Primé à Venise, Ziad Doueiri sous la menace d’une condamnation au Liban

Posté par vincy, le 11 septembre 2017

Le réalisateur franco-libanais Ziad Doueiri, ancien assistant de Quentin Tarantino, vit sans doute son plus étrange week-end. Samedi soir, son dernier film, L'insulte, coproduit par Julie Gayet, a été distingué à Venise avec le prix d'interprétation masculine pour l'acteur palestinien Kamel El Basha. Il revient au Liban dimanche, auréolé de ce prix prestigieux pour le cinéma de son pays. Et en fait il est arrêté à l'aéroport...

Durant deux heures et demi, il est interrogé. On lui confisque ses passeports français et libanais. Ziad Doueiri apprend alors qu'il doit "comparaître [lundi] à neuf heures du matin devant un tribunal militaire pour une investigation concernant un chef d'accusation" qu'il ignore.

Selon le quotidien libanais L’Orient le jour, le réalisateur, après trois heures au tribunal militaire de Beyrouth ce lundi, a bénéficié d’un non-lieu: le juge en charge de l’affaire ayant estimé que les faits étaient prescrits.

Le réalisateur "était accusé d'avoir violé l'article 285 du code pénal libanais qui interdit toute visite en territoire ennemi sans autorisation préalable" des autorités libanaises, a précisé son avocat Najib Lyan au quotidien. Cela concernait son film L'attentat, récompensé à San Sebastian, Marrakech et Istanbul.

En effet, pendant qu'il était en Italie, des journalistes et militants libanais ont lancé une polémique, en réclamant de sa part des excuses pour avoir tourné en Israël une partie de L'attentat, son avant-dernier film. Pour certains, il s'agissait de trahison, d'autres l'accusaient d'acter une "normalisation" des relations avec le territoire voisin ennemi (les frontières entre les deux pays sont fermées). Le film avait d'ailleurs été interdit au Liban en 2013 à sa sortie, parce que le cinéaste avait tourné partiellement en Israël avec quelques acteurs israéliens.

"Les gens qui me combattent essaient d'empêcher la diffusion de mon nouveau film L'insulte. Mais j'ai été longuement interrogé et la justice a constaté que je n'avais aucune intention criminelle vis-à-vis de la cause palestinienne" a expliqué le réalisateur après sa matinée au Tribunal. Profondément blessé, il a ajouté: "Des membres de ma famille sont morts en défendant la cause palestinienne".

Délit d'entrée sur le territoire d'un pays ennemi

Cependant tout n'est pas terminé puisque le juge a expliqué qu'il était "possible que l'affaire soit déférée devant un tribunal militaire, pour un délit d'entrée sur le territoire d'un pays ennemi sans autorisation préalable". Un délit passible d'une peine d'emprisonnement d'au moins un an au regard du droit libanais.

La coproductrice Julie Gayet a réagit dans les colonnes du Figaro: "Nous sommes tous choqués et dénonçons cette absurdité, qui n'est qu'une intimidation. C'est un prétexte absurde et moyenâgeux qui fait surface la veille de la sortie de son film à Beyrouth. Tout ceci est complètement fou, surtout quand on sait que L'insulte est un film qui prône la discussion, la paix et l'importance de s'ouvrir." L'Union nationale des critiques de films (SNCCI), et la Semaine de la critique de Venise, apportant leur soutien au réalisateur, ont aussi évoqué un "inacceptable acte d’intimidation" et un "intolérable abus de pouvoir".

L'insulte doit être présenté en avant-première nationale mardi. Il doit être aussi présenté aux festivals de Telluride et Toronto. Il était jusqu'à présent le candidat officiel pour les Oscars 2018.

La France championne de foot… au cinéma. La preuve en 10 films.

Posté par kristofy, le 11 juillet 2016

La finale de l'EURO 2016 est jouée : ce sont les joueurs de l'équipe du Portugal qui sont devenus les nouveaux champions d'Europe de football, et pas ceux de l'équipe de France.

Les médias vont enfin parler d'autre choses que de foot (La loi 'travail'? Les tensions au Soudan Sud? La crise institutionnelle en Europe? Camping 3?), et la télévision va de nouveau diffuser des films à 20h50. Il n'empêche que la victoire des bleus tant espérée par la France n'a pas eu lieu.

