Bilan 2011 : Tour du monde des champions du box office

Posté par vincy, le 23 janvier 2012

Les box office annuels des différents marchés cinématographiques se suivent, mais ne se ressemblent pas. Il y a les pays complètement inféodés à Hollywood, ceux qui offrent un cinéma si puissant qu'ils résistent très bien aux studios américains. Ainsi les champions de l'année ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Etat des lieux, et tour du monde.

MONDE
1er : Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie avec 947,1 millions de $ dans le monde (hors Amérique du nord).
1er film non anglosaxon (et 21e au global) : Intouchables avec 174,6 millions de $.
1er film asiatique (et 31e au global) : Hankyu densha (Hankyu Railways - A 15-minute Miracle) avec 118,8 millions de $.
Deux autres films non anglosaxons se classent dans le Top 50 international : Rien à déclarer (44e) et The Inbetweeners Movie (48e). Au total 22 films non hollywoodiens s'invitent dans le Top 100.

AFRIQUE DU SUD

Seul pays où Twilight 4, 1ere partie arrive en tête avec 3,899 millions de $ dans un pays où Hollywood domine le Top 30.

ALLEMAGNE

Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie a rapporté la somme de 78,043 millions de $. Mais le cinéma allemand se défend bien avec une comédie, Kokowääh en troisième place (42,932 millions de $).

ARGENTINE

Cars 2 en tête avec 11,996 millions de $ au box office. Le premier film "local" est Un cuento chino (12e du classement avec 4,417 millions de $). Les deux sont distribués par Disney.

AUSTRALIE

Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie, triomphe, logiquement dans ce pays du Commonwealth envahit par Hollywood, avec 51,329 millions de $ aux box office.

BELGIQUE

Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie s'impose avec 9,983 millions de $ mais de justesse puisque le deuxième, le presque belge Tintin de Spielberg, a cumulé 9,890 millions de $. En troisième place, on retrouve le film franco-belge Rien à déclarer (8,990 millions de $). Le premier film 100% belge est Bullhead, 8e du classement, avec 4,335 millions de $ de recettes.

BRÉSIL

Presque chauvins ces brésiliens. Le film en tête est pourtant américain puisqu'il s'agit du dessin animé de la Fox, Rio. Du nom de la ville brésilienne qui sert de cadre aux aventures des volatiles exotiques. Le film a rapporté 42,946 millions de $, loin devant le premier film brésilien, Cilada.com, 14e du classement avec 17,113 millions de $.

CHINE (HORS HONG KONG)

Un peu plus ouvert aux productions américaines, le marché chinois résiste avec une inflation de gros budgets chinois. Ainsi Transformers 3 : Dark of the Moon a gagné le titre de champion de l'année avec 172,86 millions de $, loi devant ses deux premiers poursuivants. In extremis, c'est un film chinois qui obtient la médaille d'argent : The Flowers of War, de Zhang Yimou, avec Christian Bale (photo), doté de moyens hollywoodiens, a dépassé les 97 millions de $  de Kung-fu Panda 2. The Flowers of War est sorti à la fin de l'année et devrait encore voir sa fréquentation augmenter avec les congés du nouvel an. En ayant franchi la barre des 2 milliards de $, le marché cinématographique chinois est devenu le troisième plus important au monde derrière les USA et le Japon.

CORÉE DU SUD

Transformers 3 n'a pas eu de rivaux à sa hauteur puisque le film y a rapporté 69,068 millions de $. Mais en 2e et 3e films les plus populaires sont coréens, comme les 2/3 du Top 20. Preuve de la vitalité locale. En 2e place on retrouve Sseo-ni (Sunny) avec 50,765 millions de $, et en 3e position, Choi-jong-byeong-gi Hwal (War of the Arrows) avec 50,295 millions de $. Les trois films ont dépassé les 7 millions de spectateurs.

ESPAGNE

Cette fois-ci, le héros local Torrente (pour Torrente 4) s'impose loin devant ses rivaux toutes nationalités confondues avec 29,031 millions de $. Torrente 3 en 2005 n'était arrivé que 4e, Torrente 2, malgré un triomphe incontestable était 2e en 2001 (derrière un autre film espagnol, les autres) ; seul le premier Torrente était leader en 1998.

INDE

C'est le film bollywoodien Bodyguard qui a supplanté tous les films mêmes les plus attendus ou importants. Le film, avec la star Salman Khan, avait réalisé la meilleure première semaine dans l'histoire du cinéma indien. Au total, il a ramassé plus de 43,7 millions de $ au box office.

