Le réalisateur Philip Kaufman, 75 ans, fera la leçon de cinéma du 65e Festival de Cannes,, en dialoguant avec Michel Ciment.
Scénariste, cinéaste et producteur américain, Kaufman a commencé sa carrière en 1965 avec Goldstein, Prix de la nouvelle critique au Festival de Cannes. Il signe deux westerns emblématiques des années 70 : La légende de Jesse James qu'il réalise en 1972 et le scénario de Josey Wales hors-la-loi réalisé par Clint Eastwood en 1976. Kaufman aime l'exploration. Dans The White Dawn (1974), il film les Inuits confrontés à la civilisation occidentale. C'est en faisant le remake de L'invasion des profanateurs en 1978 qu'il rencontre pour la première fois le grand public. Le film est un succès. Il enchaîne ensuite avec Les Seigneurs, histoire d'un gang de jeunes italo-américains à New York. En 1981, il écrit l'histoire des Aventuriers de l'Arche perdue, le premier épisode de la franchise Indiana Jones, avec George Lucas. Et deux ans plus tard, il monte son projet le plus ambitieux, et le plus cher à ce jour, avec L'Etoffe des héros, qui retrace la conquête spatiale américaine. Le film entre vite dans le panthéon des grands films du genre, et obtient 4 Oscars (montage et mixage sonore, montage, musique et son) parmi ses 8 nominations (second rôle masculin, direction artistique, image et film). En 1988, il adapte le roman de Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être, avec Juliette Binoche dans un de ses premiers grands rôles. A partir des années 90, ses films marquent moins les esprits cinéphiles : Henry & June (1990), le thriller Soleil levant (1993), Quills la plume et le sang (2000) et le polar Instincts meurtriers (2004).
Attiré par le souffre (Quills a pour héros le Marquis de Sade, Henry & June a été classé comme un film pornographique aux USA), le cinéaste de San Francisco a souffert, à Hollywood, de son goût pour la nudité, les tabous et les romans inadaptables.
Cannes lui rendra également hommage en projetant hors-compétitionHemingway & Gellhorn, son dernier film, produit par la chaîne HBO, avec Clive Owen dans le rôle de l'écrivain et Nicole Kidman dans celui de la correspondante de guerre (et troisième épouse).
Pour accompagner cet hommage il y a eu la projection en avant-première de Black Power Mixtape 1967-1975 de Göran Hugo Olsson dont Danny Glover est un des co-producteurs, et qui avait été primé meilleur documentaire étranger au festival de Sundance 2011. On y découvre le mouvement Black Power avec des images d’archives de télévision suédoise (des reporters qui donnent une image positive des activistes alors les médias américains conservateurs n’évoquaient surtout que troubles et violences) avec un commentaire de différents artistes afro-américians d’aujourd’hui (Erykah Badu, Talib Kweli, Questlove, Melvin Van Peebles…). Le documentaire évoque les figures de Martin Luther King, Stokely Carmichael et Angela Davis avec des propos qui résonnent encore aujourd’hui.
Après un rôle dans L’évadé d’Alcatraz de Don Siegel, ses débuts d’acteur sont remarqués avec des films qui sont nommés aux Oscars : La saison du cœur de Robert Benton, Witness de Peter Weir, La couleur pourpre de Steven Spielberg. Il sera ensuite un visage connu à Hollywood avec des films aussi différents que la quadrilogie de L’arme fatale de Richard Donner, L’idéaliste de Francis Ford Coppola, La famille Tenenbaum de Wes Anderson, Saw de James Wan, 2012 de Roland Emmerich. Il apparaît aussi dans Manderlay de Lars Von Trier, Be kind rewind de Michel Gondry et Blindness de Fernando Meireilles. Il a aussi joué dans plusieurs films à destination de la télévision pour lesquels il est co-producteur.
Danny Glover a eu 65 ans en juillet dernier et pour lui cet hommage lui fait mesurer le chemin parcouru, et plus important que sa carrière au cinéma ce sont les personnes qui l’ont accompagné et le regard de son petit-fils et celui de sa femme.
- A propos du dixième anniversaire des évènements du 11 septembre 2001 :
- La question qu’il faut se poser c’est : est-ce que le monde est plus sûr dix ans après ? Le monde sera plus sûr si on s’attelle aux questions de pauvreté, de partage des ressources. La seconde guerre mondiale ferait pâle figure à côté du mal que nous avons fait en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud. Le monde sera plus sûr si on donne du bien-être à ceux qui vivent sur cette planète.
