Cannes 2017 : Qui est Kim Min-hee ?

Posté par MpM, le 22 mai 2017

Kim Min-hee a connu un début de carrière plutôt classique, alternant productions sud-coréennes destinées au marché local et séries télévisées. Elle fait en effet ses premiers pas au cinéma en 2000 (elle a dix-huit ans) avec le film Asako in Ruby Shoes de Lee Jae-yong, puis à la télévision avec The age of innocence.

C'est en 2008 que sa performance dans Hellcats de Kwon Chil-in lui permet de se faire remarquer. Elle reçoit d'ailleurs le Baeksang Arts Award (récompense cinématographique sud-coréenne) de la meilleure actrice. Elle est à nouveau nommée en 2012 pour Helpless de Byeon Yeong-joo et récompensée en 2013 pour Very ordinary couple de Roh Deok. Autant de films inédits en France.

Mais il faut attendre 2015 pour que la comédienne soit réellement révélée sur le marché international à l'occasion de sa première collaboration avec Hong Sang-soo, Un jour avec, un jour sans. On la remarque tout de suite dans le rôle d'une jeune artiste qui se cherche, et qui, selon les versions de l'intrigue, dresse même un portrait étonnamment lyrique de la recherche artistique. Il y a une pureté, inhabituelle chez Hong Sang-soo, et même une véritable élévation, dans le long monologue de la jeune femme qui explique pourquoi elle peint, et ce que cela lui apporte. Kim Min-hee y est bouleversante, comme elle sait à d'autres moments être irrésistible de drôlerie ou de maladresse.

Le film est couronné d'un léopard d'or à Locarno et son partenaire Jeong Jae-yeong remporte le prix d'interprétation masculine. Pourtant, c'est bien la rencontre avec Kim Min-hee qui marque un tournant dans l'oeuvre du cinéaste sud-coréen, lequel semble ne plus pouvoir se passer d'elle. Ils enchaînent ensemble On the beach at night alone (2017), La caméra de Claire (2017) et The day after (2017).

Entre temps, Kim Min-hee a croisé la route d'un autre cinéaste coréen habitué de Cannes, Park Chan-wook, qui lui confie le rôle titre de son venimeux et sulfureux polar présenté sur la Croisette en 2016, Mademoiselle. Le film lui permet de révéler différentes facettes de jeu, son personnage apparaissant tour à tour fragile, cruel, passionné, manipulateur et surtout extrêmement sensuel. On croit à chaque aspect de cette personnalité multiple qui tire son épingle du jeu avec un plaisir gourmand.

Multiple, elle l'est aussi d'une certaine manière dans On the beach at night alone qui lui vaut l'Ours d'argent de la meilleure actrice lors de la Berlinale 2017. Elle y campe avec justesse, sensibilité et humour une femme aux prises avec ses sentiments suite à une histoire d'amour avec un homme marié (toute ressemblance avec des faits réels...). Là encore, elle brille lors de monologues véhéments (et alcoolisés) sur l'amour et ses pièges, et passe avec facilité du burlesque au sensible, et même à l'émotion.

On attend donc forcément avec un mélange d'excitation et d'anxiété ses deux prochaines apparition chez Hong Sang-soo, aux côtés d'Isabelle Huppert dans La Caméra de Claire, et avec un autre habitué de l'univers d'Hong Sang-soo, Kwon Hae-hyo (Yourself and yours, On the beach at night alone) dans The day after. Ce n'est pas nous qui allons nous plaindre de cette double dose cannoise de Kim Min-hee. En espérant la découvrir prochainement dans un autre registre encore.

Berlin 2017 : c’est l’amour à la plage (et de nuit) avec Hong SangSoo

Posté par MpM, le 16 février 2017

Alors que la Berlinale 2017 touche à sa fin, on a découvert ce jeudi 16 février le dernier film en date de Hong SangSoo, intitulé On the beach at night alone. A ne pas confondre avec Yourself and yours, récompensé à San Sebastian en 2016, et qui vient de sortir en salles. Ni avec Woman on the beach, sélectionné à la Berlinale en 2007. Quoique... Avec le cinéaste coréen, chaque nouvelle histoire ressemble tellement à la précédente qu'il semble avoir élevé le déjà-vu au rang d'art, offrant film après film une variante infiniment complexe de ses obsessions principales : les rapports amoureux, le milieu du cinéma, le hasard et les coïncidences.

