All You Need is Cruise …

Posté par vincy, le 2 décembre 2011

Warner Bros a relancé l'adaptation du roman graphique All You Need is Kill après des mois de de pré-production suspendue. Le film a longtemps été dépendant du choix de la star principale. En étant fidèle au manga d'Hiroshi Sakurazaka (publié en 2009), la logique voulait que l'acteur principal soit dans la trentaine. Le réalisateur Doug Liman avait envisagé Ryan Gosling ou Joseph Gordon-Levitt. Les producteurs visaient plus "gros" avec une star mondiale de catégorie A. Brad Pitt a longtemps tenu la corde. Ce qui exigeait de vieillir le personnage.

Selon Variety, après plusieurs mois de discussions entre le réalisateur et Tom Cruise, le scénario de Dante Harper a été réécrit par Jody Harold pour que la star accepte d'être la vedette du film. Cruise aura 50 ans l'an prochain. L'acteur a donné son accord de principe. Pour l'instant, rien n'est signé. Mais Cruise avoue adorer le script.

L'histoire, dans la veine d'Un jour sans fin, est celle d'un soldat en guerre contre des extra-terrestres qui revit le dernier jour de sa vie indéfiniment, à chaque fois qu'il est tué. A force de revivre cette résurrection et ces ultimes combats, il progresse en tant que soldat et cherche à changer la fatalité de son destin.

Doug Liman peut dire merci à Tom Cruise. Après l'abandon (provisoire?) de son prochain film, Luna, un film d'aventure spatial, il n'a plus rien d'autre dans sa liste de projets. Reste le planning chargé de Cruise. Actuellement en promotion pour le prochain Mission Impossible : Protocole fantôme qui sort ce mois-ci dans le monde entier, la star, qui a absolument besoin d'enchaîner les blockbusters pour redorer son blason (depuis 2006, il lui manque un gros hit au box office). Il tourne en ce moment One Shot, polar de Christopher McQuarrie avec Rosamund Pike, Werner Herzog et Robert Duvall, à Pittsburgh et est engagé sur le tournage du film de SF Oblivion en mars, un film de science-fiction, de Joseph Kosinski, avec Jessica Chastain. All You Need is Kill pourrait être tourné à la fin de l'automne 2012, après la vague de promotion de Rock of Ages, film musical d'Adam Shankman, avec Paul Giamatti, Catherine Zeta-Jones et Alec Baldwin, qui sort cet été.

Le dernier film à l'affiche avec Tom Cruise est Knight & Day, en 2010, avec Cameron Diaz (262 millions de $ dans le monde). Doug Liman (The Bourne Identity, Mr & Mrs Smith, Jumper) avait sorti la même année Fair Game, en compétition à Cannes, avec Sean Penn et Naomi Watts (un flop avec 24 millions de $ dans le monde).

Feu vert pour Akira

Posté par vincy, le 24 octobre 2011

23 ans après la version animée d'Akira, Warner Bros a (enfin) donné son accord pour une version en prises de vues réelles (mais avec beaucoup d'effets visuels) du manga. Le tournage devrait débuter à la fin de l'hiver 2012.

Le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra (voir notre actualité du 21 juillet) devra piloter cette machinerie de 90 millions de $ (soit un peu moins que le devis initial). Désormais, il reste quelques mois pour enrôler les comédiens, après des mois d'hypothèses et de rumeurs. Garret Hedlund (Tron : Legacy) semble tenir la pôle position pour le rôle principal.

Cependant, ne crions pas victoire trop tôt. Akira, produit notamment par Leonardo DiCaprio, a connu suffisamment de revirements depuis plusieurs mois (y compris le départ du réalisateur Albert Hughes).

Mais Warner a acquis les droits du manga pour une somme si astronomique (sept chiffres) en 2008 que le studio a plutôt envie de rentabiliser son investissement.

