Isao Takahata (1935-2018) a rejoint le tombeau des lucioles

Posté par MpM, le 6 avril 2018


C'est peut-être le réalisateur qui nous a fait le plus pleurer, avec son bouleversant Tombeau des lucioles, l'histoire de deux orphelins livrés à eux-même dans le Japon de le fin de la deuxième guerre mondiale. Isao Takahata, grand maître de l'animation japonaise, est mort ce jeudi 5 avril à l'âge de 82 ans, laissant derrière lui dix longs métrages et plusieurs séries télévisées. L'une de ses particularités, qui était devenue sa grande force, est qu'il ne dessinait pas ses films, et en confiait l'animation à ses collaborateurs, ce qui lui permettait une totale liberté de ton, d'univers et de techniques.

Ce grand amateur de littérature française, qu'il avait étudiée à l'Université de Tokyo, vouait une passion particulière à Jacques Prévert, dont il admirait notamment le travail de scénariste. C'est d'ailleurs en découvrant La Bergère et le Ramoneur de Paul Grimault, écrit par le poète, qu'il décide de s'engager dans la voie du cinéma d'animation. En 1959, il rejoint la Tôei, un jeune studio japonais qui a alors l'ambition de concurrencer Disney.

Il co-réalise son premier long métrage en 1968 avec Hayao Miyazaki  : Horus, prince du soleil, une épopée médiévale et allégorique qui ne reçoit pas le succès escompté. Le studio se concentre alors sur les séries télévisées, et Takahata et Miyazaki travaillent notamment ensemble à Heidi, Marco et Anne, la maison aux pignons verts, ce qui ne les empêche pas de réaliser Panda petit panda pour un autre studio en 1972. Le film, destiné aux plus petits, raconte avec humour et douceur la rencontre de Mimiko, une petite fille très énergique, avec une famille de pandas qu'elle accueille chez elle.

Isao Takahata réalise ensuite Kié la petite peste (1981) et Goshu le violoncelliste (1982). En 1985, il fonde avec Hayao Miyazaki le studio Ghibli, qui deviendra une référence mondiale du cinéma d'animation. Son premier film réalisé au sein de Ghibli en 1988 sera aussi son plus gros succès : Le tombeau des lucioles, adaptation d'une nouvelle semi-autobiographique écrite en 1967 par Akiyuki Nosaka, est salué dans le monde entier. Ses choix esthétiques réalistes et sa poésie déchirante en font un classique universel.

Suivront Souvenirs goutte à goutte (1991), Pompoko (1994) qui reçoit le Cristal du meilleur long métrage à Annecy, et Mes voisins les Yamada (1999). Ce dernier ne rencontre pas son public, Takahata se met alors en retrait du studio, jusqu'à son dernier film, Le conte de la princesse Kaguya, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs en 2014.

Inspirée d’un conte populaire datant du Xe siècle, considérée comme l'un des textes fondateurs de la littérature japonaise, cette jolie fable distille beaucoup de moments tendres et joyeux, dans une nature à la pureté originelle. Cette joie espiègle correspondant à l'enfance est troublée par la nécessité, pour l'héroïne, de se conformer à ce que son père, et la société, attendent d'une jeune fille de bonne condition. Le film se transforme alors en une célébration des beautés de la vie terrestre, avec une pointe de nostalgie qui donne à l'époque l'impression que Takahata signe une oeuvre-testament.

Son cinéma sensible, qui questionne la relation ambivalente de l'homme avec la nature, souligne le temps qui passe et observe les interactions au sein de la famille, possède une petite musique intérieure inimitable qui nous manquera.

Les Critiques de Los Angeles plébiscitent (eux aussi) Boyhood

Posté par vincy, le 8 décembre 2014

Pour une fois, les critiques de Los Angeles sont d'accord avec leurs rivaux de New York (voir le palmarès du NYFCC). Boyhood est le meilleur film de l'année et Richard Linklater le meilleur réalisateur. Boyhood a triomphé à New York. L'Association des Critiques de Los Angeles l'a également sacré (avec en bonus le prix de la meilleure actrice pour Patricia Arquette et le prix du meilleur montage). Une razzia. Notons qu'Arquette avait été honorée par les confrères new yorkais mais dans la catégorie second-rôle féminin.

