De la scène à l’écran: le cinéma français s’entiche de spectacles

Posté par vincy, le 3 juin 2017

Lors du marché du film de Cannes, on a remarqué le vif intérêt pour les spectacles (souvent d'humour) comme matériaux d'inspiration pour les producteurs, scénaristes ou réalisateurs.

Michèle Laroque vient de terminer sa première réalisation, Brillantissime, d'après la pièce Mon brillantissime divorce de Géraldine Aron (2009) que l'actrice avait joué et mise en scène. Le film reprend la même histoire - une femme se fait plaquer et se retrouve seule le soir de Noël. Dans cette comédie, on retrouvera Kad Merad, Pascal Elbé, Françoise Fabian, Gérard Darmon, et Rossi de Palma.

Autre première fois, celle de Laurent Lafitte qui réalisera L'origine du monde, inspiré de la pièce éponyme de Sébastien Thiéry jouée au Rond-Point en 2013, comédie oedipienne et farce insolente à l'époque mise en scène par Jean-Michel Ribes.

Salomé Lelouch adapte actuellement sa propre pièce Politiquement correct (2016), avec Sylvie Testud et Thibault de Montalembert, qui reprend son rôle créé sur les planches. L'auteure et metteur en scène y raconte l'histoire d'une femme de gauche convaincue qui tombée amoureuse d'un homme d'extrême droite.

Louis Becker produira de son côté L'heureuse élue, l'adaptation de L'heureux élu (2016), la pièce d'Eric Assous avec Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h qui sera en tournée à partir de la rentrée. On y suit une très heureuse Charline, prête à épouser l’homme de sa vie : beau, riche, poli mais qui pense « différemment ». Le film sera réalisé par Sylvain Fusée et on note la collaboration au scénario de Blanche Gardin.

Enfin les deux humoristes hype Camille Chamoux et Vincent Dedienne (récemment récompensé par un Molière amplement mérité) seront aux côtés de Jonathan Cohen, Camille Cottin et Jérémie Elkaïm dans la comédie romantique de Patrick Cassir, Premières vacances. Ce sera le premier long métrage pour Dedienne. En attendant un jour un film adapté de son spectacle?

Cannes 2017 – Télex du marché: Omar Sy, les frères Safdie, Alex Lutz, Naomi Kawase, Sophie Marceau et Pierre Richard

Posté par vincy, le 26 mai 2017

- Omar Sy va être la star du premier film d’Antonin Baudry, coauteur de la bande dessinée Quai d'Orsay et éphémère président de l'Institut français, Champ du loup. A ses côtés, on retrouvera Reda Kateb et Mathieu Kassovitz. Le film se déroule dans le milieu des sous-marins nucléaires français. Le projet est annoncé comme spectaculaire et ambitieux. Il sera soutenu par le Ministère des Armées, qui y voit là un moyen de se promouvoir. Le film, gros budget de 15M€, se tournera à partir de fin juillet à Brest, Toulon et Paris.

- Les frères Safdie viennent à peine de présenter leur dernier film, Good Time, en compétition, qu'ils sont déjà sur leur nouveau projet, un thriller intitulé Uncut Gems. Jonah Hill sera la star de ce film produit par Scott Rudin et Martin Scorsese, entre autres. Le film se déroulera dans le quartier des diamantaires de New York.

- Le procès d’Oscar Wilde se tournera à partir de la fin août en Belgique. Le film sera réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe, connu pour plusieurs films de télévision, qui a coécrit le scénario avec l'écrivain Philippe Besson. Alex Lutz quittera ses habits de Catherine et Liliane pour être le célèbre auteur. Charles Berling interprétera l’avocat de l’accusation, Grégory Gadebois, son avocat, Raphaël Personnaz son meilleur ami, et Mathieu Spinosi (Les Souvenirs) jouera son amant, Bosie. L'histoire reprend le procès d'Oscar Wilde, d'abord accusant le père de son amant, Lord Queensberry, de diffamation, pour finalement devenir l'accusé, pour son homosexualité.

- Naomi Kawase, en compétition avec Vers la lumière, travaille déjà sur son nouveau projet. Sans titre, le film évoquera le problème démographique qui touche le Japon, entre les femmes qui n'arrivent pas à tomber enceintes et la forte croissance des cliniques où l'on propose des cures de fertilité. La cinéaste veut ainsi explorer les racines de l'existence himaine, avec des femmes qui ont des enfants non voulus et celles qui ne peuvent pas en avoir.

