Guimet prolonge l’été avec une programmation indienne audacieuse

Posté par MpM, le 3 septembre 2009

Pour la 6e année consécutive, l'auditorium du Musée Guimet propose une rentrée dépaysante qui fera un peu oublier la grisaille parisienne. L'été indien 2009 propose en effet 15 films d'auteur inédits issus des cinémas marathi et malayalam. Si ces deux cinématographies ne vous disent absolument rien, pas de panique, Guimet pense à tout : Martine Armand, responsable de cette programmation et spécialiste du cinéma indien, donnera le 9 septembre une conférence sur les particularités esthétiques et historiques de ce cinéma régional.

Le premier est quasiment inconnu du public occidental bien qu'il puisse s'enorgueillir d'une longue histoire. Le second est un petit peu plus diffusé en France (on a notamment découvert Shaji Karun, Murali Nair ou encore Adoor Gopalakrishan lors des précédents étés indiens) mais possède malgré tout de nombreux auteurs d'envergure totalement inconnus chez nous.

Dès le 7 septembre, c'est donc l'occasion de se familiariser avec Jabbar Patel, représentant de la nouvelle vague du cinéma marathe, Chitra Palekar et Sumitra Bhave, deux femmes cinéastes à l'univers très personnel, Govindan Aravindan, l'un des plus audacieux et novateurs scénaristes et réalisateurs du cinéma malayalam ou encore John Abraham, "enfant terrible" du Kérala, qui vécut en marge de la société et explora longuement les questions d'identité culturelle et politique.

Et après ces deux mois à découvrir la richesse de ce cinéma régional méconnu, il sera temps de s'engager pour une nouvelle destination : l'Himalaya, avec des films venus du Bouthan, du Népal, de Sikkim et de Zanskar. Pas de doute, avec Guimet, on voyage toute l'année…

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Du 7 septembre au 30 octobre
Séances à 12h15 les lundis, mercredis ou vendredis selon les semaines
Programme complet et informations sur le site de l’Auditorium Guimet

Marvel veut se mondialiser

Posté par vincy, le 13 mars 2009

Marvel a décidé de ne plus dépendre du marché américain pour rentabiliser ses super-héros. L'éditeur de BD vise désormais les 50% de recettes internationales (contre 35% actuellement). Pour atteindre cet objectif d'ici à 4 ans, la société a décidé de "mondialiser" son conseil d'administration, et donc de construire des passerelles avec les grands marchés émergeants. Ainsi le producteur de films bollywoodien Manmohan Shetty et le patron d'un groupe multimédia chinois, CDC, Peter Yip y ont fait leur entrée.

D'ici à 2011, Marvel sera présent dans une dizaine de productions, à commencer par Silver Surfer et Wolverine, en attendant Thor, Magneto, Captain America, Iron Man 2 et Spider-Man 4.

Cannes : la belle carte à jouer de l’Asie

Posté par MpM, le 8 mars 2009

ThirstEnfant chéri de Cannes ces dernières années, l’Asie pourrait à nouveau arriver en force sur la Croisette. Ainsi, si l’on en croit la rumeur, Johnnie To aurait déjà son ticket pour le tapis rouge. En tant que réalisateur, pour Vengeance, où il dirige Johnny Hallyday, et/ou en tant que producteur avec Accident de Pou Soi Cheang, à qui l’on doit notamment Dog bite dog. A moins qu’il ne s’agisse encore d’un de ces buzz purement gratuits qui amusent tant le délégué général Thierry Frémaux …

La concurrence est en effet rude du côté de Hong Kong et de la Chine continentale. Lou Ye, qui concourait pour la palme d’or en 2006 avec Une jeunesse chinoise, met la dernière main à Spring fever. Wang Chao, sélectionné à Un certain regard la même année avec Voiture de luxe, est lui en train d’achever Starting over. Enfin, la réalisatrice Yimeng Jin a en stock Sophie’s revenge avec Zhang Ziyi, l’ancienne assistante de Jia Zhang-ke, Carol Lai, a terminé Shuffle et Tian Zhuangzhuang est de retour avec The warrior and the wolf.

Par ailleurs, du côté coréen, trois cinéastes qui ont déjà eu les honneurs de la croisette sont sur les rangs  : Park Chan-wook (Thirst), Bong Joon-ho (Mother) et Hong Sang-soo ; tandis qu’au Japon, on table sur un ancien lauréat, Hirokazu Kore-eda (Air doll), et sur un "petit nouveau", Hideo Nakata (Gensenkan), qui est le candidat idéal pour une séance de minuit à forte teneur horrifique.

