Le critique et historien du cinéma Richard Schickel est mort

Posté par vincy, le 20 février 2017

Le critique et documentariste Richard Schickel est mort à l'âge de 84 ans le 18 février à Los Angeles. Né en 1933 à Milwaukee, cet historien du cinéma avait débuté comme critique dans les années 1960, notamment pour Time, Life et le Los Angeles Times.

Il a surtout été l'auteur d'une trentaine d'ouvrages consacrés au cinéma américain, de 1960 à 2015: he Disney Version: The Life, Times, Art and Commerce of Walt Disney, Harold Lloyd: The Shape of Laughter, Douglas Fairbanks: The First Celebrity, Cary Grant: A Celebration, D.W. Griffith: An American Life, James Cagney: A Celebration, Gary Cooper, Brando: A Life in Our Times, Clint Eastwood: A Biography (Flammarion), Woody Allen: A Life in Film, Elia Kazan: A Biography, The Essential Chaplin: Perspectives on the Life and Art of the Great Comedian, Conversations with Scorsese (Sonatine) ou encore Steven Spielberg: A Retrospective (La Martinière). Biographies, livres d'entretiens, beaux-livres, encyclopédies (notamment une sur la Warner en forme de trilogie): Richard Schickel se vantait d'avoir vu 22590 films dans sa vie depuis son premier, Blanche-neige et les sept nains de Walt Disney en 1938.

Il a aussi été l'auteur et le réalisateur de nombreux documentaires, essentiellement pour PBS, la chaîne publique américaine. Il fut nommé aux Emmy Awards avec The Men Who Made the Movies, Life Goes to the Movies, Minnelli on Minnelli, Elia Kazan: A Director's Journey et Shooting War: World War II Combat Cameramen. Il a aussi été l'auteur de documentaires sur Star Wars (The Making of Star Wars, From Star Wars to Jedi: The Making of a Saga) et les légendes qu'il admirait (Cagney, Grant, Cooper, Barbara Stanwick, Eastwood, Chaplin).

Edito: Clair de lune

Posté par redaction, le 2 février 2017

Il est clair que l'actualité n'est pas focalisée sur le cinéma ces temps-ci. Les feuilletons palpitants sont ailleurs, du côté de la Maison-Blanche où un milliardaire joue les Dr Folamour, de la course présidentielle française où on assiste à une sorte de télé-réalité éliminant presque tous les quinze jours tel ou tel candidat, ou encore sur les terrains de handball ou de tennis où des vétérans réalisent des exploits spectaculaires comme dans un bon feel-good movie qui fait triompher les outsiders.

Il est clair aussi que le cinéma d'auteur retrouve de la vigueur en cet hiver tempêtueux et capricieux. Les fans de blockbusters devront un peu patienter. Entre comédies françaises et films d'animation tous publics, les cartons critiques sont aussi des succès publics. La valeur Oscar a encore la cote. La La Land, qui a fait sombrer certains dans l'ennui (on l'avait dit, le scénario est le talon d'Achille de ce gracieux drame musical) et enchanter les autres, est un triomphe en salles. Manchester by the Sea continue de drainer suffisamment de spectateurs sur la longueur pour espérer atteindre les 500000 entrées en France, malgré un sujet - le deuil - pas franchement joyeux. Cette semaine, le cinéma américain nous offre deux œuvres plus que marquantes. D'abord un film puissant et prégnant, Moonlight. Ce portrait de l'autre Amérique, celle des minorités, qui commence comme un Spike Lee pour s'achever, bouleversant sur un film à la Ang Lee (qui sort cette semaine Billy Lynn, nous y reviendrons ce week-end), est bouleversant par sa pudeur et sa justesse. Un film audacieux qui n'aura pas l'Oscar. On ne compte plus le nombre de films excellents, récompensés un peu partout, qui n'ont pas eu la statuette simplement parce qu'il s'agissait d'une histoire d'amour entre deux personnes du même sexe. Moonlight a davantage d'intensité dramatique que La La Land, mais Hollywood préfèrera la glorification de son miroir. Another Day in the Sun.

