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Quinzaine 50 : horreur, hauts espoirs

Posté par MpM, le 13 mai 2018

Héritière directe de ceux qui voulaient affranchir le cinéma de ses chaînes en 1968, la Quinzaine célèbre cette année sa 50e édition. L'occasion d'une promenade à son image - en toute liberté, et forcément subjective - dans une histoire chargée de découvertes, d'audaces, d’enthousiasmes, de coups de maîtres et de films devenus incontournables.

En partenariat avec Critique-Film. Retrouvez tout le dossier ici.

Dans l’inconscient général, et malgré l’évidence de cette réalité - si l’on se base du strict point de vue de la sonorité - « Quinzaine des réalisateurs » ne rime pas forcément avec « Cinéma d’horreur ». Pourtant, si l’on survole rapidement l’interminable liste de films ayant été projetés à la Quinzaine depuis sa première édition en 1970, deux films incontournables nous sautent immédiatement aux yeux : Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (1975) et Le projet Blair Witch de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez (1999).

Ces deux films importants dans l’Histoire du cinéma horrifique nous ont poussé à entamer un retour chronologique sur presque quarante ans de films d’horreur présentés à la Quinzaine, mais la première constatation est sans appel : la grande majorité des films y ayant été présentés durant les vingt premières années d’existence du Festival sont malheureusement aujourd’hui complètement invisibles.

Minorité invisible (1970-1983)

Pourtant, dès 1970, le cinéma fantastique ou horrifique fait son apparition à la Quinzaine, avec tout d'abord le film Palaver d'Emile Degelin (Belgique), film fantastique flamand ayant pour sujet le racisme, quasiment entièrement tourné en swahili et ayant eu la particularité d'avoir été cadré par un Paul Verhoeven qui n'avait pas encore entamé sa carrière de cinéaste. Mais l'horreur à proprement parler arriverait surtout par le biais de L'araignée d'eau de Jean-Daniel Verhaeghe (France).

1970 – L'araignée d'eau (Jean-Daniel Verhaeghe, France)

Si on ne trouve aujourd’hui de trace sur le Net que de sa sublime affiche et de quelques extraits sur YouTube, le film de Verhaeghe a clairement fait forte impression aux cinéphiles ayant eu la chance de le découvrir, en salles ou en VHS. Se suivant comme un véritable rêve éveillé, toujours sur le fil entre fantasme et réalité, L'araignée d'eau emmène le spectateur le long des dérives mentales d'un écrivain suite à la découverte d'une araignée d'eau capable de matérialiser ses désirs les plus fous. Si le film évoque volontiers l'univers littéraire de Claude Seignolle, il est en réalité adapté d'une nouvelle d'un autre écrivain : le français Marcel Béalu.

Grand film aux accents surréalistes et poétiques, L'araignée d'eau s'offre quelques séquences qui apparaîtront aujourd'hui comme extrêmement en avance sur leur temps, le clou du spectacle et du film s'avérant bien sûr la métamorphose de l'insecte en femme... Réalité ou simple projection de l'esprit de la part du héros ? Le tout s'accompagne de très belles séquences troublantes à base de papillons et de chats, et nous proposera de plus un final assez dingue et inattendu. On espère qu’un éditeur vidéo avisé aura la bonne idée de le sortir un jour de l’oubli !

En 1971, on note la présence dans la sélection d’un film de science-fiction, le très intéressant THX 1138 (George Lucas, États-Unis), mais c’est surtout le français Joël Séria, futur réalisateur des Galettes de Pont-Aven, qui créera l’événement dans le domaine de l'horreur avec son premier film…

1971 – Mais ne nous délivrez pas du mal (Joël Séria, France)

Unique film fantastique de la carrière de Joël Séria, Mais ne nous délivrez pas du mal est une critique explicite de la société française de son époque, et plus particulièrement de la petite bourgeoisie aux mentalités (et aux vies) étriquées ; il fait également figure de véritable pamphlet anticlérical. Le film suit deux jeunes filles de bonne famille, que tout prédestine à une existence sans le moindre problème, mais qui s'avèrent bien décidées à consacrer leur vie à Satan, ainsi qu'au mal sous toutes ses formes. L'ennui du quotidien et le désœuvrement sont probablement à l'origine de cette vocation, de même que l’incommunicabilité entre les générations et un manque de figure paternelle et/ou d'autorité à une époque où, semble dire Séria, les parents sont absents, et les hommes sont « castrés » par leurs femmes ou par les institutions religieuses dans ces petits villages de la France profonde.

Pour autant, Joël Séria ne juge pas ses personnages, faisant même des deux criminelles en herbe deux anti-héroïnes attachantes dans leur refus forcené des conventions et leur quête de liberté, même si cette dernière semble s'épanouir de façon tordue. Exaltées, passionnées par leur rejet en bloc de la société, les  deux jeunes filles semblent toujours fuir en avant, aller droit dans le mur tout en en étant parfaitement conscientes. Inspiré par un fait divers sordide datant de 1954 (l’Affaire Parker-Hulme, qui inspirera également  Peter Jackson pour son Créatures célestes), Joël Séria dessine deux jolis portraits de femmes en devenir, et donne un premier rôle en or à sa complice Jeanne Goupil, qui deviendra son actrice fétiche durant toutes les années 70.

