« Ciao Italia! »: Le cinéma s’invite dans une exposition sur l’immigration italienne

Posté par vincy, le 27 mars 2017

L'exposition Ciao Italia!, récit d'un siècle d'immigration et de cultures italiennes en France entre 1860 et 1960, s'ouvre le 28 mars au Musée national de l'Histoire de l'immigration. On connaît tous un ami issu aux origines italiennes, sans compter la cuisine (pizza, pasta...) ou des mots italiens devenus courants en Français qui ont imprégné la culture française.

Sur l'émigration des Italiens, l'exposition montre quelques extraits dès le début du parcours: un film de 1915, L'emigrante de Febo Mari, et Toni de Jean Renoir (1935). Le 7e art infuse ainsi tout au long de ce voyage dans le temps, avec un extrait de Thérèse Raquin de Marcel Carne ou l'affiche de Il piccolo vetraio (Les vitriers) de Giorgio Capitani.

A côté de l'exposition, le musée proposera d'ailleurs des projections comme la webserie de Svevo Moltrasio et Federico Iarlori, Ritals et macaronis, ou le documentaire suisse de Pierre-François Sauter, Calabria.

De l'emigrante à la dolce vita

Mais si l'on parle de cette exposition, c'est parce qu'elle s'achève sur une consécration du cinéma. 1960 pourrait symboliser le début d'une époque, ou la fin d'un cycle. Les Italiens en Français sont davantage Français qu'Italiens, la culture des deux pays est reliée par De Gaulle avec le concept de "latinité", les deux peuples sont cousins, les deux nations sœurs. Terminés les commentaires xénophobes, les violences racistes, les sales jobs donnés aux transalpins (on vous recommande de lire la prose ambigüe d'Albert Londres sur le sujet dans Marseille porte du Sud). 1960 c'est Fellini et La dolce vita. L'Italie n'est plus le pays pauvre qui fournit des travailleurs. C'est le pays cool où l'on vit "Plein soleil", sans "Mépris", où "Rome est ville ouverte" et où l'on "Voyage à deux" avec une Vespa ou en cabriolet. C'est Martini et Campari.

Le dernier chapitre de l'exposition est donc consacré au cinéma, avec, en vedette les chanteurs-acteurs Yves Montand et Serge Reggiani, tous deux d'origine italienne, l'affiche de L'avventura produit par le magnat de la presse italien installé en France Cino del Duca, et bien sûr Lino Ventura, qui toujours conservé sa nationalité italienne, star française populaire, que l'on voit rouler des mécaniques "à l'italienne" avec Aldo Maccione dans L'aventure c'est l'aventure de Claude Lelouch. L'italianité a longtemps été cette image du macho frimeur sur la plage que Lelouch a filmé comme on cadre un ballet d'échassiers un peu ridicules. Heureusement l'italien c'est surtout Marcello. Mastroianni rejoignant Anita dans la fontaine de Trevi. C'est la dernière image qu'on emporte, même si elle n'a aucun rapport avec le sujet. L'extrait du film démontre que l'Italie et son cinéma, ses artistes, ses millions d'immigrés ont infusé dans nos esprits français.

Double dose de Sautet et Ventura à la Filmothèque du Quartier latin

Posté par MpM, le 10 mars 2017

Ciné Sorbonne, qui nous a habitués à ses ressorties précieuses et inspirées, propose cette semaine à la Filmothèque du Quartier latin une double dose de Claude Sautet avec une réédition numérique restaurée de L'arme à gauche (1965) et Classe tous risques, son premier film réalisé en 1960 (en réalité le deuxième, mais il se considérait seulement "technicien" de Bonjour sourire tourné en 1955). Ce sera également une double ration de Lino Ventura puisque l'acteur est à l'affiche des deux films. À ses côtés, on retrouve Leo Gordon et Sylva Koscina pour le premier, Jean-Paul Belmondo, Sandra Milo et Marcel Dalio pour le second.

Malgré le flot ininterrompu de nouveautés qui atteignent nos écrans chaque semaine, ce serait dommage de faire l'impasse sur ces deux fleurons du cinéma de patrimoine français, ne serait-ce que parce qu'ils sont l'occasion de (re)découvrir dans l'œuvre "de jeunesse" de Claude Sautet les prémisses de son cinéma à venir. L'arme à gauche, polar, raconte l'enquête que mène un navigateur pour retrouver le bateau qu'il était chargé d'expertiser, et qui a disparu. "C'est un film de genre ?" demande Michel Boujut dans ses Conversations avec Claude Sautet (Actes sud, 2001). "Oui, je l'ai pris comme un exercice de style. Une sorte d'abstraction. J'avais en tête la mémoire vague de tous ces films d'aventures américains dans les Caraïbes" répond le réalisateur.

