Les 25 meilleurs films français du XXIe siècle selon Indiewire: une certaine idée du 7e art

Posté par vincy, le 9 juillet 2017

Le magazine américain Indiewire a désigné cette semaine un classement subjectif des 25 meilleurs films français du XXIe siècle. Le cinéma français vu des Etats-Unis est plutôt art et essai comme on peut le constater. Voir très pointu. Hormis Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, énorme succès outre-Atlantique à l'époque, il n'y a aucun film qualifié de "populaire", ni Intouchables, ni même l'oscarisé The Artist. Ceci dit, IndieWire est un magazine qui défend le cinéma indépendant. Et en tout cas une certaine forme de 7e art.

En revanche on constate qu'il y a trois Palmes d'or, de nombreux films sélectionnés à Cannes (plus de la moitié!), et dans une moindre mesure à Berlin ou Venise. Une sélection dans ces festivals a l'avantage de faciliter une vente à un distributeur nord-américain et donc d'être diffusé en salles aux USA. Cinq des 25 films mentionnés ont reçu le César du meilleur film.
Jacques Audiard, Michael Haneke, Olivier Assayas et sa compagne Mia Hansen Løve réussissent à placer deux films chacun. On est surpris de voir un film sorti il y a deux semaines dans cette liste (Visages villages) qui révèle l'oubli d'un 120 battements par minute, ou d'y trouver un film ignoré par le jury de Berlin et les César alors qu'en effet il était l'un des plus beaux films de l'année 2016 (Quand on a 17 ans).

Godard, Desplechin, Bonello, Sciamma, Dumont (avec un film pour la télé!) cotoient ainsi Ozon, Leconte, Schnabel et Beauvois. Un Eugène Green a sa place tandis que Leos Carax s'arroge la première place avec un film lui aussi ignoré au palmarès cannois, mais sans aucun doute, l'un des plus audacieux de ces 17 dernières années.

C'est, comme tout classement, contestable. Mais ça révèle aussi que le cinéma français, outre sa grande diversité de ton et de style, est apprécié pour sa manière de tordre la narration (Carax, Godard, Varda...) et sa façon de filmer les relations humaines, avec une sensibilité singulière.

Le Top 25 (avec entre parenthèses, nos étoiles)

1. Holy Motors (2012) de Leos Carax (****)
2. Amour (2012) de Michael Haneke (****)
3. 35 rhums (2008) de Claire Denis (***)
4. Adieu au langage (2014) de Jean-Luc Godard (****)
5. Eden (2014) de Mia Hansen Løve (**)
6. Un prophète (2009) de Jacques Audiard (****)
7. Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (2001) de Jean-Pierre Jeunet (*****)
8. Tomboy (2011) de Céline Sciamma (***)
9. Caché (2005) de Michael Haneke (**)
10. La vie d'Adèle (2013) d'Abdellatif Kechiche (****)
11. L'heure d'été (2008) d'Olivier Assayas (**)
12. Visages villages (2017) d'Agnès Varda et JR (***)
13. Le scaphandre et le papillon (2007) de Julian Schnabel (***)
14. Un conte de Noël (2008) d'Arnaud Desplechin (****)
15. Un amour de jeunesse (2011) de Mia Hansen Løve (**)
16. L'Apollonide (Souvenirs de la maison close) (2011) de Bertrand Bonello (***)
17. Quand on a 17 ans (2016) d'André Téchiné (****)
18. De battre mon cœur s'est arrêté (2005) de Jacques Audiard (****)
19. Après mai (2012) d'Olivier Assayas (**)
20. Entre les murs (2008) de Laurent Cantet (*****)
21. P'tit Quinquin (2014) de Bruno Dumont (****)
22. Swimming Pool (2003) de François Ozon (***)
23. Des hommes et des dieux (2010) de Xavier Beauvois (**)
24.L'homme du train (2002) de Patrice Leconte (****)
25. La Sapienza (2014) d'Eugène Green (***)

Sacré quatuor hollywoodien pour le prochain film de Jacques Audiard

Posté par vincy, le 19 avril 2017

Pour The Sisters Brothers, le premier film en langue anglaise de Jacques Audiard, c'est un carré d'as que s'offre le cinéaste français. Joaquin Phoenix, que l'on verra à Cannes dans le film de Lynne Ramsey, Jake Gyllenhaal, à l'affiche aujourd'hui avec Life, John C. Reilly, par ailleurs producteur du film, et Riz Ahmed (la série "The Night Of", "The OA", Rogue One, Jason Bourne) seront les héros de cette coproduction franco-américaine (Why Not, Page 114).

Le scénario est adapté du roman de Patrick deWitt, dont Reilly avait acquis les droits. Annoncé il y a deux ans, avec Reilly comme seul acteur à l'époque et après qu'Audiard ait reçu sa Palme d'or pour Dheepan, le projet s'est étoffé ces dernières semaines en vue d'un tournage dans les prochains mois en vue d'une sortie calée pour 2018. On imagine le beau tapis rouge à Cannes avec les quatre comédiens.

Le récit se déroule principalement en Oregon, en 1851. Eli et Charlie Sisters, redoutable tandem de tueurs professionnels aux tempéraments radicalement opposés mais d’égale (et sinistre) réputation, chevauchent vers Sacramento, en Californie, dans le but de mettre fin, sur ordre du “Commodore”, leur employeur, aux jours d’un chercheur d’or du nom de Hermann Kermit Warm. Tandis que Charlie galope sans états d’âme – mais non sans eau-de-vie – vers le crime, Eli ne cesse de s’interroger sur les inconvénients de la fraternité et sur la pertinence de la funeste activité à laquelle lui et Charlie s’adonnent au fil de rencontres aussi insolites que belliqueuses avec toutes sortes d’individus patibulaires et de visionnaires qui hantent l’Amérique de la Ruée vers l’or. Deux frères moins liés par le sang et la violence que par l’indéfectible amour qu’en silence ils se portent.

