lee byung hun » Le Blog d'Ecran Noir

3 raisons d’aller (re)voir JSA de Park Chan-wook

Posté par kristofy, le 27 juin 2018

En ce moment la France se redécouvre une nouvelle passion pour le foot à travers la Coupe du monde à la télévision. Dans les bars où avec des amis, on partage une certaine ferveur pour les joueurs de l'équipe de France : certains évoquent la célèbre année 1998 où la France est devenue championne du monde quand d'autres étaient trop jeunes à cette période... Il s'est passé le même genre de phénomène au début des années 2000 au cinéma : une nouvelle vague de cinéastes de Corée du Sud déferlait et leurs films sortaient dans nos salles de cinéma avec succès.

C'est en fait Park Chan-wook est qui est devenu le pionnier de cette nouvelle vague coréenne avec JSA (ses films suivants Old boy, Thirst, Mademoiselle feront frissonner ensuite le Festival de Cannes...). JSA avait d'ailleurs reçu en France plusieurs récompenses de l'ex Festival asiatique de Deauville avant d'être disponible dans un beau coffret DVD, mais n'avait pas connu la belle sortie au cinéma qu'il méritait. C'est désormais - enfin! - chose faite : le film arrive sur les grands écrans, dans une version restaurée 4K.

- la reconnaissance du cinéma sud-coréen : Après l'impact du film d'action Shiri en 1999 (avec Choi Min-sik et Song kang-ho, stars en devenir notamment chez Park Chan-wook...), il y avait eu cet autre "plus gros succès du cinéma coréen" (du moment) : JSA de Park Chan-wook, avant l'invasion des Kim Ki-duk, Kim Jee-woon, Bong Joon-ho, Ryu Seung-wan, Na Hong-jin... Leur influence va peu à peu s'étendre sur tout le cinéma mondial.  Avec Old boy, Park Chan-wook est couronné d'un Grand Prix du jury de Quentin Tarantino à Cannes, Kim Ki-duk sacré Lion d'or à Venise par le jury de Michael Mann pour Pieta, la romance ado My sassy girl a été l'objet d'un remake américain (réalisé par le français Yann Samuell), tout comme Old Boy, Bong Joon-ho fut le premier a être coproduit par des américains pour Snowpiercer le Transperceneige et Okja, le thriller de psychopathe-qui-donne-des-coups-de-marteaux est devenu un genre de plus en plus violent avec The Chaser et J'ai rencontré le diable... Qu'il s'agisse du film catastrophe à grand spectacle (The tower, The last day, Pandémie, The Tunnel...) ou de film de combats en costumes d'époque (2009:Lost memories, Le roi et le clown, The Admiral:Roaring Currents...) le savoir-faire coréen tend à surpasser les productions américaines. Et tout a commencé symboliquement quand un large public sud-coréen a fait de JSA un énorme succès (près de 6 millions d'entrées en 2000).

- l'actualité de la frontière entre Corée du Sud et Corée du Nord : La péninsule coréenne a subi plusieurs occupations étrangères de son territoire (par les japonais, les soviétiques, des américains...) et depuis 1945 la Corée a été divisée en deux pays devenus ennemis. Au début de l'année 2000, JSA, de par son succès, est l'une des premières oeuvres qui fait de cette frontière non seulement un élément de décor déterminant mais qui envisage aussi une possible réunification des deux pays en guerre dans le futur... Justement cette année 2018 révèle à quelques mois d'intervalles deux autres films sur ce sujet de division/réunification des deux Corées : Gongjak, the spy gone north qui était en séance de minuit à Cannes et In-Rang: Jin-Roh, la brigade des loups de Kim Jee-woon. La politique a depuis rattrapé la fiction en avril  la poignée de main historique entre le dirigeant du Nord et celui du Sud, puis en juin la rencontre entre celui du Nord avec son ex-ennemi le président des USA en prélude a une éventuelle dénucléarisation de la péninsule : le fin de la guerre ? Justement dans JSA, film d'anticipation qui rappelle que la réalité rejoint parfois la fiction, il s'est passé quelque chose dans la zone commune de sécurité (la Joint Security Area) à la frontière qui divise les deux Corée : des soldats de l’armée nord-coréenne sont retrouvés morts, et le coupable serait un soldat du sud. Cet incident provoque une crise diplomatique majeure entre les deux pays, que s'est-il vraiment passé ?

