Cannes 2012 : la fausse liste de films fait du buzz puis un gros flop

Posté par redaction, le 3 avril 2012

Le Blog du festival de Cannes (une extension du Blogreporter.com tenu par Hugo Mayer), qui n'a rien à voir avec le Festival de Cannes, aurait pu faire croire à un poisson d'avril, mais la bévue a été mise en ligne le 2 avril.  En annonçant une liste de 20 films qui composaient la compétition du prochain Festival de Cannes, ce blog s'octroyait un soi-disant scoop. De cette liste, on retiendra qu'il n'y avait pas de surprises par rapport aux listes de prétendants qui ont été diffusées ici et là (sur Ecran Noir et ailleurs).

Mais le blog était persuadé tenir LA liste, celle des confirmés (avec cependant quelques gros manques, pour le coup surprenants). "Belle liste que nous avons réellement reçue. Hélas, ce n'était qu'une blague. On s'est fait avoir aussi. Désolé pour le stress...", a indiqué le Blog après avoir reconnu sa maladresse. Sans citer la source. On pouvait cependant lire en introduction : "une indiscrétion a brièvement filtré sur le site officiel du Festival de Cannes avant d'être retirée en hâte".

Donc l'ont-ils reçue ou l'ont-ils vue? Ont-ils voulu faire un coup? du buzz? améliorer leur référencement sur Google? Ou ont-ils été victimes d'un canular? Toujours est-il que l'intégrité journalistique en prend un coup.

Car, le problème est que personne d'autre n'a vu cette indiscrétion, même sur le site du Festival de Cannes. a sélection officielle doit être dévoilée lors d'une conférence de presse à Paris le 19 avril.

Dans la tête de Thierry Frémaux

Mais cela n'a pas empêché de très nombreux médias (français et étrangers) de la reprendre (avec quelques précautions). Ah la dictature de l'instant. On dit souvent que le silence est d'or, mais la patience aussi.

Selon l'AFP, "ne souhaitant pas donner plus de publicité à ce faux scoop", la direction du Festival de Cannes a écrit en milieu de journée un tweet officiel : "la sélection en cours n'est pas sur un site mais dans la tête de Thierry Frémaux". Frémaux, délégué général du Festival de Cannes et responsable de la sélection, a été beaucoup plus disert sur le compte Facebook du Festival : "Rien n’a fuité, ceux qui veulent créer le buzz en ne respectant ni les cinéastes, ni les traditions cannoises… n’en seront plus. La sélection en cours n'est pas sur un site mais dans la tête de Thierry Frémaux ! Elle sera dévoilée, comme annoncé, le jeudi 19 avril 2012."

Car, oui, il y a des traditions. Le jeu des rumeurs et des informations sous le manteau concernant la sélection cannoise commence fin janvier, entre journalistes, professionnels, attachés de presse. Cela fait monter le buzz, et quand il y a des certitudes elles proviennent plutôt des distributeurs (changement de date soudain pour une sortie de films, publication de matériel de presse, ...).

Ecran Noir, avec 15 ans d'expérience sur la Croisette, ne s'est pas laissée prendre au piège. Nous avons publié un court texte de mise en garde sur notre page Facebook de Cannes-fest dès lundi : "Un bug? Peu importe. La liste des films en compétition qui circule actuellement sur Internet n'a pas été officialisée par le Festival de Cannes : elle peut être incomplète ou susceptible d'être modifiée d'ici la conférence de presse du 19 avril. Ne nous excitons pas."

On sera assez excité comme ça entre le 19 avril et le 16 mai.

Le très français INA sur l’américaine YouTube

Posté par redaction, le 26 mars 2012

Dans un communiqué publié aujourd'hui, l’Institut National de l’Audiovisuel, "première source d’images numérisées au monde", et YouTube, filiale de Google, annoncent "la signature d’un partenariat permettant aux internautes du monde entier d’accéder gratuitement à une partie du fonds audiovisuel de l’INA."