Entre ombres et lumières, l'autre film de la semaine est Jackie. Filmé par un cinéaste chilien, d'ores et déjà dans la cour des grands, ce portrait de femme-épouse-mère-veuve-first lady n'est pas vraiment américain même si son sujet l'est, même si son financement l'est aussi en partie. Outre le style singulier de ce non-biopic, il s'agit d'une véritable réflexion entre le réel et la représentation, ce que l'on vit et ce que l'on montre. Jackie est incarné par une israélo-américaine, réalisé par un sud-américain, coproduit par des sociétés françaises (Wild Bunch et Why Not), et tourné aux deux tiers en France, dans la Cité du cinéma de Luc Besson.

Car il est tout aussi clair que la réforme du crédit d'impôt international a multiplié les tournages en France, rapportant 152M€ l'an dernier (trois fois plus qu'en 2015) et bénéficiant à 36 projets (au lieu de 22 en 2015). Christopher Nolan, Bollywood, les studios illumination, Cinquante nuances..., et peut-être le sixième Mission:Impossible: la France devient sexy pour tourner. Il était moins cher de reconstituer la Maison-Blanche de l'époque JFK à Saint-Denis qu'à Londres, Prague, Los Angeles ou Montréal.

En cette période un peu chaotique et assombrie, ce genre de nouvelles apporte un rayon de lune salvateur.

Oscars 2017: 14 nominations pour La La Land!

Posté par vincy, le 24 janvier 2017

Les 89e Oscars ont révélé leurs nominations qui seront décernés le 26 février. Elles ont été annoncées sous forme de clip compilé, une première, avec Demian Bichir, Dustin Lance Black, Glenn Close, Guillermo del Toro, Marcia Gay Harden, Terrence Howard, Jennifer Hudson, Brie Larson, Jason Reitman, Gabourey Sidibe et Ken Watanabe en présentateurs.

On retiendra d'abord le sacre du cinéma du "milieu" américain, aka le cinéma indépendant avec cins grands vainqueurs: La La Land, Moonlight, Arrival, Manchester by the Sea et Tu ne tueras point. La La Land atteint les 14 nominations, soit le record égalé de Titanic et All About Eve. Sinon tous les favoris sont là, même si la compétition semble tuée par le drame musical de Damien Chazelle.

On notera la énième nomination de Meryl Streep (absence de risque) mais l'audace d'avoir cité Isabelle Huppert qui glane ici sa première citation. Deux films d'animation français feront face à deux Disney dans la catégorie du meilleur film animé. Un exploit en soi. Et il ne faudrait pas oublier un court métrage suisse avec Jane Birkin (La femme et le TGV).
On ajoutera la consécration du québécois Denis Villeneuve, avec Arrival (Premier contact) un film de SF (ce qui est assez rare) nommé dans la catégorie meilleur film et lui-même dans celle du meilleur réalisateur. Avec 8 nominations, il est 2e ex-aequo en nombre de citations, égalant le score de Moonlight. Suivent Lion, Tu ne tueras point et Manchester by the Sea, six fois nommés. Notons que la présence de Manchester by the Sea dans la catégorie reine marque l'histoire d'Amazon Studios, pour la première fois cité en meilleur film.

Il y a bien sûr des snobés : Deadpool, Martin Scorsese et son Silence, The Birth of a Nation, grand prix du jury et prix du public à Sundance, Amy Adams, Nocturnal Animals, Grand prix du jury à Venise, Tom Hanks et Sully, Michael Keaton Hugh Grant, Annette Bening, Le monde de Dory, Tous en scène ...
Mais on constate surtout que les votants ont suivi les Golden Globes à peu de chose près (le gagnant du second rôle masculin Aaron Taylor-Johnson n'est même pas nommé mais la catégorie du second rôle féminin est entièrement identique). Il y aussi quelques surprises comme le rattrapage de The Lobster en scénario ou Fuocoammare en documentaire.

Et puis cette année, les Oscars ne sont pas "white" mais bien divers, avec des jeunes, des vétérans, des afro-américains (réalisateur, documentaire, film, acteurs...), un comédien d'origine indienne, etc...

Les Oscars ne feront peut-être pas un carton d'audience (les films nommés totalisent le box office cumulé le plus faible de ces dernières années, avec aucun film au dessus des 100M$) mais ils sacreront La La Land, ce qui en fera une soirée, assurément, fraiche et enchanteresse. Car, en bonus, il y a beaucoup de primo-nommés.