Autant dire que Boyhood est d'ores et déjà le grand favori de la saison des prix. Mais là encore, il y a du chemin avant les Oscars. Depuis 2000, un seul film (The Hurt Locker/Démineurs) a réalisé le doublé. Toujours depuis 2000, les critiques de L.A. et de NY n'ont choisi le même film qu'à quatre reprises.

Le perdant c'est évidemment Wes Anderson avec The Grand Budapest Hotel. Deux prix (scénario et décor) mais finaliste trois fois (film, réalisateur, montage). Anderson avait là aussi été primé à New York la semaine dernière pour son scénario.

Pour le reste, les critiques angelinos ont réservé quelques surprises: Ida, le drame polonais de Pawel Pawlikowski, l'emporte sur la Palme d'or Winter Sleep, mais s'octroie en plus le prix du meilleur second-rôle féminin. Ida avait aussi été gagnant à New York. Idem côté documentaire: le même choix pour Citzenfour.

Tom Hardy est récompensé pour son rôle / one-man show dans Locke, devant le favori Michael Keaton dans Birdman, qui ne repart qu'avec le prix de la meilleure image. C'est d'ailleurs le quatrième prix des critiques de L.A. pour le directeur de la photographie Emmanuel Lubezki, et le deuxième consécutif après Gravity l'an dernier. Birdman a aussi échoué pour le prix du meilleur second-rôle masculin puisque Edward Norton s'est fait supplanté par J.K. Simmons (Whiplash), déjà récipiendaire du même prix à NY.

Dernière surprise: le film d'Isao Takahata a mis K.O. les Lego côté animation.

Que faut-il en déduire? La course aux Oscars est très ouverte. Même si on voit se profiler, déjà, quelques films indépendants favoris (Boyhood, Birdman, The Grand Budapest Hotel) et quelques stars incontournables (Patricia Arquette, Michael Keaton, Julianne Moore, Jessica Chastain, J.K. Simmons, Edward Norton) pour les Oscars. Feront-ils le poids face aux films des studios (The Imitation Game, Invincible)? Pour les Oscars, on devra attendre le 15 janvier.

Le palmarès intégral:

Meilleur film: Boyhood ; finaliste: The Grand Budapest Hotel

Meilleur réalisateur: Richard Linklater (Boyhood) ; finaliste: Wes Anderson (The Grand Budapest Hotel)

Meilleur acteur: Tom Hardy (Locke) ; finaliste: Michael Keaton (Birdman)

Meilleure actrice: Patricia Arquette (Boyhood) ; finaliste: Julianne Moore (Still Alice)

Meilleure second-rôle masculin: J.K. Simmons (Whiplash) ; finaliste: Edward Norton (Birdman)

Meilleur second-rôle féminin: Agata Kulesza (Ida) ; finaliste: Rene Russo (Night Call)

Meilleur scénario: Wes Anderson (The Grand Budapest Hotel) ; finaliste: Alejandro Gonzalez Inarritu, Nicolas Giacobone, Alexander Dinelaris et Armando Bo (Birdman)

Meilleur film en langue étrangère: Ida ; finaliste: Winter Sleep

Meilleur documentaire: Citizenfour ; finaliste: Life Itself

Meilleur film d'animation: Le conte de la Princesse Kaguya ; finaliste: The Lego Movie

Meilleure image: Emmanuel Lubezki (Birdman) ; finaliste: Dick Pope (Mr. Turner)

Meilleurs décors: Adam Stockhausen (The Grand Budapest Hotel) ; finaliste: Ondrej Nekvasil (Snowpiercer)

