2011 – mai : un grand cru pour le Festival de Cannes

Posté par vincy, le 27 décembre 2011

11-22 mai 2011. Des scandales, des honneurs, des rumeurs mais surtout des films. Le 64e Festival de Cannes aura été un bon millésime. 9 films, toutes sélections confondues, ont dépassé les 700 000 entrées en France. Des cinéastes comme Von Trier, Morretti, les Dardenne, Guédiguian ou Kaurismäki ont connu l'un de leur plus gros succès en salles avec les oeuvres présentées cette année. Au niveau mondial, sept films ont récolté plus de 15 millions de $ de recettes. Et si l'on regarde les palmarès de fin d'année : les films cannois sont partout, y compris outre-Atlantique. Ainsi Drive, Polisse, The Artist, La Piel que habito, Melancholia, Habemus Papam, Minuit à Paris, Le gamin au vélo, The Tree of Life, Et maintenant on va où?, Les neiges du Kilimandjaro, L'exercice de l'Etat, Take Shelter et La guerre est déclarée sont omniprésents à l'esprit. Une diversité qui n'est pas entachée par quelques échecs ou déception.

Car il y a quelques zones d'ombre : la polémique autour des propos de Lars Von Trier, sanctionné, la sélection de la Quinzaine décevante, qui coûtera la place de son directeur, les jeux de pouvoir dans le Palais autour du fauteuil de Gilles Jacob, qui sera reconduit. mais surtout, "l'affaire DSK" survenue en plein premier week-end aura gâchée la médiatisation du Festival. Une première depuis 1968.

Mais il y a aussi eu de la lumière. Celles des Palmes pour Jean-Paul Belmondo et Bernardo Bertolucci, ou encore l'anniversaire de la Semaine de la Critique, plus en forme que jamais malgré ses 50 ans.

Tout le bilan 2011

Cannes 2011 : une Palme d’or pour Jean-Paul Belmondo

Posté par vincy, le 18 mai 2011

La soirée hommage du Festival de Cannes à Jean-Paul Belmondo était sous le signe de l'émotion et acclamations. Lors d'une montée des marches symboliques, sur la musique culte du "Professionnel" signée Enio Moriccone, la star française a vu les 240 photographes accrédités l'applaudir, ce qui constitue une première. Ils avaient décidé de leur coup le matin même et ont posé leurs appareils le temps du triomphe. La foule envahissait la Croisette. Aucun doute, l'un des rares monstres sacrés du cinéma français n'a rien perdu de son capital populaire.

Dans la salle Debussy, c'était l'effervescence. On attendait ce moment depuis le 30 mars, date de l'annonce (voir actualité de ce jour là).  Thierry Frémeaux appelait un à un sur scène ses complices, ses copains, mais aussi ceux qui l'admirent : Claudia Cardinale, Claude Lelouch, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Jean-Paul Rappeneau, Georges Laurner, Cédric Klapisch, Xavier Beauvois, Samy Naceri, Albert Dupontel, Danielle et Christopher Thompson, Nicole Calfan, Richard Anconina, son fils Paul Belmondo, ...

L'acteur est arrivé difficilement sur scène, aidé par sa béquille et son épouse. Visiblement ému, son premier mot fut assez concis : la salle était debout pour une ovation qui n'allait s'achever que de longues minutes plus tard, quand Gilles Jacob est venu lui remettre une Palme d'or. Le Festival l'a justifiée en évoquant "l'étendue du registre de Bébel, le charisme de sa personnalité, la précision de son jeu, la gouaille de ses propos, l'aisance de son allure en ont fait, avec Jean Gabin et Michel Simon, l'un des plus grands comédiens français de tous les temps".

Bébel a alors souhaité faire un deuxième discours, tout aussi bref que le premier : "Je suis très ému par cette Palme qui me va droit au coeur. Je veux remercier tous ceux qui sont ici, ceux que je connais et ceux que je ne connais pas. Un grand merci du fond du coeur !". Après 27 ans de brouille, l'acteur qui a tourné avec tant de grands cinéastes, dans tant d'énormes succès, qui a été si peu récompensé, se voit enfin reconnu à sa juste valeur. Même s'il est abimé physiquement, il garde un sourire contagieux. Le documentaire de Vincent Perrot et Jeff Domenech a prouvé qu'il était toujours bien ancré dans la vie. Mais ne parlos pas (tout de suite) de ce documentaire. Ce n'est pas le moment de gâcher la fête.

