Cannes 2018: Qui est Lucie Debay ?

Posté par kristofy, le 15 mai 2018

Elle est enfin à Cannes. Avec Nos Batailles en séance spéciale à La Semaine de la Critique. Le film réunit Romain Duris, Laetitia Dosch (Jeune femme) et Laure Calamy (Ava, Dix pour cent), mais aussi la prometteuse Lucie Debay.

Déjà en 2015 il y avait eu un rendez-manqué entre Lucie Debay et Cannes. Le film Un français avait failli être dans l'une des sélections. À l'écran, Lucie Debay irradiait en passionaria raciste et homophobe aux côtés d'Alban Lenoir (coïncidence, il se retrouve aussi à Cannes cette année à Un Certain Regard dans Gueule d'ange avec Marion Cotillard).

Après un premier rôle dans le film belge Somewhere between here and now en 2009, le cinéma tarde à la rappeler mais qu'importe, puisqu'elle se plait davantage sur scène et se régale dans des courts-métrages. Le talent de Lucie Debay éclate enfin en 2014/2015 dans Melody: elle va ‘louer’ son ventre pour devenir mère porteuse. Ce rôle lui vaudra en Belgique le Magritte du meilleur espoir féminin et d'être listée en France dans la pré-sélection du César du meilleur espoir. Se suivront alors Un Français de Diastème, King of the Belgians (à Venise), une participation à Lola Pater (avec Fanny Ardant) et aussi Une Confession de Nicolas Boukhrief avec Romain Duris.

Avec Nos batailles, elle retrouve donc Duris mais cette fois avec un rôle beaucoup plus important.

Lucie Debay est ce genre d'actrice belge rare qui s'efface pour mieux se métamorphoser dans son personnage. Son apparence même semble changer à chaque fois : ses cheveux tantôt blonds ou bruns, sa voix douce sait aussi hurler, aussi bien français qu'anglais. Que ses yeux soient perdus au bord des larmes ou hostiles et durs de menace, son regard est toujours troublant. Lucie Debay, on va la voir de plus en plus... Ce n'est plus un espoir.

Et rappelons nous que la Belgique est riche d'une multitude d'actrices qui ont tellement de talent que la France les adopte très rapidement. Toutes ces actrices d'origine belges se retrouvent nommées à nos César (Cécile de France, Marie Gillain, Yolande Moreau, Pauline Etienne, Virginie Efira...). Dans l'histoire de la sélection officielle du Festival de Cannes par deux fois déjà le talent d'une jeune actrice belge débutante dans son tout premier grand rôle a contribué à faire gagner la récompense suprême : Émilie Dequenne en 1999 et Palme d'or pour Rosetta (plus prix d'interprétation féminine pour elle) et Déborah François en 2005 et Palme d'or pour L'enfant.

10 femmes du cinéma français à ne pas manquer

Posté par kristofy, le 8 mars 2016

L’année cinéma 2015 s’est en fait terminée durant ce mois de février avec la traditionnelle cérémonie des César. On notera d’ailleurs l’absence de certaines des actrices qui ont le plus tourné de films comme Anais Demoustier (Caprice, A trois on y va, Marguerite & Julien), Léa Seydoux (Journal d’une femme de chambre, et à l’international The Lobster et James Bond 007 Spectre) ou comme Virginie Elfira (Caprice, Une famille à louer, Le goût des merveilles).

Le 8 mars est la date de la Journée internationale des droits des femmes, avec des questions encore et toujours d’actualité à propos de la parité en politique ou de l’égalité des salaires en France, ou ailleurs du droit de vote ou de celui de disposer de son corps…

En cette date symbolique, on va évoquer des femmes qui font rayonner les films français. Pas les plus célèbres comme les actrices citées plus haut ou les stars inamovibles mais d’autres qui, elles aussi, n’ont pas reçu de César ni d’autres trophées pour leur travail. Voici une dizaine de femmes dont les noms souvent ne figurent pas sur le haut des affiches. Chacune de leur côté, elles seront celles qui feront que les films à venir en 2016 et en 2017 nous intéresseront grâce à leur participation devant ou derrière la caméra...

