Cartoon Forum 2017 : tour d’horizon des premiers projets présentés

Posté par MpM, le 13 septembre 2017

Carrefour de la série télévisée animée, Cartoon Forum est le lieu des possibles. L'endroit où se rencontrent espoirs et désirs, inventivité et audace, coups de cœur et paris fous. Pendant trois jours, les projets se succèdent, et les professionnels se pressent (littéralement) devant les présentations qui répondent toutes à un rituel assez précis. En une demi-heure, il faut convaincre, avec parfois peu d'éléments et un trac plus ou moins bien dissimulé, de l'intérêt et de la faisabilité d'un projet.

Les équipes présentes (producteurs, créateurs, réalisateurs) sont à la recherche de coproductions européennes, et de diffuseurs susceptibles de s'engager à leurs côtés. Du Carton Forum peut ainsi dépendre l'avenir du projet, et l'on a parfois du mal à réaliser que tous ne pourront pas se faire, ou n'arriveront pas jusqu'à nous. Pourtant, a priori, on aurait envie de tous les voir, et l'on est frappé par la diversité et l'éclectisme des thèmes, des graphismes et des univers visuels. Petit tour d'horizon des premiers projets présentés.

LA FOIRE AGRICOLE
Production : PANIQUE! et Autour de minuit
Réalisation : Stéphane Aubier et Vincent Patar

Cowboy et Indien, les héros loufoques et délirants de Panique au village, sont de retour pour un 3e "spécial" de 26 Minutes (après La Bûche de Noël et La Rentrée des classes). Ce nouvel épisode de la fameuse série (en stop Motion) créée par Vincent Patar et Stéphane Aubier se déroule au moment des examens de fin d'année et explore la thème du voyage dans le temps. Confrontés à leurs propres clones, les deux pires garnements du village réussiront-ils à se rendre à la foire agricole, objet de tous leurs désirs ?

Si le film est globalement assuré de se faire (il est suffisamment avancé pour être attendu fin 2018) et sera rapidement suivi d'un 4e (sur les vacances scolaires), la question est plutôt de savoir de quelle diffusion (sortie en salles et télévision) il bénéficiera en Europe, toutes les combinaisons (des épisodes entre eux) étant possible.

Le plus : un ton décalé et une fantaisie débridée auxquels il est impossible de résister.
Le bémol : gare aux attentes (démesurées) du spectateur : on aime tant Panique au village que l'on a toujours un peu peur d'une baisse de forme des auteurs !
A noter : les réalisateurs Vincent Patar et Stéphane Aubier sont doublement présents au Cartoon forum puisqu'ils participent également au projet Chien pourri (adapté des livres jeunesses de Colas Gutman et Marc Boutavant) à l'Ecole des loisirs) présenté par Dandeloo, Folivari et PANIQUE!

TULIPOP ANIMATED SERIES
Production : Tulipop et Blink Industries
Réalisateurs : Nina Gantz & Simon Cartwright

Un projet de série (52 x 11 minutes) totalement dépaysant qui s'inspire de l'Islande, la terre natale de sa créatrice Signy Kolbeinsdottir. L'île, avec ses glaciers, ses montagnes et ses coulées de lave, y est d'ailleurs un personnage à part entière, rebaptisé Tulipop pour l'occasion. On y suivra Gloomy et Bubble, des frères et soeurs champignons, ainsi que de toute une galerie de personnages proches de la nature. Dans cet univers fantastique sans humains, inspiré des contes islandais et scandinaves, se déroulent des aventures pleines de magie et de bienveillance. L'animation 2D fait la part belle aux couleurs vives, voire flashys, créant ainsi une ambiance visuelle forte et immédiatement reconnaissable.

Le plus : un projet singulier porté par ses inspirations islandaises.
Le bémol : on est désespéré de ne pas avoir gagné l'une des peluches représentant les personnages mises en jeu lors de la présentation. Elles sont juste superbes.
A noter : il existe environ 70 produits estampillés Tulipop et vendus à travers le monde. Un merchandising pensé en amont pour financer la série et les contenus cross medias qui devraient l'accompagner.

