Trois films cannois en lice pour représenter la France aux Oscars

Posté par vincy, le 12 septembre 2017

La commission chargée de sélectionner le film français candidat à l’Oscar 2018 du meilleur film en langue étrangère s’est réunie ce mardi 12 septembre, au Centre national du cinéma et l'image animée (CNC), sous la présidence deFrédérique Bredin.

Trois films, tous inspirés d'histoires vraies, ont été présélectionnés :

  • 120 battements par minute de Robin Campillo (Les Films de Pierre / Playtime), Grand prix du jury à cannes et prix du public à Cabourg
  • Barbara de Mathieu Amalric (Waiting for Cinema / Gaumont), Prix de la poésie au cinéma à Un certain regard
  • Le Redoutable de Michel Hazanavicius (Les Compagnons du cinéma / Wild Bunch), en compétition à Cannes

La commission se réunira une seconde fois le mardi 19 septembre, afin d’auditionner le producteur et le vendeur international de chaque film présélectionné. A l’issue de ces auditions, la commission désignera le film qui représentera la France indique le CNC.

Cette commission est composée cette année de Teresa Cremisi, Présidente de la commission d'Avance sur recettes, Anne Fontaine, réalisatrice, Thierry Frémaux, Délégué général du Festival de Cannes, Deniz Gamze Ergüven, réalisatrice, Jean-Paul Salomé, réalisateur, Alain Terzian, Président de l'Académie des César et Serge Toubiana, nouveau Président d'Unifrance films.

Pour mémoire, le film proposé à l’Académie des Oscars doit :

  • avoir fait l’objet d’une sortie en salles en France entre le 1er octobre 2016 et le 30 septembre 2017,
  • avoir un contrôle artistique majoritairement détenu par des citoyens ou résidents français,
  • être réalisé en langue étrangère (pour l’Académie), c’est-à-dire dans une langue autre que l’anglais et sans que la langue soit nécessairement celle du pays d’origine.

En janvier 2018, l’Académie des Oscars annoncera la liste des nommés. La cérémonie des Oscars aura lieu, quant à elle, à Los Angeles le 4 mars 2018.

Cannes 2017: que retenir de ce 70e festival?

Posté par vincy, le 29 mai 2017

Retards à l'allumage
La mécanique précise du festival de Cannes a connu quelques enrayements durant les premiers jours: les mesures de sécurité, le calendrier trop serré des projections ou encore quelques incidents aléatoires ont conduit quelques projections à commencer très très très en retard. Une alerte à la bombe a contraint la projection presse du Redoutable à débuter avec plus de 3/4 d'heure de retard. Une sécurité dépassée par le nombre de journalistes a obligé le film Wonderstruck à démarrer à 8h45 au lieu de 8h30. Un incident de rideau a conduit la projection d'Okja à être recommencée après dix minutes de film. Et on passe sur les anecdotes autour de la sécurité: des bonbons confisqués car ils pourraient servir de projectiles (en revanche les bouteilles de moins de 50 ml étaient autorisées, tout comme les ordinateurs), des agents qui parfois surveillaient de fond en comble les sacs très profonds offerts par le festival, et parfois les survolaient du regard, ou encore ces files d'attente gigantesques et compactes en bas du Théâtre Debussy, vers 18-19h, qui empêchaient les voitures officielles et les passants de circuler... Bizarrement, c'est dans ces moments là qu'on se sentait le moins en sécurité.

La fête est finie
Si les journalistes sont toujours plus nombreux, Cannes ne grouillait pas de monde cette année. Il était possible d'avoir des tables dans les restaurants à des heures habituellement bondées. Hormis dans les lieux privés, comme Albane ou la Villa Schweppes, la fréquentation sur la Croisette la nuit n'était pas aussi importante qu'il y a quelques années. Beaucoup préféraient les bars hypes (Mouton-Cadet Wine Bar, Grand Hôtel, Fouquet's, Petit Carlton) ou les terrasses comme celles du Silencio. Les soirées sur les plages, qui se ressemblent toutes, ont lassé. Mêmes musiques, mêmes alcools, mêmes gens. L'entre-soi a eu ses limites. La bonne idée, c'était de créer une terrasse pour les journalistes au sommet du Palais. Et la Welcome Party plage du Majestic restait le moment le plus convivial de la quinzaine.
Autre fait marquant: la flambée des locations. Il y a encore quelques années, on pouvait investir 500 à 700 euros par personne pour un appartement de 5/6 couchages dans le centre de la ville. Désormais, il faut aligner environ 1000€. A cela s'ajoute le remplacement de certains restaurants accessibles et agréables par des endroits plus chics et beaucoup plus chers. Cette inflation des coûts est de mauvais augure pour le Festival quand on sait les contraintes budgétaires que subissent tous les professionnels.