Danny Glover est aussi un homme engagé en faveur de différentes causes (droits civiques, travailleurs défavorisés, le parti démocrate, contre la guerre en Irak, accès à l’éducation…) pour lesquelles il fait entendre sa voix, il a d’ailleurs été Ambassadeur de bonne volonté pour les Nations Unies entre 1998 et 2004 et aussi Ambassadeur pour l’Unicef. Depuis 2005 il est co-producteur de différents films qui portent d’autres visions du monde comme Bamako de Abderrahmane Sissako, Le temps qu’il reste de d’Elia Suleiman ou Oncle Boonmee celui qui se souvient de ses vies antérieures de Apichatpong Weerasethakul.
Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a rendu un double hommage à Shirley MacLaine pour à la fois sa carrière au cinéma d’actrice (et de réalisatrice) et aussi sa carrière littéraire (elle a écrit une douzaine de livres). A cette occasion Deauville fait redécouvrir ses films La garçonnière, La rumeur, Irma la douce, Le tournant de la vie, Bienvenue Mister Chance, Tendres passions et plus récemment Ma sorcière bien-aimée. Shirley MacLaine est un peu chez elle puisqu'une suite porte son nom dans l'un des Palaces de la ville.
Son parcours de comédienne est légendaire, elle a joué devant les caméras d'Alfred Hitchcock, Vincente Minnelli, Billy Wilder, Jack Cardiff, Robert Wise, Vittorio de Sica, Don Siegel, Hal Ashby, plus récemment Nora Ephron, Curtis Hanson, Rob Reiner, Garry Marshall et dernièrement Richard Linklater. Certains de ses livres sont biographiques et d’autres témoignent de son intérêt pour la réincarnation et autre spiritualité et de son engagement politique (les droits civiques, les droits des femmes…). Elle a aussi joué à travers le monde un spectacle one-woman show.
Ce sont toutes ces facettes de sa personnalités qui ont été abordées avec la presse, des questions les plus diverses auxquelles la comédienne a répondu soit avec des traits d’humour ironiques soit avec une sincérité désarmante. Ainsi ses plus grands bonheurs aujourd’hui sont de voyager facilement en avion et... son chien !
Le cinéma actue l? "La technologie est en train de pervertir la communication émotionnelle"... Elle semble désabusée : "C’est devenu surtout du marketing, et des suites de suites de suites. Les histoires audacieuses sont une chose révolue, aujourd’hui il s'agit surtout d'utiliser le dernier outil technologique. J’en ai un peu marre de m’asseoir au cinéma à attendre le prochain objet qui va me sauter à la figure avec des lunettes 3D. L'âge d'or du cinéma était celui des histoires qui éveillaient la conscience des spectateurs. On n'est plus là dedans."
Toutefois elle déclare que sa dernière belle expérience de cinéma est son dernier tournage : Bernie, avec Jack Black et Matthew McConaughey, réalisé par Richard Linklater. Mais elle regrette que le 7e art ait oublié les silences ... "Ça ressemble presque à une démarche intentionnelle pour maintenir les gens à l'écart les uns des autres."
Shirley MacLaine en images lors de la conférence de presse :
Pour l'année 2010/2011, la Cinémathèque française va nous en mettre plein les yeux. Après le triomphe de l'exposition Stanley Kubrick (un record de 140 000 visiteurs!), la Cinémathèque proposera des voyages autour du monde : USA, Italie, Japon, Outre-mer, Estonie, Japon, Hong Kong, Israël, Egypte, Argentine,...
Voici un choix non exhaustif et subjectif de la part de la rédaction : les 7 événements à ne pas manquer.
Blake Edwards (24 août -17 octobre) : le prince de la comédie américaine élégante récemment disparu (voir actualité du 16 décembre 2010)a les honneurs d'une rétrospective, qui voit défiler la Panthère rose, Boire et déboires, The Party, La grande course autour du monde, Le jour du vin et des roses, S.O.B., Victor Victoria et le mythique Diamants sur canapé.
Shirley Maclaine (29 août - 5 septembre) : hommage à l'une des reines du cinéma américain, conjointement à celui du Festival de Deauville. La soeur de Warren Beatty reste l'une des rares comédiennes à avoir su traverser les époques. Au programme, Bienvenue Mister Chance, Comme un torrent, La garçonnière, Irma la Douce, Mais qui a tué Harry? (un Hitchcock délicieux), Tendres passions, La rumeur...