C'est l'occasion de s'interroger sur cette puissante et presque universelle force d'attraction qu'est le football, alors qu'après tout ce n'est qu'un sport.  On aime à dire que le football c'est beaucoup de cinéma (dans tout les sens du terme), et dans ce domaine-là oui les français sont devenus des champions (avant comme après 1998 et le titre de champion du monde des bleus), même si le ballon rond a fasciné de nombreux cinéastes (lire notre article sur ce sujet avant l'Euro de 2008). Notre cinéma sait s'interroger sur le football, sur les personnes qui sont dedans, autour, devant... Retour sur une dizaine de films de cinéma (donc on passe sur 3 zéros de Fabien Onteniente ou Les seigneurs de Olivier Dahan, plutôt hors-jeu...) où le football est roi.

10 films français avec du foot à (re)voir :

Coup de tête, 1979, réalisé par Jean-Jacques Annaud : Un joueur de foot qui bouscule l’attaquant vedette de son équipe est en disgrâce et se retrouve exclu, et même en prison pour tentative de viol suite à des faux témoignages. Plus tard l’équipe de foot a besoin de lui pour gagner, et il marque deux buts pour la victoire. Dès lors il va se venger… Avec un Patrick Dewaere enflammé, mais aussi Jean Bouise et Michel Aumont, ce second film de Annaud après avoir reçu un Oscar pour son précédent, a été écrit par Francis Veber qui à l’époque alternait script de comédie et drame policier. Ici le personnage de Patrick Dewaere s’appelle François Perrin comme les personnages de Pierre Richard (qui deviendront François Pignon par la suite…). Le foot c’était déjà magouille et compagnie ?

A mort l’arbitre, 1983, réalisé par Jean-Pierre Mocky : L'un des plus grands succès public et critique de Mocky. Après la défaite de leur équipe, des supporters poursuivent l’arbitre Eddy Mitchell par vengeance pour le lyncher. On y croise également Michel Serrault et Carole Laure. La bêtise de certains supporters-casseurs est ici particulièrement violente… Et, hélas, toujours d'actualité.

Delphine 1 Yvan 0, 1996, réalisé par Dominique Farrugia : Un film d’amour commenté par les commentateurs de foot Thierry Roland et Jean-Michel Larqué avec les différentes étapes d’un couple pendant un an : séduction, s’installer ensemble, rencontrer la famille de l’autre, être témoin des galères de couples des potes, la tentation de l’infidélité… Film culte autant que comédie romantique très drôle avec en vedette Serge Hazanavicius et Julie Gayet (qui devient populaire cette année-là avec plusieurs succès). Il s’agit du premier film de Dominique Farrugia (et premier film en solo d’un membre de Les Nuls) avec la participation évidente d'Alain Chabat et Chantal Lauby, mais aussi celles de Lionel Abelanski, Daniel Russo, Amelie Pick (malheureusement devenue invisible), Olivier Loustau (dont le premier film est produit par Julie Gayet)…  A noter que le film est co-écrit par Farrugia et Michel Hazanavicius (OSS 117, The Artist) qui lui aussi connaît ici son premier succès comme scénariste.

Didier, 1997, réalisé par Alain Chabat : Il a reçu un César du meilleur premier film avec cette idée farfelue d’un chien qui se transforme en être humain, par ailleurs prodige de football, ce qui va arranger les affaire de Jean-Pierre Bacri qui justement avait besoin d’un nouveau talent pour son équipe… La fin montre un match avec l’équipe du PSG dans le stade du Parc des Princes, à l’intérieur le personnage de Farrugia suit le match sur une petite télé portative en déplorant l’absence d’écran géant (après le film, le stade sera équipé de deux écrans géants dans les virages).

Deuxième Vie, 2000, réalisé par Patrick Braoudé : La France est battue en finale, dans cette histoire. Ça arrive déjà en 1982. Suite à un accident de voiture le héros Patrick Braoudé se retrouve après un bon dans le temps seize ans plus tard en 1998 lors d’une autre finale mais autour de lui ses proches ont bien changé et sont devenus du genre qu’il détestait, alors il voudrait revenir en arrière vers sa vie d’avant… On y voit deux versions - avant et après - de personnages joués par Maria de Medeiros, Thierry Lhermitte, Daniel Russo, Isabelle Candelier, Élie Semoun et Gad Elmaleh… On refait le match ?

