6 événements de la rentrée à ne pas rater: In the Mood of Lumière

Posté par vincy, le 17 août 2017

Festival Lumière 2017.
14-22 octobre 2017.
Institut Lumière et Grand Lyon.

C'est désormais un incontournable. A la mi-octobre, on s'enthousiasme pour des vieux films et des maîtres du cinéma d'auteur. Grâce à Bertrand Tavernier et Thierry Frémaux, Lumière a pris ses marques. Cette année, le festival assumera ses lunettes noires et ses nuits blanches. Kar-wai, Godard, Melville...

Wong Kar-wai, justement, est le Prix Lumière. Le cinéaste hong-kongais, dont le style et l'esthétisme ont imprimé le 7e art comme peu de filmographies en sont capables, sera la star de cette édition.

Mais il y aura aussi d'autres stars: Tilda Swinton, icône, Guillermo del Toro, culte, Diane Kurys... Il y a également des rétrospectives. Tout Godard, première partie, les Westerns, et surtout le mystère Clouzot. On découvrira huit épisodes inédits du Voyage à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier et on célèbrera le centenaire de Jean-Pierre Melville. En musique, ce sont les sons électroniques et discos de Giorgio Moroder qui rythmeront l'événement. Et comme chaque année, le cinéma muet reprendra vie avec Harold Lloyd et Buster Keaton. The Kid Brother, avec Harold Lloyd, sera un des ciné-concerts le mercredi 18 octobre, accompagné par l’Orchestre national de Lyon dirigé par Carl Davis.

Et puisque nous sommes à Lyon, le Roi Lion s'offrira aussi une séance spéciale pour les enfants à la Halle Tony Garnier. A cela s'ajoutent la CinéBrocante et le Marché international du film classique. Hormis Cannes, il n'y a aucun autre Festival qui offre un tel tapis rouge et une telle diversité en France.

Un inédit de Godard face au Redoutable dans les salles le 13 septembre

Posté par vincy, le 16 juillet 2017

Capricci Films et Les Bookmakers vont sortir le 13 septembre un film inédit en salles de Jean-Luc Godard, Grandeur et décadence d’un petit commerce de cinéma.

Ce téléfilm avait été diffusé en 1986 en première partie de soirée sur TF1 et n'était disponible qu'en VHS ou dans des événements lors de festivals. Ce 21ème épisode de la Série Noire proposée alors sur la chaîne TV devrait être un thriller, adapté du roman Chantons en chœur de James Hadley Chase. Godard a préféré s'approprier le sujet pour en faire un manifeste sur le cinéma avec Jean-Pierre Léaud dans le rôle d'un cinéaste préparant un film et Jean-Pierre Mocky incarnant un producteur en faillite, mais aussi des chômeurs et Nathalie Richard.

Le 13 septembre sortira aussi Le Redoutable, de Michel Hazanavicius, film autour de la relation entre Jean-Luc Godard et Anne Wiazemsky. Godard y est incarné par Louis Garrel.

Le réalisateur suisse est toujours occupé par la postproduction de son nouveau film Image et Parole, qu'on pressent aller à Cannes en 2018.

Avec son prochain film, Jean-Luc Godard contera l’Arabie heureuse

Posté par vincy, le 10 janvier 2017

jean luc godardJean-Luc Godard terminerait actuellement son prochain film, Image et parole (Image and Word). Selon Vincent Maraval, patron de Wild Bunch, le film a été tourné dans plusieurs pays arabes, dont la Tunisie. Dans le magazine Screen, Maraval explique que le film ne sera peut-être pas prêt pour Cannes alors qu'il est en production depuis deux ans.

Réflexion sur le monde arabe contemporain, inspiré d'un livre du XIXe siècle (Happy Arabia), Image et parole traitera aussi de la guerre, du voyage, de la Loi, si on en croit le magazine russe Seance auquel il s'est confié et que The Film Stage rapporte sur son site.