Meilleure musique de film (ex-aequo): Jonny Greenwood (Inherent Vice) ; Mica Lev (Under the Skin)

Meilleur montage: Sandra Adair (Boyhood) ; finaliste: Barney Pilling (The Grand Budapest Hotel)

Prix nouvelle génération: Ava DuVernay (Selma)

Prix Douglas Edwards (film ou vidéo indépendant ou expérimental): Walter Reuben (The David Whiting Story)

Prix pour l'ensemble de sa carrière: Gena Rowlands

Mention spéciale: Leonard Maltin (critique)

Le futur incertain du Studio Ghibli

Posté par vincy, le 4 août 2014

studio ghibliLa nouvelle n'en est pas vraiment une : le producteur Toshio Suzuki a annoncé sur MBS que le Studio Ghibli allait faire une pause dans la production des long-métrages d'animation. "Il n'est pas impossible que nous continuions à produire. Mais nous prenons une brève pause pour reconsidérer ce que nous devons faire" a-t-il expliqué.

Après le doublé historique des deux fondateurs du studio - Le vent se lève, ultime film d'Hayao Miyazaki, et Le conte de la princesse Kaguya, qui signait le grand retour de Isao Takahata, l'incertitude sur l'avenir du studio alimentait les plus folles rumeurs. Le principal problème du Studio était bien entendu l'âge (et la fatigue) des capitaines, décidés à profiter un peu de leur retraite (lire notre actualité du 6 septembre). Incapables de trouver une relève (la tyrannie d'Hayao Miyazaki a eu raison des plus grands talents qui se sont enfuis et même de son fils qui se sent bridé), il devenait difficile de faire vivre l'héritage.

Le dernier long métrage du studio, Marnie (Omoide no Marnie) d'Hiromasa Yonebayashi (Arrietty) n'a rapporté que 10 millions de $ au box office japonais en 2 semaines. On est loin du Vent se lève (120M$), champion du box office local l'an dernier. Déjà, la Princesse Kaguya (23M$) n'avait pas été rentabilisé. Deux films qui échouent suffisent à mettre en péril l'équilibre précaire d'un studio dont les contrats sont à plein temps et à durée indéterminée. "Au Japon, l'ensemble des studios de production de dessin animé ont pour usage de payer les animateurs à la tâche (au plan ou au dessin), expliquait Ilan Nguyên, lecteur à l'université des arts de Tokyo au journal Le MondeGhibli est l'une des seules compagnies à s'être attaché leurs services en les embauchant."

Personne ne parle d'un arrêt des Studios Ghibli, mais plutôt d'une restructuration, d'un nettoyage de printemps. Les contrats en CDI vont redevenir freelance. La vente de licences et des produits dérivés va être une priorité stratégique. Le musée Ghibli est toujours en quête d'un agrandissement. Ghibli peut rester une simple rente, gérant les droits d'auteurs et son patrimoine immobilier, produisant des courts-métrages, publicités et vidéo-clips. Mais aucun film n'est en projet. Depuis plusieurs mois, on sait que le département des long-métrages va baisser le rideau.

Il reste trois options. La première est interne : que les animateurs du studio s'affranchissent de leurs maîtres et proposent des longs métrages. «J’espère que les jeunes de l’équipe profiteront de mon départ pour s’exprimer davantage et proposer leurs propres idées ambitieuses» avouait un cadre du studio il y a quelques mois. Mais en ont-ils la capacité après des années à vivre dans l'ombre et sans la moindre possibilité de s'émanciper?

La deuxième est le retour de Mamoru Hosoda. Avec Les Enfants loups, Ame et Yuki (2012), le fondateur du Studio Chizu est devenu l'héritier emblématique et évident de Hayao Miyazaki. Mais il a fondé son propre studio après avoir été remercié en pleine production du Château ambulant.