Grégoire Moulin contre l’humanité, 2001, réalisé par Artus de Penguern : Quand il était enfant, sa famille voulait faire de lui un footballeur mais il détestait ça. Devenu adulte à 35 ans, il est un médiocre agent d’assurances et il déteste toujours le foot. Le soir d’un match de foot de Coupe de France la ville est perturbée par l’évènement et ses supporters tandis que lui va essayer de rejoindre tant bien que mal la femme qu’il aime… Artus de Penguern comédien se met en scène lui-même et surtout démontre un talent d’habile metteur en scène comique (avec d’ailleurs une épatante séquence de soirée costumée) avec ce premier film (le second sera réalisé en 2012 juste avant sa mort). Artus était un numéro 10…

Comme un lion, 2011, réalisé par Samuel Collardey : Deuxième film du réalisateur qui s’attache à montrer autant que possible une forme de narration proche du documentaire ou d’une certaine réalité. Le film commence au Sénégal où un jeune garçon est repéré pour son talent au football. On demande à sa grand-mère de payer et de s’endetter pour l’envoyer en France, mais c’est une manœuvre qui ne le mène à rien puisqu’il va se retrouver abandonné et placé dans un foyer. Avec toujours son rêve de devenir footballeur et le devoir d’envoyer de l’argent au pays pour sa grand-mère, il parvient à intégrer un petit club amateur où Marc Barbé et Anne Coesens vont peu à peu s’attacher à lui pour l’aider… Le foot, ce sport où des enfants déracinés sont victimes de marchandage, de racisme… et toujours une sorte de grand marché où les occidentaux jouent les colonialistes.

Les petits princes, 2013, réalisé par Viannet Lebasque : Le rêve du jeune ado Paul Bartel est de jouer au foot dans une équipe pro et justement il intègre un centre de formation, mais il cache à presque tout le monde qu’il est atteint d’une malformation cardiaque incompatible avec ce sport… Avec aussi Reda Kateb en entraineur, Olivier Rabourdin, Eddy Mitchell, Samu Seghir, et la belle révélation Margot Bancilhon. L’histoire est inspirée de cas réel de sportifs ayant caché leur état à risque de malformation cardiaque, plusieurs sont morts d’un arrêt cardiaque sur le terrain…

Les rayures du zèbre, 2013, réalisé par Benoît Mariage : Le réalisateur belge retrouve une nouvelle fois son acteur fétiche Benoît Poelvoorde. Il y est un agent de footballeurs en quête d’un nouveau prodige qu’il pourrait acheter et revendre (le point de vue opposé à Comme un lion). En Côte d’Ivoire il découvre le jeune Marc Zinga qu’il parvient à ramener avec lui en Europe, mais ensuite rien ne se passe pas comme prévu… Le duo Mariage/ Poelvoorde s’éloigne cette fois de la comédie pour évoquer le drame du commerce d’enfants d’Afrique en vue de spéculer sur leur côte de star potentielle… Le foot complice d’une nouvelle forme d’esclavage ?

Goal of the Dead, 2014, réalisé par Benjamin Rocher & Thierry Poiraud : Autant film de foot que film de zombies (d’enragés plutôt), en fait une œuvre de 2h20 en deux parties et deux films avec Goal of the dead :première mi-temps de Rocher et Goal of the dead :seconde mi-temps de Poiraud. A la fois amusant, féroce, inventif, sensationnel, original, la bonne surprise est totale et aussi de tout les instants : Goal of the Dead est un des meilleurs films de 2014. Le foot est un sport collectif, pas la survie ?

L’instant Glam: Leila Hatami, Uma Thurman, Adrien Brody…

Posté par cynthia, le 24 mai 2014

Uma ThurmanOyé oyé cinéphiles! Cannes s'est terminé sous une pluie de glamour et d'émotions.

Les stars ont eu une dernière chance pour nous faire rêver avec leur prestance sur les marches. Qui a réussi? Qui peut aller se terrer dans une grotte pendant un an pour se faire oublier? Petit récapitulatif de ce qui s'est passé sur les marches de la cérémonie de clôture du 67eme festival de Cannes.

