Venise 2019 : Noah Baumbach, Steven Soderbergh, David Michôd et Netflix

Posté par kristofy, le 4 septembre 2019

L'année dernière, le Lion d'or du Festival de Venise avait été décerné  à Roma d'Alfonso Cuaron (qui aura ensuite quelques Oscars), soit pour le première fois une récompense de catégorie A pour un film uniquement diffusé sur la plateforme Netflix, sans qu'il puisse être vu par le public dans les salles de cinéma. Venise, contrairement a Cannes,  est encore cette année une vitrine promotionnelle pour Netflix, quitte a faire grincer des dents les exploitants...

Le directeur artistique Alberto Barbera expliquait dans Le Film Français: "Si Netflix propose un film, je ne vois pas quelles pourraient être les raisons de le refuser hormis sa qualité. Ce sujet est pour le moment d’actualité mais dans deux ou trois ans tout aura changé. C’est déjà, d’une certaine manière, une problématique du passé. Il est vrai toutefois qu’il y a un problème entre les circuits de salles et les plateformes. Mais on ne peut pas demander à un festival de prendre en charge un problème qui fait partie de l’industrie du cinéma dans sa globalité."

Dans Libération, François Aymé, président de l'Association française des cinémas Art et essai, répliquait que la Mostra faisait une erreur historique: "A Cannes, il y a deux ans, nombre de commentateurs considéraient que la présence de Netflix dans les grands festivals «sans conditions» faisait partie du «sens de l’histoire», comme si c’était un impératif, que tout était écrit d’avance et que la logique libérale non régulée devait forcément s’imposer. En 2019, pourtant, revirement de ces mêmes commentateurs qui considéraient que la sélection de Cannes (sans Netflix) était la meilleure depuis des années."

Face à la dictature de l'algorithme, qui parait-il renvoie Roma aux oubliettes et place Meryl Streep au centre de tout, Venise opte pour un non-débat. Deux films sont ainsi sélectionnés en compétition officielle : Mariage Story de Noah Baumbach (avec Adam Driver et Scarlett Johansson) et The Laundromat de Steven Soderbergh (avec Meryl Streep et Gary Oldman), et hors-compétition, The King de David Michôd (avec Timothée Chalamet, Joel Edgerton, Sean Harris, Ben Mendelsohn, Lily-Rose Depp, Robert Pattinson...). Ces cinéastes tout comme ces casting sont prestigieux, mais ces films ne seront visibles qu'en étant abonnés à Netflix. Le cinéma reproduit ainsi le business model des séries exclusives, devenant des fictions unitaires de longue durée.

Mariage story de Noah Baumbach, avec Adam Driver et Scarlett Johansson

Le début du film est particulièrement enthousiasmant avec chacun des personnages décrivant les petits défauts mignons et les grandes qualités de l'autre. Cela pose à la fois leur relation, en même temps que le sujet : ce couple va se séparer. On y retrouve le ton qui fait la particularité des meilleurs films passés de Noah Baumbach (en fait sa période 2005/2013 avec Les Berkman se séparent, Margot va au mariage, Greenberg, Frances Ha), mais malheureusement on se retrouve aussi face à une œuvre de qualité très inégale à l'instar des déceptions de ses films suivants (While We're Young, Mistress America, The Meyerowitz Stories déjà une production Netflix). Ce Mariage Story contient pourtant son lot de bonnes séquences amusantes, mais la moitié de l’histoire  se fourvoie dans le type de ‘film de combat d’avocats’ qui plombe l'ensemble. Les personnages de Scarlett Johansson et Adam Driver sont traités à égalité, jusqu’à avoir chacun une scène chantée (Driver repoussera la chansonnette dans le prochain Léos Carax, calé pour Cannes 2020). Ils sont tous les deux très bons individuellement, mais leur jeu est un peu moins convaincant dans leurs scènes communes. L’histoire aurait été en partie nourrie pour certains scènes par les divorces respectifs de Baumbach et Johansson, cette chronique d'un couple qui se sépare - en souhaitant que ça se passe au mieux pour l'autre - va se compliquer parce qu'ils vont se retrouver géographiquement à l'opposé (lui voulait rester a New-York, elle revient près de sa famille à Los Angeles). Le coût des dépenses pour venir régulièrement passer du temps avec leur enfant devient un enjeu... Si Adam Driver impressionne beaucoup (il est plutôt victime de la situation), on imagine que le film n'aurait pas été un énorme succès en salles. Tant mieux pour Netflix qui peut viser quelques nominations aux Oscars.