"Je fais une introduction très longue" précise le réalisateur. "Avant de voir toute la main, nous devons considérer chaque doigt individuellement. Donc, je donne les cinq premiers éléments: la guerre, le voyage, la loi (comme Montesquieu, l'Esprit des lois) ... et un autre, appelé région centrale, à la mémoire d'un des films souterrains américains" ajoute-t-il. "L'action se déroule dans l'un des pays où il y a du pétrole; Les gens sont satisfaits de cet état de choses, mais leurs dirigeants veulent gouverner d'autres pays arabes" détaille-t-il.

Le mystère est entier. Le synopsis est tout aussi nébuleux: "Rien que le silence, rien qu’un chant révolutionnaire, une histoire en cinq chapitres, comme les cinq doigts de la main.

Aucun casting, juste un conteur pour lire des extraits du livre. "Si on lit des extraits du livre, nous comprenons globalement l'histoire, qui est une sorte de parabole" selon Godard. Un mélange de faits et de fiction avec un langage cinématographique singulier: JLG continue ainsi d'explorer le 7e art tout en s'intéressant au monde qui l'entoure.

Raoul Coutard (1924-2016) éteint la lumière

Posté par vincy, le 9 novembre 2016

Le chef-opérateur Raoul Coutard est décédé mardi soir, le 8 novembre 2016, à l'âge de 92 ans près de Bayonne. Il avait été le directeur de la photographie de films de référence comme Jules et Jim, La peau douce, La mariée était en noir et Tirez sur le pianiste de François TruffautLa 317e section et Le crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer, Lola de Jacques Demy ou encore L'aveu et Z de Costa-Gavras. Sa filmographie comporte au total 65 films signés De Broca, Molinaro (L'Emmerdeur ), Rouch, Oshima (Max mon amour), Dembo (La diagonale du fou), Mocky, Pinheiro (Ne réveillez pas un flic qui dort), Nicloux et sur la fin de sa carrière Philippe Garrel, avec qui il a collaboré sur trois films.

Evidemment son destin est surtout lié à celui de Godard (15 films au total ensemble) dont À bout de souffle, Une femme est une femme, Bande à part, Alphaville, Made in USA, La chinoise, Prénom Carmen, et surtout Le mépris et Pierrot le Fou.

Né à dans le Marais, à Paris, le 16 septembre 1924, Raoul Coutard, qui n'avait pas pu financer ses études de chimiste, ancien sergent dans l'infanterie pendant la guerre d'Indochine avant de devenir photographe aux armées puis photographe-reporter pour Paris Match et Life, a d'abord rencontré Pierre Schoendoerffer à Hanoï en 1952, avec qui il se lie pour ses premiers pas cinématographiques. "Nous avons très vite conclu un pacte entre nous : le premier qui arriverait à entrouvrir la porte du cinéma y entraînerait l'autre !", racontait le cinéaste dans un livre il y a quelques années.

Beauregard impose Coutard à Godard

En 1959, À bout de souffle marque la naissance de la Nouvelle Vague. Le producteur Georges de Beauregard, qui voulait faire des films bon marché, avec des tournages rapides. Il impose Coutard à Godard. Sans savoir que leur "liaison" serait l'une des plus marquantes du 7e art. "Pour moi, la rencontre décisive, ce fut Godard. À bout de souffle, qui devait être n'importe quoi, fut une entrée dans la vie professionnelle", expliquait Raoul Coutard à Libération. Il tourne caméra à l'épaule avec une lumière blanche: à l'époque, c'est révolutionnaire.

S'il s'est éloigné de Godard, c'est un peu à cause de Mai 68 - Coutard n'est pas franchement gauchiste. On a souvent associé son travail au noir et blanc, pas très propre, froid comme l'hiver, naturaliste au maximum. Il cherchait une vérité, celle de la lumière, celle du réel. Ses expériences sur les terrains de bataille de l'Indochine, en tant que photographe, lui avaient appris à travailler rapidement. La caméra à l'épaule était une manière libre de faire du cinéma, qui correspondait à ce qu'il savait faire avec un appareil photo. Mais il ne faut pas oublier que c'était un esthète, un maître des couleurs aussi. Des couleurs franches, saturées, des explosions de bleu et de rouge.