César / Oscar 2016 : le match en 5 rounds

Posté par kristofy, le 1 mars 2016

Les patients: Vincent Lindon, Leonardo DiCaprio, et Ennio Morricone !

Florence Foresti avait souligné que Vincent Lindon était un peu notre Leonardo à nous, plusieurs fois nominé mais pas encore Césarisé et que cette fois ça serait la bonne (Flo : merci du spoiler), et en effet César pour Lindon et Oscar pour DiCaprio. Mais c’était aussi la même situation pour une personnalité plus discrète, le compositeur italien Ennio Morricone, qui décroche enfin un Oscar pour une musique de film à 87 ans !

Vincent Lindon a été nommé 5 fois : meilleur acteur La Crise 1993, Ma petite entreprise 2000, Ceux qui restent 2008, Welcome 2010, Quelques heures de printemps 2013… avant d’obtenir enfin un César la 6ème fois pour La loi du marché.

Leonardo DiCaprio a été nommé 4 fois : meilleur second rôle Gilbert Grape 1994, meilleur acteur pour Aviator 2005, Blood Diamond 2007, Le Loup de Wall Street 2014 (ainsi que comme producteur)… avant d’obtenir enfin un Oscar la 5ème fois pour The Revenant.

Ennio Morricone a été nommé 5 fois sans Oscar (et pas pour ses célèbres musiques de western) : meilleure musique originale pour Les Moissons du ciel de Terrence Malick 1979, Mission de Roland Joffé 1986, Les Incorruptibles de Brian De Palma 1987, Bugsy de Barry Levinson 1991, Malena de Giuseppe Tornatore 2000. Il a tout de même reçu un Oscar honorifique pour l'ensemble de sa carrière en 2007, et cette année, il reçoit l'Oscar de la meilleure musique originale pour Les Huit Salopards (il était d’ailleurs en même temps nominé au César de la meilleure musique originale pour En mai, fais ce qu'il te plaît, 3 fois au César sans aucune récompense…).

Avantage : Oscar

Des seconds rôles nordiques de première catégorie

César : Karin Viard (21 nuits avec Pattie), Agnès Jaoui (Comme un avion), Noémie Lvovsky (La belle saison), Sara Forestier (La tête haute), Sidse Babett Knudsen (L'hermine). C’est Sidse Babett Knudsen qui a gagné, mais dans le film L'hermine c’est elle le premier rôle féminin ! Pourquoi elle n’était pas dans la catégorie meilleure actrice ? Parce que cette catégorie principale est devenu au fil du temps un concours entre les monstres sacrés - 13 nominations pour Catherine Deneuve, 15 nominations pour Isabelle Huppert - et les comédiennes qui portent un film sur leurs épaules.

Oscar : Jennifer Jason Leigh (Les 8 Salopards) ; Rooney Mara (Carol) ; Rachel McAdams (Spotlight) ; Alicia Vikander (The Danish Girl) ; Kate Winslet (Steve Jobs). C’est Alicia Vikander qui a gagné, mais dans le film The Danish Girl c’est aussi elle le premier rôle féminin ! Pourquoi elle n’était pas en catégorie meilleure actrice ? Parce que cette catégorie principale n’est plus pour une meilleure interprétation mais pour un choix stratégique pour obtenir l'Oscar, et les producteurs-distributeurs veulent multiplier le nombre de nominations et les chances de gagner. Ainsi Juliette Binoche, rôle central du Patient anglais avait davantage de chance de l'avoir en second-rôle que si elle avait été "actrice principale" où sa collègue Kristin Scott Thomas avait ses chances. Ce calcul fait que pour le film Carol le duo d’égale importance est partagé entre catégorie meilleure actrice pour Cate Blanchett et catégorie second rôle pour Rooney Mara (bien que elle seule ait eu le prix d’interprétation à Cannes…). Donc face aux favorites (Charlotte Rampling, Saoirse Ronan, Brie Larson oscarisée) il était plus prudent de ‘placer’ Alicia Vikander en catégorie second rôle féminin…

Avantage : nul

Un meilleur film en langue étrangère toujours suspect

César : Birdman (USA), Le Fils de Saul (Hongrie), Taxi Teheran (Iran), Mia Madre (Italie), Youth (Italie), Le tout nouveau testament (franco-Belgique), Je suis mort mais j’ai des amis (franco-Belgique). Avec 2 films italiens et 2 films franco-Belges (car une règle qu’il faudrait supprimer oblige d’inclure dans cette catégorie des films francophones-, les César peuvent tout se permettre (y compris oublier les films asiatiques ou latino-américains), en mélangeant exercice de style, comédie, mélodrame... Et donc aucune nomination pour Mad Max Fury Road qui a gagné 6 Oscars (sur 10 nominations) ? Le Fils de Saul était évidement le favori, et bizarrement le César a été attribué à Birdman… Pour mémoire déjà en 1995 le César du meilleur film étranger avait récompensé la comédie culte Quatre mariages et un enterrement face à Pulp Fiction de Quentin Tarantino (Palme d’or à Cannes et Oscar du meilleur scénario) et La Liste de Schindler de Steven Spielberg (7 Oscars dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario…). C’est quoi le problème avec cette catégorie pour les votants des Césars ?

