Locarno 2010 : une fréquentation en baisse à cause du mauvais temps

Posté par vincy, le 18 août 2010

Le Festival de Locarno s'est risqué pour sa 63e édition à une programmation audacieuse et des films réalisés par de jeunes talents. Le premier festival régit sous la direction d'Olivier Père a été aussi marqué par une baisse de la fréquentation, en grande partie à cause du temps médiocre qui s'est abattu sur la Suisse italienne.

148 436 spectateurs se sont déplacés pour découvrir 280 films. Si la fréquentation est en baisse de 8,6% par rapport à 2009, le nombre d'entrées par film est en hausse de 34%. Ce sont les grandes projections en plein air de la Piazza Grande qui ont souffert du temps frais et de la pluie (quatre soirées au total). De même Locarno a subit la suppression d'une salle de cinéma. Et, malgré la réduction du nombre de chambre d'hôtels, le Festival a pu accueillir 3 852 accrédités (dont 875 journalistes). Locarno conserve sa place de grand festival mais va devoir élaborer une stratégie pour pouvoir se développer : les chambres d'hôtels deviennent inabordables, sauf si l'on est invité.

Or, en initiant la première édition des Jours de l'Industrie  (900 accrédités, dont 242 acheteurs) et en confirmant le succès de la Journée portes ouvertes (12 projets aiatiques sélectionnés, 366 rendez-vous), qui ont été un véritable succès, le festival va être vite confronté à un problème de dimension, qui risque de le rendre plus professionnel et élitiste que populaire. Bref, Locarno pourrait perdre sa marque de fabrique : le public.

leopard dLe Festival s'est conclu avec une remise des prix. Le palmarès  est aussi éclectique que sa compétition. Quatre films se détachent particulièrement et semblent avoir emporté tous les suffrages. Et le message envoyé est clair : un regard porté sur l'avenir.

Léopard d'or : HAN JIA (Winter Vacation) de LI Hongqi, Chine

Prix spécial du jury : MORGEN de Marian Crisan, Roumanie

Prix de la mise en scène : Denis Côté pour CURLING, Canada

Prix d'interprétation féminine : Jasna Duricic pour BELI BELI SVET (White White World) de Oleg Novkovic,
Serbie

Prix d'interprétation masculin : Emmanuel Bilodeau pour CURLING de Denis Côté, Canada

Prix du public UBS : THE HUMAN RESOURCES MANAGER de Eran Riklis, Israël

Léopard d'or Cinéastes du présent : PARABOLES de Emmanuelle Demoris, France

Prix spécial du jury Ciné Cinéma Cinéastes du présent : FOREIGN PARTS de Verena Paravel et JP Sniadecki, États-Unis /France

Mention spéciale Cinéastes du présent : IVORY TOWER de Adam Traynor, Canada

Léopard d'or de la première oeuvre : FOREIGN PARTS de Verena Paravel et JP Sniadecki, États-Unis /France

Mention spéciale de la première oeuvre : AARDVARK de Kitao Sakurai, États-Unis /Argentina

Léopard d'or pour le court métrage international  : A HISTORY OF MUTUAL RESPECT de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt, Portugal

Léopard d'or pour le court métrage suisse : KWA HERI MANDIMA (Good Bye Mandima) de Robert-Jan Lacombe

Léopard d'argent prix Kodak du court métrage : POUR TOI JE FERAI BATAILLE de Rachel Lang, Belgique et YURI LENNON’S LANDING ON ALPHA 46 de Anthony Vouardoux, Suisse

Prix du jury des jeunes : 1er - XU Xin, KARAMAY, Chine ; 2e - Daniele Gaglianone, PIETRO, Italie ; 3e : MORGEN de Marian Crisan, Roumanie

Prix Variety Piazza Grande : RARE EXPORTS: A CHRISTMAS TALE de Jalmari Helander, Finlande

Prix FIPRESCI de la critique internationale :  HAN JIA (Winter Vacation) de LI Hongqi, Chine

Mention spéciale FIPRESCI : KARAMAY de XU Xin, Chine

Prix du jury oecuménique :  MORGEN de Marian Crisan, Roumanie

Mentions spéciales :  HAN JIA (Winter Vacation) de LI Hongqi, Chine et KARAMAY de XU Xin, Chine

Prix Don Quichotte de la Fédération internationale des Ciné Clubs : MORGEN de Marian Crisan, Roumanie

Mention spéciale :  KARAMAY de XU Xin, Chine

Prix Art & Essai CICAE : BELI BELI SVET (White White World) de Oleg Novkovic, Serbie

Prix Semaine de la Critique : REINDEER SPOTTING – ESCAPE FROM SANTALAND de Joonas Neuvonen, Finlande