- Park Chan-wook, l'esthète du suspense : Le cinéma coréen se réinvente aux yeux du public international chaque année avec des nouveaux cinéastes qui s'imposent (dernièrement Yeon Sang-ho par exemple avec Le dernier train pour Busan). Ils sont surtout trois à sortir à tour de rôle film sur film pour réécrire les codes du thriller tout en les alliant avec le divertissement et/ou la démesure pour ce qui concerne Kim Jee-woon et Bong Joon-ho. Park Chan-wook semble plutôt explorer encore et encore les multiples facettes du suspense. Presque toute sa filmographie est portée par des complots dont on découvre les rouages au fur et à mesure du montage qui alterne flashbacks et faux-semblants : JSA, Sympathy for mister Vengeance, Old Boy, Lady Vengeance, Thirst ceci est mon sang, aussi son film américain Stoker, Mademoiselle... Le sens de la virtuosité de Park Chan-wook s'est affiné de plus en plus mais déjà ce JSA porte comme une empreinte séminale de son oeuvre à venir. Par exemple en jouant avec la temporalité et une chronologie éclatée. Deux répliques sont d'ailleurs particulièrement symboliques : “notre travail n’est pas de savoir qui mais pourquoi ?” et “ici on préserve la paix en cachant la vérité”. Le film JSA est justement porté par une manipulation et une dissimulation, entre soldats ennemis et leurs supérieurs. Que s'est-il vraiment passé et quelles seront les conséquences ? A votre tour de mener l'enquête, à partir du mercredi 27 juin dans les salles de cinéma.

The Assassin écrase la concurrence aux Asian Film Awards

Posté par vincy, le 19 mars 2016

Les Asian Film Awards, sorte d'Oscars pan-asiatiques, ont récompensé un peu tous les cinémas: Inde, Japon, Corée du Sud, Hong Kong, Chine... mais c'est un cinéaste taïwanais qui a tout raflé. Hou Hsiao-hsien, prix de la mise en scène à Cannes avec The Assassin, a passé la soirée à voir son film triompher : 8 trophées dont le meilleur film, le meilleur réalisateur et la meilleure actrice piur la sublime Shu Qi.

Il n'a resté que des miettes pour les autres: la star Lee Byung-hun (acteur), enfin récompensé, Jia Zhang Ke (scénario pour Au-delà des montagnes), 9 ans après son prix du meilleur réalisateur pour Still Life, Port of Call de Philip Yung (seul film à recevoir deux prix), Tadanobu Asano (connu aussi à Hollywood avec Thor et le prochain Scorsese)... C'est le film chinois Monster Hunt de Raman Hui, avec ses 380M$ de recettes en Chine, qui a récolté le titre de champion du box office asiatique.

Pour la première fois depuis leur création en 2007, les AFA, remis lors du Festival international du film de Hong Kong, ont donc récompensé Hou Hsiao-hsien. The Assassin rejoint au palmarès The Host, Secret Sunshine, Tokyo Sonata, Mother, Oncle Boonmee celui qui se souvient de ses vies antérieures, Une séparation, Mistery, The Grandmaster et Blind Massage. Le film avait déjà reçu le prix de la meilleure image aux Asia Pacific Screen Awards et les prix du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure image, meilleurs costimes et meilleurs effets sonores aux Golden Horse Awards, les Oscars de Taïwan.

Le palmarès complet

Film: The Assassin
Réalisateur: HOU Hsiao-Hsien - The Assassin
Acteur: LEE Byung-Hun - Inside Men
Actrice: SHU Qi - The Assassin
Second rôle masculin: Tadanobu ASANO - Vers l'autre rive
Second rôle féminin: ZHOU Yun - The Assassin
Espoir: Jessie LI - Port Of Call
Scénario: JIA Zhang-Ke - Mountains May Depart
Montage: William CHANG Suk Ping, CHU Ka Yat, LIAO Ching-sung, WONG Hoi, Philip YUNG - Port Of Call
Image: Mark LEE Ping-Bing - The Assassin
Musique: LIM Giong - The Assassin
Costumes: LEE Ji-yeon, SHIM Hyun-seob - The Throne
Décors: HWARNG Wern-ying - The Assassin
Effets visuels: Prasad SUTAR - Bajirao Mastani
Son: CHU Shih-Yi, TU Duu-Chih, WU Shu-Yao - The Assassin
Prix honorifique pour l'ensemble de leur carrière: Kirin KIKI (Japon), YUEN Wo-ping (Hong Kong)
Champion du box office asiatique: Monster Hunt

BIFFF 2016 : Kevin Smith, Les Visiteurs et les cinémas asiatiques et espagnols à l’honneur

Posté par kristofy, le 14 mars 2016

Le 34ème BIFFF (Bruxelles International Fantastic Film Festival) se déroulera du 29 mars au 10 avril: chaque année Bruxelles se transforme en capitale du fantasy, thriller, science-fiction, zombies et autres films du genre mais-pourquoi-est-il-si-méchant-? dans une ambiance festive.

