Diamant noir reçoit le Prix Jacques Deray 2016

Posté par vincy, le 16 février 2017

Le 13e prix Jacques Deray est attribué à Diamant noir d'Arthur Harari. Ce polar entre Paris et Anvers sur fond d'héritage, braquage et milieu diamantaire est nommé aux César du meilleur premier film et du meilleur espoir masculin (Niels Schneider). S'il a séduit à juste titre la critique, y compris dans nos rangs, le public a été peu nombreux à le voir (70000 spectateurs).

Le Prix Jacques Deray récompense le meilleur film policier français de l'année. Il sera remis le 4 mars à l'Institut Lumière de Lyon.

Pour Bertrand Tavernier, président de l'Institut Lumière, il s'agit d'un "premier film incroyablement prometteur" . Le film a été distingué "pour la singularité et l’élégance de sa mise en scène, son efficacité et son scénario digne des grands films noirs. De par son atmosphère, le jury a retrouvé l’héritage du cinéma de Jacques Deray."

Arthur Harari succède à Vincent Garenq pour L’Enquête, Frédéric Tellier pour L’Affaire SK1, Jérôme Salle pour Zulu, Philippe Lefebvre pour Une nuit, Maïwenn pour Polisse, Fred Cavayé pour À bout portant, Michel Hazanavicius pour OSS 117, Rio ne répond plus, Pascal Thomas pour Le Crime est notre affaire, Alain Corneau pour Le Deuxième souffle, Guillaume Canet pour Ne le dis à personne, Jacques Audiard pour De battre mon cœur s’est arrêté et Olivier Marchal pour 36, quai des Orfèvres.

« Lumière ! L’aventure commence »: les premiers pas passionnants du cinéma

Posté par vincy, le 25 janvier 2017

Ce n'est pas seulement un documentaire que Thierry Frémaux nous propose avec Lumière ! L'aventure commence. C'est bien plus que ça. Le délégué général du Festival de Cannes nous invite à un voyage passionnant qui couvre les dix premières années du 7e art, de 1895 à 1905. A travers 108 petits films (restaurés) qui s'enchaînent, accompagnés d'un texte aux intentions pédagogiques et de la musique de Camille Saint-Saëns, l'aventure nous fait découvrir les premiers films, ceux des frères Lumière. Ce n'est même pas un dixième de leur œuvre, et ça suffit déjà à nous enthousiasmer.

Tout commence avec une sortie d'usine. On croit la connaître. Mais, facétieux, Frémaux nous montre que "le premier geste du cinéma" a eu plusieurs versions. L'invention du remake. La troisième version est mise en scène avec une foule en beaux habits. Car finalement, le premier personnage du 7e art, "c'est la foule, c'est le peuple."

La voix posée de Thierry Frémaux se lance alors une belle leçon de cinéma. Car les Lumière n'ont pas seulement inventé le moyen technique de filmer, ils ont créé la mise en scène. Tout n'est que mise en scène d'ailleurs. Leurs films, des séquences de famille aux reportages au bout du monde, sont écrits, donc scénarisés. La caméra est plantée à un endroit fixe qui offre le bon angle ou qui créé le bon mouvement. Cela donne la première comédie, L'arroseur arrosé, ou le premier film spectaculaire, le premier chef d'œuvre?, L'arrivée du train en gare de La Ciotat. Deux blockbusters noir et blanc, muets et courts. Le temps d'une pellicule de 50 secondes.

Lumière! est fascinant. Pas seulement parce qu'il exhume les premiers films, comme on admire les fresques rupestres de la Grotte Chauvet. La compilation révèle comment les deux frères ont posé les base d'un art nouveau, s'inspirant des tableaux de Cézanne, Degas ou Renoir ou innovant avec le film à l'envers. Ces "sorciers de l'image" compose ainsi le vocabulaire et la grammaire d'un nouveau langage.