Mais au-delà du portrait très juste de ces deux adolescentes, Mais ne nous délivrez pas du mal s'avère aussi et surtout un film fantastique de première bourre, tirant son étrangeté de son extraordinaire réussite formelle. Visuellement, le film va chercher ses influences du côté des grands films gothiques de la Hammer des années 50/60, mais le tout est adapté à la France : châteaux et demeures bourgeoises aussi grandioses qu'abandonnés, paysages bucoliques au cœur desquels va surgir l'horreur, condamnation sévère (et très emprunte de provocation !) des autorités religieuses... La musique du film, signée Claude Germain et Dominique Ney, est également très réussie, surtout son petit thème entêtant chanté par une voix de femme, digne d'un giallo italien de la même époque.

Mais ne nous délivrez pas du mal fut d'abord totalement interdit par la Commission de censure pour « perversité et sadisme et les formes de destruction morale et mentale qui y sont contenus », puis, grâce à la sélection du film à la Quinzaine des réalisateurs, obtint après quelques coupes une « simple » interdiction aux moins de 18 ans.

En 1972, la sélection de la Quinzaine nous proposera à nouveau un film de science-fiction et un film d'horreur ; comme ça, pas de jaloux. Côté SF, c'est le téléfilm The people de John Korty (États-Unis) qui sera mis sous le feu des projecteurs : produit par Francis Ford Coppola et proposant au casting le sympathique William Shatner, le film met en scène un groupe d'extra-terrestres vivant en communauté et pacifiquement aux côtés des humains dans un petit village américain. Et côté horreur, les curieux auront été confrontés aux visions infernales de Shura (également connu sous le titre Pandemonium) de Toshio Matsumoto, qui proposait un mélange de chanbara et de dérive mentale sanglante, entre cauchemar et réalité.

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2017 dans le rétro : le cinéma de genre en quête de plus de visibilité

Posté par kristofy, le 22 décembre 2017

C’était quoi le cinéma de genre en 2017 ?

On avait déjà fait la remarque : où sont les films français avec des serial-killers masqués, des poursuites de voitures, des bagarres de kung-fu, des zombies affamés, des aliens envahisseurs...  Où sont les films de genre français ? Ils n’arrivent plus à être produits, et quand c’est le cas, ils ne parviennent pas à être distribués correctement dans les salles de cinéma. Ce genre de films, ça marche quand c’est américain… Cette vision de films américains ultra-rentables versus films français mal-aimés est toujours malheureusement d’actualité. Toutefois, 2017 marque un glissement vers une nouvelle reconnaissance du cinéma de genre.

Cette année le Genre a trouvé 2 fois un nouveau point G avec les films Grave et Get out qui ont réussi à surprendre, interpeller, choquer, et même faire l’actualité dans des médias généralistes autres que cinéma.

Ici le personnage principal est féminin pour Grave et il est noir dans Get out, soit une mise en avant de protagonistes qui étaient plutôt auparavant des victimes dans les films d’horreur… Le cinéma de genre est guidé par des codes à respecter, à détourner, à re-interpréter. C’est l’autre point commun entre ces deux films. "Le fantastique ou le paranormal contaminent peu à peu l'intrigue sans l'absorber tout à fait" comme on l'écrivait dans notre critique de Grave. Dans ces deux films, les codes du genre sont infusés dans du drame avec un peu d’humour et différents niveaux de lecture. Ici, une mise en perspectives de questionnements plus large à propos du racisme avec Get out et du déterminisme avec Grave. De plus, autant pour Jordan Peele que pour Julia Ducournau, il s’agit de leur premier long-métrage derrière la caméra, et leurs films ont fait le tour du monde avec succès : bravo !

Pour ce qui est des films américains ultra-rentables, les multiplexes ont bien profité des ventes de pop-corn grâce aux cartes illimitées avec ces différentes suites (inutiles ?): Resident Evil: Chapitre Final de Paul W.S. Anderson, Le Cercle: Rings de F. Javier Gutiérrez, Underworld: Blood Wars de Anna Foerster, Annabelle 2: la Création du Mal de David F. Sandberg, Jigsaw de Michael Spierig… Dans la même lignée de ‘faire du neuf avec du vieux’ il a fallu subir deux ratages Alien: Covenant de Ridley Scott et La Momie avec Tom Cruise (deux déceptions au box-office), et essayer de se réjouir de Ça de Andy Muschietti, énorme carton pour une vraie déception cinématographique, et de Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve, qui aura davantage séduit pour son formalisme que pour son ambition.

blade runner

On remarquera que les films de type space-opéra conçu pour sortir sur tout les écrans de tout les pays de toutes planètes ont connu diverses aventures : Les Gardiens de la Galaxie 2 de James Gunn est moins bon que le premier, mais un numéro 3 est de toute façon prévu; Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson avait l’ambition de démarrer une trilogie, mais son relatif échec ne devrait pas initier une suite; et enfin le 8ème Star Wars: Les Derniers Jedi (mais 9ème film de la saga après Rogue One) ne va pas dépasser les records de recettes du Réveil de la Force, mais cela n'a aucune importance puisque désormais Disney programme un nouveau Star Wars pour chaque année jusqu’à la fin du monde.

Le cinéma de genre s’est renouvelé durant cette année 2017 avec des films comme l'enthousiasmant Split de M. Night Shyamalan (qui signe son grand retour), The Jane Doe identity de André Øvredal, It comes at night de Trey Edward Shults, et (en étant indulgent) Happy Birthdead de Christopher Landon pour les Etats-Unis. Ailleurs : en Angleterre The Last Girl-Celle qui a tous les dons de Colm McCarthy, en Australie Love Hunters de Ben Young, en Italie On l’appelle Jeeg Robot de Gabriele Mainetti, en Corée du Sud Tunnel de Kim Seong-hun, en France quasi-rien à part Le Serpent aux mille coupures de Eric Valette.