Metropolis (19 octobre -29 janvier) : le film culte de Fritz Lang avait fait l'objet d'une projection en plein air Porte de Brandebourg lors de la Berlinale 2010. Voici l'exposition qui était, à l'époque, au Musée du cinéma de Berlin, à la fois making of du film et de sa restauration. A cela s'ajoutera une rétrospective Fritz Lang, des conférences (dont l'une sur l'invention du décor), une lecture, un cycle Cités futuristes (d'Akira à Total Recall), une sortie DVD de Metropolis et deux livres (Fritz Lang au travail, Metropolis). / voir aussi notre actualité du 13 février 2010
Steven Spielberg : avec deux films cette année, la Cinémathèque ne pouvait pas passer à côté du cinéaste. Pour Cheval de guerre, une rétrospective, qui sera inaugurée en sa présence, est prévue. Spielberg lancera ainsi les festivités de ses 40 ans de cinéma (Duel), en attendant un livre-anthologique prévu avant l'été.
Alain Cavalier : le succès de Pater légitime d'autant plus le cycle qui lui sera consacré au printemps. Le cinéaste libre fera une "conversation informelle" avec les cinéphiles et permettra de (re)découvrir ses oeuvres intimes souvent passées inaperçues, mais aussi ses films "plus classiques" qui ont bâti sa réputation. Il sera là tous les jours pour dialoguer avec le public.
Tim Burton (7 mars 2012) : première étape de la tournée mondiale de l'exposition lancée au Museum of Modern Art de New York avec succès (700 000 visiteurs!), "L'art dans tous ses états" sera l'un des événements culturels de l'année. Toutes les facettes de l'artiste seront dévoilées : photographe, illustrateur, scénariste, ... le décor sera encore au coeur de cette exposition phare qui revisitera ses films et son univers. Une Master class avec Burton est programmée, en plus de l'intégrale des films et d'une carte blanche!
Bernardo Bertolucci : l'un des derniers géants du cinéma italien mérite cette rétrospective. En sa présence, "il maestro" reviendra sur cet itinéraire peu conformiste, son engagement politique et social... il parlera aussi sans doute de son nouveau film en 3D, moins d'un an après sa Palme d'or d'honneur à Cannes (voir actualité du 11 mai 2011).
et aussi : la France de l'outre-mer au cinéma, le cinéma fantastique français, les 100 ans du cinéma estonien, un hommage à Nanni Moretti (en sa présence), la musique de films avec Gabriel Yared, une rétrospective Robert Altman, une histoire du cinéma égyptien, un cycle Kiyoshi Kurosowa, Serge Daney... et un colloque international sur le cinéma numérique les 13 et 14 octobre ("Quel avenir pour les Cinémathèques?").
Le FFM de Montréal aime les stars françaises. Sophie Marceau, Isabelle Huppert, Nathalie Baye et, l'an dernier, Gérard Depardieu ont reçu depuis 2007 le Grand prix des Amériques. Auparavant, des grands noms du cinéma comme Martin Scorsese et Sophia Loren avaient été honorés. Cette année, ce sera au tour de Catherine Deneuve de recevoir ce prix pour sa "contribution exceptionnelle au cinéma".
« Parmi les plus grandes actrices du 7e art, Catherine Deneuve occupe une place tout à fait à part. Elle a travaillé avec les plus grands cinéastes et a conquis le monde grâce à son immense talent. Nous sommes particulièrement heureux de lui rendre hommage lors du prochain FFM », a déclaré hier par communiqué le président du festival montréalais, Serge Losique. Celui-ci pourrait proposer l'avant-première américaine du film de Christophe Honoré, Les bien-aimés, qui avait fait la clôture du Festival de Cannes en mai dernier.
Deneuve choisira elle-même les films marquants qui seront présentés dans le cadre de son hommage.
La programmation complète du festival sera dévoilée le 2 août. Le 35e Festival des films du monde se tiendra du 18 au 28 août 2011, soit une semaine plus tôt que d’habitude.
Le Festival du film de Locarno remettra l’Excellence Award Moët & Chandon 2011 à Isabelle Huppert, le 7 août sur la Piazza Grande ; le même jour le public pourra assister à une conversation avec l’actrice animée par Jean-Marc Lalanne et Olivier Père. "À l’occasion de la remise de ce prix seront projetées à Locarno La Dentellière de Claude Goretta, Loulou de Maurice Pialat, Merci pour le Chocolat de Claude Chabrol, La Pianiste de Michael Haneke, White Material de Claire Denis et Villa Amalia de Benoît Jacquot" précise le communiqué.
