Patrice Leconte et Régis Vidal animeront Music!

Posté par vincy, le 8 mars 2012

A l'occasion de Cartoon Movie à Lyon, Patrice Leconte qui présentait son premier film d'animation Le magasin des suicides, a annoncé qu'il se lancerait une deuxième fois dans l'aventure d'un dessin animé. Assez logique pour un ancien auteur de BD.

Music!, titre du projet, sera coréalisé avec Régis Vidal, directeur artistique du Magasin des suicides. La préproduction de ce film de 15 millions d'euros débutera en avril. A l'origine Music! devait être un film en prises de vues réelles sur lequel Leconte et Jérôme Tonnerre travaillaient depuis plusieurs années.

Il s'agit d'une comédie familiale, en anglais, dans un monde où la musique est interdite, enterrée. Une jeune fille va essayer de libérer les sons. Leconte évoque "un film de résistance". Et la B.O.F. promet de couter cher.

Music! devrait sortir pour Noël 2015.

Au Cartoon Movie, Enki Bilal présente Animal’Z

Posté par vincy, le 7 mars 2012

Dans le cadre du Cartoon Movie, à Lyon, Enki Bilal va présenter son projet d'adaptation d'Animal'Z, une BD qu'il a publié en 2009. Il veut faire son film avec un mélange d'animation et de prises de vues réelles. Demain, il présentera des esquisses de son projet aux professionnels présents au Forum, afin de trouver des financements.

Animal'Z raconte l'histoire d'un monde déréglé climatiquement où l'eau potable est devenu précieuse et où les individus sont obsédés par leur survie. L'écosystème est bouleversé : les tortues marines volent, le Pic du Midi jouxte l'Himalaya, le Mer Baltique est devenue un désert. Seuls quelques eldorados isolés ont réussi à préserver un semblant d'ordre social. Ils ne peuvent être rejoints que par la mer, unique et immense... Le détroit D17 est l'un de ces passages.

"L'idée de départ était de partir de l'album, de lui rester fidèle, mais en s'octroyant la liberté d'un glissement de l'écriture vers quelque chose de plus cinématographique, de lui donner un côté 'westernien'" explique l'auteur-réalisateur. Le scénario est coécrit avec Oliver Roth. Il n'y a pas encore de version définitive du script et le storyboard est tout juste en préparation.

Bilal réaliserait ainsi son 4e film. En 2004, il avait déjà adapté sa trilogie Nikopol avec Immortel (Ad Vitam), en mélangeant images de synthèse et acteurs réels. Il a toujours évoqué sa déception à l'égard des images en 3D, malgré le joli succès du film. Ce regret de ne pas pouvoir donner vie à ses dessins et ses univers le pousse à faire une pause cinématographique : il se concentre sur la peinture, la BD et même le théâtre.

Animal'Z semble le motiver à revenir derrière la caméra. Il ne manque pas d'idées. Un film monochrome où la couleur ne surgira que pour symboliser l'espérance des Hommes. Une oeuvre hybride car ce ne sera pas un dessin animé mais un mix de prises de vues réelles, d'animation en 2D et 3D.

Le film sera produit par Gazato Films. Le producteur et Bilal sont à Lyon pour chercher des moyens, pas seulement financiers mais aussi techniques, humains, technologiques. Ils ont déjà confié la préparation au Pôle Magelis, à Angoulême. Le casting devrait être international. Pour le producteur, "l'adaptation d'Animal'Z répond de cette philosophie et de l'intention de son auteur à poursuivre l'expérimentation hybride dans sa démarche artistique en associant le graphisme, la peinture et la prise de vue réelle. Une démarche de « ciné-peintre »."