Stéfi Celma : En 2013 elle était le premier rôle féminin de Pas très normales activités en 2013 avec Maurice Barthélémy et Norman, comédie passée inaperçue en faisant en flop ; mais bingo en 2014 on la remarque dans le succès Les Profs porté par Kev Adams. 2015 a été l’année où enfin Stéfi Celma s’impose : elle est allumeuse dans la suite Les Profs 2 soit l’un des plus gros succès de l’année, elle est également une flic allumée dans Antigang, mais c'est avec son rôle dans la série télé Dix pour cent qu'elle se révèle brillante et irrésistible.

Lucie Debay : Malgré un premier rôle dans un film belge en 2009, le cinéma tarde à l’appeler et elle est davantage sur scène au théâtre. Ça va changer. Dans Melody elle va ‘louer’ son ventre pour devenir mère porteuse, des émotions à fleur de peau qui la conduise dans les listées pour un César du meilleur espoir 2016, sans être retenue dans la liste finale. Les belges - plus clairvoyants? - ne se sont pas trompé en lui décernant le Magritte du meilleur espoir féminin il y a quelques semaines. Dans Un français, on la découvre très différente en pasionaria raciste et homophobe. Aucun doute qu’on devrait la revoir régulièrement à l’avenir. Elle sera dans I want to be like you de Konstantin Bojanov (Avé à Cannes en 2011), dans Kebab Royal de Peter Brosens et Jessica Woodworth (La cinquième saison à Venise en 2012), et dans le prochain Nicolas Boukhrief, La Confession (avec Romain Duris et Marine Vacth).

Lou Roy-Lecollinet : Avec ses 18 ans et sa bouche en cœur elle a séduit Arnaud Desplechin qui en a fait sa dernière héroïne dans Trois souvenirs de ma jeunesse. Par ricochet l’académie des César lui a décerné une nomination pour le César du meilleur espoir féminin. Sa moue à la Bardot et son insolence devraient l'emmener vers d'autres horizons. Déjà se profile le court-métrage très prometteur La Tortue de Thomas Blumenthal et Roman Dopouridis…

Éponine Momenceau, directrice de la photographie : Elle était sortie de la Fémis diplômée du département Image comme chef-opératrice, mais elle préfère d’abord expérimenter vers l’art contemporain avec différents travaux photos pour des expositions, et quelques courts-métrages et même clips musicaux (réalisés par Mathieu Demy)… Jacques Audiard a fait appel à elle comme directrice de la photographie sur Dheepan : elle a 29 ans, et la Palme d’or du festival de Cannes braque les projecteurs sur elle.

Ovidie, réalisatrice : Celle qui était apparue d'abord comme un corps d’actrice X est devenue réalisatrice (elle écrit aussi des livres et des chroniques) pour défendre une représentation d’une sexualité plus féministe. En 2015 deux de ses films ont rencontré une large audience en étant diffusé à la télévision : Le Baiser a secoué la programmation du samedi soir porno sur Canal+ avec pour la première fois une scène avec deux hommes bisexuels ensemble, et le documentaire À quoi rêvent les jeunes filles ? sur France2 qui interroge sur une banalisation des codes du porno dans la publicité, les magazines féminins, les réseaux sociaux et leur influence sur la génération née en 90… Au passage, elle est craquante dans Saint-Amour, enrôlée par Delépine et Kervern pour un second-rôle qui l'éloigne un peu plus de son image sulfureuse.

Jeanne Rosa : Aussi étonnante que drôle dans le film Les Châteaux de sable de Olivier Jahan que paumée et dure dans Un français de Diastème, Jeanne Rosa s’impose dans des seconds-rôles comme l’actrice multi-facettes qu’elle est : on se demande vraiment comment le cinéma français ne l’a pas détournée plus tôt du théâtre. D’ailleurs Diastème (qui la dirige depuis plusieurs années aussi sur scène) va encore la faire jouer dans son prochain film Pimpette

Diane Rouxel : Premier long-métrage avec The Smell of Us de Larry Clark: le tournage se passe mal mais elle passe plutôt bien à l’image; elle se retrouve jeune fille troublée dans Fou d'amour de Philippe Ramos (face à Melvil Poupaud) et jeune fille troublante dans La Tête haute de Emmanuelle Bercot en ouverture de Cannes. C’est d’ailleurs La Tête haute qui lui vaudra une nomination pour un César du Meilleur espoir féminin, peut-être un peu prématuré (éclipsant Lucie Debay, Sarah Suco, Sophie Verbeeck…). Mais qu’importe puisque elle est bel et bien un espoir autant qu'un visage marquant. Elle sera au générique de Moka de Frédéric Mermoud (avec Nathalie Baye et Emmanuelle Devos) et des Garçons sauvages de Bertrand Mandico.