On attend aussi beaucoup de la Thaïlande, qui est en train de s’imposer comme le nouvel Eldorado des cinéphiles. Wisit Sasanatieng, qui fut le premier réalisateur thaïlandais présenté en Sélection officielle (en 2001, avec Les larmes du tigre noir, dans la section Un certain regard), travaille à Red eagle. Son compatriote et complice Pen-ek Ratanaruang (venu présenter Ploy à la Quinzaine des Réalisateurs en 2007) a également un projet en cours : Nymph.

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Pourquoi Slumdog Millionaire attire la polémique?

Posté par vincy, le 23 février 2009

slumdog millionaire Un film vire au phénomène de société quand les éditorialistes des pages société, monde ou économie en font une référence ou même un sujet. Avec plus d'un million de spectateurs en France, Slumdog Millionaire est déjà catalogué dans les films venus de nulle part et arrivé au firmament de la gloire.

En Inde, cependant, le film est contesté. Il ne séduit pas vraiment le public, que ce soit les classes urbaines aisées ou les provinciaux hindis, préférant les comédies optimistes et divertissantes de Bollywood, ou les blockbusters hollywoodiens. Slumdog est tout le contraire : un film produit par le Royaume Uni, l'ancien colonisateur, et la mise en lumière des bidonvilles, contre-exemple de ce que le pays veut montrer au monde moderne. Là bas, la misère est cachée, détestée.

Les intellectuels et artistes indiens ont donc envahi les médias locaux pour critiquer avec virulence ce film qui plaît tant en Occident. Ainsi The Hindu a fait paraître une tribune du réalisateur Hariharan, sous le titre acerbe de Orientalisme pour un marché mondialisé.

Slumdog, film pornographique? 

Si l'on en croit la plupart des critiques rapportées par la presse occidentale, ce film est un fantasme, une fiction pornographique de la misère pour montrer les affres du libéralisme et la face sordide d'un pays toujours considéré comme étant "en développement". Or, l'Inde, qui compte 450 millions d'habitants très très pauvres, souhaite ne "communiquer" que su sa croissance et sa puissance.

Soyons cynique, à l'instar de Good Bye Lenin! ou Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, il existera sans doute des circuits touristiques retraçant l'itinéraire des gamins du film, des objets reprenant l'expression Slumdog ou encore des studios locaux pour produire le remake version Bollywood.

Il serait temps de rappeler que Slumdog est une fiction, pas un documentaire. Sa part de réalisme réside dans les lieux de tournages, qui existent bel et bien. A partir de ce moment là, toute critique sur la déformation, politique, culturelle ou artistique, dont le film aurait la responsabilité est un débat vain. Slumdog n'est j'amais qu'un conte de fée enraciné dans un contexte social et culturel différent, parfois difficile.

La violence, la mafia, la drogue, la prostitution, les jobs précaires, les combats religieux, le vol, la corruption, l'exploitation des enfants sont des éléments qui n'ont pas été inventés par Simon Beaufoy, le scénariste, mais bien retranscrits par l'auteur du livre, le diplomate indien Vikas Swarup.

Une polémique vaine et un débat détourné 

La polémique est donc vaine. Elle sert le film, qui fait parler de lui. Idéal pour une campagne des Oscars. Elle sert aussi un orgueil national aussi, teinté parfois d'anglophobie. Nul ne doute que si un Oscar va être remis à un Indien (il y en a deux cette année), les gagnants sernt en une des journaux le lendemain.

Après la plainte d'une association de bidonville (voir actualité du 24 janvier), la production a du se justifier sur tous les plans : salaire des enfants (onvités aux Oscars, quel contraste!), redistribution des profits, dons caritatifs ... Une véritable campagne de communication "éthique".

Les critiques comparent Boyle à Mair ou Ray, les grands cinéastes indiens. Cependant ce cinéma indien est quasiment inexistant ces dernières années. Mira Nair a même du partir à Hollywood pour pouvoir travailler. Et défendre le fait que seul un Indien peut faire un film sur l'Inde c'estoubler que Renoir y a réalisé l'un de ses plus beaux films.

Alors, oui, Slumdog n'est pas authentique, n'est pas si choquant et n'a rien de réel. Mais c'est une fiction qui fonctionne du début à la fin, maîtrisée de bout en bout, dans tous ses corps de métier.

Le rêve sera sans doute pour Azharuddin, qui incarne le grand frère, Salim, enfant, de fouler le tapis rouge du Kodak Theater alors que la ville de Mumbay vient de raser son quartier. Son espoir c'est d'avoir une nouvelle maison, et plus une cabane au toit en tôle. Après les avoir inscrits dans une école anglophone, et en plus de leurs cachets, on suggère aux producteurs de lui payer la maison...