"Ces vidéos représentent près de 60 ans de programmes télévisés aussi bien sportifs (Tour de France, etc.) artistiques (Interview de Dali, ouverture du Festival de Cannes en 1947, etc.) ou encore de société (JT de mai 1968, etc.). Ce fonds sera accessible sur YouTube depuis plusieurs grandes chaînes thématiques dédiées (politique, sport, divertissement, culture, histoire...)" détaille le communiqué.

On comprend mal pourquoi l'INA - 120 millions d'euros de budget dont les 3/4 venant de dotations de l'Etat - qui possède un excellent portail sur Internet (7 sites internet, une application mobile et tablette, les TV Connectées, la VoD, et également par ses différentes éditions DVD, CD, Livre ou productions diffusées sur les téléviseurs), cherche à "brader" ses archives sur une chaîne web (américaine). Certes, l'accord "couvre la diffusion et la monétisation sur YouTube" des 57 000 vidéos du fonds. Il y a  donc bien partage de recettes sur le visionnage des vidéos. Mais pourquoi ne pas l'avoir fait avec une chaîne "européenne" (Dailymotion, par exemple, bien française) si l'objectif était d'augmenter et valoriser la visibilité de ces archives ?

Evidemment, on ne se plaindra pas de "ce partage de mémoire" accessible à tous, gratuitement. Mais voir Google s'approprier une fois de plus notre patrimoine (numérisation de livres avec la Bibliothèque nationale de France, ...) mériterait quelques réflexions sur "l'exception culturelle" qu'on vante tant. D'autant que la numérisation du patrimoine audiovisuel de l'INA est financé en grande partie par le contribuable français. Et malgré ça, c'est bien le géant américain Google qui en sera le principal bénéficiaire...

Cinéma, livre, musique unis pour la présidentielle : décryptage

Posté par vincy, le 24 mars 2012

On pourrait regretter que le jeu vidéo n'ait pas été inclus dans la boucle. Mais reconnaissons, pour une fois, que l'unité affichée par les trois grands piliers de la Culture (hors spectacle vivant et patrimoine), le Cinéma, la Musique et le Livre, est suffisamment rare pour être soulignée.

Ainsi les organisations du cinéma et de l'audiovisuel - ARP, SACD et Scam - de la musique - SNP, Upfi - et du livre - SNE, SGDL-, se sont unies aux plateformes de diffusion - FilmoTV, Dailymotion, Libsum -  pour promouvoir une offre légale culturelle numérique accessible, riche et attractive et la défendre auprès des candidats à l'élection présidentielle.

Ils se sont réunis hier au siège de l'ARP, le Cinéma des cinéastes, à Paris. C'est la première fois que les représentants des principaux "corps intermédiaires" de la profession signent un communiqué commun.

L'après Hadopi en question

Il y a plusieurs raisons à cela : Hadopi est considéré comme un semi-échec (coûteux, impact difficilement quantifiable, ...), le numérique s'ancre de plus en plus dans les habitudes de consommation du citoyen (et on n'a toujours pas prouvé que le piratage était néfaste culturellement), l'accès légal aux oeuvres culturelles reste confus et complexe... Sans oublier qu'une grande partie de cet accès passe par des plateformes étrangères (iTunes d'Apple ou bientôt Netflix).

L'autre raison, plus pragmatique, est la différence de points de vue des dix candidats à l'élection présidentielle. Si l'on prend le comparatif des programmes effectués par Le Monde (pas forcément exhaustif mais factuel), voici les propositions des candidats (par ordre alphabétique) :

- Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) : Films, disques, reportages en accès libre sur internet avec un service public associé.
- François Bayrou (Modem) : Abrogation de la loi Hadopi et développement d'une offre de téléchargement légal.
- Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) : Abrogation des lois Dadvsi et Hadopi ; Taxe de 2€ par mois et par abonnement sur les fournisseurs d’accès à Internet ; Possibilité pour les artistes de s’organiser en auto-producteurs ou en coopératives pour diffuser leurs oeuvres, avec une subvention fournie à des individus, non à des structures ; Etablir une plateforme de téléchargement publique ; Accroître les moyens juridiques sur la protection des données personnelles ; Lancer une stratégie du logiciel libre.
- Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) : Abrogation de la loi Hadopi pour une licence globale.
- François Hollande (Parti Socialiste et Parti Radical de Gauche) : Remplacement d'Hadopi par "une loi qui conciliera la défense des droits des créateurs et un accès aux œuvres par internet facilité et sécurisé ; Couverture de 100 % du territoire en très haut débit d'ici à 2022 (voir aussi « Réconcilier les internautes et le monde de la culture » par Fleur Pellerin et Aurélie Filippetti et « La loi Hadopi doit être repensée » par François Hollande).
- Eva Joly (Europe Ecologie - Les Verts) : Abrogation de la loi Hadopi et légalisation du partage non marchand ; Instauration d'une contribution de l'offre d'un milliard d'euros (internautes et fournisseurs d'accès à internet) pour soutenir la création.
- Marine Le Pen (Front National) : Abrogation de la loi Hadopi pour une licence globale.
- Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) : Abrogation de la loi Hadopi et création d'une plateforme publique de téléchargement ; Engagement d'une concertation en vue de garantir le respect des droits des artistes, auteurs et interprètes grâce à une mise à contribution des fournisseurs d’accès, des opérateurs de télécommunications et du marché publicitaire.
- Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste) : Abrogation de la loi Hadopi pour une licence "égale" (maintient de l'exception pour copie privée des internautes et protection de la rémunération des artistes et techniciens), financée par une taxe sur le chiffre d'affaire des majors, des opérateurs de télécoms, des fabricants de matériel informatique.
- Nicolas Sarkozy (Union pour un Mouvement populaire) : Maintien d'Hadopi (mais évolution possible), et couverture de 100 % du territoire en très haut débit d'ici à 2020. Création de taxes et impôts propres à Internet (notamment une taxe sur la publicité en ligne et l'assujettissement à l'impôt sur les sociétés - quitte, dans ce dernier cas, à renégocier certaines de nos conventions fiscales) ; possibilité d’organiser des raids équivalents à ceux du FBI contre Megaupload.

A la lecture des propositions, on constate qu'hormis le Président-candidat qui a créé Hadopi, tous veulent soit l'abroger ou la remplacer. Les différences, qui ne démontrent pas un clivage gauche/droite sur ce sujet là, sont davantage dans la manière d'envisager la rémunération des auteurs (licence globale, ...) ou la diffusion des oeuvres.

Enjeu culturel et industriel

Les organisations culturelles qui se sont réunies expliquent leur motivation : "L’enjeu est à la fois culturel – faciliter l’accès légal aux œuvres dans toute leur diversité – et industriel – encourager le développement des plateformes françaises et européennes de diffusion numérique capables de concurrencer les géants américains de l’Internet. Il implique que ces offres puissent se développer hors de la présence et de la concurrence massive des offres de téléchargement et de streaming illégales."

En 6 points, elles expliquent que la concurrence déloyale (téléchargement et streaming illégaux, contournement des règles fiscales nationales par les géants américains de l'Internet) menacent l'offre (et la diversité) culturelle française. Elles s'accordent qu'il faut dépasser les débats "stériles" de l'Hadopi, qui ont opposé les créateurs à leur public. On peut être en désaccord sur le fait que cette union d'organisations représentatives estiment qu'Hadopi est pédagogique et "non répressive" (sic, que dire alors de sanctions malgré tout radicale non validées par un juge?).

Les 6 points ont la vertu de poser le problème rationnellement. Et reconnaissons qu'aucun des candidats ne réponds à tous les points, ou, pire, quand ils y répondent, c'est parfois à côté de la plaque. On privilégie la taxation nationale au détriment d'une harmonisation européenne, ou on augmente la TVA sur les biens culturels quand leur consommation est déjà en baisse (livre, musique).
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The Artist, Intouchables et Polisse films préférés des Français en 2011

Posté par vincy, le 23 février 2012

Selon l’Observatoire du Public des Films de Médiamétrie, le film français préféré du public (parmi les nommés aux Césars) est évidemment Intouchables avec la note jamais atteinte de 9,2 sur 10. Suivi de Polisse, favori des Césars avec 13 nominations, et The Artist, en lice pour 10 Oscars, qui suscitent tous deux la note de 8,2 sur 10.

