Cannes 2017 : nos retrouvailles avec David Lynch

Posté par MpM, le 25 mai 2017

On était prêt à aller beaucoup plus loin que Cannes pour retrouver David Lynch derrière une caméra, et accessoirement découvrir la 3e saison (attendue près de 25 ans) de Twin Peaks. Et finalement c'est bien sur la Croisette qu'aura lieu l'avant-première des deux premiers épisodes de la nouvelle série, juste avant sa diffusion sur Showtime et Canal Plus.

Le réalisateur américain, qui n'a plus tourné pour le cinéma depuis 2006 (Inland Empire), à l'exception de quelques courts métrages et d'un documentaire sur la méditation transcendantale, est un ancien habitué du Festival, avec lequel il a tissé une relation bien particulière.

C'est en 1990 qu'il fait sa première apparition à Cannes, certes identifié comme un réalisateur singulier et presque expérimental (Eraserhead), mais également auréolé d'une nomination aux Oscars et de plusieurs prix pour Elephant man et Blue velvet. Le relatif échec de l'adaptation du Dune de Frank Herbert en 1984 est déjà oublié.

Sailor et Lula est donc sélectionné en compétition et, pour un "coup d'essai", c'est un coup de maître avec Palme d'or à la clef, décernée par le jury de Bernardo Bertolucci. Il faut reconnaître qu'il y a dans le 5e long métrage de Lynch tous les éléments constitutifs de son cinéma si singulier: une atmosphère étrange, des personnages venimeux et troubles, une sensualité exacerbée, des références au film de genre comme au Magicien d'Oz... et une réappropriation toute personnelle de l'ensemble.

Au même moment, Lynch triomphe sur le petit écran avec la série Twin Peaks créée avec Mark Frost, et qui révolutionne durablement le genre. Pendant deux saisons, les spectateurs se rongent les sangs en suivant cette enquête policière pour le moins atypique dans la ville imaginaire et trouble de Twin Peaks. Savoir qui a tué Laura Palmer ne calme nullement les fans qui réclament une suite. Ils auront droit à un prequel, le long métrage Twin Peaks, Fire walks with me (1992), justement sélectionné à Cannes en 1992. Mais une 3e saison de la série culte semble compromise.

David Lynch fait à nouveau le voyage à Cannes avec Une histoire vraie en 1999, un road-movie tendre et léger en tondeuse en gazon qui tranche avec toute son oeuvre, puis le somptueux et trouble Mulholland drive en 2001, qui constitue sa dernière sélection en compétition.

Cette année-là, il remporte un Prix de la mise en scène (ex-aequo avec les frères Coen pour The Barber) qui ressemble à un lot de consolation. Le jury mené par Liv Ullman lui a (injustement) préféré le drame familial La chambre du fils de Nanni Moretti. C'est pourtant le polar inquiétant et mystérieux de Lynch qui a marqué les esprits. Pendant des mois, les esprits s'échauffent pour tenter de percer à jour les passages les plus cryptés du film.

L'année suivante, il préside le jury cannois et décerne la Palme au Pianiste de Roman Polanski. Dès lors, il se fait plus rare sur la Croisette comme ailleurs. On le retrouve dans le documentaire Films de minuit : de la marge au courant principal de Stuart Samuels (en séance de minuit en 2005) puis dans le film collectif Chacun son cinéma en 2007, dont il réalise un segment à l'occasion du 60e Festival. Il aura donc fallu attendre dix ans pour le retrouver sur le tapis rouge cannois, comme un retour aux sources.

Au fond, David Lynch aurait-il eu une telle aura sans Cannes ? Dans quelle mesure la Palme d'or de 1990 a-t-elle contribué à son succès ? C'est évidemment difficile à dire, mais on a l'intuition que les deux parties ont trouvé leur intérêt dans cette relation. Lynch en recevant une consécration par ses pairs, élevant son cinéma hybride au rang de cinéma d'auteur noble, le Festival en montrant sa capacité à faire une place à une nouvelle vague de réalisateurs plus audacieux et singuliers (Soderbergh, les Coen, Tarantino...).

C'est encore le cas cette année puisque Cannes s'offre le buzz lié au retour de la série culte, tout en surfant sur l'intérêt exponentiel et non démenti pour ce genre fictionnel depuis maintenant plus de dix ans. A l'heure où certains s'offusquent de retrouver Netflix en compétition, la présence cannoise de la série Twin Peaks parait, elle, complètement légitime. L'annonce n'a même pas vraiment surpris tant il était évident pour tout le monde que Cannes ne pouvait pas passer à côté de ce grand retour lynchien.

Alors, à quoi faut-il s'attendre ? Le mystère plane évidemment autant autour de ce nouveau Twin Peaks qu'à l'intérieur de la ville elle-même. David Lynch lui-même n'en dit pas grand chose : "certaines choses ont changé, d'autre restent identiques". On sait malgré tout qu'il s'agit bien d'une suite, réalisée par le cinéaste himself, et qu'elle est censée se passer effectivement 25 ans après les événements originaux. Le casting impressionnant compte notamment Kyle MacLachlan qui reprend son rôle de Dale Cooper, mais aussi des stars comme Naomi Watts, Monica Bellucci ou Tim Roth.