Film
Arrival, Fences, Tu ne tueras point, Comancheria, Les figures de l'ombre, La La Land, Lion, Manchester by the Sea, Moonlight

Réalisateur
Denis Villeneuve (Arrival), Mel Gibson (Tu ne tueras point), Damien Chazelle (La La Land), Kenneth Lonergan (Manchester by the Sea), Barry Jenkins (Moonligtht)

Acteur
Casey Affleck (Manchester by the Sea), Andrew Garfield (Tu ne tueras point), Ryan Gosling (La La Land), Viggo Mortensen (Captain Fantastic), Denzel Washington (Fences)

Actrice
Isabelle Huppert (Elle), Ruth Negga (Loving), Natalie Portman (Jackie), Emma Stone (La La Land), Meryl Streep (Florence Foster Jenkins)

Second-rôle masculin
Mahershala Ali (Moonlight), Jeff Bridges (Comancheria), Lucas Hedge (Manchester by the Sea), Dev Patel (Lion), Michael Shannon (Nocturnal Animals)

Second rôle féminin
Viola Davis (Fences), Naomie Harris (Moonlight), Nicole Kidman (Lion), Octavia Spencer (Les figures de l'ombre), Michelle Williams (Manchester by the Sea)

Film en langue étrangère
Land of mine, A Man called Ove, Le client, Tanna, Toni Erdmann

Film d'animation
Kubo et l'armure magique, Vaiana, Ma vie de courgette, La tortue rouge, Zootopie

Scénario original
Comancheria, La La Land, The Lobster, Manchester by the Sea, 20th Century Women

Scénario adaptation
Arrival, Fences, Les figures de l'ombre, Lion, Moonlight

Photo
Arrival, La La Land, Lion, Moonlight, Silence

Musique
Jackie, La La Land, Lion, Moonlight, Passengers

Montage
Arrival, Tu ne tueras point, La La Land, Moonlight

Chanson
Audition (La La Land), Can't stop the feeling (Les Trolls), City of Stars (La La Land), Empty Chair (Jim: The James Foley Story), How far I Go (Vaiana)

Décors
Arrival, Les animaux fantastiques, Avé! César, La La Land, Passengers

Costumes
Alliés, Les animaux fantastiques, Florence Foster Jenkins, Jackie, La La Land

Maquillage et coiffure
A Man called Ove, Star Trek Beyond, Suicide Squad

Effets visuels
Deepwater Horizons, Doctor Strange, Le livre de la jungle, Kubo et l'armure magique, Rogue One

Montage son
Arrival, Deepwater horizon, La La Land, Tu ne tueras point, Sully

Mixage son
Arrival, Tu ne tueras point, La La Land, Rogue One, 13 Hours

Documentaire
Fuocooammare, I am no your negro, Life animated, OJ: Made in America, 13th

Documentaire - court
Extremist, 4.1 Miles, Joe's violin, Watani My Homeland, The White Helmers

Court métrage
Ennemis intérieurs, la femme et le TGV, Silent Nights, Sing, Timecode

Court métrage animé
Blind Vaysha, Borrowed Time, Pear Cider and Cigarettes, Pearl, Piper

Debbie Reynolds (1932-2016) singin’ in Heaven

Posté par vincy, le 29 décembre 2016

Elle fut une star de cinéma dans les années 1950 et 1960. Debbie Reynolds s'est éteinte cette nuit à Los Angeles après avoir été hospitalisée d'urgence. L'actrice et chanteuse était la mère de Carrie Fisher, décédée la veille. Autant dire que le choc n'a pas été supportable pour ce couple mère-fille. Elle préparait les funérailles de sa fille lorsqu'elle a eu une attaque. Effondrée de tristesse. "Elle voulait être avec Carrie", a déclaré son fils Todd Fisher à Variety.

Née le 1er avril 1932 à El Paso au Texas, Debbie Reynolds avait 84 ans. Son dernier message public, sur Facebook, était dédié à Carrie Fisher:  "Merci à tous ceux qui ont su embrasser les dons et les talents de ma fille géniale et adorée. Je vous suis reconnaissante pour vos pensées et vos prières qui vont désormais la guider vers sa prochaine étape" et elle l'avait sobrement signé "la maman de Carrie".