Cette fois, pourtant, on le sent plus mélancolique qu'ironique, plus désenchanté que moqueur. Le film, conçu comme un diptyque dont les deux parties semblent se succéder, suit Yonghee, une actrice qui a mis sa carrière entre parenthèses après avoir vécu une histoire mouvementée avec un réalisateur marié. Dans le premier volet, elle est en Allemagne avec une amie à qui elle raconte à demi-mots ses mésaventures sentimentales. Dans le second, elle est rentrée en Corée et rend visite à des amis de jeunesse. Là, elle s'endort sur la plage, et à son réveil, retrouve son ancien amant.

Mélancolie jazzy

L'amour, plus que d'habitude, occupe une place centrale dans le récit. Un amour toujours vivace dans la première partie, et qui accompagne l’héroïne partout, et un amour plus amer, parce que déçu, dans la seconde. C'est d'ailleurs justement dans ce deuxième chapitre que, par deux fois, la jeune femme s'énerve sous le coup de l'alcool, et dit ce qu'elle a sur le cœur au sujet des hommes et de l'amour. Pour elle, personne n'est qualifié pour aimer, comme elle le lance dans une formule à la fois définitive et provocatrice. Dans ces passages, Hong SangSoo renoue avec le versant le plus "alcoolisé" de son cinéma et poursuit son éternelle réflexion sur les relations sentimentales. Comme un musicien de jazz, il adjoint à son thème de prédilection des fioritures et des trilles qui se manifestent sous forme de thématiques et d'intrigues parallèles.

On remarque ainsi qu'une fois encore, les hommes ne brillent pas spécialement pas leur bravoure et se laissent mener par le bout du nez tandis que les femmes savent ce qu'elles veulent. Pour Younghee, l'essentiel est de suivre son propre chemin, à son rythme, et de "mourir gracieusement". A plusieurs reprises, elle manifeste aussi bruyamment sa faim, allégorie transparente pour la soif de vivre qui l'anime, en dépit de fugaces crises d'apathie. Younghee a en effet besoin de manger et de boire, de dormir et de fumer. C'est un être de chair et de sang qui a un irrépressible besoin d'exprimer ses désirs et ses envies.

Peindre le même paysage où seule la lumière change

Malgré la tonalité plus sombre du film, l'humour propre à Hong SangSoo est lui aussi omniprésent, notamment parce qu'il fait écho avec ses films précédents. Cela passe principalement par les dialogues et le choix de situations qui se répètent et finissent par se confondre. Les propos définitifs tenus sur la vie et la mort, le hasard des rencontres, les versions alternatives d'une même histoire donnent un aspect irréel à l'histoire, à mi-chemin entre le conte onirique et le cauchemar. Pas étonnant, alors, qu'une séquence de rêve occupe justement une place centrale dans l'intrigue, et la fasse basculer sur une autre interprétation.

Peut-être est-ce là un changement significatif dans le cinéma de Hong SangSoo (toutes proportions gardées) : perdre en légèreté là où il gagne en profondeur, et cultiver une part de mystère plus importante sur les rapports de temporalité et de causalité entre ses différentes séquences. Moins basé sur un "dispositif" que certains de ses derniers films, On the beach at night alone renoue avec l'idée d'un cinéma qui expérimente, pensé pour décortiquer inlassablement les rouages complexes de la nature humaine. Si on osait une analogie avec Monet, qui peint sans cesse le même paysage dans des conditions de lumière différentes, peut-être irait-on jusqu'à renommer le film. Quelque chose comme : Femme aux prises avec ses sentiments, lumière du soir, horizon brumeux.

Berlin 2017: Danny Boyle, James Mangold, Alex de la Iglesia, Hong Sangsoo, Volker Schlöndorff s’ajoutent à la sélection officielle

Posté par vincy, le 10 janvier 2017

En plus des 10 films déjà révélés il y a près d'un mois (lire notre actualité du 15 décembre 2016) qui comprenait entre autres les nouveaux films de Alain Gomis, Sally Potter, Agnieszka Holland, Aki Kaurismäki et Raoul Peck, et du film d'ouverture en compétition (Django d'Etienne Comar), la 67e Berlinale (9-19 février), dont le jury sera présidé par Paul Verhoeven, a ajouté 12 films, dont la moitié en compétition, à sa Sélection officielle.