Bilal a souvent refusé d'animer ses BD.  "La principale de ces raisons étant la nature même de mon graphisme, avec sa part de réalisme nécessitant une animation sans faille". De plus, il avoue que "la texture peinte que je souhaitais conserver ne correspondait pas aux techniques traditionnelles d'animation 2D. Réduire mon dessin à un simple trait cerné m'excitait peu." De ces frustrations naît alors une ambition. "Il s'agit dans ce cas, de faire « bouger » de la manière la plus naturelle, le dessin au crayon noir et les textures pastel qui caractérisent le travail particulier de l'album Animal'Z. Le récit, volontairement linéaire (...) étant à mon sens un atout supplémentaire pour la cohérence de ce projet."

Ça cartoon à Lyon!

Posté par Morgane, le 22 février 2012

Du 22 février au 9 mars, le Grand Lyon propose de (re)découvrir le meilleur du cinéma d'animation européen dans une vingtaine de salles.

En parallèle du forum professionnel Cartoon Movie (7-9 mars), On cartoon dans le Grand Lyon! propose au grand public des projections de plusieurs films d'animation européens de ces dernières années. Cette manifestation s'inclue dans un mouvement dans lequel les salles du GRAC (Groupement Régional d'Actions Cinématographiques) mettent en lumière le cinéma d'animation à travers différents festivals - comme les Toiles des Gones - et animations organisés tout au long de l'année. La Région Rhône-Alpes, très active dans la production cinématographique d'animation, notamment à travers le studio Folimage, est partenaire du GRAC et de Cartoon Movie.

Ce festival, dont c'est la deuxième édition cette année, propose des films plus ou moins récents (Le château des singes, Le tableau), des avant-premières (Alois Nebel), pour les plus grands (Crulic) comme pour les plus jeunes (Les contes de la nuit). On pourra aussi voir Chico & Rita, nommé aux Oscars ou The Prodigies, sélectionné à Cannes l'an dernier. Il y en a pour tous les goûts.

Et côté animations, divers ateliers et rencontres seront au rendez-vous: à la découverte des effets spéciaux, ateliers arts plastiques animé par Helène Théry, illustratrice, atelier marionnettes, atelier sur le thème de la couleur, atelier réalisation etc. Des ciné-goûter et ciné-conte seront également proposés ainsi qu'une rencontre avec Jean-François Laguionie et Anik Le Ray, réalisateur et scénariste du Tableau.

Cartoon Movie conclura ce festival. Ce forum de la coproduction européenne de films d'animation accueillera 700 participants de 34 pays. 55 projets seront présentés. La manifestation s'ouvrira avec Arrugas, qui vient de remporter le Goya du meilleur film d'animation et du meilleur scénario en Espagne.

Tout le programme

Lyon et ses rendez-vous 1OO% ciné au Pathé

Posté par Morgane, le 1 décembre 2011

Depuis la rentrée de septembre, le Pathé Bellecour, ainsi que le Pathé Cordeliers depuis novembre, ont inauguré un cycle de soirées mensuelles autour de différents thèmes.

Chaque mois, ces deux cinémas proposent :

-       Le Choix Première avec la présentation, en avant-première d’un film coup de cœur de la rédaction du magazine Première. Restless a donné le top départ, suivi des Marches du pouvoir en octobre puis du Stratège en novembre qui laisseront place à The Descendants en décembre. À croire que Première en pince pour George Clooney.

-       Le Ciné night club est une soirée alliant musique et cinéma. Après Shine a light, Dirty Dancing et la soirée Daft Punk avec la projection de Interstella 5555 et Daft Punk’s Electroma, le Ciné night club du mois de décembre sera consacré à Tim Burton et son Étrange Noël de monsieur Jack, idéal pour les fêtes.

-       Le Pathé Cordeliers a inauguré en novembre les soirées Back to the 80’ avec Retour vers le futur et continuera sur sa lancée en décembre avec Les Gremlins.

D’autres rendez-vous tels que la Leçon de cinéma durant laquelle un invité du 7e Art revisite sa carrière devant le public ainsi que la Terre tourne, une soirée en… qui propose un focus sur un pays à travers différents films, sont également présents au Pathé Bellecour.