ITALIE

Le cinéma italien est en vedette cette année puisque le film le plus populaire est une production nationale. Che bella giornata a récolté 59,370 millions de $.

JAPON

Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie au Japon ce n'est rien de moins que la 2e plus grosse recette mondiale du film, derrière les Etats-Unis. 124,332 millions de $ pour le magicien. Et c'est un autre magicien, japonais ce coup-ci, qui signe le plus gros succès local de l'année : les Studios Ghibli avec La colline aux coquelicots est 4e du B.O. 2011 avec 56,029 millions de $.

MEXIQUE

Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie leader incontestable dans un pays où le cinéma national a disparu du box office. Le dernier épisode de la saga a rapporté 34,164 millions de $.

PAYS BAS

Adaptation d'une série TV ultra-populaire, Gooische vrouwen (Jardins secrets) est devenu le plus gros hit de l'année chez nos amis les bataves avec 21,517 millions de $.

POLOGNE

Là aussi c'est un film local qui prend la tête du box office annuel : Listy do M. (Lettres au Père Noël) a cumulé 12,605 millions de $ de recettes.

ROYAUME-UNI

C'est le seul pays où les trois premiers films sont "nationaux" même si le premier d'entre eux a largement bénéficié de moyens hollywoodiens et le deuxième d'une part importante de financement américain. Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie s'est enrichi de 117,228 millions de $. Le discours d'un roi, Oscar du meilleur film, a empoché 74,878 millions de $. Quant à The Inbetweeners Movie a surpris les blockbusters hollywoodiens en enregistrant 71,1789 millions de $ dans ses caisses.

RUSSIE

C'est Pirates des Caraïbes 4 (La fontaine de Jouvence) qui a séduit le plus de russes dans les salles. Le film a encaissé 63,662 millions de $ de recettes. Le premier film russe est 8e du classement, lui aussi distribué par Disney : Vysotskiy. Spasibo, chto zhivoy (Vysotsky: Thank God I'm Alive), pourtant sorti en fin d'année, a déjà encaissé 27,79 millions de $.

TURQUIE

C'est une suite à un gros succès local qui a séduit les Turcs. Eyyvah eyvah 2 a ramassé 20,506 millions de $. Il est sorti dans l'indifférence en France.

Stephen Frears à la poursuite du Bengali Detective

Posté par vincy, le 19 novembre 2011

A l'origine, il s'agit d'un documentaire, The Bengali Detective. Avec l'aide du scénariste D.V. DeVincentis, Stephen Frears l'adapte en long métrage de fiction. Le film de Frears sera produit par Ridley et Tony Scott. Il faudra cependant attendre 2014 pour le voir en salles.

Frears réalise actuellement Lay the favorite, une comédie biographique dans l'enfer du jeu de Vegas, d'après les mémoires de Beth Raymer, qui sera incarnée par Rebecca Hall. Bruce Willis, Vince Vaughn et Catherine Zeta-Jones complètent le casting. Là aussi, DeVincentis signe le scénario. Il avait déjà collaboré en 2000 avec Frears en écrivant le script d'High Fidelity.

The Bengali Detective, documentaire réalisé par Philip Cox, suivait l'intrépide détective privé, souffrant d'un peu de surpoids, Rajesh Ji explorant les bas fonds malfamés de Calcutta tout en rêvant de danser à la télévision indienne. C'est un regard sur l'Inde moderne, entre les empoisonnements, infidélités, fraudes, violences conjugales et meurtres et les mirages du show-biz. Le docu avait été présenté en avant-première au dernier festival de Sundance, puis à Berlin.

Cannes 2011 : Le cinéma de Bollywood en sélection officielle

Posté par vincy, le 22 avril 2011

"On essaie de s'ouvrir à tous les formats, à tous les budgets et à tous les styles, sauf Bollywood qui ne m'intéresse pas" avait déclaré Frédéric Boyer, directeur artistique de la Quinzaine des Réalisateurs, lors de la conférence de presse de la présentation de sa sélection, mardi dernier.

Cette hérésie cinéphilique (comment peut-on mépriser un genre de cinéma ?) a trouvé sa réponse : le Festival de Cannes a décidé d'honorer Bollywood en sélection officielle, hors-compétition.