Médiamétrie a aussi enregistré le "buzz" en ligne de ces films. Par exemple, sur Twitter, The Artist s’arroge 46% de part de conversation (effet Oscars + Dujardin), Intouchables 32% et Polisse 15%.

L'institut explique : "Ce buzz fait désormais partie intégrante de la vie d’un film, devenant le « bouche à oreille » numérique de notre époque. Médiamétrie a étudié les conversations générées sur Internet - blogs, forums, réseaux sociaux, médias traditionnels en ligne - par les films et les acteurs et actrices depuis l’annonce des nominations aux César le 27 janvier 2012."

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L’Observatoire du Public des Films permet d’obtenir le profil du public de tous les films ayant réalisé au moins 300 000 entrées, soit environ 130 films par an, ainsi que leur appréciation depuis septembre 2008. 48 600 interviews réalisées par internet (système CAWI) entre le 6 février 2011 et le 14 février 2012, constituant un échantillon représentatif des spectateurs « 12 derniers mois » âgés de 6 ans et plus. BuzzMetrics mesure et analyse l’e-réputation des marques et des entreprises. Il effectue une recherche approfondie des commentaires et avis publics des internautes sur les réseaux sociaux, les blogs, les forums ainsi que les plateformes de micro-blogging via une technologie propriétaire.

L’instant Court : bref, Megaupload a fermé

Posté par kristofy, le 30 janvier 2012

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après le court-métrage L’amour à contrechamp de Frédéric Murarotto avec notamment Nicolas Ullmann et Katsuni, voici l’instant Court n° 63.

Un évènement particulier a été relaté dans tous les médias (journaux, radio, télévision…) à cause de sa résonance très particulière : pendant plus de deux jours il s’agissait du sujet le plus discuté (sur internet), même le président Sarkozy a fait une déclaration à ce sujet. Les autorités américaines ont arrêté les responsables du site web Megaupload et en ont bloqué l’accès au motif de contenu audiovisuel piraté. Les internautes habitués au téléchargement gratuit de ces œuvres s’insurgent, le groupe des Anonymous riposte en attaquant plusieurs sites par vengeance… Le débat fait rage entre défenseurs du respect du droit d’auteur et partisans d’un partage libre de la culture.

Voici un court résumé de ce qu’il faut retenir :

Des hommes politiques des Etats-Unis, et la MPAA (Motion Picture Association of America, qui fédère l’industrie du cinéma), ont préparé les projets de loi PIPA (Protect Intellectual Property Act) et SOPA (Stop Online Piracy Act) pour durcir la répression contre le chargement illégal d’œuvres protégées par un copyright. Des dérives sont à craindre avec des mesures qui peuvent entraver la liberté d'expression sur internet (avec le blocage de n’importe quel site dans le monde entier), et des géants du web se mobilisent comme Wikipedia (aussi Google, Yahoo, Amazon, Ebay…) contre l’application stricte de ces lois. Courant janvier, les politiques américains commencent à faire marche arrière pour revoir ces lois dénoncées comme une censure d’internet. Le 19 janvier, le FBI (qui avait déjà un lourd dossier d’infractions) bloque tout accès au site de téléchargement Megaupload, et ses dirigeants sont arrêtés. Les jours suivants la plupart des autres sites semblables ont désactivé leurs liens de téléchargement illégal… Les règles d’usage font que, sur simple demande des ayants-droit, les fichiers contrefaits sont retirés, dans le cas contraire le site s’expose à une saisie de son nom de domaine.