Classe tous risques, adapté d'un roman de José Giovanni, suit la vengeance d'un gangster que ses amis ont trahi. "Il ne me restait qu’à traiter une noire romance à travers une violence sèche, un langage volontairement pauvre et antilittéraire. Je voyais l’occasion de faire un film français, avec tout ce que j’avais appris dans les séries B américaines." explique Claude Sautet à Michel Boujut. Son troisième film, en 1970, sera les Choses de la vie, qui rompt avec le cinéma de genre et révèle l'incommensurable talent du cinéaste pour ces comédies dramatiques subtiles et brillantes qui deviendront sa marque de fabrique.

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L'arme à gauche et Classe tous risques de Claude Sautet
A voir à la Filmothèque du Quartier latin jusqu'au 28 mars

Le convoi de la peur: un tournage d’enfer et une restauration éclatante

Posté par vincy, le 4 août 2015

La sortie de la reprise restaurée de Sorcerer aka Le Convoi de la peur mérite d'être soulignée. Ce film de William Friedkin, méconnu, pour ne pas dire oublié, est un bijou dans son genre. Adaptation du roman de Georges Arnaud, Le salaire de la peur, qui a donné l'excellent film d'Henri-Georges Clouzot (Palme d'or ET Ours d'or en 1953), Le Convoi de la peur est une oeuvre scindé en trois parties presque distinctes: la présentation de quatre "criminels" au Mexique, à Jérusalem, à Paris et dans le New Jersey que rien ne relie a priori ; le quotidien de ces quatre hommes dans un pays d'Amérique latine où la dictature militaire et l'exploitation des gisements de pétrole par une compagnie étrangère dictent leur loi ; le périple dangereux des quatre hommes à bord de deux camions pour transporter de la nitroglycérine sur 300 kilomètres.

Le Convoi de la peur c'est donc l'itinéraire de quatre "mercenaires" prêts à tout pour se casser du trou paumé où ils ont fuit leur passé: Roy Scheider, Bruno Cremer, Francisco Rabal et Amidou. Le premier a participé à un braquage qui a mal tourné et devient la cible de la mafia new yorkaise, à ses trousses. Le deuxième a ruiné son entreprise et ne peut pas échappé aux poursuites pénales. Le troisième a tué de sang froid un homme. Le quatrième est responsable d'un attentat meurtrier. Cremer et Amidou d'un côté, Scheider et Rabal de l'autre vont rivaliser pour amener la matière explosive et instable à travers une jungle hostile, avec en récompense un paquet de cash qui peut les amener vers la liberté.

Un casting démissionnaire

Nous sommes en 1975 quand William Friedkin songe à ce film. Il vient d'enchaîner deux énormes succès, French Connection et L'Exorciste. Il a deux films en tête: Le Triangle des Bermudes et Le convoi de la peur, dont le scénario sera écrit en quatre mois. Avec le scénariste Walon Green (La horde sauvage), il cherche à se détacher du roman, en mélangeant le film de genre avec un style littéraire proprement sud-américain, le réalisme magique (Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez est alors l'un des livres les plus lus dans le monde depuis sa parution en 1967). Clouzot a accepté, sans enthousiasme, de lui céder les droits cinématographiques.

Le film coute cher (tournage en Israël, à Paris, à New York et en Equateur), il faut donc des stars. Friedkin veut Steve McQueen, Lino Ventura, Marcello Mastroianni et Amidou. Le script est écrit pour eux. Rien ne va se passer comme il le faut. McQueen finalement se rétracte.  Il vient d'épouser Ali MacGraw et ne souhaite pas passer des mois à l'étranger, à moins qu'elle n'ait un rôle dans le film. .

La production craint un tournage coûteux, avec ses prologues aux quatre coins de la terre et son action principale perdue en Equateur, mais aussi dangereux : « Tu te feras assassiner, ton équipe se fera assassiner, et personne ne voudra assurer ton film », le prévient Lew Wasserman, exécutif d’Universal alors qu’une guerre civile éclate dans le pays. Friedkin refuse, et avouera plus tard qu'il avait tort. Suite à cette désaffection, Ventura commence à émettre quelques doutes. Ils seront renforcés quand Marcello Mastroianni décline finalement l'offre. Catherine Deneuve, alors compagne de l'acteur italien, vient de mettre au monde leur fille Chiara. Hors de question que la famille aille vivre en Equateur, alors que le pays plonge dans une guerre civile sous l'emprise d'une dictature militaire. Le château de carte s'écroule. Robert Mitchum ne veut pas plus aller se morfondre dans la jungle équatoriale.

Apocalypse Now aux Antilles

Mais pour 12 millions de $ de l'époque, il faut de la star. Et un partenaire. Le Convoi de la peur va ainsi être coproduit par Universal et Paramount, un premier cas exceptionnel dans l'Histoire (et qui sera un modèle pour les années 2000). Petite ironie de l'histoire, la Paramount appartient alors à un énorme conglomérat pétro-chimique, Gulf+Western, qui a des sites en République dominicaine. Et voilà que le dangereux Equateur disparaît de la production pour être remplacé par une île des Antilles.