Mais au-delà de cette étude quasi "anthropologique" du cinéma, Thierry Frémaux, en chapitrant son montage avec des thématiques, offre au spectateur une vision ethnologique de la France au tournant du XXe siècle. Des métiers disparus, des travailleurs, des enfants qui jouent, des bourgeois qui s'amusent... Tout cela témoigne d'une époque, comme une chronique d'un pays en mutation. Ce cinéma du réel, sans reconstitution, n'empêche pas ces plans séquences d'avoir le cadrage soigné, les perspectives sublimes, les travellings verticaux (dans l'ascenseur de la Tour Eiffel), les profondeurs de champs bluffantes, les seconds-rôles comiques, les regards caméra furtifs....

Et puis c'est aussi un voyage. A Lyon, évidemment, leur ville, mais aussi à Paris, avec le Trocadéro comme vous ne l'avez vu qu'en photo, Marseille, Biarritz, Jérusalem, New York, Londres, Chicago, ou encore en Turquie, en Suisse, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Russie, en Azerbaïdjan, au Mexique, au Japon et au Vietnam, avec cette petite fille qui court vers la caméra. Le monde d'alors. le monde comme on l'imaginait, comme on ne l'a pas forcément vu.

Lumière! L'aventure commence est un formidable travail de composition, où une centaine de petites histoires couvre tout le spectre de ce qui sera le cinéma, d'une catastrophe industrielle "surnaturelle" au film réaliste. "Un sujet, un traitement, un point de vue". Les Lumière ont fondé cet art qui déplace les foules du monde entier depuis plus de 120 ans. D'Eisenstein à Ford, de Kurosawa à Ozu, de Visconti à Laurel et Hardy, de W.C. Griffith à Chaplin, le sélectionneur de Cannes rappelle comment les deux français avaient déjà créé tel plan ou tel cadre, bien avant que les grands maîtres n'en fassent leur style.

Avec ce film, Frémaux prouve qu'ils ont été les premiers cinéastes. Son film est un anoblissement en images ludique et jubilatoire.

Voyage à travers le cinéma français, une épopée cinéphilique envoûtante

Posté par vincy, le 12 octobre 2016

A priori un documentaire de trois heures et dix minutes, cela peut faire peur. Pourtant ce Voyage à travers le cinéma français que propose Bertrand Tavernier est époustouflant et mérite qu'on s'y attarde.

Leçons érudites

En tout premier lieu parce qu'il s'agit de véritables leçons de cinéma. Un décryptage érudit de la mise en scène (il faut voir comment on nous explique la manière dont Melville faisait ses champs contre-champs), de l'écriture, du jeu d'acteur (Gabin, sa lenteur et sa maîtrise) mais aussi de la manière dont se fabrique ce 7e art si collectif et si égomaniaque. Et ce jusqu'au défuntes salles de cinéma de quartier qui ressuscitent en citant Luc Moullet. Tavernier nous explique pourquoi telle scène est réussie et comment telle séquence a été concoctée. Le réalisateur joue le rôle d'un professeur qui veut divertir son auditoire, avec des anecdotes (comment est née la gueule d'atmosphère d'Arletty, comment un décorateur transforme Un jour se lève) ou des courriers lus en voix off (Aragon louant l'esthétique de Godard).

Le tout est illustré par des dizaines d'extraits plus ou moins longs, de films classiques ou méconnus. Une odyssée inestimable ponctuée d'interviews et d'archives (dont cette engueulade mémorable entre Belmondo et Melville). "Imaginez que vous êtes au cinéma" annonce Bertrand Tavernier en préambule. Et en effet c'est un film sur le cinéma qui se déroule devant nos yeux. Mais pas seulement.

Les souvenirs personnels de Tavernier et ses choix sélectifs

Et c'est là tout le risque de ce documentaire, présenté en avant-première mondiale au dernier festival de Cannes. Car il faut expliquer sur quel axe le film, presque trop riche, tient en équilibre: d'un côté les souvenirs personnels de Tavernier, qui servent de fil conducteur. L'enfance au sanatorium (dépucelage cinématographique), l'adolescence au pensionnat (frénésie cinématographique), jeunesse active, d'attaché de presse à assistant réalisateur en passant par la défense de Henri Langlois (prise de conscience où cinéma et politique s'entremêlent). De ce point de vue, on pourrait être frustrés. Tavernier ne se dévoile pas tant que ça, et à quelques exceptions, il ne partage que des faits assez neutres qui ne sont que les étapes de sa vie.