La tristesse régnait en maître sur le tapis rouge. Cannes, c'est fini, et on est triste comme Leila Hatami qui est arrivée en robe noire et la tête couverte d'un foulard noir lui-aussi. Elle était en deuil et elle le montre.

A l'opposé, Uma Thurman, encore une fois resplendissante dans une robe qui procure de la joie, du blanc cette fois. Elle illuminait le tapis rouge aux côtés de son meilleur ami Quentin Tarantino. La classe incarnée cette femme. On a vu aussi le journaliste Laurent Weil qui a essayé de monter les marches mais a dû faire demi-tour à cause du câble trop court de son cameraman. Zut, cher confrère, tu méritais ta montée, surtout que tu étais classe toi-aussi.

Ce qui n'était pas le cas de la compagne de Timothy Spall, qui est officiellement tombée dans un tube géant de peinture ou a été possédée par un arc-en-ciel. Son mari qui a reçu le prix d'interprétation masculin pour son rôle dans Mr Turner, a dû en avoir mal aux yeux tant sa robe dégageait de couleurs. Juste derrière, l'acteur anglais Adrien Brody, venu remettre un prix, était lui plus beau que jamais en costume noir et nœud de papillon.

Aperçu également sur les marches, Michael Madsen qui s'est prêté au jeu des questions/réponses. L'acteur fétiche de Quentin Tarantino a confié aux caméras de Canal + qu'à Cannes "tout le monde est beau!" Bon c'est sûr, il n'a pas lu ma chronique cannoise, celui-là. Doit-on faire un rappel des catastrophes vestimentaires du festival pour remettre en question ses propos ? Souvenez-vous des tétons joyeux de Julie Gayet, du costume sac poubelle de Mika, de la prestance légume de Robert Pattinson, du style Krusty le clown de Sylverster Stallone, du pyjama de Sharon Stone, sans oublier Nabilla et sa robe... non c'était un drap noir transparent qui laissait voir ses seins vraiment naturels.

D'ailleurs Nabilla sur les marches cette année, c'est incroyable, c'est comme si Kim Khardasian venait assister au Prix Nobel. La brune poupée gonflable représentait la marque d'un célèbre bijoutier présent à Cannes. Comme quoi Promotion canapé n'est pas qu'un film de Didier Kaminka sorti en 1990. Bien écarté Nabilla... euh je veux dire bien joué Nabilla (toutes mes excuses, mes mots ont dépassé ma pensée)!

En revanche, la fashion girl dont on se souviendra, en ce 67 e festival, est sans nul doute Blake Lively. Sublime du début à la fin, l'ex héroïne de la série Gossip girl rendrait lesbienne même Christine Boutin tant elle émane de beauté. Autre bombe atomique qu'on n'oubliera pas de sitôt, Ryan Gosling , bien-sûr, qui mériterait la palme d'or de l'orgasme visuel.

Du glamour, du ridicule, du what the fuck, le festival de Cannes est terminé et nous laisse un doux souvenir rétinien, de quoi fantasmer... pardon, patienter jusqu'à l'année prochaine.

L’instant Glam’: Julie Gayet, Gaspard Ulliel, Léa Seydoux, Eva Longoria, Salma Hayek, Freida Pinto……

Posté par cynthia, le 17 mai 2014

salma hayek cannes 2014Oyé oyé, cinéphiles! Des nénés, des hommes, de la classe et de la finesse, voilà le quatrième sur la croisette. Il fait toujours chaud (ça nous change de l'année dernière), les stars se dénudent toujours autant, il y a toujours du glamour et des fautes de goûts, bref la routine cannoise en somme.

L'actrice Julie Gayet semblait être heureuse de monter les marches cette année vêtue de sa robe noire transparente. Et ce n'est pas ses tétons qui nous disaient bonsoir qui diront le contraire. Aurait-elle confondue la chambre de François Hollande avec la Croisette dans cette nuisette? A ses côtés, le chanteur Mika est (vu les motifs de son costume) tombé nu dans un vide ordure et s'est couvert avec un sac poubelle pour venir à Cannes. On espère qu'il a pris une douche avant de venir tout de même.