De la soupe et faire pipi
Oui, écrit comme cela, ça peut paraître étrange. Mais constatons que la soupe reste le plat principal le plus dégusté par les personnages dans les films de la compétition. A croire que les réalisateurs apprécient peu la cuisine. Ou le repas est raté (The Meyerowitz stories), ou l'alimentation est malsaine (Okja) voire empoisonnée (Les proies), ou le dîner n'a finalement pas lieu (The Square). Et sinon, mange ta soupe.
Ce qui conduit logiquement la vessie à vouloir se vider. On en entend des pipis, y compris chez Haneke, c'est dire. Bon, comme nous le verrons dans L'instant Q, Haneke semble très urophile. Concluons que l'uro est assez tendance.

Enfants torturés
L'enfance ne rime plus avec innocence. Ils fuguent en rejetant les adultes (Wonderstruck, Faute d'amour), ils empoisonnent (Les proies, Happy End), ils se rebellent (Okja), ils sont capables de vouloir la mort de leur frère ou sœur (Mise à mort d'un cerf sacré), ils menacent (The Square), ils égorgent au rasoir (You Were Never Really Here), et enfin ils s'émancipent précocement avec joint et sexe (Good time). Mais on peut aller largement plus loin. Les progénitures sont mal-aimées, même quand elles deviennent adultes (The Meyerowitz Stories). Bourreaux ou victimes: la frontière peut s'estomper au fil du récit. Ainsi les deux enfants de Farrell et Kidman dans le Lanthimos sont d'abord persécutés, puis manipulateurs avant de finir en victime d'un autre enfant, certes un peu plus âgé, mais complètement psychopathe. Idem dans le Lynne Ramsey, la gamine est d'abord une victime d'abus sexuel avant de devenir criminelle. Le must est du côté de John Cameron Mitchell (How To Talk To Girls at Parties), où les enfants sont dévorés par leurs parents afin que ceux-ci puissent survivre. Il y a aussi un nombre impressionnant d'orphelins (Wonderstruck, Okja, Good Time, La lune de Jupiter), souvent recueillis par un grand parent, une belle famille ou un oncle-tante etc.

Le couple branlant
Logiquement, tout cela amène des histoires où la famille est décomposée, recomposée voire construite in extenso. Même quand il n'y a pas ou plus d'enfants, les couples sont en voie de destruction (La lune de Jupiter, Faute d'amour, Le redoutable, Rodin, Le jour d'après, Une femme douce...). Mention spéciale à celui de 120 battements par minute, où la mort de l'un des protagonistes nous déchire le cœur.
D'ailleurs, on ne compte plus le nombre de veuves ou de femmes séparées. De tous les films en compétition, peu tendent vers une histoire d'amour qui finit bien: Vers la lumière, Happy End qui finit sur un mariage certes un peu gâché, et L'amant double après de multiples péripéties névrotiques.

Délires inaboutis
Nombreux sont les films de la compétition qui ont subit une greffe de genre. On prend un récit classique et on lui adjoint du mystique, du fantastique, du thriller, ou même de l'onirique. Des effets spéciaux plus ou moins réussis détournent le drame vers un no man's land géographique. Christ volant dans La lune de Jupiter, baise routinière qui se dédouble en plan à quatre dans L'amant double, cochons aux OGM qui ont un comportement humain, parqués dans des camps qui rappellent la Shoah, dans Okja, rêve-cauchemar interminable et caricatural dans Une femme douce, etc... Reste la plus belle idée narrative de la compétition, le flash-back retissant les liens entre les deux époques de Wonderstuck, en diorama. Un joli délire, justifié et accompli.

L'art omniprésent
Les artistes et les musées, les cinéastes et les écrivains, les chanteurs et les photographes: autant d'artistes ou de lieux artistiques qui ont inspiré les cinéastes cette année. Pour ne prendre que la sélection officielle, on a eu des sculpteurs (The Square, Rodin et The Meyerowitz Stories), des réalisateurs (Le Redoutable, Les Fantômes d’Ismaël et La Caméra de Claire), un éditeur (Le jour d'après), des écrivains (D'après une histoire vraie, L'atelier), une chanteuse (Barbara), des photographes (Vers la lumière, They), un artiste de cabaret (Nos années folles)... et n'oublions pas le directeur de musée contemporain de The Square, le musée d'histoire naturelle de Wonderstruck ou encore le Palais de Tokyo dans L'amant double. A de rares exceptions près, ces portraits sont assez stéréotypés: l'artiste déprime, est en proie à ses passions ou en panne d'inspiration.