De l'autre côté, ce voyage dans le temps n'a rien d'exhaustif, ce qui peut également être frustrant. Si la liste des cinéastes cités est longue, le film se concentre sur quelques personnalités et un certain style de cinéma. On peut imaginer plusieurs "voyages", similairement thématiques. Il le faudrait tant on reste parfois sur sa faim quand il fait d'abondantes références à Bresson, quand il flirte avec Autant-Lara, quand il éclipse des Clouzot, Verneuil ou Clément.

Fantômes et légendes

Une fois le cadre et le scénario posés, et le parti-pris assumé, le documentaire enchaîne les chapitres. Chacun est suffisamment long pour ne pas être superficiels: Jacques Becker, Jean Renoir, Jean Gabin, la musique de film (Jaubert, Kosma), Eddie Constantine, les productions de Beauregard, la bande Truffaut-Chabrol-Godard-Varda, Edmond Gréville, Jean-Pierre Melville, et Claude Sautet. Tavernier ne masque pas ses émotions: il admire sans pudeur et avec sincérité. Il est tombé dedans quand il était petit. Le cinéma qu'il fait renaître a un air de famille, avec Belmondo, Ventura, Piccoli... Il y a quelques femmes: Bardot, Moreau, Schneider, qui achève ce marathon cinéphile en s'en allant vers un hiver incertain.

Il réunit ainsi les fantômes et les légendes. Convoque les génies (qui peuvent aussi être indignes). Car il ne cache pas les zones d'ombres, ceux qui ont eut des comportements dégueulasses, les sales caractères d'êtres jamais mythiques, égratigne le scénariste Melville et le lâche Renoir. Voyage à travers le cinéma français est une aventure aussi humaine qu'humaniste. Tavernier propose un panorama d'un certain cinéma français, classique, même si toujours moderne, et assez masculin, mais il s'agit avant tout d'une série de portraits de ceux qui ont marqué le 7e art mondial, ces ambassadeurs de l'exception française.

Point de vue et images d'un monde

Car, finalement, ce que l'on retient est ailleurs. A l'image, par les films et les cinéastes/comédiens choisis, Bertrand Tavernier nous "enferme" dans une période, des années 1930 aux années 1970. Le noir et blanc domine. C'est Hôtel du nord, La grande illusion, Casque d'or, Le doulos, La bête humaine, Le jour se lève, Les 400 coups, Cléo de 5 à 7, Classe tous risques... Ça n'est ni une compilation, ni une anthologie, c'est un point de vue subjectif, amoureux, enthousiasmant d'un passionné de l'art cinématographique dans toute sa "variété", que ce soit des combats à mains nues de Constantine ou du regard de Signoret.

Or, ce voyage étourdissant est avant tout un voyage dans le temps. Un tableau de la France, celle du Front populaire, de l'Occupation, de l'après-guerre, des trente glorieuses. On voit évoluer, de Becker à Sautet, un pays, sa société, son peuple et ses métiers. Pas surprenant alors de constater que ce sont des films éminemment français qui ont été sélectionnés dans ce portfolio de prestige. On y parle de camembert, on y chante la Marseillaise, les putes sont belles et romantiques, ... Un voyage romanesque, plus balzacien que flaubertien. On y plonge comme dans un feuilleton social mais jamais vraiment dramatique..

Finalement, à l'instar des films de Melville, tout semble irréel et atemporel. Une déclaration d'amour teintée de nostalgie. Un cinéma français qui est capable de mettre "les larmes aux yeux".

Festival Lumière 2016: Quelques heures avant la première séance

Posté par Morgane, le 8 octobre 2016

Alors que le Village du Festival était inauguré vendredi 7 octobre dans la soirée, la première projection a eu lieu ce matin à 11h avec Hôtel du Nord de Marcel Carné, de quoi mettre de l'atmosphère , le Festival débutera officiellement ce soir avec sa cérémonie d'ouverture qui, comme chaque année, aura lieu à la Halle Tony Garnier.