- Sophie Marceau est de retour derrière la caméra, pour la troisième fois, dix ans après son dernier film en tant que réalisatrice, La disparue de Deauville. Cette fois-ci, elle veut faire une comédie, avec Mrs Mills. Le titre porte le nom d'une vieille Américaine excentrique qui s'installe en face de chez Hélène, éditrice de romans d'amour, solitaire et trop bosseuse, dont elle va bousculer l'existence. Hélène sera incarnée par Sophie Marceau. Mrs Mills sera interprété par... Pierre Richard! Le tournage débute cette semaine et s'achèvera fin juillet à Shanghai.

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Cannes 2017 – Télex du marché: Cruise, Boon, Sorrentino, Rampling, Claflin & Woodley, un reboot et une histoire de BMW

Posté par vincy, le 24 mai 2017

- Top Gun 2 se confirme. Tom Cruise a confirmé que le projet était dans les tuyaux, enfin. Stoppé net par le décès de Tony Scott, le film est en rodage. Joseph Kosinski, qui a déjà dirigé Cruise dans Oblivion, est en première ligne pour le réaliser. Le tournage pourrait commencer l'année prochaine, 32 ans après la sortie du film qui a propulsé Cruise dans les acteurs bankables. Justin Marks (Le Livre de la jungle) a été engagé pour écrire la dernière version du scénario, qui devrait mettre en scène des drones et la fin de l'époque des pilotes-stars. Val Kilmer a été contacté pour reprendre son rôle.

- Pathé a annoncé plusieurs projets en cours: tout d'abord le prochain Dany Boon, La Ch'tite famille, qui sera en tournage dès le mois prochain pour une sortie fin février 2018. Un remake italien a même déjà été vendu. Valérie Bonneton, Line Renaud et Pierre Richard sont de l'aventure nordiste, avec en toile de fond la honte des origines ch'ti pour un designer parisien. Abandonné en décembre (lire notre article), Paolo Sorrentino reprend son projet Loro, un temps abandonnée, ce film sur Silvio Berlusconi. Toni Servillo incarnera le politicien-milliardaire. Le tournage débutera finalement en juillet. Cannes 2018? Par ailleurs, The Little Stranger de Lenny Abrahamson (Room), prévu en salles à l'été 2018, a rassemblé un sacré casting, avec Charlotte Rampling, Domhnall Gleeson, Ruth Wilson et Will Poulter au générique. Le studio français a également confirmé deux projets: Le brio d'Yvan Attal, avec Daniel Auteuil en mentor tyrannique d'un brillant élève, et le documentaire de Gilles de Maistre sur Alain Ducasse.

- Un reboot de plus: celui de Drôle de dames, avec Elizabeth Banks. La sortie en salles est déjà calée par Sony en juin 2019, soit 16 ans après la sortie du deuxième film avec Drew Barrymore et Cameron Diaz. Les deux films adaptés de la série TV avaient rapporté 525M$ à eux deux. Pas d'autre casting pour le moment.

- Sam Claflin (Hunger Games) devrait rejoindre Shailene Woodley (Divergente) dans le drame "survival" Adrift. Il remplacerait Miles Teller, qui a un agenda trop rempli. Le film, écrit et produit par Aaron et Jordan Kandell, sera réalisé en juin par Baltasar Kormakur. Il s'agit de l'histoire vraie de Tami Oldham, véritable miraculée. En septembre 1983, elle et son fiancé Richard Sharp furent piégés par un ouragan entre Tahiti et San Diego. Assommée, elle ne se réveille que le lendemain, avec son fiancé gravement blessé, sur leur bateau brisé et sans moyen de communication. Elle aura ainsi survécu 41 jours en mer.

- Kristin Scott Thomas sera la vedette de Paramour, une histoire de séduction et d'extorsion réalisée par Alexandra-Therese Keining. Là aussi, c'est inspiré d'une histoire vraie, celle de l'héritière du groupe BMW, Susanne Klatten,puissante, riche mais vivant recluse et loin des lumières. Quand Helg Sgarbi entre dans sa vie, elle se jette à corps perdu dans cette passion, sans connaître les mauvaises intentions de son amant mystérieux. Le tournage n'aura pas lieu avant l'année prochaine.