Honoré à Hollywood, primé à Cannes, Venise et aux César

Le cinéma, il y est entré plus pour l'argent que pour une passion quelconque. Mais sa légende était scellée dès ce petit film de Godard où un voyou incarné par un jeune premier au nez cassé et une garçonne américaine tombaient amoureux sur les Champs-Elysées. Terriblement moderne avant l'heure, le chef op' s'était raconté dans L'Impériale de Van Su - Ou comment je suis entré dans le cinéma en dégustant une soupe chinoise, mémoires publiées il y a près de dix ans.

Il avait été distingué par 1un International Award de l'American Society of Cinematographers, un César pour Le Crabe-Tambour (et une nomination pour Prénom Carmen), un prix de la meilleure première œuvre à Cannes et le prix Jean-Vigo, en tant que cinéaste, pour Hoa-Binh en 1970, le Grand prix de la technique à Cannes pour Passion et le même prix à Venise pour Prénom Carmen.

Car Raoul Coutard avait aussi réalisé. Outre Hoa-Binh, sur la guerre d'Indochine, il avait signé La légion saute sur Kolwezi (1980) et S.A.S à San Salvador (1982).

Il affirmait qu'"un film est bon quand on sort du cinéma complètement sonné ; on ne sait pas ce qui nous arrive ; on ne sait plus si on a dîné, où on a garé sa voiture ; on veut rester seul à y réfléchir. Pour moi, c’est ça, la définition d’un grand film."

Voyage à travers le cinéma français, une épopée cinéphilique envoûtante

Posté par vincy, le 12 octobre 2016

A priori un documentaire de trois heures et dix minutes, cela peut faire peur. Pourtant ce Voyage à travers le cinéma français que propose Bertrand Tavernier est époustouflant et mérite qu'on s'y attarde.

Leçons érudites

En tout premier lieu parce qu'il s'agit de véritables leçons de cinéma. Un décryptage érudit de la mise en scène (il faut voir comment on nous explique la manière dont Melville faisait ses champs contre-champs), de l'écriture, du jeu d'acteur (Gabin, sa lenteur et sa maîtrise) mais aussi de la manière dont se fabrique ce 7e art si collectif et si égomaniaque. Et ce jusqu'au défuntes salles de cinéma de quartier qui ressuscitent en citant Luc Moullet. Tavernier nous explique pourquoi telle scène est réussie et comment telle séquence a été concoctée. Le réalisateur joue le rôle d'un professeur qui veut divertir son auditoire, avec des anecdotes (comment est née la gueule d'atmosphère d'Arletty, comment un décorateur transforme Un jour se lève) ou des courriers lus en voix off (Aragon louant l'esthétique de Godard).

Le tout est illustré par des dizaines d'extraits plus ou moins longs, de films classiques ou méconnus. Une odyssée inestimable ponctuée d'interviews et d'archives (dont cette engueulade mémorable entre Belmondo et Melville). "Imaginez que vous êtes au cinéma" annonce Bertrand Tavernier en préambule. Et en effet c'est un film sur le cinéma qui se déroule devant nos yeux. Mais pas seulement.

Les souvenirs personnels de Tavernier et ses choix sélectifs

Et c'est là tout le risque de ce documentaire, présenté en avant-première mondiale au dernier festival de Cannes. Car il faut expliquer sur quel axe le film, presque trop riche, tient en équilibre: d'un côté les souvenirs personnels de Tavernier, qui servent de fil conducteur. L'enfance au sanatorium (dépucelage cinématographique), l'adolescence au pensionnat (frénésie cinématographique), jeunesse active, d'attaché de presse à assistant réalisateur en passant par la défense de Henri Langlois (prise de conscience où cinéma et politique s'entremêlent). De ce point de vue, on pourrait être frustrés. Tavernier ne se dévoile pas tant que ça, et à quelques exceptions, il ne partage que des faits assez neutres qui ne sont que les étapes de sa vie.