Musicals

Un comble pour celle qui fut une des vedettes les plus connues d'Hollywood. Dès son premier grand rôle, dans Trois petits mots (Three Little Words), comédie musicale de Richard Thorpe avec Fred Astaire, elle obtient une nomination pour le Golden Globe du Meilleur Espoir. Dès lors, elle va devenir une grande du musical américain. En 1952, Gene Kelly la choisit pour être sa partenaire dans Chantons sous la pluie (Singin' in the Rain), bien qu'elle ne sache pas danser. Elle apprend à toute vitesse. Le film est un immense succès international et devient un des classiques du genre, parfois même considéré comme le meilleur "musical" de cinéma avec West Side Story. C'est d'ailleurs le film préféré de Woody Allen qui s'en est inspiré pour Tout le monde dit I Love You.

Parfaite "girl-next-door", douée de fantaisie, Debbie Reynolds enchaîne les comédies musicales et les comédies de séries B.: Donnez-lui une chance de Stanley Donen, Suzanne découche de Frank Tashlin, Le démon de midi de Blake Edwards, Le repas de noces de Richard Brooks, avec Bette Davis, où elle est nommée au palmarès du National Board of Review en tant que meilleur espoir féminin, ou encore Le bébé de mademoiselle de Norman Taurog, qui lui vaut une nomination aux Golden Globes et sa rencontre avec le chanteur Eddie Fisher, père de sa fille Carrie.

Variété

A partir de 1957, grâce au tube issu de Tammy and the Bachelor, elle se lance dans la chanson. Elle enregistre son premier album en studio, "Debbie", en 1959. Elle varie aussi ses choix cinématographiques et s'aventure dans d'autres styles de films : la comédie romantique avec Tout commence par un baiser et la comédie policière Le mort récalcitrant, tous deux de George Marshall et avec Glenn Ford, le mélo Les pièges de Broadway de Robert Mulligan, avec Tony Curtis, et le Western. En 1962, elle partage l'affiche avec les plus grandes stars de l'époque dans La conquête de l’Ouest de Henry Hathaway, John Ford et George Marshall. Notons que c'est la seule femme en tête d'affiche dans cette fresque où l'on croise James Stewart, John Wayne, Henry Fonda et Gregory Peck.

Debbie Reynolds tient encore quelques grands rôles dans les années 1960. Avec La Reine du Colorado, biopic sur la militante Margaret Brown, elle obtient sa seule nomination à l'Oscar de la meilleure actrice. Mais c'est aussi là que le cinéma commence à prendre moins d'importance dans sa vie. On la voit dans divers films (Au revoir Charlie!, Dominique, Divorce à l'Américaine. Elle commence alors une autre carrière, à la télévision, avec The Debbie Reynolds Show où elle met à profit ses multiples talents. Elle s'éclipse dès le début des années 1970, malgré quelques apparitions sur le petit écran, et opte pour les planches de théâtre (Irene, pour lequel elle est nommée aux Tony Awards, The Unsinkable Molly Brown, où elle reprend son rôle de Margaret Brown).

Un déclin brutal

Dans les années 1980, s'ennuyant loin des plateaux de tournage et malgré ses nombreuses activités caritatives, elle accepte des participations à des séries (soulignons son rôle récurrent dans la sitcom "Will & Grace") ou téléfilms, fait quelques doublages (de Miyazaki aux Razmokets) et obtient des seconds-rôles ou des caméos dans des films. On la voit notamment dans son propre rôle dans The Bodyguard. Elle a un personnage plus conséquent dans In & Out, avec Kevin Kline, et joue la mère d'Albert Brooks dans la comédie tendre Mother qui lui permet d'obtenir sa cinquième nomination aux Golden Globes. C'est d'ailleurs dans le rôle d'une mère, celle de Liberace, qu'elle fera sans le savoir ses adieux au cinéma, dans Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh. Cette vie de Vegas décrite dans le film, elle la connaît bien. Elle avait investit dans un Debbie Reynolds Hotel & Casino qui la conduite à une faillite personnelle à la fin des années 90, l'obligeant à vendre nombre de ses biens aux enchères. Elle avait collectionné des milliers de costumes de films au fil des ans, dont la célèbre robe blanche de Marilyn Monroe qui se soulève au dessus du métro dans 7 ans de réflexion.

Debbie Reynolds venait de recevoir un Jean Hersholt Humanitarian Award (Oscar d'honneur) en 2016 et un prix pour l'ensemble de sa carrière aux Screen Actors Guild Awards en 2015.