L’invité d’honneur du BIFFF qui deviendra Chevalier de l’Ordre du Corbeau (l’hommage du festival) est d’ailleurs un des plus gros fans de ce type de films et l'un des réalisateurs les plus fantasques de ces dernières années (des religieux tortionnaires dans Red State, un homme mutilé en morse dans Tusk…) : Kevin Smith viendra présenter en avant-première Yoga Hosers (après le festival de Sundance en janvier). En vedette les actrices Harley Quinn Smith (sa fille) et Lily-Rose Depp (la fille de Johnny Depp et Vanessa Paradis, qui font d’ailleurs une apparition dans le film). Elles avaient toutes deux fait leur première apparition au cinéma dans le film précédent du cinéaste, Tusk. Elles reprennent leurs rôles dans Yoga Hosers, cette fois-ci centré sur elles : les deux amies seront invitées à une soirée plutôt démoniaque...

Parmi les autres invités il y aura l’espagnol Javier Luiz Caldera (Grand prix du BIFFF 2013 pour Ghost Graduation) avec son nouveau film Anacleto, Agente Secreto (un genre de Kingsman), le coréen Ryoo Seung-wan (No Blood No Tears et Arahan c’était lui) avec ses polars Veteran et The Unjust, l’autrichien Hartl Dominik pour Attack of the Lederhosenzombies, la réalisatrice taïwanaise Hsieh Lingo et son angoissant The Bride, l’actrice chinoise Bai Ling pour le film parodique ABC’s of Superheroes

Les films asiatiques seront encore une fois très nombreux et prestigieux: Ghost Theater de Hideo Nakata, Tag et aussi The Virgin Psychics les derniers films de Sono Sion, Yakuza Apocalypse de Takashi Miike, The Strange House de Danny Pang, Memories of the sword avec  Lee Byung-hun, le succès chinois Monster Hunt, les thrillers coréens The Deal de Son Young-ho, The Exclusive : Beat the Devil’s Tattoo de Roh Deok, The Phone de Kim Bong-joo, The Tattooist de Lee Seo, la curiosité The Beauty Inside de Baek Jong-yeol, le film d’animation Seoul Station de Yeon Sang-ho, l’adaptation du manga japonais I am a Hero par Shinsuke Sato…

Les films espagnols seront aussi bien présents avec El Cadaver de Anna Fritz de Hector Hernandez Vicens, El Desconocido de Dani de la Torre, Segon Origen de Carles Porta, Summer Camp de Alberto Marini... Et bien d'autres films en provenance d'Argentine, du Méxique, de Suède... Du côté français, la production de films fantastiques étant assez faible, on se contentera de The End de Guillaume Nicloux (avec Gérard Depardieu, qui était au festival de Berlin et qui ne sortira qu'en vidéo à la demande en France) et, gloups, Les Visiteurs:la Révolution (avec Christian Clavier et Jean Réno de retour dans les couloirs du temps)... C'est dire le niveau de fantaisie dans l'Hexagone.

Chaque jour des films très attendus feront l’évènement : 31 de Rob Zombie (qui a secoué le festival de Sundance), The Invitation de Karyn Kusama, Hardcore Henry (filmé en caméra subjective façon fps), The Wave du norvégien Roar Uthaug, Into the Forest avec Ellen Page et Evan Rachel Wood, aussi Green Room de Jeremy Saulnier (découvert à Cannes puis Deauville) et The Survivalist de Stephen Fingleton (que nous avions rencontré à Dinard)... Le BIFFF s'ouvrira avec Orgueil et Préjugés et Zombies et pour la clôture le tout nouveau Alex de le Iglésia, Mi gran noche.