En ce jour, il y avait un peu plus d'hommes à Cannes...et quels hommes! Gaspard Ulliel, venu présenté Saint- Laurent, a fait trembler les marches de ses yeux bleus (de Chanel?). On peut en dire autant de son partenaire Jérémie Renier extrêmement sexy dans son costard. On aurait même envie de jouer aux clodettes avec lui en plein tapis rouge tiens. Ces derniers étaient accompagnés de la sublime Léa Seydoux et de sa robe verte vertigineuse signée Prada. Voilà une actrice de chez nous qui sait s'habiller pour une grande occasion. Merci Léa (si je peux me permettre de t'appeler par ton prénom), tu remontes l'estime du cinéma français à Cannes. La mannequin/actrice Aymeline Valade avait aussi de la classe. Vêtu d'un costard noir et d'un noeud papillon, la jeune fille a mérité sa place parmi le classement des 40 femmes les plus chics. Chic c'est ce qu'était également Roman Polanski qui, du haut de son mètre...50...60...bon aller 65, a frôlé les marches de Cannes fièrement (vu son talent il peut). Autre homme au regard de braise à grimper vers le Palais, l'écossais James McAvoy qui a irradié le public, ainsi que sa somptueuse partenaire Jessica Chastain, par sa prestance.

Côté prestance, Eva Longoria, la desperate housewife préférée des français, n'avait rien à lui envier. La bomba latina a arpenté le tapis rouge tout en finesse avec une robe bustier blanche de Gabriela Cadena. Finesse était également le maître mot de ce quatrième jour. La robe rose bonbon, limite fushia, tout en légèreté de Salma Hayek nous le montre bien. Salma qui en a profité pour passer un message sur le tapis rouge en brandissant une pancarte annotée du célèbre slogan " #Bring back our girls".  Voilà une femme qui malgré les strass et les paillettes n'oublie pas le reste du monde.

Pendant ce temps, l'actrice indienne Freida Pinto arborait un look Black Swan avec une robe à plume. Robe jolie certes, mais un peu trop "Angry Birds" pour l'occasion. On espère que les cuistots de la croisette ne la confonde pas avec le poulet prévu pour le dîner. Ce look serait-il en rapport avec la présence de toute l'équipe de Hunger Games 3? Bah vous savez le geai moqueur! En parlant de moqueur, on pourrait rire de l'équipe du film Run. Les acteurs sont arrivés sur la croisette en tenue de civil. Jean, chaussures de ville, on se serait cru à l'épreuve du bac mais pas au Festival de Cannes.

Ah c'est sûr, Cannes continue et se fait de plus en plus à la bonne franquette chaque jour. On a hâte d'en voir plus!

2 films et une multitude d’actrices pour la Journée internationale de la Femme

Posté par vincy, le 8 mars 2014

A l'occasion de la journée mondiale des droits des femmes, samedi 8 mars 2014, la réalisatrice Lisa Azuelos (LOL, Une rencontre qui sort en avril) a réalisé un film de 4 minutes pour dénoncer les mariages forcés. Elle met en scènene une fillette de 12 ans qui se retrouve mariée de force à un homme âgé.

En noir et blanc, 14 millions de Cris raconte l'histoire d'une fille aux yeux bleus (Adèle Gasparov), dans un quartier chic de Paris, qui de retour chez elle après l'école, se voit offrir par sa mère (Julie Gayet) une jolie robe blanche. En la voyant maquillée et habillée, son père (Alexandre Astier) la complimente: "une vraie petite femme". Elle se retrouve à la mairie prête à être mariée à un homme d'une soixantaine d'année, pas très avenant. Et tout le monde applaudit. la maire semble ravie. Mais voilà, l'époux finit par la violer. Un cauchemar.

Les mariages forcés concernent selon le Fonds des Nations Unies pour la population, 14,2 millions de filles de moins de 18 ans , principalement en Afrique subsaharienne et Asie du sud. 14 millions de cris. En France, cela toucherait 70 000 adolescentes.

Le fait de transposer ce film dans un quartier bourgeois, au sein d'une famille "blanche", rend le film aussi provocateur que dérangeant. Sans doute le meilleur film de la réalisatrice à ce jour.