Noémie Saglio, co-scénariste et co-réalisatrice : Il paraît que personne ne s’intéresse aux scénaristes (ni à leurs noms et encore moins à leur rémunération…), mais Noémie Saglio est derrière les scénarios de deux films sortis à quelques mois d’intervalles en 2015. En janvier c’était Toute première fois (le pitch : Pio Marmai homo a prévu de se marier avec son amoureux mais avant il va coucher avec une femme…), un peu facile et très hétéro-normé (un comble) et en avril la délirante Connasse, princesse des cœurs, déclinaison ciné des sktechs de la télé (le pitch : Camille Cottin arrive à Londres pour draguer un prince, en caméra cachée). Noémie Saglio a d’ailleurs co-réalisé les deux films, et le dernier a été un gros succès en dépassant la barre du million de spectateur : elle sait capter quelque chose de l’air du temps pour remplir les salles de cinéma, avec en modèle ces adulescents de la génération X et Y.

Sarah Suco : On la remarque dans trois films importants en 2015 : L’enquête (avec Gilles Lellouche), un petit rôle dans La Belle saison (avec Cécile de France), mais surtout épatante dans Discount (avec Corinne Masiero). Avant ça, elle a participé à d’autres films réalisés par Xavier Gianolli, Eric Besnard, Josiane Balasko… Sarah Suco se transforme aussi bien en maman malheureuse dans Discount de Louis-Julien Petit (qui d’ailleurs va la faire jouer dans son prochain film avec Isabelle Adjani) qu’en bonne copine rigolote dans Joséphine s’arrondit, en ce moment dans les salles. C’est l’actrice qui monte. Elle était aussi dans la liste des révélations en lice pour un César du meilleur espoir féminin.

Alice Winocour, réalisatrice et scénariste : Cannes est l’endroit où elle présente ses films : son premier court-métrage Kitchen, son premier long-métrage Augustine (avec Vincent Lindon) et ensuite en 2015 Maryland avec Diane Kruger et Matthias Schoenaerts, présenté à Un certain regard. Comme réalisatrice à chaque fois la reconnaissance critique est là, mais le public moins… Pourtant, c'est aussi à Cannes l'an dernier qu'elle a été la co-vedette d'un autre film qui a fait beaucoup parlé de lui (et qui a rencontré son public): Mustang de Deniz Gamze Ergüven. Elles ont co-écrit le scénario du film-phénomène, nommé pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère et quatre fois césarisé (dont meilleur premier film).

Prix Magritte 2016 : 10 nominations pour « Le tout nouveau testament » de Jaco van Dormael

Posté par kristofy, le 15 janvier 2016

Avant les César en France, la 6ème cérémonie des Magritte du cinéma se déroulera à Bruxelles le 6 février : c’est le rendez-vous des récompenses pour les films belges francophones. Cette année la soirée se déroulera sous la présidence de Marie Gillain.

L’ensemble des nominations  en catégories artistiques et techniques distinguent déjà 6 favoris :
- 4 nominations pour Melody de Bernard Bellefroid (avec Lucie Debay, aussi dans la liste des révélations pour un César, sorti en France le 6 mai)
- 6 nominations pour Préjudice d’Antoine Cuypers (avec Nathalie Baye, sortie en France à venir ce 3 février)
- 7 nominations pour Je suis mort mais j’ai des amis de Stéphane et Guillaume Malandrin (avec Bouli Lanners et Wim Willaert, sorti en France le 22 juillet)
- 8 nominations pour Alleluia de Fabrice Du Welz (une petite bizarrerie calendaire après avoir été découvert à La Quinzaine des Réalisateurs de Cannes en 2014, sorti en France en novembre 2014),
- 9 nominations Tous les chats sont gris de Savina Dellicour (avec le duo Bouli Lanners et Anne Coesens)
- 10 nominations Le tout nouveau testament de Jaco van Dormael (à La Quinzaine des Réalisateurs de Cannes 2015, sorti en France le 2 septembre). Le film est aussi le plus gros succès belge en France avec plus de 800000 entrées.