The Laundromat de Steven Soderbergh, avec Meryl Streep et Gary Oldman...

C’est la grande déception des films en compétition, au point de supposer qu'il a été sélectionné parce que cela permettait d’amener Meryl Streep et Gary Oldman sur le tapis rouge. Peut-être symptomatique d’une relation trop privilégiée entre Venise et Netflix. Des stars, le sujet de l’affaire des ‘Panama Papers’, Steven Soderbergh à la réalisation : tout était attirant sur le papier, mais c’est douloureusement raté. La caution Soderbergh a permis un casting de grands noms mais il y font pâle figure : Meryl Streep joue une candide un peu ridicule qui sert de fil rouge à l’ensemble du puzzle, Gary Oldman et Antonio Banderas se retrouvent là à faire les narrateurs de luxe du récit, Matthias Schoenaerts est venu se montrer le temps d’une séquence, Jeffrey Wright assure sa petite partie.

En fait, ce sont tout les autres noms pas connus qui relèvent le niveau. The Laundermart est structuré comme un film à sketchs (l'influence du film argentin Les nouveaux sauvages) avec une suite de différents courts-métrages reliés ensemble. Meryl Streep perd son mari noyé lors d’un accident de bateau, mais elle n’obtient pas de grosse compensation financière car l’assurance avait été rachetée par une autre compagnie, elle-même dépendant d’une autre société cachée : le film évoque là les montages de sociétés-écrans liées à d’autres sans aucune possibilité d'identifier un véritable responsable. Le film évoque certaines formes juridiques de compagnie (de type trust, holding, off-shore...) domiciliées dans des iles faisant office de paradis fiscaux, et s’attarde sur une en particulier, qui utilise le même nom sur des milliers de formulaires pour que ses clients restent anonymes. En fait peu de choses relie ce film aux ‘Panama Papers’, sauf à montrer que plein de gens utilisent ce système pour une évasion fiscale condamnable (à ne pas confondre avec le plus acceptable 'optimisation fiscale'). Parmi ces gens se trouvent autant d'individus louches (trafiquants de drogues, oligarques russes…) que de millionnaires américains qui financent les campagnes électorales. The Laundermart aligne surtout différentes historiettes fantaisistes autour de plusieurs personnages et leur rapport avec l’argent (un père de famille qui propose des bons au porteur à sa fille en échange de son silence à propos de son infidélité à sa mère, des chinois qui contournent des lois pour investir à l’étranger), le tout sous une forme de vaste farce. La première image du film indiquait pourtant avec un certain humour ‘based on actual secrets’, promesse non tenue, diffusion hors salles de cinéma et uniquement via Netflix. Logique. Le film peut cartonner côté algorithmes.

The King de David Michôd, avec Timothée Chalamet, Joel Edgerton, Sean Harris, Ben Mendelsohn, Lily-Rose Depp, Robert Pattinson...