De l'autre côté, ce voyage dans le temps n'a rien d'exhaustif, ce qui peut également être frustrant. Si la liste des cinéastes cités est longue, le film se concentre sur quelques personnalités et un certain style de cinéma. On peut imaginer plusieurs "voyages", similairement thématiques. Il le faudrait tant on reste parfois sur sa faim quand il fait d'abondantes références à Bresson, quand il flirte avec Autant-Lara, quand il éclipse des Clouzot, Verneuil ou Clément.

Fantômes et légendes

Une fois le cadre et le scénario posés, et le parti-pris assumé, le documentaire enchaîne les chapitres. Chacun est suffisamment long pour ne pas être superficiels: Jacques Becker, Jean Renoir, Jean Gabin, la musique de film (Jaubert, Kosma), Eddie Constantine, les productions de Beauregard, la bande Truffaut-Chabrol-Godard-Varda, Edmond Gréville, Jean-Pierre Melville, et Claude Sautet. Tavernier ne masque pas ses émotions: il admire sans pudeur et avec sincérité. Il est tombé dedans quand il était petit. Le cinéma qu'il fait renaître a un air de famille, avec Belmondo, Ventura, Piccoli... Il y a quelques femmes: Bardot, Moreau, Schneider, qui achève ce marathon cinéphile en s'en allant vers un hiver incertain.

Il réunit ainsi les fantômes et les légendes. Convoque les génies (qui peuvent aussi être indignes). Car il ne cache pas les zones d'ombres, ceux qui ont eut des comportements dégueulasses, les sales caractères d'êtres jamais mythiques, égratigne le scénariste Melville et le lâche Renoir. Voyage à travers le cinéma français est une aventure aussi humaine qu'humaniste. Tavernier propose un panorama d'un certain cinéma français, classique, même si toujours moderne, et assez masculin, mais il s'agit avant tout d'une série de portraits de ceux qui ont marqué le 7e art mondial, ces ambassadeurs de l'exception française.

Point de vue et images d'un monde

Car, finalement, ce que l'on retient est ailleurs. A l'image, par les films et les cinéastes/comédiens choisis, Bertrand Tavernier nous "enferme" dans une période, des années 1930 aux années 1970. Le noir et blanc domine. C'est Hôtel du nord, La grande illusion, Casque d'or, Le doulos, La bête humaine, Le jour se lève, Les 400 coups, Cléo de 5 à 7, Classe tous risques... Ça n'est ni une compilation, ni une anthologie, c'est un point de vue subjectif, amoureux, enthousiasmant d'un passionné de l'art cinématographique dans toute sa "variété", que ce soit des combats à mains nues de Constantine ou du regard de Signoret.

Or, ce voyage étourdissant est avant tout un voyage dans le temps. Un tableau de la France, celle du Front populaire, de l'Occupation, de l'après-guerre, des trente glorieuses. On voit évoluer, de Becker à Sautet, un pays, sa société, son peuple et ses métiers. Pas surprenant alors de constater que ce sont des films éminemment français qui ont été sélectionnés dans ce portfolio de prestige. On y parle de camembert, on y chante la Marseillaise, les putes sont belles et romantiques, ... Un voyage romanesque, plus balzacien que flaubertien. On y plonge comme dans un feuilleton social mais jamais vraiment dramatique..

Finalement, à l'instar des films de Melville, tout semble irréel et atemporel. Une déclaration d'amour teintée de nostalgie. Un cinéma français qui est capable de mettre "les larmes aux yeux".

Champs-Elysées Film Festival 2016 : des rires, des prix et des pingouins

Posté par wyzman, le 15 juin 2016

Sur la plus belle avenue du monde, il s'en passe des choses ! La preuve, hier soir s'est achevée la cinquième édition du Champs-Elysées Film Festival. Et comme chaque année, la cérémonie de clôture contenait son lot de fous rire.