Compétition:
Bamui haebyun-eoseo honja (On the Beach at Night Alone) de Hong Sangsoo (Corée du sud), avec Kim Minhee, Seo Younghwa
El Bar (The Bar) d'Alex de la Iglesia (Espagne), avec Blanca Suárez, Mario Casas
Helle Nächte (Bright Nights) de Thomas Arslan (Allemagne) avec Georg Friedrich, Tristan Göbel
Joaquim de Marcelo Gomes (Brésil), avec Julio Machado, Isabél Zuaa
Mr Long de Sabu (Japon), avec Chen Chang, Sho Aoyagi
Retour à Montauk de Volker Schlöndorff (Allemagne), avec Stellan Skarsgård, Nina Hoss, Susanne Wolff, Niels Arestrup

Hors compétition:
Logan de James Mangold (USA), avec Hugh Jackman, Patrick Stewart
T2 Trainspotting de Danny Boyle (Royaume Uni), avec Ewan McGregor, Robert Carlyle, Jonny Lee Miller
Viceroy’s House de Gurinder Chadha (Royaume Uni/Inde), avec Hugh Bonneville, Gillian Anderson

Séances spéciales:
Es war einmal in Deutschland... (Bye Bye Germany) de Sam Garbarski (Allemagne), avec Moritz Bleibtreu, Antje Traue, Mark Ivanir
In Zeiten des abnehmenden Lichts (In Times of Fading Light) de Matti Geschonneck (Allemagne), avec Bruno Ganz, Hildegard Schmahl
Masaryk (A Prominent Patient) de Julius Sevcík (Rép. Tchèque), avec Karel Roden, Hanns Zischler

Isabelle Huppert chez Abel Ferrara

Posté par vincy, le 21 décembre 2016

Alors qu'elle sera à l'affiche demain dans Souvenir et qu'elle collectionne les prix aux Etats-Unis avec Elle de Paul Verhoeven, Isabelle Huppert est annoncée dans le prochain film d'Abel Ferrara, Siberia. Selon Le Film Français, elle jouera aux côtés de Nicolas Cage et Willem Dafoe dans ce projet longtemps retardé faute de financement.

Ferrara évoque Siberia comme son Odyssée. Le film parle de rêves, de souvenirs et de nature. Il doit être, a priori, tourné dans le désert. Son acteur fétiche, Dafoe (ils ont tourné quatre films ensemble), jouera son propre rôle. Pour son script, il s'est inspiré du Livre rouge de Carl Jung, qui croise les peurs primales, l'inconscient et les terreurs de l'enfance. Le tournage devrait avoir lieu dans les prochains mois.

L'actrice a aussi confirmé dans l'émission "Quotidien" de Yann Barthès (TMC) qu'elle venait de finir le tournage du nouveau film d'Hong Sang-soo (5 jours à Cannes), qu'elle a retrouvé quatre ans après In Another Country. On la verra également dans Madame Hyde de Serge Bozon, Happy End de Michael Haneke, Marvin d'Anne Fontaine et Barrage de Laura Schroeder.

Huppert is still hype.

San Sebastian consacre les cinémas de l’Extrême-Orient et du monde hispanique

Posté par vincy, le 25 septembre 2016

Le 64e Festival du Film de San Sebastian qui se déroulait du 16 au 24 septembre s'est achevée avec la révélation du palmarès. Le jury présidé par Bille August (deux fois palme d'or) était composé de Anahi Berneri, Esther García, Jia Zhang-ke, Bina Daigeler, Matthew Libatique et Nadia Turincev. La compétition du plus grand festival espagnol souffre toujours d'un manque d'avant-première mondiale voire européenne. De nombreux films, et notamment parmi les lauréats, avaient déjà été présentés (et primés) à Toronto.

La Coquille d'or a récompensé le film chinois de Xiaogang Feng, I am not Madame Bovary, déjà primé à Toronto comme meilleur film dans la section Présentations spéciales. Le film reçoit également le prix de la meilleure actrice pour Fang Bingbing (aperçue dans X-Men: Days of Future Past et qui s'offre ainsi son premier grand prix dans un festival occidental).

