rome celui du cinéma grand public) et surtout la concurrence de Toronto. Le festival canadien, qui commence généralement une semaine après la Mostra, attire stars hollywoodiennes (peu présentes sur le Lido cette année), grosses productions américaines et professionnels du monde entier en proposant une sorte de panorama du meilleur des mois passés et à venir. Il aurait même, d’après Marco Müller, fait pression cette année pour empêcher certains producteurs et distributeurs de films américains en compétition (comme Rachel Getting Married, de Jonathan Demme, The Hurt Locker, de Kathryn Bigelow et même The Wrestler de Darren Aronofsky) de faire le déplacement.
Pour résister, le directeur artistique compte sur la fidélité de certains réalisateurs (deux grands noms du cinéma américain lui auraient déjà promis l’avant-première mondiale de leur film pour la prochaine édition) et sur la taille plus humaine de Venise, où les professionnels peuvent découvrir dans de bonnes conditions (les salles de projection devraient même être rénovées pour 2009) les films importants de la saison à venir (par opposition à "l’énorme foire du cinéma mondial" que représente Toronto). Il a également le désir de créer une "Mostra des films à faire" en organisant un concours de projets.
Le fait est que le festival de Venise a beau être le doyen des grands festival européens (à moins que cela ne soit justement à cause de ça), il ne cesse ces dernières années d’être critiqué et remis en cause, comme incapable de trouver son identité aux côtés de la ligne auteuriste de Cannes, des tendances politiques de Berlin ou même de la volonté de découverte de Locarno. Un nouveau modèle de développement, du sang neuf, une orientation différente… ne pourraient donc que lui apporter le renouvellement dont il a le plus grand besoin.
Crédit photo : image.net
Tags liés à cet article: Berlin, cannes, cinéma américain, darren aronofsky, dominique blanc, festival, l'autre, lion d'or, locarno, marco müller, mostra, palmarès, paper soldier, rome, silvio orlando, teza, the burning plain, the wrestler, toronto, turin, venise, werner schroeter, wim wenders.
Publié dans Cannes, Festivals, Films, Prix, Venise |