Bollywood, The greatest love story ever told (Bollywood, la plus belle histoire
d’amour jamais contée)
, film produit par Shekhar Kapur (Elizabeth, membre du jury l'an dernier) sera projeté en exclusivité sur la Croisette. Car Bollywood, c'est plus qu'un style, c'est une influence sur tout le cinéma d'Asie du Sud-Est, c'est aussi l'une des grandes industries du 7e art, ce sont des stars qui aujourd'hui apparaissent dans les films hollywoodiens. On se souvent de la projection de Devdas (photo) en 2001 ou encore de l'hommage à Raj Kapoor en 2002 ou même de la sublime présence d'Aishwarya Rai au jury en 2003.

"A l’origine, une discussion avec Shekhar Kapur, membre du Jury de Cannes en 2010 : pourquoi ne pas réaliser un film réunissant les moments les plus beaux, les plus forts, les plus dansants de l’histoire du cinéma musical indien ?" Shekhar Kapoor et les réalisateurs Rakeysh Omprakash Mehra et Jeff Zimbalist rendent ainsi hommage à ce cinéma si spécifique. "Qu’on l’adore ou qu’on le déteste, écrit Shekhar Kapoor dans le communiqué reçu aujourd'hui, qu’on l’identifie à quelque chose d’arrière-garde ou de définitivement moderne, on ne peut s’en passer. Mais avec lui, on se sent plus vivant que jamais. On dit chez nous que c’est la seule culture capable de rassembler tous les indiens. Depuis plusieurs décennies, c’est une fièvre qui a terrassé toutes les générations. C’est Bollywood !"

Cela durera 81 mn qu'on espère colorées, dansantes, enchanteresses.

Vesoul 2011 : Girish Kasaravalli face au public

Posté par kristofy, le 11 février 2011

garasavalliGirish Kasaravalli est un réalisateur indien qui est connu des festivaliers de Vesoul car son précédent film Gulabi Talkies avait été primé ici en 2009. Il compte déjà plus d’une dizaine de longs-métrages, et c’est son dernier film qui est montré en avant-première au FICA, dans le cadre de la compétition.

Riding with dreams est à l’opposé du folklore de Bollywood, puisqu' il évoque plutôt une région de l’Inde et le système des castes de population et nous fait vivre la mort avec deux points de vue différents sur un même évènement. Il commence d’ailleurs avec dans le générique une citation de Jean-Luc Godard : "une histoire doit avoir un début, un milieu et une fin ; mais pas nécessairement dans cet ordre".

Irya le fossoyeur du village a en rêve une vison de la divinité Siddha, ce qui est le signe d’un décès pour lequel il lui faut creuser une tombe qui lui rapportera un peu d’argent ; tandis que les proches du respectable Gowda dissimulent sa mort le temps de conclure une vente de terres à une usine. Le serviteur et la famille riche sont pris au piège de leur mensonge et risquent de devoir affronter l’opprobre de la communauté tandis que le pauvre Irya et sa femme vont douter de leur foi…

Suite à la projection, le public a eu l’occasion d’interroger le réalisateur Girish Kasaravalli. Voici un extrait de la discussion en attendant une possible sortie en salles de Riding with dreams.

- Quel est le point de départ du film ?

- Girish Kasaravalli : C’est une histoire tirée d’une nouvelle d’un jeune auteur, j’ai toujours voulu faire un film sur ce thème : la place des mythes dans notre vie contemporaine. L’Inde a subit la colonisation britannique pendant deux siècles, Anglais qui ont fait en sorte que nos mythes et traditions disparaissent progressivement.  Mais le fait est qu'aujourd’hui, au nom du progrès, l’Inde agit un peu de la même manière envers les populations tribales marginalisées. Les Britanniques plaçaient leurs traditions au-dessus des nôtres, avec une hiérarchie qui les rendait inférieures. Malheureusement, cette hiérarchisation continue aujourd’hui pour les rites de certaines régions.

- Que représente la figure de Siddha ?

- GK : La religion hindoue est immense et compte plusieurs courants, par rapport à un mort on pratique soit une crémation soit ailleurs un enterrement, comme c’est le cas ici dans la région du nord du Karnataka. Dans cet endroit particulièrement aride avec des sécheresses, il y a la croyance en Siddha. Ce n’est pas un dieu mais plutôt comme un saint pour faire un parallèle avec un contexte chrétien. Pour simplifier, l’hindouisme compte trois dieux qui sont Brahma, Vishnu et Shiva, et ceux qui ont foi en Shiva croient en Siddha qui est lié à l’idée de destruction avant une renaissance.

