Hunger Games : les origines d’un phénomène annoncé

Posté par vincy, le 19 mars 2012

Hunger Games sera-t-il le nouveau Twilight? C'est ce qu'espère le studio Lionsgate.

A l'origine une trilogie littéraire pour la jeunesse, comme Twilight, vendue à 30 millions d'exemplaires dans le monde (dont 340 000 en France), principalement aux USA pour le moment. Et les ventes s'accélèrent ces derniers mois : le succès entraîne le succès. Le film sort simultanément cette semaine dans presque tous les pays, à l'exception de l'Afrique du Sud, du Vietnam, de l'Italie et de l'Espagne.

Entre jeux du cirque façon Gladiateur, reality-show et monde apocalyptique style 1984, Hunger Games évoque une Amérique détruite par ses excès et son mépris de la planète. Suzanne Collins, 50 ans, scénariste pour la TV (notamment pour des séries destinées aux chaînes jeunesse), a commencé à publier The Hunger Games en 2008, en se fondant sur le mythe de Thésée et du Minotaure : "tous les neuf ans, on envoyait une phalange de jeunes garçons et filles dans un labyrinthe mortel combattre le Minotaure". Elle y a ajouté les émissions de téléréalité et les reportages de guerre, qui font partie de notre univers visuel. Grâce à elle, on a oublié les magiciens et les vampires. Ni fantasmagorique, ni mélodramatique, Hunger Games est avant tout un reflet d'une civilisation en déclin, absorbée par la dévalorisation et la déshumanisation des images. On peut comprendre que cela séduise les adolescentes accros à la télé, au web et à leurs smartphones. Avec un triangle amoureux qui rappelle aussi bien Harry Potter que Twilight.

Le phénomène a rapidement pris avec 1,5 million d'exemplaires vendus en Amérique du nord durant sa première année.

Lionsgate acquiert immédiatement les droits pour l'adapter. Collins co-écrit elle-même le scénario avec le réalisateur Gary Ross (Pleasantville, La légende de Seabiscuit).

Entre temps, Hunger Games devient le roman le plus vendu sur Kindle en livres numériques. Le magazine Time en fait l'une des 100 personnes les plus influentes de 2010, année de parution du troisième tome.

Collins n'en était pas à son coup d'essai puisqu'elle avait déjà écrit une autre série (de 2003 à 2007), The Underland Chronicles (en France, la saga est traduite sous le nom de Gregor et a commencé à être publiée cet hiver).

Hunger Games en France est édité chez Pocket Jeunesse depuis 2009. A cela s'ajoutent de nouveaux ivres autour du film depuis quelques semaines : Le guide officiel illustré du film, Le guide des Tributs, La saga Hunger Games décryptée, Le guide officiel du film, Le Monde de The Hunger Games. L'éditeur français a misé pleinement sur cette sortie au cinéma en associant les campagnes marketing des livres avec ceux du film ; un concours sur Facebook, jusqu'au 2 avril, permet de gagner des places de cinéma, des posters et autres produits dérivés.

Hunger Games, devenue la série favorite des adolescents américains, est ainsi devenu le film le plus attendu du moment : des centaines de salles de cinéma affichent déjà complet grâce aux pré-réservations en ligne. Le box office de démarrage serait supérieur à celui de Twilight. On parle d'un box office supérieur à 70 millions de $ sur les trois premiers jours d'exploitation.

L'héroïne du film est interprétée par la très douée Jennifer Lawrence (nommée à l'Oscar pour Winter's Bone et vue l'an dernier dans Le Complexe du Castor et X-Men Le Commencement). De quoi changer son statut à Hollywood si le film cartonne au box office.

D'autant que le studio a déjà commencé le développement de la suite (pour une sortie en 2013) et du troisième volet (espéré d'ici 2015).

Pierre Schoendoerffer (1928-2012) : le dernier combat

Posté par vincy, le 14 mars 2012

Pierre Schoendoerffer, 83 ans, est mort dans la matinée de ce mercredi 14 mars, des suites d'une opération à l'hôpital militaire de Percy à quelques kilomètres de Paris. Grand reporter, écrivain, cinéaste, sa carrière polymorphe est centrée sur la grande histoire : la guerre, et la décolonisation.

Témoin d'événements sanglants et violents, il a voulu les restituer avec justesse et vérité que ce soit dans l'écriture ou l'image. Observateur à distance, artiste individualiste, il était pourtant au coeur du XXe siècle.