Le cinéma asiatique n'est pas en reste puisque le vénérable cinéaste sud-coréen Hong Sang-soo, repart avec la Coquille d'argent du meilleur réalisateur pour son dernier film à date, Yourself and Yours.

Les films espagnols et latino-américains se sont partagés les autres récompenses: meilleur acteur pour l'espagnol Eduard Fernandez (déjà deux fois consacré aux Goyas) dans Smoke & Mirrors, prix spécial du jury pour l'Argentin El Invierno (L'hiver) d'Emiliano Torres (ex-aequo avec Jätten (The Giant) du Suédois Johannes Nyholm). El Invierno est aussi distingué pour son image avec le prix de la meilleure photo pour Ramiro Civita. Enfin le prix du scénario est revenu aux espagnols Isabel Pena et Ricardo Sorogoyen pour leur thriller Que Dios nos perdone (Que Dieu nous pardonne).

Notons, hors jury, quelques autres prix: la cinéaste grecque Sofia Exarchou a reçu celui du Nouveau Cinéaste pour Park tandis que le jeune français Morgan Simon héritait d'une mention spéciale pour Compte tes blessures (avec Kevin Azaïs).

Deux prix du public ont plébiscité deux films cannois: la Palme d'or pour commencer puisque Moi, Daniel Blake de Ken Loach a été choisi par les festivaliers. Dans la catégorie du film européen, le public a choisi Ma vie de courgette, le film d'animation de Claude Barras, déjà consacré à Annecy et Angoulême, candidat suisse aux Oscars et coup de cœur de la Quinzaine des réalisateurs en mai.

Le film de Maysaloun Hamoud, Bar Bahr (In Between), déjà honoré à Toronto en tant que meilleur film asiatique, a reçu deux prix: le prix de la jeunesse et le prix TVE d'un autre regard.

Finissons avec les prix honorifiques qui ont sacré Ethan Hawke et Sigourney Weaver. Gael Garcia Bernal a reçu le prix du cinéma latin Jaeger-Lecoultre.

Locarno 2015 couronne le cinéaste sud-coréen Hong Sang-Soo

Posté par MpM, le 16 août 2015

leopard d'or pour Hong Sang Soo

Preuve que quelques titres se détachaient nettement de la compétition 2015, le jury du  68e festival de Locarno, composé d’Udo Kier, Nadav Lapid, Daniela Michel, Jerry Schatzbeg et Moon So-ri, a réparti les prix principaux entre seulement quatre films parmi la petite vingtaine sélectionnée.

C'est ainsi Hong Sang-soo qui reçoit le léopard d'or, récompense suprême de la manifestation suisse, pour son nouveau film Right Now, Wrong Then. Le film a également été couronné d'un prix d'interprétation pour l'acteur Jung Jae-young. Pour le réalisateur coréen, c'est une suite presque logique puisqu'il recevait il y a deux ans ici même le prix de meilleur réalisateur pour Sunhi.

Son nouvel opus, qui raconte l'une après l'autre deux histoires identiques (un cinéaste arrive dans une ville avant une projection-débat et rencontre une jeune fille peintre) en les rendant totalement différentes, s'inscrit globalement dans la lignée de toute la filmographie de Hong Sang-soo. Il n'a malheureusement pas encore de date de sortie en France.

Par ailleurs, Tikkun de l'Israélien Avishai Sivan reçoit le Prix spécial du jury et une mention spéciale pour la photographie, Andrzej Zulawski est distingué comme le meilleur réalisateur de l'édition pour Cosmos et Happy hour, fresque de plus de 5h de la Japonaise Hamaguchi Ryusuke, reçoit à la fois un prix collectif d'interprétation pour ses quatre actrices et une mention spéciale pour son scénario.

Dans les autres sections, on notera notamment le prix du public pour le film allemand Der Staat gegen Fritz Bauer de Lars Kraume et deux belles récompenses pour des films français : le prix de la presse internationale pour Suite armoricaine de Pascale Breton et le Variety Piazza Grande pour La belle saison de Catherine Corsini, qui succède à Jean-Pierre Améris et son Marie Heurtin.