Cannes 2017 – Télex du marché: Cities of Love 4 et 5, Idris Elba, Stacy Martin, Willem Dafoe et Viggo Mortensen

Posté par vincy, le 21 mai 2017

- La franchise Cities of Love s'étend à Rotterdam et Berlin, deux villes hôtes de grands festivals. Pour Rotterdam, I Love You, Mike Figgis, Claire Denis, Pablo Trapero and John Maybury, Martin Koolhoven, Paula van der Oest, Joost van Ginkel, Koen Mortier, Barry Atsma, Shariff Nasr et Atom Egoyan sont annoncés. Les 11 segments seront tournés à partir de juillet. Concernant Berlin, I Love You, Patrick Dempsey, Renee Zellweger , Massy Tadjedin, Ai Weiwei, Shekhar Kapur, Tom Van Avermaet, Fernando Eimbcke, Til Schweiger, Dennis Gansel et Dani Levy commenceront leurs tournages en juin. Trois films de la série ont déjà été tournés: Paris je t'aime en 2006, projeté à Cannes, New York I Love you en 2009 et Rio, I love you en 2014.

- Studiocanal a annoncé que l'acteur Idris Elba ferait ses premier pas de réalisateur avec Yardie, un thriller se déroulant dans les années 1980. Cette sombre histoire de cocaïne est une adaptation du roman de Victor Headley, où un jeune jamaïcain qui a grandit dans les rues de Londres et découvre par hasard le coupable de l'assassinat de son grand frère vénéré survenu en Jamaïque dix ans plus tard. Sa quête de justice va enclencher une guerre violente, mettant en péril ceux qu'il aime. Aml Ameen incarnera le personnage principal.

- Stacy Martin, à l'affiche du Redoutable, en compétition aujourd'hui, sera la star du premier film en anglais de la réalisatrice israélo-française Michale Boganim (La Terre outragée), Borough Park. L'actrice jouera une jeune femme, Rebecca, désavouée par son père, un estimable rabbin. Elle est contrainte de quitter le quartier ultra-orthodoxe juif de Borough Park où elle a vécu toute sa vie. En s'installant à Manhattan, elle fait la rencontre de de Anya, une immigrante russe émancipée. Le tournage doit débuter à la mi-septembre.

- Willem Dafoe sera le nouveau Vincent Van Gogh du cinéma dans le prochain film de Julian Schnabel, At Eternity’s Gate, écrit par le réalisateur et Jean-Claude Carriere. L'histoire se concentre sur l'époque où le peintre était à Arles et à Auvers sur Oise, où sera tourné le film. Van Gogh a notamment été incarné par Kirk Douglas et Jacques Dutronc. Scnabel avait déjà réalisé un film sur un peintre, Basquiat. Le film s'attachera à montrer l'intimité de l'artiste tout comment il s'est sacrifié pour son œuvre.

- Viggo Mortensen a confirmé qu'il serait la star d'Unabomb, thriller autour d'une chasse à l'homme ponctué par de nombreux twists. Mortensen interprétera un agent du FBI traquant le fugitif le plus recherché du moment. Son équipe non conventionnelle d'agents parcourt ainsi les USA pour mettre la main sur le terroriste anarchiste, Unabomber, qui continue ses attaques meurtrières. Le film sera réalisé par Robert Lorenz, producteur associé aux films de Clint Eastwood.

Cannes 2017 – Télex du marché: Jesse Eisenberg, Jessica Chastain, Fabrice Luchini, Mamma Mia, et Tom Hardy chez Marvel

Posté par vincy, le 20 mai 2017

- Jesse Eisenberg incarnera le mime français Marcel Marceau dans le biopic Résistance. Le film se focalisera sur l'entrée en résistance du célèbre artiste mondialement connu, qui a aidé à sauver des enfants juifs durant la seconde Guerre Mondiale. Réalisé et écrit par Jonathan Jakubowitz (Hands of Stone), le tournage est prévu pour l'année prochaine.

- Jessica Chastain, membre du jury de la compétition cannoise, a confirmé qu'elle incarnerait de son côté la légende du cinéma Ingrid Bergman dans Seducing Ingrid Bergman. Le film n'a pas encore de réalisateur. L'actrice sera aussi coproductrice. Le scénario de Arash Amel (Grace de Monaco) racontera la romance entre l'actrice de Casablanca et le photographe de guerre Robert Capa, de l'après-guerre à l'ère McCarthy.