L'ODYSSEE DE SHOOOM
Production : Picolo Pictures
Réalisateur : Julien Bisaro

Shooom est une adorable petite chouette qui a la mauvaise idée d'éclore pendant une tempête en Louisiane. Avec son frère (qui est lui toujours au chaud dans sa coquille), elle part en quête de parents prêts à les adopter. L'occasion d'aller à la rencontre de nombreux animaux de la forêt. On craque littéralement devant le graphisme délicat et terriblement mignon de ce "spécial" de 26 minutes à destination des tout-petits. La douceur de l'animation ainsi que la simplicité du récit a tout pour séduire même les plus endurcis qui ne pourront rester de marbre devant ce très joli parcours initiatique sur fond de familles recomposées.

Le plus : le film bénéficiera d'une sortie en salles grâce aux Films du préau.
Le bémol : les deux autres films prévus sur le même modèle (dans la collection Egg's stories), mais avec d'autres animaux et d'autres lieux, ne risquent-ils pas de donner l'impression de se répéter ?
A savoir : les auteurs Julien Bisaro et Claire Paoletti se sont rencontrés à l'école de La poudrière et ont créé ensemble la société de production Picolo Pictures.

CHICKEN OF THE DEAD
Production : Anoki et Melting productions
Réalisateur : Julien David

Chicken of the dead se veut un mix entre Walking dead et Chicken run, avec un héros qui oscillerait entre Bernard Tapie et Michel-Edouard Leclerc, ce qui annonce tout de suite la couleur. On est clairement dans un projet à destination d'un public pour adultes et jeunes adultes, très engagé contre le capitalisme et la malbouffe. Il s'agit en effet d'un entrepreneur confronté à un problème délicat : sa nouvelle recette de poulet industriel transforme tous les consommateurs en poulets-zombies très en colère (contre lui).

Le projet de série (10 x 7) s'accompagne d'un projet de court métrage qui sera réalisé à Toulouse. Avec son graphisme rock'n roll proche de la bande dessinée et son ironie mordante, le concept s'inscrit sans ambiguïté à la fois dans la tradition de la satire sociale et du film de genre.

Le plus : le projet va très loin dans la dérision et envisage une saison 2 qui lorgne du côté de la planète des singes, avec une révolution anti-humaine
Le bémol : la radicalité du propos risque de terrifier certains diffuseurs
A savoir : parmi les références cinématographiques citées par les auteurs, on retrouve aussi bien Terminator que Cannibal holocaust ou Invasion Los Angeles.

Le festival Tout-Petits Cinéma souffle sa 10e bougie

Posté par MpM, le 2 février 2017

Depuis 2008, les enfants âgés de 18 mois à 4 ans ont eux-aussi leur festival de cinéma. Créé par le Forum des Images, il propose des programmes de courts métrages adaptés aux plus jeunes et accompagnés en direct par des artistes du spectacle vivant. Une occasion assez unique de faire découvrir la magie du grand écran aux nouvelles générations plus habituées (et pour cause) à la télévision et aux tablettes qu'à la salle obscure.

Pour son 10e anniversaire, le Festival s'étend sur trois week-ends et deux mercredis (du 4 au 19 février) et propose 9 ciné-concerts et ciné-chansons dont deux créations et un best of des productions de Tout-Petits Cinéma.

Les petits festivaliers pourront ainsi découvrir des pépites de l'animation française et indienne accompagnées par DJ Ganesh from Paris (En route pour Bollywood), des chiens espiègles dont les aventures seront rythmées par Joseph d'Anvers (Chiens de tous poils), des films polonais sur lesquels des musiciens bretons laissent libre court à leur créativité la plus folle sur leurs instruments constitués de jouets anciens (La petite fabrique des jouets),ou encore des films d’animation du studio Weston Woods, adaptés d’ouvrages pour enfants, et sur fond de musique pop-rock endiablée (Et les livres s'animent).