Cannes 2011 – 20 ans de fidélité entre Cannes et le Groupe Baron Philippe de Rothschild

Posté par MpM, le 16 mai 2011

Le Groupe Baron Philippe de Rothschild est présent à Cannes en tant que fournisseur officiel du Festival, mais également dans l'un des plus bels espaces du Palais : au dernier étage, sur une terrasse ensoleillée et cosy donnant directement sur la mer. Le Mouton Cadet wine bar, un lieu privilégié et unique, à l'écart du tumulte ambiant, où viennent se ressourcer stars et journalistes. Rencontre avec Hugues Lechanoine, directeur général du Groupe.

Parlez-nous de l'histoire du groupe avec le Festival de Cannes

Hugues Lechanoine : Ca fait 20 ans que Mouton Cadet est le fournisseur officiel du festival de Cannes. Dans tous les dîners officiels sont servis bien sûr Mouton Cadet mais aussi tous les autres vins de la maison. Les grands crus comme Chateau Mouton Rothschild, mais aussi Opus One, notre vin californien, ou encore Château d'Armailhac...

Quels sont les liens du groupe avec le cinéma ?

HL : C'est une famille qui est liée à l'art en général. Le Baron Philippe de Rothschild et puis maintenant Philippine de Rothschild, sa fille, ont toujours été fascinés par l'art et en particulier par le cinéma, le théâtre, la peinture. Ils ont concrétisé cet amour avec cette fameuse collection Paintings for labels ("l'art et l'étiquette") sur Mouton-Rothschild depuis 1945. Tous les ans, un artiste (Picasso, Chagall, Cézanne...) a illustré les étiquettes de bouteilles Château Mouton Rothschild. Ils ont donc manifesté leur amour de l'art sur leurs propres produits. Sur le vin. A l'époque, c'était tout à fait inédit. Cela représentait une rupture avec la vieille étiquette jaunie qui représentait les grilles du château !

Dans quelle mesure le groupe s'implique-t-il dans le cinéma ?

HL : On n'est pas impliqué dans la production de cinéma mais on est très proche. La Baronne elle-même a été au Conservatoire, dans la même promotion que Jean-Paul Belmondo, et elle a joué dans la pièce  de théâtre Harold et Maud. Elle est très proche de Gilles Jacob, de Frédéric Mitterrand... La famille a toujours été proche du milieu du théâtre et du cinéma. D'ailleurs, Jean-Paul Belmondo a demandé à venir avec ses amis ici, sur le Mouton Cadet wine bar, pour passer la fin de soirée après l'hommage officiel qui lui est rendu.

On a aussi eu quelques demandes de placement de produits : Mouton Rothschild dans Goldfinger, Mouton Cadet dans Tootsie. On a un vin Mouton Cadet qui est extrêmement international et qui colle complément à l'univers du cinéma. Il y a donc une véritable légitimité.  Nous, notre métier, c'est le vin, mais notre second métier, c'est l'art. Il y a l'intérieur de la bouteille, mais il y a aussi l'extérieur. Sur ce plan, on est très originaux, très atypiques. On n'est plus dans le mercantile. On est dans le plaisir.

Cannes 2011 : Deneuve, De Niro, Belmondo, Corman, Kubrick et Méliès au menu de Cannes Classics

Posté par kristofy, le 27 avril 2011

La sélection Cannes Classics, créé en 2004, permet au Festival de Cannes de valoriser les films de répertoire retrouvés et des copies restaurées, ainsi que des ressorties en salles ou en DVD des grandes œuvres du passé. Par exemple le célèbre de Georges Méliès Le Voyage dans la lune sera à nouveau visible 109 ans après sa sortie dans une version couleur restaurée avec une bande-son originale du groupe AIR.