Vu le twist d'envergure sur lequel s'achevait le dernier épisode, on peut s'attendre à peu près à tout. Et c'est pour ça que l'on est aussi impatient de ces retrouvailles cannoises. D'autant qu'elles pourraient bien être les dernières sur la Croisette, Lynch ayant avoué au Sydney morning telegraph qu'il ne reviendrait probablement jamais au long métrage.

L’instant Zappette: Les séries dont il fallait parler en 2016

Posté par wyzman, le 20 décembre 2016

Comme l'an dernier, nous nous sommes penchés sur toutes les séries qui ont animé nos soirées pendant ces 12 derniers mois. Et encore une fois, il y a eu de très belles surprises. Entre les séries qui ont connu leur première saison et celles sur le retour, le choix est assez varié. Néanmoins et comme vous pourrez facilement le voir, les shows de HBO et Netflix trustent ce classement. Parti pris ? Certainement pas. Mais en 2016, les deux géants continuent de délivrer des programmes d'une qualité ahurissante. Pour info, les 16 séries qui ont fait 2016 ont été rangées par ordre alphabétique.

Game of Thrones - saison 6 (HBO). Après la folle saison 5, nous pensions que la série de David Benioff et D. B. Weiss ne pourraient plus nous surprendre. Nous avions clairement tort. Entre une Daenerys toujours plus puissante, la vengeance de Sansa, les manigances de Cersei, le périple d'Arya et la résurrection de Jon Snow, ces 10 épisodes avaient de quoi nous mettre dans tous nos états. A la clé, un record d'audience (8,89M d'accros) pour un final absolument magistral.

Insecure - saison 1 (HBO). Après l'annulation de Looking et l'annonce de la fin à venir de Girls, nous nous demandions quelle dramédie allait pouvoir nous faire rire et pleurer en même temps. Certains évoqueront Divorce, mais de vous à moi, la série ne mérite pas la moitié de sa hype. Et cela parce qu'Insecure, diffusée juste après, s'avère bien meilleure. Centrée sur les péripéties de deux jeunes femmes noires, les 8 épisodes d'Insecure ont enfin permis à Issa Rae de crever le petit écran. Il était temps.

Marseille - saison 1 (Netflix). Non, ceci n'est pas une blague. Peut-être une légère provoc. La première production française du service de streaming a longtemps été moquée mais lorsque vient le moment de revenir sur toutes les séries qui ont marqué l'année, impossible de passer outre Marseille. Lutte de pouvoir entre un maire et son dauphin, Marseille nous a tous fait rire tant certains plans, certaines répliques, certaines scènes et certains acteurs sont ridicules. Mais malgré ça, le bad buzz a permis son renouvellement.

Pitch - saison 1 (NBC). A l'heure où nous écrivons ces lignes, la série de Dan Fogelman et Rick Singer n'a pas été renouvelée… ou annulée ! Il y a donc de l'espoir. Centrée sur la première femme à intégrer une équipe de baseball de Major League, Pitch vaut le détour pour le regard qu'elle porte sur le racisme et le sexisme bien ancrés dans le milieu sportif. Fraîche et divertissante, Pitch est la preuve que l'on peut mêler drama et sport sans se perdre. Un bel exploit !

Stranger Things - saison 1 (Netflix). La série de Matt et Ross Duffer est objectivement l'une des plus belles choses que l'on ait vues cette année. En mêlant science-fiction, surnaturel, horreur, mystère et drame historique, Stranger Things est bourrée de clins d’œil (volontaires ou pas) aux univers de Steven Spielberg, Stanley Kubrick, John Carpenter et Stephen King. Pour rappel, la saison 1 raconte comment, dans l'Indiana de 1983, trois jeunes préadolescents tentaient de retrouver leur ami porté disparu à l'aide d'une jeune fille aux capacités très étonnantes.

The Crown - saison 1 (Netflix). Annoncée comme "le Downton Abbey de Netflix", The Crown est bien plus que ça. Alors oui, la série lorgne forcément du côté du programme d'ITV pour la dimension historique (on y suit les premières année du règne d'Elizabeth II) mais The Crown dresse également le portrait des mœurs et des manigances politiques méconnues du public. Classe et intense, la série est portée par un duo d'acteurs brillants (Claire Foy et John Lithgow).

The People v. O.J. Simpson : American Crime Story - saison 1 (FX). Après des années à faire dans le superficiel (Popular, Nip/Tuck, Glee, Scream Queens), Ryan Murphy se lance dans la production de l'une des meilleures séries de l'année. Créée par Scott Alexander et Larry Karaszewski, les 10 premiers épisodes d'American Crime Story traitent du procès ultramédiatisé d'Orenthal James Simpson, star du football américain accusée du double homicide de son ex-femme Nicole Simpson et de son compagnon. Le casting est si impressionnant (Cuba Gooding Jr., Sarah Paulson, Courtney B. Vance, John Travolta, Sterling K. Brown) qu'il est en train de tout rafler dans les cérémonies de remises de prix.

The Walking Dead - saison 7 (AMC). Bien que peu fan du programme, le retour de TWD (pour les intimes) a tout de même été l'un des grands moments de cette année. Grâce à un teasing franchement éreintant, la production a fait du personnage de Negan le sauveur de la série. Malheureusement, il l'a surtout achevée. Son massacre dans le season premiere était si violent et déstabilisant qu'entre le début et la fin de la première partie, ce sont pas moins de 6,45 millions de fans qui ont déserté la série en première diffusion. Comme quoi, même outre-Atlantique, la violence gratuite a ses limites.