- Hervé Mimran commencera le 23 mai le tournage de son premier film en solo, Un homme pressé. Ce film, prévu dans les salles en 2018, réunit Fabrice Luchini et Leïla Bekhti, qu'il avait dirigé dans Tout ce qui brille, coréalisé avec Géraldine Nakache. Il s'agit de l'histoire d'un homme d'affaires qui court après le temps, sans laisser de place à sa vie privée ou ses loisirs. Un AVC lui fait perdre le sens des mots. Une jeune orthophoniste va lui réapprendre à parler.

- Universal a donné son feu vert pour une suite à Mamma Mia, gros succès de l'année 2008 avec Meryl Streep, et adapté du "musical" éponyme. La suite est directement écrite pour le cinéma par le scénariste Ol Parker (Indian Palace Hotel), qui réalisera aussi ce Mamma Mia: Here We Go Again!. Sortie prévue en juillet 2018. On ne sait rien du scénario, mais certaines sources rapportées par la presse professionnelle américaine évoque un prequel. Des chansons d'Abba non utilisées pour le premier film serviraient pour ce deuxième opus, tout comme quelques hits incontournables.

- Tom Hardy a été engagé pour Venom, spin-off de Spider-Man, qui sera réalisé par Ruben Fleischer (Zombieland). L'acteur ayant abandonné Triple Frontier de J.C. Chandor, il s'est rendu disponible pour ce film de super-héros. Sony, pour des questiosn de droits, a décidé de multiplier les films autour du seul personnage de Marvel dont le studio dispose, Spider-Man (le reboot sort en juillet). Après Bane dans Batman, Hardy trouve ici son deuxième film de super-héros. Il devrait être sur les écrans en octobre 2018. A savoir: Venom a déjà été incarné sur grand écran dans Spider-Man 3, avec Topher Grace dans la peau du personnage.

Cannes 2017 – Télex du marché: Catherine Deneuve, Mamoru Hosoda, Mia Hansen-Love, Michael Moore et Jaoui-Bacri

Posté par vincy, le 19 mai 2017

- Auteure des récents documentaires La cour de Babel et Dernières nouvelles du cosmos, Julie Bertuccelli vient de commencer le tournage de son troisième film de fiction, produit par Les Films du Poisson et qui sera distribué par Pyramide. Le dernier vide-grenier de Claire Darling réunit une nouvelle fois Catherine Deneuve et sa fille Chiara Mastroianni, auxquelles s'ajoutent Alice Taglioni, Samir Guesmi, Laure Calamy, Olivier Rabourdin et Johan Leysen. Le scénario coécrit avec Sophie Fillières est l'adaptation du roman Le dernier vide-grenier de Faith Bass Darling (éditions J. Chambon) de Lynda Rutledge. L'histoire est celle d'une femme persuadée que c'est son dernier jour à vivre. Elle décide de vendre toutes ses antiquités dans son jardin, lui rappelant un à un toute sa vie passée.

- Mamoru Hosoda (Le garçon et la bête, Les Enfants loups Ame et Yuki, Summer Wars) a annoncé son nouveau projet au sein du Studio Chizu. Mirai (titre de travail) a été officialisé au marché du film de Cannes. Le film d'animation suivra un garçon âgé de quatre ans dont la vie va changer avec l'arrivée d'une petite sœur. Ce sera le début d'une aventure magique. Le jardin de sa maison se révèle en effet une passerelle permettant à Mirai de voyager vers le passé, où il rencontre ainsi sa mère, à l’époque où elle était petite fille, et son grand-père qui était alors un jeune adulte. Mais aussi sa sœurs quand elle aura grandit. Mirai, qui a peur que ses parents ne l'aiment plus, va alors comprendre son rôle de grand frère. Le réalisateur a écrit le scénario.

- Mia Hansen-Løve se lance dans un film entièrement en langue anglaise. Bergman Island rassemblera Greta Gerwig, John Turturro et Mia Wasikowska. La réalisatrice de L'avenir filmera ainsi un couple de cinéastes américains débarquant sur l’île de Farö, en Suède, où résidait le réalisateur Ingmar Bergman. Ils cherchent l'inspiration pour écrire, chacun de leur côté, leur nouveau film. Le film est produit par Charles Gillibert (CG Cinéma). Avant de le tourner dans un an, la réalisatrice filmera Maya, avec Roman Kolinka, Aarshi Banerjee et Cédric Kahn.