Roy Scheider est alors proposé par Universal. Mais l'acteur se souvient que Friedkin ne l'avait pas enrôlé pour L'Exorciste. Il accepte sans joie. Lino Ventura abandonne alors le navire, remplacé par Cremer, totalement inconnu hors de France.  Et Rabal complète alors l'affiche.

Sorcerer, titre original du film, est finalement une prophétie qui s'annonce juste. Un sale sortilège.  Le cinéaste est réputé colérique et perfectionniste. l'ambiance est insupportable. De nombreux producteurs exécutifs et collaborateurs sont évincés ou se cassent du tournage: épuisement, malaria, drogue, etc.... La lumière changeante des tropiques rallongent les jours de productions pour que le cinéaste obtienne une continuité lumineuse. Rien que la scène sur le pont branlant au dessus des rapides demande trois mois de prises de vue chaque matin avec des camions qui ne cessent de tomber à chaque prise. Et finalement, elle sera faite au Mexique. Le budget double quasiment: 22,5 millions de $ au final.

Star Wars l'éclipse

« Ce film devait être mon chef-d’œuvre. J’avais l’impression que tous mes autres films n’avaient été qu’une préparation de celui-ci » confie Friedkin dans ses mémoires. « J’étais devenu comme Fitzcarraldo, l’homme qui veut construire un opéra dans la jungle brésilienne », résume-t-il. La folie emporte ceux qui reste. Friedkin, au passage, perd 25 kilos, atteint de malaria et sombre en dépression.

Mais au final, tout le monde est satisfait du résultat. Manque de chance, les critiques ne sont pas du même avis et le public ne suit pas. Il faut dire que depuis une semaine un certain Star Wars est sur les écrans.

Pour le réalisateur, point de doute: c'est son meilleur film. Et la version restaurée permet de revoir ou découvrir ce qui, en effet, est un grand film.

Hybride, audacieux: le film est un choc

Le Convoi de la peur est à la fois une oeuvre politique et un film sous haute tension, un récit humain désespéré et une aventure sans issue. Friedkin s'amuse aussi bien avec les genres qu'avec le rythme. La première partie est tournée comme un thriller d'espionnage international avec ses quatre séquences d'ouverture qui justifient l'exil des personnages. L'atmosphère est très "seventies" mais avec un attentat terroriste, une course poursuite qui finit mal, une meurtre de sang froid et un suicide brutal. L'ellipse est maligne. Sans transition, le scénario nous immerge directement, en deuxième partie, dans un pays sud-américain, pauvre. Peu importe comment ces quatre maudits sont arrivés là. Ils y (sur)vivent. Friedkin décrit alors la vie dans un bout du monde où militaires et polices font la Loi, où une multinationale exploite le pétrole et le peuple pour enrichir ses actionnaires et le régime. C'est une partie de transition qui est à la fois une critique virulente d'un nouveau colonialisme et d'un lien étroit et malsain entre le capitalisme et l'autorité. C'est aussi le prétexte de réunir les quatre hommes. Sans qu'il y ait beaucoup d'action, le cinéaste impose une sorte d'atmosphère pesante, où tous étouffent dans leur prison à ciel ouvert, loin de chez eux. On comprend alors très bien l'aspiration de chacun: se barrer de ce cloaque. Retrouver une forme de liberté, à défaut de retrouver leur honneur, leurs proches ou leur vie d'avant. Ils sont piégés.

Et s'ouvre alors le troisième chapitre, au petit matin, avec deux camions, Lazarus et Sorcerer. Jusque là le film était un brillant exercice de style, assez audacieux, avec une narration peu classique, se laissant le temps de présenter ses personnages, leurs motifs, et leur psychologie, et ce, sans trop de dialogues. A partir de là, on change de registre: 300 kilomètres sur des routes de montagnes périlleuses (avec éboulements et piste friable) et de jungle répulsive (arbre gigantesque en travers de la route, pont branlant tenant par quelques cordes). Le spectateur est rapidement scotché. Pas besoin d'effets numériques: le bon vieux cinéma est affaire de montage et de musique (ici, celle de Tangerine Dream, avec ses accentuations électro typiques de l'époque est angoissante à souhait). Nous sommes à leurs côtés, dans leur galère. Et la fameuse séquence du pont à cordes, sous des tornades de pluie (artificielle) est un monument en soi: Friedkin multiplie par deux la scène avec pour chacun des camions, leur enjeu dramatique et leur morceau de bravoure.