Compétition officielle

Léopard d'or
Right Now, Wrong Then de Hong  Sangsoo (Corée du Sud)

Prix spécial du jury
Tikkun de Avishai Sivan (Israël)

Prix pour la meilleure réalisation
Andrzej Zulawski pour Cosmos (France/Portugal)

Prix collectif de la meilleure actrice
Tanaka Sachie, Kikuchi Hazuki,  Mihara Maiko et Kawamura Rira pour Happy hour de Hamaguchi Ryusuke (Japon)

Prix du meilleur acteur
Jung Jae-young pour Right Now, Wrong Then de Hong Sangsoo (Corée du Sud)

Mentions spéciales
- pour le scénario de Happy hour de Hamaguchi Ryusuke (Japon)
- pour la photographie de Shai Goldman dans Tikkun de Avishai Sivan (Israël)

Section Cinéastes du présent

Léopard d'or
Thithi de Raam Reddy (Inde/États-Unis/Canada)

Prix spécial du jury Ciné+
Dead slow ahead de Mauro Herce (Espagne/France)

Prix pour le meilleur réalisateur émergent
Kaili Blues de Bi Gan (Chine)

Premiers films

Prix pour le meilleur premier film
Thithi de Raam Reddy (Inde/États-Unis/Canada)

Art Peace Hotel Award
Sina Ataeian Dena pour Paradise (Iran/Allemagne)

Mentions spéciales
- Kaili Blues de BI Gan (Chine)
- Kiev/Moscow, Part 1 de Elena Khoreva (Russie/Estonie/Ukraine)

Autres prix

Prix FIPRESCI
Suite armoricaine de Pascale Breton (France)

Prix du Public
Der Staat gegen Fritz Bauer de Lars Kraume (Allemagne)

Prix Variety Piazza Grande
La belle saison de Catherine Corsini (France)

Locarno 2015: Andrzej Zulawski, Hong Sangsoo, Chantal Ackerman en compétition

Posté par vincy, le 15 juillet 2015

Locarno se lance dans la mêlée avec un programme très éclectique. Une rétrospective intégrale de Sam Peckinpah, une multitude de prix déjà annoncés (Michael Cimino, Marco Bellocchio, Edward Norton, Bulle Ogier), un focus sur le cinéma israélien, la section Open Doors du marché consacrée au cinéma de Maghreb, et finalement des films venus du monde entier répartis dans les différentes sélections. Sont donc attendus Chantal Akerman, Sabine Azéma, Lionel Baier, Clotilde Coureau, Philippe Falardeau, Cécile de France, Stéphane Goël, HONG Sangsoo, Patrick Huard, Anurag Kashyap, Marthe Keller, Udo Kier, Philippe Le Guay, Carmen Maura, Clémence Poésy, Melvil Poupaud, Jerry Schatzberg, Andrea Segre, Claire Simon, et Andrzej Zulawski.

Lors de la conférence de presse ce matin, trois autres prix ont été annoncés: le comédien et réalisateur américain Andy Garcia (Leopard Club Award), le cinéaste géorgien Marlen Khoutsiev (Léopard pour l'ensemble de sa carrière) et le comédien suisse Teco Celio (Prix Cinema Ticino). La 68° édition du Festival du film Locarno se tiendra du 5 au 15 août 2015.

Compétition

  • BELLA E PERDUTA de Pietro Marcello (Italie)
  • BRAT DEJAN (Brother Dejan) de Bakur Bakuradze (Russie)
  • CHEVALIER de Athina Rachel Tsangari (Grèce)
  • COSMOS d'Andrzej Zulawski (France)
  • ENTERTAINMENT de Rick Alverson (USA)
  • HAPPY HOUR de Ryusuke Hamaguchi (Japon)
  • HEIMATLAND dey Lisa Blatter, Gregor Frei, Jan Gassmann, Benny Jaberg, Carmen Jaquier, Michael Krummenacher, Jonas Meier, Tobias Nölle, Lionel Rupp et Mike Scheiwiller (Suisse)
  • JAMES WHITE de Josh Mond (USA)
  • JIGEUMEUN MATGO GEUTTAENEUN TEULLIDA (Right Now, Wrong Then) de HONG Sangsoo (Corée du sud)
  • MA DAR BEHESHT (Paradise) de Sina Ataeian Dena (Iran)
  • INO HOME MOVIE de Chantal Akerman (France)
  • O FUTEBOL de Sergio Oksman (Espagne)
  • SCHNEIDER VS. BAX d'Alex van Warmerdam (Pays Bas)
  • SUITE ARMORICAINE de Pascale Breton (France)
  • SULANGA GINI ARAN (Dark in the White Light) de Vimukthi Jayasundara (Sri Lanka)
  • TE PROMETO ANARQUÍA de Julio Hernández Cordón (Mexique)
  • THE SKY TREMBLES AND THE EARTH IS AFRAID AND THE TWO EYES ARE NOT BROTHERS de Ben Rivers (Royaume Uni)
  • TIKKUN d'Avishai Sivan (Israël)