Les beaux yeux de Michèle Morgan se ferment à jamais (1920-2016)

Posté par vincy, le 20 décembre 2016

C'était l'une des plus grandes stars du cinéma français: Michèle Morgan, née Simone Roussel, s'est éteinte le 20 décembre 2016 à l'âge de 96 ans. Née le 29 février 1920, avec un anniversaire tous les quatre ans donc, l'actrice a été la première à recevoir un Prix d'interprétation féminine à Cannes pour son rôle dans La Symphonie pastorale de Jean Delannoy. Un comble quand on y pense puisque le plus beau regard du 7e art y jouait une aveugle. Elle est aussi l'une des rares comédiennes françaises à avoir son étoile sur le Walk of Fame d'Hollywood. Morgan avait reçu un César d'honneur en 1992 et un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière à Venise en 1996.

Mariée à William Marshall puis à Henri Vidal et enfin à Gérard Oury, Michèle Morgan a traversé l'histoire du 7e art français, commençant sa carrière en 1935. C'est dans le Quai des Brumes de Marcel Carné, face à Jean Gabin, qu'elle se révéla au spectateurs, avec la fameuse réplique qui la définira définitivement : "T'as de beaux yeux, tu sais". Son regard magnétique, sa beauté presque triste, ont inspiré Marc Allégret (Gribouille, Orage), Julien Duvivier (Untel père et fils), Lewis Milestone (My Life with Caroline), Robert Stevenson (Jeanne de Paris), Michael Curtiz (Passage pour Marseille) ou encore Arthur Ripley (L'évadée) et Carol Reed (Première désillusion).

Elle revient au cinéma français après la guerre et tourne avec les grands cinéastes classiques de l'époque: René Clément (Le château de verre), Marc Allégret (Maria Chapdeleine), Claude Autant-Lara (Les Sept péchés capitaux, Marguerite de la nuit), Yves Allégret (Les orgueilleux, Oasis), René Clair (Les grandes manœuvres), Sacha Guitry (Napoléon, Si Paris m'était conté), Denys de la Patellière (Retour de Manivelle), Henri Verneuil (Maxime, les lions sont lâchés). C'est sans doute André Cayatte  qui lui offre un de ses plus beaux rôles avec Le miroir à deux faces en 1958.

Morgan a ainsi séduit à l'écran les plus grands: Bogart, Sinatra, Philipe, Raimu, Boyer ou Marais. Avec l'arrivée de la Nouvelle vague, sa carrière décline, même si on l'aperçoit chez Claude Chabrol (Landru), Robert Hossein, Michel Deville (Benjamin ou les mémoires d'un puceau), Claude Lelouch (Le chat et la souris). La télévision prolongera son activité dans le métier avec quelques téléfilms. Et au théâtre, elle tiendra l'affiche de comédies à succès.

Un fantôme venu de l'âge d'or du 7e art

Elégante et chic, même en vieillissant, sa beauté irradiait les films dans lesquels elle jouait. Ses personnages invoquaient le désirs (qui ne se souvient pas de cette séquence où elle s'affichait en soutien-gorge dans Les orgueilleux), révélaient une véritable sensualité, et affirmaient une belle liberté, annonciatrice de l'émancipation des femmes. Sa vie c'était le cinéma. Formée aux cours de René Simon, actrice précoce, on la voyait souvent comme une romantique en détresse, une femme fatale, une beauté spectrale. Morgan c'était en fait une insolence, une sexualité à fleur de peau, un magnétisme torride, le feu qui brûlait la pellicule. Mais c'est bien parce qu'elle ne masquait jamais sa mélancolie apparente qu'elle cachait aussi bien, dans ces prudes décennies, ce qui la rendait si précieuse : son tempérament complètement opposé aux préjugés qu'inspiraient ses traits.

Populaire et glamour, Michèle Morgan n'était pas qu'une affaire de regard: elle a ainsi hanté quelques grands films du 7e art, côtoyé Gabin et Bogart, subit des grands cinéastes tyranniques. Las, le cinéma l'a enfermée dans ces vieux classiques, rendant suranné son charme, embourgeoisant son image, la placardisant dans un art trop conformiste pour les années 1960 et 1970. Elle aurait pu tourner chez Visconti, a manqué Casablanca. Mais elle était captive de son image. Grâce à Deville et Lelouch, elle a brisé cette image, en vain. Elle se consacra à la peinture et aux livres. Toujours avide de (se/nous) raconter des histoires.