Cannes Classics 2011 présentera quatorze films et cinq documentaires, et quelques surprises. Le président du jury Robert De Niro accompagnera une séance de son film Il était une fois le Bronx; il y aura une leçon de cinéma par l'acteur Malcolm McDowell après la présentation du film Orange Mécanique de Stanley Kubrick (voir actualité du 21 mars); Bernardo Bertolucci, qui recevra une Palme d’Or d’honneur (voir actualité du 11 avril), viendra présenter Le Conformiste; Jerry Schatzberg présentera son premier film Portrait d’une enfant déchue avec son actrice Faye Dunaway, icône de l'affiche cannoise de cette édition (voir actualité du 4 avril; Jean-Paul Rappeneau et Catherine Deneuve seront là pour Le Sauvage, comédie adulée par Gilles Jacob; Charlotte Rampling est le sujet du documentaire The Look d’Angelica Maccarone; Roger Corman sera fêté pour Le Monde de Corman: Exploits d’un rebelle hollywoodien; Rue Case-Nègres sera projeté en compagnie de sa réalisatrice Euzhan Palcy à l'occasion de l'Année des Outre-Mer (voir actualité du 6 avril); enfin, Jean-Paul Belmondo recevra un hommage particulier avec la projection d'un documentaire sur l'ensemble de sa carrière (voir actualité du 30 mars).

Classiques à revoir ou raretés à découvrir, de 1902 à 1993, de la Turquie à l'Allemagne, voici la sélection Cannes Classics 2011 :

Films :

Le Voyage dans la lune de Georges Mélies (France, 1902, 16’)
Orange Mécanique de Stanley Kubrick (USA, 1971, 137’)
La Machine à tuer les méchants (La Macchina Ammazzacattivi) de Roberto Rossellini (Italie, 1952, 80’)
Il était une fois le Bronx (A Bronx Tale) de Robert De Niro (USA, 1993, 121’)
Le Conformiste (Il Conformista) de Bernardo Bertolucci (Italie, 1970, 118’)
Rue Cases-Nègres d’Euzhan Palcy (France, 1983, 106’)
Portrait d’une enfant déchue (Puzzle of a Donwfall Child) de Jerry Schatzberg (USA, 1970, 105’)
La Loi de la frontière (Hudutlarin Kanunu) de Lufti O. Akad (Turquie, 1966, 74’)
La Zone de la mort (Niemandsland) de Victor Trivas (Allemagne, 1931, 81’)
Les Enfants du paradis de Marcel Carné (France, 1945, 190’)
Despair de Rainer-Werner Fassbinder (Allemagne, 1978, 115’)
Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau (France, 1975, 106’)
Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin (France, 1960, 91’)
L’Assassin (L’Assassino) d’Elio Petri (Italie, 1961, 100’)


Documentaires :

The Look d’Angelica Maccarone (Allemagne / France, 2011, 95’)
Le Monde de Corman: Exploits d’un rebelle hollywoodien (Corman’s World: Exploits of a Hollywood Rebel d’Alex Stapleton) (USA, 2011, 125’)
Belmondo... Itineraire de Vincent Perrot et Jeff Domenech (France, 2011, 86’)
Kurosawa, la Voie de Catherine Cadou (France, 2011, 52’)
Il était une fois… Orange Mécanique d’Antoine de Gaudemar et Michel Ciment (France, 2011, 52’)

Cannes 2011 : Une soirée en l’honneur de Bébel

Posté par vincy, le 30 mars 2011

Comme nous vous l'annoncions ce matin, le 64e Festival de Cannes accueillera Jean-Paul Belmondo pour une soirée spéciale en son honneur. Ce sera le mardi 17 mai. Cannes sera décidément très 70's avec la star de Taxi Driver en président du jury, le retour de Terrence Malick et la projection d'Orange mécanique en version restaurée, accompagnée de la Leçon de cinéma de Malcom McDowell.

« Nous sommes heureux qu'il ait accepté d'assister à la soirée festive donnée pour saluer son talent et son itinéraire. L'étendue de son registre, le charisme de sa personnalité, la précision de son jeu, la gouaille de ses propos, l'aisance de son allure en ont fait avec Jean Gabin et Michel Simon, l'un des plus grands comédiens français de tous les temps. De nombreux films sont là pour en porter témoignage. Nul doute que la tribu des comédiens français, Jean Rochefort, Claude Rich, Pierre Vernier et Jean-Pierre Marielle, ses amis du Conservatoire, en tête, tiendra à monter les marches cannoises pour fêter "Bébel" sous l'ovation de son public de toujours », déclarent Gilles Jacob et Thierry Frémaux.