De manière sensationnelle, Le Convoi de la peur s'amène alors vers l'épilogue. Des quatre hommes, il n'en restera qu'un. Mort accidentelle, d'autant plus bête après ce qu'ils ont traversé, folie quasiment hallucinogène. Le dernier tronçon de route, dans un cadre lunaire et fantasmagorique, est saisissant. La traversée des enfers où les morts rodent tels des fantômes. Tous sont atteint. Et même le survivant n'aura que peu de répit. La conclusion est hors-champs. Mais on devine la cruauté de la situation. Sans issue.

Le Convoi de mort est arrivé à destination.

Les Français et le cinéma : plébiscite de Louis De Funès, Sophie Marceau et Romy Schneider, Luc Besson…

Posté par vincy, le 30 mars 2015

Selon le sondage BVA-Doméo-Presse régionale, Louis de Funès reste l’acteur préféré (24,8%), Sophie Marceau est l’actrice préférée (33.9%), Luc Besson est de très loin le réalisateur préféré (42.5%) des Français.

Les monstres sacrés ont la vie dure

De Funès reste donc l'acteur favori en 2015, plus de 30 ans après sa mort. Mais attention, les femmes préfèrent Fabrice Luchini et ne le citent même pas parmi leurs cinq acteurs favoris. Et paradoxalement, les plus de 65 ans ne le choisissent pas non plus dans le Top 5, préférant surtout Philippe Noiret.

Lino Ventura (22.7%), Jean Reno (20.4%), Philippe Noiret, Fabrice Luchini, Bourvil, Jean Gabin, Jean Dujardin, Omar Sy et Guillaume Canet sont dans l'ordre les 9 autres acteurs préférés. La moitié des comédiens a disparu. Parmi les dix suivants, dans l'ordre, on note Belmondo, Auteuil, Depardieu, Lindon, Rochefort, Boon, Cornillac, Duris, Mérad et Delon. Etonnant? Dujardin plait davantage aux hommes quand Canet et Sy sont plébiscités par les femmes. Chez les jeunes, Dujardin est derrière De Funès et devant Sy. Mais leurs préférences ne résistent pas aux goûts des plus âgés qui préfèrent Luchini et Ventura.

La moitié des comédiennes ont débuté après Giscard

Sophie Marceau continue son histoire d'amour avec les Français. Avec 33.9% des citations, elle devance de justesse Romy Schneider (33.6%) et largement Catherine Frot (19.9%). Marceau et Schneider se retrouvent citées dans tous les Top 5, peu importe le sexe ou l'âge du répondant. Dans le Top 10, on retrouve sinon Marion Cotillard, Josiane Balasko, Annie Girardot, Simone Signoret, Catherine Deneuve, Karin Viard et Audrey Tautou. Deux actrices de ce classement sont disparues, ce qui distingue très clairement les actrices des acteurs. Suivent Adjani, Binoche, Kiberlain, Huppert, Bonnaire, Ardant, Gainsbourg, Laurent, Mimie Mathy, Bardot. Là encore la moyenne d'âge des comédiennes favorites est beaucoup plus jeune que celle des acteurs. Par segmentation, Marceau domine chez les hommes, les 18-34 ans et les 35-64 ans quand Schneider a la préférence des femmes et des plus de 65 ans. Les seniors se distinguent aussi en étant les seuls à ne pas citer Frot, Balasko et Cotillard dans leur Top 5 puisqu'ils choisissent Signoret, Girardot, et Deneuve.

Pas de place pour les jeunes cinéastes

Sans surprise, Luc Besson est de très loin le réalisateur préféré des Français (42.5%), devant Gérard Oury (19.6%) et François Truffaut (18.9%).
Derrière on trouve Claude Chabrol, Guillaume Canet, Bertrand Tavernier, Jacques Audiard, Jean-Jacques Annaud, Patrice Leconte et Dany Boon. Puis suivent Zidi, Blier, Veber, Klapisch, Lautner, Resnais, Sautet, Jeunet, Clouzot et Becker. Dans ce top 20 seuls deux cinéastes ont commencé leur carrière dans les années 2000 et seulement deux autres dans les années 90. C'est dire que le renouvellement n'est pas pour demain. Et si Besson domine chez les hommes, les femmes, les jeunes, les 35-64 ans, c'est Chabrol qui a les faveurs des seniors.

Si on compare avec la liste des 20 films préférés des Français, on n'est pas étonné de retrouver un tel classement. Tout juste sera-t-on surpris de ne pas voir mentionner François Cluzet (dans deux films favoris des Français), Christian Clavier (5 films), Thierry Lhermitte (3 films) et Jamel Debbouze (2 films).

Georges Lautner (1926-2013) : les tontons, Monocle, Guignolo et autres barbouzes orphelins

Posté par MpM, le 23 novembre 2013

Georges Lautner 1966Georges Lautner semblait destiné au cinéma. A l'âge de sept ans, il déménage à Paris pour suivre sa mère qui s'apprête à commencer une carrière cinématographique. Marie-Louise Vittore, plus connue sous le pseudonyme Renée Saint-Cyr (elle apparaîtra sous ce nom dans une dizaine de films de son fils), connaît un succès certain avec Les deux orphelines de Maurice Tourneur et enchaîne les tournages avec René Clair, Jean Grémillon, Christian-Jacques... ce qui amène le jeune Georges à fréquenter assidument les milieux cinématographiques et les salles obscures.