One Piece Strong World : le 10e film débarque enfin dans les salles françaises (les autres en DVD)

Posté par vincy, le 23 août 2011

Plus de 63 tomes à date. Un peu moins en français (le prochain, le N°58 sort en septembre). One Piece est l'un des mangas les plus populaires du monde : 220 millions d'exemplaires selon son éditeurs, dont 6 millions rien qu'en France ; les derniers volumes se vendent à 50 000 exemplaires à chaque sortie. Outre une série TV de plus de 500 épisodes, il a donné lieu à dix films en salles, tous des succès majeurs. One Piece Strong World, le 10e de la série, est le premier à sortir dans les salles françaises ce mercredi 24 août. Il avait attiré 3,6 millions de spectateurs au Japon (53 millions de $ au box office nippon, un record pour la franchise). Pour la première fois, l'auteur du manga, Eiichiro Oda, a participé à ce dixième film anniversaire, comme scénariste.

Le film avait été présenté au Festival du cinéma d'animation d'Annecy en 2010. Les neuf autres films vont être diffusés en DVD et Blu-Ray. One Piece : le film sort ce même 24 août. L'aventure de l'île de l'horloge est prévu en novembre, Le Royaume des Chopper, l'île des bêtes étranges en mars 2012, L'aventure sans issue en juillet 2012, La malédiction de l'épée sacrée en novembre 2012, Baron Omatsuri et l'île aux secrets en mars 2013, Le Mecha Géant du Château Karakuri en juillet 2013, Episode d'Alabasta : les pirates et la princesse du désert en novembre 2013, et enfin Episode de Chopper : le miracle des cerisiers en hiver en mars 2014. Un onzième film, Mugiwara Chase, en 3D, est sorti au Japon en mars dernier.

Et d'ailleurs ce film, que vaut-il? Que la farce soit avec toi!

Ce n'est pas du Miyazaki (malgré de fortes influences dans les décors). Le dessin est imprécis, certains figurants lointains sont à peine esquissés, parfois figés... l'aspect artistique est plus proche d'un manga pour la télévision que d'un film d'animation pour le cinéma. Mais il y a au moins le sens du spectacle. Cet univers fantastique et bariolé, avec ses drôles d'animaux et ses personnages très typés, en font une aventure délirante et inventive. Entre jeu vidéo (on frôle les Pokémons côté histoire) et véritable univers de genre (les films de pirates, sans la noirceur d'Albator), avec une musique idéale pour des consoles Nintendo, et un humour grotesque très nippon, le film d'aventures mue - malgré lui? - en une farce où chacun rivalise de grimaces démoniaques ou burlesques. C'est imaginatif (par exemple ces escargophones vidéos autopropulsés), drôle ("Tu ne mérites pas qu'on te tue") et simpliste (des gentils immortels et invulnérables contre un vilain méchant qui veut régner sur le monde).

Tout est exagéré. Les pirates ont plutôt des airs de Yakuzas (notamment dans les batailles finales façon Kill Bill). L'hommage au Mime Marceau ajoute une bonne intention aux créateurs. Ce grand n'importe quoi est cinématographiquement pauvre, mais cela ne retire pas l'éventuel plaisir régressif que l'on peut éprouver. Il manque quand même le perfectionnisme d'un auteur, une vision artistique ambitieuse pour que One Piece Strong World, malgré quelques séquences d'action pas mal foutues, se différencie d'une production vidéo ou télévisuelle.

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Synopsis : « East Blue menacé de destruction ? » Alors que l'équipage au chapeau de paille continue son voyage, les pirates apprennent une nouvelle des plus surprenantes. Devant la menace qui plane sur leurs îles natales respectives, Luffy et ses compagnons décident d'interrompre leur aventure pour revenir vers East Blue, « la mer de l'Est ». C'est à ce moment qu'apparaît dans le ciel un mystérieux bateau pirate. Aux commandes de cet étrange navire qui peut voler, un pirate qui a mangé un fruit du Démon : le légendaire
« Shiki le lion d'or » ! Il est le seul prisonnier à être parvenu à s'évader d'Impel Down, le pénitencier sous-marin. Sa renommée s'élève sans problème au rang de celle de Barbe Blanche ou encore de Gold Roger, l'ancien Roi des Pirates. Shiki attire nos amis dans un piège : Il enlève Nami et disperse le reste de l'équipage sur l'archipel volant qui lui sert de refuge.Sur ces îles, la loi du plus fort règne en maître ! Les pirates y croisent les animaux les plus féroces qu'ils aient jamais croisés. Nami, ravalant ses larmes, doit supplier Shiki de l'accepter dans l'équipage du lion d'or... Et ces animaux gigantesques qui ont connu une évolution totalement hors-normes... Mais qu'arrive-t-il à l'équipage au chapeau de paille ? Quelles sont les véritables ambitions de Shiki ? C'est le début d'une formidable aventure qui décidera du sort de l'équipage au chapeau de paille.
Bande annonce du film