This Is Us - saison 1 (NBC). Véritable pépite de cette année, l'autre série de Dan Fogelman aurait pu être un drame familial comme un autre. Kate et Kevin vont avoir des triplés. Malheureusement, l'un des bébés meurt lors de l'accouchement. Coup de théâtre, ils décident d'adopter Randall, un petit nourrisson noir abandonné le même jour. This Is Us évoque sans détour la difficulté d'être parent (thème récurrent cette année dans le cinéma US), d'être adopté, d'être noir, d'être obèse, d'être pris pour un moins que rien. Et chaque semaine, le programme délivre son lot de séquences émouvantes. On vous le dit, une pépite !

Westworld - saison 1 (HBO). A un moment où la chaîne câblée a dû faire avec les échecs de True Detective saison 2 et Vinyl, les annulations de Looking et Togetherness et les fins à venir de Game of Thrones, The Leftovers et Girls, nous pourrions facilement dire que Westworld a sauvé tout le monde. Centrée sur un parc d'attractions futuriste où des androïdes constamment reprogrammés réalisent les moindres fantasmes des visiteurs, la série de Lisa Joy et Jonathan Nolan est d'une complexité certaine mais dispose d'une réalisation impeccable. Trop froide pour certains, Westworld a le mérite de prouver à ceux qui en douteraient encore que la télévision est un espace d'expérimentation incroyable !

Bien évidemment, ce ne sont pas les seules séries qui ont marqué 2016. Il convient de mentionner les nouveautés Atlanta et The Girlfriend Experience, les deuxièmes saisons d'Outlander et Mr. Robot et les troisièmes saisons de Black Mirror et You're the Worst.

Crise de croissance pour Netflix

Posté par vincy, le 15 août 2016

Netflix voit son flux de nouveaux abonnés se tarir. Avec 83,18 millions d'utilisateurs le leader de la vidéo en ligne n'a gagné que 1,68 million d'utilisateurs en un trimestre après en avoir conquis 6,74 millions au premier trimestre. Pas sûr que l'objectif de 90 millions soit dépassé cette année.

Il y a sans doute plusieurs raisons: la concurrence (Amazon, Apple, Hulu, bientôt Disney), les tarifs, les J.O., etc... Mais n'enterrons pas Netflix trop vite. Ce n'est peut-être qu'une petite crise de croissance. Le groupe continue de s'étendre à l'international et à investir dans les contenus. Cela reste la chaîne de House of Cards, Sense8, Stranger Things et Orange is the New Black. Bon, on vous l'accorde, c'est aussi la chaîne qui a produit et diffusé la série Marseille, avec Gérard Depardieu, qui était pire qu'un Navarro.

couverture netflix

En rouge, les pays couverts par Netflix

Un Empire trop américain

Cependant, Netflix a conscience qu'elle a deux problèmes structurels : le premier est la concurrence des autres plateformes qui va inciter les "consommateurs" à choisir le bon abonnement plutôt que de les cumuler. Surtout, même si Netflix est désormais présent quasiment partout dans le monde, il n'offre essentiellement que des programmes en anglais et produits aux Etats-Unis dans un secteur où le local reste une valeur sûre et différenciante. C'est d'ailleurs la stratégie de Canal +, M6, TF1 et même Arte. Or, d'une part, Netflix a confirmé qu'il n'ajouterait que progressivement et parcimonieusement des programmes locaux avec sous-titres ou doublés. Sans doublage ou sous-titre, difficile de conquérir des publics allemands, français, italiens ou japonais. D'autre part, Netflix a peu de projets de séries locales.

Une proie idéale

D'autant qu'Amazon a annoncé le lancement de sa plateforme SVàD  en France, Italie et Espagne d'ici la fin de l'année. Amazon Prime Instant Video, avec des séries comme Mozart in the Jungle et Transparent, mais aussi des longs-métrages (cinq d'entre eux étaient au Festival de Cannes) est un rival sérieux...

De quoi affaiblir à moyen terme Netflix et en faire une proie (d'environ 37 milliards de dollars) pour des groupes comme Apple ou Amazon, qui peuvent l'absorber sans s'endetter.

Même avec l'éventualité d'un rachat boursier, Netflix a quand même besoin de rester "le plus beau" sur le marché. 4 nominations aux Oscars, 4 Emmy Awards (et 49 nominations, dont 20 cette année), 2 Golden Globes (et 19 nominations) permettent déjà de placer le diffuseur parmi les grands du secteur.

Annonces événementielles

Alors les projets sont annoncés à la pelle depuis quelques semaines. Parmi eux, un partenariat avec 20th Century Fox Télévision Distribution pour la diffusion en exclusivité en SVOD de la série à succès signée FX , American Crime Story dont la première saison The People v. O.J Simpson sera diffusée en 2017 sur Netflix dans le monde entier: John Travolta, Cuba Gooding Jr., Sarah Paulson, David Schwimmer, Nathan Lane et Bruce Greenwood sont dans cette saga  qui retrace le procès d'O.J. Simpson. La deuxième saison d'American Crime Story sera axée sur l'ouragan Katrina.