Lumière 2011 : Gérard Depardieu sous le soleil de Pialat

Posté par Morgane, le 9 octobre 2011

Samedi 8 octobre, Gérard Depardieu, le monstre sacré de ce Festival Lumière 2011, est arrivé à Lyon et a couru de salle en salle pour présenter différents films.

C’est à 16h qu’on l’a retrouvé au Pathé Bellecour pour la présentation de Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat. Accompagné de Gustave Kervern, Benoit Delépine et Albert Dupontel, rapidement rejoints par Xavier Giannoli. La petite discussion introductive était donc, comme vous pouvez l’imaginer, très instructive mais aussi très drôle.

Gérard Depardieu a tout d’abord rendu hommage à la diversité du festival disant que ce n’était pas seulement un festival, mais « de l’amour ». Quant à Gustave Kervern et Benoit Delépine, ils sont revenus sur l’épisode de tournage avec Pialat, ce dernier ayant en effet tourné dans un sketch de Groland, Toc toc toc, dont le principe était de jouer mal le mieux possible. À Pialat de dire : « non, vous pouvez mieux jouer mal ».

Concernant Sous le soleil de Satan, Gustave de Kervern trouve que ce film a une puissance autre que Des hommes et des dieux. « C’est une énorme interrogation sur la foi, le Bien, le Mal, un film d’une intensité folle, à la fois très minimaliste et exigeant. » Pour lui, les scènes qui restent sont celles où Gérard Depardieu marche dans la campagne, comme quoi « le cinéma peut être très simple finalement. »

Pour Xavier Giannoli, Sous le soleil de Satan est « un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma, non pas français mais mondial. » Xavier Giannoli à qui Maurice Pialat a dit un jour « qu’il aurait voulu faire les films de Renoir filmés par Carné. »

Et Gérard Depardieu de revenir sur le poing levé de Maurice Pialat lors du festival de Cannes 1987 qui n’était en réalité qu’un poing de victoire.

La Remise du Prix Lumière

Le soir même s’est déroulée à l’Amphithéâtre du Centre des Congrès la Cérémonie de la Remise du Prix Lumière 2011. Succédant à Clint Eastwood et Milos Forman, c’est au monstre sacré du cinéma français qu’il a été remis cette année à l’issue de la projection du superbe La Femme d’à côté de François Truffaut.

Bertrand Tavernier lui a rendu un hommage rempli de paroles admiratives pour une carrière aussi longue et aussi belle finissant sur cette phrase : « je pense qu’il y a eu des dizaines de metteurs en scène qui ont connu de grands moments où ils ont été heureux grâce à Gérard Depardieu. »

La star du soir est alors montée sur scène sous un tonnerre d’applaudissements où nombreux acteurs, cinéastes, personnalités du 7e Art étaient présents pour remettre le prix à Gérard Depardieu qu’il a reçu des mains d’une Fanny Ardant très timide. Arrivé après la projection d’un petit film retraçant la grande filmographie de Gérard Depardieu, ses premiers mots ont été, toujours avec un grand sourire de bon vivant, « ça sent le sapin ». Puis, parlant de son métier d’acteur, des réalisateurs, il a remercié Lyon : « merci à Lyon pour ce prix et aussi d’avoir un si beau festival et des gens qui aiment tant le cinéma, qui aiment aussi le sens de la fête car le cinéma, ça se partage. » Pour finir par ces quelques mots : « on fait un métier formidable et vous, spectateurs, c’est extraordinaire le métier que vous faites en regardant les films. »

Lumière 2011 : À la découverte du cinéma de William Wellman

Posté par Morgane, le 9 octobre 2011

Le Festival Lumière offre une rétrospective au cinéaste américain William Wellman, trop peu connu du grand public, mais qui a à son actif plus de quatre-vingt  films tournés entre 1920 et 1958, dont treize sont donc proposés cette année aux festivaliers.

