Cannes 2018 : Qui est Ryusuke Hamaguchi ?

Posté par MpM, le 14 mai 2018

Quelle actualité pour Ryusuke Hamaguchi en ce printemps 2017 ! Le réalisateur japonais a en effet en parallèle un long métrage en compétition officielle à Cannes (Asako I & II) et cinq, oui, cinq, longs métrages dans les salles françaises sous le titre général Senses (deux sortis le 2 mai, deux le 9 mai et un à venir le 16 mai). Si l’on ajoute à cela son moyen métrage Heaven is still far away sélectionné en compétition à Brive en avril dernier, on a l’impression à la fois que le réalisateur est assez prolifique (il l’est : 9 longs métrages en dix ans) et surtout que le hasard a bien fait les choses pour ce cinéaste de 39 ans qui passe brutalement d’une certaine confidentialité au devant de la scène.

Diplômé d’art à l’université de Tokyo en 2003, Ryusuke Hamaguchi enchaîne avec un Master en cinéma qui l’amène à réaliser Solaris, puis Passion, son film de fin d'études. Le projet est très bien reçu à la fois par ses professeurs, dont Kiyoshi Kurosawa, et par les professionnels qui le découvrent au festival de San Sebastian. Il poursuit sur sa lancée avec I love thee for good (Paris cinéma 2009), The depths (Tokyo Filmex 2010) et trois documentaires co-réalisés avec Ko Sakai : Sound of the waves (2011), Voice of the waves (2013) et Storytellers (2013). Cette trilogie qui s'intéresse à la région de Tohoku donne notamment la parole à des victimes du tremblement de terre qui y eut lieu en 2011.

Pour le réalisateur, cette expérience est capitale : "en parlant avec [les victimes du tsunami], j'ai été stupéfait de voir que ces gens qu'on ne perçoit que comme des victimes ont fait preuve d'une immense force d'expression (...) C'est quand les gens se sentent écoutés et acceptés qu'ils expriment leurs sentiments. Nous en sommes arrivés à la conclusion que le simple fait d'écouter provoquait ce genre de choses." Il s'en souviendra en septembre 2013, au moment d'organiser l'atelier d’improvisation qui a donné naissance à Senses.

En effet, le thème de cet atelier, conçu dès le départ dans l'optique de faire un film,  était "comment pouvons-nous mieux nous écouter les uns les autres ?". Un scénario a ainsi été écrit en fonction de chacun des participants, et a évolué avec eux au moment du tournage. Le résultat est une oeuvre intime et sensible qui met en scène quatre femmes reliées par une forte amitié. Lorsque l'une d'elles annonce qu'elle veut divorcer, cela crée un séisme qui impacte les trois autres.

Dans sa première version, le film dure plus de 5h (l'un des précédents longs métrages de Ryosuke Hamaguchi, Intimacies, projet de fin d'études écrit et réalisé dans le cadre d'un séminaire qu'il encadrait à l'école de cinéma et de théâtre de Tokyo, durait déjà plus de 4h) et ausculte avec précision la société japonaise. Il reçoit un accueil triomphal à Locarno en 2015 (prix d'interprétation féminine collectif et mention spéciale pour le scénario), puis au Festival des trois continents (Montgolfière d'argent et prix du public) et au festival Kinotayo (Soleil d'or).  Eric Le Bot, distributeur pour Art House, décide alors de proposer ce film fleuve dans les salles françaises sous la forme d'une "série de cinéma", en cinq épisodes.

Réalisé après, mais découvert avant, son court métrage Heaven is still far away creuse lui aussi le sillon de l'intime avec une étrange histoire d'amour entre un homme introverti et solitaire et le fantôme d'une jeune lycéenne assassinée des années auparavant. Là encore, on est frappé par la délicatesse dans l’observation (seules les relations entre les personnages intéressent le cinéaste qui se garde bien d'introduire le moindre élément de suspense) et la simplicité du dispositif, ainsi que par la force de son écriture.