Son bac en poche, après la libération de Paris, il commence une série de petits boulot liés au cinéma, dont décorateur sur La Route du Bagne de Léon Mathot. Il fait ensuite son service militaire, ce qui lui vaut un stage de projectionniste 16 mm puis un passage au service cinématographique des armées de Paris. Fort de ces expériences, il devient second assistant-réalisateur (notamment auprès de Sacha Guitry pour Le Trésor de Cantenac en 1949) et s'oriente peu à peu vers une carrière de cinéaste, après quelques apparitions devant la caméra qui lui confirment qu'il est trop timide pour être acteur.

C'est en 1958 qu'il trouve l'occasion de réaliser son premier long métrage, La Môme aux boutons, un échec commercial cuisant. Georges Lautner considérera toujours le suivant, Marche ou crève, comme son véritable premier film. Tout en faisant ses armes derrière la caméra, Georges Lautner rencontre peu à peu ceux qui l'accompagneront pendant une partie de sa carrière : l'acteur Bernard Blier, le scénariste et journaliste Pierre Laroche (avec lequel il collabore à cinq reprises) et surtout le directeur de la photographie Maurice Fellous.

Son premier succès commercial a lieu en 1961 avec Le monocle noir, une parodie d'espionnage qui met en scène Paul Meurisse dans le rôle du Monocle. Deux autres volets suivront : L'oeil du monocle en 1962 et surtout Le monocle rit jaune en 1964. Summum de la parodie des films d'espionnage, situé à Hong Kong, le film est un régal d'aphorismes ("Il est toujours bon, jeune homme, d'être en guerre avec les Anglais", "Voyez-vous, Major, plus je vois ces Chinois, plus je me dis : Mon Dieu, qu'ils sont Français...", "Mon nom de baptême est Théobald, je vous autorise à m'appeler... Mon Commandant", etc.), de situations décalées et de fusillades excentriques. Il doit sans doute beaucoup aux dialogues de Michel Audiard qui collabore pour la deuxième fois à un film de Lautner.

Leur première collaboration est restée à tout jamais dans les annales : Les tontons flingueurs, film noir hilarant où les gangsters ont de belles manières et le sens de la formule (la moitié des répliques sont restées dans les mémoires aujourd'hui encore alors qu'on fête son 50e anniversaire), restera probablement le film le plus connu de Georges Lautner (à son grand dam). En plus de réunir un casting 5 étoiles : Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche..., il condense tout ce qui fait le sel du cinéma de Lautner : personnages charismatiques, sens de la formule, intrigue centrale prétexte à de nombreux rebondissements décalés, gros plans qui mettent en valeur le jeu des acteurs, découpage serré qui dynamise l'action...

Dans le genre, le cinéaste signera un autre film culte, Les barbouzes, qui réunit à nouveau les acteurs des Tontons, et leur adjoint la blonde Mireille Darc, véritable égérie de Lautner (on la retrouve dans Ne nous fâchons pas, Galia, Les pissenlits par la racine, La grande sauterelle...).

Le succès de Lautner se confirme dans les années 70 avec Il était une fois un flic, La valise, Quelques messieurs trop tranquilles... Après avoir offert un rôle à Jean Gabin dans Le Pacha, le réalisateur continue de tourner avec les plus grands : Jean-Pierre Marielle, Jean Yanne, Pierre Richard, Alain Delon et même Jean-Paul Belmondo avec lequel il se lie d'amitié. Les deux hommes tourneront ensemble Flic ou voyou, Le professionnel, Le Guignolo, Joyeuses Pâques...

Le succès de Lautner se dément un peu dans les années 80 où il alterne échecs commerciaux et succès relatifs. Fidèle à lui-même, il tourne avec Aldo Maccione (Le cow-boy), Michel Serrault (La cage aux folles 3), Patrick Bruel (La maison assassinée), Jean Carmet (L'invité surprise), Michel Galabru (Room service), et même Robert Mitchum (Présumé dangereux). En 1992, il met un terme à sa carrière (une quarantaine de films en 60 ans) avec L'inconnu dans la maison, librement adapté du roman de Georges Simenon, et qui sera une déception d'un point de vue commercial. Depuis, il s'était retiré à Grasse, dans un moulin appartenant à sa famille.