Netflix s’apprête aussi à diffuser dans 188 pays un nouveau volet de la série culte produite par CBS, Star Trek. Chaque épisode sera uniquement accessible aux membres de Netflix dans tous les pays titulaires d’une licence, dans les 24 heures suivant sa première diffusion aux États-Unis sur CBS.

Les 727 épisodes de la série - dont Star Trek: The Original Series, Star Trek: The Next Generation, Star Trek: Deep Space Nine, Star Trek: Voyager et Star Trek: Enterprise - seront aussi disponibles sur Netflix, dans le monde entier d’ici la fin 2016. Le tournage de la toute nouvelle série débutera en septembre pour une diffusion prévue en janvier 2017.

Netflix a également recruté le cinéaste sud-coréen Bong Joon-Ho (Snowpiercer, le transperceneige) pour un film qui sera diffusé l'an prochain sur la plateforme. Okja, qui suite une jeune fille prête à tout pour empêcher l'enlèvement de son meilleur ami, un animal rare et mastodonte nommé Okja, par une multinationale hyperpuissante, Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal, Paul Dano, Giancarlo Esposito, Lily Collins sont au générique.

Et n'oublions pas que Netflix a aussi en prévision un revival de Gilmore Girls, des nouvelles séries Marvel (Luke Cage, Iron Fist, The Defenders), une vingtaine de programmes jeunesse en développement ou production (dont Inspecteur Gagdet et Spy Kids), etc.

Enfin, depuis le 12 août, Netflix diffuse The Get Down, drame musical réalisé par Baz Luhrmann (Moulin Rouge, Gatsby le magnifique), sur fond de hip-hop naissant et de disco à bout de souffle , avec Jimmy Smits (NYPD Blue) et Giancarlo Esposito (Breaking Bad).

« Bates Motel »: Rihanna reprend le rôle de Janet Leigh dans « Psychose »

Posté par vincy, le 23 juillet 2016

Rihanna sera Marion Crane, le personnage incarné par Janet Leigh dans Psychose, le film d'Alfred Hitchcock.dans la cinquième et dernière saisons de Bates Motel.

C'est l'une des grosse "news" survenue au Comic Con. Fan de la série, la chanteuse-actrice a été contactée par les producteurs et, selon Variety, elle a accepté le défi. Dans le film d'Hitchcock, Marion Crane atterrit par hasard au motel, après une longue route. Elle y prend une douche pour se relaxer et cela finit en bain de sang. La scène est l'une des plus mémorables du 7e art (notamment parce que le cinéaste avait su contourner la censure en ne montrant pas grand chose de la réelle nudité de sa star et en ayant été très habile au montage pour simuler les coups de poignard, le tout accompagné d'une musique stridente horrifique).

Pour la série, il était essentiel que Marion Crane apparaisse dans la saison finale et il fallait que l'actrice soit emblématique.

Par ailleurs Vera Farmiga a été confirmée pour cette saison, alors que son personnage, Norman, avait était tué. Elle continuera de hanter Freddie Highmore (Norman Bates). Au Comic-Con, les producteurs ont déjà annoncé que la fin de la série ne serait pas la même que celle du film.

Rihanna est également attendue sur grand écran avec Valérian et la Cité des Mille Planètes, de Luc Besson, prévu dans un an dans les salles.

Isabelle Adjani au Festival du film francophone d’Angoulême avec un téléfilm pour Arte

Posté par vincy, le 22 juillet 2016

Elle est toujours aussi rare. Son nom ne dit plus grand chose à ceux qui sont nés après les années 1990. Mais une chose est certaine, Isabelle Adjani reste une star. Elle signera son énième retour (voir encadré) sur les écrans avec Carole Matthieu, un thriller social de Louis-Julien Petit.

Le réalisateur de Discount, film révélé au festival de film francophone d'Angoulême (Prix du public), signe ici un téléfilm. Adjani cherchait un réalisateur pour l'adaptation des Visages écrasés, le roman noir de Marin Ledun sur les conséquences dramatiques d'un management écrasant dans une entreprise de télécommunications (cela rappelle forcément la vague de suicides chez France Telecom). En voyant Discount, elle n'a pas hésité à contacter Louis-Julien Petit.

Médecin du travail dans une entreprise aux techniques managériales écrasantes, Carole Matthieu tente en vain d’alerter sa hiérarchie des conséquences de telles pratiques sur les employés. Lorsque l’un d’eux la supplie de l’aider à en finir, Carole réalise que c’est peut-être son seul moyen de forcer les dirigeants à revoir leurs méthodes.

Des comédiens de Discount - Corinne Masiero, Pablo Pauly, Sarah Suco - donnent la réplique à Isabelle Adjani.

Le film, produit par Elemiah Films, sera présenté hors-compétition le 25 août, puis sera présenté au Festival de la fiction de La Rochelle, avant d'être diffusé sur Arte. Et si le succès d'audience est au rendez-vous, le film pourrait connaître une deuxième vie mais en salles. C'est ce qui était arrivé avec La journée de la jupe (avec Adjani, en 2009), dont le carton d'audience historique sur Arte, avait permis une sortie au cinéma (et au final donné un César à l'actrice).

