Cannes 2011 – le chiffre du jour : 20 000 000 d’euros

Posté par vincy, le 11 mai 2011

Environ 20 millions d'euros, c'est le budget du festival, assez stable depuis quelques années, malgré la crise. La moitié provient des 14 partenaires officiels (Canal +, L'Oréal, Air France, Chopard, Europcar, Hewlett-Packard, LG, Nestlé, Orange, Renault, Société Générale, Continental Media Assurances, Jacques Dessange et Electrolux). On peut aussi rajouter Kodak pour la Caméra d'or. Beaucoup ont quand même réduit leur train de vie : annulation de fêtes, réduction du nombre d'invités, diminution de la publicité....

L'autre moitié vient des pouvoirs publics : 30% pour la ville de Cannes, 15% du ministère de la Culture, 2,5% de la région et 2,5% du département. La ville répartit ses aides entre une subvention coquette (2,1 millions d'euros) et des aides directes : sécurité, achats d'espace, mise à disposition de la Villa Domergue, ornements publics ... Il faut dire que la ville triple sa population durant le festival. Au total, 250 millions d'euros de chiffre d'affaires sont générés par le Festival (soit près d'un tiers des recettes annuelles de la ville de Cannes dans le secteur Tourisme d'affaires). C'est aussi 2 600 emplois créés durant cette période et 15% du chiffre d'affaires annuels des Hôtels. Cannes rapporte...

Et pourtant le Ministère des Affaires étrangères a cessé son apport régulier.

L’Affaire Bettencourt au cinéma? Parce qu’elle le vaut bien !

Posté par vincy, le 9 août 2010

Le cinéma français est, paraît-il frileux, surtout sur des sujets sensibles (politique, polémiques historiques...). Souvent, quand il aborde des sujets tabous (le Président de la République ou la guerre d'Algérie), le public ne suit pas. Ce qui rend les producteurs encore plus timorés. Une fois n'est pas coutume, le producteur de Mesrine, Thomas Langmann, et le réalisateur d'OSS 117, Michel Hazanavicius, se lancent dans l'épopée politico-financière qui tient en haleine les médias et meublent les conversations de bistro : l'affaire Bettencourt, du nom de l'héritière, principale actionnaire du groupe L'Oréal. le titre du film est tout trouvé : le slogan de la marque de cosmétique : Parce que je le vaux bien. Il devrait être tourné à l'été 2011.

Le travail d'acriture, toujours en cours, a commencé bien avant les révélations de juin, qui ont entraîné le gouvernement et le parti politique du Président de la République dans la tourmente.  C'est Médiapart qui a révélé l'information, commele site avait révélé les imbrications entre Mme Bettencourt et son entourage.

Le budget devrait être largement moins élevé qu'un don à François-Marie Banier, et inférieurs aux budgets communication de L'Oréal. Langmann avoue rêvé de Jeanne Moreau dans le rôle de la vieille dame très digne. Le casting sera, à coup sûr, excitant à connaître : une fille jalouse, un artiste entretenu, un juge ambivalent, un ministre et sa femme à l'entourage huppé, une comptable, un majordome, des médecins (apparemment corrompus), sans oublier l'homme à tout faire, le fidèle conseiller de la milliardaire.

Le film devrait être très différent d'oeuvres équivalentes comme Stavisky, Le bon plaisir (la fille cachée de Mitterrand), J'ai vu tuer Ben Barka, L'ivresse du pouvoir (sur l'affaire Elf) ou sur le récent Une affaire d'Etat (sur l'Angolagate).

Lancôme s’offre le visage de Julia Roberts

Posté par vincy, le 6 décembre 2009

Uma Thurman chez Givenchy, Jude Law chez Dior ou Vincent Cassel chez Yves Saint-Laurent : c'est assez classique de voir une star de cinéma devenir le promoteur d'un parfum. L'Oréal et autres faiseurs de cosmétiques se payent même le luxe d'un casting mondialisé.

Lancôme, filiale de l'Oréal d'ailleurs, a souvent utilisé ce procédé pour lancer des lignes de produits de beauté (on se souvient tous d'Isabella Rossellini vantant le charme sucré de Trésor). Lancôme exploite actuellement les visages de Kate Winslet, Anne Hathaway, Juliette Binoche et Clive Owen.

