Posté par MpM, le 27 février 2009
Berlin terminé, les Oscars décernés… pour s’occuper, la profession n’a plus qu’à lorgner du côté de Cannes et des films qui, s’ils étaient prêts à temps, pourraient faire sensation sur le tapis rouge. La liste est longue et parfois fantasque, mais certains noms reviennent avec une vraie constance. Sûrement de quoi amuser Thierry Frémaux qui, comme chaque année, va au cours des deux mois qui viennent découvrir au fil des articles de journaux ce qu’il est censé aimer ou détester.

Aux réalisateurs français déjà cités (voir notre article du 18 janvier), se sont peu à peu ajoutés l’incontournable Bruno Dumont (Hadewijch), Marina de Van (Ne te retourne pas, déjà pressenti en 2008) et Gaspar Noe (Soudain le vide), trois réalisateurs susceptibles de susciter une vraie bonne polémique comme la Croisette en est friande. Dans un genre très différent, certains parlent du documentaire de Nicolas Hulot, The titanic Syndrome tandis qu'en outsiders, on voit bien Stéphane Brizé (Mademoiselle Chambon, adapté d'un roman de Eric Holder) ainsi qu' Albert Pereira Lazaro et son complice Emmanuel Klotz pour le film d'animation Les lascars.
Déjà venus, Tony Gatlif (Liberté), Alain Resnais (Les herbes folles) et Cédric Kahn (Les regrets) pourraient enfin faire également partie des prétendants présentés aux sélectionneurs du Festival. On l'a compris, le choix final risque d'être particulièrement complexe... d'autant que, traditionnellement, seuls trois ou quatre films français figurent en compétition. Même avec la possibilité d'un "repêchage" en "séance spéciale" ou dans le cadre de la section "Un certain regard", la majorité des longs métrages envisagés ne fera pas le voyage, et cela indépendamment de toute considération artistique.
Almodovar, Loach, Von Trier, Mungiu...
Il ne faut pas croire que la sélection s'annonce plus facile dans le reste de l'Europe. Même parmi les "fidèles", voire les déjà palmés, un tri drastique va s'imposer. De Pedro Almodovar (Los abrazios rotos, avec Peneloppe Cruz) dont on ne compte plus les tentatives de remporter la Palme à Ken Loach (Looking for Eric, sur et avec Eric Cantonna) qui l'a reçue en 2006, ils sont tous prêts : Lars von Trier (Antichrist avec Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg), Fatih Atkin (Soul kitchen, une comédie avec Morritz Bleibtreu), Michael Haneke (Le ruban blanc), Cristian Mungiu (Palme d’or 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours qui revient avec Tales from the golden age, sur la Roumanie communiste), Marco Belloccio (Vincere), Bela Tarr (The Turin horse), Andreas Arnold (Fish tank), Danis Tanovic (Triage)...
Toutefois, la surprise pourrait aussi venir de ceux qui n'ont jamais connu les honneurs de la compétition ou même du Festival : l'Italien Michele Placido (Il grande sogno), l'Autrichienne Jessica Hausner (Lourdes), l'Islandais Dagur Kari (The good heart), l'Allemand Matthias Glasner (This is love, sur la prostitution enfantine en Thaïlande) ou encore le film d'animation nordique, Metropia, dirigé par Tarik Saleh.
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A suivre : les films nord-américains attendus sur la Croisette
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Posté par MpM, le 11 septembre 2008
Berlin, Cannes et Venise sont généralement considérés comme les grands festivals de cinéma dans le monde, ceux qui permettent tout au long d’une année de prendre le pouls de la cinématographie internationale. Pour la première fois en 2008, Ecran Noir a réalisé le "Grand Chelem", et est ainsi en mesure de faire un comparatif (forcément un peu subjectif) de ce triumvirat des grandes fêtes du cinéma.
Ambiance : Indéniablement, Cannes reste la référence absolue, car nulle part ailleurs on n’a tant l’impression d’un gigantesque cirque dont il faut faire partie à tout prix. C’est aussi le seul festival que l’on connaisse où l’on ne s’arrête jamais, où un confrère pressé n’hésite pas à vous bousculer (voire vous insulter) si vous êtes un peu long à ranger vos affaires en salle de presse… A Berlin, seules les grandes stars hollywoodiennes déchaînent quelques passions (on en a eu l’exemple avec Scarlett Johannson et Natalie Portman ou encore Madonna), le reste du temps tout le monde reste très policé et tranquille. A Venise, on a même franchement l’impression que les festivaliers sont trop occupés à profiter de la ville et de la plage toute proche pour être obsédés par les films ou les célébrités…
Organisation : Berlin et Venise ont en commun d’être très ouverts au public, qui a même ses propres séances réservées. Le jeu des multiples diffusions de films empêche que cela soit un handicap pour quiconque et rares sont les journalistes à rester sur le carreau lors des projections… sans pour autant qu’il soit nécessaire de subir de longues files d’attente. A Cannes, c’est tout le contraire. Malgré une hiérarchie quasi militaire (une douzaine de niveaux d’accréditation différents), il est parfois difficile d’avoir accès aux films de la compétition. Le 4e volet d’Indiana Jones a déclenché une telle hystérie que deux heures avant la séance, certains membres de la presse attendaient déjà devant la salle, en plein cagnard. A noter qu’à Venise, il y a tout de même trois sortes d’accréditation presse, et qu’il est quasi impossible pour les deux niveaux inférieurs de voir certains films de la sélection avant les conférences de presse.