A l'opposé de cette vision sombre de la l'exploitation des femmes, Audrey Dana nous offre une vision enchantée et printanière. En guise de teasing pour son premier film en tant que réalisatrice, Sous les jupes des filles, elle a filmé un flash mob sur le parvis du Trocadéro, avec la Tour Eiffel en arrière-plan. 3 minutes 36 de comédie musciale à la Demy avec quelques unes des actrice du film : Vanessa Paradis, qui ouvre le bal, Audrey Fleurot, Marina Hands, Julie Ferrier, Alice Belaïdi, et, en rappeuse, Isabelle Adjani. La foule en bonus. Ça swingue, ça bouge, ça revitalise. Une belle idée pour célébrer les femmes. "Un pur moment de filles" qui sert d'apéritif à "un film pour les femmes et les hommes qui les aiment". On rajoutera et aussi pour les femmes qui les aiment.

Sous les jupes des filles - Flashmob Trocadéro

Césars 2014 : 10 nominations pour le premier film de Guillaume Gallienne

Posté par vincy, le 31 janvier 2014

La liste des nominations

guillaume gallienne les garçons et guillaume à table

Dix nominations pour Les Garçons et Guillaume, à table!. Voilà le verdict des nominations aux Césars, dont on connaîtra les gagnants le 28 février au soir. Il devance La vie d'Adèle et L'inconnu du lac (8 nominations), La Venus à la fourrure (7 nominations), 9 mois ferme et Michael Kohlhaas (6 nominations) et Suzanne (5 nominations). Hormis Neuf mois ferme, tous les films ont été présentés au Festival de Cannes. Un jack-pot pour les sélectionneurs de la Croisette. Notons que Catherine Deneuve obtient sa douzième nomination comme meilleure actrice, égalisant le record d'Isabelle Huppert (qui cumule 14 nominations au total).

Le 2e tour de vote commencera le 10 février. La soirée des Césars rendra hommage à Patrice Chéreau et à Henri Langlois (à l'occasion du centenaire de la naissance de la Cinémathèque française).

Peu de surprises émaillent de cette liste des nominations. Dans certaines catégories, aucun favori ne se détache (documentaire, second rôle masculin comme féminin, film étranger, long métrage d'animation). Cela relèvera un peu le suspense d'une soirée qui devrait couronner La Vie d'Adèle dans au moins quatre catégories : film, réalisateur, actrice, espoir féminin. Kechiche a déjà été césarisé deux fois. S'il gagnait, il égaliserait le record de Polanski (trois fois césarisé). Gallienne devrait repartir avec au moins deux Césars : acteur et premier film.

François Ozon et son Jeune & Jolie, Quai d'Orsay et Grand Central ont été snobés et ne récolte que quelques cacahouètes. De même Le Loup de Wall Street, Au bout du conte, Möbius, Le géant égoïste, Lincoln ou encore Tip Top, pour n'en citer que quelques uns ont été complètement zappés. Le scandale est évidemment du côté d'Adèle Exarchopoulos, oubliée dans la catégorie de la meilleure actrice (et reléguée en simple espoir féminin).

On peut se féliciter de la variété des genres qui ont été reconnus par les professionnels de la profession. Comédie, drame, polar, les Césars vont faire l'éloge de la diversité du cinéma français, même si l'avantage est donné à un certain type de films, ceux du milieu, qui coûtent entre 4 et 10 millions d'euros.

Julie Gayet s’associe avec Charles Gillibert et le milliardaire François Pinault

Posté par vincy, le 13 janvier 2014

julie gayetDepuis jeudi soir, on a tendance à oublier que Julie Gayet est avant tout une actrice connue (Quai d'Orsay et Les âmes de papier sont sortis en salles respectivement en novembre et décembre) et surtout une productrice. Elle avait créé Rouge International en 2007, puis Amarante productions en 2012. Selon Le Parisien daté de ce matin, elle a lancé une troisième société de production, Cinémaphore. Après vérification, on constate bien que la création de cette société a été officialisée en juillet 2013.

Selon Le Parisien, cette société par actions simplifiée compte trois souscripteurs : Julie Gayet, via Rouge international, le jeune producteur Charles Gillibert (un ancien de MK2), via sa société L'arbre secret et, plus modestement, François Pinault (milliardaire et mécène, troisième fortune de France, propriétaire du groupe Kering qui possède notamment Gucci, Balenciaga, Boucheron, Bottega Veneta, et Puma). Gayet en est la présidente tandis que Gillibert est le directeur général. Selon la société de relations publiques de M. Pinault, Image 7 : "Ca arrangeait Gayet et Gillibert d’être trois, et comme Pinault aime bien Julie et son père, il a accepté."

