Entre les murs, encore tout auréolé de sa Palme d’or cannoise, aura les honneurs du 46e Festival de New York le 26 septembre prochain, soit seulement deux jours après sa sortie en France. C’est en effet le film de Laurent Cantet, sobrement rebaptisé The class (voir article du 13 juillet), qui fera l’ouverture de cette manifestation qui présente traditionnellement le "meilleur" du cinéma américain et mondial.
Les deux autres grands moments de la quinzaine seront d’ailleurs la projection de L’échange de Clint Eastwood (reparti presque bredouille de Cannes) et de The Wrestler de Darren Aronosky (Lion d’or à Venise) en clôture. On a connu pire compagnie pour ce film sans stars tourné avec des acteurs non professionnels ! Et c'est loin d'être fini, puisque en octobre, il sera présenté au Festival du film de Londres où est également attendu... l'avant première mondiale de Quantum of Solace, le nouvel opus des aventures de James Bond !
New York s’offre la Palme d’or et le Lion d’or


- Aucun commentaire

- Exprimez-vous
Berlin-Cannes-Venise : les trois étapes du festivalier
Berlin, Cannes et Venise sont généralement considérés comme les grands festivals de cinéma dans le monde, ceux qui permettent tout au long d’une année de prendre le pouls de la cinématographie internationale. Pour la première fois en 2008, Ecran Noir a réalisé le "Grand Chelem", et est ainsi en mesure de faire un comparatif (forcément un peu subjectif) de ce triumvirat des grandes fêtes du cinéma.
Ambiance : Indéniablement, Cannes reste la référence absolue, car nulle part ailleurs on n’a tant l’impression d’un gigantesque cirque dont il faut faire partie à tout prix. C’est aussi le seul festival que l’on connaisse où l’on ne s’arrête jamais, où un confrère pressé n’hésite pas à vous bousculer (voire vous insulter) si vous êtes un peu long à ranger vos affaires en salle de presse… A Berlin, seules les grandes stars hollywoodiennes déchaînent quelques passions (on en a eu l’exemple avec Scarlett Johannson et Natalie Portman ou encore Madonna), le reste du temps tout le monde reste très policé et tranquille. A Venise, on a même franchement l’impression que les festivaliers sont trop occupés à profiter de la ville et de la plage toute proche pour être obsédés par les films ou les célébrités…
Organisation : Berlin et Venise ont en commun d’être très ouverts au public, qui a même ses propres séances réservées. Le jeu des multiples diffusions de films empêche que cela soit un handicap pour quiconque et rares sont les journalistes à rester sur le carreau lors des projections… sans pour autant qu’il soit nécessaire de subir de longues files d’attente. A Cannes, c’est tout le contraire. Malgré une hiérarchie quasi militaire (une douzaine de niveaux d’accréditation différents), il est parfois difficile d’avoir accès aux films de la compétition. Le 4e volet d’Indiana Jones a déclenché une telle hystérie que deux heures avant la séance, certains membres de la presse attendaient déjà devant la salle, en plein cagnard. A noter qu’à Venise, il y a tout de même trois sortes d’accréditation presse, et qu’il est quasi impossible pour les deux niveaux inférieurs de voir certains films de la sélection avant les conférences de presse.
Arte défend un certain cinéma
Entre Arte et le cinéma, c’est souvent plus qu’une histoire d’argent. La grande époque de Pierre Chevalier, directeur de l’unité fiction de 1991 à 2003, nous a habitué à voir la petite chaîne culturelle coproduire des œuvres d’auteur, exigeantes et personnelles, qui, souvent, connaissaient en salles (même après une diffusion télé pourtant jugée dangereuse) un joli succès populaire. Le péril jeune de Cédric Klapisch, Lady Chatterley de Pascale Ferran, Ressources humaines de Laurent Cantet, Beau travail de Claire Denis… c’est elle !