Oscar : L'étreinte du Serpent (Colombie) ; Mustang (France); Le Fils de Saul (Hongrie), Theeb (Jordanie); A War (Danemark). On note une moins grande variété de genre mais une vraie diversité de styles cinématographiques et un penchant pour des films d'auteurs assez pointus. Pourtant, la manière de sélectionner les films (quasiment soviétique), et le fait de mettre le Népal à égalité avec l'Italie ou la Chine pose toujours problème. Trois de ces films étaient à Cannes (2 à la Quinzaine des réalisateurs, et Le Fils de Saul récompensé du Grand prix du jury du festival de Cannes, donc le prix le plus important après la Palme d’or). Le Fils de Saul était donc évidement le favori, et logiquement il a reçu l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère.

Avantage : Oscar

Aimés en mai, rejetés en février

César : Dheepan de Jacques Audiard, c’est la Palme d’or du Festival de Cannes (avec dans le jury tout de même Ethan et Joel Coen, Guillermo del Toro, Xavier Dolan…), et 9 nominations aux Césars… Jacques Audiard est adoré par les professionnels avec à son compte 3 Césars pour De battre mon cœur s'est arrêté, 3 Césars pour Un prophète, 1 César pour De rouille et d'os…, mais cette année il y a eu comme un Audiard-bashing… Le film a divisé la critique et surtout ce fut le plus gros échec public de Audiard depuis 20 ans. Résultat aucun César !

Oscar : Sicario de Denis Villeneuve, en compétition à Cannes, 30 millions de budget et environ 90 millions de recettes, 3 nominations techniques (meilleure photographie pour Roger Deakins, sa 13e infructueuse, meilleure musique, meilleur montage de son) mais aucune nomination pour le scénario, le réalisateur, ou le film… C’est le film qui aurait dû faire concurrence à Mad Max Fury Road et à The Revenant, mais il en a été décidé autrement. On pourrait dire la même chose de Carol, grand favori jusqu'aux Golden Globes, et qui repart bredouille. Résultat aucun Oscar !

Avantage : nul

Les minorités, véritables gagnantes des deux cérémonies

Zabou et Pierre Deladonchamps : «Dans notre milieu d’artistes de toutes origines pas le place pour la xénophobie, pas de place pour la misogynie, pas de place non plus pour l’homophobie, pas de place non plus pour l’antisémitisme [lol]… Il y a ici ce soir des gens de grand talent, et des gens qui n’en n’ont pas du tout…et des pourritures humaines qui vendraient leur mère pour une paire de Louboutin… Je connais des votants qui ne sont pas sympas et qui eux-mêmes insultent les gens…»
Voila une pique pour ‘la grande famille du cinéma français’ qui aussi doit se pencher sur une meilleure représentation des minorités devant comme derrière la caméra. En France, on se donne bonne conscience en votant pour Fatima, c'est bien, mais on est aussi obligé de rappeler que Loubna Abidar est sans papiers et menacée dans son pays.

Côté Oscar une polémique ‘OscarSoWhite’ enflait sur l’absence de personnalités Noires (ni interprétation, ni réalisation…) avec des votants en majorité Blancs et âgés. Des mesures ont été prises pour un renouvellement des votants avec plus de diversité, et aussi plus de femmes.
Chris Rock : « Pensez-y : il n'y a aucune véritable raison d’avoir une catégorie pour les hommes et une autre pour les femmes pour un prix d’interprétation. Si vous voulez des gens Noirs chaque année à cette cérémonie des Oscars, il faudrait alors juste une nouvelle catégorie meilleure interprétation black, comme quand un Blanc dit ‘mon meilleur ami noir’… En fait, nous voulons avoir l'opportunité d'avoir de bons rôles. Nous voulons que des acteurs Noirs aient les mêmes opportunités que les acteurs Blancs… »
La polémique n’est donc tant du côté des nominations mais plus du côté des producteurs et distributeurs de films…

Avantage : Oscar

César / Oscar 2016, le match en 5 rounds : La cérémonie des Oscars remporte 3 rounds contre celle des Césars, les deux organisations et leurs membres votants vont devoir faire mieux pour l'année prochaine... Ou pas.

César 2016: Marguerite et les films de Cannes dominent les nominations

Posté par vincy, le 27 janvier 2016

A l'exception de Marguerite (11 nominations) présenté à Venise, cinq films cannois dominent les nominations de ces 41e César: Trois souvenirs de ma jeunesse (11 nominations), Dheepan et Mustang (9), La tête haute et Mon roi (8). Ainsi, sur les 8 films en lice pour le César suprême, seul Marguerite n'était pas sur la Croisette. Finalement, sur plus de 230 films, 8 s'octroient la presque totalité des nominations. Les 19 autres films nommés doivent se sentir survivants.

Car finalement, avec autant de nominations chacun, ces cinq films concentrent l'essentiel des places à pourvoir. Il y avait sans doute trop de jeunes talents géniaux cette année pour tous les contenter. Une chose est certaine, les vétérans tiennent encore le haut du pavé: Jacques Audiard (7e, 8e et 9e nomination), Catherine Deneuve (13e nomination), Isabelle Huppert (15e nomination), Gérard Depardieu (17e nomination).