2017 c’est aussi un certain glissement vers une nouvelle reconnaissance du cinéma de genre : certains de ces films dépasse ‘leur public’ pour aussi avoir un plus large succès auprès du ‘grand public’. Il suffit de regarder par exemple certaines des récompenses les plus prestigieuses. Quel film a gagné le Lion d’Or au Festival de Venise ? C’est le film de monstre The Shape of water de Guillermo Del Toro ! C’est le grand favori des prochains Golden Globes avec 7 nominations aux, d’autres sont à venir pour les Oscars (sortie en France en février 2018). Un Oscar pour Del Toro n'est d'ailleurs pas impossible. Une consécration pour le maître mexicain. Quel premier film cumule le plus de récompenses ? C’est Get Out pour les cercles de critiques de Boston, Chicago, Detroit, New-York, Toronto, le National Board of Review, et bientôt aussi les Golden Globes… Il pourrait être l'un des premiers films d'horreur nommé à l'Oscar du meilleur film, en plus d'avoir été un carton en salles. De même en France, quel premier film a été le plus remarqué ? C’est Grave qui vient de recevoir le Prix Louis-Delluc du meilleur premier film après un Prix FIPRESCI à Cannes et avant quelques nominations aux Césars…

Ces différents succès n’occulte pas que le cinéma de genre est bel et bien toujours peu et mal distribué dans nos salles de cinéma, sans compter une certaine frilosité quand des œuvres ont une interdiction aux moins de 16 ans. C’est en Asie qu’il y a eu le plus de films de genre réjouissants, mais malheureusement aucune distribution chez nous : par exemple Blade of the immortal de Takashi Miike (pourtant au Festival de Cannes), Call of Heroes de Benny Chan, Opération Mékong de Dante Lam, Headshot des The Mo Brothers, The Prison de Hyun Na, Vanishing Time: a boy who returned de Um Tae-hwa,… D’ailleurs comment s’étonner de cette non-visibilité asiatique quand ces très bons films que sont El Bar (Pris au piège) de Alex de la Iglesia ou Golem le tueur de Londres avec la crème des acteurs british arrivent directement en dvd/vàd sans avoir une sortie en salles ? C’est d’ailleurs la même chose pour le film américain Leatherface des français Julien Maury et Alexandre Bustillo, pourtant à priori film-porteur puisque c’est la jeunesse du tueur de Massacre à la Tronçonneuse. Sortie directement pour le petit écran. Pour continuer sur une note triste, 2017 a d’ailleurs vu les décès des figures cultes du genre que sont Tobe Hopper et George A. Romero.

La bonne nouvelle pour 2018 c’est que les 2 patrons français du cinéma de genre (obligés par la conjoncture de travailler à l’étranger…) sont de retour : Pascal Laugier avec Ghostland le 14 mars (avec Mylène Farmer!) et Xavier Gens avec  Cold skin (et aussi The Crucifixion). On va suivre aussi la révélation des nouveaux talents avec les films Hostile de Mathieu Turi et Revenge de Coralie Fargeat.

Cadeau de Noël : un des meilleurs films de genre de cette année 2017 qui n'aura malheureusement pas été visible en France est Better watch out (nouveau titre de Safe Neighborhood, et qui en fait sortira en directement en dvd chez nous le 30 décembre sous le titre Watch out) de Chris Peckover :

Edito: La théorie du genre

Posté par redaction, le 8 décembre 2016

Alors que le Paris International Fantastic Film Festival occupe le Max Linder Panorama, l'une des plus belles salles de Paris, depuis mardi, le cinéma de genre continue de traverser une longue crise en France. Les films fantastiques, avec des zombies, des vampires, d'horreur etc... ne manquent pas dans la production mondiale. Régulièrement les productions hollywoodiennes arrivent dans les salles. Ceux là parviennent à dépasser les 300000 entrées (voir atteindre les 700000 spectateurs comme American Nightmare 3 ou 1,5 million de spectateurs comme Conjuring 2).

Pour les autres, c'est plus compliqué. Malgré leur excellente réputation et leur carton dans leur pays, les films coréens, espagnols ou japonais ont du mal à s'exporter et, au mieux, séduisent entre 100000 et 300000 curieux. Et ne parlons pas du cinéma français qui prend des pincettes à produire des films de ce genre et qui quittent rapidement l'affiche une fois sorti. Pas étonnant que la plupart des cinéastes friands de ce style s'exilent en Californie, lassés de devoir trouver des financements, de ne pas trouver leur public. Quand ils ont été distribués.

Car il y a de nombreux films vus dans les Festivals qui ne sortent pas en salles. Comme le souligne la réalisatrice Alice Lowe (Prevenge, un Rosemary's Baby coulant sous l'hémoglobine) dans un entretien à Ecran Noir: "Ça serait dommage que le film soit découvert sur Netflix et en vidéo à la demande, je sais que c’est une possibilité mais je veux qu’il soit vu dans une salle de cinéma. En tant que cinéaste la salle de cinéma c’est le but, on se souvient toujours de certaines expériences ou émotions ou rires lors dune projection dans une salle avec du public."

