Cannes 70 : rue d’Antibes, souvenirs du marché

Posté par cannes70, le 19 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-60.

Comme tous les « anciens » de Cannes, mes souvenirs du festival sont liés à un certain nombre de projections, de séances mémorables, de découvertes de films qui sont depuis entrés dans une certaine histoire du cinéma.

C’est ainsi que je me rappelle avoir vu à Cannes des films tels que : Blood Simple des Frères Coen, Mad Mission III de Tsui Hark, Matador de Pedro Almodovar (à cette projection, je me suis retrouvé assis à côté de John Waters !), Razorback de Russell Mulcahy, CHUD de Douglas Cheek, Endgame / Le gladiateur du futur de Steve Benson, alias Joe d’Amato, Opera de Dario Argento, Re-animator de Stuart Gordon.

Et aussi : Critters, Hellraiser, Society et des dizaines d’autres films…

Bien sûr, il ne servirait à rien de chercher ces titres dans les catalogues officiels, que ce soit ceux des sélections officielles ou des sections parallèles. Tous ces films, sans exception, étaient présentés au Marché du Film.

Durant les années quatre-vingt, et une partie des années quatre-vingt dix, le Marché était un véritable eldorado pour les cinéphiles avides de cinéma bis ou plus simplement de découvertes. Pour eux, la zone essentielle du festival n’était pas le Nouveau Palais, ni même l’ancien (toujours debout), mais la rue d’Antibes, selon un axe qui conduisait des Olympia (en bas) au Star (en haut) en passant par Le Français (dans une ruelle adjacente) et les Ambassades (aujourd’hui la Fnac).

Un véritable festival « off », marginal, déconnecté des grandes affaires « artistiques » du Palais

Le badge du Marché était alors très accessible financièrement, et certains avaient remarqué que le cinéma Olympia, destiné aux « indépendants » non rattachés au Marché « officiel », était en accès quasiment libre. C’était alors un aller-retour permanent d’un bout à l’autre de cet axe, une course effrénée et des choix aléatoires : comment choisir entre des dizaines de titres inconnus ? C’était aussi du coup un ballet permanent dans les salles. Un film pouvait se quitter au bout de dix minutes (un navet infâme) pour foncer voir ce qui se passait dans la salle d’à côté (peut être un chef d’oeuvre ?).

C’est ainsi qu’a existé durant des années un véritable festival « off », marginal, déconnecté des grandes affaires « artistiques » du Palais. De jeunes réalisateurs venaient y présenter leurs premiers slashers, parmi lesquels un certain Sam Raimi. D’autres, comme Almodovar, n’ont connu à Cannes que ce Marché, avant une reconnaissance tardive… Parfois aussi, des films découverts au hasard ont reçu un accueil enthousiaste avant de disparaître des mémoires. Qui connait une petite comédie horrifique intitulée Screamplay, unique réalisation d’un certain Rufus Butler Seder ?

On se rappelle encore les séances de minuit au Star de films gore, la brève domination de Cannon qui avait squatté les salles du marché durant quelques années, les Mad Mission et leur (faux) « Champagne Screenings » au Français, les films bis italiens systématiquement projetés à l’Olympia 6. Finalement, une année, en arrivant devant cette salle sur laquelle étaient affichés tous les films du jour, une amie s’est exclamée, catastrophée: « Il n’y a plus rien..! »

C’est que les temps avaient vite changé. Le Festival « officiel » a repris les choses en main, et entièrement centralisé le Marché. Nouvelles salles de projection à l’intérieur du « Bunker », disparition des salles du centre-ville, nouvelles règles d’inscription, de projection et d’accréditation au Marché, projections en vidéo sur les stands… la joyeuse anarchie de la rue d’Antibes ne pouvait pas convenir à l’ultra professionnalisation du Festival. Le Marché actuel draine toujours (et encore plus) de business, mais l’ordre règne et la fête est depuis longtemps finie.

Laurent Aknin de L'Avant-Scène Cinéma

Sundance 2017: une cyberattaque, une panne d’électricité et des gros contrats

Posté par vincy, le 23 janvier 2017

La billetterie du Festival de Sundance a connu une sacrée mésaventure: une cyberattaque qui a empêché le service de vente de tickets de fonctionner  samedi 21 janvier. Les séances prévues ont quand même été assurées.
La cyberattaque a eu lieu juste après le début de la marche des Femmes qui était organisée dans le monde entier, y compris à Park City où se déroule le festival. La coupure a duré moins d'une heure. Pour l'instant, on ne connaît pas l'origine de cette attaque...