Malmené par la critique tout au long de sa carrière, Georges Lautner avait pourtant offert ses lettres de noblesse à un genre, la série B, qui a depuis inspiré plusieurs générations de cinéphiles et de réalisateurs. Aussi, peut-être serait-il légèrement ironique devant le torrent d'éloges qui accompagnent l'annonce de son décès : Aurélie Filipetti, ministre de la Culture, voit en lui un "inoubliable scénariste et réalisateur de grands films rassembleurs" ; "Il a fait tourner les plus grands et rire tout le monde. C'était un homme délicieux, d'une modestie charmante et d'un métier sûr. Merci, Georges", souligne Gilles Jacob ; Philippe Labro, journaliste, romancier et cinéaste, salue le "formidable professionnel qui est allé au plus grand public" ; le Premier ministre Jean-Marc Ayrault fait quant à lui part de sa "grande tristesse" face à la mort de celui dont le "cinéma fut le modèle du cinéma populaire, que des générations de Français connaissent en le redécouvrant toujours avec bonheur car il est profondément ancré dans notre patrimoine cinématographique".

Ceux qui l'ont bien connu ne sont pas en reste : Claude Rich se souvient avec émotion de celui qui le fit tourner dans Les tontons flingueurs : "Georges Lautner était un metteur en scène du rire de qualité, avec à son actif des films comiques et amusants mais jamais vulgaires" et rappelle que personne "ne s'imaginait décrocher un tel succès. On pensait que ça resterait un film de série B. On s'est rendu compte très vite que ça devenait un film important". "Merci Georges, le cinéma est bien triste ce soir" a de son côté déclaré Patrick Bruel qui avait joué dans La maison assassinée en 1987.

Mais la meilleure oraison funèbre figurait déjà en filigrane dans Le monocle rit jaune en 1964. Aussi, paraphrasant à la fois Bossuet et Audiard,  conclurons-nous par ces mots : "Ô nuit désastreuse, Ô nuit effroyable où retentit tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle, Georges Lautner se meurt, Georges Lautner est mort. Aujourd'hui, le panthéon cinématographique, par les milliers de témoignages qui affluent, l'accueille pour l'éternité."

Denys de La Patellière, cinéaste populaire d’une France disparue (1921-2013)

Posté par vincy, le 21 juillet 2013

denys de la patelliere

Né Denys Dubois de la Patellière, Denys de La Patellière, né le 8 mars 1921 à Nantes, est décédé dimanche à l'âge de 92 ans. Il a signé de grands succès populaires dans les années 50 et 60, avec un style efficace, mais sans distinction. Face à la Nouvelle Vague et aux films de Gérard Oury, son cinéma n'a pas marqué. Mais grâce à quelques bons scénarios et un sens du casting rare, il a su conquérir le public.

Après la guerre, alors qu'il se destinait à une carrière dans l'armée, il décide de faire du cinéma. Engagé comme ouvrier développeur dans un laboratoire, puis monteur aux "Actualités françaises", il est ensuite second assistant réalisateur puis premier assistant. Il réalise son premier film en 1955, Les aristocrates avec Pierre Fresnay.

Il dirigera les plus grands comédiens français : Jeanne Moreau et Danielle Darrieux dans Le salaire du péché (1956), Michèle Morgan et Daniel Gélin dans Retour de manivelle (1957), Jean Gabin, Pierre Brasseur et Bernard Blier dans Les grandes familles (1958), Jean Gabin et Claude Brasseur dans Rue des prairies (1959), Jean Gabin et Mireille Darc dans Du rififi à Paname (1965), Jean Gabin, Michèle Mercier et Robert Hossein dans Le Tonnerre de Dieu (1965), Fernandel (seul acteur qui lui posa quelques soucis) et Philippe Noiret dans Le voyage du père (1966), Jean Gabin et Louis de Funès dans le culte Le tatoué (1968) et Robert Hossein et Claude Jade dans Prêtres interdits (1973), son dernier film de cinéma.

Avec Gabin en acteur fétiche et Michel Audiard comme scénariste le plus fidèle, De La Patellière signe de nombreux films aux dialogues savoureux. Côté réalisation, seuls trois films se détachent : Les yeux de l'amour avec Danielle Darrieux, Jean-Claude Brialy et Françoise Rosay en 1960 ; Un taxi pour Tobrouk, énorme succès public, Grand prix du cinéma français 1961, avec Hardy Krüger, Charles Aznavour et Lino Ventura qui devint une star grâce à ce film ; le délicieux remake de Caroline Chérie (1968).

Denys de La Patellière aura aussi marqué les esprits en coréalisant avec Noël Howard, sur un scénario de Raoul Lévy, Jacques Rémy, et Jean-Paul Rappeneau, l'adaptation du légendaire Le Livre des merveilles de Marco Polo. Grosse production internationale, La Fabuleuse Aventure de Marco Polo sort en 1965.

"J'étais un metteur en scène commercial et ce n'est pas pour moi un mot péjoratif. Je n'avais pas l'ambition de faire une oeuvre mais de réaliser des spectacles et d'intéresser les spectateurs", déclarait en 2002 le père d'Alexandre de la Patellière (coauteur et coréalisateur du Prénom) et de Julie de la Patellière (romancière reconue) et de trois autres enfants.