Un genre qui a mauvais genre

Malheureusement, nombreux sont les films vus aux festivals de Bruxelles, Montréal, Gérardmer ou même dans les séances spéciales de grands festivals internationaux qui ne trouvent pas le chemin des salles. Une fois de plus, les festivals deviennent alors un refuge pour films réclamant l'asile d'un multiplexe. Il va être intéressant de voir comment le film de Julia Ducournau, Grave, sera reçu le 15 mars. Auréolé d'un vrai gros buzz depuis la Semaine de la critique à Cannes, ce film d'épouvante est évidemment éprouvant (à Toronto, certains spectateurs sont sortis de la salle) sera un nouveau test pour le cinéma français, devenu plutôt avare en cinéma fantastique ou d'horreur.

Au PIFFF, sept des 16 longs métrages (compétition et hors compétition) n'ont pas de distributeurs français. Qu'on aime ou pas ce genre de films, il s'agit quand même d'une diversité qu'il faudrait mieux défendre, mieux préserver. Il a peut être mauvais genre mais, comme souvent, dans le fond, ce cinéma utilise des codes cinématographiques particuliers pour parler de la société ou de l'Homme de manière allégorique ou subversive. Ce n'est que du cinéma. Justement, c'est du cinéma. Il n'y a pas de raison qu'il soit un passager clandestin dans les salles ou un apatride squattant les ordinateurs, souvent en téléchargement illégal, ou la vidéo à la demande.

Lorant Deutsch chez Joe Dante, ce n’est pas un poisson d’avril

Posté par vincy, le 1 avril 2016

Ni information parodique, ni poisson d'avril. On aurait juste adoré saluer le retour de Joe Dante sur les plateaux de cinéma, après plusieurs années passées à tourner pour la télévision. Depuis The Hole en 2009, le cinéaste des Gremlins n'a filmé que Burying the Ex, avec Anton Yelchin, présenté à Venise en 2014 et inédit en France.

Et voilà que Variety, en nous apprenant que ce cinéaste culte, pour son nouveau film, Labirintus, enrôle Mark Webber (Scott Pilgrim, Green Room), Rachel Hurd-Wood (Le Parfum, Solomon Kane) et Lorant Deutsch. Point de sarcasmes, s'il vous plait. Juste une surprise de voir le comédien-écrivain-apprenti historien français dans un film de genre signé d'un cinéaste culte anglo-saxon.

Labirintus est l'histoire d'un enquêteur spécialisé dans les phénomènes paranormaux, d'une psychiatre et d'un ingénieur, qui sera incarné par l'acteur français, rejoignant des forces militaires explorant une base souterraine soviétique abandonnée. Evidemment, rien ne se passe comme prévu puisque des forces surnaturelles s'empareront de leurs psyché... Ils doivent alors surmonter leurs peurs et leurs fantasmes et détruire le coeur de ce labyrinthe.

Le scénario est écrit par Alan Campbell. Produit par la société française Metaluna Prods. aux côtés de Mukerjee-Brown Prods., Elizabeth Stanley Pictures et Forecast Pictures, en association avec Goldcrest, le film d'épouvante doit se tourner en Hongrie ce trimestre.

Deauville 2015 : Eli Roth, honneur à l’horreur

Posté par kristofy, le 6 septembre 2015

Le réalisateur/acteur Eli Roth est venu à Deauville pour accompagner un programme "grindhouse" composé de ses deux derniers films : une première de The Green Inferno avec son actrice Lorenza Izzo; et la grande première de son dernier film Knock Knock, toujours avec Izzo mais aussi Colleen Camp et Keanu Reeves.

Il a expliqué (dans un français presque parfait) qu'avec The Green Inferno, il avait fait son Apocalypse Now, comprendre un tournage dans des conditions difficiles: plusieurs heures de transport en véhicules et bateau chaque jour pour tourner dans un endroit vierge de cinéma en Amazonie, et le thème des cannibales qui a fait peur à différents distributeurs de films. Il sera enfin visible en e-cinema sur différentes plateformes web le 16 octobre. Pour son film suivant Knock Knock, la logistique était à l’opposé : un seul lieu de tournage, en studio, avec de l’air climatisé et à peine une goutte de sang pour un thriller psychologique. La sortie en salles est prévue ce 23 septembre.

Retour sur l’itinéraire d’un enfant doué tellement biberonné de films fantastiques qu’il a contribué à en redéfinir les genres:

Cabin fever : premier film devenu culte et symbole d’un certain renouveau du film fantastique américain. L’idée vient d’un problème de peau qu’avait connu Eli Roth. Ici, c’est une bactérie qui s’attaque à la chair d’une bande de jeunes en vacances dans une forêt… L’image qui reste : des lambeaux de peau qui se détachent, et l’eau infectée qui va contaminer une ville.

Hostel : seconde réalisation et nouveau choc. L’idée est venue d’internet où on pourrait ‘acheter’ quelqu'un pour tuer un être humain. Dans le film, un trio de touristes américains en vadrouille en Europe est attiré par quelques jolies filles et vont se retrouver prisonniers d’un centre torture… L’image qui reste : diverses mutilations, comme un œil arraché. Le sous-texte politique : les Américains sont ceux qui sont le plus détestés au monde, en rapport avec la guerre en Irak.

Hostel chapitre 2 : après l’immense succès du précédent, Eli Roth fait mieux qu’une suite : après les victimes torturées, voici l’histoire du côté des bourreaux qui paient pour torturer…. L’image qui reste : des tortures encore plus sadiques, la présence d’un cannibale (déjà). Le sous-texte politique : les Américains sont des sauvages qui aiment pratiquer la torture, en rapport avec le scandale de Abou Ghraib en Irak.