Le Parisien explique que "l’objet de Cinémaphore vise (...) grand : en plus de la création ou de la production de films, ou d’oeuvres littéraires, artistiques, etc. Cinémaphore se lance dans le conseil multiforme (production de films, négoce des droits, etc.) mais aussi dans la création de manifestations culturelles."

Le Film français a interrogé Charles Gillibert : "Aujourd'hui, les fonds privés dans le secteur sont plutôt tournés vers des films plus commerciaux. Notre réflexion nous a conduits à trouver un modèle pour parvenir à les orienter vers des films plus fragiles et plus ambitieux artistiquement. Il est aujourd'hui difficile d'être producteur indépendant sans se poser la question de la recherche de financements alternatifs".

Julie Gayet, 41 ans, gère Rouge International qui a déjà produit 6 films et a plusieurs projets en cours. Elle est la directrice générale de Amarante productions (présidé par Michael Reichling). Charles Gillibert, 36 ans, a produit de nombreux courts métrages chez MK2 ainsi que des films comme Diamant 13, Vénus noire, Lawrence anyways, Sur la route, Après mai, auxquels on ajoutera les prochains films d'Abel et Gordon, Assayas et Hansen-Love à travers sa nouvelle structure CG Cinéma, créée en février 2013.

2e Champs-Elysées Film Festival : du cinéma pour tous les goûts et de toutes les couleurs!

Posté par vincy, le 11 juin 2013

olivier martinez halle berryUne star : L'actrice américaine Halle Berry sera l'invitée d'honneur de la soirée caritative organisée jeudi 13 au profit de l'association "Les Toiles enchantées" au cours de laquelle sera projeté le film Nos souvenirs brûlés de Susanne Bier.

Un événement : Les parapluies de Cherbourg en version restaurée et son remasterisé dimanche 16 à 16h30 au Publicis. La projection est suivie d'un karaoké géant avec les plus grandes chansons des films de Jacques Demy! Le Festival vous invite à venir déguisés pour créer une ambiance pop & vintage!

2 présidents du festival : Olivier Martinez et Julie Gayet

3 Master Class : Costa-Gavras, Cédric Klapisch et Frédérick Wiseman (documentariste américain)

7 cinémas : Le Balzac, UGC George V, Publicis, Le Lincoln, Gaumont Marignan et Gaumont Ambassade, MK2 Grand Palais

7 films avec Brad Pitt : outre World War Z, le festival projettera L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, Babel, Burn After Reading, L'étrange histoire de Benjamin Button, Fight Club et Seven.

8 films américains en Sélection officielle : Hide your smiling Faces (Berlin 2013), Any Day Now (Prix du public à Tribeca 2012), Blood Pressure, Coldwater, Decoding Annie Parker (avec Helen Hunt et Alice Eve), How to make money selling drugs (avec Susan Sarandon, Eminem et 50 Cent), I am I, It felt like love, Thanks for sharing (avec Mark Ruffalo et Gwyneth Paltrow).

13 films français et pas mal d'avant-premières : Paris à tout prix, Nina Simone Love Sorceress Forever, Bambi (primé à Berlin aux Teddy Awards), 12 ans d'âge, Aya de Yopougon, Sur le chemin de l'école, Belle du Seigneur, Chez nous c'est trois, Elle s'en va (avec Deneuve, sélectionné à Berlin), Grand central (sélectionné à Un certain regard cette année), Joséphine, Les reines du Ring, Juliette, Né quelque part.

18 Avant-premières hollywoodiennes : Moi moche et méchant 2, World War Z, An oversimplification of her Beauty, The Bay, Before Midnight, Broken City, Fans la tête de Charles Swann III, Dark Skies, The East, Frances Ha, Interior Leather Bar (le film sulfureux de James Franco), Five Dances, Leave it on the Floor, Open Day, Le Quatuor, Rampart, Massacre à la tronçonneuse 3D.

