James Ivory écrit pour Alexander Payne

Posté par vincy, le 3 juin 2018

Oscarisé en février pour l'adaptation de Call Me By Your Name, le réalisateur et scénariste James Ivory va écrire l'adaptation d'une nouvelle parue dans The New Yorker il y a cinq ans. Alexander Payne réalisera le film intitulé The Judge's Will.

Ecrite par la romancière et scénariste Ruth Prawer Jhabvala avant sa mort en 2013, cette fiction a pour cadre une relation entre un juge de Delhi, malade, et sa femme venue de Mumbay (Bombay). Les deux ont eu des vies très distinctes malgré leur toit commun. Alors que la mort approche, leur partie d'échecs amoureuse approche de la fin. Le juge veut être certain que sa maîtresse, beaucoup plus jeune, ne sera pas rejetée quand il décèdera.

James Ivory et Ruth Prawer Jhabvala (Booker Prize, Bafta et deux Oscars en poche) ont longtemps collaboré ensemble. Elle lui a écrit quelques un de ses plus beaux films: Howards End, Les vestiges du jour, A Soldier's Daughter Never Cries, Chambre avec vue, les Bostonniennes... soit un total de 23 films en 46 ans!

Alexander Payne a pris une option dès 2014 sur cette histoire. L'histoire sera transposée d'Inde à Chicago.

Le scénario est promis pour la fin de l'année. Fox Searchlight espère pouvoir le sortir pour la fin 2019.

Oscars 2018: La forme de l’eau rafle l’Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur

Posté par vincy, le 5 mars 2018

Jimmy Kimmel a présenté la 90e cérémonie des Oscars. Une soirée qu'il a amorcé avec un prologue très sérieux, rappelant les mouvements activistes récents qui ont ébranlé Hollywood: la montée en puissance des afro-américains, #MeToo, Time'sUp et donc évidemment Harvey Weinstein. C'est donc les Oscars du changement qui ont été célébrés ce soir.  "A tous les rêveurs nous sommes avec vous" disaient Lupita Nyong'o et Kumail Nanjiani Enfin pas tout à fait. Parce que le meilleur gag était évidemment celui qui faisait écho au problème d'enveloppe l'an dernier: par courtoisie, les Oscars ont demandé à Faye Dunaway et Warren Beatty de présenter de nouveau l'Oscar du meilleur film.

Mais malgré toutes ces bonnes intentions, et en l'absence de suspens dans 90% des catégories, ce fut sans aucun doute l'une des soirées les plus ennuyeuses des Oscars en 90 ans! Sans doute à cause de la trop belle qualité des nommés, la concurrence était si rude que les votants ont préféré éparpiller les prix sans distinguer de véritable vainqueur. Une année où trop de bons films ont tué toute idée de razzia. Un peu comme toute la saison des prix qui n'a connu aucun consensus entre les guildes professionnelles, les critiques et le public.

On notera que Frances McDormand entre dans le club très fermé des acteurs/actrices deux fois primés, que Roger A. Deakins a attendu 14 nominations pour être récompensé, que James Ivory a du patienter jusqu'à l'âge de 89 ans pour être le plus vieil oscarisé de l'histoire, que Netflix a reçu son premier Oscar (en documentaire), tout comme le Chili (avec le film en langue étrangère), qu'Alexandre Desplat est le seul français oscarisé dans un palmarès très latino-américain, que les minorités et les femmes n'ont pas été oubliés.

Avec 4 Oscars, soit un peu plus que les autres, La Forme de l'eau repart comme le vrai triomphateur de cette course aux Oscars. C'est aussi le triomphe d'un cinéma fantastique, de genre, et d'un cinéma mexicain, décidément dans son âge d'or.