Désormais, elle s'offre (our un prix confidentiel mais certainement très élevé) Julia Roberts comme ambassadrice "globale" de l'ensemble de la maison, c'est-à-dire de toute les marques. Roberts, qui sera hiérachiquement au dessus de tous les autres, agira comme un porte-parole du groupe.

Les qualificatifs employés par la société sont évidemment des superlatifs : "femme emblématique de son temps", talent exceptionnel et convictions bien trempées", "sublime". Et riche : elle gagne entre 10 et 13 millions d'euros par films.

On ignore pour l'instant comment sera traduit ce nouveau "poste" et la durée du contrat. En attendant on retrouvera Julia Roberts sur les grands écrans dans Valentine's Day, prévu dans toutes les salles en février prochain.

Freida Pinto, Evangeline Lilly et Elizabeth Banks, parce qu’elles le valent bien

Posté par vincy, le 13 mai 2009

freidapinto.jpgL'Oréal Paris profite de son partenariat avec le Festival de Cannes pour annoncer ses trois nouvelles ambassadrices. Ainsi Freida Pinto (photo), révélée dans Slumdog Millionaire, rejoint la cohorte de jeunes et belles filles mondialement connues. Elle tourne actuellement avec Julian Schnabel et s'apprête à être filmée par Woody Allen.

Evangeline Lilly, connue pour son rôle dans la série Lost, a été vue au cinéma, en épouse de Romain Duris, dans Et après?

Enfin, Elizabeth Banks s'est faite remarquée dans le récent Oliver Stone, W., en Laura Bush, mais aussi dans Spider-Man 2 et de nombreuses comédies graveleuses à succès comme 40 ans, toujours puceau.

Venise, festival de marque(s) ?

Posté par MpM, le 2 septembre 2008

Steve Mac Queen et Isabelle HuppertEffervescence au Palais Grassi le 1er septembre aux alentours de 19h. Pour la troisième année consécutive, le groupe Gucci profite de la Mostra pour remettre un prix récompensant une personnalité internationalement reconnue pour sa contribution à la réalisation d’un film, que ce soit en tant que réalisateur, scénariste, acteur ou créateur des costumes. Une petite foule triée sur le volet se bouscule donc flûte de champagne à la main afin d’apercevoir l’heureux lauréat 2008, Steve Mc Queen (Hunger), le président du Festival de Venise, Marco Müller ou encore l’actrice Isabelle Huppert, membre du comité de sélection.

La collision avec les grandes marques n’est pas une nouveauté pour le cinéma. Tout festival qui se respecte a son lot de sponsors, et l’on croise sur le Lido un stand Lancia, un atelier de relooking L’Oréal et des dizaines de journaliste accro à la San Pellegrino, gratuitement distribuée en salle de presse. Non, ce qui surprend le plus, c’est peut-être le contraste entre l'omniprésence de ces "partenaires" et la relative "radinerie" du festival.
le pont des soupirs

En plus de l’accréditation payante, il faut payer pour avoir accès au catalogue de la manifestation et la traditionnelle sacoche aux couleurs de la manifestation n’est pas offerte aux festivaliers (comme cela se pratique dans 90% des cas). Il se raconte même dans les couloirs que les photographes choisis pour couvrir les prestigieux tapis rouge sont ceux qui ont aligné la plus grosse somme d’argent… L’accusation elle-même est suffisamment révélatrice pour ne pas avoir besoin d’être vraie : il n’a visiblement échappé à personne (ne soyons pas naifs !) qu’un Festival, qu’il soit à Venise ou ailleurs, n’est pas une organisation de bienfaisance. Quand on commence à mieux voir (et connaître) les sponsors que les artistes, il est toutefois peut-être temps de se poser des questions.

 Mais dans une ville où il a été possible à Lancia de totalement recouvrir le mythique Pont des soupirs le temps des travaux de rénovation sans sembler réellement perturber les touristes (consciencieusement et en grappes bien serrées, ils se battent même pour immortaliser ce pont réinventé dans des tons pastels pleins de promesses, finalement plus joyeux que l’original), à quoi s'attendait-on ?