En 7 éditions, Thierry Fremaux et Bertrand Tavernier ont réussi à revêtir ce jeune festival du 7ème Art d'une magnifique étoffe. La programmation est toujours aussi passionnante et éclectique (des classiques de Marcel Carné et Julien Duvivier aux films de genre de Park Chan-wook, la palette est large).

Les salles sont parties pour être combles pendant 10 jours (de nombreuses séances sont déjà complètes avant l'ouverture) et les invités sont de plus en plus nombreux.

Certains sont même devenus des habitués comme Mister Quentin Tarantino qui, après avoir reçu le Prix Lumière en 2013, a proposé une rétrospective de ses films préférés réalisés uniquement durant... l'année 1970. La liste était semble-t-il bien longue et les organisateurs ont dû la réduire à 14 titres!

Mais cela ne suffisait pas au cinéphile hors pair qu'est Tarantino qui nous fait la surprise de revenir au festival. Il sera présent dès la cérémonie d'ouverture durant laquelle sera projeté Butch Cassidy et le Kid de Georges Roy Hill, un de ces films préférés, et animera également une master class le mercredi 12 octobre suivie de la projection de la Palme d'or M*A*S*H. Vu son appétit cinéphile boulimique, il sera certainement présent lors d'autres projections du festival et sera la cerise sur la gâteau pour certains spectateurs chanceux. On peut d'ailleurs imaginer qu'il soit là pour le sacre de Catherine Deneuve, prix Lumière 2016, qui était co-présidente du jury au Festival de Cannes quand il a reçu la Palme d'or pour Pulp Fiction.

Ils sont cette année encore fort nombreux à venir présenter des films (certains pour la première fois, d'autres en habitués du festival) et animer des master class: Gong Li, Walter Hill, Jean-Loup Dabadie, Gaspard Noé, Vincent Lindon, Park Chan-wook et donc, la grande Catherine Deneuve qui animera une master class vendredi 14 octobre au théâtre des Célestins et se verra remettre le Prix Lumière de cette 8eme édition! C'est la première femme à recevoir cet honneur.

Dans quelques heures le clap d'ouverture retentira pour cette 8eme édition d'un festival qui ne cesse de grandir et reste malgré tout un festival pour les spectateurs avant tout... Bon festival à tous!

Le Prix Jacques Deray 2016 pour « L’Enquête »

Posté par vincy, le 28 janvier 2016

Le 12e Prix Jacques Deray, qui consacre un film policier français, est attribué à L’Enquête de Vincent Garenq, avec Gilles Lellouche, Charles Berling et Florence Loiret-Caille. le film est également nommé au César du meilleur scénario adapté. Le film raconte «l’affaire Clearstream» à partir de l’histoire du journaliste et lanceur d’alertes, Denis Robert, et notamment de deux de ses ouvrages, Révélation$ et La boîte noire. Sorti en février 2015, le film avait attiré 280 000 spectateurs dans les salles.

Le Prix sera remis à Vincent Garenq samedi 13 février à 19h à l’Institut Lumière (achat de places en ligne), en présence de Gilles Lellouche et de Denis Robert. En présence également de Bertrand Tavernier, Agnès Vincent-Deray et Laurence Deray, Thierry Frémaux et les membres de l’Association des Amis de Jacques Deray.
Ce même jour à 16h sera projeté Un papillon sur l’épaule (1978, 1h38), l’un des classiques de Jacques Deray qui a inspiré le sculpteur Grégoire Callens pour la création de la statuette, remise chaque année au lauréat.

Les précédents lauréats sont Frédéric Tellier pour L’Affaire SK1, également nommé cette année au César du meilleur scénario adapté, Jérôme Salle pour Zulu, Philippe Lefebvre pour Une nuit, Maïwenn pour Polisse, Fred Cavayé pour A bout portant, Michel Hazanavicius pour OSS 117 : Rio ne répond plus, Pascal Thomas pour Le Crime est notre affaire, Alain Corneau pour Le Deuxième souffle, Guillaume Canet pour Ne le dis à personne, Jacques Audiard pour De battre mon coeur s’est arrêté et Olivier Marchal pour 36, quai des Orfèvres.