Membre fondateur des César, académicien aux Beaux-Arts dans le collège du cinéma, récipiendaire de multiples honneurs militaires et culturels, Pierre Schoendoerffer a filmé les combattants, entre grandeur et décadence.

Cela vient de son enfance. Adorateur de Joseph Kessel, qu'il rencontrera à Hong Kong, et de Joseph Conrad, cet ancien cancre s'embarque sur un bateau suédois à la sortie de l'adolescence. Ce garçon auvergnat rêve d'aventures et de grand large. Après la Baltique, il s'engage en 1952 au service cinématographique des armées, où il fait ses débuts de caméraman en Indochine. Il apprend le cinéma en filmant la guerre durant trois ans. En 1954, il est fait prisonnier par le Viêt Minh à Diên Biên Phu, passant quatre mois en captivité. Il transcrira l'expérience de cette défaite française ça dans son film Diên Biên Phu (1992), fresque puissante et brutale.

Une fois libéré, il quitte l'armée et devient reporter photographe pour le magazine Life. 4 ans plus tard, il adapte La Passe du diable, roman de Kessel, à l'écran. Il s'agit de sa première réalisation. L'année suivante, il adapte un roman de Pierre Loti, autre romancier du voyage, avec Le pêcheur d'Islande.

Mais c'est en 1963 que Schoendoerffer se fait un nom. Il écrit La 317e section qu'il adapte deux ans plus tard pour le cinéma. Jacques Perrin et Bruno Cremer donnent corps à cette guerre d'Indochine, dans l'ombre de la seconde guerre mondiale pas si lointaine. Déjà il pose les fondations de son oeuvre : les sacrifices inutiles de la chair à canon, l'honneur de l'armée, les illusions saccagées, la dureté des combats. Ses films sont aussi documentaires que fictifs, francs et humains. Prix du scénario à Cannes, 45 ans plus tard, il s'agit toujours du film symbolique sur la guerre d'Indochine.

En 1967, il réalise un documentaire, toujours sur le Vietnam, La section Anderson, où l'on suit une troupe de soldats américain en pleine guerre. Oscar à Hollywood. Puis il y aura une longue absence au cinéma. Il écrit en 1969 L'adieu au Roi, qui sera transposé au cinéma 20 ans plus tard par John Milius, prix Interallié.

En 1976, il écrit un autre roman, Le Crabe-tambour. Grand prix du roman de l'Académie française, le livre croise les guerres de décolonisation (Indochine, Algérie). Il réalise le film un an plus tard, inspiré de la vie du Commandant Pierre Guillaume, avec Jean Rochefort, en officier austère proche de la retraite, et Claude Rich. 6 nominations aux César (dont film et réalisateur), dont trois prix : acteur (Rochefort), second-rôle masculin (Dufilho), photo.

5 ans plus tard, il filme L'honneur d'un capitaine, avec Jacques Perrin et Nicole Garcia,de nouveau un portrait de soldats, durant la Guerre d'Algérie. Toute cette filmographie a fait de Schoendoerffer une icône de l'Armée comme de l'extrême droite, rôle qu'il refusait obstinément. Lui préférait se voir en contributeur d'un récit de l'Histoire de France contemporaine, réveillant les mémoires et affrontant les sujets tabous.

La guerre et l'humanité, voilà son oeuvre. Un homme d'honneur, pudique, tourmenté, nostalgique que le goût des horizons lointains a mené à l'horreur des émotions intimes. L'homme en gros plan dans des situations extrêmes où la vie de chaque des personnages est en jeu. Un cinéma hanté, lucide, réaliste, prenant tous les risques, voulant flirter avec ses souvenirs atroces.

Loyal et fidèle, cet ancien combattant détestait les artifices et faisait l'éloge de la liberté. Sa caméra héroïsait des hommes à son image. Des individus défaits. Comme pour vouloir se prouver qu'il n'avait pas subit son calvaire indochinois en vain. Il préférait l'universalité de son propos à la récupération politique. De même sa condition d'artiste, d'artisan selon lui, sublimait son passé militaire.