En ces temps de rentrée, la chaîne franco-allemande ne déroge pas à la tradition et propose de nouveaux rendez-vous pour cinéphiles avertis ou tout simplement curieux. Vendredi 12 septembre, c’est Christophe Honoré qui s’y colle avec la diffusion de La belle personne, adaptation moderne de La princesse de Clèves, en salles le mercredi suivant. Puis Bamako, la cour, du Malien Abderrahmane Sissako, (version télé de Bamako, Grand prix du public lors de sa présentation au festival Paris cinéma 2006), New wave, inédit de Gaël Morel avec Béatrice Dalle, ou encore Nés en 68 d’Olivier Ducastel et Jacques Marineau, sorti en mai dernier.
A cela s’ajoute une programmation plus classique : un cycle "Star à 20 ans" (les débuts de Romy Schneider, Brigitte Bardot, Catherine Deneuve…), un cycle "nouveau cinéma allemand" (avec l’oscarisé La vie des autres, mais aussi Head-on de Fatih Atkin, ours d’or en 2004, et Good-bye Lenin !), un cycle Depardieu (chez Truffaut, Blier, Pialat…)… et de nombreuses sorties en salles de qualité comme le très beau film de Béla Tarr L’homme de londres (présenté à Cannes en 2007), le film à sketches Tokyo ! qui réunit Michel Gondry, Bong Joon-ho et Leos Carax, Stella de Sylvie Verheyde, coup de cœur du festival de Venise, et Il divo de Paolo Sorrentino (Prix du Jury à Cannes en 2008), tous coproduits par Arte.
Paris fait son cinéma
Pour la 6e année consécutive, la capitale s’apprête à vivre dix jours durant au rythme de 24 images par seconde. Le Festival Paris cinéma, qui a attiré l’an dernier plus de 66 000 spectateurs uniques, est en effet de retour avec toujours plus de films, de séances en plein air, d’hommages, de rétrospectives, de débats et de rencontres. Parisien ou de passage, petit ou grand, cinéphile ou néophyte, à chacun sa manière de vivre le festival.
Ainsi les festivaliers les plus exigeants et les plus curieux se régaleront avec la compétition internationale, véritable panorama de la production cinématographique actuelle. Pour compléter, ils ne manqueront sous aucun prétexte la rétrospective du cinéma philippin (méconnu et pourtant extrêmement dynamique) qui propose en tout une quarantaine d’œuvres pour la plupart inédites en France.
Plutôt désireux de faire le plein de films avant l’été et de découvrir avant tout le monde les sensations des semaines à venir ? Les nombreuses avant-premières (qui comptent énormément de films sélectionnés à Berlin ou Cannes) sont prévues pour vous ! Au programme, la palme d’or 2008, Entre les murs de Laurent Cantet, la caméra d’or, Hunger de Steve McQueen, Les bureaux de Dieu de Claire Simon, prix de la SACD ou encore Be Happy (Happy-go-lucky), le pétillant dernier opus de Mike Leigh, qui a valu à son actrice Sally Hawkins un ours d’argent bien mérité.
Et ce n’est pas tout ! Ceux qui aiment faire le tour d’un artiste seront comblés par les intégrales Brillante Mendoza (réalisateur philippin dont le dernier film, Serbis, était en sélection officielle à Cannes) et Aki Kaurismäki ainsi que par les rétrospectives consacrées à Nathalie Baye (en 23 films), Ronit Elkabetz (ses 9 rôles les plus marquants), Jean-Claude Carrière (15 films et une leçon de cinéma) et Joseph Kuo (2 soirées exceptionnelles; dont une leçon de cinéma). Sans oublier l’un des temps forts principaux, la soirée hommage rendue à David Cronenberg à l’occasion de la création mondiale de l’opéra The fly au théâtre du Châtelet.
Et les enfants dans tout ça ? Paris cinémômes leur propose "un été au vert", un programme de quinze films leur permettant de se sensibiliser de manière ludique aux questions écologiques d’aujourd’hui ainsi que des ateliers autour du film U, du conte ou encore de la bande-son de cinéma. Mais il n’est pas non plus interdit de les emmener à l’un des différents ciné-concert organisés autour d’Ernst Lubitsch (quatre films rares du cinéaste accompagnés par une musique interprétée live).
Et enfin, pour les plus studieux, Paris cinécampus, l’université d’été du festival, propose chaque jour des tables rondes, des rencontres ou encore des ateliers sur des thèmes aussi différents que les coproductions en Europe, la restauration de Lola Montès, le cinéma sur internet, les seconds rôles... Pour tous les goûts, on vous dit !
_____________________
Du 1er au 12 juillet
Tarifs, horaires et programmation sur www.pariscinema.org
Sortie avancée pour Entre les Murs