Après 1973, il avait continué sa carrière sur le petit écran (Le comte de Monte Cristo, quelques Maigret, ...). Il avait aussi écrit un roman, "L'enfant évanoui" (Mercure de France, 2002). Lecteur impénitent (il a adapté de nombreux livres), connu pour être un "mec bien" dans la profession, il faisait preuve d'humilité quant à son travail. Il attribue d'ailleurs la notoriété de ses films à la popularité des comédiens, plus qu'à son propre talent. Pour les auteurs de la Nouvelle vague, il faisait un cinéma à la papa. "De nouveaux réalisateurs devaient se faire une place et ils n'avaient pas tort. Si on ne veut pas prendre de coups de poing, on ne monte pas sur le ring", déclarait-il au Figaro en 2002.

Il a disparu toujours aussi modeste, philosophe, sans amertume, discret. "J'ai eu une chance formidable de faire le métier que j'aimais et d'en vivre. Mes films ne seront jamais cultes mais je ne serai pas le seul".

Claude Pinoteau (1925-2012) : silencieux à tout jamais

Posté par vincy, le 6 octobre 2012

Claude Pinoteau, né le 25 mai 1925, est mort hier, le 5 octobre 2012 à Neuilly-sur-Seine. L'information a été confirmée par son agent Elizabeth Tanner. Il avait reçu le prix Louis-Delluc pour La Gifle en 1974.

Réalisateur de grands succès populaires comme La gifle avec Lino Ventura, Anne Girardot et la jeune Isabelle Adjani ou Le grand escogriffe avec Yves Montand, il avait réalisé son premier long métrage en 1973, avec Le silencieux, film d'espionnage modèle de cette époque, avec Ventura (son acteur fétiche avec qui il tourna la plupart de ses premiers longs métrages) et Suzanne Flon.

C'est surtout avec La Boum, sa suite et L'étudiante qu'il devint un cinéaste "bankable", tout en confirmant son incroyable flair pour les jeunes comédiennes en révélant Sophie Marceau qui le considérait comme son père de cinéma. Alternant comédies, polars et sur la fin de sa carrière des films plus romanesques, Pinoteau fit aussi découvrir au public Géraldine Pailhas dans La neige et le feu.

Après quelques échecs publics, il retrouva les faveurs des spectateurs en 1997 grâce à l'adaptation de la pièce moliérisée Les Palmes de Monsieur Shultz, avec Isabelle Huppert, Charles Berling et Philippe Noiret.

Malade, il ne tourna rien d'autre qu'un documentaire sur l'Abbé Pierre dans les années 2000.

Réalisateur, adaptateur, dialoguiste ou producteur, Claude Pinoteau avait pratiqué tous les métiers du cinéma. Il avait débuté comme accessoiriste et régisseur, avant de devenir assistant réalisateur de Jean Cocteau (Les Parents terribles), Jean-Pierre Melville (Les Enfants terribles), Max Ophüls (Lola Montes), Philippe de Borcas (Les tribulations d'un chinois en Chine), Henri Verneuil (Un singe en hiver, mélodie en sous-sol) et de Claude Lelouch (L'Aventure, c'est l'aventure).

Claude Pinoteau aimait par dessous tout filmer les contradictions sentimentales et les tourments émotionnels de la jeunesse. La grande Histoire lui servait souvent de prétexte pour raconter sa vision des rapports humains, loyaux mais souvent bousculés.

L’emmerdeur, un cas d’école?

Posté par vincy, le 23 décembre 2008

emmerdeur patrick timsit richard berryAvec L'emmerdeur, Francis Veber espérait encore avoir un film à un million d'entrées. En 9 films, il a séduit et fait rire 41 millions de spectateurs en France. Un seul, Le jouet, en 1976, n'a pas franchi les 2 millions d'entrées. Et seul Le jaguar, et ses 2,5 millions de fidèles, était considéré comme un fiasco pour le cinéaste. Tout est relatif.

Mais ce qui est absolu, c'est le fiasco financier du remake de L'emmerdeur. A l'origine le film, scénarisé par Veber, avait été réalisé par Edouard Molinaro. Sorti en 1973, le film réunissait Lino Ventura, Jacques Brel et Caroline Cellier. A Paris, 612 000 spectateurs en rient, et le total en France s'élève à 3 354 756 spectateurs. Cela en fait le cinquième film le plus populaire de l'année. Pour Molinaro, c'ests on plus gros succès depuis Hibernatus en 1969. Pour Lino Ventura, c'est la gloire intégrale, entre L'aventure c'est l'aventure et La gifle, tous au dessus des 3 millions de fans.