Au 15ème siècle, les Anglais sont en guerre contre les écossais, et le roi Henri IV, malade, se meurt. Il désigne le cadet de ses deux jeunes fils pour lui succéder, mais celui trouvera vite la mort pour avoir voulu s'imposer sur un champs de bataille. L'autre fils, l'aîné, qui d'ailleurs ne voulait pas vraiment être roi et qui se gardait à distance de la cour, va alors devoir être couronné sous le nom d'Henry V, incarné par Timothée Chalamet, le héros du film (et la star montante du moment). Entre intrigues de palais avec les religieux, ses conseillers, son fidèle compagnon d'antan, et surtout ce qui semblent être des provocations en provenance de la France, il va devoir réagir et agir : une guerre avec le royaume de France va commencer... The King coécrit par les australiens David Michôd et Joel Edgerton s'inspire à la fois de la pièce Henri IV de Shakespeare, de recherches historiques et d'inventions scénaristiques pour un gros film médiéval conduisant à une bataille épique avec une centaine de figurants dans la boue. Le film évoque les coulisses de la royauté aussi bien que des stratégies de guerre, mais c'est aussi une réflexion sur le pouvoir et son usage. Pour le coup, c'est dommage que The King soit réservé aux abonnés Netflix car le film aurait mérité d'être vu sur les grands écrans des salles de cinéma... A défaut, il peut lui aussi viser quelques Oscars et contribuer à la notoriété de Chalamet.

Timothée Chalamet, Joel Edgerton et Robert Pattinson tournent « The King » pour Netflix

Posté par vincy, le 1 juin 2018

Timothée Chalamet (Call Me By Your Name) et Joel Edgerton sont rejoints par Robert Pattinson, Sean Harris, Ben Mendelsohn et Lily-Rose Depp pour le film The King, contenu original destiné à Netflix. Tom Glynn-Carney et Thomasin Harcourt McKenzie sont aussi au générique.

Le tournage commence aujourd'hui au Royaume-Uni. David Michôd, qui avait déjà réalisé le très inégal War Machine (avec Brad Pitt) pour la plateforme, s'est inspirés des pièces de William Shakespeare, Henri IV et Henri V. Chalamet incarnera le Prince Hal (Henri V), défiguré dans sa jeunesse, qui hérite de la couronne en pleine Guerre de Cent ans, et doit apprendre à être roi, guidé par son ami le plus proche, Falstaff (Edgerton).

Robert Pattinson interprètera un prince français, le Dauphin, tandis que Mendelsohn sera Henri IV, et Lily-Rose Depp la princesse française Catherine de Valois, qui épousera Henri V.

Produit par Plan B (Brad Pitt), le réalisateur et Joel Edgerton, qui signent tous deux le scénario, le film sera diffusé sur la plateforme en 2019.

Henri V a été incarné au cinéma par Laurence Olivier, Kenneth Branagh et Tom Hiddleston. Timothée Chalamet, nommé aux Oscars pour son rôle dans Call Me By Your Name, et à l'affiche de Lady Bird et Hostiles cet hiver, est attendu dans Beautiful Boy de Felix Van Groeningen avec Steve Carell, pressenti pour Venise.

10 nouvelles actrices qui feront le cinéma de 2017

Posté par kristofy, le 9 mars 2017

Parce que l'on ne croit pas qu'une seule journée suffise à réaffirmer les droits des femmes, c'est toute l'année que nous avons envie de mettre en lumière le travail des femmes qui contribuent à faire du cinéma mondial un art puissant, mais aussi (il n'est pas inutile de le rappeler), une force économique tout sauf négligeable. En ce lendemain du 8 mars, nous nous penchons donc sur les 10 actrices découvertes récemment et qui feront le cinéma de demain. En attendant de parler des réalisatrices, des scénaristes et des productrices à suivre.

Haley Bennett : son nom reste inconnu et c’est complètement injuste : rien qu’en 2016 elle était dans les films Hardcore Henry, Les 7 Mercenaires, La Fille du train !

Son visage sera reconnu en 2017 sans doute puisqu’elle sera aux génériques de L'Exception à la règle de Warren Beaty, Song To Song de Terrence Malick, A Kind of Murder avec Patrick Wilson et Thank You For Your Service avec Miles Teller.

Sofia Boutella : parmi les françaises qui font carrière à Hollywood, il n’y a pas que Marion Cotillard, Eva Green, Léa Seydoux : il y a aussi Sofia Boutella dont le visage est différent d’un film à l’autre depuis le succès de Kingsman: Services secrets en 2015.