Governors Awards: Charles Burnett, Owen Roizman, Donald Sutherland et Agnès Varda ; prix spécial pour Carne y Arena (Virtually Present, Physically Invisible), le film en réalité virtuelle de Alejandro G. Inarritu.
MEILLEUR FILM: LA FORME DE L'EAU
Meilleur réalisateur: Guillermo del Toro pour La forme de l'eau
Meilleure actrice: Frances McDormand pour 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur acteur: Gary Oldman pour Les heures sombres
Meilleur second-rôle féminin: Allison Janney pour Moi, Tonya
Meilleur second-rôle masculin: Sam Rockwell pour 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur scénario: Jordan Peele pour Get Out
Meilleur scénario (adaptation): James Ivory pour Call Me By Your Name d'après le roman d'André Aciman
Meilleur film en langue étrangère: Une femme fantastique de Sebastian Lelio (Chili)
Meilleur court métrage: The Silent Child de Chris Overton et Rachel Shenton
Meilleur documentaire: Icarus de Bryan Fogel et Dan Cogan
Meilleur court métrage documentaire: Heaven is a Traffic Jam on the 405 de Frank Stiefel
Meilleur film d'animation: Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina
Meilleur court métrage d'animation: Dear Basketball de Kobe Bryant et Glen Keane
Meilleure musique: Alexandre Desplat pour La forme de l'eau
Meilleure chanson originale: Remember Me dans Coco
Meilleure photo: Roger A. Deakins (enfin) pour Blade Runner 2049
Meilleur montage: Lee Smith pour Dunkerque
Meilleurs décors: Paul D. Austerberry, Shane Vieau et Jeffrey A. Melvin pour La forme de l'eau
Meilleurs costumes: Mark Bridges pour Phantom Thread
Meilleurs maquillages & coiffures: Kazuhiro Tsuji, David Malinowski et Lucy Sibbick pour Les heures sombres
Meilleurs effets visuels: John Nelson, Gerd Nefzer, Paul Lambert et Richard R. Hoover pour Blade Runner 2049
Meilleur montage son: Alex Gibson et Richard King pour Dunkerque
Meilleur mixage son: Gregg Landaker, Gary A. Rizzo et Mark Weingarten pour Dunkerque

Les Writers Guild Awards snobent les grosses productions

Posté par vincy, le 5 janvier 2018

La Writers Guild of America a rendu son verdict en révélant ses nominations. le premier constat est que les productions les plus importantes (Pentagon Papers, Phantom Thread, Le 15:17 pour Paris, Dunkerque, The Greatest Showman, Tout l'argent du monde) sont complètement absentes. A l'inverse les films indépendants, souvent plébiscités depuis quelques semaines dans les palmarès, sont bien présents, à commencer par Get Out, Call Me By Your Name, La forme de l'eau, Moi Tonya, Lady Bird et The Disaster Artist.

Il est quasiment certains que ces films se retrouveront aux Oscars. Pour la plupart des nommés, c'est une première fois. L'exception est Aaron Sorkin pour Le Grand jeu, qui cumule là sa cinquième nomination (il n'a gagné qu'une fois). Même James Ivory (Call Me By Your Name), pourtant âgé de 89 ans et trois fois nommé aux Oscars en tant que metteur en scène, est cité pour la première fois. Il y a d'autres oublis surprenants comme Three Billboards Outside Ebbing Missouri, The Florida Project et Les heures sombres.

Côté distributeurs, A24 et la Fox sont nommés deux fois.

Scénario original
The Big Sick de Michael Showalter, écrit par Emily V. Gordon et Kumail Nanjiani
Get Out de et écrit par Jordan Peele
Moi, Tonya de Craig Gillespie, écrit par Steven Rogers
Lady Bird de et écrit par Greta Gerwig
La forme de l’eau de Guillermo del Toro, écrit par Guillermo del Toro et Vanessa Taylor

Scénario adapté
Call me by your Name de Luca Guadagnino, écrit par James Ivory, adapté du roman d’André Aciman (Appelle-moi par ton nom)
The Disaster Artist de James Franco, écrit par Scott Neustadter et Michael H. Weber, adapté du livre The Disaster Artist de Greg Sestero et Tom Bissell
Logan de James Mangold, écrit par Scott Frank, James Mangold et Michael Green, basé sur les personnages des comics et films X-Men
Le grand jeu de et écrit par Aaron Sorkin, d’après l'autobiographie de Molly Bloom
Mudbound de Dee Rees, écrit par Virgil Williams et Dee Rees, d'après le roman de Hillary Jordan

Scénario de documentaire
Betting on Zero de et écrit par Theodore Braun
Jane de et écrit par Brett Morgen
No Stone Unturned de et écrit par Alex Gibney
Oklahoma City de et écrit par Barak Goodman

Décès de la star indienne Shashi Kapoor (1938-2017)

Posté par vincy, le 4 décembre 2017

Acteur indien légendaire, Shashi Kapoor est mort à l'âge de 79 ans le 4 décembre à Mumbai. Le plus jeune des fils du comédien Prithviraj Kapoor, frère de Raj Kapoor (une légende), a été une immense star dans son pays dès les années 1960, quand il a obtenu son premier grand rôle dans Dharmputra en 1961. Sa carrière fut prolifique jusqu'à la fin des années 1980.