En 1981, il écrit son avant-dernier roman, Là haut (le dernier date de 2003, L'aile du papillon), qui deviendra son dernier film, en 2004. Bruno Cremer, Jacques Perrin et Claude Rich retrouvent leur cinéaste d'autrefois. Il utilise d'ailleurs des images de ses précédents tournages avec ces comédiens pour des flash backs dans cette histoire qui revient en Indochine, période post-coloniale. Un film testament.

Le cinéaste Emmanuel Carrère reçoit le prix Renaudot pour son roman Limonov

Posté par vincy, le 2 novembre 2011

Emmanuel Carrère avait déjà été récompensé du prix Femina il y a 16 ans pour La classe de neige. Le romancier vient d'être couronné aujourd'hui par le prix Renaudot aujourd'hui pour son dernier livre, Limonov (P.O.L.).

Ce n'est pas la première fois qu'un cinéaste ou un écrivain devenu réalisateur reçoit ce prestigieux prix littéraire : l'an dernier Virginie Despentes, ou encore Philippe Claudel en 2003, Frédéric Beigbeder (président du jury du Renaudot par ailleurs) il y a deux ans... C'est une tendance.

Emmanuel Carrère, 54 ans, écrit depuis 27 ans. Deux de ses romans ont connu une très belle carrière au cinéma : La classe de neige de Claude Miller, prix du jury à Cannes en 1998 et L'Adversaire, somptueuse oeuvre de Nicole Garcia en compétition à Cannes en 2002. Carrère a été membre du jury au Festival de Cannes en 2010, sous la présidence de Tim Burton.

En 2003, cet ancien critique de cinéma (Positif, Télérama), passe à la réalisation avec un documentaire, Retour à Kotelnitch, récit très personnel de la Russie qu'il a connu enfant. En 2005, il adapte son propre roman, La moustache, avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. Le film est présenté à la Quinzaine des réalisateurs et emporte le Label Europa Cinémas.

Un autre de ses romans, D'autres vies que la mienne, a été librement adapté par Philippe Lioret sous le titre Toutes nos envies, avec Vincent Lindon et Marie Gillain. Lioret (Welcome) a décidé d'inventer de nouveaux personnages, ainsi qu'une nouvelle histoire, tout en conservant l'univers sombre du livre très autobiographique. Il sort en salles le 9 novembre prochain.

Le gang des barbares fascine cinéma et littérature

Posté par vincy, le 17 septembre 2011

Thomas Langmann va passer derrière la caméra. Le fils de Claude Berri et producteur de films comme le diptyque sur Mesrine ou La (nouvelle) guerre des boutons avait déjà coréalisé Astérix aux Jeux Olympiques (avec Frédéric Forestier). Ce sera son premier film comme réalisateur unique, en plus d'en être le scénariste et le producteur.

Il s'attaque à un sujet délicat : l'affaire du Gang des barbares. Langmann s'inspirera de la mort épouvantable d'Ilan Halimi, à l'âge de 23 ans, en janvier 2006. En échange d'une éventuelle rançon, sous prétexte qu'il était juif les coupables ont cru qu'il était riche, il fut séquestré et torturé pendant trois semaines en région parisienne. Il avait été retrouvé agonisant avant de mourir lors de son transfert à l'hôpital. Le scénario tournera autour des 73 personnes auditionnées dans l'affaire, les silencieux comme les meurtriers. 27 personnes ont été mises en examen (dont 9 femmes) et 19 ont été emprisonnées.

Les ignorants, le titre du film, devrait se tourner d'ici la fin de l'année.

Cette sale affaire avait déjà inspiré une chanson et surtout de nombreux essais publiés entre 2007 et 2010. L'écrivain Morgan Sportès vient de faire paraître Tout, tout de suite, roman froid retraçant la chronologie des événements à la manière de Truman Capote dans De sang froid. Le livre est édité par Fayard.

Langmann a certainement accéléré le processus de production afin de ne pas subir la même déconvenue qu'avec la Guerre des boutons (deux films, un même sujet). En effet Alexandre Arcady avait annoncé au dernier Festival de Cannes avoir acquis les droits du livre d'Émilie Frèche et de Ruth Halimi, la mère d'Ilan, 24 jours, la vérité sur la mort d’Ilan Halimi, publié au Seuil en 2009.