- Michael Moore revient au documentaire politique américain. Lui qui avait prévu la victoire de Donald Trump, a décidé de s'attaquer au nouveau Président des Etats-Unis, ou plutôt à sa nouvelle bête noire. Après Farhenheit 9/11 autour du 11 septembre, il a décidé de tourner Fahrenheit 11/9 (le 9 novembre étant la date où ont été proclamés les résultats de l'élection présidentielle). "Peu importe les révélations, il reste droit dans ses bottes. Les faits, la réalité, les méninges, rien ne l'atteint. Même quand il se fait mal lui-même, il se lève le lendemain et continue à tweeter. Tout ça termine dans ce film", a affirmé dans la presse américaine Michael Moore, au sujet de Trump. Les Weinstein reviennent dans la production, treize ans après la Palme d'or pour Farhenheit 9/11.

- Agnès Jaoui, membre du jury cannois, a dévoilé son prochain film, qu'elle a coécrit avec son complice Jean-Pierre Bacri une fois de plus. Place Publique, produit par SBS (Elle) et distribué par Le Pacte, se tournera cet été. Bacri incarnera un présentateur télé célèbre, qui retrouve ses vieux amis, dont son ex-femme, dans une soirée parisienne. Au cours de cette soirée, chacun constatera que le succès l'a changé. Alors que son ex-femme a conservé ses opinions politiques idéalistes, lui est devenu plus réaliste, voire cynique. Le film renoue avec l'esprit des deux pièces de théâtre adaptées au cinéma, Cuisine et dépendances et Un air de famille.

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Cannes 70 : rue d’Antibes, souvenirs du marché

Posté par cannes70, le 19 mars 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-60.

Comme tous les « anciens » de Cannes, mes souvenirs du festival sont liés à un certain nombre de projections, de séances mémorables, de découvertes de films qui sont depuis entrés dans une certaine histoire du cinéma.

C’est ainsi que je me rappelle avoir vu à Cannes des films tels que : Blood Simple des Frères Coen, Mad Mission III de Tsui Hark, Matador de Pedro Almodovar (à cette projection, je me suis retrouvé assis à côté de John Waters !), Razorback de Russell Mulcahy, CHUD de Douglas Cheek, Endgame / Le gladiateur du futur de Steve Benson, alias Joe d’Amato, Opera de Dario Argento, Re-animator de Stuart Gordon.

Et aussi : Critters, Hellraiser, Society et des dizaines d’autres films…

Bien sûr, il ne servirait à rien de chercher ces titres dans les catalogues officiels, que ce soit ceux des sélections officielles ou des sections parallèles. Tous ces films, sans exception, étaient présentés au Marché du Film.

Durant les années quatre-vingt, et une partie des années quatre-vingt dix, le Marché était un véritable eldorado pour les cinéphiles avides de cinéma bis ou plus simplement de découvertes. Pour eux, la zone essentielle du festival n’était pas le Nouveau Palais, ni même l’ancien (toujours debout), mais la rue d’Antibes, selon un axe qui conduisait des Olympia (en bas) au Star (en haut) en passant par Le Français (dans une ruelle adjacente) et les Ambassades (aujourd’hui la Fnac).

Un véritable festival « off », marginal, déconnecté des grandes affaires « artistiques » du Palais

Le badge du Marché était alors très accessible financièrement, et certains avaient remarqué que le cinéma Olympia, destiné aux « indépendants » non rattachés au Marché « officiel », était en accès quasiment libre. C’était alors un aller-retour permanent d’un bout à l’autre de cet axe, une course effrénée et des choix aléatoires : comment choisir entre des dizaines de titres inconnus ? C’était aussi du coup un ballet permanent dans les salles. Un film pouvait se quitter au bout de dix minutes (un navet infâme) pour foncer voir ce qui se passait dans la salle d’à côté (peut être un chef d’oeuvre ?).

C’est ainsi qu’a existé durant des années un véritable festival « off », marginal, déconnecté des grandes affaires « artistiques » du Palais. De jeunes réalisateurs venaient y présenter leurs premiers slashers, parmi lesquels un certain Sam Raimi. D’autres, comme Almodovar, n’ont connu à Cannes que ce Marché, avant une reconnaissance tardive… Parfois aussi, des films découverts au hasard ont reçu un accueil enthousiaste avant de disparaître des mémoires. Qui connait une petite comédie horrifique intitulée Screamplay, unique réalisation d’un certain Rufus Butler Seder ?