Dans ces conditions, on ne peut pas vraiment dire que l'arrivée de Ryusuke Hamaguchi directement dans la compétition officielle cannoise soit surprenante. Cannes ne pouvait qu'être intriguée par le cheminement méticuleux de ce cinéaste hors norme, et par son sens aigu du portrait intimiste qui révèle un Japon ultra contemporain, souvent à contre-courant des clichés que l'on peut en avoir, et mettant à nu pudiquement, mais sans fard, l'âme complexe et déchirée de ses personnages.

Cannes 2018: la carte (du Festival) et les territoires (du cinéma)

Posté par vincy, le 7 mai 2018

Le Festival de Cannes - Sélection officielle, Quinzaine des réalisateurs, Semaine de la critique et Acid - est vraiment mondial comme on le constate avec notre carte. Hormis l'Océanie (dignement représentée par Cate Blanchett présidente du jury), tous les continents sont représentés. Il y a bien quelques gros trous (Amérique centrale, Moyen-Orient, Afrique de l'Ouest et du Centre, Scandinavie), mais la représentativité des cultures est bien présente avec 36 pays différents. 17 pays ne sont sélectionnés qu'à travers un seul film (Syrie, Liban, Kenya, Maroc, ...).

La France domine largement le classement avec 27 films toutes sections confondues. Les Etats-Unis (8), le Portugal et l'Italie (5 chacun), et la Chine (4) complètent le Top 5.

Derrière ce classement brut, il y a des tendances plus certaines. Par continent, l'Europe domine largement avec 29 films de 13 pays. Cette année, l'Asie (hors Proche et Moyen Orient) est aussi en force avec 15 films de 6 pays. Un Certain regard devance la compétition et la Quinzaine en nombre de pays sélectionnés.

Par sélections, la France domine chacune des sélections, révélant quand même un tropisme national. Le Portugal est à triplement l'honneur à l'Acid, les Etats-Unis et l'Espagne font un doublé à la Quinzaine, l'Argentine est deux fois élue à Un certain regard, alors quatre pays sont doublement sélectionnés en compétition: Japon, Italie, Etats-Unis et Iran.

Pourquoi il ne faut surtout pas rater « Senses » de Ryusuke Hamaguchi

Posté par MpM, le 2 mai 2018

C'est l'événement cinéma de cette semaine, et des deux suivantes : la sortie sur grand écran du film fleuve Senses de Ryusuke Hamaguchi sous la forme de cinq épisodes réunis en trois longs métrages. Soit une formidable saga intime mettant en scène quatre femmes reliées par une forte amitié que les aléas de la vie amènent à se remettre soudainement en question.

A Kobe, de nos jours, Akari, Sakurako, Fumi et Jun sont quatre femmes qui approchent de la quarantaine et mènent des vies assez rangées : Sakurako est une parfaite mère au foyer, Akari est une infirmière modèle, Fumi travaille pour un centre d'art et Jun dans un bar. Mais la jeune femme est surtout engagée dans une longue procédure de divorce, malgré le refus catégorique de son mari. Ce combat, qui était un secret jusqu'à la fin du premier épisode, fait l'effet d'une bombe dans le groupe d'amies, et place brutalement chacune face aux contradictions ou aux ratés de sa propre existence.

On est bien dans une intrigue intime, pour ne pas dire intimiste, qui ne bascule jamais ni dans le spectaculaire, ni dans le suspense un peu facile. Ryusuke Hamaguchi met en place un dispositif extrêmement simple (la plupart des scènes consistent en de longs dialogues introspectifs durant lesquels les personnages livrent leurs expériences ou leur ressenti) qui révèle peu à peu l'intériorité des protagonistes, et les pousse à réévaluer leur existence ou leurs comportements. La parole joue en effet tout au long du film un rôle central, déterminant, qui donne à sentir à travers les confidences, les reproches, les confessions et même les conversations les plus anodines la violence bouillonnant derrière les comportements uniformément policés.

