Insoupçonnable : un suspens confus

Posté par anne-laure, le 2 août 2010

insoupconnable"- C’est vrai que t’es comme mon frère.
- C’est quand ça t’arrange cette histoir
e !"

L'histoire : Henri est riche mais seul. Puis, il rencontre Lise, une séduisante entraîneuse. Leur histoire démarre vite et fort. Ils se marient après quelques mois seulement. Sauf que… Il y a Sam, beau jeune homme qu’elle dit être son frère. En réalité, ils ont été élevé ensemble et sont amoureux. Ils ne sont pas très riches et essaient par tous les moyens de le devenir. A n’importe quel prix, pour Lise.

Notre avis : Gabriel Le Bomin nous livre ici son deuxième long-métrage – après Les fragments d’Antonin. Il a décidé de s’attaquer au film noir et il y parvient plutôt bien. On retrouve la figure de la femme hitchcockienne, intrigante. Laura Smet devient la nouvelle Kim Novak, de Vertigo .La photographie aux tons contrastés est une réussite. Elle baigne illico le spectateur dans une atmosphère où les tensions ne peuvent être qu’à leur comble. Enfin, le réalisateur choisit une réalisation efficace pour un thriller : ellipses, flash-backs et hors-champs… De quoi faire durer le suspense ! Sans compter l’intrigue complexe, aux multiples rebondissements – adaptée du roman éponyme de Tanguy Viel.

Gabriel Le Bomin fait un travail de manipulation intéressant. C’est presque de la mise en abîme, puisqu’il parvient à manipuler autant les spectateurs que les personnages, et ce, jusqu’à la fin. Les acteurs occupent chacun un rôle particulier, comme les pièces maîtresses d’un grand échiquier : la femme douce mais pourtant fatale et manipulatrice (Laura Smet), le riche homme d’affaires imbu de lui-même (Charles Berling) et éperdument amoureux et le jeune homme jaloux et tout aussi amoureux (Marc-André Grondin). Le trio de comédiens fonctionne bien.

On regrette tout de même un dénouement un peu confus. On ne parvient pas à comprendre tous les tenants et les aboutissants du film, ni pourquoi les personnages ont réagi de telle manière. Bien sûr, des éléments-clés sont donnés, mais ce n’est pas suffisant. En réalité, Insoupçonnable est un thriller français plutôt bien ficelé et plutôt bien réussi côté réalisation –au sens technique du terme - mais qui dénote un peu par sa fin un brouillon.

César : premières réactions d’Ari Folman, Cécile Cassel et Laurent Cantet

Posté par MpM, le 27 février 2009

Cécile Cassel Défilé de Césarisés et de remettants dans la salle de presse du Théâtre du Chatelet. Cécile Cassel (à gauche) vante son partenaire du Premier jour du reste de ta vie, Marc-André Grondin, meilleur espoir masculin, retenu sur un tournage. "C'est tout ce que j'ai à vous montrer de lui", dit-elle, piteuse, en montrant le carton qui était dans l'enveloppe.

Ari Folman, César du film étranger pour Valse avec Bashir, est un peu plus prolixe. "Le rêve s'achève", avoue-t-il. "C'est le dernier jour de mon voyage et c'est très symbolique d'avoir commencé à Cannes et de finir ici. Tout ce qui est arrivé avec ce film est incroyable. Par contre, ça a été bien plus dur de voyager que de faire le film..." Son dernier projet devrait être moitié live, moitié animation. "Vous ne me verrez plus", précise-t-il. "Il y aura de vrais acteurs !".

Premier César (d'une longue série ?) pour Laurent Cantet (et Robin Camillo), celui de la meilleure adaptation littéraire pour Entre les murs. Pour le réalisateur, un prix non anodin : "C'est très plaisant de rectifier le quiproquo sur le fait que le film ressemble à un documentaire, même si je me réjouis que ce quiproquo ait eu lieu. Je suis fier que certains spectateurs aient pu se demander à un moment ou un autre si ce qu'ils voyaient était vrai ou pas. J'ai l'impression d'avoir comme le beurre et l'argent du beurre." Au sujet de son prochain film, pas de scoop : "Je n'ai pas eu le temps de réfléchir, j'attendais que vous me donniez une idée..."