On se rappelle encore les séances de minuit au Star de films gore, la brève domination de Cannon qui avait squatté les salles du marché durant quelques années, les Mad Mission et leur (faux) « Champagne Screenings » au Français, les films bis italiens systématiquement projetés à l’Olympia 6. Finalement, une année, en arrivant devant cette salle sur laquelle étaient affichés tous les films du jour, une amie s’est exclamée, catastrophée: « Il n’y a plus rien..! »

C’est que les temps avaient vite changé. Le Festival « officiel » a repris les choses en main, et entièrement centralisé le Marché. Nouvelles salles de projection à l’intérieur du « Bunker », disparition des salles du centre-ville, nouvelles règles d’inscription, de projection et d’accréditation au Marché, projections en vidéo sur les stands… la joyeuse anarchie de la rue d’Antibes ne pouvait pas convenir à l’ultra professionnalisation du Festival. Le Marché actuel draine toujours (et encore plus) de business, mais l’ordre règne et la fête est depuis longtemps finie.

Laurent Aknin de L'Avant-Scène Cinéma

Sundance 2017: une cyberattaque, une panne d’électricité et des gros contrats

Posté par vincy, le 23 janvier 2017

La billetterie du Festival de Sundance a connu une sacrée mésaventure: une cyberattaque qui a empêché le service de vente de tickets de fonctionner  samedi 21 janvier. Les séances prévues ont quand même été assurées.
La cyberattaque a eu lieu juste après le début de la marche des Femmes qui était organisée dans le monde entier, y compris à Park City où se déroule le festival. La coupure a duré moins d'une heure. Pour l'instant, on ne connaît pas l'origine de cette attaque...

Dimanche 22 janvier, c'est une panne d'électricité qui a conduit à l'annulation de trois projections au Redstone Theater (Mars Generation, Dolores, Landline). Les films ont été reprogrammés

Malgré ces avaries, cela n'a pas freiné l'activité du business. Le marché se porte bien.

Ainsi, Amazon Studios aurait signé les droits de distribution pour les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France et l'Allemagne de The Big Sick pour la somme astronomique de 12M$. Depuis le début du festival, jeudi, c'est le plus gros deal enregistré. Amazon l'a emporté sur Sony Pictures Worldwide Acquisitions et Fox Searchlight. C'est un record pour le studio puisque l'an dernier, il n'avait déboursé "que" 10M$ pour obtenir les droits nord-américains de Manchester by the Sea. Ce film réalisé par Michael Showalter, avec Kumail Nanjiani, Zoe Kazan, Holly Hunter, Ray Romano et Anupam Kher, est produit par Judd Apatow. Emily V. Gordon et Kumail Nanjiani ont écrit cette histoire d'amour "hilarante et larmoyante" à partir de leur propre romance. Le comique né au Pakistan est tombé amoureux d'une étudiante mais les deux doivent affronter un problème de taille: leurs différences culturelles.

Son concurrent Netflix s'est associé avec Momentum Pictures pour les droits de Fun Mom Dinner. 5M$ pour cette comédie qui sera distribué en salles aux USA par Momentum et en SVOD sur une grande partie de la planète via la plateforme Netflix. Ce premier film de Alethea Jones, écrit par Julie Rudd, réunit Katie Aselton, Toni Collette, Bridget Everett, Molly Shannon, Adam Scott et Adam Levine. L'histoire est celle de quatre femmes dont les enfants sont dans la même classe de maternelle. Elle organisent un dîner en elles et s'aperçoivent qu'elles ont bien plus en commun que le mariage et la maternité.

Netflix a aussi signé un montant à sept chiffres, en équipe avec Vertical Entertainment, pour pouvoir diffuser en svod Berlin Syndrome, thriller psychologique de Cate Shortland). C'est apparemment la tendance: les droits en streaming sont négociés avec les droits de distribution au cinéma.

Toujours du côté de Netflix, le diffuseur a acquis les droits mondiaux du documentaire environnement Chasing Coral, qui, on s'en doute, concerne la destruction des barrières de corail à cause du réchauffement climatique. Le film est en compétition à Sundance. Alors que la nouvelle administration de Donal Trump, composée de climato-sceptiques, fait craindre un retour en arrière dans la lutte contre le réchauffement climatique, le film de Jeff Orlowski a intéressé de nombreux distributeurs. Netflix, avec sa force de frappe mondiale et son portefeuille épais, a fait la différence. L'environnement est un des grands thèmes du festival de Sundance cette année, avec notamment la première mondiale de An Inconvenient Sequel, suite du documentaire d'Al Gore, An Inconvenient Truth, Oscar en 2006.