Mentions spéciales : BLOOD CALLS YOU de Linda Thorgren, Suède et THE FURIOUS FORCE OF RHYMES de Joshua Litle, États-Unis

40 avant-premières mondiales pour le Festival de Locarno

Posté par vincy, le 4 août 2010

homme au bain tournage francois sagatPour sa première année, le nouveau directeur artistique du Festival, le Français Olivier Père (ancien directeur de la Quinzaine des réalisateurs) n'a pas lésiné sur ... les films français. Jusqu'à l''ouverture qui se fera avec le nouveau film de Benoît Jacquot, Au fond des bois, drame en costumes. Si majoritairement les films viennent d'Europe (surtout scandinave), on constate un importante délégation francophone (Canada inclus) et peu de films venus d'Asie (hormis la Chine) et d'Amérique latine.

Du 4 au 14 août, la petite ville suisse accueille l'un des plus beaux festivals de cinéma. On connaissait déjà le jury (Eric Khoo en président de celui de la compétition officielle), une partie de la programmation, la rétrospective annuelle (Ernst Lubitsch) et la plupart des hommages (Jia Zhang-Ke, Alain Tanner). Actualité du 25 juin 2010. On nous avait même surpris avec l'annonce du prix d'excellence pour Chiara Mastroianni et sa Master Class. Actualité du 30 juin 2010.

Entre temps Locarno a ajouté un Léopard d'honneur pour l'ensemble de son oeuvre, qui sera attribué au cinéaste italien Francesco Rosi le 13 août. En plus d'un dialogue pblic avec le critique italien Sergio Toffeti, les festivaliers pourront (re)voir en copie restaurée son film pacifiste Uomini Contro (Les hommes contre).

Le Festival proposera au total 40 avant-premières mondiales. L'objectif d'Olivier Père est de faire de Locarno une rampe de lancement pour les nouveaux talents et les jeunes cinéastes, un lieu de découverte.

Cela n'empêche pas quelques événements avec des stars, ou même de flirter avec différents genres populaires comme le L.A. Zombie de Bruce LaBruce (voir actualité du 31 juillet 2010), avec la star du porno gay François Sagat, qui sera aussi à l'affiche du film de Christophe Honoré avec son Homme au bain (photo), ou encore un film de science-fiction avec Eva Green (Womb), ou toujours une "comédie" indépendante américaine, Cyrus dans la lignée de Little Miss Sunshine qui avait fait son avant-première européenne à Locarno.

Cette année, aucun blockbuster. Mais un regard sur le monde et son cinéma, en mutations. Une épreuve test pour le nouveau directeur dans un festival qui séduit toujours autant de monde mais qui peine à s'étendre faute de capacité d'hébergement importante.

Une 63e édition qui lance aussi la saison des festivals : Venise, Toronto, San Sebastian pour les plus importants, mais aussi Montréal, Telluride, Deauville, Londres ou encore New York.

Compétition
Bas Fonds, Isild Le Besco, France
White White World, Oleg Novkovic Serbia, Suède
Beyond The Steppes, Vanja d'Alcantara, Belgique
Cold Weather, Aaaron Katz, U.S.A
Curling, Denis Cote, Canada
Winter Vacation, Li Hongqi, Chine
Homme au bain, Christophe Honore, France
At Ellen's Age, Pia Marais, Allemagne
Karamay, Xu Xin, Chine
La Petite Chambre, Stephanie Chuat & Veronique Reymond, Suisse
L.A. Zombie, Bruce LaBruce, U.S.A.
Luz Nas Trevas – A Volta Do Bandido Da Luz Vermelha, Helena Ignez & Icaro C. Martins, Brésil
Morgen, Marian Crisan, Roumanie
Periferic, Bogdan George Apetri, Roumanie
Pietro, Daniele Gaglianone, Italie
Sac, Tayfun Pirselim, Turquie
Songs of Love and Hate, Katalina Godros, Suisse
Womb, Benedek Fliegauf, Allemagne

Hors-compétition
C'etait Hier, Jacqueline Veuve, Suisse
Get Out of the Car, Thom Andersen, U.S.A
Hell Roaring Creek, Lucien Castaing-Taylor U.S.A
Io Sono Tony Scott. La Storia Del Piu Grande Clarinettista Del Jazz,
Franco Maresco, Italie
Les Champs Brulants, Catherine Libert & Stefano Canapa, France
Mademoiselle Else, Isabelle Prim, France
The Indian Boundary Line, Thomas Comerford, U.S.A
Low Cost, Lionel Baier, Suisse