Crédit photo : Marie-Pauline Mollaret

Grondin, Janssen et Barkin dans Le Caméléon

Posté par vincy, le 22 février 2009

marc andre grondinJean-Paul Salomé a choisi son trio de comédiens pour son premier thriller en langue anglaise. L'adaptation du livre de Christoph D'Antonio, Le Caméléon (publié en 2005 chez Télémaque), sera aussi le premier film en anglais pour Marc-André Grondin, révélé dans C.R.A.Z.Y. et adoré dans Le premier jour du reste de ta vie, pour lequel il est nommé meilleur espoir masculin aux César. Il sera entouré de Ellen Barkin (Sea of Love, Ocean's 13), qui jouera sa mère, et de Famke Janssen (GoldenEye, X-Men, Taken), en agent du FBI.

L'histoire raconte la vie de Frédéric Bourdin, né en 1974, qui assumait 39 identités différentes, et usurpées. Il adorait emprunté les dientités d'adolescents disparus. Il a été condamné aux Etats-Unis (6 ans) puis en France (6 mois). Depuis il s'est rangé.

Salomé a notamment réalisé Belphégor, Arsène Lupin et Les femmes de l'ombre.

32 espoirs en lice pour les César

Posté par vincy, le 28 novembre 2008

francois_grondin.jpgHier, 32 comédiens et comédiennes ont été choisis par le Comité Espoirs de l'Académie des César (l'ensemble des directeurs de casting). Ils ne seront plus que 10 lors de l'annonce des nominations dans les catégories meilleur espoir féminin et meilleur espoir masculin. La Cinéma Academy version institutionnelle. Une liste indicative, incitative mais non exclusive.

Côté filles, le choix sera rude. Entre les valeurs déjà affirmées (Mélanie Bernier, Marilou Berry, Louise Bourgoin, Déborah François (photo), Fanny Valette), les révélations portées par les médias (Léa Seydoux, Salomé Stévenin) et les actrices issues de films populaires ou remarqués (Judith Chemla, Anaïs Demoustier, Adélaïde Leroux), malin qui pourra deviner le choix des votants. Généralement, il y a un mix assez équilibré entre les forces en présence.

Côté garçons, les connus coexistent avec les inconnus. Dans la première catégorie, Julien Baumgartner, Emile Berling, Marc-André Grondin (photo), Adrien Jolivet, Grégoire Leprince-Ringuet ont de nombreux atouts pour eux : une actualité riche en tournages et films déjà sortis, une notoriété réelle (fils de ça peut aider), et même des films vus (La belle personne) ou très vu (Le premier jour du reste de ta vie). Mais parmi les inconnus, certains peuvent tirer leur épingle du jeu, comme Ralph Amoussou ou Laurent Capelluto. Jouer dans un bon film ne nuit jamais...

Pour le César du Meilleur Espoir Féminin 2009
Nora ARNEZEDER dans Faubourg 36
Leïla BEKHTI dans Des poupées et des anges
Mélanie BERNIER dans Passe Passe
Marilou BERRY dans Vilaine
Olympe BORVAL dans Le chant des mariées
Louise BOURGOIN dans La fille de Monaco
Lizzie BROCHERÉ dans Le chant des mariées
Judith CHEMLA dans Versailles
Anaïs DEMOUSTIER dans Les grandes personnes
Déborah FRANÇOIS dans Le premier jour du reste de ta vie
Juliette LAMBOLEY dans 15 ans et demi
Adélaïde LEROUX dans Home
Clémentine POIDATZ dans La frontière de l’aube
Léa SEYDOUX dans La belle personne
Salomé STÉVENIN dans Comme une étoile dans la nuit
Fanny VALETTE dans Sur ta joue ennemie

Pour le César du Meilleur Espoir Masculin 2009
Ralph AMOUSSOU dans Aide-toi le ciel t’aidera
Julien BAUMGARTNER dans Le plaisir de chanter
Emile BERLING dans Les hauts murs
Laurent CAPELLUTO dans Un conte de Noël
Esteban CARJAVAL ALEGRIA dans La belle personne
François CIVIL dans Soit je meurs, soit je vais mieux
Arthur DUPONT dans Nos 18 ans
Théo FRILET dans Nés en 68
Nicolas GIRAUD dans Comme une étoile dans la nuit
Guillaume GOUIX dans Les hauts murs
Marc-André GRONDIN dans Le premier jour du reste de ta vie
Adrien JOLIVET dans La très très grande entreprise
Grégoire LEPRINCE-RINGUET dans La belle personne
Pio MARMAÏ dans Le premier jour du reste de ta vie
Yannick RENIER dans Nés en 68
Guillaume VERDIER dans L’été indien

Bouquet Final : Bienvenue chez les croque morts

Posté par Morgane, le 3 novembre 2008

bouquetfinal.jpg«- Artiste raté, c’est pas un métier » 