Malgré un retard conséquent et une pluie qui s'est tapée l'incruste pendant que festivaliers et invités attendaient devant le Publicis Cinémas, le reste de la soirée s'est déroulé sans accroc. Sophie Dulac, la présidente du CEFF, n'a pas manqué de féliciter les jurés, invités d'honneur, partenaires et autres membres de son équipe avant de lancer le bêtisier du Vidéomaton. Mais si, vous savez, cette petite cabine dans laquelle nous avons tous échangé des baisers, trinqué, ri et vérifié que l'on n'avait rien entre les dents.

Par la suite, il faut bien reconnaître que la vidéo de récap' du festival nous a beaucoup plu. Claire, fluide et bien rythmée, elle a eu le mérite de rappeler à toutes les personnes présentes que le cinéma, c'est beau. Le cinéma, c'est la vie. Le cinéma fait rêver et oublier les temps compliqués que nous vivons actuellement. Pour paraphraser le RP de Variety présent pour l'occasion, le cinéma crée des ponts, le CEFF les entretient.

Côté palmarès, le "Label Etudiant" des (Re)Découvertes remis à Masculin féminin de Jean-Luc Godard n'aura étonné personne. Chantal Goya était présente dans la salle (et sur scène), alors bon, tant qu'à faire… Thunder Road de Jim Cummings est reparti avec le Prix du Public pour un court métrage américain. Producteur, scénariste et acteur de cette comédie dramatique de 13 minutes, Jim Cummings avait déjà remporté le prix du jury à Sundance. Côté français, c'est Feuilles de printemps de Stéphane Ly-Cuong avec Frédéric Chau et Bich Ly-Cuong qui a remporté le cœur et le Prix du Public.

Et les courts appelant les longs, la cérémonie de clôture a permis d'assister au double sacre de From Nowhere. L'histoire de ces trois adolescents sans papiers et sur le point d'être diplômés a remué festivaliers et jurés. Le film de Matthew Newton repart ainsi avec Le Prix du Public de cette cinquième édition et une Mention spéciale du Jury.

Mais puisqu'il ne doit en rester qu'un… C'est à l'excellent documentaire Weiner de Josh Kriegman et Elyse Steinberg qu'est allé le premier Prix du Jury de l'histoire du CEFF ! La seconde campagne politique d'Anthony Weiner, candidat à la mairie de New York n'a pas manqué de faire rire et d'agacer les spectateurs. Une adaptation pour la télévision façon The Good Wife ne saurait tarder tant la matière est parfaite. Un personnage principal touchant, intelligent mais complètement dépassé par les événements, des rebondissements sans fin et une mise en scène efficace auront eu raison de nos petits cœurs de critiques. Le film n'a pas encore de date de sortie, mais on vous en reparlera le moment venu.

Enfin, histoire de bien finir cette cinquième édition placée sous le signe de la joie, de la pluie et de la concurrence footballistique, Marie Madinier, Charlotte Le Bon et Anne Le Ny sont venues présenter le film Le Secret des banquises avec beaucoup d'humilité. Objet filmique non identifié, on ne peut que recommander ces 81 minutes de pur délire.

Cannes 2016 – Télex du marché: John McEnroe, Alain Prost, Michel Hazanivicius et Godard, Yorgos Lanthimos, et des manchots

Posté par vincy, le 16 mai 2016

- Shia LaBeouf (en compétition avec American Honey) va incarner John McEnroe dans le film de Janus Metz, Borg/McEnroe. Bjorn Borg sera interprété par Sverrir Gudnason (Wallander, Valse pour Monica). Ce biopic se concentrera sur un match légendaire, la finale de Wimbledon en 1980, gagné à l'arraché par le tennisman suédois 1/6-7/6-6/3-6/7-8/6, soit l'un des plus longs matchs de l'histoire de ce sport. LaBeouf apprend actuellement à jouer au tennis intensivement.

-Autre biopic, celui du coureur automobile Alain Prost. Cette fois-ci le film est français, produit par Labyrinthe productions. Le quadruple champion du monde de Formule 1 sera une sorte de Rocky, de ses débuts jusqu'à ses duels avec Ayrton Senna. Réalisé par Julien Leclercq (Braqueurs), le pilote sera interprété par Guillaume Gouix. Le tournage est prévu dans un an et demi.