Cannes va donc fêter l'un des monstres sacrés du cinéma Français, né avec la Nouvelle Vague et sacralisé par le public au fil des ans : Philippe de Broca, Henri Verneuil, Gérard Oury, Georges
Lautner, Jacques Deray, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Melville, François Truffaut, Claude Lelouch ou encore Alain Resnais, sans oublier de Vittorio Sica (en photo dans La Ciociara) et Alberto Lattuada, l'Homme de Rio ne fut jamais à bout de souffle et resta longtemps Magnifique.

Dans son communiqué, le Festival de Cannes indique avoir souhaité depuis longtemps le retrouver sur le tapis rouge. Il aura fallu attendre 10 ans. Entouré de ses amis et de ses admirateurs, Jean-Paul Belmondo assistera le mardi 17 mai à la première du documentaire de Vincent Perrot et Jeff Domenech, Belmondo, Itinéraire... » et à cette projection succèderont un dîner et une fête, clôturant ainsi cette journée-hommage.

Cannes 2011 : Jean-Paul Belmondo, Palme d’or d’honneur ?

Posté par vincy, le 30 mars 2011

Selon le quotidien Le Parisien / Aujourd'hui en France, Jean-Paul Belmondo, 78 ans, sera honoré pour l'ensemble de sa carrière au prochain Festival de Cannes. Une Palme d'or d'honneur que Jeanne Moreau et Catherine Deneuve ont déjà reçu.

Belmondo n'est pas venu sur la Croisette depuis dix ans, à l'occasion d'un hommage à Gérard Oury. Son dernier film en compétition était Stavisky, d'Alain Resnais, en 1974. Le film avait été fraîchement accueilli par la critique. Belmondo, fâché, a juré qu'on ne l'y reprendrait plus. Et de fait, on ne l'a plus vu monter les marches avec un film. « Je ne voulais pas que le film aille à Cannes. On m'a persuadé du contraire. Un massacre ! Resnais n'avait pas tourné depuis cinq ans et c'est la seule fois où il s'est fait traîner dans la merde. (...) Les critiques ne m'ont jamais empêché de dormir, sauf sur Stavisky. Il y a eu un tel déchaînement. Là, j'ai dit: "C'est vraiment des cons !"» a déclaré plus tard la star, qui a toujours eu un rapport de défiance vis-à-vis des cérémonies cinématographiques.

Belmondo est venu à Cannes en compétition avec cinq autres films : Moderato Cantabile (1960), La Viaccia et La Ciociara (en 1961 tous les deux), Cent mille dollars au soleil (1964) et la comédie Les mariés de l'an II (1971).

Julien Guiomar, second rôle tragi-comique, est mort (1928-2010)

Posté par vincy, le 23 novembre 2010

Avec sa voix grave, sa rondeur et sa gueule, Julien Guiomar, était un second-rôle idéal pour un cinéma de dialogues, pouvant donner une tonalité tragique ou désespérée à des dialogues comiques comme ceux d'Audiard qu'il a souvent mis en bouche. Décédé en Dordogne d'un malaise cardiaque lundi 22 novembre à l'âge de 82 ans, il a pourtant une trajectoire plus variée qu'on ne le croit.

Ainsi Guiomar, de 1966 à 2003, a tourné chez les plus grands : Louis Malle (Les voleurs), Nelly Kaplan (Duc inoubliable dans La fiancée du pirate), Luis Bunuel (curé espagnol dans La voix lactée), Jacques Deray (Borsalino), Jean-Paul Rappeneau (Les mariés de l'An II), André Téchiné (Souvenirs d'en France, Barocco), Claude Sautet (Mado). Il joue même Dieu le père chez Arthur Joffé (Que la lumière soi!) et tourne sous l'oeil de Serge Gainsbourg (Equateur). Capable de jouer le désespoir comme la monstruosité, il a ce talent de faire passer l'horreur de manière douce, la colère avec désespoir, à la manière d'un Marielle, George Wilson, Michel Galabru ou d'un Pierre Brasseur. Il peut tenir tête aux monstres sacrés.