Sur la Piazza Grande, RICKI AND THE FLASH de Jonathan Demme, avec Meryl Streep ; LA BELLE SAISON de Catherine Corsini ; DER STAAT GEGEN FRITZ BAUER de Lars Kraume ; SOUTHPAW d'Antoine Fuqua ; TRAINWRECK de Judd Apatow ; JACK de Elisabeth Scharang ; FLORIDE de Philippe Le Guay ; GUIBORD S’EN VA-T-EN GUERRE de Philippe Falardeau ; BOMBAY VELVET d'Anurag Kashyap; AMNESIA de Barbet Schroeder ; LA VANITÉ de Lionel Baier ; QING TIAN JIE YI HAO (The Laundryman) de LEE Chung ; ME AND EARL AND THE DYING GIRL de Alfonso Gomez-Rejon ; et en clôture HELIOPOLIS de Sérgio Machado...
Award Ceremony

Dans la sélection Cinéastes du présent, notons le film de Vincent Macaigne (Dom Juan), Le Grand jeu de Nicolas Pariser avec Melvil Poupaud, André Dussollier et Clémence Poésy ou encore le film québécois Les êtres chers d'Anne Émond. Dans la sélection Cinémas de demain, on retrouve Claire Simon (Les bois dont les rêves sont faits) et l'algérien Malek Bensmaïl (Contre-pouvoirs).

Cannes 2015: Carte postale de Corée du sud

Posté par vincy, le 20 mai 2015

Le modèle français a du bon. En reproduisant le schéma de financement du cinéma français, le cinéma de Corée du sud est devenu un acteur majeur de la cinéphilie mondiale, en moins de vingt ans, profitant d'une "movida" liée à la libéralisation politique du début des années 80.

Non seulement les films nationaux cartonnent au box office, et même à l'export, mais en plus, cela a donné toute une génération de nouveaux auteurs devenus cultes, renouvelant, notamment, le film de genre.

A Cannes, les deux cinémas - le traditionnel et le moderne - cohabitent depuis le début du millénaire. Im Kwon-taek, Park Chan-wook, Kim Ki-duk, Lee Chang-dong, Hong Sang-soo, Bong Joon-ho, Im Sang-soo, Kim Jee-woon sont devenus des grands noms du cinéma avec des oeuvres radicalement différentes, parfois extrêmes, parfois poétiques, flirtant avec la SF ou ancré dans un réalisme social.

Et aucun de ces styles n'a été oublié par les jurys des différentes éditions depuis 2000: la mise en scène pour Im Kwon-taek avec le très beau Ivre de femmes et de peinture, le Grand prix du jury avec l'ultra-violent Old Boy et le prix du jury pour Thirst, ceci est mon sang, tous deux de Park Chan-wook, le scénario pour Lee Chang-dong avec l'étrange Poetry, le Prix Un Certain regard pour Hong Sang-soo avec Hahaha et pour Kim Ki-duk avec Arirang.

En pleine renaissance, ce "jeune" cinéma sud-coréen a largement mieux conquis le monde que ceux de ses voisins en misant sur la variété. contrairement au cinéma de Hong Kong, il n'a pas voulu produire que des polars, thrillers et autres séries B même brillantes ; contrairement au Japon, il n'a pas laissé ses auteurs sans moyens de production et de diffusion ; contrairement à la Chine, il n'y a pas de système de censure qui empêche l'épanouissement des cinéastes. A cela s'ajoute la création du plus grand Festival et marché du cinéma en Asie, à Pusan, et une farouche envie de ne pas se laisser envahir par les productions étrangères (avec un système de quotas).