En parallèle, des ateliers et des animations sont proposées aux enfants (apprendre à réaliser une chorégraphie à la manière des films Bollywood, s’initier à l’importance du son au cinéma...) et deux demi-journées professionnelles sont organisées autour des ciné-concerts créés par le Forum des images. Et pour ceux qui trouveraient l'expérience trop courte, un CD regroupant les chansons et musiques spécialement composées par les artistes qui se sont illustrés à chaque édition de Tout-Petits Cinéma permettra de ramener le festival à la maison !

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10e Festival Tout-Petits Cinéma
Du 4 au 19 février
Informations et réservations sur le site du Forum

Mon premier festival 2016 : avant-premières, ciné-concerts et hommage à Charlie Chaplin pour les (tout) jeunes cinéphiles

Posté par MpM, le 9 octobre 2016

Mon premier festival 2016

C'est un de nos rendez-vous préféré de l'automne ! Chaque année pendant les vacances de la Toussaint, Mon premier festival invite les (très) jeunes cinéphiles parisiens et franciliens à se plonger comme des grands dans l'inimitable ambiance d'un festival de cinéma. Coïncidant souvent avec la première vraie séance de cinéma en salle (certains films sont accessibles dès deux ans, et les bébés sont même les bienvenus dans quelques séances destinées aux plus grands), la manifestation, qui propose plus de deux cent films et animations autour du 7e art, mêle compétition, avant-premières, focus thématiques, hommages, ciné-concerts, ateliers et rencontres pour éveiller, cultiver et nourrir la cinéphilie des enfants et adolescents.

Cette année, c'est l'acteur et réalisateur Cédric Klapisch qui endosse le rôle du "parrain", chargé de partager ses coups de cœur avec les festivaliers. Pour ce faire, il a choisi Chantons sous la pluie de Stanley Donen et Gene Kelly, Frankenstein junior de Mel Brooks, Toy Story de John Lasseter, Les temps modernes et  La ruée vers l'or de Charlie Chaplin. "Le cinéma, c’était magique, explique-t-il dans le dossier de presse du festival. Je me souviens, quand j’étais en voiture avec ma grand-mère, j’attendais de passer par les Champs-Élysées pour regarder les devantures des cinémas et chaque affiche me faisait rêver."

Côté avant-premières, il y en a pour tous les âges. Les plus petits se régaleront des Nouvelles aventures de Ferda la fourmi, féerie de l'animation tchèque signée Hermina Tyrlova, ou du retour de Wallace et Gromit (Les inventuriers), tandis que les autres auront l'embarras du choix entre le très beau film d'animation de Sébastien Laudenbach, La jeune fille sans mains, la comédie Jamais contente d'Emilie Deleuze ou le documentaire Swagger d'Olivier Babinet. A l'issue de la compétition, un prix sera remis par le jury composé d'enfants de 8 à 11 ans et le prix du public sera lui décerné par l'ensemble des spectateurs ayant voté à l'issue des séances.

Pour accompagner ce programme déjà alléchant, on se penchera sur la thématique "films cultes" (quatre films incontournables à transmettre de toute urgence aux nouvelles générations, dont Peau d'âne de Jacques Demy), sur la programmation "A vos jeux" qui fait écho à la candidature de Paris aux jeux olympiques et paralympiques de 2024, sur la sélection spéciale "cinéma américain" (une vingtaine d’œuvres balayant tous les genres et toutes les époques, du Magicien d'oz de Victor Fleming à Soyez sympas, rembobinez de Michel Gondry) et sur l'hommage à Charlie Chaplin, sans oublier les ciné-concerts (dont deux créations spéciales pour le festival : La moufle et Le renard minuscule) et les nombreuses animations.

Mon premier festival propose en effet une multitude d’ateliers liés au cinéma, afin d’initier les petits festivaliers aux techniques d'animation comme le stop motion et le dessin sur pellicule ou leur permettre de découvrir des figures du cinéma burlesque tels que Jacques Tati et Buster Keaton. Parce qu'il n'est jamais trop tôt pour créer des vocations, éduquer le regard, et offrir un large panorama de ce que peut être le cinéma. Ainsi, c'est sûr, les meilleures vacances de l'année s'annoncent ! Sauf pour ceux qui n'auront pas la chance de participer...