Pour Olivier Père, Directeur artistique du Festival c'est l'occasion de rendre hommage à l'«une des meilleures actrices de son temps.» «Isabelle Huppert a construit une œuvre en choisissant des rôles complexes et inoubliables mais aussi des cinéastes qui comptent parmi les plus fortes personnalités du cinéma moderne. Son jeu d’une palette qui semble infinie est fait de maîtrise et de passion, d’instinct et d’intelligence, de travail et d’abandon. C’est un immense honneur d’accueillir Isabelle Huppert au Festival del film Locarno, où elle avait présenté L’Inondation d’Igor Minaiev, et de lui remettre l’Excellence Award Moët & Chandon. »
D'autres hommages ont déjà été annoncés : Hitoshi Matsumoto, qui présentera en avant-première internationale Saya-zamurai (Scabbard Samurai), en plus de ses deux autres films, eux autres longs métrages du réalisateur : Dai-Nipponjin (Big Man Japan, 2007) et Shinboru (Symbol, 2009) ; Abel Ferrara qui recevra le Pardo d’onore Swisscom, prix attribué chaque année à un réalisateur contemporain pour l’ensemble de son œuvre. L’Ange de la vengeance (Ms. 45, 1981), King of New York (1990), Bad Lieutenant (1992) et Mary (2005) seront projetés ; le producteur américain Mike Medavoy, qui sera récompensé du Prix Raimondo Rezzonico et qui tiendra une Masterclass.
Locarno rendra hommage à diverses personnalités, avec, en bonus des prix Pardo d'honneur pour l'ensemble de leur carrière : la star italienne Claudia Cardinale (avec 8 1/2 de Federico Fellini) ; le comédien allemand Bruno Ganz (avec La chute, La Marquise d'O et Le couteau dans la tête) ; le réalisateur suisse de 82 ans Claude Goretta (avec La dentellière, L'invitation, La provinciale et un documentaire sur lui réalisé par Lionel Baier, Bon vent Claude Goretta).
Trois autres hommages sont prévus dans le cadre de séances spéciales : le réalisateur iranien interdit de filmer par les autorités de son pays Jafar Panahi (avec la projection du Miroir, 1997) ; l'artiste albanaise Anri Sala (dont on pourra voir son nouveau film, 1395 Days without Red) ; et Jean-Marie Straub, avec trois films en avant-première (L'inconsolable, Schakale und Araber, Un héritier).
Année des Outre-mer en France, 2011 sera l'occasion de faire honneur à la réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy.
Aujourd'hui 6 avril, à l'occasion de l'hommage de la Nation rendu à Aimé Césaire, poète et politicien martiniquais, Euzhan Palcy présentera son film de sept minutes consacré à la vie du grand homme, sacré au Panthéon.
Il s'agit d'un extrait de la trilogie Aimé Césaire, une parole pour le XXIe siècle (1994), qui sortira en DVD le 16 mai, tout comme le coffret de la trilogie Parcours de dissidents (2005, avec la voix de Gérard Depardieu).
Le 14 mai, lors du 64e Festival de Cannes, dans le cadre de la sélection Cannes Classics, elle viendra sur la Croisette pour la projection de son plus grand succès, Rue Cases-Nègres (1983), en présence de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication. Ce film a reçu lors de sa sortie le César du meilleur premier film, le Prix Louis Delluc et plus de 17 prix internationaux, dont le Lion d’Argent et le Prix d’Interprétation Féminine à la Mostra de Venise.
Le 18 mai, à New York, le Musée d'Art moderne de la ville (le MOMA) lancera la première grande rétrospective dédiée à sa carrière. The Euzhan Palcy Retrospective comprendra évidemment Une saison blanche et sèche, avec Marlon Brando.
Un mois plus tard, le 18 juin, aux Invalides (à Paris) et dans les Préfectures du territoire français, l'exposition "Parcours de dissidents" sera lancée. Cette exposition nationale sur la dissidence est basée sur le film du même nom.
Le 20 juin, elle commencera le tournage à Los Angeles de son prochain film, Mahalia Jackson. Il s'agit du biopic autour de la chanteuse de Gospel et de la militante des droits civiques. On fête cette année le centenaire de sa naissance et en 2012 le 40e anniversaire de sa mort. Le rôle est interprété par Fantasia Barrino.