Et pour vous mettre en appétit de ce BIFFF 2016 en voici un avant-goût :

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34e édition du Brussels International Fantastic Film Festival
Du 29 mars au 10 avril 2016, au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles
Infos et programmation sur le site de la manifestation

Le doué « Cinglé » Song Kang-Ho

Posté par vincy, le 16 décembre 2008

song kanh hoSong Kang-ho est le plus ancien du trio de Le bon, la brute et le cinglé. Doyen né en 1967, il est le cinglé. Rôle aussi nature que physique, il sait, avec sa rondouillardise et son faux air jovial, faire les fous comme personne. La publicité l’enrôle d’ailleurs souvent pour véhiculer des messages positifs autour de produits bancaires, alimentaires ou divers. Issu de l’ancienne école (le théâtre, ses troupes, ses tournées), il débute en 1991 sur scène, en 1996 sur écran. Il sera rapidement célèbre grâce à des comédies plus ou moins noires. De la farce à l’horreur, il explore son talent à travers un rire parfois jaune.

En 1999, il devient le roi du box office avec Shiri, film le plus vu de l’année dans son pays. Un thriller d’espionnage qui aspire à égaliser les blockbusters de Hong Kong et Hollywood. Il croise la « brute » Lee Byung-hun dans Joint Security Area. Mais en 2002, il se fait connaître d’un public cinéphile mondial avec Sympathy for Mr. Vengeance, de Park Chan-wook, premier volet de la trilogie sauvage du cinéaste, plus apprécié à l’étranger qu’en son pays. Il récupère vite son statut avec Memories of Murder et ses 5 millions de spectateurs. Il interprète un policier en chasse d’un serial killer, ce qui lui donne l’occasion d’un premier voyage à Cannes. Il alterne les productions non exportées, les gros budgets qui floppent (Antartic Journal) et les méga hits.

Le plus gros est évidemment The Host, film de monstre, qui a séduit 13 millions de curieux. Record national, juste devant le précédent record de l’année précédente (Le roi et le clown), il bénéficie de nombreux effets spéciaux, encore assez rares dans le cinéma coréen. Dès lors, il deviendra un habitué de Cannes, où The Host était en avant-première mondiale. On l’y verra l’année suivante dans Secret Sunshine en amoureux éconduit dans un drame métaphysique. Deux fois meilleur acteur aux Grand Bell Awards, les Oscars coréens, il est, parmi Le bon, la brute et le cinglé, le plus cher du casting.

La belle « brute » Byung-hun Lee

Posté par vincy, le 16 décembre 2008

byung hun leeLee Byung-hun, né en 1970, a déjà une multitude de fans et de sites internet à sa gloire. Il débute sur le petit écran en 1991 et aujourd’hui se décline en jeu vidéo, en album de musique et surtout au cinéma. Bouddhiste, polyglotte, diplômé en littérature française, star au Japon, primé de multiples fois pour ses rôles, il se transforme en vedette de cinéma avec le film de Chan-wook Park, Joint Security Area, meilleur film coréen de l’année, sélectionné à Berlin et surtout plus gros succès historique du box office national à l’époque (avec 6 millions d’entrées). Ce thriller politique qui se déroule dans le No Man’s Land entre les deux Corée l’impose dans la cour des grands.

Dès lors, Lee Byung-hun va s’amuser avec les extrêmes : sadisme (dans le segment « Cut » de Three extremes), sexe (Everybody has secrets, interdit aux mineurs), voitures (Addicted) et même réincarnation et homosexualité dans l’injustement méconnu Bungee Jumping of Their Own. Dans ce film, il prouve son talent à aller dans des personnages plus intérieurs, plus troubles.

En 2005, il est le héros du très violent A Bittersweet Life. Costard et flingue, il se complait dans un registre décalé, capable de se délecter avec un dessert avant d’aller tuer froidement quelqu’un. Le polar, surtout, s’exporte et récolte les louanges internationales. L’acteur va alors aborder un nouveau tournant dans sa carrière. Hollywood l’appelle pour jouer aux côtés de Josh Hartnett (I come with the Rain) et surtout G.I. Joe : Rise of Cobra, dans l’équipe des vilains, avec Christopher Eccleston et Sienna Miller.

Premier acteur sud-coréen a avoir séduit Hollywood, véritable belle gueule, il a su se différencier avec des contre-emplois comme cette Brute, serpent flingueur dans Le bon, la brute et le cinglé. Grâce à son charisme et son sex-appeal, il vampe le spectateur et nous fait oublier qu’il est une ordure de première classe.