Festival Lumière 2015: Martin Scorsese à l’honneur

Posté par Morgane, le 18 juin 2015

martin scorsese

Le Festival Lumière qui se déroule chaque année à Lyon ouvrira ses portes le lundi 12 octobre pour une semaine complète entièrement dédiée au 7e Art.

Alors oui, octobre c'est encore dans longtemps. Il y a d'abord l'été, les grandes vacances et même la rentrée avant de penser au mois d'octobre. Certes, je suis bien d'accord avec vous. Mais aujourd'hui, le Festival a dévoilé son Prix Lumière 2015 (très en avance par rapport à d'habitude). Roulement de tambour, ce n'est autre que le grand Martin Scorsese (qui recevra donc le Prix le vendredi 16 octobre) qui succèdera à Clint Eastwood, Milos Forman, Gérard Depardieu, Ken Loach, Quentin Tarantino et Pedro Almodovar. Que des grands messieurs (mais où sont les femmes dans tout ça???) du Cinéma...

Martin Scorsese est à lui seul un monstre sacré du Cinéma! Cinéaste à la filmographie hallucinante, Martin Scorsese a réalisé un grand nombre de longs métrages et de documentaires dont beaucoup d'entre eux sont considérés comme des chefs d'oeuvre... Taxi Driver, pour lequel il reçoit la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1976, New York New York, Raging Bull, Les Affranchis, Les Nerfs à Vif, Casino, Gangs of New York, Les Infiltrés, Shutter Island, Le Loup de Wall Street etc...

Martin Scorsese a également réalisé plusieurs documentaires, consacrés principalement à des figures emblématiques de la musique (il fait d'ailleurs partie de l'aventure du film Woodstock en 1970). Il réalise des documentaires sur Eric Clapton, Bob Dylan, les Rolling Stones, le Blues (Du Mali au Mississippi) et d'autres encore.

D'autres de ses documentaires sont consacrés eux à la politique. Martin Scorsese a aussi approché le petit écran en réalisant le tout premier épisode de la série Boardwalk Empire. Bref, Martin Scorsese est une sorte de génie touche à tout...

Il réalise actuellement Silence, avec Liam Neeson, Andrew Garfield, Adam Driver, Ciaran Hinds et Tadanobu Asano (lire notre actualité du 13 mai 2013).

C'est donc avec beaucoup de plaisir, et une bonne dose d'impatience, que le public du Festival Lumière va pouvoir plonger et replonger dans l'univers scorsesien durant toute une semaine... On aurait presque envie de dire "Vivement octobre!"

Le Prix Jacques Deray 2015 décerné à L’Affaire SK1

Posté par vincy, le 30 janvier 2015

Le11e Prix Jacques Deray sera attribué le 7 février à l'Institut Lumière (Lyon) au film de Frédéric Tellier, L'Affaire SK1, toujours à l'affiche. Le thriller est sorti le 7 janvier sur les écrans français et a déjà séduit plus de 250000 spectateurs. Le générique est composé de Raphaël Personnaz, Nathalie Baye, Olivier Gourmet et Marianne Denicourt. L'histoire s'inspire de la traque du serial killer Guy Georges durant 8 années.

Le jury a distingué ce film "pour l’originalité de sa narration, sa sobriété, son réalisme et la qualité de ses interprètes". Ce même jury a également souhaité souligner la qualité du premier film de Cédric Jimenez, La French, "dont  l’évocation du cinéma de Jacques Deray l’a beaucoup touché."

Les précédents lauréats sont Olivier Marchal pour 36, quai des Orfèvres, Jacques Audiard pour De battre mon coeur s’est arrêté, Guillaume Canet pour Ne le dis à personne, Alain Corneau pour Le Deuxième souffle, Pascal Thomas pourLe Crime est notre affaire, Michel Hazanavicius pour OSS 117 : Rio ne répond plus, Fred Cavayé pour A bout portant, Maïwenn pour Polisse, Philippe Lefebvre pour Une nuit et Jérôme Salle pour Zulu.