- On l'avait un peu perdu de vue depuis le fiasco de The Search. Michel Hazanavicius (The Artist) prépare Le redoutable, en tournage fin juillet, essentiellement à Paris. Cette comédie d'époque est l'adaptation de l'autobiographie d'Anne Wyzaemsky (actrice et ancienne compagne de Godard), paru l'an dernier chez Gallimard où elle raconte l'étiolement de son mariage avec le cinéaste, jusqu'à leur séparation en 1969. Elle donne aussi son point de vue sur les événements de mai 1968 et dresse le portrait de célébrités croisées comme Pasolini, Deleuze ou Truffaut. Louis Garrel sera Jean-Luc Godard, Stacy Martin l'héroïne et Bérénice Bejo interprètera Michèle Rozier.

- Un an après The Lobster, Yorgos Lanthimos s'attaque à son nouveau film, inspiré une tragédie d'Euripide, The Killing of a Sacred Deer, où il retrouve Colin Farrell. L'acteur britannique sera un chirurgien charismatique qui doit prendre une grande décision quand un adolescent lui demande d'intégrer sa famille brisée. Mais l'ado a des pensées sombres et un fort désir de vengeance et la vie idéale de Steven va imploser et l'obliger à faire un sacrifice impensable.

- Enfin, Luc Jacquet a livré la première image de la suite de La Marche de l'empereur, le documentaire qui l'a fait connaître mondialement il y a 11 ans. Le tournage a démarré en Antarctique. Tourné en 4K avec des sous-marins et des drones, La Marche de l'empereur 2 (March of the Penguins 2 - The Call) partira sur les pas d'un jeune manchot, lancé dans son premier grand voyage vers une destination inconnue, poussé par son instinct.

Cannes 2016: Une Palme d’or d’honneur pour Jean-Pierre Léaud

Posté par vincy, le 10 mai 2016

Une Palme d'or d'honneur sera décernée à l'acteur Jean-Pierre Léaud lors de la Cérémonie de clôture du Festival de Cannes, le 22 mai. Il succède à Agnès Varda , Clint Eastwood, Manoel de Oliveira, Woody Allen, Jean-Paul Belmondo, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Jane Fonda et Bernardo Bertolucci.

C'est à Cannes que Léaud est né puisqu'à 14 ans, en 1959, il monte les marches avec son mentor François Truffaut pour son premier film, Les 400 Coups. Eternel Antoine Doinel, on le voit grandir dans Antoine et Colette (1962), Baisers volés (1968), Domicile conjugal (1970) ou L'Amour en fuite (1979). Grand habitué du Festival où plusieurs de ses films ont été en compétition, Léaud n'a jamais reçu de prix à Cannes comme ailleurs, hormis un César d'honneur en 2000.

Acteur-égérie de la nouvelle vague, il joue dans 5 films de Jean-Luc Godard et devient même son assistant-réalisateur (Pierrot le fou, Alphaville) comme il le fut pour Truffaut (La Peau douce).

Jean-Pierre Léaud tourne peu mais souvent avec de grands cinéastes: Jean Cocteau (Le testament d'Oprhée), Jean Duviver (Boulevard), Bernardo Bertolucci (Le Dernier Tango à Paris), Jacques Rivette (Out 1), Jean Eustache (La Maman et la Putain, Grand Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes), Aki Kaurismäki (J’ai engagé un tueur, La vie de bohême, Le Havre), Olivier Assayas (Paris s’éveille, Irma Vep), Lucas Belvaux (Pour rire), Philippe Garrel (La Naissance de l’amour), Bertrand Bonello (Le Pornographe), Raoul Ruiz (L'île au trésor), Enki Bilal (Bunker Palace Hotel) ou encore Tsai Ming-liang (Là-bas quelle heure est-il ?, Visage). Son dernier rôle fut pour Noémie Lvovsky dans Camille redouble.

Sa carrière aventureuse et éclectique le conduit de nouveau à Cannes cette année, avec La mort de Louis XIV d'Albert Serra, où il incarne le Roi Soleil, et qui sera présenté en Séance spéciale.

