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Festival Lumière – Jour 1 : Alice n’est plus ici mais Martin Scorsese est dans toutes les têtes

Posté par Morgane, le 13 octobre 2015

Octobre est arrivé et avec lui, comme chaque année depuis 7 ans maintenant, le Festival Lumière et son lot de films, de rencontres, de master class, de dédicaces… Lyon va battre au rythme du 7e Art pendant toute une semaine (du 12 au 18 octobre).

Cette année, Le Prix Lumière sera remis vendredi soir au grandiose Martin Scorsese! La semaine sera alors ponctuée de 15 de ses films et de 5 de ses documentaires. Mais ce n'est pas tout, il y a aussi la Carte blanche à Martin Scorsese, de nombreux hommages à Akira Kurosawa, Julien Duvivier, Larissa Chepitko, l'anniversaire des 30 ans de Pixar avec John Lasseter en invité, des invitations à Sophia Loren, Nicolas Winding Refn, Géraldine Chaplin, Mads Mikkelsen et Alexandre Desplat et de nombreux autres cycles (les ressorties, les grandes projections, la nuit de la peur, les curiosités des années 1980, les trésors des archives, les nouvelles restaurations etc.)

Environ 150 Films projetés en une semaine, c'est certain, il faut faire des choix! Pour ma part, Prix Lumière à Martin Scorsese je commence donc par un de ses films, son troisième plus exactement, qu'il réalise après Mean Streets et juste avant Taxi Driver: Alice n'est plus ici (1974). Cette oeuvre est un peu à part dans sa filmographie puisqu'il s'agit de son premier film hollywoodien et, plus ou moins, d' une commande de l'actrice principale, Ellen Burstyn. On n'y retrouve pas forcément ses thèmes de prédilection mais il porte tout de même sa griffe à travers la bande-son rock et un rythme assez rapide. Jodie Foster tient également le rôle d'Audrey, jeune ado laissée à la dérive par sa mère. on la recroisera chez Scorsese dans le rôle qui fera décoller sa carrière, avec le Scorsese suivant, Taxi Driver.

Avec Alice n'est plus ici, Martin Scorsese nous entraîne dans un road-movie entre une mère et son fils. Liaison atypique que Scorsese filme crument mais avec beaucoup de bienveillance et qui donne à cette relation un aspect très attendrissant. Malgré le caractère quelque peu soumis d'Alice aux hommes, c'est une femme forte qui prend la route, avec son fils sous le bras, à la mort de son mari. Au fur et à mesure que la route défile, son caractère se modifie et on sent une pointe de féminisme qui transparaît dans ce film. C'est d'ailleurs le seul film de Scorsese où le héros est en réalité une héroïne!

Ici, ni mafia, ni vengeance. C'est presque un électron libre, très scorsesien, mais à des années lumières de ce qui suivra durant plus de 40 ans.

Clap d'ouverture

Cette première journée de Festival est également marquée par la soirée d'ouverture qui, comme chaque année, se déroule dans l'immense Halle Tony Garnier. Jean-Paul Belmondo, qui revient deux ans après nous avoir fait partager un moment très émouvant aux côtés de Quentin Tarantino, est ovationné. Se succèdent John Lasseter (qui vient souffler les 30 bougies de la petite lampe de chevet), Nicolas Winding Refn (qui présentera deux de ses films, donnera une master class et présentera sa collection d'affiches de films), Mélanie Thierry, Raphaël, Jean Becker, Laurent Gerra, Vincent Elbaz, Louise Bourgoin, Rolf de Heer (qui est là pour la ressortie de son film Bad Boy Bubby), Alex Lutz, Bernard Pivot, Paul Belmondo (qui présentera en compagnie de son père le documentaire qu'il a réalisé sur ce dernier), Dario Argento (pour son film Les Frissons de l'angoisse récemment restauré) et sa fille Asia Argento, Jacques Audiard, Daniel Auteuil et bien d'autres encore…

Discours de Thierry Frémaux (sans Bertrand Tavernier cette fois, qui se remet d'une opération mais qui devrait être présent en fin de festival), petit film en forme de bande annonce alléchante de cette nouvelle édition, montage "tribute to Lasseter", projection de La sortie d'usine avec le cinématographe original des Frères Lumière... Chaque spectateur a également reçu son traditionnel morceau de pellicule qui cette année appartenait au film Jeux Interdits de René Clément.