Dimanche 22 janvier, c'est une panne d'électricité qui a conduit à l'annulation de trois projections au Redstone Theater (Mars Generation, Dolores, Landline). Les films ont été reprogrammés

Malgré ces avaries, cela n'a pas freiné l'activité du business. Le marché se porte bien.

Ainsi, Amazon Studios aurait signé les droits de distribution pour les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France et l'Allemagne de The Big Sick pour la somme astronomique de 12M$. Depuis le début du festival, jeudi, c'est le plus gros deal enregistré. Amazon l'a emporté sur Sony Pictures Worldwide Acquisitions et Fox Searchlight. C'est un record pour le studio puisque l'an dernier, il n'avait déboursé "que" 10M$ pour obtenir les droits nord-américains de Manchester by the Sea. Ce film réalisé par Michael Showalter, avec Kumail Nanjiani, Zoe Kazan, Holly Hunter, Ray Romano et Anupam Kher, est produit par Judd Apatow. Emily V. Gordon et Kumail Nanjiani ont écrit cette histoire d'amour "hilarante et larmoyante" à partir de leur propre romance. Le comique né au Pakistan est tombé amoureux d'une étudiante mais les deux doivent affronter un problème de taille: leurs différences culturelles.

Son concurrent Netflix s'est associé avec Momentum Pictures pour les droits de Fun Mom Dinner. 5M$ pour cette comédie qui sera distribué en salles aux USA par Momentum et en SVOD sur une grande partie de la planète via la plateforme Netflix. Ce premier film de Alethea Jones, écrit par Julie Rudd, réunit Katie Aselton, Toni Collette, Bridget Everett, Molly Shannon, Adam Scott et Adam Levine. L'histoire est celle de quatre femmes dont les enfants sont dans la même classe de maternelle. Elle organisent un dîner en elles et s'aperçoivent qu'elles ont bien plus en commun que le mariage et la maternité.

Netflix a aussi signé un montant à sept chiffres, en équipe avec Vertical Entertainment, pour pouvoir diffuser en svod Berlin Syndrome, thriller psychologique de Cate Shortland). C'est apparemment la tendance: les droits en streaming sont négociés avec les droits de distribution au cinéma.

Toujours du côté de Netflix, le diffuseur a acquis les droits mondiaux du documentaire environnement Chasing Coral, qui, on s'en doute, concerne la destruction des barrières de corail à cause du réchauffement climatique. Le film est en compétition à Sundance. Alors que la nouvelle administration de Donal Trump, composée de climato-sceptiques, fait craindre un retour en arrière dans la lutte contre le réchauffement climatique, le film de Jeff Orlowski a intéressé de nombreux distributeurs. Netflix, avec sa force de frappe mondiale et son portefeuille épais, a fait la différence. L'environnement est un des grands thèmes du festival de Sundance cette année, avec notamment la première mondiale de An Inconvenient Sequel, suite du documentaire d'Al Gore, An Inconvenient Truth, Oscar en 2006.

Les documentaires ont d'ailleurs la côte puisque The Orchard et CNN ont acquis les droits nord-américains et télévisuels de Trophy, réalisé par Shaul Schwarz et Christina Clusiaupour 2M$. Trophy, autre film activiste, explore les relations entre l'industrie de la chasse et la sauvegarde de la faune, notamment les lions, les éléphants et les rhinocéros. Il est en compétition au festival.

Enfin, last but not least, Amazon a aussi signé un gros chèque de 6M$ pour le documentaire de 4 heures sur le groupe The Grateful Dead , réalisé par Amir Bar-Lev et produit parr Martin Scorsese. Il sera notamment diffusé sur Amazon Prime, en six épisodes. Une sortie cinéma est prévue également.

Les Arcs 2016: trois projets de films récompensés

Posté par vincy, le 12 décembre 2016

Le jury professionnel présidé par Bertrand Bonello au Festival du cinéma européen des Arcs a distingué deux films en "work in progress" parmi les 16 films sélectionnés.