Cela permet une auscultation en profondeur de la société japonaise corsetée, comme handicapée des émotions. Les cinq volets du film (qui correspondent logiquement aux cinq sens) permettent ainsi une plongée effrénée dans le tumulte des sentiments et l’envers de l'image que l'on a (et que le cinéma contribue souvent à nous donner) du pays et de ses mœurs tout en retenue.

Cela tient pour beaucoup à la force de l'écriture de Hamaguchi, qui transforme les mots en armes presque mortelles, si acérées qu'elles remplacent avantageusement toute brutalité physique pour témoigner de la violence des émotions intérieures. Ce que se disent les personnages est ainsi plus insupportable à entendre que s'ils criaient, ou en venaient aux mains, car ces propos, toujours prononcés avec calme et politesse, ne touchent pas tant à ce que font les protagonistes qu'à ce qu'ils sont intrinsèquement : égoïste, superficiel, lâche...

Les quatre comédiennes principales sont évidemment à saluer tant elles sont justes et sensibles tout au long des cinq épisodes. C'est d'autant plus impressionnant que toutes les quatre sont non professionnelles, de même que les autres comédiens qui les accompagnent. Senses est en effet né d'un atelier d’improvisation autour du thème "comment pouvons-nous mieux nous écouter les uns les autres ?". Dès le départ, il a été conçu dans l'optique de faire un film. Un scénario a ainsi été écrit en fonction de chacun des participants, et a évolué avec eux au moment du tournage.

Dans sa première version, le film durait plus de 5h. Après son accueil triomphal à Locarno en 2015 (prix d'interprétation féminine collectif et mention spéciale pour le scénario), puis au Festival des trois continents (Montgolfière d'argent et prix du public) et au festival Kinotayo (Soleil d'or), Eric Le Bot, distributeur pour Art House, a décidé de le proposer sous la forme de la "série de cinéma" que l'on découvrira tout au long du mois de mai. Une décision courageuse, car bien sûr le format est atypique, et le film lui-même singulier.

Le terme "série", par exemple, ne doit pas faire imaginer un récit à suspense, rebondissements effrénés, cliffhangers et autres climax incessants. Ce n'est pas La Casa de Papel. Si l'on aime tant Senses, c'est justement qu'il brise les codes les plus faciles de la narration romanesque pour n'en garder que l'essence. C'est donc à son rythme que Ryusuke Hamaguchi observe les glissements, les changements, les plus petits détails du comportement de ses personnages. Ce faisant, il propose une captivante étude de la nature humaine, doublée d'une réflexion complexe sur l'existence et le temps.

La durée est en effet une donnée fondamentale de son cinéma qui privilégie les plans larges et les scènes longues, permettant aux personnages d'aller jusqu'au bout de ce qu'ils ont à dire. Il n'hésite pas, notamment, à consacrer presque la totalité d'un épisode (le quatrième, intitulé "Sentir"] à une lecture en temps réel qui est à la fois comme une mise en abyme du tourbillon des sentiments traversé par les personnages, et une caisse de résonance à leurs doutes et interrogations.

Jusque-là relativement confidentiel en France, Ryusuke Hamaguchi impose en un film son style exigeant et son regard singulier, démontrant qu'il est un cinéaste à suivre absolument. Ça tombe bien, il sera à Cannes dans quelques jours, pour ses premiers pas en compétition officielle avec Asako.  C'est sûr, la planète cinéphile est sur le point de s’arracher son travail !

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  • Senses 1&2 de Ryusuke Hamaguchi au cinéma le 2 mai
  • Senses 2&3 de Ryusuke Hamaguchi au cinéma le 9 mai
  • Senses 5 de Ryusuke Hamaguchi au cinéma le 16 mai

Le parc d’attraction Ghibli prévu pour 2022

Posté par vincy, le 26 avril 2018

Il faudra attendre encore quatre ans. Mais le Studio Ghibli prépare son parc d'attraction dans la région de Nagoya, entre Tokyo et Osaka, sur la fameuse ligne à grande vitesse du Shinkansen qui relie les principales villes de l'archipel japonais. Le projet, annoncé il y a plus d'un an, s'étendra sur 220 hectares à Nagakute, sur l'ancien site de l'Exposition universelle de Nagoya (2005). Lors de l'expo, la maison de Satsuki et Mei, issue du film Mon voisin Totoro, avait été reproduite.