Lindon parmi les monstres sacrés

On a ensuite eu droit à un hommage en images à Vincent Lindon, qui est ensuite monté sur scène pour présenter le film surprise de cette soirée d'ouverture. Film surprise qui ne l'est pas resté longtemps puisque le nom lui a échappé dès ses premières phrases. C'est donc La fin du jour de Julien Duvivier qui sera projeté en ce premier soir. Film pour les acteurs puisqu'il se passe dans une maison de retraite pour anciens comédiens! Discours émouvant et drôle à la fois de la part du Prix d'interprétation masculine cannois de l'année. Il remercie Thierry Frémaux d'avoir sélectionné La loi du marché à Cannes, remercie également Jean-Paul Belmondo qu'il admire, puis nous raconte sa passion pour le cinéma de Carné, Renoir, Duvivier et plus généralement de cette époque-là et de ce cinéma populaire. Véritable admirateur de Julien Duvivier qu'il considère malheureusement comme un cinéaste sous-estimé, il présentera également La Bandera et Pépé le Moko du même réalisateur durant la semaine. Il avoue tout de même : "je vais être franc, La fin du jour n'est pas mon préféré, mais je l'aime beaucoup quand même".

La suite se passe en images aux côtés de Louis Jouvet, Michel Simon, François Périer, Victor Francen, Madeleine Ozeray... Il y a pire compagnie pour se mettre en appétit avant l'orgie cinéphile qui s'annonce.

John Lasseter réalisera Toy Story 4

Posté par vincy, le 7 novembre 2014

toy story 3On croyait John Lasseter à l'écart de la réalisation depuis qu'il a pris ses fonctions de directeur artistique dans le groupe Walt-Disney Animation-Pixar. Que nenni.

Disney-Pixar a non seulement annoncé qu'un quatrième épisode de Toy Story serait sur les écrans en 2017 (le 16 juin aux Etats-Unis), mais en plus il sera réalisé par John Lasseter, créateur et réalisateur du premier (et du deuxième) opus des aventures de Woody et Buzz L'éclair. Toy Story 1 était le premier long métrage de Pixar, en 1995, et le premier film d'animation entièrement réalisé par ordinateur.

Dans un communiqué du groupe, Lasseter explique: « Nous adorons ces personnages, ils font partie de la famille. C’est pour cela que nous ne ferons rien avec eux qui ne soit au moins aussi bien, si ce n’est mieux, que ce qui a déjà été fait. Toy Story 3 achevait si parfaitement l’histoire de Buzz et Woody avec Andy que pendant longtemps, nous n’avons pas même songé à une suite potentielle. Mais Andrew, Pete, Lee et moi avons eu une toute nouvelle idée, de celles qu’on n’arrive plus à oublier une fois qu’elles ont pointé le nez… Je la trouve passionnante. Je sentais qu’il fallait absolument que l’on fasse ce film et que j’en sois le réalisateur ! »

Toy Story 4 a été scénarisé par Rashida Jones et Will McCormack, auteurs du film Celeste & Jesse Forever, d'après une histoire imaginée par l'équipe d'origine: John Lasseter, Andrew Stanton, Pete Docter et Lee Unkrich. Tom Hanks et Tim Allen, les voix respectives du cow boy et de l'astronaute, continueront leur collaboration.

On ne sait pas grand chose du pitch, hormis que ce quatrième film ouvrira un nouveau chapitre dans la vie des personnages.

La saga Toy Story a rapporté près de 2 milliards de recettes dans le monde dans les cinémas (il faudrait ajouter les droits TV, les ventes vidéos et les produits dérivés). Le troisième épisode a rapporté à lui seul plus de 1 milliard de $. Il est l'un des 100 films les plus vus depuis la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis, la 13ème recette historique dans le pays et dans le monde. C'est le film d'animation le plus lucratif de Pixar mais aussi le 2ème film d'animation le plus lucratif aux Etats-Unis, après Shrek 2.