William Wellman a tourné des films de guerre, de gangsters, des films noirs mais c’est le western qui fut son genre de prédilection. Sensible aux problèmes sociaux et aux injustices, il cherchait à en rendre compte dans ses œuvres. Dans les westerns notamment, il met en avant le rôle de la femme dans l’histoire des États-Unis, lui donnant alors une place qu’elle n’a que rarement dans le cinéma de cette époque.

C’est très visible dans le film Convoi de femmes (Westward the women) qu’est venue présenter Tonie Marshall au CNP Terreaux. Pour la réalisatrice française, le film est « jubilatoire et très humaniste ». Très enthousiaste, elle a tenu à partager son amour pour cette histoire qui est à l’origine une idée de Frank Capra, et qui véhicule « l’obsession qu’on peut toujours tous vivre ensemble, idée que l’on retrouve très souvent chez Capra. »

En tout cas, le film a fait l’unanimité dans la salle, oscillant entre comédie franchement drôle et drame devant lequel on retient son souffle. Chacun des personnages est admirablement travaillé, tout comme chaque plan.

Étrangement, le western devient ici un film de femmes, presque féministe. « Étrangement » car Wellman, surnommé Wild Bill, était reconnu pour être plutôt désagréable et pour mépriser les acteurs, et plus particulièrement les actrices, à cause du temps beaucoup trop long qu’elles mettaient à se préparer. Et pourtant, dans Convoi de femmes, ce sont elles les véritables héroïnes qui apprennent qu’elles ne peuvent parfois compter que sur elles-mêmes et qui font la vie dure aux préjugés machistes.

Femmes de tous horizons, de bonne famille ou filles de saloon, jeunes innocentes ou femmes fortes, elles réalisent que c’est en se serrant les coudes qu’elles parviendront à traverser ces terres hostiles mais aussi à se défendre face à certains hommes. La femme est ici celle qui décide, celle qui choisit son destin et non pas une petite chose soumise à l’homme. C’est ce qu’apprendra Buck Wyatt (superbe Robert Taylor), « le convoyeur », au fur et à mesure que les kilomètres défilent. Une vraie petite pépite.

Lumière 2011 : Les quatre cavaliers de l’Apocalypse, restauré et grandiose

Posté par Morgane, le 7 octobre 2011

Comme chaque année, le Festival Lumière nous a offert un très beau ciné-concert à l’Auditorium. Dans cette superbe salle, l’Orchestre national de Lyon a accompagné Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse durant plus de 2 heures pour un résultat époustouflant.

Film muet des studios hollywoodiens, datant de 1920, le film de Rex Ingram a été restauré par Photoplay Productions, société de Kevin Brownlow (présent pour l’occasion), grand historien du cinéma muet, sans qui cette soirée n’aurait pu voir le jour.

Adapté du roman éponyme de l’espagnol Vicente Blasco-Ibanez, c’est dans ce film que Rudolph Valentino obtient son premier premier rôle.

Film aux décors colossaux, les producteurs craignaient le ratage, pensant, à tort apparemment, qu’à la sortie de la guerre les gens voudraient être confrontés à des sujets plus légers. Mais le film remporta un vif succès lors de sa sortie rapportant, aux Etats-Unis 9 millions de dollars, chiffre record du cinéma muet. Le film remporte également un grand succès en Europe, à l’exception de l’Allemagne.

À savoir que l’Institut Lumière, par la projection des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, commence un cycle d’hommages à Kevin Brownlow. On note fin octobre la sortie de son livre La Parade est passée aux éditions Institut Lumière/Actes Sud. À la suite du ciné-concert, Kevin Brownlow ainsi qu'Anouk Aimée et Stephen Frears se sont vus remettre la Médaille de la Ville par le maire Gérard Collomb.