En France, l’institution HADOPI lutte en particulier contre le téléchargement en peer-to-peer, peu contre le streaming et peu contre le téléchargement direct. Les producteurs (Pathé) du film Les Choristes de Christophe Barratier avaient eux porté plainte contre les annonceurs (tels que Voyages-sncf.com, La Française des Jeux, Neuf Telecom, AOL…) dont les publicités figuraient sur un site peer-to-peer, le motif de complicité de contrefaçon n’a pas été retenu mais désormais les grandes entreprises évitent de s’afficher sur ce type de site. Les producteurs (UGC) du film Blueberry ont fait circuler un faux fichier piraté, où l'on voyait le réalisateur Jan Kounen avec Vincent Cassel qui s’adressaient directement à l’internaute pour lui dire que le meilleur endroit pour voir le film était la salle de cinéma. La question se pose pour les films étrangers qui n’ont pas distributeur…

A noter que les éditeurs sont en grande partie responsables du piratage de leurs films. Ils continuent une politique de prix floue ; avec des films de fonds de catalogue souvent chers quand ils ne sont pas indisponibles (aussi des packs dvd + blu-ray + copie numérique bizarrement au même prix que le dvd seul). Le fichier piraté du film Les Bronzés 3 venait directement de TF1 Vidéo, ceux de Intouchables, Polisse, The Artist proviennent d’un membre de l’académie des Césars, plus grave encore le film Trust qui vient de sortir en salles ce 18 janvier circule sur internet dans son doublage français depuis l’été 2011…

Voila donc Bref, Megaupload a fermé des comédiens Côme et Antoine, un film d’une durée très courte (environ 1 minute 30) qui sur la forme parodie (et non pas pirate) la série à succès Bref diffusée sur Canal+. Il résume de manière la plus simple l’affaire Megaupload : on pouvait trouver à télécharger ce qu’on voulait (ici l’exemple est Community, une série télé américaine pas diffusée en France), l’usage s’est répandu...sauf que c’était illégal.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Bref, Megaupload a fermé.

La Master Class de Steven Spielberg suivie par 10 000 internautes

Posté par vincy, le 10 janvier 2012

Steven Spielberg est à l'honneur de la Cinémathèque française, depuis hier et jusqu'au 3 mars. Un honneur d'autant plus logique que cet amoureux du cinéma mondial a deux films à l'affiche actuellement. Les aventures de Tintin, sorti en octobre en France et pour les fêtes en Amérique du nord, a déjà dépassé les 330 millions de $ de recettes internationales. Cheval de guerre, qui sortira sur les écrans français le 22 février, film épique dans la veine des oeuvres de David Lean, sorti le jour de noël en Amérique du nord, a déjà rapporté 60 millions de $ malgré sa longueur et son sujet dramatique.

La Cinémathèque française, à l'occasion de la rétrospective intégrale des films de Spielberg, avait organisé lundi 9 janvier une Master Class animée par Serge Toubiana, directeur de l'institution, et Costa-Gavras, président, avant la projection en avant-première de Cheval de guerre. Cette Leçon de cinéma était simultanément diffusée sur les sites internet d'Arte.TV et de la Cinémathèque. 10 000 internautes ont suivi le streaming. A noter que la vidéo est disponible durant un an sur les deux sites, en VO et en VF.

"Si je n'ai pas d'histoire à raconter, je deviens fou" a assuré le réalisateur devant une salle depuis longtemps complète. Standing ovation du public, "Je t'aime", en français du cinéaste qui s'avoue surtout "raconteur d'histoire". Il ne semble pas se lasser de faire des films : il a si soif de travail qu'il peut travailler sur deux films en même temps, à des vitesses différentes (trois ans pour Tintin, 7 mois pour Cheval de Guerre, écriture incluse).

Enfant prodige du cinéma américain de ces 40 dernières années, désormais vétéran vénérable et honoré, il partage son expérience devant une salle comblée. "Le premier conseil, c'est de bien choisir son casting. J'y consacre beaucoup de temps et, une fois que c'est fait, le second point, c'est d'écouter les acteurs choisis. A quoi ça sert, sinon, de sélectionner des gens talentueux ? En écoutant vos acteurs, vous écoutez votre histoire".

C'est François Truffaut qui lui a donné le meilleur conseil: "On s'est rencontré à Mobile, Alabama, il venait de terminer 'L'Argent de poche' et il m'a dit: tu devrais travailler avec des enfants, travailler pour les enfants. Et c'est ça que je suis aujourd'hui: ce que vous êtes transparaît dans vos films. Et dans le fond, je ne me suis jamais éloigné de l'enfant que j'étais".