La troisième est le rachat du Studio par Walt Disney Company. Les pourparlers ont commencé il y a un an. La valeur de Ghibli est estimé à 840M€. Le studio distribue les films de Ghibli dans le monde entier, à l'exception du Japon. Les produits dérivés Ghibli sont vendus dans le Disneyland de Tokyo. Si un tel rachat devait avoir lieu, on imagine le séisme psychologique chez les Japonais : Ghibli y est considéré comme un Trésor national.

Annecy 2014 : le marché de l’animation résiste à la crise

Posté par vincy, le 15 juin 2014

Insode Out Pixar

Le 38e Festival international du film d’animation d’Annecy se termine en beauté. Outre le palmarès (lire notre actualité), le festival du film d'animation (Fifa) a enregistré plus de 7 100 participants en provenance de 73 pays.

La hausse des accréditations du Marché international du film d'animation est de 2% (2450 professionnels). Mais le nombre des sociétés exposantes connaît une forte augmentation de 13 %, dépassant ainsi la barre des 500 entreprises du secteur (513 précisément), soit un record depuis la création du Mifa en 1985. "Cette croissance s’explique par une présence internationale accrue, notamment avec des pays comme l’Inde, la Chine et les États-Unis" explique le communiqué. La présence américaine s'est en effet amplifiée avec la présence de diffuseurs comme Nickelodeon, Cartoon Network et Disney Channel. Le magazine Variety a également consolidé son action médiatique avec un quotidien numérique en anglais.

Disney a d'ailleurs fait l'événement en présentant en avant-première mondiale Feast, le nouveau court métrage réalisé par Patrick Osborne. Mais surtout les festivaliers ont pu découvrir le nouveau teaser du prochain film des studios Walt Disney Animation, Les Nouveaux Héros (sortie en France en février 2015). En bonus, Pete Docter (Wall-E, Là-haut) a joué les guest-stars devant plus de 1 000 privilégiés qui ont pu voir les premiers extraits de son nouveau film Inside Out en avant-première mondiale, un an avant sa sortie.

cristal d'honneur pour isao takahata annecy 2014L'Amérique était également en force avec l'avant-première de Dragons 2, l'un des meilleurs films de DreamWorks Animation, en présence du réalisateur Dean DeBlois. Parmi les autres projections qui ont fait sensation notons celles de de Saint Seiya Legend of Sanctuary, film basé sur la saga des Chevaliers d’Or, les premières images de Yellowbird, de Benjamin Renner et bien entendu l'ouverture du Festival par le japonais Isao Takahata, cofondateur des studios Ghibli, venu accompagner la projection du Conte de la princesse Kaguya. Le réalisateur  a reçu un Cristal d’honneur pour sa contribution au cinéma d’animation (Le Tombeau des lucioles, Pompoko, Mes voisins les Yamada).

Un marché toujours aussi lucratif

L'animation reste l'un des genres les plus dynamiques du 7e art. Les productions françaises ont séduit 2,5 millions de spectateurs hors de France selon les chiffres du CNC et d'UniFrance Films publiés lors du Festival. En France, depuis un an, 13 films animés (américains, français et japonais) ont franchit la barre de 700 000 entrées. Aux Etats-Unis, depuis janvier, trois films d'animation ont déjà dépassé les 100 millions de $ au box office, totalisant 500 millions de $ de recettes. Dans le monde, les films d'animation cumulent près de 1,5 milliard de $ de recettes depuis le début de l'année.

Le Mifa fêtera ses 30 années d'existence.

Le Festival du Film d’Animation d’Annecy 2014 dévoile sa sélection officielle

Posté par vincy, le 25 avril 2014

le conte de la princesse kaguya

L'an dernier le Festival du Film d'animation d'Annecy a enregistré 110 000 entrées. Du 9 au 14 juin, le FIFA va une fois de plus séduire professionnels et grand public. Cette année, le focus met à l'honneur l'art du "stop motion".