Plutôt que de débattre sur le titre d'un film ou son "authenticité", peut-être que les intellectuels et artistes feraient mieux de se préoccuper de cette Inde laissée au bord du monde.

Vesoul : palmarès 2009

Posté par MpM, le 17 février 2009

Prasanna Vithanage, Roustem Abdrachev et Noh Young-seok

Prasanna Vithanage (Flowers in the sky, cité par le jury), Roustem Abdrachev (Un cadeau pour Staline, Cyclo d'or) et Noh Young-seok (Daytime drinking, prix Langues'O)

Cyclo d’or : Un cadeau pour Staline de Roustem Abdrachev (Kazakhstan)

"pour sa structure professionnelle et son message humain de solidarité entre toutes les ethnies"

Grand prix du jury international : Pesantren de Nurman Hakim (Indonésie)

"pour son utilisation d'un langage simple pour décrire des situations complexes"

Prix du jury NETPAC : L'aube du monde de Abbas Fahdel (Irak / France)

"pour son rythme cinématographique et sa représentation d'une culture qui meurt en temps de guerre dévastatrice"

Prix Emile Guimet : 100 de Chris Martinez (Philippines)

"prix à un premier film autant pour l'originalité du sujet que pour sa réalisation. C'est un thème universel et profondément intime : l'imminence de la mort traitée avec une légèreté apparente et un humour décalé qui ne parviennent pas à masquer la profondeur du propos et des sentiments"

Coup de coeur GuimetUn cadeau pour Staline de Roustem Abdrachev (Kazakhstan)

"pour la maitrise cinématographique remarquable traitant de sujets mal connus en Occident pour des raisons historiques"

Prix Langues' O : Daytime drinking de Noh Young-seok (Corée)

"le jury a été sensible à ce road-movie paradoxal dans lequel le protagoniste se perd au lieu d'apprendre. Un premier film de haute tenue, très drôle et très embrumé"

Coup de coeur Langues O : Gulabi talkies de Girish Kasaravalli (Inde)

"sur un scénario d'une grande originalité, un portrait de femme sensible sur fond d'évocation des contradictions de la modernité indienne d'aujourd'hui"

Prix du jury jeunes : L'école nomade de Michel Debats (France)

Prix du jury lycéenUn cadeau pour Staline de Roustem Abdrachev (Kazakhstan)

Prix du public pour un long métrage de fiction : L'aube du monde d'Abbas Fahdel (Irak / France)

Prix du public pour un film documentaire : Persian catwalk de Marjan Alizadeh (Iran)

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Pour les spectateur parisiens, reprise des films primés au Musée Guimet les 15, 16 et 17 avril.

Crédit photo : Marie-Pauline Mollaret

Vesoul : la religion au centre des préoccupations

Posté par MpM, le 14 février 2009

gulabi talkiesLes deux premiers films présentés en compétition au Festival de Vesoul (Gulabi talkies de Girish Kasaravalli et Pesantren de Nurman Hakim) ont en commun d'aborder la question de la tolérance religieuse sans en faire le point central de l'intrigue. Dans les deux cas, le contexte est propre au pays où se situe l'histoire (les tensions entre hindous et musulmans en Inde, le milieu des écoles privées "pesantren" religieuses en Indonésie) tout en bénéficiant d'un traitement qui lui donne une portée universelle.

Dans Gulabi talkies, on suit Gulabi, une sage femme de confession musulmane confrontée à la méfiance et au rejet de ses voisins hindous. En filigrane, le film aborde les pratiques du commerce mondialisé qui ruine les petits pêcheurs et dévaste les fonds marins. On s'aperçoit rapidement que ces problèmes économiques accentuent très largement les tensions ethniques entre deux communautés qui avaient pris l'habitude de cohabiter. Dans le même temps, la télévision couleur installée chez l'héroïne sert à la fois de vecteur de rapprochement et de révélateur de dissensions. Finalement, on est bien plus dans une sorte de parabole sur la construction des identités que dans une dénonciation manichéenne de ce prétendu choc identitaire.pesantren nurman hakim

Dans Pesantren, on assiste à deux interprétations d'un même verset du Coran sur les relations que les Musulmans doivent entretenir avec les autres religions. Dans un cas, c'est un appel au rapprochement et à la fraternité. Dans l'autre, c'est un cri de guerre et l'assurance qu'il est légal aux yeux de Dieu de répandre le sang des "infidèles". On comprend pourquoi il a été si difficile à Nurman Hakim de trouver des financement indonésiens pour faire son film : aborder frontalement la religion reste là-bas éminemment tabou. Pourtant, les héros du film sont des ados comme les autres qui fument en cachette et font le mur de leur internat religieux dès qu'ils en ont l'occasion... Tout en servant intelligemment de toile de fond au récit, les questions liturgiques passent au second plan de leurs préoccupations, et cette insouciance suffit pour mettre en garde contre toute chasse aux sorcières systématique dès lors qu'il s'agit de religion.