Les documentaires ont d'ailleurs la côte puisque The Orchard et CNN ont acquis les droits nord-américains et télévisuels de Trophy, réalisé par Shaul Schwarz et Christina Clusiaupour 2M$. Trophy, autre film activiste, explore les relations entre l'industrie de la chasse et la sauvegarde de la faune, notamment les lions, les éléphants et les rhinocéros. Il est en compétition au festival.

Enfin, last but not least, Amazon a aussi signé un gros chèque de 6M$ pour le documentaire de 4 heures sur le groupe The Grateful Dead , réalisé par Amir Bar-Lev et produit parr Martin Scorsese. Il sera notamment diffusé sur Amazon Prime, en six épisodes. Une sortie cinéma est prévue également.

Les Arcs 2016: trois projets de films récompensés

Posté par vincy, le 12 décembre 2016

Le jury professionnel présidé par Bertrand Bonello au Festival du cinéma européen des Arcs a distingué deux films en "work in progress" parmi les 16 films sélectionnés.

Le très convoité prix Eurimages Lab Project a été remis à The Hidden City de l'espagnol Victor Moreno (The Building, Goya 2012 du meilleur documentaire). Cette coproduction espagnole (El Viaje Films) et française (Pomme Hurlante Films) a reçu 50000€. Il s'agit d' "un projet innovant et non traditionnel en termes de contenu et de production" et la dotation devrait permettre de boucler la post-production.

Le prix Hiventy (10000€ de prestations de post-production par le laboratoire) revient à Good Luck de l’américain Ben Russell, qui fut donc honoré du prix Hiventy. Coproduction entre la France (KinoElektron) et l’Allemagne (CaSk Films), ce documentaire se concentre sur les employés d’une mine souterraine en Serbie et d’une mine d’or illégale au Suriname.

La sélection Work In Progress était aussi composée de All You Can Eat Buddha de Ian Lagarde (Canada), Cemetery de Carlos Casas (Espagne), Dog de Florin Serban (Roumanie) , Dovlatov de Alexey Guerman Jr (Russie), Hier de Balint Kenyeres (Hongrie), I Am Not A Witch de Rungano Nyoni (Royaume Uni), In My Room de Ulrich Köhler (Allemagne), Koko-di Koko-da de Johannes Nyholm (Suède), La part sauvage de Guérin Van Der Vorst (Belgique), My Happy Family de Nana & Simon (Géorgie/Allemagne), Sans Titre de Olmo Omerzu (République tchèque), The Elephant in a Dark Room de Konstantin Bojanov (Bulgarie), The Gulf de Emre Yeksan (Turquie) et The Real Estate de Mans Mansson et Axel Petersén (Suède).

Par ailleurs, la chaîne franco-allemande Arte, partenaire du Festival, a donné le 3e Arte International Prize (4000€) au projet The Father Who Moved Mountains, parmi les 21 projets de la sélection Village des coproductions. Ce drame roumain de Daniel Sandu, qui avait déjà présenté One Step Behind the Seraphims dans la sélection Work-in-Progress l’an dernier. Produit par Mobra Films, la société de Cristian Mungiu, il a déjà réuni les deux tiers de son budget (1,6 M€).

Cette sélection avait dans sa liste L'enfance Martha Jane Cannary de Rémi Chayé, The Last Words de Jonathan Nossiter, Magic City de Eva Ionesco et Sad Liza de Caroline Deruas, qui présentait L'indomptée, son premier film dimanche en compétition.

Les Arcs 2016: le cinéma européen au sommet

Posté par vincy, le 9 décembre 2016

Du 10 au 17 décembre, le Festival de cinéma européen des Arcs célèbrera sa 8e et ambitieuse édition sous le signe des femmes. Cette année le festival a décidé de célébrer la jeune génération de femmes réalisatrices européennes à travers un programme "Nouvelles Femmes de cinéma". Outre la sélection de 10 réalisatrices qui viendront présenter leur film, la manifestation publiera une étude sur le thème, organisera deux tables rondes et une masterclass de la compositrice Béatrice Thiriet en plus d'ateliers "boîte à idées" et de la venue de Valéria Golino, invitée d'honneur du Festival. De plus la moitié des films en compétition sont l'œuvre d'une cinéaste.