John Lasseter a réalisé les deux premiers Toy Story mais aussi 1001 pattes (A Bug's Life) en 1998 et les deux épisodes de Cars. Toy Story 4 marquera son retour à la réalisation après six ans de hiatus (Cars 2, 2011).

Pixar sortira son prochain film en juin 2015 (Inside Out) avant The Good Dinosaur dans un an et Finding Dory en juin 2016. Planifiées également les suites de Cars et des Indestructibles (lire notre actualité du 20 mars 2014)

Steve Jobs (1955-2011) : iDeath

Posté par vincy, le 6 octobre 2011

Steve Jobs, cofondateur d'Apple, est mort à l'âge de 56 ans mercredi soir. Il avait simplifié l'ordinateur individuel pour le rendre accessible à tous. Jusqu'en 1985, 9 ans après la création de la marque à la pomme, il quittait Apple (démis de ses fonctions) pour y revenir en 1997 quand la firme était au sixième sous-sol des ventes. Là il a imposé un nouveau modèle (des produits attrayants avec un design novateur, se différenciant ainsi de l'esthétique froide de l'informatique) puis réorienté la société pour en faire non seulement un producteur d'outils de communication nomades mais aussi un diffuseur de produits culturels, et notamment de films téléchargeables.

Après son premier départ d'Apple, Steve Jobs, sollicité par deux ingénieurs de Lucasfilm, rachète pour 10 millions de $ The Graphics Group, filiale cédée par George Lucas. Jobs créé les Studios Pixar, et détient la majorité des parts. A l'époque, Jobs ne rêve pas d'Hollywood. Il espère juste que les ingénieurs développent des logiciels défiant l'infographie.

John Lasseter, malin, en profite pour l'obliger à produire des courts métrages animés qui servent de vitrine aux technologies développées. Les films d'animation ébahissent les festivals. Mais la structure de développement informatique est un gouffre financier. Le prestige ne suffit pas. Même si, en 1988, Tin Toy remporte l'Oscar... Steve Jobs comprend qu'il se trompe de "business". L'informatique n'est pas l'avenir, mais les contenus en sont un. Il accepte d'investir dans un long métrage, Toy Story, négocie un contrat de distribution et de coproduction avec Walt Disney. Sorti en 1995, le film est un carton mondial.

Pixar se vendra à Disney en 2006 pour 7,4 milliards de $. Entre temps, les longs métrages ont triomphé au box office, récolté des Oscars, volé la vedette aux films d'animation classiques de Disney, en déclin. Walt Disney acquiert un savoir-faire. Steve Jobs devient ainsi le premier actionnaire individuel du groupe Disney (environ 7% du capital). On imagine le pactole. Il entre aussi au conseil d'administration d'un des plus grands studios du monde.

Pendant ce temps Apple, qu'il redirige depuis 1997, se mue en vedette montante de Wall Street : iPods, iPhones, nouveaux MacBooks, iPads, et surtout iTunes et autres boutiques en ligne. La convergence supports-contenus est désormais intégrée dans la stratégie de la société. Quand l'iPad sort, il se publicise avec une image de Là-haut. La boucle est bouclée. Tout son parcours devient cohérent.

Ses vieux complices John Lasseter, directeur artistique de Disney, et Ed Catmull, président de Disney Feature Animation, lui ont rendu hommage : "Il a vu le potentiel de Pixar bien avant le reste d'entre nous et au-delà de ce que quiconque aurait pu imaginer. Steve a parié sur nous et a profondément cru en notre rêve un peu fou de créer des dessins animés par ordinateur. La seule chose qu'il nous disait toujours était simplement : "Faites ça bien.""