Mais l'enfant est désormais analysé par tous les critiques, experts, professeurs de cinéma. Son succès mondial en a fait une star aussi populaire que les acteurs. La Cinémathèque organise des conférences cet hiver : "Spielberg / Eastwood : chronique du chaos et de l'au-delà" le 16 janvier, "Spielberg 2001-2005 : récits abimés, récits de l'abyme" le 23 janvier et une table ronde sur 'Le cinéma américain ou l'art de raconter des histoires : Eastwood - Spielberg - Altman (et les autres..." le 4 février.

De plus en plus de films à louer sur Facebook

Posté par vincy, le 25 août 2011

Rien de vraiment neuf sous le soleil de Facebook. Mais une tendance lourde : les studios américains investissent le réseau social pour louer leurs films. Au printemps (voir actualité du 27 mars), Warner avait lancé un test avec The Dark Knight avant d'étendre son offre avec des titres comme Harry Potter, Inception ... En juillet, Paramount s'est jeté dans le réseau avec toute la série Jackass.

Depuis une semaine Universal a mis à disposition de tous ses amis The Big Lebowski, le film culte des Frères Coen, avec l'application Social Theater (pour 30 crédits Facebook d'une valeur de 3$ US).

Et là, Miramax s'y est investit à son tour avec The Miramax Experience. 20 titres seront immédiatement disponibles pour les internautes américains, parmi lesquels Will Hunting, Gangs of New York, Retour à Cold Mountain, Spy Kids, Chicago et No Country for Old Men. Les conditions tarifaires de location sont les mêmes que pour Universal. Miramax avait déjà signé avec NetFlix, qui propose davantage de titres (dont Pulp Fiction, Le Patient anglais, les Scream et Shakespeare in Love).

Facebook est une force de frappe incontournable selon les studios. Premier portail d'entrée sur Internet, il doit cependant modifier sa stratégie tant les usages ont évolué depuis sa création. L'aspect purement communautaire est en déclin tandis que les usages ludiques (jeux, vidéos) et marketing (fan d'une marque) progressent. Cette passivité des internautes est donc compensée par la facilité d'utilisation du site.  Ainsi, les sites autour de films sont en nette augmentation, tout comme le partage de vidéo ou le téléchargement d'une vidéo.

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Notre profil Facebook

Netflix se prépare à envahir l’Europe

Posté par vincy, le 18 juillet 2011

Netflix s'apprête à envahir l'Europe au premier trimestre 2012, en commençant par le Royaume Uni, marché déjà très convoité (Lovefilm d'Amazon, BSKYB), et l'Espagne (pays victime d'un fort taux de piratage). Le Portugal pourrait être le troisième pays européen, puisque Netflix développe une offre lusophone pour le Brésil.

La compagnie californienne a listé les pays où l'accès à son service serait possible. Netflix a commencé son expansion internationale l'an dernier en s'ouvrant au Canada. Depuis, elle a opté pour une course de vitesse, avant que des concurrents ne s'installent durablement. Déjà, la France et l'Allemagne, deux des marchés les plus importants sont considérés comme des obstacles car d'importants opérateurs nationaux fournissent un service presque équivalent de vidéo à la demande par abonnement.

En France, il y a le modèle Vidéofutur, qui dispose d'un catalogue de 20 000 titres et possède de bons rapports avec les distributeurs ; il permet de louer à la demande comme de recevoir les DVD et Blu-Ray à domicile. Clairement, Vidéofutur anticipe l'arrivée de son concurrent américain, avec incertitude. Car la réglementation nationale ne facilite pas l'arrivée du service tel que proposé par Netflix. La chronologie des médias est très stricte dans l'hexagone. Selon l'Idate, "il est donc difficile d'envisager l'émergence d'un service de vidéo à la demande par abonnement à la Netflix qui par exemple viendrait se positionner juste après Canal+". Mais rien ne l'empêcherait d'aller conquérir l'Italie, beaucoup plus souple dans ce domaine.

Or Netflix veut devenir une marque globale dans un secteur qui pourrait peser 2 milliards de $ en 2012, selon les chiffres de Wedbugs Securities. 23 millions de foyers sont déjà abonnés à ce service de vidéo (films, émissions de TV) en streaming en Amérique du Nord.