Slumdog Millionaire ne plaît pas à des habitants de bidonvilles indiens

Posté par vincy, le 24 janvier 2009

slumdog millionaireAprès la mafia napolitaine qui a tout fait pour discréditer le film italien Gomorra, et qui continue de menacer l'auteur du livre, Roberto Saviano, voici les habitants d'un bidonville indien qui poursuit en diffamation le film Slumdog Millionaire.

L'ironie es qu'il s'agit d'une association indienne de résidents d'un bidonville qui se situe à des milliers de kilomères des lieux de tournage du film de Danny Boyle (le bidonville de Dharavi, 700 000 personnas, à Mumbay).

La plainte de la part d'une association (caritative) indienne de résidents de bidonville se porte contre la star Anil Kapoor, qui interprète l'animateur du jeu "Qui veut gagner des millions?", et le compositeur de la bande originale, A.R. Rahman, trois fois cité aux Oscars (deux fois dans la catégorie chanson, une fois dans la catégorie musique).

Ces deux personnalités représentent, selon la plainte, un film qui "violerait" les droits de l'Homme et la "dignité" des pauvres. Derrière cette plainte, il y a évidemment un ressentiment d'une autre époque. Le représentant de l'association "a dit clairement qu'il ne s'attendait à rien de positif venant d'un réalisateur britannique, puisque ses ancêtres nous qualifiaient de "chiens"", selon les propos rapportés par son avocat Shruti Singh à l'agence de presse Indo-Asian News Service (IANS).

Que dire dans ce cas de la représentation des bidonvilles dans La cité de Dieu? L'illustration d'une Inde factice dans les productions de Bollywood est-elle plus décente? On ne peut que s'insurger contre tout type de censure, mais srtout, on aimerait voir un Etat qui améliore les conditions de vie de toute personne. Quand la pauvreté est subie, peut-on parler de droits de l'homme???

Slumdog Millionaire emporte un vif succès dans le monde entier. Il a récolté dix nominations aux Oscars jeudi dernier. En France, le film, dans seulement 126 salles, a attiré plus de 200 000 spectateurs en première semaine.

Pour Gomorra, l'histoire s'est achevée avec cette nouvelle incroyable : des DVD contrefaits du film avaient finalement été distribués par la maffia elle-même. Soyons cyniques : entre la vente de DVD, de produits dérivés, et la curiosité des touristes, nul ne doute que le bindonvilles indiens pourraient devenir à la mode pour les occidentaux. Des voyages organisés existent bien dans ceux de Rio de Janeiro...

Bollywood sous le choc

Posté par vincy, le 2 décembre 2008

Les récentes attaques terroristes qui ont lieu à Mumbay, la capitale financière et cinématographique de l’Inde, a évidemment perturbé l’industrie bollywoodienne, et plus globalement cinématographique du pays.
Certes les actes violents ont touché la partie sud de la métropole, tandis que la plupart des studios et bureaux de productions sont au nord. Les cinémas ont reçu l’ordre de fermer jeudi dernier, et souvent, l’interdiction a été prolongée vendredi. Des multiplexes récents sont situés à proximité des lieux ciblés.
Cela a un impact certain pour les sorties de la semaine, qui ont lieu traditionnellement le vendredi. Les habitants de Mumbai, contrairement à leurx concitoyens du reste du pays, ont vu la programmation de leurs salles bousculée. Un film a été décalé, une comédie romantique, et un autre a vu sa combinaison de salles fortement réduite dans l’agglomération.
Cependant, la distribution de copies, qui proviennent essentiellement de Mumbay, a été fortement troublée.
La tension s’est ressentie aussi à Goa, où se tient actuellement le 39e Festival International du Film.

Eté indien à l’auditorium Guimet

Posté par MpM, le 1 septembre 2008

Devdas - Aishwarya RaiPour la 5e année consécutive, le Musée des arts asiatiques de Paris propose une rentrée à l’heure indienne, avec un cycle de films entièrement consacré à la cinématographie du plus gros producteur de longs métrages du monde. Tandis que Bollywood a désormais son magazine en France (Bollywood Stars, 3,9 euros) et que les financiers indiens investissent dans Hollywood (DreamWorks, notamment), on connaît mal le patrimoine de ce cinéma si particulier.