Compétition Cinéastes du présent
Aardvark, Kitao Sakurai, U.S.A
The Belly of the Whale, Ana Lungu & Ana Szel, Roumanie
Foreign Parts, Verena Paravel & J.P. Sniadecki, U.S.A/France
Songs of Tomorrow, Jonas Holmstrom & Jonas Bergergard, Suède
Ivory Tower, Adam Traynor, Canada
Jo Pour Jonathan, Maxime Giroux, Canada
La Lisiere, Geraldine Bajard, France
The Life Sublime, Daniel V. Villamediana, Espagne
Mandoo, Ebrahim Saeidi, Irak
Memory Lane, Mikhael Hers, France
Intolerance Now, Takahiro Yamauchi, Japon
Norberto's Deadline," Daniel Hendler, Uruguay/Argentina
Paraboles, Emmanuelle Demoris, France
Prud'Hommes, Stephane Goel, Suisse
Pulsar, Alex Stockman, Belgique
September 12, Ozlem Sulak, Allemagne/Turquie
The Fourth Portrait, Chung Mong-Hong, Taiwan
Tilva Ros, Nikola Leraic, Serbie
You Are Here, Daniel Cockburn, Canada

Projections sur la PIAZZA GRANDE
Au Fond Des Bois, Benoit Jacquot, France - ouverture
Cyrus, Jay Duplass and Mark Duplass, U.S.A
The Silence, Baran bo Odar, Allemagne
The Ugly Duckling, Garri Bardine, Russie
Hugo Koblet -- Pedaleur De Charme, Daniel von Aarburg, Suisse
Invisibleboy, Philippe Parreno, France
King's Road, Valdis Oskarsdottir, Islande
L'avocat, Cedric Anger, France
Monsters," Gareth Edwards, U.K.
Rammbock," Marvin Kren, Germany
Rare Exports: A Christmas Tale, Jalmari Helander, Finlande
Rubber, Quentin Dupieux, France
Little Paradise, Paul Riniker, Suisse
The Light Thief, Aktan Arym Kubat, Kirgizistan
The Mission Of the Human Resources Manager, Eran Riklis, Israel
To Be or Not to Be, Ernst Lubitsch, U.S.A
Uomini Contro, Francesco Rosi, Italie

Le dernier Bruce LaBruce, avec François Sagat, censuré en Australie

Posté par vincy, le 31 juillet 2010

l a zombie bruce labruceCe ne sera probablement pas la dernière fois. Le cinéaste canadien Bruce LaBruce  a vu son dernier film, L.A. Zombie (site web), retiré de l'affiche du Festival International du Film de Melbourne, à la dernière minute. Censuré.

Le film (la suite du précédent film Otto or Up with Dead People) devrait faire parler de lui. En vedette? François Sagat, star du porno gay, façon regard dur et muscles bien gonflés, qui a une vie "sextraterrestre" (mi-homme, mi-monstre) et une "sextraordinaire" libido, à la fois homosexuelle et "zombiephile", en plein coeur de Los Angeles. Tourné en une semaine, il a couté moins de 100 000$.

La commission de censure australienne a envoyé un courrier au directeur du festival, Richard Moore, lui indiquant que le film ne pouvait pas être diffusé en l'état, sans connaître préalablement la classification du film (X ou pas X, telle est la question).  En fait, la Commission, en refusant de classer l'oeuvre, la bannit tout simplement des écrans et expose ceux qui la diffusent à des amendes.

Mais jusque là, le Festival passait outre ce genre de recommandations. Le slogan du festival le clame : "C'est une question de goût". Pour Moore, "c'est au public de décider ce qu'il veut voir." En allant voir un film de LaBruce, "ils savent qu'ils ne vont pas voir Bambi ou Fantasia." Sur le site du festival, il est clairement indiqué que le film "contient des scènes qui vont offenser". Il y a sept ans, la même mésaventure était arrivée au beau film de Larry Clark, Ken Park.

Malgré sa présence en séances de nuit, il a été définitivement radié de la programmation. Les "censeurs" ont pu se procurer une copie DVD du film, et sans même lui coller un X, ont clairement trouver les scènes de sexe trop explicites (pas assez simulées même, sic). C'est donc moins trash de voir une femme se faire violer par un monstre ou un honnête citoyen se faire démembrer et manger par un serial-killer? Une sortie DVD est hypocritement possible, dans les rayons pornos. Le film qui avait révélé LaBruce, Hustler White, avait subit le même sort. Il n'a pu sortir qu'en DVD, dans une version remontée.

Sur son compte twitter, le réalisateur, lui, se dit ravi : "plus ils veulent supprimer un film, plus les gens vont vouloir le voir". Surtout, avec un budget ridicule pour la promotion, cette histoire de censure relayée dans le monde entier lui offre une publicité inespérée.