Le 9e Festival du film francophone d’Angoulême se tiendra du 23 au 28 août. Le jury sera coprésidé par Gilles Jacob et Virginie Efira (et composé de Danielle Arbid, Thierry Chèze, Sophie Desmarais, Nicolas Dumont, David Foenkinos, Salim Kechiouche). Outre un hommage au Liban, une rétrospective des Films du Losange et un focus sur la carrière de Catherine Corsini, la manifestation s’ouvrira sur L’odyssée de Jérôme Salle et se clôturera sur Le fils de Jean de Philippe Lioret.

La carrière d'Adjani a commencé il y a 46 ans. Primée partout, attirant dans les salles un large public avec des films plus tragiques et dramatiques que comiques, elle avait commencé à s'absenter après Camille Claudel en 1988. On ne la revoit que cinq ans plus tard dans Toxic Affair, flop magistral, compensé par le gros succès de La Reine Margot l'année suivante, qui sera aussi son dernier grand rôle. Un passage face à Sharon Stone (Diabolique), un caméo dans Paparazzi, et il faut attendre 2002 pour la revoir au cinéma.
Deuxième trou d'air, donc. Hélas avec La Repentie, elle subit un échec cuisant. Mais comme toujours, elle trouve un peu d'oxygène avec des cinéastes plus expérimentés : Benoît Jacquot (Adolphe) et Jean-Paul Rappeneau (Bon voyage). Sans atteindre ses box office d'antan, au moins sa réputation de grande comédienne est intacte. On est alors en 2003. On ne la revoit plus avant 2009!
Elle revient dans un téléfilm, La journée de la jupe, gros succès d'audience et un César pour elle, en plus de refaire face à Depardieu dans un rôle décalé chez Delépine et Kervern, dans le culte Mammuth. Et en prêtant sa voix à la méchante mère de Raiponce, on croit enfin à son grand retour. Que nenni: elle enchaîne quelques rôles dans des fiascos (notamment le joli David et Madame Hansen où elle semble se caricaturer avec une subtilité et un second degré rare).
Heureusement, Audrey Dana la convainc de faire partie de l'aventure de la chorale féminine dans Sous les jupes des filles, joli succès en salles où elle n'est qu'un second rôle (sans doute pour oublier qu'elle a loupé 8 femmes de Ozon). Car Adjani a refusé beaucoup de films, n'en a fait qu'à sa tête. Et cela fait plus de vingt ans que sa carrière est aussi errante qu'elle. Mais à chaque fois, on espère qu'elle va se remettre sur de bons rails...

Deuxième DGA Award consécutif pour Alejandro Gonzalez Inarritu

Posté par vincy, le 7 février 2016

inarritu

Pour la première fois dans l'histoire des prix de la Director's Guild of America, un réalisateur a été couronné une deuxième fois consécutive. Alejandro Gonzalez Inarritu, déjà récipiendaire l'an dernier avec Birdman (avant de remporter l'Oscar), a été récompensé pour The Revenant. Dans les deux cas, la mise en scène se veut virtuose mais les films laissent de glace.

Peu importe. Le cinéaste mexicain entre dans l'histoire des palmarès américains. Et en a profité pour tacler Donald Trump et son projet de muraille entre les Etats-Unis et le Mexique, rappelant que la puissance des Etats-Unis provenait de la diversité.

Certes, on attendait plutôt Ridley Scott ou surtout, George Miller. Il est clair désormais qu'Inarritu fait la course en tête pour les Oscars. Depuis 1948, les Oscars n'ont pas fait le même choix que la DGA à sept occasions seulement.

Un club de 9 cinéastes

Inarritu rejoint ainsi Ang Lee, Francis Ford Coppola, Clint Eastwood, George Stevens, David Lean, Ron Howard et Joseph Mankiewicz dans le club des double primés. Steven Spielberg est le seul cinéaste à l'avoir emporté trois fois.

Les DGA Awards ont aussi récompensé David Nutter (Game of Thrones, série dramatique), Chris Addison (Veep, série comique) et Dee Rees (Bessie, minisérie ou téléfilm).

Pour le documentaire, Matthew Heineman avec Cartel Land a été élu. Pour la première remise de prix du meilleur premier film, Steven Spielberg a décerné le trophée tout nouveau tout chaud à Alex Garland pour Ex Machina.

Des SAG Awards 2016 en forme d’anti-Oscars ?

Posté par wyzman, le 1 février 2016

C''est samedi soir qu'avaient lieu les Screen Actors Guild Awards, une cérémonie de remise de prix créée par le syndicat des acteurs, le plus puissant à Hollywood, et qui, comme les Oscars et les Golden Globes, récompense les performances des artistes de l'audiovisuel. Alors que l'Académie américaine connaît actuellement un bad buzz phénoménal suite à ses  nominations 100% white et le hashtag #OscarsSoWhite qui a déjà poussé les Smith et Spike Lee à boycotter la cérémonie (lire notre actualité du 23 janvier), les SAG Awards ont visiblement bien appris la leçon. En effet, depuis la divulgation des vainqueurs, le Web est envahi d'articles prônant la diversité de cette 22ème édition des Screen Actors Guild Awards. Et pour cause !