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Mon premier festival 2016
Du 19 au 25 octobre
Informations et réservations sur le site de la manifestation

« Enlevez la culture, et l’art, d’une société, il ne reste plus rien » : rencontre avec la marraine de Mon premier festival 2015, Marjane Satrapi

Posté par MpM, le 22 octobre 2015

Mon premier festival 2015Pour sa 11e édition, Mon premier festival propose jusqu'au 27 octobre plus de 200 projections et animations pour s’éveiller au 7e art. Une semaine consacrée aux jeunes cinéphiles de tous les âges, à partir de deux ans, mêlant une compétition de dix-neuf avant-premières et films inédits, une programmation sur le thème « Là où je vis », avec une pastille environnement, en écho à la COP 21, un focus sur le cinéma tchèque, 15 ciné-concerts et plus de 50 animations autour des films.

Dans le rôle de la bonne fée chargée de veiller sur cette grande fête du cinéma, la réalisatrice et dessinatrice Marjane Satrapi a accepté d'être la marraine du Festival et de proposer trois films "coups de cœur" : Les Bêtes du Sud sauvage de Benh Zeitlin, Microcosmos, le peuple de l’herbe de Claude Nuridsany et Marie Pérennou, et Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki. Rencontre avec l'artiste franco-iranienne.

Marjane Satrapi © Maria OrtizEcran Noir : Vous avez des souvenirs d'enfance liés au cinéma ?

Marjane Satrapi : J'ai un père qui était très cinéphile. Il était étudiant dans les années 60, il allait voir les films qu'il aimait deux ou trois fois. A l'époque en Iran, les films passaient tous à un moment ou à autre. Il adorait regarder des films ! Et puis j'avais des cousins qui étaient plus grands que moi et qui m'emmenaient voir des films car on avait un cinéma tout près de chez nous. J'y suis donc allée très tôt, et ça a toujours été mon activité favorite enfant, et ça l'est toujours aujourd'hui.

EN : Pourquoi ?

MS : Parce que c'est comme si vous étiez coupé du monde pendant un moment. C'est pour ça que j'aime pas regarder les films en DVD ou VoD. Au cinéma, vous êtes dans une salle noire avec des gens. Vous ne pouvez pas vous dire "ah, maintenant j'ai envie d'aller faire pipi" ou "je vais répondre au téléphone". Non, vous êtes là, et il y a l'effet du son, et vous rentrez dans le grand écran, et pendant deux heures vous êtes complètement ailleurs. C'est un voyage ! Je pense que le cinéma est la plus grande machine à empathie. Aucun média dans le monde ne crée autant d'empathie. Ca m'est arrivé de pleurer en lisant un livre, mais un livre vous mettez beaucoup plus de temps à le lire : un jour, deux jours, une semaine... Alors qu'au cinéma, tout est condensé en deux heures. C'est quelque chose de très émouvant. J'aime beaucoup à cause de ça. On vous raconte des histoires, c'est super. Qu'est-ce qu'il y a de mieux ? Et puis, moi, à plusieurs reprises, le cinéma a changé mon avis sur le monde. Ca me fait réfléchir. C'est beaucoup plus intéressant que de faire des mondanités...  Au cinéma, je n'ai jamais l'impression de perdre mon temps, mais d'apprendre quelque chose. Même quand le film est nul. Par exemple, pourquoi vous croyez que dans un pays comme les Etats-Unis, qui est quand même plus conservateur et religieux que la France, l'homosexualité a été beaucoup moins un problème, et depuis plus longtemps ? Eh bien à force de montrer des films avec le voisin gay sympa, etc., au bout d'un moment, le voisin gay sympa, c'est quelqu'un qu'on accepte ! Et ça, ce sont les films qui font ça, qui parviennent à changer les mentalités. Si les films n'avaient pas ce pouvoir-là, les régimes dictatoriaux ne les auraient jamais utilisés comme outil de propagande.

EN : Et les échanges liés au film, ça vous intéresse ?