Il y a des oublis c'est certain (Le grand jeu, pourtant Prix Louis-Delluc du meilleur film, A trois on y va, Jeanne Rosa dans Les châteaux de sable, Alban Lenoir dans Un Français, Mad Max Fury Road ou L'étreinte du serpent ou El Club côté étranger, Cafard et Phantom Boy en animation, Freya Mavor, Mathieu Spinozi, Romain Paul côté espoirs, Annie Cordy en second-rôle, Joann Sfar à l'adaptation, Elkaïm et Demoustier, Vincent n'a pas d'écailles en premier film), mais peu de surprises. Regardons simplement les acteurs et actrices pour constater qu'il n'y a que un quart de nouvelles têtes citées.

On peut au moins saluer la présence de trois femmes dans la catégorie meilleur réalisateur. D'une certaine diversité parmi les comédiens. Mais on peut aussi croire qu'en l'absence d'un grand favori, les votes se sont reportés sur des choix consensuels et rassurants, de ces films du milieu déjà distingués, mais dont aucun, hormis Mustang et Trois souvenirs de ma jeunesse, n'a suscité l'unanimité.

Marguerite, Mustang, Catherine Frot, Vincent Lindon, Michel Fau et Arnaud Deplechins partent donc grands favoris pour la cérémonie du 26 février.

Meilleur film : Dheepan, Fatima, La Loi du marché, Marguerite, Mon roi, Mustang, La tête haute, Trois souvenirs de ma jeunesse
Meilleur réalisateur : Jacques Audiard (Dheepan), Stéphane Brizé (La loi du marché), Xavier Giannoli (Marguerite), Deniz Gamze Ergüven (Mustang), Emmanuelle Bercot (La tête haute), Arnaud Desplechin (Trois souvenirs de ma jeunesse), Maïwenn (Mon roi)

Meilleur film d'animation : Adama, Avril et le monde truqué, Le Petit Prince
Meilleur premier film: L'affaire SK1, Les Cowboys, Mustang, Ni le Ciel ni la Terre, Nous trois ou rien
Meilleur documentaire: Le Bouton de Nacre, Cavanna, Demain, L'image manquante, Une jeunesse allemande
Meilleur film étranger: Birdman, Le Fils de Saul, Je suis mort mais j’ai des amis, Mia Madre, Taxi Teheran, Youth, Le tout nouveau testament
Meilleur court métrage: La contre allée, Le dernier des Céfrans, Essaie de mourir jeune, Guy Moquet, Mon héros
Meilleur court métrage animé: La nuit américaine d'Angélique, Le repas dominical, Sous tes doigts, Tigre à la queue de feu

Meilleure actrice: Loubna Abidar (Much loved), Emmanuelle Bercot (Mon Roi), Cécile de France (La belle saison), Catherine Deneuve (La tête haute), Catherine Frot (Marguerite), Isabelle Huppert (Valley of Love), Soria Zeroual (Fatima)
Meilleur acteur: Vincent Cassel (Mon roi), Gérard Depardieu (Valley of Love), Vincent Lindon (La loi du marché), Fabrice Luchini (L'hermine), Antonythasan Jesuthasan (Dheepan), Jean-Pierre Bacri (La vie très privées de Monsieur Sim), François Damiens (Les cowboys)
Meilleur second rôle féminin: Karin Viard (21 nuits avec Pattie), Agnès Jaoui (Comme un avion), Noémie Lvovsky (La belle saison), Sara Forestier (La tête haute), Sidse Babett Knudsen (L'hermine)
Meilleur second rôle masculin: Michel Fau (Marguerite), Louis Garrel (Mon Roi), Benoit Magimel (La tête haute), André Marcon (Marguerite), Vincent Rottiers (Dheepan)
Meilleur espoir féminin: Lou Roy Collinet (Trois souvenirs de ma jeunesse), Diane Rouxel (La tête haute), Zita Hanrot (Fatima), Sara Giraudeau (Les bêtises), Camille Cottin (Connasse princesse des coeurs)
Meilleur espoir masculin: Swann Arlaud (Les anarchistes), Quentin Dolmère (Trois souvenirs de ma jeunesse), Felix Moati (A trois on y va), Finnegan Oldfield (Les Cowboys), Rod Paradot (La tête haute)

Meilleur scénario original: Dheepan, Marguerite, Mustang, La tête haute, Trois souvenirs de ma jeunesse
Meilleur scénario adapté : L'affaire SK1, Asphalte, L'enquête, Fatima, Journal d'une femme de chambre
Meilleure image: Dheepan, Marguerite, Mustang, Trois souvenirs de ma jeunesse, Valley of Love
Meilleur montage: Dheepan, Marguerite, Mon roi, Mustang, Trois souvenirs de ma jeunesse
Meilleur son: Dheepan, Marguerite, Mon roi, Mustang, Trois souvenirs de ma jeunesse
Meilleurs décors: Dheepan, Journal d'une femme de chambre, Marguerite, L'odeur de la mandarine, Trois souvenirs de ma jeunesse
Meilleurs costumes: Journal d'une femme de chambre, Marguerite, Mustang, L'odeur de la mandarine, Trois souvenirs de ma jeunesse
Meilleure musique originale: Raphaël (Les cowboys), Ennio Morricone (En mai, fais ce qu'il te plaît), Stephen Warbeck (Mon roi), Warren Ellis (Mustang) , Grégoire Hetzel (Trois souvenirs de ma jeunesse)

Deauville 2015. Orlando Bloom: « Le public français a une approche unique du cinéma »

