Rencontre avec Tony Gatlif au cinéma La Clef

Posté par MpM, le 14 octobre 2010

A l'occasion de la projection de son film Liberté (sorti sur les écrans début 2010), Tony Gatlif sera présent au cinéma La Clef vendredi 15 octobre à 20h. L'occasion pour lui de répondre aux questions des spectateurs et de revenir sur le sujet du film, l'histoire et la persécution des Tsiganes en France pendant l'Occupation.

Il serait étonnant que le cinéaste n'en profite pas également pour aborder la nouvelle vague de stigmatisation qui touche le peuple rom depuis cet été, peuple qu'il connaît bien pour l'avoir filmé sans relâche depuis près de 30 ans.

A noter que le 17 octobre, une autre réalisatrice, Jocelyne Lemaire Darnaud, viendra parler d'un sujet de société tout aussi actuel, la finance "éthique", à l'issue de la projection de son film Moi, la finance et le développement durable.

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Horaires et informations sur le site de la Clef

Jafar Panahi, membre du jury cannois … et ce n’est pas que pour la forme.

Posté par MpM, le 15 avril 2010

jafar_panahi.jpgLors de la conférence de presse du 63e Festival de Cannes, Gilles Jacob a annoncé que le réalisateur iranien Jafar Panahi était invité à se joindre au jury présidé par Tim Burton. "Ce n'est pas qu'une invitation pour la forme" a-t-il déclaré. Une manière élégante de faire pression sur le régime de Téhéran en montrant que le Festival n'abandonnerait pas celui qu'il avait révélé en 1995 avec le Ballon blanc (Caméra d'or).

Jafar Panahi est en effet détenu depuis le 1er mars dernier à la prison d'Evin (voir notre actualité sur le blog). Le ministre iranien de la Culture a confirmé mercredi qu'il avait été arrêté pour avoir préparé un film "hostile" au régime.  "Ce metteur en scène préparait un film contre le régime portant sur les évènements post-électoraux", a-t-il précisé, faisant allusion aux différentes manifestations d'opposition ayant suivi la réélection du président Ahmadinejad . C'est la première fois qu'un responsable officiel s'explique sur la détention du réalisateur.

Avec cette invitation, c'est donc une sorte de bras de fer diplomatique qu'a entamé le Festival de Cannes. De tout temps, le festival le plus célèbre de la planète a pris le parti des artistes opprimés, n'hésitant jamais à sélectionner un film touché par la censure de son pays comme c'était encore le cas en 2009 avec Lou Ye et Nuit d'ivresse printanière.

Gilles Jacob a d'ailleurs souligné l'importance du combat de Jafar Panahi, "un symbole pour la liberté des artistes". Début 2010, d'autres festivals, parmi lesquels Berlin et Vesoul, avaient manifesté leur soutien au cinéaste mais ce dernier, privé de son passeport, n'avait pu se déplacer. La notoriété planétaire du Festival de Cannes fera-t-elle la différence ? Le durcissement du régime iranien opéré ces derniers mois n'invite pas à l'optimisme, mais au moins l'initiative du Festival de Cannes permet-elle d'affirmer haut et fort que le monde n'oublie pas Jafar Panahi.

Jafar Panahi arrêté pour avoir préparé un film « hostile au régime »

Posté par MpM, le 3 mars 2010

Deux sites internet iraniens (Rehesabz.net, proche de l'opposition, et Tabnak, favorable aux conservateurs) ont levé le mystère sur le "délit" qui a valu une nouvelle arrestation à Jafar Panahi et à plusieurs de ses proches. D'après ces sources, reprises par l'AFP, le réalisateur préparait en effet un film sur les manifestations post-électorales en Iran, ce qui a été jugé  "hostile au régime".

Contrairement à ce qu'affirmait le procureur de Téhéran, Jafar Panahi a donc bien été arrêté pour des raisons politiques, parce qu'il est un artiste tentant de se faire entendre dans un pays qui ne supporte aucune critique. En cherchant à réduire au silence celui qui rêvait d' "être la voix de l'Iran dans le monde", les autorités iraniennes envoient un message fort : personne n'est intouchable, pas même un réalisateur à la renommée internationale.

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Voir aussi actualité du 2 mars 2010

Nouvelle arrestation du cinéaste iranien Jafar Panahi

Posté par MpM, le 2 mars 2010

jafar panahiLe procureur général de Téhéran a confirmé l'arrestation du cinéaste iranien Jafar Panahi lundi soir, alors qu'il était en compagnie de sa femme, de sa fille et de plusieurs invités. C'est le fils du réalisateur qui a donné l'alerte, précisant qu'une perquisition et des saisies ont eu lieu suite à cette arrestation. Toutefois, selon le procureur, "Jafar Panahi n'a pas été arrêté parce que c'est un artiste ou pour des raisons politiques. Il a commis un délit et a été arrêté sur ordre du juge en compagnie d'une autre personne." Une enquête serait en cours, mais on ignore encore ce qui lui est officiellement reproché.

Jafar Panahi, chef de file de la Nouvelle vague iranienne et récompensé dans tous les grands festivals internationaux (Caméra d'or à Cannes, Lion d'or à Venise, Ours d'argent à Berlin...), est un soutien fidèle de l'opposition au régime du président Ahmadinejad. Il avait notamment soutenu Mir Hossein Moussavi lors de la présidentielle, et s'est fait brièvement arrêter à l'été 2009 pour avoir assisté à une cérémonie à la mémoire de Neda, jeune manifestante tuée lors des manifestations de protestations contre la réélection d'Ahmadinejad.

Depuis sa participation au Festival de Montréal, où il avait réaffirmé sa solidarité avec l'opposition en arborant la couleur verte des manifestants, Jafar Panahi s'est vu interdire de quitter le territoire iranien. Il n'a ainsi pu assister ni au festival de Vesoul, qui lui remettait un Cyclo d'honneur pour son engagement en faveur de la liberté, ni à celui de Berlin (voir actualité du 16 février 2010) , dont il était pourtant l'invité d'honneur.

En cette période de forte répression, l'arrestation de Jafar Panahi trahit l'intransigeance du régime iranien, bien décidé à ne pas céder un pouce de terrain à ses opposants, et provoque une nouvelle fois l'inquiétude et la colère des défenseurs des droits de l'homme.