- La déconstruction du récit interpelle…

- GK : Le nouvelle originale commence avec un petit flash-back, où le personnage se demande si son rêve ne se réalisait pas. J’ai choisi d’aller beaucoup plus loin avec quelques allers-retours dans la chronologie du récit, c’est plus intéressant ainsi. C’est aussi en relation avec une tradition orale que l’on a de raconter une histoire qui compte plusieurs narrations.

Crédits photos : Michel Mollaret

Le Narcisse Noir (reprise) : des femmes et des Dieux

Posté par Claire Fayau, le 13 décembre 2010

L'histoire : Une congrégation de religieuses britanniques est chargée de se rendre dans un ancien harem situé sur les contreforts de l’Himalaya, pour y établir un dispensaire. Autour du palais, le vent souffle continuellement et la nature propage une poignante beauté. Les sœurs sont aidées dans leurs tâches par Dean, un agent anglais installé dans la région depuis longtemps. Rapidement, la sœur supérieure Clodagh s’offusque de la conduite grossière et dissolue de ce dernier. Au sein de la communauté, les tensions s’exacerbent et les nonnes traversent des épreuves pesantes, aussi bien pour le corps que pour l’esprit…

Reprise : Le Narcisse noir ressort en salles le 15 décembre 2010. Sorti en  1947 , le film de Michael Powell et Emeric Pressburger  précède de quelques années leur autre chef-d'oeuvre, Les Chaussons Rouges.

"Qu'est ce que çà mange , un nonne ?". Réponse du général indien à la question posée plus haut - "Des saucisses", les  nonnes vont manger des saucisses car "les Européens en raffolent". Ici l'humour se mélange à l'exotisme. Et le charme des sœurs (Deborah Kerr en tête, mais aussi Flora Robson et Jean Simmons) contribue à nous séduire.

Au-delà, il s'agit d'une œuvre profonde, presque spectrale par certains aspects et intense. Le personnage torturé de Kerr permet tout un éventail d'émotion, de la peur au doute.  Entre crise de foi et actes de résistance, ces femmes amènent aussi une suavité salutaire dans un monde violent, à la fois effrayant, horrible et juste adouci par les magnifiques décors. Même si l'Himalaya a été entièrement reconstitué en studio.

Le film reçu d'ailleurs deux Oscars : la meilleure direction artistique (qui comprenait alors les décors) et la meilleure image. Le technicolor a exigé des prouesses techniques pour le directeur de la photographie, Jack Cardiff, qui s'est inspiré des peintures de Vermeer. Les arrières plans, des photographies en noir et blanc, ont été ainsi repeintes avec des couleurs pastels, qui donnent à l'ensemble une allure kitsch. De même il fallait prévoir des centaines de bougies pour éclairer correctement certaines séquences.

Deborah Kerr fut aussi citée comme meilleure actrice par les Critiques de New York.

Locarno 2011 : portes ouvertes à l’Inde

Posté par Claire Fayau, le 25 novembre 2010

Le prochain Festival de Locarno (3-13 aout 2011) s'ouvrira à la cinéphilie indienne.

La patrie de Gandhi sera à l'honneur et pas seulement Bollywood. L'Inde est le plus gros pays producteur de films au monde, mais une infime partie arrive en Europe (sauf chez les vendeurs DVD des quartiers communautaires).

Qu'en est-il des petits films en dehors de Bollywood ? Le laboratoire de co-production Open Doors du Festival del film Locarno se penchera sur la question. Olivier Père, Directeur artistique du Festival, et Nadia Dresti, Responsable de l'Industry Office de Locarno, ont annoncé la nouvelle au cours d'une conférence de presse organisée dans le cadre de la 41ème édition de l'International Film Festival of India (à Goa).

Open Doors travaille avec le Film Bazaar India / Screenwriters' Lab du Festival de Goa. En deux ans, 12 scénaristes indiens ont ainsi participé aux deux dernières éditions du Festival de Locarno. Une belle façon de promouvoir  le Cinéma  indien  et ses multiples facettes ... Un appel est donc lancé aux projets en provenance d'Inde (inscription sur le site internet du Festival).

Les candidats retenus (une douzaine au total) seront invités à participer au laboratoire de co-production qui aura lieu pendant la 64ème édition du Festival.

Notons que Chakra, de Rabinda Dharmaraj en 1981, est le seul film indien à avoir reçu le Léopard d'or depuis la création du festival en 1946.

Guimet explore les mondes de Satyajit Ray

Posté par MpM, le 27 août 2010

été indienPour sa 7e édition, l’Eté indien de l’auditorium Guimet explore les mondes de Satyajit Ray, cinéaste aux nombreux talents (conteur, dessinateur, musicien…) qui laisse derrière lui une œuvre foisonnante et variée où se mêlent documentaires, adaptations littéraires, fresques musicales et films néo-réalistes.

