César : Charlotte Gainsbourg, présidente

Posté par vincy, le 21 novembre 2008

charlottegainsbour_cesar.jpgC'est une rupture. Un renouvellement des générations. Les César ont décidé de confier la Présidence de la prochaine cérémonie à l'actrice et chanteuse Charlotte Gainsbourg. Elle sera chargée d'ouvrir la soirée et de remettre le César du meilleur film.

Cette nomination est un bouleversement des habitudes. Jusqu'en 1997, durant 22 ans, les César offraient le "poste" à des figures éminentes, vénérables, honorables même du cinéma. De Gabin à Girardot, seul Gérard Depardieu en 1994 était né après la seconde guerre mondiale. Il avait 46 ans à l'époque. En 1983, Catherine Deneuve, du haut de ses 50 ans faisait même figure de "jeunette". Les César à l'époque préféraient ouvrir la Présidence à des étrangers : Orson Welles, Gene Kelly, Sean Connery, Milos Forman, Peter Ustinov, Kirk Douglas, Sophia Loren et Marcello Mastroianni. Celui-ci, en 1993, fut le dernier Président étranger.

En 1998, une première rupture eut lieu avec Juliette Binoche, légitimée par son Oscar. 34 ans à l'époque, toujours détentrice du record, elle était la première Présidente née après 1950 ! Un saut générationnel était en cours avec les nominations de Isabelle Huppert (1999), Daniel Auteuil (2001), Isabelle Adjani (2005) et Carole Bouquet (2006). Mais tous avaient dépassé les 50 ans.

C'est donc la première fois depuis dix ans qu'une trentenaire présidera la soirée. C'est aussi la première fois que la Présidente est née après 1970 (Charlotte Gainsbourg est née en 1971). Comme Binoche, l'actrice tourne dans plusieurs pays (USA, Italie, Royaume Uni...) et touche à plusieurs arts. Elle a reçu le César du meilleur espoir féminin en 1985 (L'effrontée) puis le César du meilleur second rôle féminin en 2000 (La bûche). Elle a aussi été nommée trois fois aux César de la meilleur actrice : La petite voleuse en 1989, Love etc... en 1996, Prête-moi ta main en 2007.

Les 34e César auront lieu le 27 février 2009.

Arras célèbre John Boorman

Posté par MpM, le 19 novembre 2008

John BoormanDécidément, John Boorman tient le haut de l’affiche. Alors que deux de ses plus célèbres longs métrages ressortent sur les écrans (voir actualité : deux Boorman sinon rien) et qu’il est annoncé aux commandes d’un nouveau projet (une version animée du Magicien d’Oz), le réalisateur britannique était l’invité prestigieux du 9e festival "L’autre cinéma" d’Arras. Une rétrospective fascinante, constituée à la fois de ses chefs-d’œuvre (Délivrance, Excalibur, Point de non retour…), de son tout premier film (Sauve qui peut), rarement diffusé, et de ses deux dernières œuvres, inédites en France (In my country et The tiger’s tail), lui était ainsi consacrée.

Souriant et facilement accessible, l’auteur culte de Hope and glory et Duel dans le pacifique s’est prêté avec élégance au jeu des autographes, photos et questions sur le vif. Lors de la leçon de cinéma animée par notre confrère Michel Ciment (auteur du classique John Boorman, un visionnaire en son temps), il a même tenu en haleine un public extrêmement fourni venu écouter ses souvenirs de tournage et découvrir sa manière d’appréhender le monde et le cinéma. "Quand je finis un film, ma motivation pour le suivant est de ne jamais refaire la même chose", a-t-il par exemple déclaré comme pour justifier l’aspect extrêmement éclectique de sa filmographie.

Sur sa capacité à tourner sur les tous les continents, et parfois avec des acteurs ne maîtrisant par l’anglais comme Toshiro Mifune, il répond simplement que "le film est un langage universel. Ce qui change, c’est juste la méthode. Donc si on comprend ce langage, on peut aller n’importe où." Et il avoue (un brin émerveillé) que Marcello Mastroianni prétendait que Leo the last était son film favori. Ce qui avait le don d’exaspérer Federico Fellini… Tant qu’on parle des stars, quid de Lee Marvin, qui accepta de jouer dans son second film, Point de non retour ? Deux anecdotes lui viennent instantanément en mémoire. D’abord celle de l’objet qu’il a gardé de l’acteur après sa mort : ses chaussures, qu’il fait régulièrement briller, et qui lui rappelle le personnage du film, Walker ("marcheur" en anglais). Et puis sans doute la plus connue de tous, mais qu’on ne se lasse pas de lui voir raconter : lorsque totalement ivre, Lee Marvin s’était installé sur le toit de sa voiture. Bien sûr, Boorman s’était fait arrêter par un policier, atterré, qui lui lança cette réplique d’anthologie : "Vous savez que vous avez Lee Marvin sur le toit ?" Et le réalisateur de répondre : "Est-ce que c’est illégal ?"