Le très convoité prix Eurimages Lab Project a été remis à The Hidden City de l'espagnol Victor Moreno (The Building, Goya 2012 du meilleur documentaire). Cette coproduction espagnole (El Viaje Films) et française (Pomme Hurlante Films) a reçu 50000€. Il s'agit d' "un projet innovant et non traditionnel en termes de contenu et de production" et la dotation devrait permettre de boucler la post-production.

Le prix Hiventy (10000€ de prestations de post-production par le laboratoire) revient à Good Luck de l’américain Ben Russell, qui fut donc honoré du prix Hiventy. Coproduction entre la France (KinoElektron) et l’Allemagne (CaSk Films), ce documentaire se concentre sur les employés d’une mine souterraine en Serbie et d’une mine d’or illégale au Suriname.

La sélection Work In Progress était aussi composée de All You Can Eat Buddha de Ian Lagarde (Canada), Cemetery de Carlos Casas (Espagne), Dog de Florin Serban (Roumanie) , Dovlatov de Alexey Guerman Jr (Russie), Hier de Balint Kenyeres (Hongrie), I Am Not A Witch de Rungano Nyoni (Royaume Uni), In My Room de Ulrich Köhler (Allemagne), Koko-di Koko-da de Johannes Nyholm (Suède), La part sauvage de Guérin Van Der Vorst (Belgique), My Happy Family de Nana & Simon (Géorgie/Allemagne), Sans Titre de Olmo Omerzu (République tchèque), The Elephant in a Dark Room de Konstantin Bojanov (Bulgarie), The Gulf de Emre Yeksan (Turquie) et The Real Estate de Mans Mansson et Axel Petersén (Suède).

Par ailleurs, la chaîne franco-allemande Arte, partenaire du Festival, a donné le 3e Arte International Prize (4000€) au projet The Father Who Moved Mountains, parmi les 21 projets de la sélection Village des coproductions. Ce drame roumain de Daniel Sandu, qui avait déjà présenté One Step Behind the Seraphims dans la sélection Work-in-Progress l’an dernier. Produit par Mobra Films, la société de Cristian Mungiu, il a déjà réuni les deux tiers de son budget (1,6 M€).

Cette sélection avait dans sa liste L'enfance Martha Jane Cannary de Rémi Chayé, The Last Words de Jonathan Nossiter, Magic City de Eva Ionesco et Sad Liza de Caroline Deruas, qui présentait L'indomptée, son premier film dimanche en compétition.

Les Arcs 2016: le cinéma européen au sommet

Posté par vincy, le 9 décembre 2016

Du 10 au 17 décembre, le Festival de cinéma européen des Arcs célèbrera sa 8e et ambitieuse édition sous le signe des femmes. Cette année le festival a décidé de célébrer la jeune génération de femmes réalisatrices européennes à travers un programme "Nouvelles Femmes de cinéma". Outre la sélection de 10 réalisatrices qui viendront présenter leur film, la manifestation publiera une étude sur le thème, organisera deux tables rondes et une masterclass de la compositrice Béatrice Thiriet en plus d'ateliers "boîte à idées" et de la venue de Valéria Golino, invitée d'honneur du Festival. De plus la moitié des films en compétition sont l'œuvre d'une cinéaste.

Les 10 "Nouvelles Femmes de cinéma":
Houda Benyamina (Divines) ; Rebecca Daly (Mamal) ; Laura Bispuri (Vierge sous serment) ; Veronika Franz (Goodnight Mommy) ; Jessica Hausner (Lourdes) ; Agnes Kocsis (Fresh Air) ; Alanté Kavaïté (The Summer of Sangaile) ; Rachel Lang (Baden Baden) ; Nanouk Leopold (Brownian Movement) ; et Pia Marais (Layla Fourie)

EVENEMENTS

Ouverture: Patients, de Grand Corps Malade et concert du groupe La Femme.
Clôture: La communauté de Thomas Vinterberg et concert de The Pirouettes
Masterclass: Bertrand Bonello, invité d'honneur, qui accompagnera trois films dans le cadre sa carte blanche - Scum d'Alan Clarke, Deep End de Jerzy Skolimowski et Le braqueur de Benjamin Heisenberg