Le Festival s'ouvrira avec Le conte de la princesse Kaguya, dernier film du maître de l'animation japonaise, Isao Takahata. Cette nouvelle production des studios Ghibli est en compétition à la Quinzaine des réalisateurs du prochain festival de Cannes. Par ailleurs, Takahata recevra un Cristal d'honneur pour l'ensemble de sa carrière et sa contribution au cinéma d'animation.

Autre événement, la présence de Pete Docter qui montrera les premiers images du nouveau film des studios Pixar, Inside Out, qui sortira le 24 juin 2015 en salles.

Le jury de la compétition sera composé du réalisateur brésilien Luiz Bolognesi (qui a reçu le prix Cristal du meilleur film l'an dernier pour son film Rio 2096 : une histoire d'amour et de furie), du producteur américain Rich Magallanes et de la journaliste américaine Rhonda Richford.

La compétition

  • Asphalt Watches de Shayne Ehman et Seth Scriver (Canada)
  • Les amants électriques (Cheatin') de Bill Plympton (Etats-Unis)
  • L'arte della felicità d'Alessandro Rak (Italie)
  • Last Hijack de Femke Wolting et Tommy Pallotta (Allemagne)
  • Le garçon et le monde d'Alê Abreu (Brésil)
  • L'île de Giovanni de Mizuho Nishikubo (Japon)
  • Lisa Limone ja Maroc Orange : Tormakas Armulugu de Mait Laas (Estonie)
  • Minuscule - La vallée des fourmis perdues de Thomas Szabo et Hélène Giraud (France)
  • Saibi de Sang-ho Yeon (Corée-du-Sud)

Hors-compétition

  • Até que a sbórnia nos separe d'Otto Guerra et Ennio Torresan Jr. (Brésil)
  • Boonie Nears de Liang Ding (Chine)
  • Justin and the Knights of Valour de Manuel Sicilia (Espagne)
  • Ku! Kin-dza-dza de Georgy Daneliya et Tatiana Ilyina (Russie)
  • Le grand voyage de Johan d'Esben Toft Jacobsen (Danemark)
  • Lumière, animation, action d'Eduardo Calvet (Brésil)
  • Manieggs - Renvenge of the Hard Egg de Zoltán Miklósy (Hongrie)
  • Vagues d'Ahmed Nour (Egypte)

Cannes 2014 : une sélection prestigieuse pour la Quinzaine des réalisateurs

Posté par vincy, le 22 avril 2014

quinzaine des réalisateurs 201419 longs métrages, seulement. "Nous avons décidé de resserrer la sélection pour accompagner aux mieux les films et au delà de 20 c'est compliqué" expliquait en fin de conférence de presse Edouard Waintrop, délégué général de la Quinzaine des réalisateurs. Mais reconnaissons qu'il frappe fort. Boorman, Dumont, Sciamma, Takahata, Hopper... les grands noms sont là, aussi. Ce qui risque de poser encore et toujours des problèmes de longues queues, de spectateurs et professionnels refoulés, ... Mais avouons que, sur le papier, la sélection est réjouissante : quatre comédies, de nombreux films de genre - noirs, thrillers - trois premiers films...

On notera la présence du chouchou de Sundance, Whiplash, Grand prix du jury au festival américain, la suite d'Hope and Glory de John Boorman, le polar léger de Bruno Dumont réalisé pour Arte, le nouveau Sciamma, forcément un événement qu'on attendait plutôt dans la sélection officielle, la version restaurée d'un film d'horreur culte, Massacre à la tronçonneuse, présentée en 4K et en présence de son réalisateur, le dernier film d'animation de l'acolyte de Hayao Miyazaki, la fable d'Isao Takahata qui sera aussi à Annecy, le retour du belge Fabrice Du Welz, ou encore un film de clôture qu'on nous promet très drôle, qui mélange engagement politique et humour en retraçant l’éphémère alliance des mineurs et homosexuelle au pays de Galles en 1984-1985.