MS : Pas vraiment... Parce qu'il y a une façon très française de discuter d'un film : on veut vous persuader. Mais le rapport que vous avez avec un film, c'est un rapport très subjectif. Si vous l'aimez ou si vous ne l'aimez pas, on peut vous donner tous les arguments du monde, rien ne va vous faire changer d'avis.

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Mon premier festival 2015 : Marjane Satrapi et Luc Jacquet chouchoutent les jeunes cinéphiles

Posté par MpM, le 9 septembre 2015

Mon premier festival 2015

Rendez-vous désormais incontournable des vacances de la Toussaint, Mon premier festival propose chaque année aux enfants de 2 à 12 ans une programmation pensée spécialement pour eux. Sous la houlette de la réalisatrice et dessinatrice Marjane Satrapi (Persépolis, Poulet aux prunes), marraine de cette 11e édition, les jeunes spectateurs pourront ainsi découvrir plus de 100 films récents ou du patrimoine pour s'initier intelligemment à la magie du 7e art.

Forte de son succès (23000 spectateurs en 2014), la manifestation s’agrandit en investissant douze salles de cinéma, deux équipements culturels de la ville de Paris (le Forum des images et la Gaîté lyrique), trois bibliothèques municipales qui organiseront des ciné-lectures autour de courts métrages inédits et le Muséum d’Histoire Naturelle qui proposera des séances avec des conférences scientifiques.

En plus de la compétition qui réunira une quinzaine d’avant-premières exceptionnelles, Mon premier Festival 2015 proposera un hommage au cinéma tchèque, des ciné-contes, des ciné-danses, des ciné-goûters et autres animations adaptées à tous les âges. Par ailleurs, le réalisateur Luc Jacquet (La marche de l'empereur, La glace et le ciel) sera l'invité d'honneur de la manifestation qui a souhaité faire écho à la COP21 (Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre) en proposant une sélection de films autour de l'environnement et notamment du thème "Là où je vis".

Enfin, grande nouveauté, les petits festivaliers pourront également assister à des expériences numériques avec des ateliers de découverte et de création, des ateliers de vidéo light painting ou encore un concert pop audiovisuel et interactif. De quoi passer les meilleures vacances de l'année.

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Mon premier festival 2015
Du 21 au 27 octobre
Informations sur le site de la manifestation

Bilan très mitigé pour l’opération « 4€ pour les moins de 14 ans »

Posté par vincy, le 4 octobre 2014

4 euros pour les moins de 14 ansA l'occasion du Congrès des exploitants, Médiamétrie a réalisé une étude sur la fréquentation des salles de cinéma au premier semestre 2014, soit la période qui correspond aux six premiers mois de l'opération "4€ pour les moins de 14 ans".

Cette opération a subit de nombreuses critiques, notamment en provenance des distributeurs et des producteurs qui pointaient le risque d'un effet d'aubaine insuffisant pour compenser la perte financière d'un ticket au rabais.

L'étude prouve qu'ils avaient peut-être raison. On reste peu convaincu par l'impact de cette mesure à la lecture de cette enquête.

La part de marché des 6-14 ans diminue

Certes la fréquentation des 6-14 ans progresse de 18% par rapport au premier semestre 2013. Mais la fréquentation globale a également augmenté fortement. Résultat : au premier semestre 2013, les 6-14 ans représentaient 15% des spectateurs et un an plus tard ils ne sont plus que 14,7%.

D'ailleurs, en répertoriant les résultats enregistrés au box office, rien ne plaide pas en la faveur de cette opération. Prenons le cas typique des films d'animation et pour enfants. Les 7 films "pour enfants" les plus populaires sortis entre janvier et septembre 2014 ont totalisé 14,3 millions d'entrées, tandis que les entrées étaient en très forte hausse par rapport à l'an dernier. Or, le Top 7 de janvier-septembre 2013 totalisait 16,5 millions d'entrées!