Les 10 "Nouvelles Femmes de cinéma":
Houda Benyamina (Divines) ; Rebecca Daly (Mamal) ; Laura Bispuri (Vierge sous serment) ; Veronika Franz (Goodnight Mommy) ; Jessica Hausner (Lourdes) ; Agnes Kocsis (Fresh Air) ; Alanté Kavaïté (The Summer of Sangaile) ; Rachel Lang (Baden Baden) ; Nanouk Leopold (Brownian Movement) ; et Pia Marais (Layla Fourie)

EVENEMENTS

Ouverture: Patients, de Grand Corps Malade et concert du groupe La Femme.
Clôture: La communauté de Thomas Vinterberg et concert de The Pirouettes
Masterclass: Bertrand Bonello, invité d'honneur, qui accompagnera trois films dans le cadre sa carte blanche - Scum d'Alan Clarke, Deep End de Jerzy Skolimowski et Le braqueur de Benjamin Heisenberg

BUSINESS

Les Arcs c'est aussi un rendez-vous B2B avec le village des coproductions Arc 1950 du 10 au 13 décembre avec 20 projets en développement et notamment trois projets québécois en plus d'une conférence "Coproduire avec le Québec" ; Work in Progress avec 15 projets de films européens en post-production en quête de financements complémentaires et/ou de distributeurs ; Le sommet des Arcs, du 13 au 17 décembre, rencontre s professionnelles pour les distributeurs et les exploitants avec en parallèle le Laboratoire des initiatives, L'atelier des sorties et Les ateliers di Sommet (dont l'un consacré à l'utilisation des réseaux sociaux)

FUN

Le festival a d'autres atouts:
- Du futurisme avec Drive Test 360° ; Everest VR ; Drone l'Expérience ; Le Village VR
- Du son avec un quiz cinéma-musique le dimanche, des concerts, des DJ sets
- De la glisse avec l'Igloo Party (non non non ce n'est pas ce que vous pensez)
- Des cocktails.

JURYS

- longs métrages: Radu Mihaileanu (Président), Mélanie Doutey, Mélanie Bernier, Ólafur Darri Ólafsson, Sebastian Schipper, Catherine Corsini et Bruno Coulais.
- courts métrages: Antonin Peretjatko (Président), Alice de Lencquesaing, Lola Bessis, Audrey Estrougo,  Finnegan Oldfield, Grégory Audermatte et François Theurel.

FILMS

La compétition:
- Clair obscur de Yesim Ustaoglu (Turquie)
- Home de Fien Troch (Belgique)
- Glory de Kristina Grozeva et Petar Valchanov (Bulgarie)
- Layla M de Mijke De Jong (Pays-Bas) accompagné d'un ciné-débat avec le jeune publuc
- L'indomptée de Caroline Deruas (France)
- Miséricorde de Fulvio Bernasconi (Suisse)
- Lady Macbeth de William Oldroyd (Royaume Uni)
- Pyromaniac de Erik Skjoldbaerg (Norvège)
- The Fixer de Adrian Sitaru (Roumanie)
- Zoology d'Ivan Tverdovskiy (Russie)

Sélection Playtime:
- Indivisibili d'Edoardo de Angelis (Italie)
- King of Belgians de Jessica Woodworth et Peter Brosens (Belgique)
- Jamais contente d'Emilie Deleuze (France)
- Paris pieds nus de Fiona Gordon et Dominique Abel (Belgique)
- Primaire d'Hélène Angel (France)
- Une vie ailleurs d'Olivier Peyon (France)
- The Oath de Baltasar Kormakur (Islande)

Sélection Hauteur:
- Belle dormant d'Ado Arrietta (France)
- L'ami (François d'Assise et ses frères) de Renaud Fely et Arnaud Louvet (France)
- It's not the time of my life de Szabolcs Hajdu (Hongrie)
- Orpheline d'Arnaud Des Pallières (France)
- Quit staring at my plate de Hana Jusi (Croatie)
- The Last Family de Jan Matuszynski (Pologne)

Sessions frayeurs:
- Grave de Julia Ducounrau (France)
- Cave de Henrik Martin Dahlsbakken (Norvège)
- Dans la forêt de Gilles Marchand (France)
- Goodnight Mommy de Veronika Franz et Severin Fiala (Autriche)