Pas étonnant, dans ce cas, que chaque année, parmi les 200 films produits dans le pays, des films sud-coréens soient sélectionnés à Cannes ou ailleurs. Les sud-coréens sont des cinéphiles exigeants: avec 215 millions de spectateurs vont dans les salles chaque année (plus qu'en France donc) et la moitié de ces entrées concernent des films nationaux.

Locarno 2013 : Casanova, le VIH, Mouton et Gabrielle au palmarès

Posté par vincy, le 18 août 2013

histoire de ma mort alberto serra locarno 2013

Le 66e Festival del film Locarno s’est achevé avec la traditionnelle remise des prix, samedi soir. Les premiers chiffres sont encourageants : fréquentation en légère hausse (162 919 spectateurs contre 161 690 l’an dernier), nombre d’accrédités en progression (4 114 contre 3 950 en 2012), mais aussi un peu plus de journalistes et de professionnels de l’industrie. Locarno fait cependant face à ses limites en matière d’extension : le nombre d’hôtels n’augmente pas, et la petite ville lacustre helvétique peine à pouvoir attirer plus de monde…

Le Président Marco Solari a clôturé officiellement la 66e édition : « au nom du conseil de direction, j'exprime toute ma reconnaissance aux nouveaux directeurs Carlo Chatrian et Mario Timbal qui ont réussi, grâce à leur travail et à l'effort de leurs équipes respectives, à renforcer, avec l'édition 2013, les atouts artistiques et l'organisation du Festival del film Locarno dans un contexte international actuellement difficile pour les festivals de cinéma ». Locarno prépare déjà sa 67e édition, qui se tiendra du 6 au 16 août 2014.

Du Léopard pour Casanova

Côté palmarès, c’est le film espagnol Histoire de ma mort (photo) qui a remporté le prestigieux Léopard d’or. Le film sortira dans les salles françaises le 23 octobre prochain. Il s’agit de l’histoire de Casanova et de son nouveau serviteur. Ce dernier sera le témoin des derniers moments de la vie du séducteur, dans les terres pauvres et sombres de l’Europe septentrionale. Là-bas, son monde de légèretés et de mondanités ainsi que sa pensée rationaliste s’effondre face à une force nouvelle, violente, ésotérique et romantique représentée par Dracula et son pouvoir éternel. Toujours d’Espagne, Lois Patiño a reçu le prix du Meilleur réalisateur émergent pour son film Costa da Morte.

La péninsule ibérique a été également récompensée par le prix spécial du jury, E Agora ? Lembra-me (Et maintenant ? Souviens-toi de moi), le très long film de Joaquim Pinto. Le cinéaste vit avec le VIH et l’hépatite C depuis près de vingt ans. Son film retrace une année d’études cliniques sous psychotiques et médicaments toxiques dont la commercialisation n’a pas encore été approuvée.

Dessine-moi un Mouton

Notons aussi que le cinéaste sud-coréen Hong Sang-soo, fidèle habitué des festivals européens, a été sacré par un prix du meilleur réalisateur. Des films comme Short Term 12 (USA), Manakamana (Népal/USA) et Mouton (France) sont repartis avec plusieurs récompenses. Manakamana a reçu ainsi le Léopard d’or dans la section Cinéastes du présent et la mention spéciale dans la catégorie Première œuvre ; Mouton a été, à l’inverse, choisi comme Meilleure première œuvre et a hérité d’un prix spécial dans la section Cinéastes du présent.

Mouton, film français à petit budget, de Gilles Deroo et Marianne Pistone, remarqués en 2008 avec le moyen-métrage Hiver (Les Grands Chats), suit Aurélien Bouvier, dit "Mouton", 17 ans. Durant 3 ans, il habitera une petite chambre à l’étage de La Crémaillère où il est embauché comme écailler poissonnier. Il y est logé, blanchi et nourri. Il est sérieux et respectueux du service et des autres… Il vit sa vie avec ses camarades, sans aucun incident notoire. Le soir du 22 juin, il se rend en compagnie de ses camarades à la fête Sainte Anne. A 3h30 du matin, Monsieur Delobel, 42 ans, lui tronçonne le bras. Il est transféré à l’hôpital. Il en sortira 2 semaines plus tard. Plus jamais on ne verra Mouton. On est avec ses potes… Courseulles sur mer, presque inchangée et pourtant il y a de plus en plus de chiens…Tout le monde a sans se le dire parfois quelque chose en leur cœur saignant…

Enfin, finissons avec le prix du public remis au film canadien Gabrielle, de Louise Archambault, qui sortira en France le 16 octobre.