Le tarif n'a rien changé au comportement de 61% des spectateurs sondés

Au fil de l'enquête, on s'aperçoit que seulement 20% des Français interrogés ne seraient pas allés voir un film si le tarif n'avait pas été baissé. Autrement dit, pour 61% des sondés, le tarif n'a rien changé, hormis pour leur porte-monnaie (ce qui n'est déjà pas si mal). A la question "Suite à cette mesure, j'irai au cinéma avec une personne de moins de 14 ans...", 56% répondent "autant qu'avant la mesure." 43% pensent qu'ils iront plus souvent.
De plus, la crise économique joue en la faveur de tarifs préférentiels. Les spectateurs se sont habitués à ce tarif. Difficile de revenir en arrière: 38% des personnes interrogées estime qu'ils changeront leur comportement si leur cinéma ne propose plus ce tarif. 36% ne changeraient rien.

La moitié des sondés bien informée sur cette opération

L'opération 4€ n'a pourtant pas souffert d'un manque de publicité. 46% des français interrogés connaissent le prix d'une place de cinéma pour les moins de 14 ans. Ils sont 52% a avoir vu ou entendu une communication sur cette mesure. Le cinéma et Internet ont joué un rôle particulièrement important dans la connaissance de cette information, loin devant les médias traditionnels.

L’opération 4€ pour les moins de 14 ans démarre bien

Posté par vincy, le 24 février 2014

janvier 2014 : part de marché des 3-14 ans au cinéma

La mise en place de l'opération 4€ pour les spectateurs de moins de 14 ans semble porter ses fruits, au moins en termes de fréquentation. 21,6% des spectateurs en janvier 2014 étaient issus de la catégorie d'âge 3-14 ans selon PubliXiné - Harris Interactive. C'est la plus forte proportion depuis janvier 2005, battant le record de janvier 2010 (21%).

L'offre à destination des jeunes n'y est pas étrangère : La reine des neiges, Le vent se lève, Minuscule, Belle et Sébastien ou encore Le manoir magique. Il y avait de quoi combler un public familial.

La réduction de tarifs a sans aucun doute eu un effet dynamique sur les entrées. La fréquentation globale en janvier est en hausse de 22,8% par rapport à janvier 2013, selon les chiffres communiqués par le CNC.

Reste à modérer cet excellent chiffre : d'une part, il s'agit d'une étude basée sur une enquête et non sur des statistiques de sorties de caisse. D'autre part, si les entrées sont en hausse et contribue au boom de fréquentation du début de l'année, les recettes ne vont pas connaître la même hausse puisque le prix moyen du ticket diminue.

Si l'indicateur est positif, il faudra attendre quelques mois avant de faire un bilan réel de cette opération, et notamment ses répercutions financières chez les distributeurs.

Pour les moins de 14 ans, le ticket de cinéma est à 4€

Posté par vincy, le 2 janvier 2014

Au 1er janvier 2014, la TVA sur les billets de cinéma a été réduite à 5,5%, comme pour les livres ou les billets de spectacle. Cette baisse de la TVA ne devrait pas se faire ressentir sur le prix du ticket. Au mieux cela conduirait à une baisse de 9 centimes par ticket.

Par conséquent, la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a préféré lancer une opération ciblée vers le jeune public et donc les familles. Depuis hier, un spectateur né dans les années 2000 ne paiera que 4 euros sa place de cinéma.

Cette opération a pour but de relancer la fréquentation des salles. Certes, elle est restée à un haut niveau en 2013 (195 millions de spectateurs), mais elle recule. Il s'agit aussi de promouvoir le cinéma auprès des futures générations de spectateurs, de fidéliser les gamins pour qu'ils continuent d'aller dans les salles quand ils seront plus grands. Les moins de 14 ans représenteraient 8 à 9% des entrées et, en moyenne, le billet de cinéma valait 5,5€ pour eux jusqu'à présent.

Une mesure qui pourrait fragiliser de nombreux films

Pour les parents, c'est une aubaine financière. Pour la profession, ça l'est moins. Cette opération ne sera réussie que si le volume de nouveaux spectateurs compense la perte financière qu'enregistreront les producteurs et les distributeurs.