Aftershock : après avoir fait l’acteur chez son pote Quentin Tarantino (Boulevard de la mort et Inglourious Basterds), Eli Roth change de latitude et sympathise avec la jeune garde de cinéastes du Chili Nicolás López et Guillermo Amoedo. Il va désormais écrire et produire des films avec eux et trouve sa muse avec l'actrice Lorenza Izzo. Avec Aftertshock, il ne sera qu'acteur et scénariste. Comme dans le début de Hostel , il s'agit encore de mecs en vacances, qui draguent des filles. Mais un tremblement de terre se produit et c’est le chaos… L’image qui reste : une cabine de téléphérique qui s’écrase, divers scènes de la loi du plus fort (meurtres, viol…). Le plaisir coupable : film de genre à la fois violent, drôle et spectaculaire avec un peu de gore.

The Green Inferno : la même équipe qu'Aftershock et les mêmes acteurs, le film est présenté dans divers festivals en 2013. Une bande de jeunes idéalistes et activistes partent des USA pour l’Amazonie pour s’enchainer à des arbres pour lutter contre des entreprises qui exploitent les forêts et le sol tout en menaçant le territoire d’une tribu dont on ne connaît pas grand-chose: ils vont découvrir leur sauvage appétit… L’image qui reste : le découpage et la cuisson d’une viande… Le plaisir coupable : enfin un  nouveau film de cannibales, et pourtant un divertissement fun, avec beaucoup de gore.

Knock Knock : virage à 180 degrés avec un thriller composé de quelques gouttes de sang, et dans le rôle de la victime, une superstar hollywoodienne aka Keanu Reeves. Ana de Armas, Lorenza Izzo, Ignacia Allamand et Colleen Camp complètent le casting. L’idée vient du film Death Game (en 1977, avec Colleen Camp et Seymour Cassel) remaniée façon Eli Roth, l’histoire est celle d’un homme marié et père de famille qui se retrouve seul chez lui durant quelques jours; un soir, deux séduisantes jeunes filles sonnent à la porte… En moins de 48h, c’est l’existence tranquille de sa vie de famille qui va être menacée. L’image qui reste : deux filles en peignoir qui tournent autour des fauteuils où Keanu s’assoit… Le malaise coupable : la punition effroyable pour avoir été infidèle.

Cabin fever sera suivi de quantité de films du genre ‘des-jeunes-dans-une-cabane-au-fond-des-bois-et-il-va-y-avoir-des-morts…’, Hostel et Hostel Chapitre 2 seront emblématiques d’une nouvelle série de films du genre ‘torture-porn’, Aftershock est une nouvelle variation du genre ‘post-apocalyptique’, The Green Inferno ressuscite le genre du ‘cannibal movie’ et Knock Knock s’inscrit dans le genre ‘home invasion’… Eli Roth va sans doute continuer de nous faire trembler, en marge parfois, mais en digne héritier de Wes Craven, récemment disparu: il faut toujours réinventer le genre et lui donner un sous-texte critique voire satirique.

Wes Craven (1939-2015) se casse dans l’autre dimension

Posté par vincy, le 31 août 2015

Wes Craven, est mort à l'âge de 76 ans, a annoncé sa famille dans la soirée du dimanche 30 août. Il était atteint d'une tumeur au cerveau. Wes Craven était devenu le maître du film d'horreur en créant Freddy, Les Griffes de la nuit en 1984, plusieurs épisodes de la série culte de "Twilight Zone" ("La cinquième dimension") et les quatre films de la franchise à succès Scream (1996-2011).

Freddy restera sans aucun doute le personnage emblématique de son oeuvre. Avec son visage brûlé et ses griffes en prolongement de ses mains, il incarne le plus monstrueux cauchemar que l'on puisse imaginer. Wes Craven réalisera aussi une des suites de la série Freddy, en 1994: Freddy sort de la nuit. Scream était moins effrayant: le teen-movie y est mixé à une horreur soft reprenant tous les codes du genre. C'était davantage un jeu de massacre sur la jeunesse américaine.

Dans tous les cas, Wes Craven prenait soin de rendre ses personnages maléfiques les plus réalistes et ordinaires possibles. L'homme était très loin de ces monstres: Réputé gentil et intelligent, ce diplômé de philosophie, amoureux de la nature, avait enseigné l'anglais avant de réaliser son premier film en 1972, La dernière maison sur la gauche. Il impose déjà un style. Outre la violence brutale et frontale, parfois sadique, il ajoute des enjeux sociaux, rejette tout "glamour" et offre souvent le personnage de héros à des femmes. Il a aussi déniché des talents sortis de nulle part: Johnny Depp, Sharon Stone, Bruce Willis...

Scream et Meryl Streep

La colline a des yeux, La ferme de la terreur, La créature du marais, L'emprise des ténèbres, Le sous-sol de la peur... Il devient le spécialiste de l'horreur. "Les films d'horreur ne font pas peur: ils la révèlent" disait-il. "C'est comme une colonie de vacances pour le psyché."

Avec Scream, son statut de cinéaste de séries B pour ados se transforme. Les quatre films rapportent 604M$ dans le monde. Il entre dans la catégorie des réalisateurs qui rapportent et fait une partie de la fortune des frères Weinstein. Scream fut l'un des phénomènes des années 90. Le masque devient un symbole visuel et une série de pastiche, Scary Movies, s'en inspirera. Le premier film emporte même le Grand prix au Festival du film fantastique de Gérardmer.

Après Scream, les frères Weinstein acceptent tous ses fantasmes: La musique de mon coeur (1999), mélo avec Meryl Streep, nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice, le thriller psychologique Red Eye (2005), avec Rachel McAdams et Cillian Murphy, et même un segment du film collectif  Paris Je t’aime ("Pere-Lachaise"), avec Emily Mortimer et Rufus Sewell.