Du 8 septembre au 5 novembre prochains, les stars du cinéma hindi envahissent ainsi l’auditorium Guimet avec une sélection de 23 films (dont 9 inédits) articulés autour de trois grandes périodes.

Les années 50-60 : considérées comme l’âge d’or du cinéma indien, elles virent la production d’œuvres lyriques et poétiques devenues part intégrante du patrimoine national. C’est l’époque de l’acteur et réalisateur Guru Dutt, spécialiste du romantisme mélodramatique à qui l’on doit L’assoiffé (1957) et Fleurs de papier (1959), mais aussi des actrices Madhubala (Mr and Mrs 55) et Waheeda Rehman (Guide de Vijay Anand).

Les années 70-80 : elles marquent l’apogée du cinéma commercial hindi aux extravagances les plus débridées. Le plus célèbre de tous les acteurs indiens, Amitabh Bachchan, remporte son premier succès avec le "western curry" Sholay de Ramesh Sippy, record absolu de fréquentation. Les films se laissent aller à la violence mais également à une certaine liberté de mœurs, comme lors de l’apparition de Dimple Kapadia en bikini rouge dans Bobby de Raj Kapoor.

Les années 1990-2000 : celles de la modernisation, qui voient les chorégraphies devenir plus sophistiquées et les stars faire l’objet de véritables cultes. L’occident lorgne du côté de Bollywood : Devdas de Sanjay Leela Bhansali est présenté à Cannes en 2002 et l’année suivante, Aishwarya Rai est la première actrice indienne à être membre du jury. L’ex-Miss monde, mais aussi ses collègues comme Nandita Das (Fire de Deepa Mehta) et surtout Shah Rukh Khan (Veer-Zaara de Yash Chopra) deviennent aussi incontournables chez nous que chez eux.

En guise d'introduction générale à une programmation aussi foisonnante, Martine Armand (qui a choisi les films du cycle) donnera une conférence publique et gratuite le 10 septembre sur le thème des "Stars du cinéma populaire hindi". Des spectacles de danse et de musique complèteront enfin cette programmation sur tout la période, avec notamment de la danse bharatanatyam (Inde du Sud) et du chant khayâl (Inde du Nord). C'est donc parti pour deux mois d'été supplémentaires... en attendant la "deuxième saison japonaise", Akitsu Shima ("L'île aux libellules"), et son invitation au voyage à travers le Japon spirituel (novembre 2008 - janvier 2009).

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Du 8 septembre au 5 novembre 2008
Séances à 12h15 les lundis, mercredis ou vendredis selon les semaines
Programme complet et informations sur le site de l’Auditorium Guimet

DreamWorks SKG : entre divorce et partenariat

Posté par geoffroy, le 28 juin 2008

Il y a vingt ans, Hollywood craignait le péril jaune venu du Japon. Sony rachetait la Columbia et cela devenait une affaire politique nationale ! Pourtant "la menace fantôme" capitalistique semble désormais venir d'ailleurs, des Emirats arabes aux grands pays en voie de développement...

Alors que le studio DreamWorks envisage depuis plusieurs mois de se séparer du géant Paramount, auquel il s'était récemment "vendu", et afin de retrouver une indépendance financière mais surtout artistique, nous apprenons que celui-ci a ouvert des négociations auprès de plusieurs partenaires potentiels. Et l’un d’entre eux n’est pas n’importe qui. En effet, il semblerait que RBE (Reliance Big Entertainement), filiale divertissement de l’un des plus grands conglomérats indiens de l'énergie et des télécoms, soit prête à investir 500 millions de dollars dans l’aventure hollywoodienne. Qu’un groupe indien puisse entrer dans le capital d’un grand studio américain serait une première et démontre l’investissement à l’international de groupes pourtant éloignés des métiers du cinéma. Si cela devait se confirmer, un pont inédit entre Hollywood et Bollywood verrait donc le jour avec, comme résultante, le divorce prononcé d’ici à la fin de l’année de DreamWorks avec la Paramount.

Si aucun des deux partenaires pressentis n’a communiqué dans ce sens, l’investissement actuel de RBE dans le cinéma (rachat d’une société d’effets spéciaux américaine, nombreux accords annoncés à Cannes avec des maisons de productions de stars hollywoodiennes, mise en place d’un réseau de salles à travers le monde…) ne fait que renforcer cette hypothèse. Cette ouverture d’accord correspond au dynamisme de grands groupes de pays émergents (Inde et Chine) favorisant rachat, fusion, rapprochement, pour constituer des conglomérats puissants dans des domaines économiques variés et dont le cinéma, et l'industrie de l'image en général, est plus que jamais porteur.