Comme nous vous l'annoncions ce matin, le 64e Festival de Cannes accueillera Jean-Paul Belmondo pour une soirée spéciale en son honneur. Ce sera le mardi 17 mai. Cannes sera décidément très 70's avec la star de Taxi Driver en président du jury, le retour de Terrence Malick et la projection d'Orange mécanique en version restaurée, accompagnée de la Leçon de cinéma de Malcom McDowell.
« Nous sommes heureux qu'il ait accepté d'assister à la soirée festive donnée pour saluer son talent et son itinéraire. L'étendue de son registre, le charisme de sa personnalité, la précision de son jeu, la gouaille de ses propos, l'aisance de son allure en ont fait avec Jean Gabin et Michel Simon, l'un des plus grands comédiens français de tous les temps. De nombreux films sont là pour en porter témoignage. Nul doute que la tribu des comédiens français, Jean Rochefort, Claude Rich, Pierre Vernier et Jean-Pierre Marielle, ses amis du Conservatoire, en tête, tiendra à monter les marches cannoises pour fêter "Bébel" sous l'ovation de son public de toujours », déclarent Gilles Jacob et Thierry Frémaux.
Cannes va donc fêter l'un des monstres sacrés du cinéma Français, né avec la Nouvelle Vague et sacralisé par le public au fil des ans : Philippe de Broca, Henri Verneuil, Gérard Oury, Georges
Lautner, Jacques Deray, Jean-Luc Godard, Jean-Pierre Melville, François Truffaut, Claude Lelouch ou encore Alain Resnais, sans oublier de Vittorio Sica (en photo dans La Ciociara) et Alberto Lattuada, l'Homme de Rio ne fut jamais à bout de souffle et resta longtemps Magnifique.
Dans son communiqué, le Festival de Cannes indique avoir souhaité depuis longtemps le retrouver sur le tapis rouge. Il aura fallu attendre 10 ans. Entouré de ses amis et de ses admirateurs, Jean-Paul Belmondo assistera le mardi 17 mai à la première du documentaire de Vincent Perrot et Jeff Domenech, Belmondo, Itinéraire... » et à cette projection succèderont un dîner et une fête, clôturant ainsi cette journée-hommage.
Marre des blockbusters, des comédies franchouillardes, des "actionners" décervelés ? Vite, rendez-vous à Arras, où pour la neuvième année consécutive, un Autre cinéma est à l’honneur ! Du 7 au 16 novembre prochains, le chef-lieu du Pas-de-Calais accueille en effet avant-premières, inédits, rétrospectives et hommages pour dix jours de fête cinématographique placée sous le signe de l’échange, de la convivialité et de la découverte.
Le grand événement de ce Festival international du film d’Arras 2008, c’est bien sûr la présence du réalisateur John Boorman (Excalibur, Duel dans le pacifique, Délivrance…) à qui est consacré une rétrospective exhaustive présentant même ses deux derniers longs métrages inédits en France : In my country et The tiger’s tail. A cette occasion, le cinéaste visionnaire donnera une leçon de cinéma animée par le spécialiste Michel Ciment, succédant ainsi à Dario Argento (2007) et Sydney Lumet (2005).
Deux autres rétrospectives permettront également aux festivaliers de redécouvrir des œuvres incontournables de l’Histoire cinématographique. "Heroïc fantasy, les années 80" fait la part belle à la magie et au fantastique en programmant The dark crystal de Frank Oz et Jim Henson, Ladyhawke, la femme de la nuit de Richard Donner ou encore Legend de Ridley Scott ; tandis que "14-18, la guerre n’est pas un jeu" célèbre à sa manière le 90e anniversaire de l’armistice franco-allemand. On verra notamment des œuvres pacifistes (Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, Johnny got his gun de Dalton Trumbo…) et deux films défendant le point de vue des Allemands : Quatre de l’infanterie de Georg W. Pabst et A l’ouest rien de nouveau de Lewis Milestone (dans sa version intégrale restaurée). Enfin, le festival a spécialement passé commande à Mauro Coceano d’une partition musicale inédite pour accompagner Les Quatre cavaliers de l’Apocalypse de Rex Ingram lors d’un ciné-concert exceptionnel.