LE PALMARÈS
Compétition internationale

Léopard d’or
HISTORIA DE LA MEVA MORT (HISTOIRE DE MA MORT) d’Albert Serra, Espagne/France

Prix spécial du jury
E AGORA? LEMBRA-ME de Joaquim Pinto, Portugal

Meilleur réalisateur
HONG SANG-SOO pour U RI SUNHI (Our Sunhi), Corée du Sud

Meilleure actrice
BRIE LARSON pour SHORT TERM 12 de Destin Cretton, États-Unis

Meilleur acteur
FERNANDO BACILIO pour EL MUDO de Daniel Vega et Diego Vega, Pérou/France/Mexique

Mentions spéciales
SHORT TERM 12 de Destin Cretton, États-Unis
TABLEAU NOIR de Yves Yersin, Suisse

Cinéastes du présent

Léopard d’or Cinéastes du présent - Prix George Foundation
MANAKAMANA de Stephanie Spray et Pacho Velez, Népal/États-Unis

Meilleur réalisateur émergent
COSTA DA MORTE de Lois Patiño, Espagne

Prix spécial du jury Ciné+ Cinéastes du présent
MOUTON de Gilles Deroo et Marianne Pistone, France

Mention spéciale
SAI NAM TID SHOER (By the River) de Nontawat Numbenchapol, Thaïlande

Première œuvre

Lépoart de la meilleure première oeuvre
MOUTON de Gilles Deroo et Marianne Pistone, France

Mention spéciale
MANAKAMANA de Stephanie Spray et Pacho Velez, Népal/États-Unis

Léopards de demain

Compétition internationale
Meilleur court métrage international
LA STRADA DI RAFFAEL d’Alessandro Falco, Italie/Espagne

Léopard d’argent Swiss Life
ZIMA de Cristina Picchi, Russie

Nomination de Locarno pour les European Film Awards - Prix Pianifica
ZIMA de Cristina Picchi, Russie

Prix Film und Video Untertitelung
TADPOLES d’Ivan Tan, Singapour

Mention spéciale
ENDORPHIN de Reza Gamini, Iran

Compétition nationale
Meilleur court métrage suisse
'A IUCATA de Michele Pennetta, Suisse

Léopard d’argent Swiss Life
VIGIA de Marcel Barelli, Suisse/France

Prix Action Light pour le meilleur espoir suisse
LA FILLE AUX FEUILLES de Marina Rosset, Suisse

Piazza Grande

Prix du Public UBS
GABRIELLE de Louise Archambault, Canada

Variety Piazza Grande Award
2 GUNS de Baltasar Kormákur, États-Unis

Berlin 2013 : premiers films de la Compétition

Posté par vincy, le 13 décembre 2012

Berlin se dévoile un peu plus avec les premiers films de la sélection officielle.

Compétition :
- Gloria (Chili), de Sebastián Lelio (La Sagrada Familia)
- Nugu-ui Ttal-do Anin (Nobody's Daughter Haewon) (Corée du sud), de Hong Sangsoo (In Another Country)
- Paradies: Hoffnung (Paradise: Hope) (Autriche), d'Ulrich Seidl (les deux premiers opus de la trilogie avaient été sélectionnés à Cannes puis Venise)
- Pozi?ia Copilului (Child's Pose) (Roumanie), de C?lin Peter Netzer (Medal of Honor)
- Promised Land (USA), de Gus Van Sant (Good Will Hunting, Milk)

Hors compétition :
- The Croods (USA), de Kirk De Micco et Chris Sanders (film d'animation)

Berlinale Special :
- Unter Menschen (Redemption Impossible) (Allemagne), de Christian Rost et Claus Strigel (documentaire)

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Toutes les informations déjà publiées sur Berlin 2013