Drôles de choix pour les personnalités du cinéma les plus influentes du Time Magazine

Posté par vincy, le 24 avril 2011

La liste est très subjective : ce sont finalement les personnalités - issues des milieux politiques, économiques, culturels, ... - qui font le plus de "buzz", soit un mélange de bruit médiatique et d'impact idéologique. Mais comment expliquer  la sur-réprésentation du monde arabe et la sous-évaluation de la Chine et de l'Extrême Orient, comment justifier la quasi absence de grands patrons ou de sportifs, comment comprendre ce tableau, qui finalement, se révèle plus que subjectif : partisan.

Le cinéma n'est finalement pas très représenté dans ce Top 100 des personnalités les plus influentes listées par Time Magazine pour l'année 2011. Et encore plus paradoxal, la télévision y est quasiment absente.

On croise pourtant l'une de ses héroïnes, Amy Poehler, comique du Saturday Night Live, qu'on a pu entendre dans des dessins animés comme Megamind ou Alvin et Chipmunks, en haut du classement. Elle dépasse d'une tête Mark Zuckerber, créateur de Facebook et personnage central de The Social Network, le film de David Fincher.

Dans le haut du panier, on retrouve Colin Firth, auréolé de son Oscar pour Le discours d'un Roi. Très beau texte d'Helen Mirren, elle-même oscarisée pour The Queen, pour le décrire. Interpréter une tête couronnée peut vous faire gagner une statuette.

Firth doit être ravi d'être dans la même liste que Tom Ford, haut-couturier et réalisateur d'A single Man, où l'acteur faisait déjà une performance subtile et oscarisable. C'est Rita Wilson, la femme de Tom Hanks, lui rend hommage.

Blake Lively (photo), influente? il faut le croire : la blondeur a ses effets. Vue dans The Town et bientôt dans Green Lantern et Gatsby le Magnifique, chouchou du jeune public avec la série Gossip Girl, le choix est étonnant, puisqu'elle est devant Hillary Clinton.

Dans le bas du tableau, on aperçoit l'acteur-chanteur sud coréen Rain, l'espoir du pays des Merveilles, Mia Wasikowska (avec un texte de Glenn Close), le génie de l'animation John Lasseter (à notre avis l'un des rares dont la présence est cohérente), la star Matt Damon pour son rôle dans l'association Water.org,le producteur et acteur Mark Wahlberg (honorée par un texte d'Amy Adams) ou encore le producteur Scott Rudin (The Social Network, True Grit).

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Tout le classement de Time Magazine

Le secret de la pyramide (reprise) : Sherlock Holmes version eighties

Posté par Claire Fayau, le 7 décembre 2010

"- C'était une fille !
- Brillante déduction, Watson!
"

L'histoire : Londres, à l’époque victorienne. Un comptable notoire se jette de sa fenêtre à la suite d’horribles hallucinations ; on conclut au suicide. Non loin de là, le jeune John Watson entre à la prestigieuse Académie Brompton, un internat pour adolescents où il fait la connaissance d’un certain Sherlock Holmes. Le sens de déduction prodigieux de ce dernier en fait la coqueluche de l’école. Mais pendant que le détective en herbe poursuit ses études, les meurtres se succèdent, de plus en plus étranges. Lorsque son mentor, le professeur Waxflatter, succombe à son tour, Sherlock Holmes décide de mener l’enquête, épaulé par Watson...

Reprise : Réalisé par Barry Levinson (Rainman), produit par Steven Spielberg, Le Secret de la  Pyramide retrace  les jeunes années de Sherlock Holmes, avec une certaine distance. Écrit par Chris Colombus (Harry Potter 1 et 2), ce film d'aventures fait des infidélités (assez jouissives) à Conan Doyle.

Ce mix d'Indiana  Jones (et le temple maudit), des Goonies , de La Momie, des Gremlins... et d'Harry Potter (l'école de Sherlock et les scènes à Brompton renvoient à Poudlard) fait un peu "gloubiboulga" pour les adultes, mais le scénario, classique tient la route.

La relecture du personnage est intéressante. Sherlock passe de l'état de jeune homme amoureux et émotif à un adulte presque trop sérieux.  Les puristes s'offenseront de cette interprétation tandis que les cinévores s'en amuseront.