Synopsis : Gabriel se rêve compositeur de musiques de films, mais la gloire se fait attendre et ses cours de musique ne suffisent plus à le faire vivre. Aussi, lorsqu’un ancien camarade d’école de commerce lui propose de le recruter comme directeur commercial Paris d’une entreprise américaine de pompes funèbres, il accepte. Mais avant de prendre ses fonctions à Ciel et Terre, il doit passer trois mois en stage à l’Agence Père-Lachaise afin d’apprendre le métier et de tâter les réalités du terrain. Aux côtés de Gervais Bron, 15 ans de métier, Gabriel découvre le monde des croque-morts, les macchabées, les enterrements, le business… et surmonte ses réticences tout en commettant toutes les bourdes imaginables.

Notre avis : Après avoir signé les scenarii de La vengeance d’une blonde, L’enquête corse ou encore L’auberge rouge - d'inoubliables chefs d'oeuvre -, Michel Delgado se lance ici dans l’aventure de son premier long métrage en tant que réalisateur. Sur une idée où la mort est un des personnages centraux, l’humour noir et le cynisme auraient tout à fait pu être des invités de marque. Mais plutôt que d’emprunter cette voie, Michel Delgado a préféré suivre la route toute tracée de la comédie gentillette sans réelle surprise, ni véritable intérêt il faut bien le dire.

Basant son récit sur de nombreux clichés (incompréhensions entre les générations, idées toutes faites sur les gitans…) ainsi que sur des histoires d’amour et d’amitié banales, il n’y a guère que certains des acteurs secondaires qui tirent leur épingle du jeu ainsi, peut-être, qu’un Didier Bourdon qui ne s’en sort pas si mal dans la peau d’un directeur de pompes funèbres en mal d’ascension vers les plus hautes sphères. On peut aussi saluer le couple Marthe Keller-Gérard Depardieu qui s’en donnent à cœur joie en parents bobos-écolos ainsi que Michel Galabru en grand-père passablement triste d’avoir perdu son ex-femme.

Néanmoins, les performances de ces derniers ne suffisent pas à nous faire oublier la rigidité du cadre dans lequel le récit se déroule et le jeu sans couleur de Marc-André Grondin (CRAZY) et Bérénice Béjo (OSS 117).

Le premier jour du reste de ta vie, la surprise estivale du cinéma français

Posté par MpM, le 29 juillet 2008

premerjourdureste.jpg L'histoire : Chronique douce-amère qui s'articule autour de cinq journées décisives dans la vie d’une famille, entre les années 80 et les années 2000.

Critique : Voilà un film à classer dans les jolies surprises de l’été. Entre deux grosses machines pleines de super héros prêts à tout faire péter, ça fait du bien de passer deux heures en compagnie de personnages "réels" et proches de nous, taraudés par le temps qui passe et la vie qui file. Des premiers amours des enfants à la crise de quarantaine des parents, en passant par l’inextinguible soif de reconnaissance des fils envers leurs pères, Rémi Bezancon aborde tout azimut tout ce qui construit, patiemment et par petites touches, une existence à la fois banale et unique. Même fortement stéréotypés (le sérieux, la rebelle, le rêveur…), ses personnages respirent une telle sincérité que l’on ferme les yeux sur leurs maladresses et l’aspect un peu téléphoné de certaines de leurs aventures. On passe aussi sur les pirouettes scénaristiques souvent faciles, car ce sont finalement elles qui permettent au film de ne pas s’appesantir sur chaque situation, et lui font gagner en légèreté et en énergie. Par contre, on applaudit la très grande retenue de Rémi Bezancon qui fait systématiquement l’impasse sur toutes les scènes lacrymales et dramatiques. A aucun moment il n’essaie d’arracher de larmes à ses spectateurs, et si nombre d’entre eux se laissent malgré tout emporter par le flot des émotions, c’est de leur plein gré, parce que l’histoire et les personnages leur sont devenus proches, presque palpables. Le mérite en revient aussi bien à l’auteur (Bezancon a la double casquette de scénariste et de réalisateur) qu’aux acteurs, juste formidables, chacun à sa manière, que ce soit dans la sobriété rêveuse (Jacques Gamblin), l’obstination aimante (Zabou Breitman), le romantisme décalé (Pio Marmaï), l’assurance fragile (Marc-André Grondin) ou la rébellion désenchantée (Déborah François).

Le film, en première semaine a séduit près de 200 000 spectateurs, soit l'un des meilleurs démarrages estivaux pour un film français...