Pour l'instant, le Festival de Locarno, bien plus réputé, a toujours prévu de le projeter en avant-première mondiale le 5 août. Il y est même sélectionné en compétition.

Il devrait être présent dans la section Midnight Madness du festival de Toronto. On pourra le voir à L'Etrange festival à Paris puis au Festival du film fantastique de Sitges en Espagne.

Le Festival de Locarno met Chiara Mastroianni à l’honneur

Posté par vincy, le 30 juin 2010

Le Festival du film Locarno remettra le prix d'Excellence Moët & Chandon 2010 à l’actrice française Chiara Mastroianni. Un honneur exceptionnel (prématuré?) pour une si jeune comédienne. La cérémonie de remise du prix aura lieu vendredi 6 août sur la Piazza Grande. Le samedi 7 août, au Forum, elle fera sa Master Class avec le public.

Olivier Père, nouveau directeur artistique de la manifestation, justifie ce choix : "Sans aucun doute l'une des actrices les plus douées de sa génération, Chiara Mastroianni a su parfaitement gérer l'héritage du talent et de la beauté grâce à une filmographie exigeante et prestigieuse, où l'on retrouve quelques uns des grands maîtres du cinéma contemporain, associés aux meilleurs réalisateurs du moment."

Décerné  depuis 2004, ce prix a récompensé l'acteur russe Oleg Menchikov, la comédienne américaine Susan Sarandon, le comédien et metteur en scène américain John Malkovich, l'acteur américain Willem Dafoe, le comédien et réalisateur français Michel Piccoli, l'actrice espagnole Carmen Maura et l'acteur italien Toni Servillo.

Le 63ème Festival de Locarno promet de belles surprises

Posté par anne-laure, le 25 juin 2010

locarno poster 2010Du 4 au 14 août 2010, la ville de Locarno, en Suisse, fait la part belle au cinéma de demain mais aussi à celui d'hier. Dans son cadre entre lac et montagne, entre Italie et Suisse, son Festival, qui met en lumière des films d’auteur indépendants, ouvre ses portes pour la 63ème fois.

Quelques nouvelles de la programmation
Samedi 7 août, la Piazza Grande de Locarno accueillera la première européenne de Cyrus de Jay et Mark Duplass, une comédie sentimentale et familiale américaine avec Los Angeles en toile de fond. Interprété par John C. Reilly, Jonah Hill, Marisa Tomei et Catherine Keener, le film est produit par Michael Costigan. La projection aura lieu en présence de John C. Reilly et des réalisateurs. Cet acteur américain de talent que l'on a vu notamment chez Paul Thomas Anderson, Martin Scorsese  ou dans les productions de Judd Apatow  recevra d'ailleurs un hommage pendant le Festival.
L’affiche de la Piazza Grande prévoit également la présentation en première mondiale des toutes premières images de The Invisible Boy, un projet de long métrage de l’artiste plasticien français Philippe Parreno. Le Festival programmera aussi à cette occasion une sélection de courts métrages du cinéaste, ainsi que Zidane, un portrait du 21èmesiècle, long métrage co-réalisé avec Douglas Gordon en 2006.

Les deux premiers titres de la Compétition internationale ont été révélés : le cinéaste italien Daniele Gaglianone (I nostri anni, Nemmeno il destino) présentera en première mondiale son troisième long métrage de fiction, intitulé Pietro et pour la première fois le sulfureux réalisateur canadien Bruce LaBruce (Hustler White, The Raspberry Reich) viendra à Locarno avec la première internationale de L.A. Zombie. Une vingtaine de films en tout seront en lice pour le Léopard d'or.

alain tannerLéopards d’honneur pour les réalisateurs Alain Tanner et JIA Zhang-ke
Né en 1929, à Genève, le cinéaste Alain Tanner est devenu le chef de file du « nouveau cinéma suisse » depuis son premier film Charles mort ou vif, en 1969. Suivront La Salamandre (1971), Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000 (1976), Dans la ville blanche (1983), Les Années lumière (1981, Grand Prix du Jury à Cannes)… Indiquant son soutien envers ce festival, le réalisateur effectuera une leçon de cinéma ouverte au public. Pour Olivier Père, « ce prix me paraît saluer comme elle le mérite une filmographie qui a démontré une indépendance et une intelligence rares. Témoins de leur temps, les films d’Alain Tanner en formulent aussi la critique et osent s’aventurer sur les territoires du rêve, de la poésie, du désir et de la révolte. Placés sous le signe des utopies puis des voyages, imaginaires ou réels, les films d’Alain Tanner comptent parmi les plus beaux des nouveaux cinémas du monde entier et ont profondément marqué plusieurs générations de spectateurs »