Depuis on pense à elle pour les films qui ont besoin d’une femme pour des scènes d’action, comme en 2016 Star Trek Sans limites. En 2017 on le verra dans The Coldest City (avec Charlize Theron et James McAvoy,) et surtout dans le très attendu La Momie face à Tom Cruise !

Lucy Boynton : on est tombé tout simplement tombé amoureux d’elle cette année dans Sing Street ! Le genre fantastique lui va bien aussi dans February et I Am The Pretty Thing That Lives In The House sortis en dvd/vod, à venir Don’t Knock Twice.

En 2017 on continuera d’être sous le charme (de son talent) avec Rebel In The Rye (avec Nicholas Hoult et Kevin Spacey) et Le Crime de l'Orient-Express (avec Kenneth Branagh, Daisy Ridley Daisy Ridley, Johnny Depp, Dench Judi Dench, Michelle Pfeiffer…).

Lily-Rose Depp : elle était la it-girl en train de grandir à l’ombre de ses parents stars, égérie d’une marque de luxe via sa mère Vanessa Paradis et une apparition dans le film Tusk dans lequel joue son père Johnny Depp… Elle a vite été adoptée par le cinéma qui l’a fait devenir actrice pour ses 16 ans. Après Tusk, son personnage et celui de sa meilleure amie Harley Quinn Smith sont devenues les héroïnes de Yoga Hosers de Kevin Smith (avec encore Johnny Depp, et une apparition de Vanessa Paradis…) pour se battre contre des clones de nazis en forme de mini-saucisses… (vu au BIFFF, sortie française en vod ce 13 mars).

Si Yoga Hosers n’est certes pas le meilleur film de Kevin Smith, c’est en tout cas pour le moment le meilleur de Lily-Rose Depp. On la voit même chanter et faire des combats… Sa révélation se fera en France avec ses deux films suivants, d’abord au Festival de Cannes où elle accompagne l’équipe de La Danseuse de Stéphanie Di Giusto (avec SoKo) puis en novembre, c’était la sortie de Planétarium de Rebecca Zlotowski (avec Natalie Portman). On attend de la revoir dans un autre film, avec ou sans saucisses de petite taille.

Bella Heathcote : vénéneuse, la comédienne Australienne séduit avec un beau cv : Time out de Andrew Niccol, Dark shadows de Tim Burton, Cogan de Andrew Dominik (vu à Cannes)… Elle se révèle en 2016 dans Orgueil et Préjugés et Zombies et The Neon Demon de Nicolas Winding Refn.

En 2017 elle sera dans le biopic Professor Marston and The Wonder Women, et aussi dans les suites sulfureuses Cinquante nuances plus sombres et Cinquante nuances plus claires

Riley Keough : son grand-père est le king du rock ‘n roll Elvis Presley et sa première apparition à l’écran est dans le biopic rock Les Runaways mais c’est le cinéma indépendant qui ne peut plus se passer d'elle : Dixieland au Festival de Deauville 2015, amoureuse de Juno Temple dans Jack and Diane, Kiss of the Damned, qui est un film de Alexandra Cassavetes, et en 2015 le blockbuster Mad Max: Fury Road

En 2016 elle a beaucoup tourné et elle nous a impressionné surtout dans le rôle principal de la série The Girlfriend Experience (avec d’ailleurs une nomination au Golden Globe) et à Cannes dans American Honey (sortie le 8 février) : en 2017 elle sera dans Logan Lucky de Steven Soderbergh et Under the Silver Lake de David Robert Mitchell.

Sophie Nélisse : dès son premier rôle dans Monsieur Lazhar elle a reçu à 11 ans deux prix d’interprétation au Canada, puis quatre autres prix aux Etats-Unis à 12 ans pour La Voleuse de livres (avec Geoffrey Rush et Emily Watson). L’adolescente confirme son talent précoce en 2016 dans La Fabuleuse Gilly Hopkins et L'Histoire de l'Amour de Radu Mihaileanu.