Coté cinéma, Leonardo DiCaprio (The Revenant) et Brie Larson (Room) sont respectivement repartis avec le SAG Award du meilleur acteur et de la meilleure actrice, les plaçant en logiques favoris des Oscars. Idris Elba (Beasts of No Nation) et Alicia Vikander (The Danish Girl) ont été nommés meilleurs seconds rôles. Le premier n'a pas été nommé aux Oscars, la seconde devrait là aussi recevoir la statuette si la logique s'impose.

Enfin, last but not least, Spotlight s'est vu attribué le prix de la meilleure distribution dans un film, devenant ainsi le nouveau favori (de la semaine?) pour l'Oscar du meilleur film. Récemment, une année sur deux le film recevant ce prix repart avec l'Oscar suprême.

Black panthers

Mais le plus intéressant nous vient des récompenses liées à la télévision. Car comme nous vous le disions récemment, c'est désormais là-bas que la diversité se trouve convenablement représentée.

Alors qu'il passait déjà une bonne soirée, Idris Elba a reçu un second prix, celui du meilleur acteur dans une mini-série pour son rôle de détective dans Luther. C'est le septième prix que l'acteur reçoit grâce à ce personnage. Preuve, s'il en fallait une que Luther, est une série à suivre, tout comme son interprète ! Combien de temps avant qu'il n'endosse le costume de James Bond, hein ? Chez les femmes, c'est une autre artiste noire dont la performance a été saluée : la trop rare Queen Latifah pour Bessie, un téléfilm produit et diffusé par HBO.

Comme l'année dernière, Kevin Spacey et Viola Davis ont également été récompensés pour leur rôle respectif dans House of Cards et How to Get Away with Murder. Classée parmi les 15 séries à suivre en 2015, HTGAWM a déjà permis à Viola Davis de remporter un Emmy Award, un Golden Globe, un NAACP Image Award, un People's Choice Award et désormais deux SAG Awards ! A quelques semaines de la sortie de Suicide Squad, Viola Davis peut à nouveau remercier Shonda Rhimes et Peter Nowalk d'avoir permis à son personnage d'Annalise Keating de voir le jour.

Et ce n'est pas fini ! Pour son rôle de femme transgenre dans Transparent, Jeffrey Tambor a reçu samedi soir le SAG Award du meilleur acteur de comédie, tandis qu'Uzo Aduba (alias Crazy Eyes dans Orange is the New Black) est repartie avec celui de la meilleure actrice de comédie. Vous l'aurez donc compris, en récompensant la diversité visible à la télévision, les SAG Awards ont officiellement fait la nique aux Oscars. A moins que cela ne soit qu'une manière de compenser l'absence de nomination pour des acteurs de couleurs chez le grand frère ? La question mérite d'être posée.

Ce qui n'a pas empêché Viola Davis d'y aller de son bon mot. En coulisses, elle a notamment déclaré : "Nous sommes devenus une société de tendances (en référence aux hashtag "trend topic" de Twitter, NDLR). La diversité n'est pas une tendance… Je me vois comme une actrice. Peu importe ce qui se passe dans le milieu, je trouverai un moyen de pratiquer mon art." Avant d'ajouter : "Quand tu regardes Annalise, elle n'est pas qu'une femme noire, c'est une femme qui mène sa vie. Les gens oublient ça dans notre business." Voilà qui est dit.

Quand séries et diffuseurs font leur show !

Posté par wyzman, le 17 janvier 2016

Cette semaine avait lieu le tout premier Showeb Séries. Organisé par Le Film Français et  Newcast, c'était l'occasion de découvrir en avant-première la line-up de différents distributeurs, producteurs et chaînes de télévision tels que OCS, Studio+, 13ème Rue, Syfy, Arte ou encore TF1. Et pour cette première édition, chacun à leur manière, ils ont mis le paquet.

D'entrée de jeu, OCS en a mis plein les yeux à l'assemblée via des teasers et quelques bandes annonces des séries produites et/ou prochainement diffusées sur le bouquet. Très orienté cinéma et séries télévisées, ce dernier n'a pas lésiné sur les images (pas forcément inédites) de ses hits tels que Game of Thrones ou The Walking Dead. Tout cela avant d'évoquer ses nouvelles acquisitions : Ash vs Evil Dead (produite par Sam Raimi), Blunt Talk (avec Patrick Stewart), Kingdom (avec Nick Jonas) et Mozart In the Jungle (Golden Globe de la Meilleure série comique), avec Gael Garcia Bernal.

Mais il ne fait aucun doute que la nouveauté la plus attendue sera Vinyl. Produite et diffusée par HBO aux Etats-Unis, le show est le nouveau bébé de Terence Winter (Les Sopranos), Martin Scorsese (Le Loup de Wall Sreet) et Mick Jagger. La série raconte les péripéties d'un label musical dans le New York des années 1970. La première saison compte 10 épisodes et Martin Scorsese devrait en réaliser quelques uns (dont le pilote). La série sera lancée le dimanche 14 février sur HBO et visible le lendemain sur OCS.

Du côté des séries françaises, le diffuseur n'est pas à la traîne puisque les séries Les Grands et Irresponsable ont été produites via son label OCS Signature. La première est co-écrite par Benjamin Parent (Ceci n'est pas un film de cow-boys) tandis que la seconde est l'œuvre de Frédéric Rosset. Et il va sans dire qu'après avoir vu les premières images, on ne peut qu'être impatient. De son côté, Studio+ ce n'est pas fait prier au moment de dévoiler les 3 premiers épisodes de sa digital série Brutal. Tournée en 18 jours à Bangkok, la série raconte les combats ultra violents de David Belle (Banlieue 13 : Ultimatum).