BUSINESS

Les Arcs c'est aussi un rendez-vous B2B avec le village des coproductions Arc 1950 du 10 au 13 décembre avec 20 projets en développement et notamment trois projets québécois en plus d'une conférence "Coproduire avec le Québec" ; Work in Progress avec 15 projets de films européens en post-production en quête de financements complémentaires et/ou de distributeurs ; Le sommet des Arcs, du 13 au 17 décembre, rencontre s professionnelles pour les distributeurs et les exploitants avec en parallèle le Laboratoire des initiatives, L'atelier des sorties et Les ateliers di Sommet (dont l'un consacré à l'utilisation des réseaux sociaux)

FUN

Le festival a d'autres atouts:
- Du futurisme avec Drive Test 360° ; Everest VR ; Drone l'Expérience ; Le Village VR
- Du son avec un quiz cinéma-musique le dimanche, des concerts, des DJ sets
- De la glisse avec l'Igloo Party (non non non ce n'est pas ce que vous pensez)
- Des cocktails.

JURYS

- longs métrages: Radu Mihaileanu (Président), Mélanie Doutey, Mélanie Bernier, Ólafur Darri Ólafsson, Sebastian Schipper, Catherine Corsini et Bruno Coulais.
- courts métrages: Antonin Peretjatko (Président), Alice de Lencquesaing, Lola Bessis, Audrey Estrougo,  Finnegan Oldfield, Grégory Audermatte et François Theurel.

FILMS

La compétition:
- Clair obscur de Yesim Ustaoglu (Turquie)
- Home de Fien Troch (Belgique)
- Glory de Kristina Grozeva et Petar Valchanov (Bulgarie)
- Layla M de Mijke De Jong (Pays-Bas) accompagné d'un ciné-débat avec le jeune publuc
- L'indomptée de Caroline Deruas (France)
- Miséricorde de Fulvio Bernasconi (Suisse)
- Lady Macbeth de William Oldroyd (Royaume Uni)
- Pyromaniac de Erik Skjoldbaerg (Norvège)
- The Fixer de Adrian Sitaru (Roumanie)
- Zoology d'Ivan Tverdovskiy (Russie)

Sélection Playtime:
- Indivisibili d'Edoardo de Angelis (Italie)
- King of Belgians de Jessica Woodworth et Peter Brosens (Belgique)
- Jamais contente d'Emilie Deleuze (France)
- Paris pieds nus de Fiona Gordon et Dominique Abel (Belgique)
- Primaire d'Hélène Angel (France)
- Une vie ailleurs d'Olivier Peyon (France)
- The Oath de Baltasar Kormakur (Islande)

Sélection Hauteur:
- Belle dormant d'Ado Arrietta (France)
- L'ami (François d'Assise et ses frères) de Renaud Fely et Arnaud Louvet (France)
- It's not the time of my life de Szabolcs Hajdu (Hongrie)
- Orpheline d'Arnaud Des Pallières (France)
- Quit staring at my plate de Hana Jusi (Croatie)
- The Last Family de Jan Matuszynski (Pologne)

Sessions frayeurs:
- Grave de Julia Ducounrau (France)
- Cave de Henrik Martin Dahlsbakken (Norvège)
- Dans la forêt de Gilles Marchand (France)
- Goodnight Mommy de Veronika Franz et Severin Fiala (Autriche)

Cartoon Forum 2016: 6 pitchs à suivre, un Cartoon d’or et pas mal de kilos et goodies en plus

Posté par cynthia, le 19 septembre 2016

Comme tous les ans depuis cinq ans, la belle ville culturelle de Toulouse accueille toute l'Europe pour son Cartoon forum (avant de s'installer à Toulouse la manifestation était itinérante, chaque année dans une ville d'Europe différente). Ici, il n'y a pas de Brexit et les Anglais ont et "seront toujours accueillis à bras ouverts", parole de Marc Vandeweyer, organisateur du forum. Et pour bien montrer que nous sommes tous unis malgré les frontières, cette année l'Irlande était à l'honneur...

Piqûre de rappel

Le Cartoon forum est le rendez-vous européen de la coproduction de séries animées où, venant de 38 pays, 950 professionnels répondent présents dans une ambiance bon enfant. Parmi ce nombre conséquent d'invités, 250 acheteurs potentiels dont Canal +, France Télévisions mais aussi le Irish Film Board, ouvrent leurs mirettes pendant trois jours devant des projets d'animation allant du pré-scolaire aux 12-14 ans, en passant par les jeunes adultes. Cette année le cartoon forum a ravivé notre âme d'enfant, notre émotion et aussi notre estomac du 13 au 16 septembre.