La logique de groupe
Unis nous sommes plus forts? De nombreux films critiquent l'individualisme, à commencer par la Palme d'or The Square. Et finalement ceux qui combattent ensemble paraissent en effet les seuls à pouvoir résister à une société tyrannique ou/et déshumanisante. A vouloir se battre seuls, les "héros" d'Une femme douce, de Mise à mort du cerf sacré et de L'amant double perdent d'avance leur bataille. Tous les comportement égoïstes sont sanctionnés par les cinéastes (la liste est longue, du Redoutable à Faute d'amour). Ceux qui s'en sortent sont ceux qui acceptent l'aide des autres, le sacrifice pour l'autre ou la révolte collective: Okja, 120 battements par minute, You Were Never Really Here, Wonderstruck, In the Fade, La lune de Jupiter, Les proies...

L'Histoire et la Politique
Engagé le Festival de Cannes? Disons que les cinéastes n'ont pas hésité à prendre l'actualité comme toile de fonds. Les réfugiés, dans La lune de Jupiter, et de manière figurative dans Happy End. Le terrorisme dans In the Fade. Le scandale de l'industrie alimentaire dans Okja. Mai 68 dans Le redoutable. L'impuissance et la corruption des pouvoirs publics dans Faute d'amour et Une femme douce, deux films russes, et dans La lune de Jupiter. La vacuité de la justice individuelle (In the Fade, The Square). La pandémie du SIDA qui laissait indifférentes les institutions dans 120 BPM.

Des héros schizos
Finalement les dilemmes restent le mobile dramaturgique le plus commun à tous ces films, qu'ils mènent au meurtre ou à une forme de rédemption. Pratiquement tous les personnages sont dans la culpabilité ou la contradiction. Ils se dédoublent même, à la fois bons et mauvais, innocents et bourreaux, victimes et responsables. Ils se scindent en deux, entre leur vie d'avant et celle à laquelle ils aspirent. Jamais vraiment sincères, jamais vraiment méchants pour certains. Ils en bavent: prêts à tout pour sauver leur confort alors que la situation leur dicte qu'ils vont devoir affronter des choix. Le personnage cannois type cette année était un bourgeois, de la classe moyenne, piégé par la réalité, prisonnier d'une société injuste ou/et violente. Il y perd son âme, son job, l'un des siens, voire sa propre vie. Pas étonnant finalement que, dans ce contexte très sombre, on ait préféré des films, où, malgré le prix chèrement payé, l'espoir était au rendez-vous vers la fin.

Et pour finir, l'instant Q
2017 ne fut pas très érotique. 120 BPM nous a offert une jolie masturbation à l'hôpital et une nuit torride entre deux garçons.  Dans Rodin, on cache ce plan à trois qu'on ne saurait voir (on nous ferme la porte au nez). On peut compter sur Ozon: les deux acteurs ne se ménagent pas, exhibant leurs corps, baisant dans tous les sens, et jusqu'à ce plan introductif et serré sur le vagin de l'héroïne. Pas de quoi bander pour autant, surtout lorsque le cinéaste en vient à filmer un fantasme de viol, brutalement sexiste et misogyne. Le viol ou l'abus sexuel est assez fréquent d'ailleurs cette année même en arrière plan (The Square, Une femme douce, You Were Never Really here, The Meyerowitz Stories). Dans Happy End, le sexe est par messagerie interposée sur Facebook: la description de plans culs (et trash, et on en revient au pipi). Dans Mise à mort du cerf sacré, le jeu sexuel du couple se résume à la femme simulant un corps sous anesthésie générale dont profite son mari. Le corps de Kidman vaut le coup d'œil. Dans The Square, il y a un peu de sexe. Un sexe du côté de la performance, avec un coït unilatéral semble-t-il. Le moment le plus drôle est sans doute après: quand les deux partenaires tirent sur la capote pour savoir lequel des deux va la jeter. Dans Faute d'amour, l'épouse découvre l'orgasme avec son amant. Cannes 70 c'était un peu comme dans Les proies, très prude (malgré le sujet, une seule scène érotisante où Kidman nettoie le corps de Farrell). C'est à l'image du Redoutable, où Hazanavicius se moque de la nudité au cinéma. Louis Garrel et Stacy Martin sont dans le plus simple appareil. Mais côté baise, c'est un peu tiède. Mais tout cela a manqué de chair et de sueur....