Niveau nouveautés, 13ème Rue et Syfy n'ont pas à se plaindre. La première chaîne diffusera la série Dig à partir du 31 janvier. Signée du créateur de Hatufim et Homeland, Dig s'intéresse aux mystérieuses fouilles archéologiques qui ont lieu à Jérusalem. A son bord, Anne Heche (Arthur Newman) et Jason Isaacs (Fury). Sur Syfy, il est possible de retrouver l'unique saison de Heroes Reborn depuis le 5 janvier tandis que The Shannara Chronicles a débuté cette semaine. Cette dernière est adaptée des romans de Terry Brooks et s'avère être un mix réussi entre Le Seigneur des Anneaux (pour les elfes et les nains), Game of Thrones (pour les personnages tués sans remord) et Hunger Games (pour l'héroïne en devenir et le casting rempli de beaux gosses).

Impossible de ne pas évoquer les pépites d'Arte. Le 21 janvier, Wolf Hall fera son apparition sur la chaîne franco-allemande. Sacrée meilleure mini-série aux derniers Golden Globes, elle raconte les péripéties de Thomas Cromwell à la cour d'Henri VIII. Et diffusée le 11 février, Trepalium raconte comment la société fait face à une population composée à 80% de chômeurs !

Enfin, TF1 a pu fanfaronner au moment de dévoiler sa programmation de 2016. Parmi les séries de retour, on trouve sans surprise : Arrow, The Blacklist, Esprits Criminels, The Flash, Gotham, Grey's Anatomy The Originals et The Vampire Diaries. Et question nouveautés, le plein est largement fait  avec Blindspot (avec Jaimie Alexander), Contaiment (de Julie Plec), Legends of Tomorrow (avec Wentworth Miller), Lucifer (avec Tom Ellis), The Player (avec Wesley Snipes) et Supergirl (avec Calista Flockhart) qui rythmeront nos soirées !

Golden Globes 2016 : Du mérite, des surprises et des cookies !

Posté par wyzman, le 12 janvier 2016

Dimanche soir avait lieu la 73ème cérémonie des Golden Globes. Récompensant la crème de la crème de l'audiovisuel américain, celle-ci était à nouveau présentée par Ricky Gervais un peu à la traîne et a été marquée par le sacre de Leonardo DiCaprio et de The Revenant côté cinéma. Du côté des séries, force est de reconnaître que niveau pronostics, il n'y avait pas de quoi fanfaronner !

Si le sacre de Mr. Robot ne nous a pas surpris, ce fût tout de même le cas de celui de Mozart in the Jungle dans la catégorie comédie. Produite par Amazon et Jason Schwartzmann, la série était jusqu'ici restée dans l'ombre de Transparent, la série phare du service. Espérons donc que Mozart in the Jungle et son interprète principal également récompensé (Gael Garcia Bernal) profiteront pleinement de cet énorme coup de projecteur.

Autre fait inattendu, la victoire de mini-série historique Wolf Hall. Produite et diffusée par la BBC, la première narre la montée en puissance de Thomas Cromwell au sein de la cour d'Henri VIII. Bien qu'elle compte Mark Rylance, Damian Lewis et Mathieu Amalric à son bord, la victoire de Fargo semblait déjà acquise, surtout après une deuxième saison régulièrement acclamée par la presse américaine. Dans le cas de Rachel Bloom, son rôle délirant dans Crazy-Ex Girlfriend nous a tous épaté. De là à supplanter Gina Rodriguez de Jane The Virgin ? Nous n'aurions pas mis notre main à couper. Félicitons-la tout de même, elle qui vient d'offrir un second Golden Globe à la CW, la chaîne qui diffuse les deux séries.

Enfin, nous avons gardé le meilleur pour la fin. Taraji P. Henson. Comment dresser un bilan de cette soirée sans évoquer l'actrice qui aura le plus marqué les grands networks cette année. Avec son rôle de Cookie dans le phénomène Empire, celle qui "n'aurait jamais cru que jouer une ex-taularde lui ferait faire le tour du monde" a de quoi être heureuse. D'ailleurs, c'est avec beaucoup d'enthousiasme et d'humour qu'elle a distribué des cookies à toute l'assemblée au moment d'aller chercher son trophée. En attendant les Producers Guild Awards (23 janvier) et les Screen Actors Guild Awards (30 janvier), 2016 commence plus que jamais sur les chapeaux de roues !

L’instant Zappette: Les séries dont il fallait parler en 2015

Posté par wyzman, le 23 décembre 2015

L'année 2015 touche à sa fin et c'est avec une certaine tristesse que l'on jette un coup d'œil à toutes les séries que l'on a savourées pendant les douze derniers mois. Qu'il s'agisse de nouveautés ou de séries sur le retour, l'année 2015 aura été pleine de surprises. Ci-dessous figurent 15 séries qui nous ont marqués. Ce ne sont pas nécessairement les meilleures, les plus récompensées ou les plus regardées mais chacune à sa manière, elles représentent le cru 2015. Pour éviter les jaloux, nous les avons rangées par ordre alphabétique !