jia zhang keJIA Zhang-ke, réalisateur chinois, ne sera pas en reste. Figure de proue de la « sixième génération » de cinéastes chinois, JIA Zhang-ke est né en 1970 à Fenyang et diplômé de la Beijing Film Academy. Lion d’or à la Biennale de Venise avec Still Life en 2006, JIA Zhang-ke est l’auteur de neuf longs métrages à ce jour, dont trois documentaires. Il recevra lui aussi un Léopard d’honneur et le Festival projettera à cette occasion un des chefs d’œuvre de l’auteur, Platform (2000), ainsi que son dernier documentaire, I Wish I Knew (2010), présenté dans la section « Un certain regard » au dernier Festival de Cannes.

Une rétrospective d’Ernst Lubitsch
olivier pere locarnoLe Festival international du film de Locarno consacrera une rétrospective complète au grand cinéaste américain d’origine allemande, auteur du très célèbre To be or not to be en 1942. Olivier Père, nouveau directeur artistique du Festival (photo), depuis le 1er septembre 2009, explique son choix. « A travers cette rétrospective, nous voulons rendre hommage à l’un des plus grands cinéastes de l’histoire du cinéma, et maître incontesté de la comédie. Cette intégrale veut offrir au public de Locarno comme aux historiens l’occasion de (re)découvrir dans toutes ses facettes la fameuse « Lubitsch Touch », ce mélange unique d’élégance, de satire, d’esprit, de sens du rythme et de l’ellipse. » Cette rétrospective sera reprise à la Cinémathèque française en septembre 2010.

Les jurys
erik khooLe jury de la Compétition internationale sera présidé par le réalisateur singapourien Eric Khoo (Be with Me, My Magic, photo). A ses côtés pour décerner le Léopard d’or, l’actrice iranienne Golshifteh Farahani (Mensonges d’État, À propos d’Elly), l’acteur français Melvil Poupaud (Le temps qui reste, Un conte de Noël), le réalisateur suisse Lionel Baier (Garçon stupide, Un autre homme) et le réalisateur américain Joshua Safdie (The Pleasure of Being Robbed, Go Get Some Rosemary).

Le jury de la Compétition Cinéastes du présent, désormais réservé aux premiers et seconds films, sera quant à lui présidé par Eduardo Antin, ancien directeur du Festival de cinéma de Buenos Aires (BAFICI). Il sera accompagné de la réalisatrice allemande Maren Ade et du réalisateur belge Joachim Lafosse.

le jury des Léopards de demain, section consacrée aux courts métrages, sera présidé par le réalisateur argentin Lisandro Alonso (Los Muertos, Liverpool). Pour élire le meilleur film de la compétition internationale et de la compétition suisse, il sera accompagné de la productrice française Sylvie Pialat, fondatrice des Films du Worso, de l’actrice suisse Nina Meurisse et du réalisateur portugais Miguel Gomes.

locarno piazza grandeGrande première : les Industry Days du 7 au 9 août
Pour la première fois cette année, trois journées seront entièrement consacrés aux professionnels du cinéma.
Les Industry Screenings, réservés aux acheteurs, proposeront en avant-première les films des deux compétitions de longs métrages -la Compétition internationale et la Compétition Cinéastes du présent. En parallèle, producteurs et distributeurs pourront assister pendant ces trois jours à plusieurs workshops et tables rondes organisés en collaboration avec les partenaires de l’Industry Office de Locarno.

Open Doors aux pays d’Asie centrale
Après la Chine en 2009, le Festival, déviant un peu vers l’Ouest, met à l’honneur l’Asie centrale. Organisée avec le soutien de la Direction du développement et de la coopération (DDC) du Département fédéral des affaires étrangères (Suisse), la section Open Doors permet aux réalisateurs et aux producteurs des projets sélectionnés de trouver des partenaires de co-production et de réaliser leur film. Les inscriptions pour ces Open Doors ont débuté en janvier 2010. Une douzaine de candidats seulement ont été retenus provenant de pays qui sont actuellement en guerre les uns avec les autres...