Des cartoons et de la convivialité

Un emploi du temps bien rempli et conviviale nous attend de bon matin. Nous débutons, tout d'abord, avec le "Croissant show" avant plusieurs sessions de pitchs, débat où les professionnels de l'animation dévoilent leurs projets devant des distributeurs, producteurs et autres journalistes. Il y en a pour tous les goûts: de la thématique mignonne pour les enfants à la thématique sexuelle pour les plus grands.

C'est ainsi que nous avons rêvé devant un dessin animé Coréen intitulé Slow Slow Sloth Neul (l'histoire d'un paresseux vraiment trop paresseux) et que l'on s'est bien fendu la poire devant The Wind Ups un projet sponsorisé par la maison de production Autour de Minuit (les aventures peu orthodoxes d'objets sexuels). Pourquoi Coréen alors que c'est un rendez-vous européen me direz-vous? Il faut savoir que les coréens sont invités au Cartoon Forum depuis 2 ans dans le cadre des Cartoon Connection Awards afin d'élargir la collaboration mise en place lors des Cartoon Connection avec le Canada et l'Asie. C'est ainsi que cette année un projet canadien (Snowsnaps) et trois projets coréens (dont le fameux Slow Slow Sloth Neul) ont été retenus.

L'Irlande à l'honneur

Pour la première fois, un pays a été sous les projecteurs au Cartoon Forum. Pays très actif et très créatif dans l’animation, l'Irlande a été choisie pour inaugurer ce nouveau concept. Autant vous dire que les Irlandais sont aussi conviviales que talentueux (parfaits ces Irlandais). Il faut savoir que l’Irlande compte 23 studios d’animation et 65 coproductions internationales et que l’activité de production ne cesse d'augmenter d’année en année.

Les studios d'animation irlandais travaillent avec les plus grandes télévisions du monde, dont Disney, Nickelodeon, Cartoon Network et la BBC. Durant ces dernières années, l'animation irlandaise a été nominée pour tous les grands prix internationaux, y compris les Oscars, les BAFTAs, les Emmy et les Annie Awards. L'animation irlandaise a été le fil conducteur tout au long des 3 journées: présentations de studios lors des Croissant Shows, diner de clôture haut en couleurs avec un concert endiablé. À savoir que sur ses huit projets sélectionnés, cinq ont remporté un franc succès: Snoozeville (JAM Media), Creepers (Giant Animation), Alva & the Trolls (Kavaleer Productions), Peek Zoo (Igloo Films) et Zombabies (Keg Kartoonz).

Une véritable industrie

Le Cartoon Forum 2016 a enregistré un record de participation (+5%) avec 950 producteurs, investisseurs, diffuseurs, acheteurs, plateformes telles que Netflix, Hopster TV, Toon Goggles, …

Le nombre de participants ne cesse d’augmenter depuis que le Cartoon Forum s’est installé à Toulouse: 10% en 2 ans et 45% en 5 ans. Il faut savoir également que 600 personnes étaient présentes en même temps dans les 3 salles de pitch et que c'est la première fois que le Cartoon Forum enregistre un tel record de pays représentés que ce soit pour les participants (38 pays différents) ainsi que pour les projets sélectionnés (22 pays).

Ambiance festive et conviviale, oui, mais avant tout il y avait du travail et surtout du business puisque qu'en 26 éditions, 680 projets ont été financés pour un montant total de 2,3 milliards d’euros.

Les Pitchs que nous avons adoré

  • Mr Magoo (France)

Le grand retour de Mister Magoo les enfants! Oui, oui et oui! Bien évidemment il y aura quelques modifications comme la présence d'un chien qui l'aidera dans son quotidien même si Magoo est persuadé qu'il est un chat (nous vous rappelons que Mr Magoo est semi-aveugle) ainsi que la présence d'un méchant rongeur qui veut dominer le monde! On a été séduit!

  • Sir Mouse (Allemagne)

Enfin un cartoon qui brise les codes...l'héroïne est une souris chevalier (parce que les filles aussi peuvent être chevalier) accompagnée d'une dragonne espiègle et d'un prince trouillard!

  • Slow Slow  Sloth Neul (Corée)

Nous sommes tombés amoureux du personnage principal: un paresseux extrêmement lent et toujours fatigué (d'ailleurs on est reparti avec la peluche) qui tente de cohabiter avec un opossum toujours en colère et plus speed que jamais.