Initialement, le parc était espéré pour 2020. Ce sera pour 2022. Les visiteurs entreront par une reconstitution de la structure du Château ambulant. Le village de Princesse Mononoke, la vallée des sorcières, qui accueillera des attractions autour du Château ambulant et de Kiki, la petite sorcière, la forêt Dondoko, autour de Totoro, ont déjà été dévoilés.

Au final, le parc sera divisé en cinq grandes zones recréant les paysages et les décors imaginaires des films du studios mais aussi un espace dédié pour les enfants et un grand entrepôt (qui comprendra boutiques, cinéma, salle de spectacle...)

Le Studio d'Hayao Miyazaki et d'Isao Takahata, décédé début avril, possède déjà un musée à Mitaka, dans la banlieue de Tokyo.

Isao Takahata (1935-2018) a rejoint le tombeau des lucioles

Posté par MpM, le 6 avril 2018


C'est peut-être le réalisateur qui nous a fait le plus pleurer, avec son bouleversant Tombeau des lucioles, l'histoire de deux orphelins livrés à eux-même dans le Japon de le fin de la deuxième guerre mondiale. Isao Takahata, grand maître de l'animation japonaise, est mort ce jeudi 5 avril à l'âge de 82 ans, laissant derrière lui dix longs métrages et plusieurs séries télévisées. L'une de ses particularités, qui était devenue sa grande force, est qu'il ne dessinait pas ses films, et en confiait l'animation à ses collaborateurs, ce qui lui permettait une totale liberté de ton, d'univers et de techniques.

Ce grand amateur de littérature française, qu'il avait étudiée à l'Université de Tokyo, vouait une passion particulière à Jacques Prévert, dont il admirait notamment le travail de scénariste. C'est d'ailleurs en découvrant La Bergère et le Ramoneur de Paul Grimault, écrit par le poète, qu'il décide de s'engager dans la voie du cinéma d'animation. En 1959, il rejoint la Tôei, un jeune studio japonais qui a alors l'ambition de concurrencer Disney.

Il co-réalise son premier long métrage en 1968 avec Hayao Miyazaki  : Horus, prince du soleil, une épopée médiévale et allégorique qui ne reçoit pas le succès escompté. Le studio se concentre alors sur les séries télévisées, et Takahata et Miyazaki travaillent notamment ensemble à Heidi, Marco et Anne, la maison aux pignons verts, ce qui ne les empêche pas de réaliser Panda petit panda pour un autre studio en 1972. Le film, destiné aux plus petits, raconte avec humour et douceur la rencontre de Mimiko, une petite fille très énergique, avec une famille de pandas qu'elle accueille chez elle.

Isao Takahata réalise ensuite Kié la petite peste (1981) et Goshu le violoncelliste (1982). En 1985, il fonde avec Hayao Miyazaki le studio Ghibli, qui deviendra une référence mondiale du cinéma d'animation. Son premier film réalisé au sein de Ghibli en 1988 sera aussi son plus gros succès : Le tombeau des lucioles, adaptation d'une nouvelle semi-autobiographique écrite en 1967 par Akiyuki Nosaka, est salué dans le monde entier. Ses choix esthétiques réalistes et sa poésie déchirante en font un classique universel.

Suivront Souvenirs goutte à goutte (1991), Pompoko (1994) qui reçoit le Cristal du meilleur long métrage à Annecy, et Mes voisins les Yamada (1999). Ce dernier ne rencontre pas son public, Takahata se met alors en retrait du studio, jusqu'à son dernier film, Le conte de la princesse Kaguya, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2014.

Inspirée d’un conte populaire datant du Xe siècle, considérée comme l'un des textes fondateurs de la littérature japonaise, cette jolie fable distille beaucoup de moments tendres et joyeux, dans une nature à la pureté originelle. Cette joie espiègle correspondant à l'enfance est troublée par la nécessité, pour l'héroïne, de se conformer à ce que son père, et la société, attendent d'une jeune fille de bonne condition. Le film se transforme alors en une célébration des beautés de la vie terrestre, avec une pointe de nostalgie qui donne à l'époque l'impression que Takahata signe une oeuvre-testament.