Bloodline - saison 1 (Netflix). Mise en ligne le 20 mars dernier, la première saison de cette série a fait l'effet d'une vraie bombe. Créée par les papas de Damages, Bloodline oscille entre drame familial et thriller dopé aux flashforwards. La série est portée par un Kyle Chandler (Friday Night Lights) au sommet qui doit affronter un Ben Mendelsohn (Lost River) vraiment malfaisant. Bonus : la scène finale va vous filer la chair de poule !

Dix Pour Cent - saison 1 (France 2). Qu'on se le dise, les créations françaises ont de quoi plaire. Preuve en est avec la série créée par Fanny Herrero dans laquelle on découvre le quotidien des agents de stars. A la base destinée à Canal+, France 2 a de quoi se frotter les mains puisque 4,1 millions de Français ont assisté aux caméos de Cécile de France, Audrey Fleurot, Julie Gayet et Gilles Lelouche entre autres.

Empire - saisons 1 et 2 (FOX). Le phénomène de l'année, c'est bien ce show aux airs de soap opera trempé dans la culture hip-hop et dans lequel tout le monde chante et danse. Ecrit par Lee Daniels (Precious) et Danny Strong (Le Majordome), Empire a captivé jusqu'à 17 millions d'Américains avant de redescendre autour des 11 millions. Audacieuse et insolente, la série vaut principalement le détour pour le personnage de Cookie, nouveau gourou de la mode aux allures de diva trash.

Flesh and Bone - saison 1 (Starz). Conçue comme un grand film en 8 heures, la série de Moira Walley-Bekectt (Breaking Bad) narre la montée en puissance d'une jeune danseuse de ballet. Entre jalousies, pression, despotisme, argent sale, trafic d'êtres humains et inceste, Flesh and Bone ferait passer Black Swan pour un simple téléfilm. Avec ces titres d'épisode en référence à des tactiques militaires, le show est déconseillé aux âmes sensibles !

Game of Thrones - saison 5 (HBO). Toujours composé de 10 épisodes, le show aura marqué de nombreux esprits. Tout a commencé avec le leak des quatre premiers épisodes, puis sont venues les polémiques (viol de Sansa, barbarie d'Arya, mort de Jon Snow). Mais au-delà de tout ça, cette saison contient d'épiques scènes de combat, un record d'audience pour le season finale (8,1M d'accros) et a remporté 12 Emmy Awards le même soir !

How to Get Away with Murder - saison 2 (ABC). Produite par Shonda Rhimes (Grey's Anatomy, Scandal), celle que les fans appellent HTGAWM use des flashforwards comme personne. Avec son casting ethniquement génial, ses dialogues piquants, ses intrigues complètement WTF? et ses scènes de sexe audacieuses (premier 69 jamais montré sur un grand network), HTGAWM est une merveille que l'on vous recommande.

Looking - saison 2 (HBO). En l'espace de 10 épisodes seulement, la série qui contait les péripéties de jeunes homosexuels à San Francisco est entrée dans notre pop culture. Malgré une annulation brutale mais redoutée, la deuxième saison s'est avérée bien meilleure que la première, mais aussi plus drôle, plus fournie et plus dynamique.  Proches et éloignés à la fois des héros de Queer As Folk, ceux de Looking restent de sacrés modèles - en attendant le film de conclusion !

Sense8 - saison 1 (Netflix). On en rêvait, ils l'ont fait. Après des années d'attente, les Wachowski ont franchi le cap de la série télé, accompagnés de Joseph Michael Straczynski (World War Z). Dans ce drama SF, 8 individus à travers la planète découvrent qu'ils sont connectés entre eux. Sulfureuse et remplie de bonnes intentions, Sense8 dispose d'un casting magnifique et de messages politiques qu'on ne peut que relayer. Une saison 2 est prévue !

The Leftovers - saison 2 (HBO). Malgré des audiences en deçà des attentes, la seconde fournée de la série créée par Damon Lindelof (Lost) et Tom Perrotta est l'une des meilleures de l'année. Toujours aussi profonde et complexe, The Leftovers fait la part belle à des personnages plus torturés les uns que les autres. Bonus : les musiques composées par Max Richter (The Lunchbox) sont de vraies merveilles.

UnREAL - saison 1 (Lifetime). Que se passe-t-il quand les caméras s'arrêtent de tourner dans les coulisses d'une émission télé comme Le Bachelor ? Telle est la question à laquelle UnREAL répond avec une franchise déconcertante voire dérangeante. Le duo Shiri Appleby/Constance Zimmer fonctionnant à merveille, UnREAL est rapidement devenue LA sensation de cet été !

Bien évidemment, il convient d'évoquer les superbes séries que sont Black-ish, Mr. Robot, The 100 et Unbreakable Kimmy Schmidt. La première nous fait toujours autant rire, la seconde aura révélé Rami Malek au grand public, la troisième a brillé lors d'une saison 2 épique et la dernière est d'une fraîcheur inégalable. Enfin, il m'est impossible de ne pas évoquer Narcos, drame policier produit par Netflix et bloqué entre la tension sexuelle des personnages et la cruauté de son protagoniste, Pablo Escobar. On vous l'a dit : ce cru 2015 était particulièrement bon !