  • The Wind Ups (France)

L'histoire loufoque d'un jouet zizi sur patte qui essaye de conquérir le cœur (ou plutôt la vulve) d'un jouet vagin qui pète. Rien à ajouter!

  • The Bitkitz (France)

Que font vos plantes lorsque vous avez le dos tourné? Dans The Bitkitz, elles prennent vie dès que les humains quittent le centre commercial. Un Toy Story de verdure qui promet d'être drôle et touchant!

  • Action (Espagne)

Les amoureux du cinéma (comme nous) ne vont pas s'ennuyer devant ce dessin animé qui compte l'histoire de trois amis (Alfred, Antoine et Audrey) fondus de cinéma qui passent leur temps à tout filmer. Le gros plus: tous les personnages sont des célébrités du septième art. Alfred Hitchcock (il a toujours un oiseau sur la tête), Audrey Hepburn, Woody Allen ou encore Sofia Coppola...ce sera à vous de les reconnaître!

Le Cartoon d'Or

La Cérémonie de remise du Cartoon d'Or et des Cartoon Tributes, qui a eu lieu à l'église Saint-Pierre des Cuisine (la plus vieille église du sud-ouest de la France), a récompensé six films d'animation d'environ 30 minutes. Le Cartoon d'Or, prix qui récompense chaque année le meilleur court-métrage d'animation européen, a été remis au réalisateur français Gabriel Harel pour son court-métrage Yùl et le serpent. Une histoire prenante entre un jeune garçon et un serpent avec un dessin qui rappelle celui de Joann Sfar. Le film a déjà été sélectionné dans de nombreux festivals depuis un an.
Le jury du Cartoon d'Or, composé d'un producteur français et de deux réalisateurs britannique et italien, a choisi le film parmi 23 courts-métrages. Le prix est accompagné d'une aide de 10.000 euros.

Cannes 2016 – Télex du marché: Helen Mirren, Halle Berry, Nadine Labaki, Laurent Cantet et Boris Vian

Posté par vincy, le 20 mai 2016

- Paolo Virzi, en sélection à la Quinzaine avec Folles de joie, va réaliser son premier film en langue anglaise avec The Leisure Seeker. Cette comédie dramatique réunira l'oscarisée Helen Mirren et le membre du jury Donald Sutherland, qui seront un couple de retraités dont les jours sont comptés et qui décident de partir en voyage à travers les Etats-Unis. Le tournage est prévu pour cet été et la sortie au printemps 2017.

- Deniz Gamze Ergüven, la réalisatrice de Mustang prépare son prochain film qui sera aussi tourné en anglais aux États-Unis. Kings se déroulera à Los Angeles lors des émeutes de South Central, en 1992. Halle Berry y jouera une mère de famille vivant dans ce quartier.

- Après Caramel et Et maintenant, on va où?, la cinéaste libanaise Nadine Labaki réalisera Capharnaüm, fable documentaire sur un enfant qui porte plainte contre ses géniteurs pour l'avoir mis au monde. Le tournage devrait commencer cet automne.

- Laurent Cantet, Palme d'or pour Entre les murs, va tourner cet été L'atelier, et revient au huis-clos pédagogique. Des jeunes, lors d'un atelier d'écriture, doivent écrire un roman policier dans un temps limité. Portrait de jeunesse, le film confrontera le passé de La Ciotat et la vie présente de cette génération.

- On avait eu L'Ecume des jours par Michel Gondry. On va avoir J'irai cracher sur vos tombes de l'espagnol Santiago Zannou (Alacrán enamorado). Boris Vian is hype. L'adaptation sera signée Cyril Gely à qui l'on doit Chocolat. Ce sera la deuxième fois que ce roman connaîtra une déclinaison cinématographique.

Cannes 2016 – Télex du marché: Scorsese, Paradis, Demoustier, Cassel, et un célèbre chat

Posté par vincy, le 18 mai 2016

- Le vieux projet de Martin Scorsese, The Irishman, pourrait renaître puisque STX Entertainment a racheté les droits internationaux à Paramount, qui conserve la distribution américaine éventuelle du film. Cette adaptation du livre de Charles Brandt (inédit en France) tourne autour du gangster Frank Sheeran, dit l'Irlandais, et notamment son rôle dans la disparitionn de Jimmy Hoffa (qui avait fait l'objet d'un film avec Jack Nicholson). Scénarisé par Steve Zaillian, le projet est censé être réservé à Robert De Niro, 20 ans après Casino. Le tournage pourrait commencer en janvier prochain.