Son cinéma sensible, qui questionne la relation ambivalente de l'homme avec la nature, souligne le temps qui passe et observe les interactions au sein de la famille, possède une petite musique intérieure inimitable qui nous manquera.

Takeshi Kitano quitte sa société de production

Posté par vincy, le 14 mars 2018

L'acteur, humoriste, producteur, réalisateur et écrivain Takeshi Kitano quittera Office Kitano, la société qu'il a co-fondé, à la fin du mois de mars. Il affirme vouloir retrouver son indépendance. C'est le président d'Office Kitano, Masayuki Mori, qui a révélé l'information dans la presse japonaise. "Beat Kitano" lancerait sa propre structure.

Office Kitano, créée par Takeshi Kitano et Masayuki Mori en 1988, est à la fois une société de production et une agence de talents, qui a représenté des dizaines d'humoristes et de comédiens, surnommés "L'armée de Kitano".

Masayuki Mori affirme ainsi que Takeshi Kitano "abandonne les fardeaux qu'il a portés durant trente ans, y compris toute son "armée", afin d'avoir plus de temps personnel".

Office Kitano voit ainsi partir sa star dont elle a produit tous les films depuis 1991. En décidant de lâcher l'affaire, le réalisateur et l'acteur Kitano, âgé de 71 ans, rend l'avenir de la société incertain. Selon les médias japonais, de nombreux artistes devraient quitter Office Kitano suite à cette décision.

Office Kitano est né de la nécessité de gérer les émissions télévisée de Takeshi Kitano et d’une bande d’amis acteurs. Trois ans plus tard, Office Kitano devient une société de production avec A Scene at the Sea, le troisième long métrage de Takeshi Kitano. Office Kitano produit (et distribue au Japon) d'autres films japonais et étrangers, en commençant avec Ikinai de Hiroshi Shimizu (1998). Shôzô Ichiyama, Jia Zhangke (Au delà des montagnes, A touch of sin), Abolfazl Jalili, Atsushi Funahashi, Takashi Miike, Dankan, Makoto Shinozaki, sont tous des auteurs de la maison. L'entreprise a également lancé en 2000 FILMEX, un festival de cinéma dédié aux productions indépendantes.

Avec Hana-bi de Takeshi Kitano, Office Kitano a été couronnée par un Lion d'or à Venise en 1997. Plusieurs de ses films ont été en Sélection officielle à Cannes. Récemment, la société a produit Traces of Sin de Kei Ishikawa, présenté à Venise en 2016, et le dernier Kitano en date, Outrage Coda, troisième volet de sa saga Outrage, sélectionné à Venise en 2017. Deux films sont actuellement en production: Lovers on borders, une coproduction avec le Portugal, réalisé par Atsushi Funahashi et Ash is purest white, le prochain Jia Zhangke, prévu pour 2019.

Quant au réalisateur Takeshi Kitano, il a récemment évoqué l'idée de faire une comédie romantique, inspirée de son premier roman, paru au Japon l'an dernier.

L’acteur japonais Ren Osugi est mort (1951-2018)

Posté par vincy, le 22 février 2018

L'acteur japonais Ren Osugi est mort le 21 février 2018 à l'âge de 66 ans d'une attaque cardiaque. Figure récurrente du cinéma de Takeshi Kitano, il avait été de plusieurs de ses films comme les beaux Kids Return et Hana-bi, mais aussi dans Sonatine, mélodie mortelle, Aniki mon frère, Dolls, Glory to the Filmmaker, Achille et la tortue, Takeshis, Getting Any? et Outrage coda ( l'an dernier). Il avait été nommé comme meilleur second-rôle aux Awards of Japanese Academy pour Hana-bi. Le Festival de Yokohama lui avait décerné un prix du meilleur second-rôle pour l'ensemble de ses films de la saison 1997-1998.