Le remake, réalisé par le scénariste d'origine, est la fausse bonne diée qui va coûter très cher. Dans un premier temps, Veber relance le concept au théâtre, à guichet complet. Dans un second temps, il convainc producteurs et distributeurs que L'emmerdeur peut renaître au cinéma, avec ce duo de scène : Richard Berry, populaire mais pas star, et Patrick Timsit, qui sort d'un fiasco cinématographique douloureux en 2005 avec L'Américain. Autrement dit, l'affiche n'avait rien à voir avec Ventura/Brel. Le premier était très populaire, le second une star incontestée dans la chanson.

On sort le grand jeu marketing. Un plan média qui n'épargne aucune émission de radio de grande écoute, aucun talk show télévisuel. Une affiche ringarde mais simple : le lettrage rouge et épais qui signifie en grosses lettres "comédie française", les deux comédiens, un fond blanc. Aucun travail graphique. On fait dans le basique, le déjà vu, le rassurant.

Puis TFM inonde le marché avec 595 copies, soit à peu près autant que Le jour où la terre s'arrêta. Au final, ce cumul d'impairs, ce lancement d'un autre temps, cette absence d'anticipation des désirs des spectateurs, ont entrâiné le crash désormais connu : 144 300 spectateurs en première semaine. 4e des nouveautés, 7e au classement général, 5e moins bonne moyenne par copie du Top 15 (mais la pire parmi toutes les nouveautés).

Autrement dit, même avec les fêtes, L'emmerdeur passera difficilement le cap des 350 000 entrées. Jamais Veber n'avait atteint de telles abysses. Plus grave pour TFM distribution, que TF1 cherche à vendre depuis plusieurs moi en vain (Quinta vient de se retirer des postulants), cela achève une année dramatique. Malgré 25 films sortis en 2008, le distributeur n'a attiré que 5,1 millions de spectateurs (à peine 3% de parts de marché) : ce qui le sitie en 11e place des distributeurs en France. Son plus gros (et unique) succès est sorti en mars dernier : Les femmes de l'ombre, avec à peine 850 000 spectateurs (53e succès de l'année). Ce qui ne veut pas dire que le catalogue est mauvais puisque récemment TFM a sorti The Visitor (200 000 curieux) et L'apprenti (Prix Louis Delluc du premier film). mais il est clairement mal exploité, au détriment des bons films.

Les 50 ans du cinéma marocain : Marrakech (1)

Posté par vincy, le 21 septembre 2008

marrakech.jpgLe cinéma marocain est né en 1958. Nous reviendrons sur les grands noms de son histoire, mais aussi sur l'affirmation de plus en plus nette d'un cinéma qui est devenu l'une des trois cinématographies les plus importantes en Afrique.

Mais le Maroc c'est aussi, et depuis longtemps, une terre d'accueil pour les tournages hollywoodiens et même français. Nous y reviendrons lors de l'étape à Ouarzazate.

Même si Casablanca a donné son nom à l'un des films les plus emblématiques de l'histoire du 7e Art, ce sont Tanger et Marrakech qui ont servi le plus souvent de décors aux réalisateurs occidentaux fascinés par ce monde arabe riche en couleurs.

Marrakech a ainsi été rendue célèbre par Alfred Hitchcock en 1955. Sur la place Jemaâ El Fna, Daniel Gélin se fait planter un couteau dans le dos et meurt dans les bras de James Stewart dans L'homme qui en savait trop.

Mais Marrakech a aussi été à l'image de nombreux films lorsque le Maroc était sous protectorat français. Notamment en 1934, Jacques Feyder, sur un scénario de Marcel Carné, y réalise Le grand jeu, avec Charles Vanel, Françoise Rosay et Marie Bell.

C'est aussi à Marrakech qu'une partie des plans de Shéhérazade (avec Anna Karina), du Grand Escroc (de Jean-Luc Godard, avec Jean Seberg), de 100 000 dollars au Soleil (de Henri Verneuil, avec Jean-Paul Belmondo et Lino Ventura), de L'homme qui voulait être roi (de John Huston, avec Sean Connery et Michael Caine) furent tournés, ou détournés. Dans les années 90, on notera juste le film "flower power" Hideous Kinky (Marrakech express), avec Kate Winslet.

C'est enfin à Marrakech que se tient le seul grand festival international de films du Maroc. Outil marketing pour attirer stars, touristes, investisseurs et donner une image glamour et jet-set à une ville globalement pauvre.

Mais, hormis Hitchcock, personne ne fut tenté par l'idée d'utiliser le labyrinthe de la Médina comme prétexte à scénario. Des films d'auteur confidentiels s'y tourneront. Mais l'essentiel des productions migrera vers Ouarzazate, dotée de studios d'envergure internationale. Etonnant pour une ville si cinégénique. Pas un James Bond. Juste une mention dans les périples d'Indiana Jones. Et un passage furtif dans Mamma Mia !, où Stellan Skarsgard traverse, à moto, la place Jemaâ El Fna. Toujours la même (en photo).

crédit photo : Marrakech (c) vincy thomas