Le réalisateur de Sans identité pour le remake d’Akira

Posté par vincy, le 21 juillet 2011

Warner Bros avance ses pions pour le remake d'Akira. Le studio vient d'engager le réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra (La maison de cire, Goal 2, Esther, Sans identité) pour filmer cette version en prises de vues réelles du manga culte. Le budget a été revu à la baisse (la bagatelle de 90 millions de $ tout de même). Warner Bros a acquis les droits de la BD de Katsuhiro Otomo pour un montant astronomique (on parle de quelques millions de $). Deux réalisateurs avaient déjà été pressentis officiellement (Ruairi Robinson et Albert Hugues). Des différents artistiques ont scellé le divorce avec le studio à chaque fois.

Une armée de scénaristes a planché sur l'adaptation : Gary Whitta (Le livre d'Eli) a commencé le travail, avant d'être corrigé et amélioré par Albert Torres (Henry Poole is here), Mark Fergus (Le fils de l'homme, Iron Man, Cowboys et envahisseurs) et son partenaire Hawk Ostby. Pour finir, Warner Bros a engagé Steve Kloves (à qui l'on doit 7 des 8 Harry Potter), pour le rendre plus acceptable encore.

Akira se déroulera à New York. Leonardo DiCaprio apparaît dans la liste des producteurs mais ne devrait pas être au générique, qui attend quelques confirmations. Le film est en projet depuis plus de trois ans. Toutes les vedettes du moment sont en discussions ou font vivre la rumeur qu'ils en seront : Joseph Gordon-Levitt, Zac Efron, James Franco, Garret Hedlund, Michael Fassbender, Justin Timberlake, Chris Pine, Andrew Garfield, James McAvoy et même Robert Pattinson. D'autres acteurs comme Morgan Freeman, Mila Kunis pourraient hériter de rôles secondaires. Une chose est sûre Keanu Reeves aurait pu jouer Shotaro Kaneda, mais il a finalement refusé le rôle.

Jaume Collet-Serra sort d'un gros succès international avec Sans identité (131 millions de $). Réputé pour tenir son agenda et ses budgets, ses films, hormis la commande de Goal 2, ont tous été rentables.

Le manga Cobra dans l’oeil d’Alexandre Aja

Posté par vincy, le 12 mai 2011

Héros de manga entre 1978 et 1984 pour la version japonaise, puis à partir de 1998 pour la version française, Cobra a fait le bonheur des jeunes téléspectateurs dans les années 80 avec une série animé considérée comme culte. Une seconde version pour le petit écran est apparue dans les années 2000. Un film animé avait aussi été réalisé, Cobra - le film, par Ozamu Dezaki, en 1982.
Comme on peut le voir sur les panneaux publicitaires du Majestic, un nouveau projet, Cobra, le pirate de l'espace, avec le héros au bras surpuissant, va être produit. C'est Alexandre Aja (Le colline a des yeux, Piranha 3D) qui sera à la réalisation. Énorme budget de 120 millions d'euros, selon Le Film Français, il sera produit par Chapter 2 (dont Aja est l'associé avec Dimitri Rassam), Onyx Films et Studio 37 (Orange). Ces deux derniers présentaient aujourd'hui à Cannes le dessin animé The Prodigies, film d'anticipation assez violent, dans le cadre des séances pour lycéens.

Le tournage débuterait début 2012. La sortie est prévue à l'été 2013.

Festival Cinéjunior : l’animé japonais à l’honneur avec Osamu Tesuka (1928 – 1989)

Posté par Claire Fayau, le 2 février 2011

La 21e édition du festival Ciné Junior du Val de Marne a pour thématique la littérature jeunesse portée  à l'écran (romans, BD ... ) .