Lumière 2011 : Andrej Zulawski rencontre Andrej Zulawski

Posté par Morgane, le 6 octobre 2011

Andrej Zulawski est venu à Lyon pour présenter lui-même son film L’important c’est d’aimer avec Romy Schneider, Fabio Testi et Jacques Dutronc, qui tient ici le rôle d’un homme surprenant et déstabilisant qu’il incarne à merveille.

Andrej Zulawski nous a alors raconté une petite anecdote assez marrante qui date de la sortie de son film en 1975. Quand le film est sorti, il n’a été projeté que dans une seule salle parisienne, le Colisée (aujourd’hui disparu). Et le soir-même, Andrej Zulawski reçoit un coup de téléphone du directeur de la salle, ravi, qui le remercie pour ce film en lui disant : « pour la première fois depuis La règle du jeu les gens se battent dans la salle ».

Cela pour montrer que le succès du film n’a pas vraiment été immédiat. « Certains voulaient encore plus de révolte tandis que d’autres voulaient la Romy Schneider d’avant en petites socquettes blanches ».

Adaptation du roman La nuit américaine de Christopher Frank, Andrej Zulawski filme sublimement une Romy Schneider au sommet de sa gloire à la ville dans le rôle d'une comédienne ratée à l’écran. Le réalisateur nous a rappelé la force de la féminité de cette actrice hors du commun que l’on aperçoit dès les premières minutes du film lorsque la caméra se rapproche de ce visage tristement en pleurs. Et lui-même de dire : « quand le visage de Romy apparaît à l’écran de plein fouet, je suis aujourd’hui encore chamboulé ».

Lumière 2011 : Stephen Frears et Jacques Becker, Nicolas Saada et Samuel Fuller

Posté par Morgane, le 5 octobre 2011

Au programme, de nombreux films, des rencontres, des dédicaces etc. Une journée classique sous le signe du Festival Lumière en somme.

Quand Stephen Frears parle de Jacques Becker

À 14h30, le célèbre Casque d’Or (1952) de Jacques Becker est présenté par le non moins célèbre Stephen Frears, en compagnie de Thierry Frémaux.

Quand Thierry Frémaux lui demande quelle est sa relation au cinéma français, Stephen Frears lui répond qu’il en est « tombé amoureux et que c’est là le désastre ».

Il confie qu'il a des goûts assez éclectiques allant d’un cinéma dit classique à un cinéma français beaucoup plus contemporain. Pourquoi ce choix de Casque d’Or ?

Il est tout d’abord tombé amoureux de Simone Signoret lorsqu’elle est venue en Angleterre pour tourner Les Chemins de la haute ville de Jack Clayton. « On n’avait jamais vu une actrice pareille » s’est-il exclamé.

Mais ce n’est que lorsqu’il a eu une trentaine d’années qu’il voit Casque d’Or, ce « magnifique film qui [lui] rappelle les peintures de Pierre-Auguste Renoir ». Pour lui, c’est l’histoire très moderne d’un amour passionné dans lequel Simone Signoret joue admirablement, aussi bien la femme soumise que la femme libérée.

Et Stephen Frears de dire qu’il aime Jacques Becker car « il est un paradoxe » puisque à l’intérieur de ce cinéma français des années 60, le cinéaste est, derrière ses côtés classiques, un authentique moderne.

À la découverte de Samuel Fuller

Dans la petite salle du CNP Terreaux, on change d'univers avec Park Row (1952) de Samuel Fuller. Les festivals sont des moments aériens où l'on peut voyager de territoires connus en véritables découvertes. C’est Nicolas Saada, critique aux Cahiers du Cinéma, scénariste et réalisateur, grand amoureux du film de Fuller, qui vient nous le présenter.

Pour lui, Samuel Fuller, journaliste, soldat au front lors de la seconde guerre mondiale, est un des premiers cinéastes cultes. Plutôt connu pour ses westerns et ses films policiers, Fuller présente ici un film très singulier et très personnel mettant en lumière une idée qui lui est particulièrement chère : la liberté de la presse.