Lors de l'édition 2011, Jaco van Dormael avec reçu la plupart des Magritte pour son Mr. Nobody (meilleur film, réalisateur, scénario, image, montage, musique), mais cette année il devra partager quelques statuettes avec d'autres... Pour mémoire, les années suivantes les meilleurs films/réalisateurs ont été en 2012 Les géants de Bouli Lanners (film, réalisateur, second rôle féminin, image, musique); en 2013 A perdre la raison de Joachim Lafosse (film, réalisateur, actrice); en 2014 c'était le film animé Ernest et Célestine de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner (film, réalisateur); et l'année dernière Deux jours, une nuit de Jean-Pierre et Luc Dardenne (film, réalisateur, actrice, acteur).

Pour ce qui est de la catégorie meilleure actrice, les nominées figurent à l’affiche d’œuvres qui curieusement ne sont pas en catégorie meilleur film : Annie Cordy pour son rôle dans Les souvenirs, Veerle Baetens dans Un début prometteur, Yolande Moreau pour Le voyage en Chine (qui est aussi dans la catégorie second rôle pour Le tout nouveau testament), et Christelle Cornil pour Jacques a vu. Pour le meilleur acteur on retrouve Jérémie Renier pour Ni le ciel ni la terre, François Damiens pour La famille Bélier, Bouli Lanners pour Tous les chats sont gris et Wim Willaert pour Je suis mort mais j’ai des amis. On note que Benoît Poelvoorde est paradoxalement oublié...

Voici les principales catégories et leurs nominations :

Meilleur film : Je suis mort mais j'ai des amis de Guillaume Malandrin & Stéphane Malandrin, Le tout nouveau testament de Jaco Van Dormael, Melody de Bernard Bellefroid, Préjudice de Antoine Cuypers, Tous les chats sont gris de Savina Dellicour
Meilleur premier film : L'année prochaine de Vania Leturcq, Préjudice de Antoine Cuypers, Tous les chats sont gris de Savina Dellicour
Meilleur réalisateur : Fabrice Du Welz (Alleluia),  Jaco Van Dormael (Le tout nouveau testament), Bernard Bellefroid (Melody), Savina Dellicour (Tous les chats sont gris)

Meilleur film étranger en coproduction :
La famille Bélier de Eric Lartigau, Le chant de la mer de Tomm Moore, Marguerite de Xavier Giannoli, Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore
Meilleur film flamand: Brabançonne de Vincent Bal, Cafard de Jan Bultheel, D'Ardennen de Robin Pront, Waste Land de Pieter Van Hees
Meilleur scénario original ou adaptation : Alleluia, Je suis mort mais j'ai des amis, Le tout nouveau testament, Préjudice

Meilleure actrice : Christelle Cornil, Yolande Moreau, Annie Cordy, Veerle Baetens
Meilleur acteur : Wim Willaert, François Damiens, Jérémie Renier, Bouli Lanners
Meilleure actrice dans un second rôle : Helena Noguerra, Yolande Moreau,  Anne Coesens, Babetida Sadjo
Meilleur acteur dans un second rôle : Marc Zinga, Laurent Capelluto, David Murgia, Arno Hintjens
Meilleur espoir féminin : Stéphanie Van Vyve, Pili Groyne, Lucie Debay, Manon Capelle
Meilleur espoir masculin : David Thielemans, Benjamin Ramon, Romain Gelin, Arthur Bols

Meilleure image: Alleluia, Le tout nouveau testament, Préjudice : Frédéric Noirhomme
Meilleur son: Alleluia, Je suis mort mais j'ai des amis, Le tout nouveau testament
Meilleurs décors: Alleluia, Je suis mort mais j'ai des amis, Tous les chats sont gris
Meilleurs costumes: Je suis mort mais j'ai des amis, La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, Tous les chats sont gris
Meilleure musique: Alleluia, Le tout nouveau testament, Melody
Meilleur montage: Alleluia, Je suis mort mais j'ai des amis, Tous les chats sont gris
Meilleur documentaire: Bureau de chômage de Anne Schitz et Charlotte Grégoire, I don't belong anywhere - Le cinéma de Chantal Akerman de Marianne Lambert, L'himme qui répare les femmes de Thierry Michel, La nef des fous de Patrick Lemy et Eric D'Agostino
Meilleur court métrage de fiction : Jay parmi les hommes de Zeno Graton, L'ours noir de Méryl Fortunat-Rossi & Xavier Seron (le premier long-métrage de Xavier Séron Je me tue à le dire avec Jean-Jacques Rausin vient d'ailleurs d'être primé au festival de Palm Springs, sortie courant 2016), Tout va bien de Laurent Scheid