C'est évidemment Costa-Gavras qui lui offre son plus beau rôle, celui d'un colonel dans Z. Ils se retrouveront dans Section spéciale 6 ans plus tard.

Mais sa filmographie se remplira aussi des comédies à succès de Claude Zidi et Philippe de Broca, où il incarnera avec délectation des personnages truculents. On le croise ainsi, familièrement dans La moutarde me monte au nez, L'incorrigible (film culte où il est démesuré face à son complice Belmondo), L'aile ou la cuisse, L'animal, La zizanie, Inspecteur la Bavure, ou encore Les Ripoux, en patron de flics hilarant à force d'être cocaïné. Des films du dimanche soir.

Mais ce breton s'est aussi expatrié. Outre Bunuel, on le voit chez Elio Petri, Dino Risi, et dans le Carmen de Francesco Rosi.

La télévision ne sera pas en reste, passant de Molière à Capitaine Fracasse, tout comme le théâtre l'a longtemps comblé. L'aventure avait commencé rue Blanche puis continué avec Jean Vilar en Avignon avec Shakespeare, Strindberg et Brecht.

Finalement son premier rôle au cinéma le définissait bien. Le Roi de coeur (De Broca) est une histoire de fou, de rêveur sur la Grande Guerre. Un tragédie né qui avait marqué les esprits avec sa faconde et son burlesque. Un clown, pas toujours triste, apte à jouer Corneille, Racine et fanfaronnant chez Jean-Marie Poiré.

Jean-Paul Belmondo et Yolande Moreau honorés par les critiques de Los Angeles

Posté par vincy, le 15 décembre 2009

Parmi les prix prestigieux remis aux Etats-Unis en fin d'année, il y a la liste des critiques de Los Angeles. Film surprise qui apparaît dans de nombreux palmarès, Démineurs (The Hurt Locker), de Kathryn Bigelow, s'octroie les deux principaux prix - meilleur film, meilleur réalisateur. Petit budget, box office sans éclat ... et pourtant le voici propulsé dans la course aux Oscars.

In the Air, la comédie dramatique avec George Clooney, déjà primée par le National Board of Review, confirme, en étant second, sa position de favori pour la statuette. Tout comme Colin Firth semble assurer d'un nomination. Plus surprenant, la victoire de Yolande Moreau en Séraphine dans la catégorie meilleure actrice et celle de L'heure d'été d'Olivier Assayas, ex-aequo avec Le ruban blanc, dans la catégorie du meilleur film étranger. Et last, but not last, les critiques de L.A. ont décidé de remettre un prix pour l'ensemble de sa carrière à Jean-Paul Belmondo. Et c'est mérité!

Film / Finaliste : Démineurs / In the Air
Réalisateur / Finaliste : Kathryn Bigelow (Démineurs) / Michael Haneke (Le ruban blanc)
Acteur / Finaliste : Jeff Bridges (Crazy Heart) / Colin Firth (A Single Man)
Actrice / Finaliste : Yolande Moreau (Séraphine) / Carey Mulligan (An Education)
Second rôle masculin / Finaliste: Christoph Waltz (Inglourious Basterds) / Peter Capaldi ("In the Loop)
Second rôle féminin / Finaliste : Mo'Nique (Precious) / Anna Kendrick (In the Air)
Scénario / Finaliste : Jason Reitman et Sheldon Turner (Up in the Air) / Jesse Armstrong, Simon Blackwell, Armando Iannucci et Tony Roche (In the Loop)
Photo / finaliste : Christian Berger (Le ruban blanc) / Barry Ackroyd (Démineurs)
Direction artistique / Finaliste : Philip Ivey (District 9) / Rick Carter and Robert Stromberg (Avatar)
Musique / Finaliste : T-Bone Burnett and Stephen Bruton (Crazy Heart) / Alexandre Desplat (Fantastic Mr. Fox)
Film en langue étrangère / Finaliste : Summer Hours / Le ruban blanc
Documentaire (ex-aequo) : Les Plages d'Agnès ; The Cove
Animation / Finaliste : Fantastic Mr. Fox / Là-haut
Prix Douglas Edwards du film indépendant, expérimental ou vidéo : The Anchorage
Nouvelle génération : Neill Blomkamp (District 9)
Pour l'ensemble d'une carrière : Jean-Paul Belmondo