Cannes 2017: Notre palmarès idéal (et notre palmarès cauchemardesque)

Posté par vincy, le 28 mai 2017

Ce ne sont pas des pronostics, mais nos palmarès persos, nos palmarès idéaux.

MpM

Palme d'Or : You were never really here
Grand Prix : 120 battements par minute
Prix du Jury : Okja
Prix de la Mise en scène : Good Time
Prix du Scénario : Le redoutable
Prix d'interprétation féminine : Diane Kruger dans In the fade
Prix d'interprétation masculine : Colin Farrell dans Mise à mort du cerf sacré
Prix spécial du 70ème Festival : Loveless (Faute d'amour)

Vincy

Palme d'Or : 120 battements par minute
Grand Prix : You were never really here
Prix du Jury : Okja
Prix de la Mise en scène ex-aequo : Good Time et Loveless (Faute d'amour)
Prix du Scénario : Le redoutable
Prix d'interprétation féminine : Nicole Kidman pour l'ensemble de ses films présentés à Cannes
Prix d'interprétation masculine : Colin Farrell dans Mise à mort du cerf sacré
Prix spécial du 70ème Festival : Le jour d'après

Kristofy

Palme d'Or : 120 battements par minute
Grand Prix : You were never really here
Prix du Jury : Loveless (Faute d'amour)
Prix de la Mise en scène : Le Redoutable
Prix du Scénario : Mise à mort du cerf sacré
Prix d'interprétation féminine : Diane Kruger dans In the fade
Prix d'interprétation masculine : collectif pour l'ensemble du casting, garçons et filles, de 120 battements par minute
Prix spécial du 70ème Festival : Okja

Le palmarès cauchemardesque

Palme de glaise (qui pourrait remporter chacun des prix qui suivent): Rodin
Grand prix caricatural: Une femme douce
Prix de la mise en scène obscène : L'amant double
Prix du scénario bavard, hystérique et égotique: The Meyerowitz stories
Prix de l'acteur principal mal post-synchronisé: Merab Ninidze avec la voix de Andras Balint dans La lune de Jupiter
Prix de l'actrice principale qui ne procure pas d'émotions avec un rôle bouleversant: Ayame Misaki dans Vers la lumière
Prix spécial du 70e Festival parce qu'on ne peut pas lui donner une troisième Palme avec ce film: Happy End
Prix du jury qui ne comprend pas qu'il est impossible d'adapter les merveilleux livres de Brian Selznick: Wonderstruck

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Cannes 2017 : Qui est Stacy Martin ?

Posté par MpM, le 17 mai 2017

Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais si vous avez vu son visage, ne serait-ce qu'une fois, alors vous ne pourrez plus l'oublier. Stacy Martin, jeune actrice franco-britannique née en 1991, évoque Liv Tyler à ses débuts, tout en fraîcheur et délicatesse, avec des airs de Madone magnétique qui fascinent réalisateurs comme spectateurs.

Evidemment remarquée très tôt, elle est d'abord mannequin ("une activité annexe pour payer mes cours de comédie" explique-t-elle), avant d'être choisie par Lars von Trier pour incarner le personnage de Joe, l'héroïne de Nymphomaniac (2013), dans sa période adolescente. Tout de suite, on est aimanté. Les scènes où elle apparaît sont les plus réussies, les plus gracieuses. On croit à sa fausse candeur, à ses désirs irrépressibles, à sa douleur. Elle fait oublier tout le reste du film et rend la performance de Charlotte Gainsbourg (qui reprend le flambeau du personnage adulte) un peu fade.

Après l'univers sulfureux du cinéaste danois (et pas mal de scènes de nudité), elle rejoint la fresque fantastique Tale of tales de Matteo Garrone qui est sélectionnée en compétition à Cannes en 2015. Symboliquement, elle y incarne la quintessence de la jeunesse et de la beauté, une forme de miracle inaccessible et enchanteur. Inutile de se demander pourquoi le cinéaste italien a fait appel à elle... elle est globalement la jeune femme que l'on rêverait tous d'être (oui, oui, hommes compris).