Cannes 2016: Une affiche qui rend hommage à Michel Piccoli dans Le Mépris

Posté par vincy, le 21 mars 2016

Changement de style et retour de la couleur pour l'affiche officielle du Festival de Cannes. Le poster du 69e Festival de Cannes (11-22 mai) a été conçue à partir de photogrammes du film Le Mépris de Jean-Luc Godard. Teintée de jaune doré, rappelant à la fois la couleur de la Palme et le soleil méditerranéen, on y voir les marches, la mer, l’horizon, soit "l’ascension d’un homme vers son rêve, dans la chaleur d’une lumière méditerranéenne qui se change en or. Une vision qui rappelle cette citation qui ouvre Le Mépris : « Le cinéma substitue à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs.»"

C'est sous la silhouette de Michel Piccoli qui, depuis le toit de la légendaire villa-œuvre dessinée par l’écrivain Curzio Malaparte, que les stars et accrédités monteront les Marches de cette 69e édition. "Un choix symbolique, tant ce film sur le tournage d’un film, considéré par beaucoup comme l’un des plus beaux jamais réalisés en cinémascope (le tandem Piccoli / Bardot aux côtés de Fritz Lang, la photographie de Raoul Coutard, la musique de Georges Delerue…), a marqué l’histoire du cinéma et de la cinéphilie " explique le communiqué du Festival. On ajouterait bien l'un des films avec l'une des séquences les plus érotiques du 7e art, ce qui est assez logique pour un Festival sous le signe du 69.

Hervé Chigioni (LAGENCY) et son graphiste Gilles Frappier (Taste Design), déjà aux manettes pour les deux précédents posters, ont conçu cette affiche, en format paysage ou portrait, tandis que l’identité visuelle 2016 a été créée par Philippe Savoir (Filifox), soit trois différentes signatures - jaune doré, violette, rouge orangé - mentionnant juste de manière épurée "Cannes 69" et pouvant s'adapter aux photos de couvertures de facebook ou au format carré d'instagram.

300 grands classiques du cinéma sur LaCinetek.com en septembre

Posté par cynthia, le 21 mai 2015

La Cinetek.com, site entièrement consacré aux grands classiques du cinéma, ouvrira fin septembre avec 300 films disponibles.

Présidée par Pascale Ferran, la cinémathèque des réalisateurs, créée en 2014 par la SRF et LMC/UniversCiné, a attiré Arte France, l’Ina et la Cinémathèque de Toulouse dans son association. Avec LaCinetek.com, qui a été présentée cette semaine au Festival de Cannes, le téléspectateur pourra accéder en VàD dédiées aux grands classiques du cinéma du XXe siècle. Pour l’instant, 24 réalisateurs ont donné une liste de 50 films qui servira de base de données prescriptive. "C’est la mise en réalité d’un rêve qu’on a eu il y a deux ans lors d’une réunion de la SRF. Celui de diffuser le cinéma de patrimoine, d’une autre façon" a expliqué Cédric Klapisch, vice-président de l'Association.

Parmi les 24 réalisateurs, certains s'étaient déplacés à Cannes:  Laurent Cantet, Jacques Audiard, Hirokazu Kore-Eda ou encore Costa Gavras. Sur les 870 films sélectionnés, 470 existent déjà sur des plateformes VàD mais 400 autres sont en cours de recherche, parmi lesquels une centaine dont les ayants-droits sont difficiles à trouver ou n'ont pas de copies disponibles.

Les films pourront être loués ou achetés, "à des prix les plus bas possibles" insiste Cédric Klapisch. Une vidéo où le réalisateur expliquant les raisons de son choix et des bonus seront également mis à disposition.

Enfin, notons que que les réalisateurs les plus nommés dans les listes sont Alfred Hitchcock et Jean-Luc Godard, avec 11 films chacun. Sueurs froides (Vertigo) d’Alfred Hitchcock est d'ailleurs l'oeuvre la plus citée par les réalisateurs.