Cela ne l'empêche pas de continuer à filmer l'horreur, même s'il y introduit d'autres genres (romance, comédie, suspens), avec Cursed (et un jeune Jesse Eisenberg) et Les sept de Riverton (2010). En 2011, il réalise le quatrième Scream, un flop, et surtout son ultime oeuvre. Mais il n'a pas été inactif, poursuivant son activité de producteur (et notamment la série TV "Scream").

"Je crois que le cinéma est l'une de nos principale formes d'art. C'est un moyen incroyablement puissant pour raconter des histoires qui peuvent conduire les gens à pleurer de joie et les inspirer à toucher les étoiles". Il aura consacré près de 45 ans au 7e art. Aujourd'hui, ses films d'horreur sont refaits au goût du jour. C'est là son héritage: il a été l'auteur de "classiques" du genre, des histoires inusables que seuls les effets spéciaux peuvent éventuellement transformés.

BIFFF 2014 : 3 films cultes en quête de distributeur

Posté par kristofy, le 19 avril 2014

Cheap Thrills est un premier film réalisé par E.L. Katz, et pour un coup d'essai c'est un coup de maître avec son humour noir à la fois glaçant et grinçant  : c'est horrible mais ça fait rire. L'histoire portée par 4 personnages se déroule presque en huis-clos durant une longue nuit d'épreuves de plus en plus cruelles.

Le pitch : Tout juste licencié et menacé d'expulsion, un jeune papa endetté voit sa vie bouleversée quand il rencontre avec un ami d'enfance dans un bar un couple de gens aisés qui leur proposent une solution à leurs problèmes financiers... Le couple commence sur le ton de la plaisanterie à lancer des défis pour s'amuser, comme 200 dollars pour celui qui se fera gifler par une filel au hasard. Le riche couple, qui fête l'anniversaire de la jeune femme, propose aux deux amis de continuer la soirée chez eux. Les paris vont se suivre avec de plus en plus d'argent à gagner et les deux amis se retrouvent en rivaux pour gagner cet argent. Les défis ont de plus en plus un caractère pervers et immoral : 800 dollars à celui qui ira déposer des excréments chez le voisin, 4500 dollars pour faire l'amour à la femme de l'autre, 25 000 dollars pour se couper un petit doigt... On y retrouve l'esprit cinglant de Very Bad Things (1999, avec Christian Slater) où tout va de pire en pire. Avec Cheap Thrills le spectateur découvre de manière ironique une spirale vers l'horreur qui est autant inattendue que souhaitée. Cheap Thrills a déjà eu un prix du public au Festival International du Film Fantastique de Paris, et il est en compétition au BIFFF.

All Cheerleaders Die est le dernier film de Lucky McKee & Chris Sivertson : Lucky McKee nous est apparu il y a 10 ans avec le succès de May puis ses autres films ont été plus confidentiels. En 2011 son film The Woman a gagné de nombreux prix dans des festivals comme Sitges et Strasbourg mais il avait déjà été jugé trop dérangeant pour une sortie en salles. All Cheerleaders Die circule aussi dans les festivals comme Toronto et Gerardmer... C'est davantage une comédie, qui, à sa façon, remet au goût du jour le genre teen-movie horrifique  (Jennifer's Body en 2009, avec Megan Fox et Amanda Seyfried).

Le pitch : Au lycée la jeune Maddy décide de rejoindre les populaires pom-pom girls et elle délaisse son amie différente à l'allure gothique d'une sorcière. Il s'agit surtout de se venger du populaire capitaine des joueurs de football. Mais un accident va 'transformer' ces filles qui auront alors une manière de se comporter surprenante... Lucky McKee continue d'ausculter les travers de la société américaine tout en se rangeant du côté des féministes, ici ce sont les adolescents star du lycée qui vont être malmenés.

Cheap Thrills et All Cheerleaders Die auraient tout à fait leur place en salles de cinéma. Malheureusement, ce sera plus improbable pour Pinup Dolls on Ice réalisé par Geoff Klein et Melissa Mira. Le film présenté au BIFFF durant la nuit fantastique est un concentré d'ingrédients pour être un slasher efficace.

Le pitch : Un psychopathe tendance serial-killer chasse des serveuses tendance strip-teaseuses. Il y a un tueur lourdement brutal et des jolies filles légèrement vêtues. Pinup Dolls on Ice est l'essence même du film d'horreur mais celui-ci est très réussi : les héroïnes ne sont pas comme souvent des jeunes filles écervelées. Ici, il s'agit d'une bande de femmes avec beaucoup de personnalité (ce qu'avait essayé de faire Tarantino dans Boulevard de mort), et le tueur est un grand type au visage indistinct - ce qui le rend d'autant plus effrayant (on n'a que faire de qui il est vraiment). Les scènes sanglantes se suivent avec un certain suspens et une vraie sauvagerie . Pinup Dolls on Ice est donc un slasher comme on en faisait auparavant avec à l'image un certain esprit de transgression, ce qui n'ets pas la tasse de thé des exploitants actuellement

Après leur projections au BIFFF dans une ambiance électrique, ces films Cheap Thrills, All Cheerleaders Die, et Pinup Dolls on Ice sont clairement du genre qu'on voudrait ranger dans sa DVDthèque. A quand une sortie salles ou vidéo en France ?