La mesure a été prise sans concertation réelle, de façon unilatérale même. Et si, en nombre d'entrées, on verra peut-être un effet significatif sur les films familiaux et d'animation, en recettes, le résultat sera très différent et pourrait s'avérer périlleux pour la rentabilité de certains films. Certains films font en effet la moitié de leurs entrées avec des moins de 14 ans. Autant de billets moins chers qui pèseront sur la profitabilité d'une sortie et réduiront les marges des distributeurs et les royalties des ayant-droits.

Dans l'immédiat, les dépenses marketing vont sans doute en souffrir, y compris pour les blockbusters américains, si un distributeur veut rentrer dans ses frais. Ce n'est pas la même chose d'espérer un film réalisant 15 millions d'euros de recettes (La Reine des neiges par exemple) et au final de n'en recevoir que 12 millions. Des films de type Les profs, les Marvel, Belle & Sébastien qui attirent les enfants comme les pré-ados seront fragilisés financièrement. Rien ne dit que les producteurs ne prendront pas en compte cette donnée pour encadrer davantage, en amont, les budgets de production d'un film.

Pour l'instant, on attendra les rapports d'étape pour voir si cette mesure est viable économiquement. Mais le doute est permis. Le blllet à 4 euros ne pourrait vivre qu'un an. Et on pourrait regretter que la FNCF n'ait pas imaginé une mesure forte pour les films art et essais, plus vulnérables et indispensables à la diversité cinématographique. Car, ne nous leurrons pas, ce ticket "low cost" pour les jeunes profitera avant tout à des films populaires, qui n'avaient pas forcément besoin ni de ce coup de pouce en termes de fréquentation, ni de ce coup de couteau en termes de recettes.

Mon premier festival 2013 : Un petit coin de nature, douceur et fantaisie pour les tout-petits

Posté par MpM, le 29 octobre 2013

mon premier festivalAffluence de poussettes au forum des images pour le ciné-concert Un petit coin de nature proposé dans le cadre de "Mon premier festival" qui s'achève ce 29 octobre.

Les bambins, dont certains sont âgés de dix-huit mois à peine, sont tout excités d'aller au cinéma. Surtout que pour un nombre important d'être eux, c'est la première fois.

Dans la salle, la présentatrice de la séance canalise énergie et impatience. Sur un ton détendu mais pédagogique, elle prépare les petits spectateurs à ce qui les attend : la lumière qui s'éteint, les images animées sur l'écran.

Elle en profite pour présenter le groupe La Féline qui va interpréter la bande-son des cinq courts métrages constituant le programme. Et c'est parti.

Le noir se fait dans la salle,  le silence aussi. Après une bande-annonce efficacement assurée par les irrésistibles Wallace et Gromit, le premier film commence.

Dans une animation très stylisée et colorée, Les Belles Plumesdeux oiseaux paradent et jouent avec leurs plumes. La mélodie entraînante de la Féline donne envie de danser, mais les jeunes festivaliers restent coi. Les plus petits semblent hypnotisés.

Les courts métrages se succèdent, mettant en scène un oisillon qui souffre d'un handicap physique, une grand-mère chat qui recueille généreusement un bébé pingouin, une mare où se croisent toutes sortes de personnages...

un petit coin de nature Les histoires sont simples et courtes, adaptées aux capacités d'attention du public. L'habillage musical aide à rendre l'ensemble ludique et même drôle. Les enfants applaudissent chaudement entre chaque film et battent des mains pendant les chansons. On les sent conquis.

Lorsque la lumière se rallume, certains petits spectateurs essayent de prolonger la magie en restant accrochés à leur fauteuil. "Encore, encore".

A défaut d'un autre film, un goûter leur est offert. L'occasion de s'assoir en famille pour échanger sur l'expérience vécue. Pas facile pour les très petits de mettre des mots sur leurs émotions, mais l'essentiel est d'essayer. Car c'est comme cela que se forment le regard et l'esprit critique des futurs cinéphiles.