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2e Champs-Elysées Film Festival

12-18 juin 2013

Film d'ouverture : Struck, de Brian Dannelly, avec Chris Coffer

Film de clôture : Imogene, de Sarah Springer Berman et Robert Pulcini, avec Kristen Wiig, Annette Bening et Matt Dillon

Informations et Programme

Tavernier tourne Quai d’Orsay avec Thierry Lhermitte et Raphaël Personnaz

Posté par vincy, le 1 décembre 2012

raphael personnazLe réalisateur Bertrand Tavernier avait acquis les droits de la bande dessinée Quai d'Orsay l'an dernier (lire notre actualité sur ce sujet). Le tournage de cette adaptation a débuté fin octobre. Les deux albums de la série se sont déjà vendus à 280 000 exemplaires en France.

Thierry Lhermitte y endosse le rôle du Ministre des affaires étrangères inspiré de Dominique de Villepin. Raphaël Personnaz (photo) - déjà l'une des vedettes du précédent film de Tavernier, La Princesse de Monpensier - incarnera le jeune candide ambitieux qui rédige les discours du Ministre et se fait croquer par cette machine institutionnelle dévorante (voir à ce sujet l'irrésistible Tumblr Chroniques diplomatiques). Julie Gayet, Sonia Rolland, Bruno Raffaelli, Anaïs Demoustier, Thierry Frémont et Niels Arestrup complètent le casting.

Thierry Lhermitte sera aussi à l'affiche, en 2013, de La Marque des anges, transposition du best-seller Miserere de Jean-Christophe Grangé, au côtés de Gérard Depardieu et Joey Starr.

Raphaël Personnaz devrait connaître une belle année également : on le verra en décembre, dans Anna Karenine de Joe Wright, où il tient un second rôle, puis en Benjamin Malaussène, le héros de Daniel Pennac, dans Au bonheur des ogres et enfin en Marius dans le Marius et Fanny de Daniel Auteuil.

Pathé distribuera le film.

Cannes 2012 : la Queer Palm pour Laurence Anyways

Posté par vincy, le 26 mai 2012

La 3e Queer Palm a changé de décor pour sa cérémonie. Après l'étroit Zanzibar (aujourd'hui disparu) pour son édition inaugurale et une plage l'an dernier, c'est sur la terrasse du Magic Garden que le jury, présidé par Julie Gayet, a révélé le gagnant de l'année. C'était The Place To Be samedi soir pour une grande partie des journalistes, ceux qui restaient en tout cas. Une sorte de Grindr en "live". La cérémonie a été rapide, mais tout le monde s'est largement attardé autour de cocktails (le cointreau/jus d'airelles eut beaucoup de succès).

Si le Festival de Cannes n'a pas manqué de personnages lesbiens, gais, bis et trans, assumés ou pas, peu de films en faisaient leur sujet central. Il restait cinq finalistes, cinq films qui ont fait débat pour emporter cette Queer Palm : l'amour lesbien suggéré d'Au delà des collines de Cristian Mungiu, le coup de foudre homo d'Hors les murs de David Lambert, le rapport sadomasochiste d'un journaliste avec sa sexualité dans The Paperboy de Lee Daniels, ou encore les très beaux portraits de gais et de lesbiennes d'un certain âge dans le documentaire Les invisibles de Sébastien Lifshitz.

Le cinquième est le vainqueur. Laurence Anyways, présenté dans le cadre d'Un certain regard, permet à Xavier Dolan de figurer enfin au tableau d'honneur. Il y a deux ans, Les amours imaginaires semblait le favori pour la 1ère Queer Palm. Le culte Kaboom de Gregg Araki avait finalement gagné. Pour succéder au sud-africain Oliver Hermanus (Beauty / Skoonheid), le jury a choisi le jeune cinéaste québécois pour son film épique autour d'un homme qui veut devenir une femme.

Le film a déjà été récompensé par le jury d'Un certain regard qui a décerné un prix d'interprétation féminine à Suzanne Clément.

Il ne reste plus qu'au distributeur MK2 d'afficher la Queer Palm sur l'affiche du film, lors de sa sortie cet été, pour que le message soit clair : il y a des films qui ouvrent les yeux et luttent contre les discrimination, sans être communautariste. Car s'il y a bien une chose qui frappe dans le film de Dolan, c'est le regard que portent les passants et les citoyens sur cet homme transformé en femme. On sent le chemin qu'il reste à parcourir entre le dégoût, le mépris, l'incompréhension, le rejet, le malaise et l'absence de préjugés, l'acceptation et l'intégration.