Les Reprises de la Quinzaine auront lieu à Paris, Marseille, Geneve, Rome et Florence. En attendant, on se bousculera du 15 au 25 mai, pour plonger dans les sous-sols de l’Hôtel JW Marriott pour découvrir cette sélection aussi prestigieuse qu'alléchante.

Film d'ouverture
Bande de filles de Céline Sciamma

Sélection

Queen and Country de John Boorman
Les combattants de Thomas Cailley
Whiplash de Damien Chazelle
P'tit Quinquin de Bruno Dumont (séance spéciale)
Alleluia de Fabrice Du Welz
Gett, le procès de Viviane Amsalem de Ronit & Shlomi Elkabetz
These Final Hours de Zach Hilditch
Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (séance spéciale)
Mange tes morts de Jean-Charles Hue
At Li Layla (Next to Her) de Asaf Korman
Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur
Refugiado de Diego Lerman
Cold in July de Jim Mickle
A Hard Day de Seong-Hun Kim
Le conte de la princesse Kaguya d'Isao Takahata
National Gallery de Frederick Wiseman
Catch me Daddy de Daniel Wolfe

Film de clôture
Pride de de Matthew Warchus

Courts métrages

8 balles de Frank Ternier
A caça revoluções (The Revolution Hunter) de Margarida Rego
Cambodia 2099 de Davy Chou
En août de Jenna Hasse
Fragmenty (Fragments) d'Aga Woszczynska
Guy Môquet de Demis Herenger
Jutra de Marie-Josée Saint-Pierre
Man on the Chair de Dahee Jeong
Sem Coração (Heartless) de Nara Normande et Tião Tião
Torn d'Elmar Imanov et Engin Kundag
Trece si prin perete (It Can Pass Through the Wall) de Radu Jude

[Hayao Miyazaki / Ghibli] Avec ses projets, le Studio Ghibli entretient ses légendes

Posté par vincy, le 25 juillet 2013

kaze tachinu
Deux films des Studios Ghibli, qui célèbrent leur 25e anniversaire, sortent en salles au Japon cette année. La semaine dernière, Hayao Miyazaki a ouvert le bal avec Kaze Tachinu (The Wind Rises). Et cet automne, Isao Takahata proposera Kaguya-hime no Monogatari (L'histoire de la princesse Kaguya).

Pour Miyazaki, Kaze Tachinu ne constitue en rien son dernier film. De son propre aveu dans des récentes interviews, ce n'est pas son oeuvre testamentaire, puisqu'il pense encore vivre un peu de temps... Certes on ne sait rien du prochain film du Maître, mais après tout Kaze Tachinu était au départ une simple suite à Porco Rosso!

Pour preuve de son activité, le Studio Ghibli est bien décidé à entretenir sa légende.

kiki la petite sorciereMême si le Studio n'en est pas le producteur, une version "en prises de vues réelles" de Kiki la petite sorcière est actuellement en tournage. Avec Totoro, Kiki et son chat sont les figurines et produits dérivés les plus vendus au Japon. Le film est réalisé par Takashi Shimizu et l'héroïne incarnée par Fuuka Koshiba. Il doit sortir au Japon au printemps prochain.

Ceci dit, le Studio est intéressé pour produire autre chose que des films animés, notamment des jeux vidéos et des livres, mais aussi des courts métrages. L'an dernier Ghibli a présenté son premier court en prises de vues réelles, A Giant God Warrior Appears In Tokyo, sorte de prequel de Nausicaa qui servait à promouvoir une exposition au Musée d'Art Contemporain de Tokyo. Certains évoquent déjà la possibilité d'un long métrage.

Et puis il y a aussi le prochain film du fils de Miyazaki, Goro, Hôjôki shiki d'après le célèbre roman de Yoshie Hotta.

miyazaki takahataEn attendant, le véritable événement est ailleurs. The Kingdom Of Dreams And Madness sera le premier documentaire sur le Studio Ghibli. Réalisé par Mami Sunada, il explore les coulisses de la société et suit la production des deux films de Miyazaki et Takahata. Au coeur de l'intrigue, trois monstres du cinéma japonais : les deux réalisateurs et le producteur Suzuki. Le film doit sortir dans les salles japonaises cet automne.