Elle est épatante dans Mean Dreams découvert à Cannes puis à Deauville, et qui sortira en avril 2017. En mars 2017, on pourra également la retrouver dans 1:54 avec Antoine-Olivier Pilon (Mommy), suivra ensuite Wait Till Helen Comes avec Maria Bello.

Angourie Rice : elle avait 15 ans en 2016 à Cannes où elle était venue présenter The Nice Guys de Shane Black avec Ryan Gosling et Russell Crowe. On peut donc dire que sa carrière est bien lancée !

Cette année (à nouveau sur la croisette ?), elle sera dans The Beguiled le remake des Proies de Don Siegel par Sofia Coppola et dans le reboot de Spider-Man: Homecoming de Jon Watts, avec Tom Holland dans le rôle de Peter Parker.

Ruby Rose : son charisme a relancé l’intérêt de Orange is the new black quand elle a intégré la série, au point d’enchaîner juste après les tournages musclés.

Début 2017 elle est en effet à l’affiche de xXx : Reactivated avec Vin Diesel, Resident Evil: chapitre final avec Milla Jovovich, et John Wick 2 avec Keanu Reeves !!!

C'est définitif, Rose is the new star.

Anya Taylor-Joy : la femme-enfant inquiète et inquiétante de 2016 c’est elle : The Witch et Morgane.

Et en 2017, c'est encore elle avec Split de M. Night Shyamalan en février puis à venir Marrowbone

Cabourg 2016 : La Danseuse, premier film ambitieux et miraculeux

Posté par kristofy, le 12 juin 2016

la réalisatrice Stéphanie di Giusto venue avec l’actrice Mélanie Thierry

La danseuse premier long-métrage épatant de Stéphanie di Giusto était en compétition à Un Certain regard au dernier festival de Cannes. Le film est également en compétition internationale donc au Festival de Cabourg, avant, on l'espère, un joli succès pour sa sortie en salles programmée au 28 septembre.

Il s’agit de l’adaptation en images d’un récit de la vie de Loïe Fuller, à l’orée des années 1900. La chorégraphe se met en scène dans des numéros de danse avec grande robe en voile et jeux de lumières, dont la ‘danse serpentine’, passée à la postérité. Le film évite le piège du biopic balisé mais raconte quand-même un parcours fait d’élévation vers le succès puis de chute, et surtout, il montre la passion presque folle d’une danseuse pour son art. Elle est parfois naïve, entêtée, souffrante, renfermée sur elle-même tout en brulant de l’intérieur : Soko est devenue Loïe Fuller, jusqu’à reproduire les mêmes danses à l’image. Autour d’elle un casting 4étoiles : Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp, François Damiens, et la participation de Louis-Do de Lencquesaing, Denis Ménochet et même Amanda Plummer, sans oublier Benoît Debie à la direction de la photographie et Carlos Ponti pour la direction artistique des décors.

"Des gestes comme la disposition des mains ou comme des regards c’était écrit."

Stéphanie di Giusto est venue, avec l’actrice Mélanie Thierry, à Cabourg pour présenter La danseuse, et aussi évoquer un long parcours :

« Ce film est un miracle, il représente 6 années de vie. Faire un premier long-métrage, un film d’époque en costume, avec en premier rôle quelqu’un comme Soko qui n’est pas une star populaire du cinéma, un projet qui coûte cher : tout ça explique 6 ans de préparation. Le projet s’est arrêté car des financiers ont eu peur, pour simplifier ça représente 3 ans d’écriture et 3 ans de production. Le scénario suit la véritable histoire de Loïe Fuller, plutôt une partie de son histoire même si j’ai pris quelques libertés parfois avec certains personnages comme pour son père et sa mère. J’ai eu 45 jours de tournage, et quand on a commencé à tourner il manquait un peu d’argent, et mis à part une semaine en Tchéquie pour le décor reconstitué des Folies Bergères comme à l’époque en fait tout a été tourné en France, même la séquence dans l’ouest américain ça a été tourné en France dans la région du Vercors. Je voulais Soko absolument pour ce rôle, je voulais aussi ces autres acteurs et actrices comme Mélanie Thierry, et je me suis battu pour les avoir. Le scénario était très très écrit, des gestes comme la disposition des mains ou comme des regards c’était écrit. Et Mélanie Thierry est une des meilleures actrices pour faire passer beaucoup de choses avec ses yeux et des regards. Il n’y a aucun effet spécial numérique, et je suis fière de ça. Pour les performances de danse avec la lumière projetée on a tourné ça en essayant de retranscrire la magie de 1900, et c’est vraiment Soko qui danse. »