Réalisant ici un de ses premiers films, « il doit encore faire beaucoup avec très peu de moyens ». Le résultat est bluffant et on a du mal à imaginer que le film ait été tourné en 14 jours seulement.

Pour Nicolas Saada, Park Row est aussi un film de guerre, de tacticiens, dans lequel on retrouve « les germes d’un cinéma moderne » dont s'est inspiré Martin Scorsese pour la réalisation de son film Gangs of New York.

Toujours est-il que ce film relatant la naissance, en 1880, d’un journal, The Globe, en plein cœur de l’enfer de Park Row, la rue new-yorkaise de la presse, donne envie de plonger dans le reste de sa filmographie.

Festival Lumière, silence… On ouvre !

Posté par Morgane, le 4 octobre 2011

La Halle Tony Garnier de Lyon a fait salle comble hier soir pour l’ouverture du festival Lumière 2011. Environ 4 000 spectateurs étaient présents pour voir The Artist (présenté par l’équipe du film) ainsi qu’un grand nombre d’invités du festival.

Parmi eux, on a pu voir Benicio del Toro, Gilles Lellouche, Stephen Frears, Luc Dardenne, Agnès Varda, Charlotte Rampling, Dominique Blanc, Clotilde Coureau, Maria de Medeiros, Nelly Kaplan, Anouk Aimée, Fatih Akin, Bertrand Bonello, Frédéric Diefenthal, Yousry Nasrallah, Laurent Gerra, Jean-Paul Rappeneau, Serge Toubiana, Christian Carion etc.

Pour la région lyonnaise, ont également assisté à la soirée le Maire de Lyon Gérard Collomb et Jean-Jack Queyranne, Président du conseil régional de Rhône-Alpes.

La soirée était présentée par Thierry Frémaux, président du Festival, accompagné de Bertrand Tavernier et son éternelle écharpe, blanche pour l’occasion, président de l’Institut Lumière. Ce dernier a d’ailleurs mentionné être, ce soir, "particulièrement heureux d’être né à Lyon".

Le film de présentation du festival a été projeté ainsi que deux films de 50 secondes des Frères Lumière sur les Krémo, famille de saltimbanques qui ont laissé place aux mots de Clint Eastwood et Milos Forman, les deux précédents, et uniques au monde, teneurs du Prix Lumière à qui va succéder, samedi prochain, Gérard Depardieu.

Comme l’ont dit en chœur tous les invités présents puis le public rassemblé, "le Festival Lumière 2011 est ouvert !!!"

L’équipe du film The Artist, Michel Hazanavicius (réalisateur), Bérénice Béjo (que l’on félicite pour leur petite Gloria née il y a quelques jours – s’ils voulaient garder cela quelque peu secret, c’était sans compter sur l’intervention de Thierry Frémaux), Jean Dujardin et Thomas Langmann (producteur) venus sur scène remercier le public qui a longuement applaudi The Artist ainsi que Thierry Frémaux pour son grand soutien au film.

The Artist a en effet cette beauté singulière d’un film muet en pleine époque du parlant, parfois pour ne rien dire, mais reste trop  consensuel, nous laissant un peu sur notre faim, en attente d’autre chose. On sent un grand potentiel qui ne demandait qu’à s’épanouir mais Michel Hazanavicius conserve les codes de l’époque sans véritablement les transgresser, nous promenant dans cette comédie romantique sans surprise, créant ainsi quelques longueurs. Néanmoins, le film a un petit goût de bonbon acidulé qu’on se plait à regarder avec une étrange nostalgie.

L’ouverture s’est donc déroulée dans une ambiance conviviale et sympathique donnant, on le souhaite, le ton des jours suivants. Rendez-vous donc demain pour la suite des événements…