Étrangement, les effets spéciaux (nommés aux Oscars) n'ont pas vieilli. Il s'agit du premier film où un personnage (le chevalier qui prend vie dans la scène du vitrail - la plus réussie) est entièrement conçu par ordinateur grâce à un certain John Lasseter (Pixar). Il a fallut quatre mois pour parvenir à ce résultat.

La touche Spielberg se retrouve dans la cruauté et la violence de certaines séquences d'un film pourtant destiné aux plus jeunes.

Cela n'empêche pas le film de perdre son intensité au fil de l'histoire, sans doute à cause d'un casting manquant de charisme (Nicholas Rowe, alias le détective, n'a d'ailleurs rien fait de marquant depuis). Malgré des clins d'oeil appuyés (E.T. par exemple), Le secret de la pyramide ne parvient jamais à dépasser le genre pour s'imposer comme une référence.Et pourtant, à voir ce générique de fin qui réserve une surprise, on imagine que les créateurs avaient l'idée d'une suite. Mais ce Young Sherlock Holmes fut un fiasco total, ne rapportant même pas un quart de son budget au box office.

Triste disparition chez Disney

Posté par geoffroy, le 17 décembre 2009

Roy Disney, neveu de Walt Disney, est décédé mercredi 16 décembre des suites d'un cancer. Il avait 79 ans.

Personnage emblématique de l'Empire Disney depuis la disparition de son oncle Walt, Roy débuta sa carrière dans la firme aux grandes oreilles en 1954 et fut élu au directoire de la Walt Disney Compagny en 1967. En désaccord profond sur l'orientation de la firme vers la fin des années 70, Roy pesa de tout son poids pour faire évincer en 1984 le président directeur général de l'époque, Ronald William Miller.

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Elu vice-président du directoire et nommé responsable du département animation la même année, Roy Disney revitalise un département en perte de vitesse sur le plan artistique et public. Pour lui, il s'agit de laisser plus de liberté artistique aux créatifs de la maison tout en respectant la tradition des grands classiques de la firme.

Cette double exigence redore sans aucun doute le blason du studio et lui offre, au cours des années 90, une nouvelle jeunesse. La Petite Sirène (1989), La Belle et la Bête (1991), Aladdin (1992), Le Roi Lion (1994), Le Bossu de Notre-Dame (1996) ou encore Tarzan (1999), sont les nouveaux porte étendards de l'animation mondiale.

Au même moment, il finalise un projet en gestation depuis neuf ans: Fantasia 2000, "suite" du chef d'oeuvre éponyme sortit en 1940. Sans égaler l'original, Fantasia 2000 résume à lui seul la vision d'un homme attaché à la qualité des projets à mener, faisant de l'animation un genre cinématographique à part entière.

Une mésentente persistante avec le PDG de l'époque, Michael Eisner, sur la volonté (entre autre) de ce dernier à fermer le département d'animation 2D au profit d'une exclusive 3D (chose qu'il fit malheureusement en 2003), poussa Roy Disney à démissionner. Or, il ne s'avoua pas vaincu pour autant. En 2004, au cours du congrès annuel des actionnaires de Disney, 43% d'entre eux s'opposèrent à la réélection d'Eisner. Un nouveau PDG fut nommé et Roy Disney prouva son influence au sein de la firme. Après l'acquisition de Pixar, par Disney en 2006, Roy fit en sorte que John Lasseter, directeur de création chez Pixar, devienne le nouveau directeur de création du département animation de Disney.

Conscient du potentiel créatif d'une animation classique et favorable à une séparation des compétences entre les deux studios, John Lasseter annonça que Pixar produirait un film en images de synthèse par an tandis que Disney reprendrait le flambeau de ses aînés en relançant l'animation classique. C'est chose faite avec La Princesse et la Grenouille, film en 2D sortit au USA le week-end du 25 novembre 2009 et attendu chez nous le 27 janvier 2010.

Avec La Princesse et la Grenouille, Razpunzel et La Sorcière des Glaces (films actuellement en préparation), John Lasseter et toute l'équipe créative de Disney continuent l'oeuvre de Roy Disney pour qui la firme Walt Disney fut toute sa vie.