L’Académicien François Weyergans invite Jafar Panahi dans son Comité de l’Epée

Posté par vincy, le 13 juin 2011

L'écrivain et cinéaste franco-belge François Weyergans est devenu immortel, jeudi, en entrant à l'Académie française. Le Prix Goncourt 2005 (Trois jours chez ma mère) a fait coexister ses deux passions, littérature et cinéma, dans son Comité de l'Epée (un comité de parrainage pour les nouveaux académiciens). Il y a invité le réalisateur iranien Jafar Panahi, qui "a tout de suite accepté de figurer dans ce comité" : "Y aura-t-il un fauteuil vide à son nom sous la Coupole le jour de ma réception, comme ce fut le cas lorsqu'il n'a pu être membre du jury du Festival de Cannes ou de celui de Berlin?"

Présidé par Pierre Bergé, le Comité de l'Epée de Weyergans comprend des prix Nobel de littérature, des éditeurs ou de grands écrivains, mais aussi des dissidents chinois comme l'artiste Ai Weiwei. Il a invité tous les représentants de la chaîne du livre, du libraire à l'imprimeur, le directeur de la compagnie Béjart (le chorégraphe fut l'objet de son premier documentaire). C'est d'ailleurs l'épée de son défunt ami Maurice Béjart qui lui a été léguée. On y trouve aussi des personnalités du cinéma telles que Isabelle Huppert, Michel Piccoli, Michael Haneke, Hong sang-soo et Hou Hsiao-hsien.

François Weyergans sera reçu jeudi prochain sous la Coupole et "rêve de monter un jour en habit vert (dessiné par la productrice et styliste Agnès b.) les marches (rouges) du Palais des festivals à Cannes". "Cela lierait mes deux bicornes, d'écrivain et de cinéaste". "Cela rappellerait aussi que l'Académie française a eu des liens étroits avec Cannes. Plusieurs académiciens ont été présidents du jury ou jurés, comme Pagnol ou Cocteau". Weyergans a suivi les cours de l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) dans les années 60.

L'écrivain a réalisé le documentaire Béjart (1962), un moyen métrage consacré à Robert Bresson (1965) et plusieurs films de 1967 à 1978 : Baudelaire is gestorven in de zomer, Aline, Un film sur quelqu'un, maladie mortelle, Je t'aime tu danses, Couleur chair. Il se consacra par la suite à la littérature.

Lui même succède au fauteuil 32 à Maurice Rheims, père de Nathalie Rheims, productrice de cinéma et compagne de Claude Berri, et Alain Robbe-Grillet, cinéaste et romancier comme lui. Un fauteuil académicien qui semble dédié aux deux arts.

Le Saint-Germain-des-Prés fait peau neuve et s’associe à BHL

Posté par vincy, le 11 avril 2011

Le cinéma Saint-Germain-des-Prés (alias Le Saint-Germain) achève ses derniers travaux, après deux mois de chantier (voir aussi actualité du 28 novembre 2009). La soirée inaugurale aura lieu le 5 mai. Située à deux pas des cafés des Deux magots et du Flore, la salle s'offre aussi une nouvelle orientation culturelle.

La famille Henoschberg, qui exploite le cinéma depuis 1987 sous le label Etoile Cinémas (La Pagode, le Balzac et bientôt le multiplexe Porte des Lilas), "s'est associée avec un nouveau partenaire: l'écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy (via la société éditrice de La Règle du Jeu, la revue qu'il dirige depuis 20 ans)" annonce le communiqué reçu aujourd'hui.

BHL est aussi le réalisateur de films désastreux et détenteur d'une grosse fortune grâce à la vente de La Becob, société importatrice de bois africain fondée par son père. Figure médiatique omniprésente, il s'est récemment investit, avec passion, sur le dossier de la révolution libyenne, l'emprisonnement du cinéaste Jafar Panahi et sur l'affaire Roman Polanski.

Le cinéma Saint-Germain-des-Prés va devenir un lieu de programmations décalées, d'échanges et de dialogues, d'événements culturels. Un nouveau prix de cinéma va être créer, le prix Saint-Germain-des-Prés, décerné chaque année le deuxième lundi de janvier, par un jury exclusivement composé d'écrivains. Des rendez-vous comme les Rencontres entre cinéma et littérature, des cartes blanches offertes à des personnalités du cinéma ou du livre émailleront le calendrier.

"Côté jeune public, le club cinéma pour les enfants “la lanterne magique” débutera à la rentrée 2011-2012" précise le communiqué.