Lyon: deux cinémas rachetés par l’Institut Lumière

Posté par Morgane, le 12 décembre 2014

cinéma national populaire lyonLes CNP (Cinéma National Populaire) se composait de trois sites de salles obscures à Lyon (Odéon, Terreaux et Bellecour). Malheureusement ils avaient vu le rideau tombé sur l'Odéon aujourd'hui transformé en salle de spectacle (après une longue bataille, le lieu est resté culturel et la jolie salle rouge est intacte). Ne restaient donc plus que les CNP Terreaux et Bellecour qui tentaient tant bien que mal de se maintenir à flots, offrant au public lyonnais une belle programmation de films d'art et d'essai. Les deux cinémas totalisent 531 fauteuils dans 7 salles.

Mais les temps cinématographiques sont parfois durs et leur ancien propriétaire (depuis 1998), Galeshka Moravioff, n'était pas du plus grand soutien et avait été très vivement critiqué lors de la fermeture en 2009 du CNP Odéon. Ancien propriétaire car, oui, les clefs ont changé de main! Et elles ne sont pas allées dans n'importe lesquelles puisque c'est l'Institut Lumière (quelques mois après son rachat de la Fourmi dont la réouverture est prévue durant le premier semestre 2015) qui devient le nouveau propriétaire des lieux! L'Institut Lumière s'offre ainsi une vitrine à l'année dans la capitale des Gaules.

Les CNP Terreaux et Bellecour fermeront donc leurs portes d'ici la fin de l'année pour faire peau neuve et accueillir de nouveau les cinéphiles lyonnais à partir du mois de septembre 2015.

Un week-end de cinéma avant la fermeture

Pour fêter cela et profiter des lieux avant leur fermeture, les CNP accueillent les lyonnais les 13 et 14 décembre pour un week-end spécial. Au programme, des films qui ont marqué 2014 et qui seront tous présentés par différentes personnes qui nous en diront un peu plus sur ce beau projet de réouverture. Ce sera donc l'occasion d'aller voir ou revoir Winter Sleep (la palme d'Or de cette année), Only lovers left alive, Still the water, Joe, Her, Ida, Les gens du monde, Se battre (aux CNP Terreaux) ainsi que Black Coal, Leviathan, My sweet pepper land, Wrong cops, Geronimo et La Cour de Babel (aux CNP Bellecour). Beaucoup de films cannois mais aussi deux films nominés aux Golden Globes cette année, un Ours d'or berlinois, et surtout un cosmopolitisme réjouissant.

Les CNP et L'Institut Lumière main dans la main, cela fait rêver les cinéphiles lyonnais! Les attentes sont là, l'envie aussi, ne reste donc plus qu'à réaliser ce beau projet, le porter à terme et redonner un second souffle à ces salles lyonnaises d'art et d'essai qui ne sont finalement pas si nombreuses dans la ville des frères Lumière... et, accessoirement, la deuxième métropole du pays.

Wes Anderson à Lyon : un Américain au pays des Frères Lumière

Posté par Morgane, le 21 février 2014

wes anderson à lyonÀ l'occasion de la sortie la semaine prochaine de son nouveau film The Grand Budapest Hotel, Wes Anderson était présent à Lyon pour présenter deux avant-premières de son film (l'une au Comoedia et l'autre à l'Institut Lumière) et inaugurer sa propre plaque posée pour l'occasion sur le Mur des Cinéastes, rue du Premier Film.

Ovationné lors de son arrivée dans la grande salle de l'Institut Lumière, le francophile cinéaste de Moonrise Kingdom nous souhaite une bonne séance et se retire rapidement afin de retourner au Comoedia, où le film était projeté plus tôt, promettant de revenir ici à la fin du film pour un débat avec les spectateurs... À l'image de M. Gustave (Ralph Fiennes) dans son film, deux endroits, deux publics à satisfaire, rien de cela n'est impossible pour Mister Anderson. Le générique terminé, la salle se rallume et Wes Anderson réapparait, comme par enchantement.

Généralement les débats peinent à trouver un spectateur qui veuille bien se jeter à l'eau pour la première question. Ici les mains se lèvent avec une rapidité surprenant même Thierry Frémaux. Certains veulent savoir pourquoi Ralph Fiennes? D'autres s'intéressent aux scènes tournées à Londres ou encore à "l'obsession" du réalisateur pour l'uniforme. Wes Anderson, quant à lui, se prête volontiers au jeu, et ce avec beaucoup d'humour.