Entre les murs de Laurent Cantet, qui a obtenu la Palme d'or à Cannes le 25 mai, sortira en salles le 24 septembre, et non le 15 octobre comme prévu initialement, annonce Le Parisien dans son édition de jeudi. La sortie du film a été avancée par la société Haut et Court, qui a produit le film, "parce que plusieurs exploitants de salles étrangers, italiens par exemple, ont choisi de lancer le film dès le mois de septembre", selon la productrice Carole Scotta, citée par le journal. "Il était donc logique que la France ne soit pas à la traîne", ajoute-t-elle. Autre explication avancée par la productrice: "Entre les murs pourrait bien être en lice pour représenter notre pays dans la course aux Oscars 2009. Pour cela, il faut que le film soit en salles avant le 30 septembre".
Entre les murs a déjà été vendu à 43 pays et des négociations sont en cours pour le distribuer dans des dizaines d'autres, dont les Etats-Unis. Mi-documentaire mi-fiction, le film plonge dans le quotidien d'une classe de collège parisien où un jeune professeur de français s'efforce d'enseigner à ses élèves une langue différente de la "tchatche".
Cannes : la première palme française depuis … 6 ans!
Je me souviens. Daniel Toscan du Plantier, juste avant son décès, m'avait demandé de l'appeler pour avoir un droit de réponse sur une critique assez virulente à l'encontre des César. Cette année-là, Le pianiste était dix fois nommé au César, au même titre que n'importe quelle oeuvre française. Adrien Brody emportera même le César du meilleur acteur pour sa prestation 100 % anglophone. Daniel Toscan du Plantier m'expliquait ainsi que Le Pianiste était produit majoritairement par des français et qu'il pouvait ainsi concourrir au même titre que Amen ou 8 femmes.
Le Pianiste, film français par ses capitaux, tourné en Allemagne, retraçant un fait historique en Pologne : c'est l'Europe qui "veut" ça. L'argument de Toscan du Plantier était juste. Et depuis, Ecran Noir qualifia ce film comme français.
Tout comme Roman Polanski est un cinéaste français. Né à Paris, il a acquis la nationalité en 1976 et réside dans la capitale. Aussi sommes-nous étonnés que tous les médias majeurs (chaînes de télévision, presse quotidienne nationale, radios) considèrent depuis 1987 que Maurice Pialat est le dernier français à avoir reçu la Palme d'or (Sous le soleil de Satan). Ces médias qui se lamentaient d'un fossé de plus de vingt ans! Ces médias qui considéraient le film de Polanski comme une palme polonaise... Même Wikipédia reproduit l'erreur.
Laurent Cantet et son film Entre les murs est donc la deuxième palme d'or de la décennie. Encore une et on aura fait aussi bien que dans les années 60!
Le Prix Jean Vigo pour Finkiel et Doillon
Les prix Jean Vigo 2008 ont été décernés à Nulle part, terre promise de Emmanuel Finkiel (meilleur film), Les paradis perdus de Hélier Cisterne (meilleur court métrage) et Le premier venu de Jacques Doillon (prix spécial).
L’association fait remarquer pertinemment que les trois cinéastes français en compétition officielle au Festival de Cannes sont d’anciens lauréats : Philippe Garrel l’a reçu en 1982, Arnaud Desplechin en 1991 et Laurent Cantet en 1995.
Cannes : 22 v’la les films!
Ils seront 22. En plus du troisième film français, la compétition officielle s'est ajoutée deux morceaux de choix.
Blindness, du Brésilien Fernando Meirelles, fera l'ouverture du festival. Julianne Moore, Mark Ruffalo, Danny Glover et Gael García Bernal, grand habitué, montront les marches le 14 mai.
Two Lovers, le dernier long métrage "surprise" de l'Américain James Gray, déjà présent l'an passé en compétition avec We Own the Night, sera lui aussi en lice pour la Palme d'or. Joachim Phoenix et Gwyneth Paltrow, dont c'est le grand retour après Iron Man en seront les principaux protagonistes.
Enfin, le troisième film français en compétition sera Entre les murs, de Laurent Cantet, avec François Begaudeau. Il s'agit, à l'origine, d'un essai sur le milieu scolaire écrit par François Bégaudeau.


- Les commentaires sont fermés

- Exprimez-vous






Flux rss