Ce sont en tout 21 films, dont 7 inédits, qui composent cette large rétrospective permettant aussi bien de revoir les chefs d’oeuvres mondialement connus du Maître (la trilogie d’Apu) que ses longs métrages plus confidentiels (Enfermé dans ses limites, Bala, L’oeil intérieur…), ses oeuvres les plus lumineuses (Goopy et Bagha) comme les plus sombres (L’intermédiaire).

Martine Armand, qui a été l’assistante de Satyajit Ray, et à qui l’on doit cette programmation, donnera en outre un coup d’éclairage  sur les facettes les moins connues du réalisateur au cours de la conférence inaugurale du 10 septembre.

____________________________
Eté Indien 2010 : les mondes de Satyajit Ray
Auditorium Guimet
du 8 septembre au 29 octobre 2010
Séances à 12h15 les lundis, mercredis ou vendredis selon les semaines
Programme complet et informations sur le site de l’Auditorium Guimet

« La fabuleuse histoire de Bollywood »: un spectacle qui mène au nirvana…

Posté par Claire Fayau, le 11 mai 2010

la fabuleuse histoire de bollywood."Lève toi , Bollywood,  lève toi !"

"La fabuleuse histoire de Bollywood", au Palais des sports, c'est un grand spectacle qui raconte l'histoire de la famille Merchant.

Ayesha Merchant est une chorégraphe renommée à Bollywood. Son grand-père était aussi un chorégraphe en plus d'être un metteur en scène réputé de films classiques dans les années 50, 60 et 70 . Mais pour lui, le cinéma à l'heure actuelle n'est pas pour les jeunes filles respectables.. .Il veut qu'elle reste  avec  lui  pour pratiquer la danse de dévotion aux dieux et respecter la tradition... Ayesha s'enfuit pour réaliser son rêve.

Ce choc des générations est le prétexte d'un voyage  à travers l'Inde et Bollywood, une industrie du rêve. Des danses, musiques et décors superbes, relevés par des costumes traditionnels ou modernes multicolores, une histoire de famille et de tradition, une histoire d'amour, de respect . Un vrai film bollywoodien ! Avec de l'humour (le résumé d'un scénario bollywoodien, la remise des prix , etc.) et des séquences à couper le souffle qui n'empêchent pas d'apprendre quelques informations sur  l'histoire de Bollywood .

Les experts reconnaitront certains numéros, des reprises de comédies musicales bollywoodiennes  (Devdas avec la danse des bougies; et surtout  "Say shava , shava "de la Famille  Indienne , et tant d'autres d'allusions directes ou indirectes (notamment au film de Danny  Boyle, Slumdog Millionaire, mais aussi  à Titanic de James Cameron).  On pense même à West side story . Et on découvre que le disco  et les danses traditionnelles font bon ménage, ainsi que les percussions et la techno... Ambiance du tonnerre à la fin du spectacle ( un conseil:  réviser vos pas , on ne sait jamais, si un beau danseur  vous invitait).

En attendant  la  sortie dans les salles françaises de  My Name  is  Khan, avec Sharukh  Khan et Kajol.

De la Chine au Pakistan, Guimet prend la route de la Soie

Posté par MpM, le 9 février 2010

Guimet - The worldAvec son nouveau cycle intitulé "Gandhâra vu de Chine", l'auditorium du Musée Guimet nous invite à un étonnant voyage depuis les frontières de la Chine jusqu'au Pakistan, le long de la route de la soie.

Avec d'un côté une rétrospective de l'oeuvre du réalisateur Jia Zhang-ke, chef de file de la 6e génération de cinéastes chinois, et de l'autre une exploration d'une région du monde (le "Gandhâra", royaume ancien qui était situé sur l'Afghanistan et le nord-ouest du Pakistan actuels) célèbre pour son style d'art bouddhique et parsemée de sites archéologiques. Une sorte de grand écart géographique, temporel et bien sûr cinématographique particulièrement représentatif des mille facettes de l'Asie.

L'hommage à Jia Zhang-ke permettra ainsi aux spectateurs de (re)découvrir son cinéma urbain et souvent clandestin au travers de ses longs métrages les plus connus (Plaisirs inconnus, The world, Still life) comme de ses documentaires plus ou moins expérimentaux (In public, Dong, Useless...). Des films au fils desquels se dessine un portrait sans concession de la Chine actuelle : industrialisation qui laisse les plus faibles sur le carreau, perte de repères, inégalités...