S'il a été la star de nombreux hits bollywoodiens en langue Hindi, c'est sa longue collaboration avec le duo James Ivory / Ismail Merchant qui l'a fait connaître à l'étranger: The Householder (1963), Shakespeare-Wallah (1965), Bombay Talkie (1970), Chaleur et poussière (1983), qui fut en compétition à Cannes, et In Custody. On l'a aussi vu dans le rôle principal de Sammy et Rosie s'envoie en l'air de Stephen Frears (1987), et en second-rôle dans Les Imposteurs de Nicholas Meyer (1988) et Side Streets de Tony Gerber (1998).

Les fans de Bollywood se souviennent aussi de son duo avec une autre superstar, Amitabh Bachchan. Ensemble ils ont été tête d'affiche de blockbusters locaux comme Deewar, Trishul, et Namal Halaal.

A la fin des années 1970, il s'est lancé dans la production de films d'art et essai, et a même réalisé, en 1991, un long métrage, Ajooba. Avec son épouse, l'actrice britannique Jennifer Kendal, ils ont créé le plus grand théâtre du pays, à Mumbai, le Prithvi Theatre.

Au total, il a tourné dans 160 films. Le Festival de Bombay lui avait remis un prix pour l'ensemble de sa carrière en 2009.

Paul Newman est mort : l’ultime grand saut…

Posté par vincy, le 27 septembre 2008

paulnewman.jpgIl était l'une des plus grandes légendes du cinéma américain. Paul Newman est mort vendredi 26 septembre à l'âge de 83 ans. Son décès était attendu depuis quelques semaines lorsque sa famille avait annoncé que l'acteur avait cessé de se soigner pour son cancer des poumons. Oscarisé pour son rôle dans La couleur de l'argent (de Martin Scorsese, hommage à un autre de ses grands rôles, L'arnaqueur), ce daltonien aux yeux bleus magnifiques avait été nommé neuf fois pour la statuette suprême, et avait reçu, par ailleurs, deux Oscars d'honneur. Il reçut aussi un prix d'interprétation à Cannes en 1958, l'année de sa révélation mondiale. Il donne la réplique à Elizabeth Taylor, entre alcool et impuissance, clamant : "La vérité c’est renoncer à ses rêves et mourir inconnu."

Parmi ses rôles les plus marquants soulignons La chatte sur un toit brûlant, Le gaucher, Exodus, Le rideau déchiré, Butch Cassidy et le Kid, Buffalo Bill et les indiens, Juge et hors-la-loi, L'arnaque, Le verdict... Il a ainsi tourné avec Hitchcock, Altman, Lumet, Penn, Huston. Son cinéaste de prédilection fut George Roy Hill. Récemment, il prêta sa beauté grecque vieillissante aux caméras des frères Coen (Le grand saut), à Sam Mendès (Les sentiers de Perdition) ou encore à James Ivory (Mr & Mrs Bridges). Mais son dernier rôle fut la voix d'une vieille bagnole autrefois célèbre, dans Cars (Pixar).

Newman était aussi réalisateur (De l'influence des rayons gamma... vient de ressortir à Paris), scénariste, producteur, entrepreneur , coureur automobile (2e au 24 heures du Mans) et activiste-pacifiste.

Il avait débuté sur les planches et continuait de jouer et de mettre en scène jusqu'à l'annulation d'une pièce de Steinbeck, pour cause de maladie. C'est là qu'il annonça sa retraite définitive : "Je ne me sens plus capable de travailler au niveau que je souhaite, expliquait-il. Quand on commence à perdre la mémoire, la confiance, sa capacité d'invention, il vaut mieux tout arrêter."

Voir aussi le portrait d'Ecran Noir.