Bye bye Zsa Zsa Gabor (1917-2016)

Posté par vincy, le 19 décembre 2016

L'actrice américaine Zsa Zsa Gabor, ex-Miss Hongrie 1936, est morte dimanche 19 décembre 2016 à l'âge de 99 ans d'une crise cardiaque. Née à Budapest, le 6 février 1917, cette "scandaleuse" aux neuf mariages aura surtout été une figure de la presse people: franc parler, humour et glamour ont d'ailleurs pris le dessus sur sa carrière professionnelle.

Mariée dès l'âge de 20 ans à un diplomate turc plus âgé qu'elle, Zsa Zsa a ensuite enchaîné les conquêtes, les bagues au doigt, les divorces. La Gabor a été l'une des premières comédiennes dont la notoriété était fondée sur sa présence et ses frasques médiatiques.

Elle a épousé le patron des hôtels Hilton, l'acteur britannique George Sanders ou encore il y a 30 ans, le prince allemand "auto-proclamé" Frederic von Anhalt qui voulait confier à l'anatomiste allemand controversé Gunther von Hagens le soin de "plastiner" son corps après son décès: "Ma femme a toujours rêvé que sa beauté soit immortelle".

Comédienne erratique

Sari Gabro (son vrai nom), née d'un père diamantaire et d'une mère rêvant d'être actrice, a quitté la Hongrie avec ses deux soeurs en 1941. Les "Gabor sisters" deviennent rapidement célèbres à Hollywood où Zsa Zsa, remarquée par sa personnalité flamboyante. Le cinéma s'intéresse à elle en 1952 avec Cinq mariages à l'essai d'Edmund Goulding et surtout le Moulin rouge de John Huston. En 1953, elle tourne Lili de Charles Walters (aux côtés de avec Leslie Caron et Mel Ferrer) et L'ennemi public numéro un d'Henri Verneuil, avec Fernandel (sur un scénario de Michel Audiard).

Iconoclaste autant que surprenante, l'actrice peut accepter aussi bien Sang et Lumières de Georges Rouquier, avec Daniel Gélin, Le clown est roi, avec Jerry Lewis et Dean Martin, ou La soif du mal d'Orson Welles (1958). Difficile de trouver une cohérence dans sa filmographie remplie de séries B (le film noir The Girl in the Kremlin, le drame judiciaire The Man Who Wouldn't Talk, le musical Country Music Holiday, le polar Death of a Scoundrel, la SF série Z Queen of Outer Space, la comédie The Road to Hong Kong...).

Devenue une célébrité plus qu'une grande comédienne, elle finit par jouer son propre rôle ou faire des caméos dans plusieurs films et notamment dans Freddy 3 - les Griffes du cauchemar en 1987.

Célébrité permanente

Elle a aussi été très présente à la télévision. Mais c'est bien dans la presse qu'elle aura tenu un premier rôle tout au long de sa vie, affirmant avoir couché avec Frank Sinatra, Richard Burton et Sean Connery, condamnée à trois jours de prison pour avoir giflé un policier en 1989 ou à 200000 dollars d'amende pour la rupture d'un contrat publicitaire en 1993. L'année suivante, elle se place sous la protection de la loi sur les faillites pour échapper à ses créanciers, après avoir été condamnée à 3,3 millions de dollars d'amende pour diffamation envers l'actrice Elke Sommer.

Un grave accident de voiture à Hollywood la laisse partiellement paralysée. Procédurière au maximum, elle poursuit sa coiffeuse qui conduisait le véhicule et obtient 2 millions de $ de dommages et intérêts. Finalement Zsa Zsa Gabor finira par faire la une avec ses hospitalisations: une attaque cérébrale, une opération de la hanche due à une mauvaise chute, l'amputation de la quasi-totalité d'une jambe et de problème cardiaques et pulmonaires. Elle aura vécu beaucoup de vies, une longue vie, une sacrée vie, mais il faut croire que la vie est chienne et lui a fait payer tous ses excès. Son plus grand rôle, elle l'a mis en scène elle-même: c'était elle.

