Antonio Banderas recompensé par les siens

Posté par vincy, le 21 septembre 2008

banderas_ssebastian.jpgAntonio Banderas a reçu un prix honorifique “Donostia” pour l’ensemble de sa carrière au Festival de San Sebastian (Espagne), l’un des plus importants en Europe. Sans doute parce qu’il est la première star mondiale espagnole, il méritait d’être honoré, malgré une carrière chaotique d’un point de vue artistique.
C’est Pedro Almodovar qui lui a remis le prix. Son mentor. Banderas trouva son premier rôle en 1982 dans Le labyrinthe des passions. Suivront Matador, La loi du désir, Femmes au bord de la crise de nerfs, qui le fera connaître internationalement, et Attache-moi !... Banderas sera l’acteur fétiche masculin de Almodovar dans sa période “Movida”. Et tandis que le cinéaste commence à assombrir ses films, à leur donner une tonalité moins délirante, le bel Antonio s’envole vers Hollywood, où il deviendra El Mariachi dans Desperado, Zorro, le père des Spy Kids, ou encore l’amant de Tom Hanks dans Philadelphia. Il tournera avec Alan Parker, Brian de Palma, Renny Harlin… Mais, Banderas, ironiquement, trouvera son plus grand rôle hollywoodien dans le personnage d’un chat botté capable d’amadouer n’importe quel dur à cuir d’un simple regard : il devient l’un des quatre acteurs principaux de Shrek. On parle même d’un film dédié à ce personnage de chat botté…
Il y a donc un fossé entre sa carrière espagnole, où il fut incontournable dans les années 80. Puis une filmographie plus diluée, mais sans doute plus enrichissante en dollars, aux Etats-Unis. Banderas devient réalisateur, producteur, couple glamour avec la liftée Melanie Griffith... le temps est loin où il était considéré comme un grand comédien…
Almodovar rappelle pourtant certains de ses atouts : “Depuis le début j'ai eu la certitude que ce jeune homme de Malaga était fait pour la camera. Il était et il est beau, l'une des paires de fesses préférées des femmes du monde entier".
Il restera avant tout comme le premier espagnol à avoir conquis Hollywood, ouvrant la voie à toute une génération de comédiens (Javier Bardem et Penelope Cruz).

Cannes : Qui est Demian Bichir?

Posté par vincy, le 21 mai 2008

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Demian Bichir est Fidel Castro. En tout cas il l'incarne dans le diptyque de Steven Soderbergh, Che. Il aime les personnages historiques puisqu'il fut aussi Zapata dans un récent téléfilm (photo). Ce quadra a vint cinq ans de métier tant à la télé mexicaine, son pays, que dans des productions hispanophones cinématographiques. Il a même remporté l'équivalent d'un Oscar mexicain (l'Ariel) pour sa prestation dans Hasta morir en 1994.

Bichir a été rapidement engagé dans des films plus internationaux, grâce à Alex de la Iglesia, cinéaste espagnol en vogue. Il partage ainsi l'affiche de Perdita Durango avec Javier Bardem et James Gandolfini. Agustin Diaz Yanes l'enrôle dans sa comédie surréaliste Sans nouvelles de Dieu, aux côtés de Victoria Abril, Gael Garcia Bernal, Fanny Ardant et Penelope Cruz. Il y est un boxeur déchu et même décadent. C'est surtout son rôle de voyou et ex-taulard dans le mexicain Fuera del Cielo qui le fait remarquer dans les festivals.

Face à Benicio Del Toro, son feu d'artifice pourrait l'amener à des rôles majeurs. Pour le moment, il n'a rien tourné depuis l'épuisant Che.

Cannes : ouverture et clôture étoilées

Posté par vincy, le 20 avril 2008

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Un président du jury américain, une affiche inspirée d'une photo de l'américain David Lynch, Indiana Jones et Kung-Fu Panda annoncés hors-compétition, la première réalisation de Charlie Kaufman su la Croisette, une leçon de cinéma signée Tarantino et un Carosse d'or pour Jim Jarmusch : Cannes 2008 met l'Amérique à l'honneur. Preuve d'une certaine vigueur du cinéma made in USA.

Pressenti pour l'ouverture, une fois de plus (Hollywood Ending en 2002), Woody Allen (une Palme des Palmes en perspective?). Son film espagnolo-catalan Vicky Cristina Barcelona réunit Penelope Cruz, Javier Bardem, Scarlett Johansson, Patrica Clarkson et Rebecca Hall.

Pour la clôture, c'est un autre cinéaste américain, Barry Levinson, qui aura le droit aux honneurs des marches. Le réalisateur de Rainman ne nous a pas convaincu depuis Wag the Dog en 1997. Le principal mérite de What just happened? est évidemment de rassembler des stars comme Bruce Willis, Robert de Niro, Catherine Keener, Stanley Tucci, John Turturro, et... Sean Penn dans son propre rôle. Car, ce film pésenté à Sundance plus tôt dans l'année se révélera un exercice assez narcissique pour le Festival de Cannes puisque l'une des scènes de cette adapatation d'un livre sur les coulisses des studios hollywoodiens se déroule sur la Croisette.

La dignité de mourir au cinéma

Posté par vincy, le 4 avril 2008

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Qui n'a pas versé sa petite larme quand Javier Bardem, cloué sur son lit, contemplant une derière fois le soleil couchant espagnol, décide de s'éteindre dans Mar adentro, le chef d'eouvre émotionnel d'Alejandro Amenabar? Une histoire vraie liée à un combat de trente ans en faveur de l'euthanasie. Le cinéma n'a pas hésité à s'emparer du sujet sensible afin de bousculer un peu les consciences et contrer les préjugés issus de siècles de morales et de tabous en tous genres.

Les affaires Humbert et Sebire ont relancé le débat en France : celui du droit au "mourir dignement". Entre souffrance et impuissance, choix de la mort et respect de la vie, lutte contre un acharnement thérapeutique stérile et pour une législation respectant leur volonté, l'euthanasie a nourri de nombreux films. De La mouche à Johnny got his Gun, tous les styles s'en sont mêlés. Parmi les plus marquants, on se souviendra de Hilary Swank demandant l'impensable à Clint Eastwood dans Million Dollar Baby. Ou encore Rémy Girard recevant avec joie sa dose fatale dans un lieu paisible, entouré de ses amis dans Les invasions barbares. Amputés (physiquement et psychologiquement) ou atteints d'une maladie incurable, par rejet de la sénilité ou par désir d'en finir, médicalement assisté ou pas, le sujet a inspiré une soixantaine de films plutôt récents dans le monde entier. Les Américains ont une longueur d'avance sur le propos. Films indépendants ou productions mélos hollywoodiennes, l'industrie, comme pour la peine capitale, espère jouer un rôle politique dans ce combat.

Le cinéma français reste très frileux, comme sur de nombreux tabous (adoption par les couples homosexuels, sexualité et drogue chez les adolescents, ...). A croire que nos scénarsites et nos réalisateurs ont oublié l'impact que peut avoir le cinéma sur les esprits...