Dans ce cadre, le festival a eu la bonne idée de rendre hommage  au  Japonais Osamu Tesuka en projetant  deux de ses créations Léo roi de la jungle et le futuriste  Metropolis (rien à voir avec le film de Fritz Lang).

Diplômé de l'université de médecine d'Osaka, Osamu Tesuka débute dans le manga après la Seconde Guerre Mondiale avec Le Journal de Mâtchan et obtient son premier succès dès l'année suivante avec La Nouvelle île au trésor. Dès lors, il  partage sa carrière entre  mangas et  films d'animation. Parmi ses réalisations les plus célèbres, citons le fameux "Astro Boy" : Astro, le  robot qui ressemble  à un petit garçon, est une sorte de Pinocchio avec une sensibilité manga... Un tel succès que de nombreux adulescents regardent encore aujourd'hui le dessin animé de leur enfance !

Un remake d'Astro a d'ailleurs été réalisé en  2009, avec des effets spéciaux ad hoc et la voix de Freddie Highmore (le visage de Charlie  dans Charlie et la chocolaterie, la voix d' Arthur 1, 2, 3 dans les séries Arthur de Luc Besson) .

Le pendant féminin  d'Astro pourrait être la jeune androïde Tima de Metropolis (Rintarô / 2001),  au visage d'ange mais au corps bionique. Chez Osuka, l'innocence peut rimer avec force insoupçonnée,violence, pouvoir de destruction et désillusions... Ce n'est donc pas pour les touts-petits, comme bon nombre de mangas japonais.  Selon le festival, le film n'est visible qu'à partir de douze ans.

En revanche, Léo, roi de la jungle, peut se voir dès l'âge de  six ans. L'histoire a des airs de Roi  Lion de Disney (1994), les deux oeuvres s'inspirant d'Hamlet de Shakespeare ... Si le film de  Yoshio Takeuchi (CobraCat's Eyes) que vous allez voir  est sorti trois ans après Le Roi  Lion, la version de Tezuka est bien plus ancienne que le hit de Disney. Son manga date en effet de 1951, et la première adaptation en séries télévisées animées a commencé en 1965. Les fans ont même fait remonter une pétition à Disney pour se plaindre que le studio américain n'avait pas demandé l'autorisation pour s'inspirer de Tezuka. Lettre morte jusqu'en  2001, où Disney a enfin consenti à des excuses publiques ! Les futurs et les anciens fans peuvent visionner et écouter le générique de début du dessin animé (en français).

Citons aussi parmi les oeuvres (pêle-mêle) du mangaka : L'Histoire des trois Adolf, Phénix, Black Jack, La vie de Bouddha...

Honneur suprême,  un  prix Tezuka a été créé en 1971  pour récompenser les mangakas les plus talentueux.

Pour conclure, nous vous avons déniché l'auto portrait du maître . On n'est jamais mieux servi que par soi-même !

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Plus d'informations : Retrouvez toute la programmation en ligne !

L’instant Court : Attrapez-les toutes

Posté par kristofy, le 30 octobre 2010

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Playgirl réalisé par Gilles Guerraz, voici l’instant Court n° 4.

Le dessin-animé a longtemps souffert de n’être pas assez considéré comme un film à part entière. C’est au Japon que l’animation trouvera ses lettres de noblesse jusqu’à influencer les films de cinéma traditionnel : Mamoru Oshii (Ghost in the Shell), Hayao Miyazaki (Princesse Mononoké), et le regretté Satoshi Kon (Paprika)… Depuis il y a des records de fréquentation en salles avec par exemple Shrek, Toy Story 3 (et à la télé avec la famille Simpson, South Park…), désormais on parle bel et bien de film d’animation.

Maintenant les initiales du CNC se lisent "Centre National du Cinéma et de l’Image Animée". En 2011 pour la première fois, la cérémonie des Césars aura enfin une catégorie meilleur film d’animation. Preuve que les choses changent lentement. Car si le court-métrage français Logorama a gagné un Oscar l’année dernière, il sera seulement cette année en compétition pour le César...