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A noter que le Forum des images propose toute l'année une programmation destinée aux plus jeunes : les après-midis des enfants se déroulent chaque samedi et mercredi à 15h, pour un public âgé de 18 mois à 11 ans. Au Printemps, le festival "Tout-petits Cinéma" s'adresse quant à lui aux spectateur de 18 mois à 4 ans.

Informations et programmes sur le site du Forum des images

Mon premier festival : rencontre avec Marina Foïs, marraine de la manifestation

Posté par MpM, le 28 octobre 2010

Ecran Noir : En tant que marraine, vous avez choisi trois films de la sélection : Une nuit à l’opéra des Marx Brothers, Sacré Graal des Monthy Python et Les 39 Marches d’Alfred Hitchcock. Au premier abord, pas vraiment des films pour enfants…

Marina Foïs : Ah bon ? En fait, moi quand j’étais jeune, j’ai vu des films pas du tout pour enfants, donc j’ai une déformation... Mes parents aimaient beaucoup le cinéma et devaient manquer de baby-sitter parce qu’ils me traînaient tout le temps avec eux ! Donc j’ai vu des films de Satyajit Ray, j’ai vu Kagemuscha [Akira Kurosawa]… Pour moi Hitchcock est accessible pour un enfant !

EN : Cela fait des choix assez originaux…

MF : En fait, j’ai pensé très égoïstement aux films que j’ai aimé par-dessus-tout. Donc je suis obligée de citer les Monty Python parce que ce sont les gens qui m’ont fait le plus rire au monde, et qu’en plus ils ont une manière très irrévérencieuse et au fond très libre de faire du cinéma. Ca montre aux enfants qu’on a le droit de tout faire dans la mesure où l’on est dans un domaine artistique. Par exemple, mon fils dessine beaucoup. Et à la maternelle, on lui dit « ce n’est pas comme ça la mer », « ce n’est pas comme ça un chat », alors que je me tue à lui dire qu’en dessin, c’est un des seuls endroits où il n’y a pas de règle ! Là, c’est pareil, je veux montrer que c’est l’imaginaire qui a raison. Je trouve que c’est un truc important à apprendre aux enfants. Donc le cinéma des Monty python qui est hors cadre, hors règle, hors norme, c’est bien de leur montrer, même si l’humour absurde est un peu plus destiné aux adultes.

EN : Vous vous souvenez du premier film que vous avez vu au cinéma ?

MF : La Strada de Federico Fellini. Je me souviens que c’était un peu inquiétant, le départ de Giuletta Masina qui est vendue par sa mère à Anthony Quinn. Ce n’est pas encore une adulte, elle est toute petite et elle part avec ce gros monsieur… Je n’ai pas revu le film depuis longtemps, mais je me souviens de quelque chose d’inquiétant et de très émouvant à la fois.

EN : Un festival comme celui-ci, c’est justement l’occasion de sensibiliser les enfants à tous les cinémas…

MF : Oui, je trouve ça super. Déjà leur montrer des films qui ne sont pas forcément destinés aux enfants, c’est formidable. Leur faire confiance pour être capables de voir autre chose que des produits fabriqués pour eux, même si c’est très bien aussi qu’il y ait des choses faites exprès pour eux. En plus, c’est super l’idée de leur soumettre un programme et qu’ils choisissent leurs films comme nous quand on regarde le Pariscope !

EN : Hormis les films que vous avez choisis, y-a-t-il des titres programmés qui vous plaisent particulièrement ?

MF : Il y en a plein ! Il y a The Party [Blake Edwards] pour les plus grands, tous les Buster Keaton, il y a Arsenic et vieilles dentelles que j’avais adoré quand j’étais petite. Jacques Tati, moi ça m’a terriblement angoissé quand j’étais enfant, donc je n’emmènerais pas mes enfants le voir. C’est un monde aseptisé… j’ai des souvenirs d’angoisse. Il faudrait que je les revois maintenant, les films. Y’a Babe aussi qui est super marrant, l’histoire du petit cochon. De toute façon, pour se faire une idée, un goût, il faut voir des trucs très différents.

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Mon premier festival
Jusqu'au 2 novembre
Informations et programme