2015 est définitivement son année puisqu'on la retrouve également à l'affiche de La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil de Joann Sfar (dans le rôle secondaire mais venimeux d'Anita, la bonne copine de l'héroïne), Winter de Heidi Greensmith et surtout Taj Mahal de Nicolas Saada.

Dans ce quasi huis-clos terrifiant mais minimaliste, c'est sur son visage que se déroule toute l’action du film. La frêle jeune fille, d’une pâleur de plus en plus extrême au fur et à mesure qu’avance l’intrigue, est presque de tous les plans. Ses yeux reflètent l’horreur, son corps accuse la progression fulgurante de l'angoisse. Seule dans la salle de bains, rampant sous le lit, épiant le moindre bruit, elle devient une bête traquée, prise au piège, dont le moindre geste peut s’avérer fatal. Le film est extrêmement puissant et elle y est magistrale. Le résultat ne se fait pas attendre : elle figure dans la première liste des révélations pour les César 2016. Elle n'est pas dans le quinté final, mais on se dit que ce n'est plus qu'une question de temps... et de rôle.

Depuis, on l'a aperçue chez Ben Wheatley (High rise), dans L'enfance d'un chef de Brady Corbet (primé à Venise) et The last photograph de Danny Huston (non sortis en France). Mais c'est surtout dans Le redoutable de Michel Hazanavicius, en Anne Wiazemsky aux côtés de Louis Garrel en Jean-Luc Godard que l'on a hâte de la retrouver. Comme un passage de relais symbolique entre deux générations de cinéma ?

Cannes 2016 – Télex du marché: John McEnroe, Alain Prost, Michel Hazanivicius et Godard, Yorgos Lanthimos, et des manchots

Posté par vincy, le 16 mai 2016

- Shia LaBeouf (en compétition avec American Honey) va incarner John McEnroe dans le film de Janus Metz, Borg/McEnroe. Bjorn Borg sera interprété par Sverrir Gudnason (Wallander, Valse pour Monica). Ce biopic se concentrera sur un match légendaire, la finale de Wimbledon en 1980, gagné à l'arraché par le tennisman suédois 1/6-7/6-6/3-6/7-8/6, soit l'un des plus longs matchs de l'histoire de ce sport. LaBeouf apprend actuellement à jouer au tennis intensivement.

-Autre biopic, celui du coureur automobile Alain Prost. Cette fois-ci le film est français, produit par Labyrinthe productions. Le quadruple champion du monde de Formule 1 sera une sorte de Rocky, de ses débuts jusqu'à ses duels avec Ayrton Senna. Réalisé par Julien Leclercq (Braqueurs), le pilote sera interprété par Guillaume Gouix. Le tournage est prévu dans un an et demi.

- On l'avait un peu perdu de vue depuis le fiasco de The Search. Michel Hazanavicius (The Artist) prépare Le redoutable, en tournage fin juillet, essentiellement à Paris. Cette comédie d'époque est l'adaptation de l'autobiographie d'Anne Wyzaemsky (actrice et ancienne compagne de Godard), paru l'an dernier chez Gallimard où elle raconte l'étiolement de son mariage avec le cinéaste, jusqu'à leur séparation en 1969. Elle donne aussi son point de vue sur les événements de mai 1968 et dresse le portrait de célébrités croisées comme Pasolini, Deleuze ou Truffaut. Louis Garrel sera Jean-Luc Godard, Stacy Martin l'héroïne et Bérénice Bejo interprètera Michèle Rozier.

- Un an après The Lobster, Yorgos Lanthimos s'attaque à son nouveau film, inspiré une tragédie d'Euripide, The Killing of a Sacred Deer, où il retrouve Colin Farrell. L'acteur britannique sera un chirurgien charismatique qui doit prendre une grande décision quand un adolescent lui demande d'intégrer sa famille brisée. Mais l'ado a des pensées sombres et un fort désir de vengeance et la vie idéale de Steven va imploser et l'obliger à faire un sacrifice impensable.

- Enfin, Luc Jacquet a livré la première image de la suite de La Marche de l'empereur, le documentaire qui l'a fait connaître mondialement il y a 11 ans. Le tournage a démarré en Antarctique. Tourné en 4K avec des sous-marins et des drones, La Marche de l'empereur 2 (March of the Penguins 2 - The Call) partira sur les pas d'un jeune manchot, lancé dans son premier grand voyage vers une destination inconnue, poussé par son instinct.