Kazakhstan: Harmony Lessons de Emir Baigazin ; The Fierce Horse Rustlers de Adilkhan Yerzhanov ; Sunny Days de Nariman Turebayev

Kirghizistan: Jolbakan de Elnura Osmonalieva ; Princess Nazik de Erkin Saliev ; The Singing Grannies de Nurlan Asanbekov

Ouzbékistan: Aral de Ella Vakkasova ; Barzagh de Saodat Ismailova ; Gaulish Village de Shukrat Karimov

Tadjikistan: Halola de Bakhtyar Khudojnazarov ; Buzkashi! de Najeeb Mirza

Turkménistan: Ener de Bayram Abdullayev et Lora Stepanskaya

« Les nombreux réalisateurs et producteurs que nous avons rencontrés au cours de nos différents voyages dans la région doivent faire face quotidiennement à d’innombrables difficultés », a commenté Martina Malacrida, responsable de Open Doors. « Dans ce contexte, la coproduction avec l’étranger prend une importance vitale. Nous sommes convaincus que les 12 projets choisis ont tous le potentiel nécessaire pour séduire des partenaires internationaux. »
Au terme de trois jours de workshop, une bourse de soutien à la production d’une valeur de 35 000 euros, financée dans le cadre de l’initiative Open Doors, sera attribuée par un jury composé de représentants du Festival et de « visions sud est », fonds suisse d'aide à la production. Par ailleurs, le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée, France) offrira une bourse d’aide au développement de projet, dotée de 7 000 euros. L’édition 2010 marquera aussi l’inauguration du nouveau International Relations ARTE Prize, d’une valeur de 6 000 euros.

Les rêveurs de Mars : à la conquête de la planète rouge

Posté par anne-laure, le 15 juin 2010

les reveurs de mars"Jamais on n’apprécie plus la beauté d’un lieu que quand on le quitte."

L'histoire : Ils sont scientifiques, étudiants, architectes, écrivains… Et ne rêvent que d’une chose : conquérir Mars comme Christophe Colomb a conquis le Nouveau-Monde. Mieux que rêver, ils espèrent pouvoir poser le pied sur cette planète avant de mourir. Selon eux, un "nouvel homme" est nécessaire sur Mars – malgré les conditions difficiles – pour la survie de l’espèce humaine et de notre Terre si malmenée.

 Notre avis : "J’ai toujours eu envie de faire un film aux Etats-Unis et d’y filmer des gens et des paysages. Et j’ai toujours été fasciné par la planète Mars et par la possibilité d’une vie extra-terrestre". C'est ce qu'explique Richard Dindo, réalisateur du documentaire Les Rêveurs de Mars. Le cinéaste nous embarque ici dans un long voyage, à la découverte de la planète rouge, celle qui a nourri de nombreux fantasmes chez les férus d'espace (et les autres).

Interviewant des gens sérieux – des scientifiques, des géologues, des écrivains, des architectes – il parvient à nous emmener dans un tourbillon de questions. Y a-t-il de la vie sur Mars ? Y en a-t-il eu et y en aura-t-il encore ? L'espèce humaine peut-elle s'y installer ? Quand ? Chacun apporte sa contribution, sa pierre à l’édifice. Tous espèrent pouvoir un jour fouler le sol de la planète rouge. Peu importent les radiations dangereuses pour la santé, peu importe le climat trop froid pour l’être humain, peu importe le manque d’oxygène. Richard Dindo filme ses interlocuteurs avec beaucoup de sympathie, mais aussi une pointe d'ironie.

Ces utopistes sont les nouveaux pionniers de l'Amérique, et le réalisateur n'hésite pas à faire le parallèle avec les colons européens du XVème siècle, venus conquérir l'Ouest des Etats-Unis. Il interroge d'ailleurs deux Amérindiens, au discours très fort, qui, eux, ne voient pas l'intérêt d'aller conquérir cette nouvelle planète. Car, c'est bien de cela qu'il s'agit. Ces rêveurs veulent s'installer sur Mars, persuadés que c'est la seule solution pour assurer la pérennisation de l'espèce humaine. Et c'est là l'intérêt du film : réussir à faire un parallèle entre notre planète qu'on laisse à l'abandon, aux prises avec d'insolubles problèmes environnementaux, et Mars qui nous permettrait de recommencer à zéro.

Richard Dindo montre le lien entre les deux, surtout visuellement. Où sommes-nous ? Dans le désert du Nevada ? Sur la planète rouge ? Le cinéaste s’amuse à alterner des images des deux planètes. Il nous laisse vagabonder à travers des paysages splendides terriens et martiens, qui se ressemblent beaucoup.

Mais au final, le documentaire tourne en rond. Les arguments de ces rêveurs de Mars se répètent. Les images aussi. On finit par s'ennuyer. L'idée était intéressante à explorer mais le réalisateur n'est pas parvenu à l'approfondir suffisamment. Comme après tout rêve un peu trop beau, le retour à la réalité s'accompagne d'une grosse pointe de déception.