Posté par kristofy, le 7 septembre 2015

© christophe maulave

Nouvel hommage au Festival du film américain de Deauville. Le beau gosse du début des années 2000, Orlando Bloom, 38 ans, d’origine britannique, a déjà son nom au générique de 3 franchises très lucratives: Le Seigneur des anneaux, Pirates des Caraïbes et Le Hobbit. On le retrouve aussi dans d’autres blockbusters qui curieusement sont tous des films à costumes (sans doute l'envie cachée de voir ses guiboles) : Troie de Wolfgang Petersen, Kingdom of Heaven de Ridley Scott (qui l'enrôla aussi La chute du faucon noir), Les Trois Mousquetaires de Paul W.S. Anderson… Il a eu moins de succès du côté des films dramatiques comme Rencontres à Elizabethtown, Love (et ses petits désastres), ou Zulu, qui fit la clôture de festival de Cannes en 2013.

Bloom souhaite tourner avec Jacques Audiard

Orlando Bloom espère bien s'éloigner de cette première partie de carrière, comme il aimerait bien chasser les paparazzi à ses trousses. OK, il dans dans le 5ème Pirates des Caraïbes- Dead men tell no tales à venir (il y sera surtout au début et à la fin...), et il s’en explique :

« Le Seigneur des anneaux a été une opportunité phénoménale, j’ai été engagé juste après mon école de théâtre, j’en garde un apprentissage inestimable d’avoir travailler avec cette troupe de Peter Jackson, avec Ian McKellen aussi qui viendra à Deauville. Cette trilogie a été un bon point de départ pour ma carrière, et se tourner vers d’autres objectifs est plus compliqué qu’il n’y paraît… C’est un grand honneur de recevoir un hommage de ce festival, le public français a une approche unique et incomparable du cinéma.

Zulu a été une des mes expériences de tournage préférées. Zulu était un film français de Jérôme Salle, tourné en anglais et en Afrique du Sud ce qui était un double challenge pour lui. Zulu représente aussi pour moi l’occasion de prendre un tournant dans ma carrière et de faire des choses différentes. La liste des réalisateurs avec qui j’aimerai un jour tourner est bien trop longue, David Fincher par exempl,e mais tellement d’autres. J’ai appris que Jacques Audiard allait faire son prochain film en langue anglaise (mire notre article du 26 août dernier), j’avais beaucoup aimé Un Prophète et j’aimerai beaucoup travailler avec lui un jour, faites le lui savoir… »

Jacques Audiard emmène John C. Reilly dans un Western

Posté par vincy, le 26 août 2015

jacques audiard cannes 2009Dans un entretien au JDD dimanche dernier puis le lendemain sur RTL, Jacques Audiard, à l'occasion de la campagne promotionnelle de Dheepan, a annoncé que son prochain film serait une adaptation du roman de Patrick deWitt, Les Frères Sisters (The Sisters Brothers).

Son objectif est de "réaliser en Europe un Western à l'époque de la ruée vers l'or, avec de la violence et de la comédie". Le cinéaste explique que ce sera "l'histoire de deux frères et d'un parricide" qui est censée se dérouler entre l'Oregon et la Californie. Les Frères Sisters sera le premier film tourné en anglais pour le réalisateur. John C. Reilly tiendra l'un des rôles principaux.

Il convient là de faire un aparté. Car la présence de John C. Reilly, nommé à l'Oscar pour Chicago, n'est pas anodine. Reilly, 26 ans de carrière au compteur, a tourné avec De Palma, Allen, Francis Veber, Scott (Tony), Paul Thomas Anderson, Scorsese, Raimi, Daldry, Salles, Polanski ou encore Ramsey. Cette année, il était en vedette de trois films au Festival de Cannes: The Lobster, prix du jury, Tale of Tales et Les Cowboys, premier film de Thomas Bidegain, présenté à la Quinzaine.
C'est là que le point commun avec Audiard se place. Scénariste pour Lafosse (A perdre la raison), Bonello (Saint Laurent), Lartigau (La famille Bélier), Bidegain a été co-scénariste de ses films Un prophète (premier César), De rouille et d'os (deuxième César) et Dheepan.

Ce sera donc le troisième film de Reilly avec un réalisateur français. Les Frères Sisters est à l'origine un roman du jeune auteur canadien Patrick deWitt (paru en France il y a trois ans). Le récit se déroule principalement en Oregon, en 1851. Eli et Charlie Sisters, redoutable tandem de tueurs professionnels aux tempéraments radicalement opposés mais d’égale (et sinistre) réputation, chevauchent vers Sacramento, en Californie, dans le but de mettre fin, sur ordre du “Commodore”, leur employeur, aux jours d’un chercheur d’or du nom de Hermann Kermit Warm. Tandis que Charlie galope sans états d’âme – mais non sans eau-de-vie – vers le crime, Eli ne cesse de s’interroger sur les inconvénients de la fraternité et sur la pertinence de la funeste activité à laquelle lui et Charlie s’adonnent au fil de rencontres aussi insolites que belliqueuses avec toutes sortes d’individus patibulaires et de visionnaires qui hantent l’Amérique de la Ruée vers l’or. Deux frères moins liés par le sang et la violence que par l’indéfectible amour qu’en silence ils se portent.

Pour Jacques Audiard, comme il l'a confié à RTL, "on peut dire que la famille, ce n'est jamais gagné! Ça fait l'objet de réflexions, de combats, de compromis". Comme dans Dheepan, Palme d'or du dernier Festival de Cannes.