Le ton éminemment critique du cinéaste, ainsi que son désir de ne rien cacher des difficultés du pays, ont fait maintes fois grincer les dents de pékin. Malgré tout, aujourd'hui, il est l'un des réalisateurs chinois les plus connus à travers le monde, multi-primé (Léopard d'or pour Xiao Wu à Locarno, Lion d'or pour Still life à Venise, Montgolfière d'or pour Platform à Nantes, Grand prix  du Jury à Vesoul pour The World...) et sélectionné dans tous les grands festivals européens.

Dans un genre très différent, ce sont une quinzaine de documentaires et une fiction qui apportent un éclairage tour à tour historique, culturel et géographique sur le Gandhâra Citadelle des sables: voyage dans les pas d'une expédition archéologique tentant de localiser la ville mythique de Mogao, exploration du berceau de la civilisation chinoise du Moyen-Age (Loulan, "ville du diable"), recherches sur l'une des plus mystérieuses civilisations disparues, celle de l'Indus... la ligne directrice est très clairement pédagogique. D'ailleurs, une série de conférences accompagne le cycle.

Toutefois, cela n'empêche pas l'art de reprendre ses droits avec le très joli film de fiction signé Sabiha Sumar, Eau dormante (Léopard d'or à Locarno) qui traite du traumatisme laissé par le séparation de l'Inde et du Pakistan, ainsi qu'avec les différents spectacles mêlant musiques et danses traditionnelles.

Comme toujours avec l'auditorium du musée Guimet, le dépaysement est garanti, tout comme le plaisir et l'intelligence !

_______________________

Du 10 février au 23 juin 2010
Séances à 12h15 les lundis, mercredis ou vendredis selon les semaines
Programme complet et informations sur le site de l’Auditorium Guimet

Vesoul 2010 : 3 questions au réalisateur indien Satish Manwar

Posté par kristofy, le 30 janvier 2010

Satish ManwarMême s'il ne figure pas dans la sélection "L'homme et la nature", The damned Rain (présenté en compétition) montre avec acuité comment l’homme dépend de la nature pour subvenir à ses besoins. Le réalisateur indien Satish Manwar s’intéresse en effet aux milliers d’agriculteurs qui se suicident chaque année. Dès le début du film, un fermier est
retrouvé pendu à un arbre, une femme va alors inquiéter pour son mari et faire en sorte qu’il soit toujours accompagné de sa mère ou de son fils pour éviter qu’il soit un moment seul.

Quelques situations cocasses vont laisser place aux difficultés de cultiver la terre : il faut labourer, semer, traiter, récolter, vendre, transporter… et surtout s’endetter. De plus, tout dépend de la pluie dans une région où il ne pleut quasiment jamais ou alors beaucoup trop et ça inonde tout. Au fur et à mesure du film, on mesure la somme d’efforts dépensée pour peut-être pas grand-chose en bénéfice...

Trois questions au réalisateur Satish Manwar à l’issue de la projection.

EN : Racontez-nous l’élaboration de ce film ?

SR : Il a fallu cinq ans pour faire ce film entre l’écriture et le tournage. Je suis originaire de ce milieu rural que l’on voit ici, je voulais raconter des histoires vraies et tourner en décors réels. Il y a des acteurs mais aussi beaucoup de vrais villageois. On était tous émus par la situation de ces gens. Lorsque les paysans ont vu le film, il y a eu une
décharge émotionnelle énorme.

EN : Pourquoi autant de paysans sont confrontés à de telles extrémités ?

SR : Il y a plusieurs causes mais la principale est que le prix d’achat des récoltes n’est pas assez élevé, il couvre à peine les dépenses. Mais je crois que ça ne concerne pas seulement ces gens de l’Inde.

EN : Quelles sont les mesures pour aider ces paysans ?

SR : Ce que l’on voit dans le film existe en réalité. Lorsqu’il y a un suicide, le gouvernement selon certains cas indemnise la famille en lui donnant une somme d’argent, surtout quand il s’agit de la disparition d’un homme qui travaillait pour subvenir aux besoins de toute sa famille. Il y a quelque temps le gouvernement a aussi débloqué une énorme somme pour venir en aide aux agriculteurs, mais cette somme a été donnée aux banques pour les inciter à accorder plus de prêts. Ce qui ne change en fait absolument rien puisque ces paysans sont déjà beaucoup trop endettés.

Crédit photo : Christophe Maulavé