Le voyage blanc de Werner Schroeter (1945-2010)

Posté par vincy, le 13 avril 2010

wim wenders werner schroeter

Il venait de recevoir un Teddy Award d'honneur au Festival du film de Berlin, trophée récompensant des films évoquant l'homosexualité. Il était sans doute l'un des précurseurs du cinéma gay, appuyé par un physique séduisant lorsqu'il était jeune. Werner Schroeter est né le 7 avril 1945. Il venait de célébrer ses 65 ans, atteint d'un cancer. Alors qu'une exposition consacrée à son oeuvre au Scwules Museum de Berlin,il a été metteur en scène de théâtre et d'opéra (Tosca à l'Opéra Bastille en 2009) et une des figures de proue du Nouveau Cinéma Allemand, aux côtés de Wim Wenders, Rainer Fassbinder, Werner Herzog et Volker Schlöndorff. Grand admirateur d'opéra, il n'aura de cesse de flirter avec les cantatrices, de Maria Callas à Maria Malibran.

Malina (1991) et Le jour des idiots (1981) ont été sélectionnés à Cannes. Palermo a reçu un Ours d'or à Berlin. Locarno lui a remis un Léopard d'honneur en 1996. A Venise, son ami Wim Wenders lui avait décerné un Lion spécial en 2008,  pour son oeuvre sans compromis et constamment innovante durant 40 ans.

Notons dans sa filmographie La mort de Maria Malibran, Le Règne de Naples, Salomé, d'après Oscar Wilde, ou Nuit de chien. Outre sa muse, Magdalena Moontezuma, il a filmé Isabelle Huppert, Bulle Ogier, Maria Schneider, Amira Casar, Carole Bouquet, Ingrid Caven... Il tournait partout en Europe ou aux Amériques...

Dans un entretien  aux Cahiers du cinéma en 1978, il se défendait d'être un cinéaste décadent et marginal. "Je n’ai jamais partagé l’avis de certaines personnes en France qui classaient mes films sous l’étiquette « décadente ». Ce qui a toujours compté dans mes films, c’est que j’ai de l’amour pour l’idée de l’amour, de la vie et de la mort. Naturellement, on peut le retrouver dans un travail plus linéaire, plus néoréaliste, pourquoi pas ? L’idée est la même dans mon dernier film que dans les précédents. On devient « gâteux » à faire toujours le même film. Mais je les aime tous beaucoup. Le problème avec ces films est que l’on ne peut ni les sortir en salles, ni les faire voir, ni gagner de l’argent, même si j’ai travaillé comme un fou. Faire un film sans être payé est difficile. Je refuse cette théorie : Ah ! Schroeter, qu’est–ce que vous avez fait de beaux films... mais vous pouvez rester dans votre « poubelle ». C’est vraiment une idée sociale qui ne me plaît pas du tout."

C'est avant tout un poète qui s'aventurait dans des expérimentations parfois déroutantes, mais toujours passionnées.

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site officiel du cinéaste en allemand

De la Chine au Pakistan, Guimet prend la route de la Soie

Posté par MpM, le 9 février 2010

Guimet - The worldAvec son nouveau cycle intitulé "Gandhâra vu de Chine", l'auditorium du Musée Guimet nous invite à un étonnant voyage depuis les frontières de la Chine jusqu'au Pakistan, le long de la route de la soie.

Avec d'un côté une rétrospective de l'oeuvre du réalisateur Jia Zhang-ke, chef de file de la 6e génération de cinéastes chinois, et de l'autre une exploration d'une région du monde (le "Gandhâra", royaume ancien qui était situé sur l'Afghanistan et le nord-ouest du Pakistan actuels) célèbre pour son style d'art bouddhique et parsemée de sites archéologiques. Une sorte de grand écart géographique, temporel et bien sûr cinématographique particulièrement représentatif des mille facettes de l'Asie.

L'hommage à Jia Zhang-ke permettra ainsi aux spectateurs de (re)découvrir son cinéma urbain et souvent clandestin au travers de ses longs métrages les plus connus (Plaisirs inconnus, The world, Still life) comme de ses documentaires plus ou moins expérimentaux (In public, Dong, Useless...). Des films au fils desquels se dessine un portrait sans concession de la Chine actuelle : industrialisation qui laisse les plus faibles sur le carreau, perte de repères, inégalités...

Le ton éminemment critique du cinéaste, ainsi que son désir de ne rien cacher des difficultés du pays, ont fait maintes fois grincer les dents de pékin. Malgré tout, aujourd'hui, il est l'un des réalisateurs chinois les plus connus à travers le monde, multi-primé (Léopard d'or pour Xiao Wu à Locarno, Lion d'or pour Still life à Venise, Montgolfière d'or pour Platform à Nantes, Grand prix  du Jury à Vesoul pour The World...) et sélectionné dans tous les grands festivals européens.