Difficile d’aborder en deux heures la filmographie foisonnante du maître, et pourtant les images défilent. Voilà par exemple une scène de Délivrance où les quatre personnages basculent dans des rapides de plus en plus chaotiques. Pas étonnant que le cinéaste ait la réputation d’aimer le risque… "Je n’ai jamais utilisé de cascadeurs", explique-t-il pourtant. "Car s’il en faut, c’est qu’on reconnaît qu’il y a un danger. Donc tout était préparé et extrêmement maîtrisé. Ensuite, quand on monte tous les éléments, on a cette impression de chaos…" Et l’eau, omniprésente dans son œuvre ? "J’aime beaucoup l’eau, elle porte la vie et apporte beaucoup à un film", confirme-t-il. "Un cours d’eau, c’est comme l’existence : ça commence par quelques gouttelettes qui grandissent jusqu’à devenir la mer."

Une dernière anecdote pour finir ? Dans Hope and glory, inspiré de ses souvenirs d’enfance, le jeune héros est captivé par une virtuose scène de combat aérien sur grand écran. Aussi lorsque la sirène annonçant les bombardements retentit, il rechigne à quitter la salle, bien que sa sœur lui fasse remarquer que les mêmes combats ont lieu au dehors, et cette fois pour de vrai. Et Boorman de conclure : "le héros préfère déjà, comme c’est mon cas, la vision filmée des choses plutôt que la réalité…"

Marisa Merlini se retire (1923-2008)

Posté par Morgane, le 1 août 2008

Marisa MerliniNée à Milan le 6 août 1923, Marisa Merlini a tiré sa révérence à Rome le 28 juillet dernier, à l’âge de 84 ans. Coutumière des seconds rôles, l'actrice avait entièrement consacré sa carrière à la comédie à l’italienne avec un nombre impressionnant de films à son actif (plus d’une centaine).

Sa carrière débute dans l'après guerre, dans le film Rome ville ouverte qui lancera le néo-réalisme italien. Dès 1949, après plusieurs apparitions, elle est dirigée par Luigi Comencini dans L’imperatore di Capri, réalisateur qu’elle retrouvera à plusieurs reprises (Pain, Amour et Fantaisie et Pain, Amour et Jalousie). Elle sera également devant la caméra face à Mario Monicelli, Ettore Scola (Drame de la jalousie), Dino Risi et aux côtés de Vittorio De Sica, Gina Lollobrigida, Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni et tant d’autres encore.

Son dernier rôle remonte à 2005 dans le film La seconde nuit de noces de Pupi Avati. Avec ce film, elle fut citée pour la première fois aux prix David di Donatello (les César italiens).

Dino Risi s’éteint (1916-2008)

Posté par vincy, le 7 juin 2008

Un des vétérans de l'âge d'or du cinéma italien vient de mourir. Dino Risi, laïque, ancien psychiatre, aura surtout marqué le cinéma des années 60 et 70, sans bluffer avec son style, mais en séduisant avec ses histoires drôles et satiriques et ses personnages parfois fantasques.  Souvent étiquetté "maître de la comédie italienne", son humour était grinçant et ses histoires souvent amères. Il était passé virtuose dans l'art de dépeindre et de moquer les italiens.

Trois films resteront marquants dans sa filmographie : Les Monstres (1963), série de sketches loufoques, burlesques, cyniques, acides et cultes ; Le fanfaron (1962) qui évoque le miracle économique italien à travers un road movie tragico-fantaisiste ; et Parfum de femme (1974), où il donne un rôle dramatique mais pas dénué de dérision à Vittorio Gassman, son acteur fétiche. Il y incarne un aveugle, obtiendra le prix d'interprétation à Cannes en 1975 et Al Pacino reprendra même son rôle dans un remake médiocre. Risi obtient aussi une nomination à l'Oscar du meilleur scénario. Le film est césarisé (meilleur film étranger).

Lui, qui est venu par hsard à la réalisation (il a dépanné un ami en se disant que le poste d'assistant réalisateur devait être amusant), aura tourné avec tous les plus grands - Alberto Sordi, Sophia Loren, Lea Massari, Nino Manfredi, Ornella Mutti, Marcello Mastroianni, mais aussi Catherine Deneuve, Patrick Dewaere, Romy Schneider, Coluche, Jean-Louis Trintignant, Roger Hanin ou Ugo Tognazzi.

Il reçoit un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière à Venise en 2002 et un prix David di Donatello (les César italien) spécial en 2005.