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Posté par MpM, le 5 mars 2008
Lors de l’avant-première de son film Mad detective, qui donnait le coup d’envoi à la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque française, le réalisateur hongkongais Johnnie To a été accueilli par des tonnerres d’applaudissement, preuve s’il en était besoin de la réputation qu’il s’est taillée auprès des cinéphiles français. On est bien loin de l’époque où le polar made in Hong Kong était traité comme du cinéma de seconde zone, à peine bon pour des sorties vidéo réservées à un public pas spécialement réputé pour son bon goût...
Aujourd'hui, la virtuosité, l'esthétique et le goût de l'artisanat propres à une certaine branche du cinéma hongkongais sont même à la mode, copiés partout et par tout le monde. A Hollywood, bien sûr, qui s'est adjoint les services de John Woo avant de s'offrir le remake d'Infernal affairs par Scorsese, mais également en France, où Alain Corneau a donné à son remake du Deuxième souffle des accents purement hongkongais. Sans oublier le plus célèbre recycleur du monde, Tarantino, qui s’est nourri de ce type de films pour réaliser Kill Bill ou Reservoir dogs...
D’où l’importance que revêt le travail de Johnnie To, principalementt depuis le milieu des années 90 et la création avec son complice Wa Ka Fai de sa propre maison de production, la MilkyWay Image Ltd. Depuis plus de dix ans, il donne en effet une véritable impulsion à la production de la région, réalisant des films toujours plus personnels, et produisant dans le même temps les œuvres de jeunes cinéastes. "Le premier film produit par la MilkyWay image s’appelait Too many ways to be number one, de Wa Ka fai, avec Lau Ching-Wan", a ainsi rappelé le réalisateur lors de son intervention devant une salle comble. "Dix ans plus tard, nous sous sommes retrouvés tous les trois pour réaliser Mad detective, le film du 10e anniversaire de la société. Ce film symbolise donc une nouvelle étape dans notre travail."
Si les dix prochaines années sont aussi prolifiques et talentueuses que les précédentes, la Cinémathèque peut d’ores et déjà préparer un deuxième hommage aux alentours de 2018. Partis comme ils sont, Johnnie To et sa bande auront bien une trentaine de films supplémentaires à présenter…
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Posté par MpM, le 28 février 2008
Johnnie To est partout. En l'espace d'à peine deux mois, il a réussi à sortir deux films en salle (Triangle en janvier, Mad detective le 5 mars, et l'on ne parle pas de Filatures, qu'il a simplement produit), en présenter un troisième en compétition à Berlin (Sparrow) et s'offrir une étonnante rétrospective dans le temple de la cinématographie française. Vue l'étendue de son oeuvre (près de 50 films en moins de 30 ans, bien plus si l'on considère son activité de producteur), les programmateurs de la Cinémathèque ont dû faire un choix, au détriment de ses films les plus anciens, souvent jugés comme les moins intéressants.
On verra malgré tout les inénarrables Heroic trio1 et 2 (1993), actionners musclés mettant en scène trois héroïnes sexys incarnées par Michelle Yeoh, Anita Mui et Maggie Cheung, tout de cuir vêtue. Pas franchement des chefs d'oeuvre, mais plutôt sympathiques et agréables à regarder. Pour le reste, aucune titre remontant à plus de 15 ans, et une concentration assez importante de films ultra-connus. Incontournables, ses trois oeuvres cultes : Fulltime killer (1995) , The mission (1999) et PTU (2003) ainsi que tout ce qu'il a réalisé ou produit depuis Breaking news, sélectionné à Cannes en 2004 (Election 1 et 2, Exilé, Triangle, Filatures) . Sans oublier quelques films secondaires qui permettent de l'appréhender sous un jour différent comme la vraiment charmante comédie romantique Needing you (2000) ou le parfaitement délirant Running on Karma (2003). En tout, une trentaine de longs métrages à (re)découvrir du 5 mars au 11 avril.
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