Toronto 2015: Delpy, Rappeneau, Corsini, Lelouch, Audiard au milieu d’une sélection cinq étoiles

Posté par vincy, le 28 juillet 2015

Pour son 40e anniversaire, le festival international du film de Toronto met les petits plats dans les grands avec une sélection qui pioche aussi bien dans les grands films présentés à cannes et à Berlin, que dans des productions américaines très attendues, avec leurs stars oscarisables, et quelques surprises comme le nouveau documentaire de Michael Moore, un Johnnie To ou le dernier Egoyan, enfant local.

Du 10 au 20 septembre, Toronto accueillera aussi bien des cinéastes assez rares comme Charlie Kaufman ou Terence Davies que des blockbusters de saison comme le dernier Ridley Scoot ou le nouveau Roland Emmerich. Cosmopolite avec les grands noms latino-américains, asiatiques, européens et nord-américains, Toronto s'offre un programme anniversaire classieux.
Côté français, la moisson est impressionnante: Rappeneau, Corsini, Lelouch, Delpy en soirée de gala et surtout la Palme d'or avec Audiard, qui côtoiera pour son avant-première nord-américaine le Grand prix du jury et le prix du jury du Festival de Cannes.

En ouverture, Toronto accueillera le dernier film du québécois Jean-Marc vallée, Demolition, une comédie dramatique prévue dans les salles au printemps 2016, avec Jake Gyllenhaal et Naomi Watts.

Rappelons qu'hormis des prix du public, le 2e plus important festival de cinéma de la planète n'est pas compétitif. Seul un jury, cette année composé de Jia Zhang-ke, Claire Denis et Agnieszka Holland, élira le prix du nouveau programme Platform.

Projections spéciales :

- Anomalisa de Charlie Kaufman et Duke Johnson, avec Jennifer Jason Leigh et David Thewlis.
Beasts of a Nation de Cary Fukunaga, avec Idris Elba.
Black Mass de Scott Cooper, biopic avec Johnny Depp et Benedict Cumberbatch. Hors-compétition à Venise.
Brooklyn de John Crowley, avec Saoirse Ronan et Domhnall Gleeson.
The Club de Pablo Larrain. Grand prix du jury à Berlin.
Colonia de Florian Gallenberger, avec Emma Watson et Daniel Brühl.
The Danish Girl de Tom Hooper, avec Eddie Redmayne, Matthias Schoenaerts, Alicia Vikander et Ben Whishaw.
- The Daughter de Simon Stone, avec Geoffrey Rush et Sam Neill.
Disierto de Jonas Cuaron, avec Gael Garcia Bernal
Dheepan de Jacques Audiard. Palme d'or à Cannes.
Belles Familles de Jean-Paul Rappeneau, avec Mathieu Amalric et Karin Viard.
The Family Fang de Jason Bateman, avec Nicole Kidman et Jason Bateman.
Guilty de McG (télévision).
I Smile Back d’Adam Salky, avec Josh Charles.
The Idol de Hany Abu-Assad, avec Nadine Labaki.
The Lady in the Van de Nicholas Hytner, avec Maggie Smith et Dominic Coope.
Len and Company de Tim Godsall, avec Rhys Ifans et Juno Temple.
The Lobster de Yorgos Lanthimos. Prix du jury à Cannes.
Louder than Bombs de Joachim Trier. En compétition à Cannes.
Maggie’s Plan de Ethan Hawke, Rebecca Miller, avec Julianne Moore et Travis Fimmel.
Mountain May Depart de Jia Zhang-ke. En compétition à Cannes.
Office de Johnny To, avec Chow Yun-fat et Sylvia Chang.
Parched de Leena Yadav, avec Adil Hussain.
Room de Lenny Abrahamson, avec William H. Macy et Joan Allen.
- Sicario de Denis Villeneuve. En compétition à Cannes.
Le fils de Saul de Laszlo Nemes. Grand prix du jury à Cannes.
Spotlight de Thomas McCarthy, histoire vraie avec Rachel McAdams, Michael Keaton et Mark Ruffalo.
La belle saison de Catherine Corsini, avec Cécile de France et Izia Higelin.
Sunset Song Terence Davies, avec Peter Mullan.
Trumbo de Jay Roach, avec Diane Lane et Bryan Cranston.
Un plus Une de Claude Lelouch, avec Jean Dujardin et Elsa Zylberstein.
Victoria de Sebastian Schipper. Meilleure photo à Berlin.
Where To Invade Next de Michael Moore. premier documentaire du cinéaste en six ans.
Youth de Paolo Sorrentino. En compétition à Cannes.

Films de Gala :
- Beeba Boys de Deepa Mehta, avec Randeep Hooda.
- The Dressmaker de Jocelyn Moorhouse, avec Kate Winslet et Liam Hemsworth.
- Eye in the Sky de Gavin Hood, avec Aaron Paul et Helen Mirren.
- Forsaken de Jon Cassar, avec Demi Moore et Kiefer Sutherland.
- Lolo de Julie Delpy, avec Dany Boon, Karin Viard et Vincent Lacoste.
Freeheld de Peter Sollett, avec Ellen Page, julianne Moore et Steve Carell.
- Hyena Road de Paul Gross, avec Paul Gross.
- Stonewall de Roland Emmerich, avec Ron Perlman et Jonathan Rhys Meyers.
Legend de Brian Helgeland, avec Tom Hardy et Emily Browning.
The Man Who Knew Infinity de Matt Brown, avec Jeremy Irons et Dev Patel.
The Martian (Seul sur Mars) de Ridley Scott, avec Matt Damon, Jessica Chastain et Kristen Wiig.
- The Program de Stephen Frears, avec Ben Foster et Dustin Hoffman.
-  Remember d’Atom Egoyan, avec Christopher Plummer et Martin Landau.
- Septembers of Shiraz de Wayne Blair, avec Salma Hayek et Adrien Brody