Ce premier long-métrage de la réalisatrice montre une ambition et un rendu qui surclasse beaucoup d’autres films français… On peut déjà espérer à La danseuse des nominations pour la prochaine cérémonie des César.

[L'instant Glam'] Cannes 2016 – Jour 3: Juliette oh ma Juliette…

Posté par cynthia, le 13 mai 2016

Oyé oyé cinéphiles, orages, cheveux ébouriffés et glamour ont été les maîtres mots de cette troisième journée à Cannes. Le vent a soufflé à en exhiber les culottes de ces dames.

Le film Ma Loute a été à l'honneur sur le tapis rouge. Et question honneur Juliette Binoche le représente avec une classe indéfinissable! La belle brune incendiaire a montré qu'elle ne comptait pas pour des prunes en affichant sa beauté quinquagénaire dans une robe noire drapée et illustrée par un maquillage assorti à sa tenue. Bon Cristina Cordula n'aurait pas aimé, mais nous on s'en foutn c'est Juliette Binoche, et Juliette Binoche est radieuse! On ne peut pas en dire autant de Valeria Bruni-Tedeschi qui a confondu ses dessous avec sa robe. Couverte de dentelle transparente, on s'est même demandé comment Fabrice Luchini a gardé son sang-froid à ses côtés. Parlons-en de Fabrice Luchini justement. Il était tout en élégance sur le tapis rouge tout comme Blake Lively (toujours) qui squatte la Croisette et envoie des photos sur Facebook toutes les 15 minutes... Quelque chose nous dit qu'elle est ravie d'être là.

Celle qui doit être moins ravie c'est Soko, venue présenter le film La Danseuse elle va devoir se farcir son ex (aka Kristen Stewart pour les incultes) dans les soirées pendant la durée du festival... Franchement, ça la met mal. Déjà qu'un apéro avec son ex, ce n'est généralement pas la joie mais alors un festival...
Aux côtés de la chanteuse/actrice/trash, on a aperçu le fruit de l'amour (car il y en avait avant Amber Heard) entre Johnny Depp et Vanessa Paradis: Lily Rose Depp. Toute de noire vêtue elle a embrasé le red carpet tandis que Melanie Thierry faisait la gueule aux côtés de Gaspard Ulliel. Comment peut-on faire la tranche à côté de cette bombe sexuelle aux yeux de braise? Qu'on arrache notre robe, qu'on lui arrache son costume, qu'on se caresse les tétons je peux comprendre mais qu'on fasse la gueule?

Ce qui faisait également la gueule sur le tapis rouge c'était la coiffure de Sabine Azema. L'humidité a dominé son opulente chevelure de feu au point qu'on voulait déposer un 49.3 dans la face de son coiffeur...!

En attendant le rêve, espérons que nos stars du grand écran continuent de nous faire rire durant le festival! Mais il ne faudrait pas qu'elles oublient que ce 69e festival a le climat changeant.

BIFFF 2016 : Kevin Smith, Les Visiteurs et les cinémas asiatiques et espagnols à l’honneur

Posté par kristofy, le 14 mars 2016

Le 34ème BIFFF (Bruxelles International Fantastic Film Festival) se déroulera du 29 mars au 10 avril: chaque année Bruxelles se transforme en capitale du fantasy, thriller, science-fiction, zombies et autres films du genre mais-pourquoi-est-il-si-méchant-? dans une ambiance festive.