Venise 2009 : les autres films marquants

Posté par vincy, le 30 juillet 2009

Outre la compétition, Venise offre des morceaux de choix dans les autres sélections. Le film de clôture, Chengdu I Love You de Fruit Chan et Cui jan, couronnera naturellement une compétition asiatophile avec un président du jury d'origine chinoise.

Le dernier Joe Dante (membre du jury), the Hole, sera présenté hors compétition, aux côtés de REC 2, des nouveaux films d'Abel Ferrara (Napoli Napoli Napoli), de Steven Soderbergh (The Informant) et d'Oliver Stone (South of the Border). Mais point de Coen.

Les séances de minuit auron les saveurs de l'Inde avec trois films, dont deux du membre du jury Anurag Kashyap. Brooklyn's Finest d'Antoine Fuqua, sera aussi proposé tard dans la nuit.

A l'occasion du Lion d'or d'honneur pour John Lasseter et les productions Pixar, les deux premiers Toy Story, version 3D, seront projetés.

Dans la sélection Horizon on remarquera un film de Daniela Thomas, la collaboratrice de Walter Salles, Insolacao.

Le Comic-Con succombe au 3D avec James Cameron en tête de gondole

Posté par vincy, le 28 juillet 2009

james-cameron-avtar-comic-con-banner.jpgLe Comic-Con de San Diego prend de l'importance année après année (126 000 entrées). Après avoir été le rendez-vous incontournable de la BD et du manga, le voici le lieu privilégié pour lancer des jeux vidéos et des films. 2009 aura été l'année de la 3D. Alors que le cinéma en relief dope les recettes des films hollywoodiens, la technologie, pourtant peu convaincante d'un point de vue cinématographique, semble s'installer durablement dans le paysage.

En symbole, rien de mieux que James Cameron et 20 minutes de son prochain film, Avatar. Ce n'était pas la première fois qu'il présentait un montage d'une des oeuvres les plus attendues de la fin de cette décennie. Cameron avait même fait une conférence de cinq heures à Cinema Expo. Il a juste introduit l'hallucination visuelle, un voyage de science-fiction, par "Êtes-vous prêt pour aller à Pandora?". Il devrait montrer un montage plus abouti vers la mi-août dans des salles 3D ou Imax sélectionnées. Comme Peter Jackson avec son Seigneur des Anneaux, James Cameron a aussi annoncé qu'il devrait ressortir certains de ses plus gros succès comme Titanic, en 3D.14077.jpg

Et sinon, le Comic-Con aura été l'occasion de lancer le teaser d' Iron Man 2 en présence de Robert Downey Jr, qui a aussi fait le "show" pour Sherlock Holmes, "le premier des superhéros". D'autres bande-annonces - Alice au pays des merveilles - ou des extraits du prochain Zemeckis (A Christmas Carol) ont suscité davantage d'adhésions que des films projetés en avant-première. Warner a aussi présenté Jonah Hex et Sony a testé Zombieland. Mais ce qui a remporté le plus de succès fut évidemment la présentation, sans images et sans stars, de la suite de Twilight...

Pourtant l'événement était ailleurs : la présence honorable d'Hayao Miyazaki, aux côtés de John Lasseter (Pixar), aussi rare qu'exceptionnelle, prouvait que San Diego devenait une manifestation incontournable pour le 7e Art. A deux heures d'Hollywood.

Un Pixar en ouverture : Cannes s’envolera Là-haut.

Posté par vincy, le 19 mars 2009

lahaut.jpgC'est l'année Pixar. Un Oscar, un Lion d'or d'honneur à Venise pour John Lasseter et l'ouverture prestigieuse du Festival de Cannes le 13 mai prochain. Et dommage pour ceux qui ont annoncé Millenium (on dénonce : l'AFP, Courrier international, pas mal de blogs...) à la place.

Ecran Noir est ravi de voir enfin un de ses vieux voeux exaucés. Pixar sur la Croisette. Et pas un teaser. Le nouveau long métrage, Là-haut (Up) sera donc présenté en avant-première mondiale à Cannes. C'est la première fois qu'un film d'animation a le droit à cet honneur. C'est aussi une manière de dérouler le tapis rouge à la technologie 3D Relief.