La salle se dote d'un miroir et d'un lustre à l'accueil, les murs noirs deviennent bleu nuits, l'espace de réception sera caché derrière l'écran : "le film à peine terminé, l’écran remonte et
dévoile un espace chaleureux pouvant accueillir une centaine de personnes
." Magique ...

Alain Tanner, John Berger et Susan Sontag à l’affiche du 22e Festival Théâtres au cinéma

Posté par MpM, le 9 mars 2011

théâtres au cinémaDéjà la 22e édition ! Depuis 1990, le Magic Cinéma de Bobigny organise le festival Théâtres au cinéma qui propose l'intégrale des films d'un réalisateur ainsi que différents hommages et rétrospectives permettant de relier et de mettre à l'honneur les différents univers artistiques : la littérature, la musique, le théâtre et bien sûr le cinéma.

Cette année, les spectateurs auront ainsi la chance de (re)découvrir l'oeuvre intégrale d' Alain Tanner (longs et courts métrages, mais aussi documentaires, reportages destinés à la télévision et films réalisés par de possibles "fils spirituels" du cinéaste), considéré à la fin des années 60 comme le chef de file de la Nouvelle vague suisse. Il sera d'ailleurs présent ce soir, en compagnie du directeur de la photographie Renato Berta, lors de l'ouverture de la manifestation consacrée aux "40 ans de la Salamandre", l'un de ses premiers films.

Une autre rétrospective mettra en lumière l'écrivain et scénariste John Berger qui a notamment collaboré avec Alain Tanner, Gilles Perret et Isabel Coixet. Une rencontre avec le public est notamment prévue le 12 mars lors de la lecture publique de son livre La tenda rouge de Bologne.

Enfin, un hommage sera rendu à la romancière, cinéaste, dramaturge et essayiste Susan Sontag disparue en 2004, avec la projection de 5 films qu'elle a réalisés et de 2 documentaires dans lesquels elle apparaît.

Une programmation jeune public, l'exposition "Les bouts du monde" de Jean Mohr et de nombreuses rencontres publiques viennent compléter le programme qui permet ainsi aux festivaliers, cinéphiles et simples curieux d'assister à une centaine de projections en 12 jours !

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Festival Théâtres au cinéma
Du 9 au 22 mars à Bobigny
Renseignements et programme complet sur le site de la manifestation

Mario Vargas Llosa, un prix Nobel de littérature qui fut une fois cinéaste

Posté par vincy, le 7 octobre 2010

Le grand écrivain péruvien Mario Vargas Llosa a reçu aujourd'hui jeudi 7 octobre le Prix Nobel de littérature. En 1975 il avait co-réalisé, avec José Maria Gutierrez Santos, l'adaptation de son roman Pantaléon et les visiteuses (Pantaleón y las visitadoras). L'acteur espagnol José Sacristan, primé dans des festivals comme Mar del Plata et San Sebastian,  interprétait le rôle principal : un capitaine de l'armée péruvienne chargé de recruter des femmes pour satisfaire les besoins sexuels des soldats. Il y eut un remake en 2000, réalisé par Francisco J. Lombardi. Cette deuxième version avait reçu plusieurs prix : meilleur acteur (Salvador del Solar) au festival du film de Carthagène, prix du public au festival de Gramado et à celui de Vina del Mar et une nomination aux Goya (César espagnols).

D'autres de ses romans livres ont été adaptés sur grand écran : Los cachorros (publié en 1967, traduit en français sous le titre Les chiots), réalisé au Mexique par Jorge Gons en 1973 ; La ville et les chiens, filmé en 1985 par Francisco J. Lombardi, qui a reçu le prix du meilleur réalisateur au Festival de San Sebastien à cette occasion ; Le même livre a été transposé en Russie en 1986 par Sebastian Alarcon sous le titre de Yaguar ; Hollywood s'est aussi intéressé à l'écrivain en adaptant Tante Julia et le scribouillard, roman de 1977 et film de 1990. Jon Amiel a réunit Barbara Hershey, Keanu Reeves et Peter Falk. Fiasco public, le film avait reçu le prix du public et le prix de la critique au Festival de Deauville. Enfin, La fiesta del chivo (traduit en français par La fête du bouc) paru en 2000, a donné lieu cinq ans plus tard à un film de Luis Llosa, cousin de l'écrivain, avec Isabella Rossellini et Eileen Atkins.

J.D. Salinger, guest-star posthume à Cannes ?