Cannes 2015: un palmarès très socio-politique et un peu romanesque

Posté par redaction, le 24 mai 2015

Pas de Cate Blanchett (incompréhensible) aux côtés de Rooney Mara. Pas de Sorrentino ni de Moretti (favori de la critique française). Pas de Jia Zhang-ke. Bref, comme toujours, il y a de gros oublis, des choix étranges dans le classement, et même des injustices. On se félicitera de quelques récompenses pour The Lobster, Vincent Lindon (enfin!), Hou Hsiao-hsien, le premier film de Laszlo Nemes... Le cinéma français est arrivé en force ce soir. Le jury des frères Coen a surtout donné une tonalité socio-politique à son palmarès: l'immigration et les cités chez Audiard, les camps de concentration chez Nemes, la diplomatie plutôt que la guerre chez HHH, les chômeurs et précaires chez Brizé, la fin de vie chez Franco.

Trois parcours romanesques ont pu quand même séduire les jurés: dans un monde dicté par des normes tyrannique, on cherche le grand amour chez Lantimos, l'amour est transgressif et pudique chez Haynes, passionnel et douloureux chez Maïwenn.

Mais ce qu'on retiendra de cette 68e édition, c'est l'absence d'un très grand film et la multiplication de bons films aux regards acérés et esthétiques assumés. Quitte à prendre de forts risques qui ont souvent divisé les festivaliers.

Palme d'or: Dheepan de Jacques Audiard

Grand prix du jury: Le fils de Saul de Laszlo Nemes

Prix de la mise en scène: Hou Hsiao-hsien pour The Assassin

Prix d'interprétation masculine: Vincent Lindon pour La loi du marché. "C'est la première fois que je reçois un prix dans ma vie."

Prix du jury: The Lobster de Yorgos Lanthimos

Prix d'interprétation féminine: Emmanuelle Bercot pour Mon Roi et Rooney Mara pour Carol

Prix du scénario: Michel Franco pour Chronic (Mexique)

Palme d'honneur: Agnès Varda, "Palme de résistance et d'endurance". "Cette palme dorée sera placée dans un placard à côté de celle de Jacques [Demy]".

Caméra d'or du meilleur premier long métrage: La tierra y la sombra de César Augusto Acevedo (Colombie)

Palme d'or du court métrage: Waves'98 de Ely Dagher (Liban)

L’instant glam’: être en talons haut ou ne pas être, être classe ou ridicule

Posté par cynthia, le 22 mai 2015

Neuvième jour sur la Croisette (le temps passe si vite) et les stars se bousculent toujours sur le tapis rouge (la faute aux selfies et au talons trop hauts).

Sur le tapis aujourd'hui un seul sujet de discussion: le film Love de Gaspard Noé, projeté à la séance de minuit. "Oui il y a du sexe, oui il y a des choses extrêmes et en 3D mais c'est un film d'amour avant tout" confie la journaliste de TV Festival. Un film d'amour.. .un film d'amour, un film de boules aussi, excusez-moi pour le langage. La société Kleenex n'est pas prête à déposer le bilan avec des films comme cela. Bien, après tout, le festival de Cannes c'est la diversité cinématographique: peu importe les genres ou les origines, tout y est et c'est ce qu'on aime.

Aimer. On ne peut pas en dire autant de la tenue de Sophie Marceau: une robe rayée, en tissu épais, qui aurait pu convenir dans un film comme Bettlejuice. Même chose pour la tenue d'Agnès Varda, vêtue des fringues du dimanche. Vous savez la tenue que vous portez pour aller dîner chez la belle-mère afin qu'elle vous voit comme une jeune fille-modèle. Pantalon noir et veste à fleurs qui ne va pas du tout avec le collier (très beau et pour une fois sans brillants). Et tout ceci sans talons... sans talons... OMG! Par tous les saints tapis rouges, elle ne portait pas de talons!

La polémique des talons

Vous avez sûrement entendu parler de la polémique sur les talons "obligatoires" pour la montée des marches (sinon vous vivez dans une grotte avec une famille de chauve-souris). Selon les rumeurs, de nombreuses femmes auraient été refusées sur le tapis rouge car elles ne portaient pas de talons. Une productrice britannique s'est faite recaler car elle ne portait pas de talons, à savoir tout de même que cette dernière était amputée d'une partie du pied gauche. Elle s'en est plainte sur Twitter et avec les autres témoignages (car elle n'a pas été la seule à se faire "jarter" sans sympathie du tapis). Cela a créé une véritable polémique. Thierry Fremaux a démenti les faits sur son propre compte Twitter "Pour les Marches, le règlement n'a pas changé: smoking, tenue de soirée. Aucune mention sur les talons". Par ailleurs, ce dernier a constaté un certain zèle depuis mardi sur le tapis rouge... Quelques anonymes ont joué la provocation en venant en tongs sous leurs traines. Pourtant les stars se prennent toujours la tête afin de faire sensation devant le pool de photographes. Certaines réussissent et d'autres se vautrent, tel un soufflé au chocolat raté.

C'est quoi ce b****L?