Revoir Borsalino : le film sort enfin en dvd

Posté par MpM, le 20 novembre 2009

Borsalino, Delon et BelmondoPresque quarante ans après sa sortie, Borsalino est enfin disponible en dvd ! Le film de Jacques Deray, qui n'avait jamais été commercialisé sur support VHS pour des raisons de droits, est célèbre pour réunir à l'écran les deux méga-stars de l'époque, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo.

Les deux acteurs y sont Siffredi et Capella, deux petites frappes qui font leur chemin dans le milieu Marseillais des années 30. Malgré une rivalité bien réelle (le contrat stipulait qu'ils auraient chacun un rôle strictement équivalent, avec un nombre de scènes identique), leur duo fonctionne à merveille : d'un côté Delon, costume impeccable, raie au milieu, air plus félin que jamais, l'élégance et la froideur incarnées ; de l'autre Belmondo et sa gouaille inimitable, insouciant et léger, comme un enfant à qui l'on offre le monde.

Il faut revoir le film rien que pour eux, et aussi parce qu'il semble n'avoir pas pris une ride.Borsalino dvd

En plus, pour marquer le coup, la Paramount a réalisé une édition collector proposant aussi bien des images d'archives (reportage sur le tournage en 1969, interviews des acteurs à la sortie du film...) que des bonus tournés spécialement pour l'occasion.

Jean-Claude Carrière (co-scénariste) et Eugène Saccomano (auteur du roman Bandits à Marseille dont est tiré le scénario) y racontent la genèse de Borsalino ; Michel Bouquet, Nicole Calfan ou encore Catherine Rouvel se souviennent du tournage ; Claude Bolling (compositeur) parle du thème musical qui a fait le tour du monde ; Michel Drucker (qui avait assisté au tournage) et Agnès Vincent-Deray (compagne du réalisateur) rendent hommage à Jacques Deray et enfin Alain Delon livre ses souvenirs sur l'aventure du film, qu'il produisit.

Soit deux heures de documents inédits pour prolonger le plaisir, et la nostalgie qui va avec...

Christian Fechner s’éclipse (1944-2008)

Posté par MpM, le 26 novembre 2008

fechner.jpgLe producteur de cinéma Christian Fechner est décédé dans la nuit de mardi à mercredi des suites d’un cancer. Lui qui voulait "faire des films plus jolis que la vie" a fait rire et vibrer le public français pendant plus de trente ans, avec des succès comme L'aile ou la cuisse de Claude Zidi, Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré, Marche à l’ombre de Michel Blanc, Chouchou de Merzak Allouache ou encore Les bronzés 3 de Patrice Leconte. Il avait également lancé ou conforté de nombreuses carrières, comme celles de Pierre Richard, Louis de Funès, Jean-Paul Belmondo ou encore Claude Zidi et Patrice Leconte.

Malgré les 500 millions d’entrées que ses films avaient cumulés de par le monde, Christian Fechner avait bien compris que le cinéma n’est pas une science exacte. "L'important, c'est de fabriquer des films avec le maximum de sincérité. Il n'y a pas de recette. S'il y en avait, on serait formidablement riches !", disait-il par exemple. D’ailleurs, ses immenses succès publics ne l’avaient pas empêché de se tromper quelques fois, notamment sur Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax, un important échec commercial.

Comme ses films, sa carrière avait connu de nombreux rebondissements : tout d’abord producteur de disques (il a lancé Antoine et accompagné les Charlots pour leur passage au cinéma), puis de films, PDG de Gaumont studio, directeur de TV6, réalisateur (Justinien trouvé ou le Bâtard de Dieu) et même… magicien, puisque grand amateur de cette discipline, il avait été deux fois sacré champion du monde. Aujourd’hui, hélas, il a exécuté son plus mauvais tour.