Voila donc le court-métrage Attrapez-les toutes réalisé par un groupe d’étudiants (Guillaume Duchemin, Hugo Touzé, Romain Levavasseur, Marc Domingo, Alexandre Prod'homme) en formation aux différentes techniques d’animation à l’école EMCA. Ils reprennent à leur compte les clichés des mangas japonais pour les réunir en un concentré explosif…

Le réalisateur Alexandre Prod'homme nous raconte cette expérience :

Ecran Noir : Quelles sont les principales étapes pour le rendu d’une scène en animation ?

Alexandre Prod'homme : Je dirais que ce qu'il faut chercher c'est la cohérence plus que quelques étapes-clef en particulier. La démarche en animation n'est pas si éloignée de la prise de vue réelle : on pense un scenario, on réfléchit en terme de découpage/cadrage...  Et si on met de côté toute considération technique, on place plus ou moins un décor, un éclairage et enfin un jeu d'acteur... Vient la post-prod, puis le son ! C’est un projet de fin d'étude réalisé en trois mois, il nous a permis d'exercer des outils que l'on venais tout juste d'acquérir.

EN : Quels sont les clichés qui circulent sur cette culture japonaise manga ?

AP : Ouh, vaste sujet ! À une époque, une très sale étiquette collait à la culture nippone. On entendait des choses comme "les mangas sont violents et pornographiques..." Et bien sur c'était vrai, mais aussi très réducteur. Depuis, heureusement, les mentalités ont évolué et l'occident découvre la richesse de la production nippone et maintenant assimile certains de ces codes. Pour parler du film ce dernier est très "gratuit" sur son scenario : nous avons exploré des clichés car c'était très amusant.  Quel est le point commun entre ma mère et la petite sœur de ma copine ? Les deux connaissent Pikachu, c'est une véritable icône. Il y a aussi le cliché, international lui, du gars qui vit littéralement derrière son ordinateur. On lui a simplement greffé une composante perverse :  ça serait mentir que de nier que l'érotisme, les jupes et les fortes poitrines sont omniprésentes dans cette culture. Mais ce n'est pas forcement quelque chose d'aussi malsain que ce que l'on montre, on exagère. En revanche la chorégraphie est un "mème" (=une iconographie persistante au sein d'une communauté virtuelle. Elle prend la forme d'expressions, d'illustrations, de photographies ou bien encore de personnes plus ou moins célèbres. ) qui circule sur internet, sur une chanson appelé Caramelldansen !

EN : Pourquoi cette culture japonaise a-t-elle tant d’influence sur un futur réalisateur d’animation ?

AP : Je pense que beaucoup de jeunes animateurs sont plus ou moins directement influencés par la culture pop japonaise. Certains l'assument, d'autres moins. Mais la France est le deuxième pays consommateur de manga au monde, derrière le japon lui même, et ces deux pays sont de très gros producteurs d'animation : les échanges culturels sont inévitables. Au dernier Festival International du Film d'Animation d'Annecy, c'est 2 longs-métrages en compétition sur 7 qui étaient japonais. Après, ce qui plait aux jeunes réalisateurs, c'est ce qui plait inconsciemment je pense à n'importe quel personne qui "goute" au manga : narration très fluide, découpages et/ou cadrages dynamiques, variétés des scénarios et des traitements. Bien loin des clichés, on trouve des mangas d'absolument tout : même sur des types voulant devenir boulanger à tout prix. Comme créateur, au-delà de l'animation, c'est un pays qui fascine, qui mélange au quotidien une ultra modernité et des valeurs ancestrales. Ce qui était amusant dans notre groupe, c'est que  nous ne sommes pas tous à 100% des dingues de "japanimation".