- Vanessa Paradis, membre du jury, a plusieurs projets en cours. Elle a accepté d'être à l'affiche du prochain film de Yann Gonzalez. Et elle sera aux côtés de JoeyStarr et Isabelle Carré dans L'angle mort, drame fantastique de Pierre Trividic et Patrick Mario-Bernard, où il s'agit d'un homme invisible (ou visible, c'est selon ses caprices).

- Anaïs Demoustier a aussi plusieurs projets sur le feu puisqu'elle sera à l'affiche du prochain film de Robert Guédiguian, La villa, réinterprétation de La cerisaie version Marseille, avec les fidèles Darroussin, Meylan, Ascaride et Robinson Stévenin. Juste avant ce tournage en novembre, elle sera aussi dans le premier long de Yann Le Quellec, Cornelius le meunier hurlant, aux côtés de Gustave Kervern et Denis Lavant.

- Vincent Cassel, en compétition avec le film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde, partagera le générique avec Romain Duris et Sandrine Kiberlain, dans le prochain drame d'Erick Zonka (La vie rêvée des anges), Fleuve noir. Cassel incarnera un flic sans illusions qui commence à enquêter sur la mort d'un enfant quand son fils, délinquant, revient dans sa vie.

- Enfin, Joann Sfar, qui a déjà confirmé il y a quelques jours qu'il allait réalisé un film d'animation adapté de sa BD Petit Vampire, a annoncé qu'il écrivait et réaliserait une nouvelle adaptation du Chat du Rabbin (César du meilleur film d'animation en 2012). Mais cette fois-ci le film sera tourné en prises de vues réelles. Le film sera, comme sa version animée, écrit et réalisé par Joann Sfar.

Cannes 2016 – Télex du marché: John McEnroe, Alain Prost, Michel Hazanivicius et Godard, Yorgos Lanthimos, et des manchots

Posté par vincy, le 16 mai 2016

- Shia LaBeouf (en compétition avec American Honey) va incarner John McEnroe dans le film de Janus Metz, Borg/McEnroe. Bjorn Borg sera interprété par Sverrir Gudnason (Wallander, Valse pour Monica). Ce biopic se concentrera sur un match légendaire, la finale de Wimbledon en 1980, gagné à l'arraché par le tennisman suédois 1/6-7/6-6/3-6/7-8/6, soit l'un des plus longs matchs de l'histoire de ce sport. LaBeouf apprend actuellement à jouer au tennis intensivement.

-Autre biopic, celui du coureur automobile Alain Prost. Cette fois-ci le film est français, produit par Labyrinthe productions. Le quadruple champion du monde de Formule 1 sera une sorte de Rocky, de ses débuts jusqu'à ses duels avec Ayrton Senna. Réalisé par Julien Leclercq (Braqueurs), le pilote sera interprété par Guillaume Gouix. Le tournage est prévu dans un an et demi.

- On l'avait un peu perdu de vue depuis le fiasco de The Search. Michel Hazanavicius (The Artist) prépare Le redoutable, en tournage fin juillet, essentiellement à Paris. Cette comédie d'époque est l'adaptation de l'autobiographie d'Anne Wyzaemsky (actrice et ancienne compagne de Godard), paru l'an dernier chez Gallimard où elle raconte l'étiolement de son mariage avec le cinéaste, jusqu'à leur séparation en 1969. Elle donne aussi son point de vue sur les événements de mai 1968 et dresse le portrait de célébrités croisées comme Pasolini, Deleuze ou Truffaut. Louis Garrel sera Jean-Luc Godard, Stacy Martin l'héroïne et Bérénice Bejo interprètera Michèle Rozier.

- Un an après The Lobster, Yorgos Lanthimos s'attaque à son nouveau film, inspiré une tragédie d'Euripide, The Killing of a Sacred Deer, où il retrouve Colin Farrell. L'acteur britannique sera un chirurgien charismatique qui doit prendre une grande décision quand un adolescent lui demande d'intégrer sa famille brisée. Mais l'ado a des pensées sombres et un fort désir de vengeance et la vie idéale de Steven va imploser et l'obliger à faire un sacrifice impensable.