Depuis quelques années, Cannes sélectionne des films d'animation comme Les triplettes de Belleville, Persépolis ou Valse avec Bashir. Mais surtout, les liens étroits avec DreamWorks avaient facilité les lancements de Shrek, Nos voisins les hommes et l'an dernier, Kung-Fu Panda. Le premier dessin animé sélectionné avait été ... Dumbo en 1947.

Là-haut est une comédie d'aventure, l'histoire d'un vieil homme qui rêve de faire un voyage en ballon en Amérique du Sud. Le jour où débute l'équipée, il découvre un passager encombrant. Il sort aux Etats-Unis le 29 mai et en France le 29 juillet.

Le reste de la sélection sera connu le 23 avril. Gilles Jacob a confirmé hier que Edouard Baer allait reprendre le flambeau pour présenter la cérémonie d'ouverture et celle de clôture.

Kung-Fu Panda par K.O.

Posté par vincy, le 11 février 2009

kung fu pandaParmi la multitude de prix remis en janvier et février aux Etats-Unis, les Annie Awards, les oscars de l'animation, commencent à prendre de l'envergure. Sans doute parce que cette 36e édition correspond à deux réalités : Disney n'a plus le monopole du genre, au contraire. DreamWorks bat le studio au Box Office et les productions de la Fox, Sony, Warner ainsi que de nombreux films étrangers sont devenus des références dans le domaine. Autre facteur : le box office, justement. Les films d'animation ne sont plus seulement réservés aux enfants et deviennent des blockbusters comme les autres. Quatre dessins animés se sont classés dans le Top 15 mondial en 2008. Dont Kung-Fu Panda, sur le podium, en médaille de bronze avec 631 millions de $.
Et c'est d'ailleurs ce dessin animé présenté au Festival de Cannes hors compétition l'an dernier, qui a été le gagnant des Annie Awards. Surprise réelle. Objectivement parce que Wall-E est cité parmi les meilleurs films de l'année, tous genres confondus, jusqu'à obtenir plusieurs nominations aux Oscars, y compris dans la catégorie scénario original. Une amère ironie puisque Wall-E a été nommé dans la plupart des catégories des Annie Awards, sauf celle du scénario!

Subjectivement parce que Kung-Fu Panda, bluffant visuellement, est assez faible scénaristiquement.

Pourtant ce Panda a quasiment tout raflé, et tant pis pour Volt, Wall-E, Horton ou encore Madagascar 2 : meilleur film animé, meilleure réalisation, meilleur jeu vidéo adapté d'un dessin animé, meilleurs effets animés, meilleure animation des personnages (la séquence du rêve), meilleur dessin de personnage (le français Nicolas Marlet), meilleure musique, meilleure direction artistique, meilleur scénario, meilleur storyboard

Dustin Hoffman, incarnant Shifu, a reçu l'immense honneur d'être récompensé pour sa performance vocale. dustin hoffman kung fu panda

Notons aussi le prix pour le français, venant de l'Ecole des Gobelins, Pierre Perifel, qui a récolté le prix de la meilleure animation pour un format court ou une production télévisée. Secrets of the Furious Five est un court qui accompagne Kung-Fu Panda. Perfiel, d'ailleurs, a travaillé sur le long métrage, et les deux suivants de DreamWorks. Nicolas Marlet a aussi reçu le prix du meilleur dessin de personnage dans cette catégorie.

Cela veut dire 11 prix (une razzia sans concession) pour le long métrage et 4 pour le court métrage qui lui est attaché.

Par ailleurs, Wallace & Gromit : A Matter of Loaf and Death signe son grand retour, battant au passage, dans sa catégorie court métrage animé, un film issu de Walt Disney, un autre de Pixar et un de Bill Plympton. Une bérézina...

Ceci dit John Lasseter (Pixar), Nick Park (Aardman) et Mike Judge ont reçu des prix honorifiques.