L’invité d’honneur du BIFFF qui deviendra Chevalier de l’Ordre du Corbeau (l’hommage du festival) est d’ailleurs un des plus gros fans de ce type de films et l'un des réalisateurs les plus fantasques de ces dernières années (des religieux tortionnaires dans Red State, un homme mutilé en morse dans Tusk…) : Kevin Smith viendra présenter en avant-première Yoga Hosers (après le festival de Sundance en janvier). En vedette les actrices Harley Quinn Smith (sa fille) et Lily-Rose Depp (la fille de Johnny Depp et Vanessa Paradis, qui font d’ailleurs une apparition dans le film). Elles avaient toutes deux fait leur première apparition au cinéma dans le film précédent du cinéaste, Tusk. Elles reprennent leurs rôles dans Yoga Hosers, cette fois-ci centré sur elles : les deux amies seront invitées à une soirée plutôt démoniaque...

Parmi les autres invités il y aura l’espagnol Javier Luiz Caldera (Grand prix du BIFFF 2013 pour Ghost Graduation) avec son nouveau film Anacleto, Agente Secreto (un genre de Kingsman), le coréen Ryoo Seung-wan (No Blood No Tears et Arahan c’était lui) avec ses polars Veteran et The Unjust, l’autrichien Hartl Dominik pour Attack of the Lederhosenzombies, la réalisatrice taïwanaise Hsieh Lingo et son angoissant The Bride, l’actrice chinoise Bai Ling pour le film parodique ABC’s of Superheroes

Les films asiatiques seront encore une fois très nombreux et prestigieux: Ghost Theater de Hideo Nakata, Tag et aussi The Virgin Psychics les derniers films de Sono Sion, Yakuza Apocalypse de Takashi Miike, The Strange House de Danny Pang, Memories of the sword avec  Lee Byung-hun, le succès chinois Monster Hunt, les thrillers coréens The Deal de Son Young-ho, The Exclusive : Beat the Devil’s Tattoo de Roh Deok, The Phone de Kim Bong-joo, The Tattooist de Lee Seo, la curiosité The Beauty Inside de Baek Jong-yeol, le film d’animation Seoul Station de Yeon Sang-ho, l’adaptation du manga japonais I am a Hero par Shinsuke Sato…

Les films espagnols seront aussi bien présents avec El Cadaver de Anna Fritz de Hector Hernandez Vicens, El Desconocido de Dani de la Torre, Segon Origen de Carles Porta, Summer Camp de Alberto Marini... Et bien d'autres films en provenance d'Argentine, du Méxique, de Suède... Du côté français, la production de films fantastiques étant assez faible, on se contentera de The End de Guillaume Nicloux (avec Gérard Depardieu, qui était au festival de Berlin et qui ne sortira qu'en vidéo à la demande en France) et, gloups, Les Visiteurs:la Révolution (avec Christian Clavier et Jean Réno de retour dans les couloirs du temps)... C'est dire le niveau de fantaisie dans l'Hexagone.

Chaque jour des films très attendus feront l’évènement : 31 de Rob Zombie (qui a secoué le festival de Sundance), The Invitation de Karyn Kusama, Hardcore Henry (filmé en caméra subjective façon fps), The Wave du norvégien Roar Uthaug, Into the Forest avec Ellen Page et Evan Rachel Wood, aussi Green Room de Jeremy Saulnier (découvert à Cannes puis Deauville) et The Survivalist de Stephen Fingleton (que nous avions rencontré à Dinard)... Le BIFFF s'ouvrira avec Orgueil et Préjugés et Zombies et pour la clôture le tout nouveau Alex de le Iglésia, Mi gran noche.

Et pour vous mettre en appétit de ce BIFFF 2016 en voici un avant-goût :

___________

34e édition du Brussels International Fantastic Film Festival
Du 29 mars au 10 avril 2016, au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles
Infos et programmation sur le site de la manifestation