Ren Osugi a aussi tourné régulièrement avec Takashi Miike (Ley Lines, Audition, Dead or Alive 2, MPD Psycho, Zebraman) et Kiyoshi Kurosawa (Cure, Licence to live, Charisma, Loft). Second-rôle à la filmographie impressionnante, on l'a aussi vu chez des cinéastes connus comme Yoichi Sai (Inu Hashiru), Hirokazu Kore-eda (Maborosi), Masayuki Suo (Shall we dance?), Sabu (Monday, Blessing bell, Ten no Chasuke), Yoji Yamada (Le Samouraï du crépuscule)...

Sa carrière de près de 45 ans, aussi bien sur le petit que le grand écran, l'a mené à jouer les yakusas, les pères de famille comme les chauffeurs de taxi ou les gérants d'hôtel. Très populaire dans l'archipel nippon, il avait cette capacité de passer en un instant du rire au drame, de l'idiot à l'autoritaire, de l'amoureux au mélancolique.

Super Mario « switche » vers le cinéma

Posté par vincy, le 3 février 2018

A 32 ans et des poussières Super Mario, icône mondiale aussi populaire que Mickey, va devenir un héros de film d'animation. Nintendo a annoncé le projet qui sera produit en collaboration avec Illumination Entertainment (Moi moche et méchant).

"Les gens m'avaient dit que faire un jeu et faire un film étaient deux choses similaires, mais c'est complètement différent", a expliqué Shigeru Miyamoto, le créateur du pombier moustachu le plus célèbre du monde, lors d'une conférence de presse à Tokyo.

"L'un est interactif et l'autre est une expérience passive", a poursuivi le créateur, qui a lui-même déjà réalisé un court métrage (Kirby 3D) et une série télévisée (Pikmin).

Cela fait deux ans que les deux entreprises de l'entertainment discutent du projet. Le scénario est en cours d'écriture. Le film sera co-financé par Nintendo et Universal Pictures. La sortie n'est pas prévue avant 2020.

Une volonté d'en faire une star multi-supports

Super Mario traverse les époques et les technologiques: de la gameboy à la console en passant par la Wii, le voici héros de la Switch avec Super Mario Odyssey. Mais Nintendo a conscience que la diversification est nécessaire pour faire durer ses personnages. Longtemps réfractaire aux applications mobiles, la société japonaise a finalement franchi le pas.

Nintendo a aussi lancé récemment des applications pour mobiles après avoir été longtemps réticent à franchir le pas. Ce sera le cas avec Mario Kart Tour, qui devrait être prête dans les prochains mois. La diversification vers l'animation vise de la même façon à promouvoir davantage ses personnages vedettes et attirer de nouveaux joueurs.

Super Mario été adapté en film en 1993, Super Mario Bros avec Bob Hoskins (Mario), John Leguizamo (Luigi) et Dennis Hooper (Roi Koopa). Il avait coûté 42 millions de dollars et n'avait rapporté que 21 millions de dollars.  Il y a également eu plusieurs séries animées avec les personnages du jeu.

J.J. Abrams veut adapter le film d’animation japonais Your name

Posté par vincy, le 29 septembre 2017

Paramount Pictures et la société de prod de J.J. Abrams Bad Robot ont acquis les droits pour adapter le film animé japonais Your Name. Dans la veine de Ghost in the Shell, et dans l'attente d'un Akira qui se laisse désirer, le film serait une version en prises de vues réelles du film-phénomène de Makoto Shinkai.

Your Name a rapporté 355M$ dans le monde, dont 5M$ sur le territoire nord-américain. Il est le 4e film le plus vu au Japon, après Le voyage de Chihiro, Titanic et La Reine des neiges. C'est aussi le film japonais le plus vu en Chine. En France, le film a attiré 250000 spectateurs.