Guillaume est l'initiateur du projet, c'est un dessinateur hors pair qui en connait effectivement un rayon sur les mangas ; Romain est un monstre de travail , pour les scènes dans la chambre chaque livre/dvd sur l'étagère est unique, on peut compter les tomes, il a placé des dizaines de tomes de ‘One Piece’ mais il n'en a jamais lu un seul, c'est celui qui a surement la culture manga la plus ténue ; Hugo a grandi avec les jeux-vidéos et il a beaucoup apporté au film ; Marc (alias l'Indien) a une culture plus Science Fiction/Star Wars/Zombies, tout le passage planche de manga fut son idée, pour boucler une scène avant la dead-line ; et moi je suis certainement l'un des pires ‘otaku’ (ce terme est moins péjoratif en France où il désigne plus généralement les fans de manga et de japanimation sans les connotations d'isolation sociale) de l'équipe,  je me suis occupé d'écrire au Japon pour avoir l'accord de la vraie chanteuse japonaise qui double des animés car ça me tenait vraiment à cœur !

EN : Les films de type blockbusters spectaculaires font appel de plus en plus aux outils numériques. Qu’est ce qui les distingue des films d’animation ?

AP : Justement, la barrière entre ces genres s'amincit sérieusement ! La différence capitale reste bien sûr que l'acteur en chair et en os reste au milieu de la production... Encore que dans Avatar, les gens sont vraiment allés voir pour moi un film d'animation ! Un film comme le Pôle Express, où la technique de motion-capture a été utilisé pour digitaliser l'acteur Tom Hanks, le produit final est un film d'animation assumé ! Un autre bon exemple de l'effacement de ces frontières dans l'actualité est Le Royaume de Ga'Hoole . Enfin, dans les blockbuster, on a un soucis de réalisme permanent dans le traitement graphique, là où en animation on peut s'affranchir de certaines limites visuelles (jouer avec les textures, animation, gravité etc...) mais il convient quand même de rester cohérent vis-à-vis de l'univers que l'on définit.

L’univers du manga japonais et ses produits dérivés (surtout les séries d’animation en dvd) sont à la fête cette semaine à Paris avec le spectacle Japan Anime Live, avec la venue de la troupe Tokyo Decadance, avec le salon Chibi Japan Expo jusqu'au 31 octobre…

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Découvrez tous les courts métrages présentés dans L'instant court

Le Louvre se met au manga

Posté par MpM, le 7 avril 2010

Rohan au Louvre Après avoir été la guest-star du Da Vinci code, le Louvre prend goût à jouer les décors-vedettes... et revient en héros de manga !

Pour la première fois, les éditions du musée du Louvre ont en effet choisi de publier un manga japonais, Rohan au Louvre. Cinquième volume de leur collection de bande dessinée en collaboration avec les éditions Futuropolis, cet ouvrage est signé Hirohiko Araki, auteur phare du Shônen, manga destiné aux jeunes adolescents masculins. On lui doit notament la série Jojo’s Bizarre Adventure qui tient ses fans en haleine depuis plus de vingt ans.

Avec Rohan au Louvre, il imagine une étonnante aventure dans les coulisses du célèbre musée, à la recherche d'un tableau maudit peint avec  la couleur la plus noire jamais obtenue... L'occasion, bien sûr, de découvrir les réserves et la face cachée de cet endroit forcément mystérieux. Et preuve s'il en était besoin que le manga, en plus d'être furieusement tendance, a désormais sa place dans les institutions les plus sérieuses !

Godzilla, Paprika, Rosemary’s Baby. Trois projets qu’on aurait aimé ignorer

Posté par vincy, le 3 avril 2010

Parfois les informations se télescopent, pour le pire. Non content de nous avoir infligés l'insipide Godzilla en 1998, Hollywood veut faire renaître le monstre en 2012. Le film n'avait rapporté que 380 millions de $ à l'époque. Une déception pour Sony. Le nouveau Godzilla, qui recherche actuellement son réalisateur, sera co-produit par Warner Bros qui n'avait encore aucun projet pour la saison des blockbusters en 2012. Il ne manquerait plus qu'on nous l'annonce en 3D...

Alors, on apprend que Wolfgang Petersen a confirmé son intention d'adapter en prises de vues réelles le dessin animé manga Paprika.Les romans graphiques de Yasutaka Tsutsui avaient donné un film d'animation singulier mais fascinant en 2006. Le scénario est en cours d'écriture. Mais Petersen, qui veut faire son "Matrix", n'est pas réputé pour sa subtilité et l'on peut s'attendre à un ratage. Il en parle déjà comme d'un des plus grands films d'action qu'on puisse faire. "De la science-fiction psychologique". En 3D?