BIFFF 2014 : 10 choses à savoir sur Lloyd Kaufman (Troma)

Posté par kristofy, le 16 avril 2014

lloyd kaufmann © ecran noirLa société Troma fête son 40ème anniversaire, et le producteur/réalisateur Lloyd Kaufman qui incarne l'esprit gore et potache de ces films compte bien continuer dans la même veine : des monstres vengeurs et des filles topless avec du sang et autres liquides gluants, un budget proche de zéro et une passion toujours aussi grande...

Cet anniversaire a été fêté au BIFFF avec une projection nocture du dernier film en date de Lloyd Kaufman Return to Nuke em High, vol.1, qui est une relecture moderne de Class of Nuke 'Em High et inspiré de leur film le plus réussi Poultrygeist: Night of the Chicken Dead (qui était d'ailleurs au BIFFF en 2007). Pour l'occasion le film a été précédé de plusieurs bandes-annonces des films Troma les plus cultes (dont Troméo and Juliet, Toxic Avenger, Sgt Kabukiman NYPD...) et d'un court-métrage de fan délirant Banana Motherfucker.

L'industrie du cinéma en général et beaucoup de monde en particulier détestent Troma et leur réputation de producteurs de films de série Z, stupides et dégoûtant. « Ce qui se passe dans le monde est souvent plus fou que ce qu'on a dans la tête pour nos films ». En fait Lloyd Kaufman est en réalité le plus sympathique des cinéastes. Au BIFFF, il a signé des autographes jusqu'à 5h du matin avec sa compagne. Voici 10 choses à savoir pour s'intéresser encore plus à ses films :

1. il se réfère à Quentin Tarantino et son Kill Bill vol.1 et vol.2 pour lui aussi proposer un grand film monumental qui représentera en quelque sorte la quintessence de l'esprit Troma : après Return to Nuke em High, vol.1 , il y aura Return to Nuke em High, vol.2 (qui est en montage actuellement).

affiche return to nukeem troma2. Return to Nuke em High, vol.1 a eu l'honneur d'une avant-première américaine au prestigieux MOMA (musée d'art moderne de New-York) qui chaque année sélectionne des films pour leur impact culturel (il y était donc avec Gravity, 12 years a slave, Blue Jasmine...).

3. Troma a mis beaucoup de ses films sur internet pour qu'ils soient vus gratuitement en créant une chaîne YouTube.

4. Certains films Troma ont à leur générique Samuel L. Jackson, Vincent D'Onofrio, Kevin Costner, et certains réalisateurs très connus y ont travaillé à leurs débuts comme Oliver Stone, J. J. Abrams, James Gunn Trey Parker et Matt Stone, Eli Roth...

5. Poultrygeist: Night of the Chicken Dead est aussi une adaptation du livre Fast Food Nation (également adapté par Richard Linklater). Cette version Troma dénonce les tortures infligées aux animaux aussi bien qu'aux salariés et aux paysages par l'industrie agro-alimentaire.

6. Lloyd Kaufman soutient l'association PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) contre les mauvais traitements infligés aux animaux, il a fait une vidéo à ce sujet.

7. La saga Toxic Avenger va continuer : il y a un projet de remake hollywoodien avec un grand studio, réalisé par Steve Pink. Il y a aussi une suite Toxic Avenger 5 qui était écrite et qui devait se tourner en Ukraine. Mais avec les bouleversements politiques actuels du pays le projet est suspendu.

lloyd kaufmann au bifff © ecran noir8. Lloyd Kaufman parle très bien français, et Troma est presque chaque année présent au festival de Cannes avec des projections secrètes et gratuites organisées en dehors du Palais pour les fans qui n'ont aucune accréditation.

9. Lloyd Kaufman défend le cinéma indépendant. Il en parle dans deux documentaires qu'il a réalisé: All the love you Cannes en 2002, et cette année pour le 40ème anniversaire de Troma sera dévoilé Occupy Cannes. Il avait déjà écrit plusieurs livres sur le sujet comme Make Your Own Damn Movie!: Secrets of a Renegade Director ou All I Need To Know About FILMMAKING I Learned From THE TOXIC AVENGER: The Shocking True Story of Troma Studios !.

10. Lloyd Kaufman est féministe ! Dans ses films récents les personnages principaux sont des femmes, le cliché du jeune américain macho est souvent un abruti qui meurt de façon horrible et il valorise les lesbiennes. Il déplore également la faible proportion de femmes par rapport aux hommes qui travaillent dans le cinéma, et il n'hésite pas à critiquer ses collègues qui œuvrent dans les films d'horreur pour le peu de place qui est accordé aux femmes. "Le monde est plein de films médiocres créés par des hommes" affirme-t-il.

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Site officiel de Lloyd Kaufman

BIFFF 2014 : Bustillo & Maury et Béatrice Dalle « aux yeux des vivants »

Posté par kristofy, le 11 avril 2014

aux yeux des vivantsLe duo de réalisateurs Julien Maury et Alexandre Bustillo avait apporté un peu de sang neuf dans le film de genre français avec A l'intérieur (à La Semaine de la Critique à Cannes en 2007) puis avec Livide (en 2011). Ils reviennent avec Aux yeux des vivants, en compagnie de Anne Marivin, Francis Renaud, Nicolas Giraud, Zacharie Chasseriaud, Béatrice Dalle et Chloé Coulloud.

"Fuyant leur dernier jour d’école, trois adolescents inséparables pénètrent dans un vieux studio de cinéma abandonné depuis des années, mais c'est le repère de quelqu'un caché aux yeux des vivants. De retour chez eux, les adolescents ne tarderont pas à s’apercevoir que quelque chose les a suivis et que la nuit va être éprouvante..."