Posté par vincy, le 7 février 2010

L'auteur du roman culte "L'attrape-coeurs", Jerome David Salinger, est décédé le 27 janvier dernier. Il avait toujours refusé toute cession de droits pour le cinéma : aucune de ses oeuvres n'a été transposée sur grand écran. Il y a cependant des versions cinématographiques de certaines de ses histoires en Iran, au Mexique, en Espagne, sans autorisation. "L'attrape-coeurs" a même inspiré un film expérimental de Nigel Tomm en 2008. Un écran bleu. (voir la bande annonce sur le blog de l'artiste).

Pourtant l'écrivain "secret" Salinger pourrait être une des vedettes du prochain Festival de Cannes. Après cinq ans de travail, un documentaire de deux heures, certainement accompagné d'un livre biographique de Paul Alexander, semble enfin prêt à être diffusés. Shane Salerno, le scénariste du film Shaft, a financé lui même ce projet incroyable, composé de 150 interviews, et notamment celles de Philip Seymour Hoffman, Martin Sheen, Danny de Vito, John Cusack, Edward Norton...

Pour le reste, on ne rentrera pas dans le jeu du marketing macabre autour de ce film où l'on nous promet beaucoup mais pas l'essentiel : Salinger y apparaitra-t-il autrement qu'à travers des photographies? Le film a déjà été montré à quelques personnes, amputés de cinq minutes mystérieuses.

Pour Cannes, qui a toujours été le festival le plus littéraire des événements cinématographiques, cela pourrait être l'un des événements les plus étonnants.

Festival du Cinéma Nordique : de Rembrandt à Eva Joly

Posté par geoffroy, le 18 mars 2009

nordic-2009-225.jpgDu 18 au 29 mars prochain la ville de Rouen (Seine-Maritime) accueille la 22e édition du festival du cinéma nordique.
Créé en 1988 celui-ci est devenu, au fil des ans, un évènement incontournable pour la création cinématographique du nord de l’Europe. Original, vivant, parfois méconnu mais capable d’offrir de grands cinéastes comme Lars Von Trier, Roy Andersson, Thomas Vinterberg, Aki Kaurismäki ou plus récemment Balstar Kormakour (Jar City) et Bent Hammer (La nouvelle vie de monsieur Horten), le cinéma scandinave ne cesse de se rénover en proposant une vision singulière du monde. Cette force créative se retrouve dans une programmation avant tout éclectique, où fiction, documentaire, court-métrage et animation s’entremêlent. De la Finlande à l’Islande en passant par la Belgique, cette 22e édition brassera pas moins de 60 films autour de sections variées et ambitieuses.

Une sélection officielle comptant 10 films venus de 7 pays différents (petit regret néanmoins de ne pas retrouver les pays Baltes) et une attente particulière autour de deux films. Instants Eternels du maître suédois Jan Troell (les Emigrants 1971 et le Vol de l’aigle 1982) et Mariage à l’islandaise, premier long métrage de la monteuse islandaise Valdis Oskarsdottir ayant travaillé sur Mongol et Mister Lovelly.

Une programmation thématique déclinée sur trois axes.

- L’actu du nord tout d’abord, qui proposera des films pour la plupart inédits, sera marquée par la présentation du documentaire de Hege Dehli, Eva Joly, une justice malgré tout consacré à la magistrate norvégienne aujourd’hui candidate aux élections européennes de juin 2009 en Ile-de-France sur la liste des Verts. Celle-ci sera d’ailleurs présente le 21 et 22 mars.

- Ensuite, un regard sous forme d’éloge au peintre néerlandais du XVIIe, Rembrandt. Huit films tenteront de percer le mystère de ce maître baroque dont le tout dernier et admirable Peter Greenaway, la Ronde de nuit.

- Pour finir, une invitation au cinéma de genre fantastique en plein essor depuis une dizaine d’années dans ces contrées du froid viendra saisir le public avide de frissons et de découvertes. Pour tous ceux qui ont raté le dernier Grand Prix au festival de Gérardmer, Morse de Tomas Alfredson s’affichera au côté de ses petits camarades horrifiques.

Enfin et pour clore cette programmation naviguant sur deux cinémas et trois salles autour de débats, de premiers films et de rencontres avec le public, le festival proposera un pont entre littérature et cinéma par l’hommage rendu au romancier de polar norvégien Gunnar Staalesen.