Hier : Le « Maître » au coeur d’une polémique politique
Demain : Visite du Musée Ghibli - 1/3

Le Studio Ghibli prépare le grand retour d’Isao Takahata

Posté par vincy, le 24 décembre 2012

Isao Takahata, 77 ans, va sortir l'été prochain son nouveau long-métrage animé : Kaguya hime no monogatari (L'histoire de la princesse Kaguya). C'est sa première réalisation depuis Mes voisins les Yamada, en 1999.

Pour le Studio Ghibli, 2013 sera donc une année faste. Pour la première fois depuis 1988, Hayao Miyazaki et Isao Takahata sortiront un film la même année puisque le premier sera à l'affiche cet été avec Kaze Tachinu (Le vent s'est levé). A l'époque Mon voisin Totoro se confrontait au Tombeau des lucioles. Takahata est avec Miyazaki le cofondateur du Studio. Directeur musical, producteur, scénariste, il a souvent collaboré aux oeuvres de son associé.

Révélé en 1968 avec Horus, prince du Soleil, Isao Takahata a également réalisé des films comme Kié la petite peste et Pompoko. Le cinéaste avoue être influencé par le néoréalisme italien, la nouvelle vague française, la poésie de Jacques Prévert et admire les dessins animés de Michel Ocelot, dont il a assuré les traductions japonaises. Takahata avait révélé qu'il travaillait à ce film lors du 62e Festival du Film de Locarno, alors qu'il participait à une conférence avec le créateur de Kirikou.

Son nouveau film est l'adaptation d'un conte très populaire nippon du Xe siècle, Le conte de la Princesse Kaguya, plus connu sous le nom du Conte du coupeur de bambou. Il a déjà été transposé au cinéma (par Kon Ichikawa en 1987), en ballet, en pièce de théâtre... L'histoire est celle d'un bébé découvert dans une forêt de bambous et élevé par un coupeur de bambous. En grandissant, elle devient une magnifique femme et s'aperçoit qu’elle est l’héritière du royaume de la lune. Le conte est le premier de toute l'histoire de l'humanité à faire le lien entre la Terre et la Lune.

Miyazaki prépare sa succession

Posté par MpM, le 12 août 2008

L’heure de la retraite aurait-elle vraiment sonné pour le père de Chihiro, Mononoké et Nausicaa ? Hayao Miyazaki, qui a annoncé à plusieurs reprises son désir de mettre
un terme à sa carrière, semble avoir donné le feu vert aux Studios Ghibli pour lui trouver un successeur. Ceux-ci ont en effet lancé le 5 août dernier un appel à candidatures afin de recruter une vingtaine d’apprentis techniciens d’animation. Ces "disciples" soigneusement choisis auront l’extrême privilège de suivre pendant deux ans une formation dispensée par le célèbre créateur d’animés japonais en personne.

Contrairement à de nombreuses sociétés de production d’animation concurrentes, qui ont de plus en plus souvent recours à des sous-traitants bon marché en Chine ou au Vietnam, Ghibli entend en effet conserver un très haut niveau de qualité et de maîtrise. Depuis sa fondation par Miyazaki et Isao Takahata au milieu des années 80, le studio n’a ainsi jamais cessé d’utiliser une technique traditionnelle. Chaque dessin est exécuté à la main avant d’être scanné, puis colorié et animé par ordinateur. Les nouvelles recrues devront donc se plier aux traditions de la maison et tenter de trouver leur place dans l’univers à la fois très poétique et très dérangeant de Miyazaki. Pas sûr pour autant que Ponyo sur la falaise (le dernier opus en date, présenté en compétition à Venise) soit réellement l’ultime réalisation du Maître, qui a habitué ses fans à ses fausses sorties suivies de vrais retours...