L'opérateur de Streaming a commencé son invasion mondiale avec l'Amérique Latine, où son implantation est prévue pour la fin 2011. 43 pays qui recevront des contenus en anglais, espagnol et portugais. Il a aussi étendu son offre en proposant de recevoir les films par courrier, en échange d'une augmentation du prix de l'abonnement. Actuellement, l'abonnement est de 7,99 $ par mois pour un accès illimité à un catalogue de contenus vidéos.

Il reste l'inconnue financière. Netflix a besoin d'une capacité de trésorerie qui dépasse largement ses recettes actuelles. En misant sur l'international, la société espère attirer les investisseurs et les actionnaires pour se développer.

De nombreux experts attendent de voir comment les studios vont laisser vivre Netflix. La moindre innovation peut bousculer le marché, encore émergeant. Mais la plate-forme a commencé à acheter des séries en exclusivité, au nez et à la barde des acquéreurs traditionnels, les chaînes TV. Tous anticipent l'arrivée des TV connectées, renvoyant la VOD actuelle à la préhistoire de la convergence des médias.

Selon les études les plus récentes, ce sont les services liés à la connexion des TV à Internet (comme la Vidéo à la Demande), qui profiteront de la croissance audiovisuelle. Le marché de la vidéo devrait augmenter de 4% par an dans la prochaine décennie. Cela explique pourquoi Youtube (Google), Hulu (convoité par Google,  Yahoo et Microsoft) ou Disney cherchent à contrer Netflix.

Dans un marché vidéo en pleine dépression, Netflix mise sur le seul segment en croissance. A toute vitesse...

Warner Bros achète Flixster et Rotten Tomatoes

Posté par vincy, le 4 mai 2011

Warner Bros Home Entertainment continue de s'étendre sur la toile. La multinationale a acquis la société Flixster, qui possède notamment les sites de Rotten Tomatoes, un des pionniers du web dans le secteur du cinéma. C'est un pan de l'histoire du Net gratuit et inventif qui se fait avaler par les géants de l'industrie.

Officiellement, les deux sites continueront à vivre indépendamment du groupe Warner. Flixster est l'une des applications les plus populaires du web avec plus de 25 millions d'utilisateurs par mois. Grande vedette sur Facebook, elle permet de noter les films et de partager ses impressions sur les réseaux sociaux. Rotten Tomatoes, site de critique participatif acquis par Flixster en janvier 2010, attire 12 millions de visiteurs uniques par mois et a rejoint les services proposés par Apple TV.

Les studios d’Hollywood ne veulent pas de Zediva

Posté par vincy, le 10 avril 2011

Les studios Disney, Paramount, Warner Bros et la 20th Century Fox ont porté plainte contre Zediva, start-up proposant le visionnage de films en streaming sur internet, qu'ils accusent de ne pas payer les droits d'auteurs liés aux oeuvres diffusées.

L'association Motion Picture Association of America (MPAA) considère que la société enfreint la loi sur les droits d'auteurs sur les films en utilisant un faux modèle de location de DVD pour ce qui est en réalité un service de visionnage de films en streaming. Pourtant, selon les conditions générales de vente du site Zediva, l n'est pas possible de regarder le film sans connexion ou de le télécharger.

Cependant les studios expliquent que Zediva propose un service équivalent à celui de Netflix ou Amazon. La start-up réplique qu'elle est une entreprise de location de DVD à distance.  Les utilisateurs de Zediva paient (à partir d'1$99) pour louer des "DVD par internet" qu'ils peuvent regarder sur leurs ordinateurs personnels, un iPad ou un smartphone. La durée d'utilisation est de 14 jours! Les films peuvent être sous-titrés en espagnols et en français.

Lancée le 16 mars, cette offre semble cartonner. Mais la MPAA compte bien arrêter ce service, tout en réclamant  150 000 dollars par film diffusé.

Zediva se vante de proposer des films plusieurs semaines et même mois avant les plateformes de Netflix ou Redbox. Par ailleurs, Google a annoncé le lancement d'une chaîne VOD sur YouTube.

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site de Zediva