- Enfin, Luc Jacquet a livré la première image de la suite de La Marche de l'empereur, le documentaire qui l'a fait connaître mondialement il y a 11 ans. Le tournage a démarré en Antarctique. Tourné en 4K avec des sous-marins et des drones, La Marche de l'empereur 2 (March of the Penguins 2 - The Call) partira sur les pas d'un jeune manchot, lancé dans son premier grand voyage vers une destination inconnue, poussé par son instinct.

Cannes 2016 – Télex du marché: Largo Winch, Diane Kruger et Fatih Akin, Kylie Minogue et Lars von Trier

Posté par vincy, le 15 mai 2016

- Il y aura bien un troisième film avec Largo Winch. Rien ne filtre sur l'acteur (Tomer Sisley une fois de plus ou un changement de casting?) mais on sait déjà que le réalisateur changera puisque cette coproduction Pan-Européenne/Versus sera filmée par le belge Olivier Masset-Depasse (Sanctuaire). Ce dernier s'apprête à tourner un thriller psychologique, Duelles, en attendant que la fin du développement du scénario autour du héros de la finance.

- La franco-allemande Diana Kruger sera à l'affiche du prochain film du cinéaste germano-turc Fatih Akin. Aus dem nichts (De nulle part) sera tourné en allemand cet automne, du côté de Hambourg. On n'en sait pas plus ni du côté du casting ni du côté du pitch.

- Après Holy Motors de Leos Carax, Kylie Minogue revient sur le grand écran. Le cinéaste australien Stephan Elliott l'a enrôlé, ainsi que Guy Pearce, pour son prochain film, Flammable Children. Le réalisateur de Priscilla, folle du désert veut renouer avec l'esprit de sa comédie culte, 22 ans plus tard. Il veut déjà être à Cannes l'an prochain avec cette suite. Le tournage est programmé pour cet automne.

- Enfin des nouvelles de Lars von Trier. Il a finalement décidé que son prochain film, The House That Jack Built sera tourné en deux fois. Il ne s'interdit d'ailleurs pas de faire évoluer son scénario entre les deux tournages. L'histoire est celle d'un serial killer, qu'on suit durant dix ans de sa vie, obsédé à l'idée de faire un chef d'oeuvre meurtrier. Le casting sera européen et américain et les premières prises de vues commenceront en cet automne dans l'Ouest de la Suède. Ensuite, il faudra attendre 2017 pour que le tournage reprenne, à Copenhague.

Cannes 2016 – Télex du Marché: Joann Sfar, Andrew Haigh, Abbas Kiarostami et un carré

Posté par vincy, le 14 mai 2016

- Joann Sfar revient à l'animation cinq ans après la sortie du Chat du rabbin. Une fois de plus il va adapter une de ses bandes dessinées, Petit Vampire (qui date du siècle dernier). Studiocanal et Autochenille Production l'accompagneront pour son 4e long métrage. La BD, publiée chez Delcourt, a été déclinée en 7 albums et une série pour la télévision.

- Andrew Haigh (45 ans), va tourner cet été aux Etats-Unis Lean on Pete. Il s'agit de l'adaptation d'un des romans de Willy Vlautin, Cheyenne en automne, qui raconte les aventures et les errances de Charley Thompson, un adolescent, et de son cheval Lean on Pete, à travers trois Etats de l'Ouest américain : l'Oregon, l'Idaho et le Wyoming, visitant ainsi une Amérique des oubliés et des paumés.

- Quatre ans après Like Someone in Love (en compétition à Cannes), Abbas Kiarostami donne enfin de ses nouvelles. Le producteur Charles Gillibert a annoncé le projet du cinéaste iranien, 24 Frames , sans en dévoiler l'intrigue. Cela fait trois ans que Kiarostami réalise ce film qui voulait faire un film de 24 heures et dont 24 Frames compiler certains moments.

- Elisabeth Moss quitte l'univers des Mad Men et rejoint Claes Bang (la série TV nordique Bron) pour le nouveau film du réalisateur de Snow Therapy (et membre du jury Un certain regard cette année), Ruben Ostlund. The Square s'intéressera à un ambitieux directeur de musée qui veut exposer une installation de forme carré qui doit révolutionner le monde de l'art. l s'agit à la fois d'une critique de la société du spectacle et de l'hypocrisie des médias. Le tournage débutera en juin entre Stokholm, Gotenburg et Berlin.