"Ralph Fiennes était fâché et quand il est faché, j'ai peur"

Pour ce qui est de Ralph Fiennes, il l'avait choisi avant même d'écrire son scenario. Concernant les scènes londoniennes, elles ne sont finalement qu'au nombre de deux, et très courtes. Quant à l'uniforme, et notamment celui de M. Gustave, il nous raconte une petite anecdote. Ils l'ont fait faire à Berlin, mais il a déplu à Ralph Fiennes. Ce dernier ne se sentait pas bien dedans, il voulait pouvoir bouger comme un danseur. "Ralph Fiennes was angry and when he is angry, he's scary!" ("Ralph Fiennes était fâché et quand il est faché, j'ai peur", ndt). Ils ont donc refait les costumes...

Wes Anderson parle également de l'univers de The Grand Budapest Hotel, disant qu'il a inventé son propre monde tout en faisant des références sur le plan historique. Il voulait faire un film européen, continent où il réside depuis 10-12 ans, et indique que sa plus grande source d'inspiration a été les livres de Stefan Zweig, peu connu aux Etats-Unis, et dont son livre préféré est également celui par lequel il a découvert l'écrivain, La pitié dangereuse. Il révèle aussi que l'hôtel du film n'existe pas (dommage!) mais en revanche le hall, lui, est bel et bien réel et se situe dans un petit village à la frontière polonaise.

Pour finir cette soirée, Wes Anderson a également eu droit à quelques petites questions difficiles dont il s'est tiré par de jolis traits d'humour. À la question "donnez-nous trois mots pour décrire ce film" il tente d'y répondre mais en vain. "Je ne suis pas bon à ce jeu. Je pense, je suppose... non, je ne sais pas! Mais je ne vous en veux pas!".

wes anderson thierry fremauxLobby boy, nourriture et honneurs

Puis, lorsqu'un spectateur lui demande comment il a réussi à réunir un tel casting, il répond que c'était grâce à la nourriture! "On ne les paie pas donc il faut bien compenser". Un autre spectateur lui demande dans sa filmographie quel est celui qu'il souhaiterait améliorer "Tous. Mais en même temps, c'est comme demander à un parent lequel de ses enfants il aime le moins". Et pour finir, avez-vous besoin d'un lobby boy? "Toujours". La place est à prendre...

Tout le monde s'est ensuite dirigé vers la Rue du Premier Film où, remercié par Thierry Frémaux et sous les flashs crépitants des fans, Wes Anderson a retiré le tissu rouge qui recouvrait sa plaque nouvellement ajoutée au Mur des Cinéastes.

Une soirée pleine de fantaisie dans l'antre des Frères Lumière... Quelques jours après avoir reçu son Grand prix du jury au Festival de Belrin, Wes Anderson est désormais dans la cour des grands.

Le 10e prix Jacques Deray pour un film cannois

Posté par vincy, le 16 janvier 2014

Le Prix Jacques Deray, récompense créée en 2005 par l'Association des Amis de Jacques Deray et l'Institut Lumière, consacre le meilleur film policier français de l'année. Manière de rendre hommage à l'un des maîtres du polar français. Jacques Deray est mort  en août 2003.

Pour sa 10e édition, le prix est décerné au film qui avait fait la clôture du Festival de Cannes en 2013 : Zulu de Jérôme Salle. C'est la première fois qu'une production en anglais reçoit ce prix et la deuxième fois qu'un film issu de la sélection officielle de Cannes est ainsi honoré.

Il succède à 36 Quai des Orfèvres, De battre mon coeur s'est arrêté, Ne le dis à personne, Le deuxième souffle, Le crime est notre affaire, OSS 117 : Rio ne répond plus, À bout portant, Polisse et Une nuit.

Le prix sera remis au réalisateur le 8 février à l'Institut Lumière à Lyon, en présence de Bertrand Tavernier, Thierry Frémaux et Laurent Heynemann.