Dans un genre très différent, ce sont une quinzaine de documentaires et une fiction qui apportent un éclairage tour à tour historique, culturel et géographique sur le Gandhâra Citadelle des sables: voyage dans les pas d'une expédition archéologique tentant de localiser la ville mythique de Mogao, exploration du berceau de la civilisation chinoise du Moyen-Age (Loulan, "ville du diable"), recherches sur l'une des plus mystérieuses civilisations disparues, celle de l'Indus... la ligne directrice est très clairement pédagogique. D'ailleurs, une série de conférences accompagne le cycle.

Toutefois, cela n'empêche pas l'art de reprendre ses droits avec le très joli film de fiction signé Sabiha Sumar, Eau dormante (Léopard d'or à Locarno) qui traite du traumatisme laissé par le séparation de l'Inde et du Pakistan, ainsi qu'avec les différents spectacles mêlant musiques et danses traditionnelles.

Comme toujours avec l'auditorium du musée Guimet, le dépaysement est garanti, tout comme le plaisir et l'intelligence !

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Du 10 février au 23 juin 2010
Séances à 12h15 les lundis, mercredis ou vendredis selon les semaines
Programme complet et informations sur le site de l’Auditorium Guimet

Coup d’envoi du 6e Panorama du cinéma grec contemporain de Paris

Posté par MpM, le 1 décembre 2009

6e Panorama du cinéma grec contemporain à ParisPour son ouverture ce mardi 1er décembre, le 6e Panorama du cinéma grec contemporain propose une œuvre forte et glaçante qui ne manquera pas de faire forte impression auprès des spectateurs, Canine de Yorgos Lanthimos, Prix Un certain regard au dernier festival de Cannes. Très réussi, le film est par ailleurs assez représentatif du succès que rencontre la cinématographie grecque à l’international, et du renouveau que l’on croit percevoir de ce côté-là de la Méditerranée.

A ses côtés seront présentés onze longs et six courts métrages dont une majorité d’œuvres remarquées et récompensées dans des festivals internationaux. On pense notamment à l’Académie de Platon de Filippos Tsitos, Léopard du meilleur acteur et prix du jury œcuménique à Locarno en 2009, mais aussi à Réparation de Thanos Anastopoulos, sélectionné à Berlin en 2008. Une vraie chance, pour les spectateurs franciliens, de découvrir la production récente d’une cinématographie qui ne se résume ni à ses grands exilés (Costa-Gavras), ni à son représentant le plus célèbre, le palmé Théo Angelopoulos.

L’occasion aussi de s’intéresser à la situation d’une nation de cinéma autrefois florissante et hyper-créative. La Grèce fut en effet de 1955 à 1969 le pays au monde qui produisait le plus de films (une centaine par an) proportionnellement à son nombre d’habitants, avant de connaître une véritable déchéance dans les années 70. Aujourd’hui, si une vingtaine de films d’auteurs voit le jour chaque année, la situation est loin d’être réglée. Ainsi, les cinéastes grecs réclament un changement du système de financement et notamment des incitations fiscales pour les investisseurs privés. En signe de protestation face à l’immobilisme gouvernemental, 140 professionnels (dont Yorgos Lanthimos) ont d’ailleurs purement et simplement boycotté le Festival de Thessalonique qui se tenait du 13 au 22 novembre derniers.

Une raison de plus pour ne pas leur faire faux-bon, et partir à la découverte des œuvres présentées dans le cadre de ce Panorama...

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6e Panorama du cinéma grec contemporain à Paris
Cinéma des Cinéastes (paris 17e)
Du 2 au 8 décembre 2009-12-01

Programme et informations

Le nouveau film de Mamoru Oshii à Locarno

Posté par vincy, le 11 juin 2009

lastsamurai.jpgLocarno montre ses crocs. La 62e édition s'annonce riche et variée. Le Festival, qui se tiendra du 5 au 15 août, vient d'annoncer qu'il avait sélectionné le dernier film écrit et conçu par Mamoru Oschii (Ghost in the Shell), l'un des maîtres du manga japonais, et réalisé par Mizuho Nishikub. Musashi : The Dream of the Last Samurai sort au Japon ce week end.

Selon le directeur artistique de Locarno, Frédéric Maire, "son esthétique renvoie au meilleur du cinéma d’animation japonais, mais également aux grands chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma nippon. Le mélange de styles et de genres propose un univers unique et postmoderne qui trouve idéalement sa place dans la programmation du Festival, attentif, depuis toujours, à faire découvrir de nouveaux langages".

Notons que la retrospective de la 62ème edition, intitulée “Manga Impact”, sera consacrée au monde de l’animation japonaise.