Se vautrer visuellement, c'est le cas d'une jeune fille qui est arrivé sur le tapis portant une espèce d'écharpe qui entourait sa poitrine nue. Cette écharpe se prolongeait dans une robe noire... Vous n'arrivez pas à la visualiser? Ne vous inquiétez pas nous non plus on n'arrivait pas à avoir un visuel convenable.

Mais il n'y a pas que nos yeux qui ont souffert aujourd'hui, il y a aussi nos oreilles qui ont morflé grâce à la journaliste de TV Festival. Stress, bafouille, répétitions et manque de respect envers sa collègue au point de lui couper la parole sans cesse, on regrette que Didier Allouche ait des RTT. Sans oublier des questions inoubliables "Jacques (Audiard) on peut dire que Deepan est votre premier film d'amour?" ; Jacques Audiard: "Non j'en ai fait d'autres...!"
Bon ça c'est fait...

Côté montée des marches, nous avons adoré le franc-parler de Vincent Rottiers qui s'exprime comme il pourrait le faire en pleine rue, à la limite du "wesh bien ou bien" tout en étant légèrement timide. Vincent était classe malgré sa petite gène dans un costume noir (ça doit lui changer des jogging baskets habituels). Ayant eu la chance de le croiser au détour d'une sortie à l'avant-première de Bodybuilder, nous vous confirmons qu'il est plutôt timide et qu'il s'exprime avec une familiarité particulièrement touchante.

Les asiatiques, modèles à suivre

Avouons aussi que les actrices asiatiques devraient donner des conseils aux européennes. A commencer par le beau sari de Kalieaswari Srinivasan pour Dheepan. L'équipe du film The Assassin était radieuse, sublime, digne du choc esthétique du film. Les deux actrices Shu Qi et Zho Yun sont arrivées comme deux superhéroïnes dans une bataille. La première portait une robe presque couleur chair, couverte de motifs pailletés, lacée sur le devant, tandis que la seconde avait opté pour une robe noire simple mais définitivement époustouflante, avec un collier de Reine couvrant son décolleté. Espérons que la mode asiatique ait tapé dans l’œil de nos stars afin qu'elles éblouissent le prochain tapis rouge.

Cannes 2015: Qui est Vincent Rottiers ?

Posté par vincy, le 21 mai 2015

vincent rottiersIl est quasiment le seul acteur connu du nouveau film de Jacques Audiard, Dheepan, présenté en compétition au 68e Festival de Cannes. A 29 ans, Vincent Rottiers peut encore être considéré comme un espoir du cinéma, pourtant il affiche déjà 13 ans de carrière. Le frère de Kévin Azaïs (César du meilleur espoir masculin cette année avec Les Combattants, qui était à la Quinzaine des réalisateurs l'an dernier) a commencé par du théâtre dès le collège. Il obtient son premier rôle à l'âge de 15 ans dans Les Diables de Christophe Ruggia, où il joue un gamin fugueur.

Vincent Rottiers, charmeur sans être trop beau, va alors enchaîner les rôles. Narco de Gilles Lellouche, Mon ange de Serge Frydman, avec Vanessa Paradis, La maison de Nina de Richard Dembo, Le Passager d'Eric Caravaca, qui lui vaut sa première nomination aux césar en tant qu'espoir en jeune homme fragile en détresse... C'est en ado paumé qu'il séduit le plus. Mais à 21 ans, il s'aventure dans une comédie grand public (L'ïle aux trésors, un navet d'Alain Berbérian) et deux grosses productions: en soldat pendant la Guerre d'Algérie dans L'ennemi intime de Florent Emilio Siri et en jeune collabo dans Les femmes de l'ombre, à l'ombre d'une pléiade de stars féminines, de Jean-Paul Salomé.

Alternant avec des téléfilms, il peine à se faire un nom dans le cinéma, malgré une filmographie loin d'être honteuse. En 2009, il tourne avec Xavier Giannoli (À l'origine, en petit voyou et copain de Soko), Claude Miller (Je suis heureux que ma mère soit vivante, où il tient le rôle principal en ado déchiré entre sa famille d'adoption et sa mère biologique et deuxième nomination aux César), Léa Fehner (Qu'un seul tienne et les autres suivront, en jeune délinquant généreux et bagarreur) et Nicolas Boukhrief (Gardiens de l'ordre, en fils de député).

Prolifique, le jeune comédien profite de cette vague et s'offre de beaux films d'auteurs, souvent ignorés du public comme Avant l'aube, et commence à explorer le monde : il tourne ainsi avec Lou Ye (Love and Bruises) et John Shank (L'hiver dernier). En 2012, il incarne le jeune Jean Renoir, fils d'auguste dans Renoir de Gilles Bourdos, l'un des importants succès français en Amérique du nord. Il s'amuse ensuite chez Gondry, en religieux, dans L'Ecume des jours. Et ces derniers mois, il a fait partie de La Marche de Nabil Ben Yadir et enrôlé par Roschdy Zem pour Bodybuilder.

Éclectique mais surtout dramatique, souvent caïd, ne reniant jamais le côté physique de son métier, Rottiers n'aime pas les inter­views et assume son côté besogneux. de là à ne jamais sourire sur les photos... Discret et timide, il se désinhibe une fois que la caméra tourne. Ses modèles sont plutôt Michel Bouquet et François Cluzet. "J’ai envie de pouvoir travailler, faire vrai­ment ce que j’ai envie de faire, pas être obligé de faire des rôles pour qu’on ne m’ou­blie pas. J’ai envie du métier, mais pas du busi­ness qui va avec" affirme-t-il.