Et puis last but not least, le coup de grâce. Michael Bay, le cumulard des Razzie Awards, le pro de l'effet ralenti avec musique symphonique et image filtrée, celui qui pense qu'une actrice ne peut-être qu'un cliché du Calendrier Pirelli, veut produire un remake du chef d'oeuvre de Roman Polanski : Rosemary's Baby. Il faudrait interdire certaines choses. Le viol de chef d'oeuvre par exemple. Polanski avait ce film dans les veines : un huis-clos, l'ambivalence entre le bien et le mal, les démons intérieurs qui mènent à la folie, l'innocence saccagée... C'est un film profondément personnel, lié à l'oeuvre d'un auteur. Michael Bay veut donc en faire un produit. On imagine déjà les effets, les clins d'oeil à Kubrick, on voit déjà la scène où il va nous montrer le bébé, au lieu de nous le suggérer. Et alors, en plus, si c'était en 3D...

Astro Boy : le petit robot grandit avec la taille de l’écran

Posté par kristofy, le 8 décembre 2009

astroboy.jpg

"- J'ai essayé de trouver ma place dans le monde."

L’histoire : Un petit garçon comme les autres va devenir différent : il découvre qu'il peut voler et qu’il possède d’autres pouvoirs, qu'il est un robot créé par un scientifique qui voulait se consoler de son fils disparu. Le monde d'Astro Boy est celui de Metro City : un îlot futuriste en hauteur par rapport au reste du monde, une gigantesque ville moderne et robotisée. Les humains se font aider d’une multitude de robots dans la vie quotidienne. Mais Astro Boy n'est pas un robot comme les autres : il fonctionne avec le seul et très précieux échantillon de pure énergie bleueque convoite un politicien prêt à tout pour s’en emparer à des fins militaires. Astro Boy va alors trouver un refuge dans le monde de la surface d’en dessous. Il fait la connaissance d’autres robots au rebut qui eux veulent s’affranchir de l’esclavage des humains et devient, simultanément, ami avec une bande de gamins qui le prennent pour un petit garçon normal. Son dilemme ne fait que commencer...

Notre avis :  Astro Boy est un film d’animation du studio Imagi qui se voudrait dans la lignée des dessins-animés livrés par les studios Pixar ou Dreamworks. Pour la version internationale c’est un casting prestigieux qui a été réunit pour faire le doublage des voix, on y entend le jeune Freddie Highmore (déjà Arthur chez les Minimoys de Luc Besson) entouré de Nicolas Cage, Charlize Theron, Bill Nighty, Kristen Bell et Eugene Levy. On y trouve son lot de bons sentiments (se découvrir des amis, avouer un secret, sauver le monde), une petite dose d’humour (à chaque fois apportée par des robots d’ailleurs, pas par les humains) et de nombreuses scènes spectaculaires (poursuites dans les airs, combats de robots). Alors qu’est ce qui distingue Astro Boy  d’un autre film d’animation ? Et bien c’est le personnage d'Astro Boy, particulièrement bien réussi avec sa bouille irrésistible et son conflit intérieur qui le rend si attachant.

Cette nouvelle version animée, modeste et sans esbrouffe, parvient à faire vivre sur grand écran le célèbre personnage du manga sans  trop le trahir. Il faut rappeler qu'Astro Boy est d’abord un héros japonais dessiné par Osamu Tezuka, qui a donné ses lettres de noblesse au manga comme art littéraire. Astro Boy  le petit robot est publié au début des années 50 et dès 1963 il est déjà adapté en série animé pour la télévision avant de faire ses premiers pas (discrets) au cinéma. Ce nouveau film respecte plutôt bien la genèse d'Astro (un robot à l’image d’un fils mort accidentellement, qui sera ensuite rejeté par son père) mais il met de côté son mentor et ses amis pour développer une aventure un peu différente.

Ce Pinocchio des temps modernes  est destiné aux publics les plus jeunes, mêlant sans trop de maladresse le distrayant et l'intelligent.