Rencontre avec l'équipe pour un petit avant-goût du film avant sa sortie le 30 avril :

Julien Maury : Il y a des influences du cinéma américain dans Aux yeux des vivants et c'est complètement assumé. On aime aussi brouiller les pistes, le film n'est pas identifiable ni géographiquement ni dans le temps. C'est comme une histoire qu'on se raconte, on entre tout de suite dedans sans un contexte de lieux ou de date.

Béatrice Dalle : C'est leur troisième film et c'est le troisième où je suis dedans : peu importe ce qu'ils me proposent, je continuerai de faire n'importe quoi dans leurs films. Ce qui compte c'est d'avoir confiance dans qui réalise, l'histoire est moins importante pour moi.

Julien Maury : Les 4 enfants sont des comédiens avec une grande expérience des tournages. Ils ont fait beaucoup plus de films que nous en fait. Ces enfants sont super pros.

Alexandre Bustillo : On rêverait de faire un film de loup-garou, ça ne s'est jamais fait en France. Avec une vraie scène de transformation qui ne soit pas en numérique...

Julien Maury : ...on pense à qu'est ce qu'on aimerait voir comme film et qu'on ne voit pas en France. On a été appelé par Hollywood pour plusieurs projets (dont un remake de Hellraiser) mais ce n'est pas notre fantasme de tourner aux Etats-Unis. On a dit oui deux fois pour y travailler mais sans donner suite : beau projet, plein d'argent, le grand luxe, mais pas de liberté créative. On est ouvert à tout mais pour le moment on peut faire ce dont on a envie comme on en a envie en France.

Alexandre Bustillo : On a fait un court-métrage pour la saison 2 de ABC of Death, on sera la lettre X, et c'est avec Béatrice bien entendu.

Fabrice Lambot (producteur) : Canal+ a pré-acheté 133 films je crois, dont Aux yeux des vivants, mais c'est le seul film d'horreur. C'est toujours très difficile de faire un film de genre "horreur" en France, alors que l'horreur ça se vend très bien aux autres pays étrangers. Le film sort le 30 avril avec une interdiction aux moins de 16 ans, qui nous a fait perdre un réseau de distribution qui s'est désisté. On espère au moins une vingtaine de salles...

Carrie, la vengeance : le ridicule ne tue jamais, hélas

Posté par cynthia, le 4 décembre 2013

carrie la vengeance

Qui ne connaît pas Carrie? Je ne veux bien évidemment pas parler de la Carrie fashion et sensuelle de Sex and the city, mais de l'inquiétante Carrie de Stephen King. Celle  qui  est  persécutée  par  ses  camarades  de  classe  au  lycée  et  maltraitée  par  sa  mère (une extrémiste catholique) à la maison. Oui, elle n'a pas de chance cette Carrie là! Quoique la nature (ou peut-être bien Jésus) lui a donné un sacré pouvoir. Tellement immense qu'il devient incontrôlable lorsque la demoiselle n'est pas contente. Ça y est vous vous souvenez d'elle? Pas encore? Et si je vous dis sang? Bal de promo? Là vous l'avez en tête à coup sûre...et pour cause! Adapté plusieurs fois à l'écran (grand et surtout petit) Carrie est l'un des plus grands romans de Stephen King, le maître de l'épouvante littéraire (Shining, Christine, etc...).

Carrie rencontre sa première adaptation au cinéma sous la directive de Brian De Palma en 1976. Un chef-d'œuvre de l'épouvante qui doit autant au cinéaste qu'à son actrice, une Sissy Spacek inquiétante et redoutable.

Et comme toute réussite cinématographique, ce petit bijou (sanglant je vous l'accorde) est remis au goût du jour pour notre plus grande déception!

Le remake raté ou comment ternir l'image d'un grand classique du genre.

Carrie est la tête de turc de tout son lycée. Moqueries, insultes, humiliations, la timide jeune fille subit tout. Et pour cause : elle est différente de toutes les autres filles. Elle ne se pouponne pas pour aller en cours, ne drague pas les garçons, ignore tout de la vie (merci à la maman qui diabolise la femme et la sexualité) et porte les vieilles fringues de sa mère. Il est donc évident que lorsqu'elle se met à paniquer et hurler en publique à l'arrivée de ses règles tout le monde en profite. S'en suis une grosse humiliation qui fini sur le net...tiens le net, oh amère modernité qui vient tout gâcher de l'originalité de cette histoire!

Le remake de Carrie est un remake pur et dur. Vous ajoutez du sexe à gogo (les jeunes d'aujourd'hui adorent ça), de l'electro-rock en fond sonore, quelques iPhones, les réseaux sociaux et nous voilà dans un Carrie 2013, un Carrie bien plus décevant que flippant ou le goût du jour à remplacer le talent.

À vouloir plaire aux jeunes, la mise en scène en devient grossière et les jeux de Julianne Moore et de Chloë Grace Moretz déçoivent tout autant. Les mimiques exagérées de Carrie vont vous rendre dingue! (Sérieusement qui prend une douche au lycée en tirant la tronche comme si votre chéri était en dessous????). Entre ses narines qui s'ouvrent telle une fleur au printemps lorsqu'elle est en colère ou sa bouche entrouverte en permanence, on a même du mal à croire que c'est la talentueuse actrice de Laisse-moi entrer qui campe cette adolescente frustrée. Quand à Julianne Moore, elle gâche son génie en flirtant avec le ridicule. Grotesques.

Que vous soyez fan du genre ou novice un conseil éloignez-vous de ce désastreux remake et vite!!!