Pour autant, le cinéma contemporain n’est pas en reste avec un choix impressionnant d’avant-premières mêlant sélectionnés cannois (Il divo de Paolo Sorrentino, prix du jury, Trois singes de Nuri Bilge Ceylan, Two lovers de James Gray, Hunger de Steve Mc Queen, Caméra d’or…) et films attendus de l’hiver 2008 (The duchess de Saul Dibb, Secret défense de Philippe Haïm, Pride and glory de Gavin O’Connor…). Pour elle de Fred Cavayé en ouverture et Louise-Michel de Benoît Delépine et Gustave Kerven en clôture complètent assez harmonieusement cette fenêtre ouverte sur l’actualité cinématographique mondiale.
Enfin, pour une vraie plongée dans des cinématographies moins diffusées, les sections "cinémas du monde" et surtout "Inédits d’Europe" abordent d’autres cultures et d’autres enjeux de société au travers de longs métrages venus du Mexique, de Turquie, de Pologne, de Bulgarie, ou encore de Bosnie-Herzégovine. Ce sera notamment l’occasion de pénétrer dans les étonnantes prisons pour femmes et enfants en Argentine avec le très touchant Leonera de Pablo Trapero ou de suivre le douloureux parcours d’une femme qui ne parvient pas à aimer son enfant (L’étranger en moi d’Emily Atef).
Pour compléter un planning déjà bien rempli, Arras propose par ailleurs "le festival des enfants" (avant-premières, ateliers d’initiation et de découverte, ciné concert spectacle, ciné-chanson, ciné-concerto… réservés aux plus jeunes) ainsi que des expositions, colloque, soirée et journées professionnelles. Le temps de dix jours pas comme les autres, ça ne fait aucun doute, la capitale d’un cinéma différent, plus riche et plus ouvert sur le monde, se trouve définitivement dans le Pas-de-Calais !
Pour sa 41e édition, le Festival international du film de Catalogne, consacré au cinéma fantastique, a confirmé le succès croissant rencontré lors des éditions précédentes avec pas moins de 140 000 festivaliers sur une dizaine de jours. Qu’est-ce qui attire les amateurs du cinéma de genre à Sitges ? Probablement la diversité des films présentés, allant de l’épouvante pure et dure au surnaturel, en passant par la science fiction et l’héroïc fantasy. Par le passé, des cinéastes aussi différents que Woody allen (Scoop), Jaume Balagueró (Rec) ou Hayao Miyazaki (Le château ambulant) ont ainsi participé à la compétition principale !
Sans surprise, cette année, il y en avait donc encore pour tous les goûts. Après le très moyen Mirrors d’Alexandre Aja en ouverture, la compétition a enchaîné Surveillance de Jennifer Lynch (meilleur film), Eden Lake de James Watkins (Prix du jury), Le bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-woon (meilleur réalisateur et meilleurs effets spéciaux), The Sky Crawlers de Mamoru Oshii (meilleure musique), Tale 52 d’Alexis Alexiou (meilleur scénario), Red de Trygve Allister Diesen and Lucky McKee (Brian Cox meilleur acteur), Martyrs de Pascal Laugier (prix des meilleurs maquillages FX)… Soit à la fois le plus radical et le plus délirant, le plus pervers et le plus philosophique. Hors palmarès et hors compétition, on croisait également Transsiberian de Brad Anderson, Rocknrolla de Guy Ritchie, Dachimawa Lee de Ryoo Seung-wan ou encore The broken de Sean Ellis.
Côté événements, un hommage a été rendu au film 2001, Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick dont c’était le 40e anniversaire. Les réalisateurs Nicholas Meyer (C’était demain, Star Trek 2, 4 et 6…) et John Carpenter (New York 1997, Los Angeles 2013, The thing…) ont par ailleurs reçu un "Time Machine Award" (Prix de la machine à remonter le temps) pour l’ensemble de leur carrière. Enfin, et les mini-events trauma du festival de cannes sont battus à plate couture, une parade de zombies ("Eastpak Zombie Walk") a réuni plusieurs centaines de personnes déguisées en zombies et autres morts vivants, sous la houlette du spécialiste George Romero qui a lui-même donné le coup d’envoi.
L’édition 2009 du Festival de Sitges devrait faire la part belle à l’univers d’Alien (on fêtera le 30e anniversaire du premier volet dirigé par Ridley Scott) et au phénomène Ghostbusters. Avec peut-être, pour fêter l’événement, un défilé nocturne de fantômes ?