3 raisons d’aller voir « Un berger et deux perchés à l’Elysée »

Posté par vincy, le 23 janvier 2019

Le pitch: L’ancien berger, Jean Lassalle, décide de se présenter à l’élection présidentielle. Ni une ni deux, Pierre Carles et Philippe Lespinasse, deux réalisateurs étiquetés de gauche, mais un peu perdus politiquement, décident de passer à l’action : Ils se proclament ses conseillers de campagne, avec l’ambition secrète de révéler sa vraie nature, celle d’un révolutionnaire anticapitaliste, égaré chez les centristes depuis 30 ans ! Et si Jean Lassalle, après tout, était un Correa à la sauce béarnaise ? Contre toute attente, le montagnard se qualifie pour le premier tour ! Victoire ? Nos "spin doctors" pieds nickelés et leur champion ne sont pas au bout de leurs surprises...

"On se sous-estime mais on est très bon"

Pour la fantaisie. Ce docu-reportage a des airs de Tintin. Si le propos est sérieux - on parle quand même de politique -, les frasques et l'amateurisme de cette campagne électorale donnent au film l'allure d'une aventure burlesque qui part de Quito (Equateur) et arrive à Lourdios-Ichère (Pyrénées-Atlantiques) en passant par Paris. Ce pourrait être la satire d'une élection présidentielle, une sorte de comédie décalée où un Peter Sellers s'inviterait dans une "Party" de l'élite. Il y a d'ailleurs des pures scènes de comédie qu'on croirait inventées pour le cinéma: lorsque Jean Lassalle tend au vent sa chemise blanche en roulant dans sa berline, lorsqu'il se dessape sur un parking la nuit, lorsqu'il répare sa tronçonneuse, en short, jambes écartées, ou lorsqu'il dîne avec des jeunes d'HEC, élite de la smart-nation, qui offre un décalage comique. Ce détournement de la "com-pol" (communication politique) se laisse regarder comme un film de Michael Moore dynamitant le système.

"On va dire que je suis un moyen"

Pour le personnage. Le film ne serait rien sans son héros, Jean Lassalle, centriste, rural, apte aux bons coups et entier (on se souvient de son tour de France à pieds, de sa grève de la faim pour sauver une usine, on apprend aussi qu'il a refusé un ministère). Le député est charismatique, truculent, sincère. Son accent si plaisant n'est pas pour nous déplaire, rappelant que la France est multiple. Mais c'est aussi une affaire de famille. Génétique avec sa mère, lucide et pas sa langue dans la poche, son frère, tendre comme ses fromages. Politique avec le communiste André Chassaigne, "psy" clairvoyant sur l'utilité et les limites du candidat à la présidentielle. Son humour, son bon sens, sa simplicité l'emportent. Mais il a aussi un génie médiatique et une proximité rare qui lui permettent d'être à la fois très présent au niveau national et très naturel au niveau local. Bref pas hors-sol malgré l'image qu'on lui colle.

"Je dois parler du peuple."

Pour la désillusion. Les réalisateurs Pierre Carles et Philippe Lespinasse auraient pu se planter, cinématographiquement. Ils réussissent leur immersion dans le marécage politique avec brio, se transformant en militants, activistes, spin-doctors d'un élu prêt à la bataille suprême. Ils voient en Jean Lassalle un de ces révolutionnaires latino-américains, seul capable de réconcilier les Français, de réparer les fractures du pays: un gauchiste (qui s'ignore) anticapitaliste, proche du peuple, presque hors-parti. Malheureusement pour eux, Jean Lassalle est aussi un peu de droite. La pureté politique a ses limites. En allant en Syrie rencontrer son dirigeant en pleine guerre et en doutant des massacres civils (polémique qui va faire décaler la sortie du film de deux ans), en plaçant son égo au-dessus de l'intérêt général dans une affaire #MeToo qui entache sa réputation, Lassalle dévoile ses failles. Les deux réalisateurs, qui ont fait un film libre purement subjectif, sont contraints de reconnaître que leur candidat est loin de leurs rêves révolutionnaires. Ils se résignent. Il n'y aura pas de berger à l'Elysée. Sans doute attendent-ils trop d'un même homme, capable de donner son 06 à un manifestant, de s'occuper de ses moutons et de raconter sa vie lors d'un débat télévisé. Pittoresque et picaresque, le film/personnage est un hommage qui rime avec "dommage".

Le Festival du film policier de Beaune s’emballe pour Victoria et Marshland

Posté par vincy, le 30 mars 2015

Le 7e festival du film policier de Beaune a décerné ses prix samedi soir. Cette année, le Festival a rendu hommage à John McTiernan et Bertrand Tavernier. Le cinéma coréen était à l'honneur.

Présidé par Danièle Thompson, le jury était composé d'Emmanuelle Bercot, Stéphane de Groodt, Philippe Le Guay, Jean-François Stévenin et Elsa Zilberstein.

Victoria de l'Allemand Sebastian Schipper a remporté le Grand Prix du jury. Le film avait reçu trois prix au dernier Festival de Berlin, dont celui de la meilleure contribution artistique et celui des salles de cinéma art et essai allemandes. Il s'agit de l'histoire de Victoria et de ses amis, à Berlin, en sortie de boîte de nuit. Emportée par l’alcool, et la fureur de vivre, elle décide de les suivre tout au long de la nuit et faire l’expérience de la transgression.

Deux films, distribués par KMBO, se partagent le Prix du jury: Une Seconde chance de  Susanne Bier, déjà sélectionné aux Arcs, et Hyena de Gerard Johnson. Le film sort cette semaine en France. Il a déjà récolté le prix d'interprétation masculine aux Arcs et le prix du meilleur film à Sitges.

Marshland (La Isla minima) de l'Espagnol Alberto Rodriguez a reçu deux prix: le Prix spécial police (remis par un autre jury) et le Prix de la critique. Le film distribué par Le Pacte en France le 15 juillet prochain, fut le grand vainqueur des prix Goyas (les César espagnols) cette année avec 10 prix sur 16 nominations. Il était également sélectionné aux Arcs. A San Sebastian, il avait ramassé le prix d'interprétation masculine et le prix du jury. Le film se situe dans l'Espagne post-franquiste des années 80 où deux policiers, que tout oppose, sont envoyés au coeur de l'Andalousie pour résoudre l'assassinat sauvage de deux adolescentes.

Le Prix Sang Neuf, dont le jury était présidé par Santiago Amigorena, a récompensé Life Eternal de l'Autrichien Wolfgang Murnberger.

Le Festival de Beaune remet également des prix littéraires et le Prix Claude Chabrol, obtenu par Mathieu Amalric pour La chambre bleue, adapté d'un roman de Georges Simenon, et qui avait fait son avant-première à Un certain regard au Festival de Cannes l'an dernier.

Philippe Locquet aime très beaucoup Firmine Richard

Posté par vincy, le 26 novembre 2009

Avec 1,7 million de spectateurs séduits par La première étoile, l'actrice (et élue) Firmine Richard voit son étoile briller. Après avoir accepté de tourner la suite du film de Lucien Jean-Baptiste, La deuxième étoile, elle vient de terminer le tournage du deuxième film de Philippe Locquet. Je vous aime très beaucoup est l'histoire de trois demi-frères qui ne se connaissent pas et vont passer leurs premières vacances à la campagne, chez leur grand-mère, la Nonna. Le rôle de la Nonna a été écrit spécifiquement pour elle.

Le film a coûté 2,7 millions d'euros. Tourné durant sept semaines dans les Alpes-Martinimes, Jour2Fête distribuera le film au printemps 2010.