Le scénario de cette version américaine sera écrite par Eric Heisserer, nommé à l'Oscar en février pour Premier contact. Aucune date de production n'a encore été mentionné.Enregistrer

Venise 2017 : John Woo revient au polar avec Manhunt

Posté par kristofy, le 9 septembre 2017

Le maestro du polar Hongkongais John Woo est de retour avec Manhunt présenté en première mondiale à Venise. D’ailleurs le montage a été terminé juste un peu avant le festival. Est-ce que John Woo va nous éblouir de nouveau avec sa maestria de gunfights et de cascades ? Pour les scènes d’action, on se retrouve en terrain connu. Cette chasse à l’homme nous renvoie aux standards du genre plusieurs dizaines d’années en arrière. L’ensemble est plaisant, mais pas époustouflant.

On adore justement John Woo pour son sens de l’esbroufe des années 80 à Hong-Kong (Les Larmes d'un héros, Le Syndicat du crime, The killer, Une balle dans la tête…) qu’il a su régénérer ensuite aux Etats-Unis (Broken Arrow, Volte-face, Mission impossible 2…) avant de retourner en Chine pour des films d’époque en costumes (Les Trois Royaumes, Le Règne des assassins, Crossing…). Le souhait de beaucoup était de revoir John Woo aux commandes d’un polar comme il en faisait avant (un projet de remake de The Killer est dans l’air), ce vœu est exaucé maintenant avec Manhunt. On aurait aimé qu'il soit satisfaisant.

Un avocat d’une grande firme pharmaceutique est accusé à tort d’un crime qu’il n’a pas commis, il est poursuivi à la fois par des tueurs et par un flic. Il va devoir évité d’être tué, protéger une femme qui veut se venger, convaincre le flic qu’il est innocent, et bien entendu contrer les projets de… (tadaaa : une grande firme pharmaceutique). Le scénario de ce genre de polar est connu d’avance (c’est toujours l’ex-employeur). C’est d’ailleurs un remake du Manhunt japonais de 1976 avec l’acteur Ken Takakura, auquel John Woo rend ainsi hommage : "la première fois que je l’ai vu dans des films ça m’a marqué, c’était des histoires de gangsters ou d’évasion de prison. Il avait beaucoup de charisme. Je me suis inspiré de son image pour la personnage de Chow Yun-fat dans Le syndicat du crime et The killer, avec par exemple un long manteau."

La séquence d’introduction où le héros croise par hasard deux tueuses nous met dans l’ambiance avec une fusillade en règle. De plus c’est la première fois chez John Woo que les ‘méchants’ sont des 'méchantes'. Ensuite le scénario est conduit de façon à faire se suivre les scènes d’action attendues : course dans le métro, poursuite en scooter de mer, assaillants sur des motos lors d’un mariage, fusillade dans une maison où le héros est menotté au flic, combat rapproché dans un laboratoire, et bien entendu, OUI!, un envol de colombes ! C'est sa signature.

On y pend certes plaisir mais les autres scènes qui font progresser l’histoire sont laborieuses. Les faiblesses de Manhunt sont d’abord liées à son mode de fabrication, tout se passe au Japon mais c’est une co-production avec un casting panasiatique : l’actrice Qi Wei est chinoise, Ha Ji-won est coréenne, Okammoto Tao est japonaise (auparavant vue dans des films de super-héros américains), Angeles Woo, la fille du réalisateur est aussi présente. Dans les deux rôles principaux masculins le flic est le japonais Masaharu Fukuyama (vu dans les films de Hirokazu Kore-eda mais peu crédible ici, il est surtout un chanteur populaire dans son pays), et le héros fugitif est le chinois Zhang Hanyu (déjà héros pour Tsui Hark et Dante Lam). Cette variété de talents (pour que le film soit le plus exportable possible) est une belle réunion, mais l’ensemble est très inégal ou mal dirigé (avec des moments presque parodiques). Surtout, dans certaines situations, les dialogues sont en japonais ou en mandarin et dans d’autres en anglais sans aucune logique (et les répliques anglaises sont risibles), ce qui provoque des rires involontaires.

John Woo est de retour avec une carte de visite de ce qu’il sait bien faire, espérons que cela lui permettra de nous offrir ensuite un film d’un tout autre calibre.