Meryl Streep recevra le Cecil B. DeMille Award aux Golden Globes

Posté par vincy, le 3 novembre 2016

Il est presque étonnant que nous ayons du attendre 2017 pour voir Meryl Streep sur la liste prestigieuse des Cecil B. DeMille Awards, l'équivalent d'un golden Globe d'honneur pour l'ensemble d'une carrière. S'il y a bien une actrice américaine qui pouvait y prétendre c'est elle. Ce sera le cas cette année puisque l'Association des correspondants de la presse étrangère à Hollywood l'a choisie pour succéder à Denzel Washington, George Clooney, Jodie Foster, Robert De Niro, Martin Scorsese et autres Woody Allen. Elle recevra son prix lors de la 74e cérémonie des Golden Globes le 8 janvier prochain.

Il n'est pas impossible qu'elle soit en plus nommé dans la catégorie meilleure actrice de comédie/musical avec son rôle dans Florence Foster Jenkins. Car Meryl Streep a plusieurs records à son actif: 8 Golden Globes (de 1979 à 2011), 29 nominations, deux fois doublement nommée la même année (en 2002 et 2008). Elle déteint aussi le record de nominations aux Oscars (19, pour trois obtenus). On pourrait ajouter deux prix BAFTA, un prix d'interprétation à Cannes en 1989 et un autre à Berlin en 2003.

En 2017, elle fêtera aussi ses 40 ans de cinéma (Julia, de Fred Zinnemann). C'est la première fois depuis Jodie Foster (en 2013) qu'une femme est ainsi honorée par les journalistes étrangers basés à Los Angeles. Et depuis que ce prix existe, créé en 1952, c'est seulement la 14e personnalité de sexe féminin à recevoir le Cecil B. DeMille Award.

Quand la Chine croque Hollywood

Posté par vincy, le 30 octobre 2016

La tentation chinoise d'Hollywood est de plus en plus palpable: les studios se battent pour avoir un pied dans l'Empire du milieu, soit en créant des structures de production comme DreamWorks Animation (DreamWorks Oriental), soit en y bâtissant des parcs d'attraction (Disneyland à Shanghai). Même les stars s'y mettent. La grosse production de fin d'année, réalisée par Zhang Yimou, La Grande muraille, a pour tête d'affiche Matt Damon. Le blockbuster est avant tout ciblé pour être un carton en Asie.

Il n'y a rien de surprenant à tout ça: la Chine est déjà le 2e plus gros marché en fréquentation et en recettes dans le monde. Il devrait même être le premier marché dès 2018, avec un box office en forte croissance chaque année.

Depuis un mois, Hollywood se laisse dévorer par le dragon chinois. Il y a trente ans, le Japon avait tenté de conquérir l'industrie du divertissement américain (Sony en reste la plus belle preuve), suscitant à l'époque une "nippophobie". Là, rien de tel: les Chinois sont accueillis à bras ouverts.

Mondialisation

Ainsi Stan Lee, la légende des Comics, a décidé, avec Sharad Devarajan, de lancer un nouveau superhéros, Monkey Master, pour une coproduction sino-indienne. Ce gros budget en prises de vues réelles ciblera le marché chinois en priorité mais le casting international vise à le rendre rentable à l'export également. D'autant que l'histoire se passera entre la Chine et l'Inde, entre les temps anciens et les temps modernes. La figure du singe guerrier est populaire dans les mythologies des deux grands pays. Le tournage (en anglais) devrait commencer dans un an, avec un réalisateur occidental. Un pur produit mondialisé.

Wonder Wanda

Car c'est bien de mondialisation dont il s'agit. L'un des mastodontes chinois les plus conquérants est le conglomérat géant Dalian Wanda Group. Wanda a racheté en janvier le studio hollywoodien Legendary Entertainment à qui l'on doit Jurassic World et Godzilla (et autres films de ce genre chez Universal), pour 3,5 milliards de dollars. En septembre, après avoir échoué à prendre 49% de Paramount, le groupe chinois s'est s'associé avec Sony Pictures pour co-produire des films (notamment des blockbusters coûteux). Pour Sony, c'est aussi l'opportunité d'avoir un accès direct au marché chinois en se reposant sur les moyens de marketing et de distribution de son nouveau partenaire. Wanda a en plus des actions dans certaines franchises de la Paramount, notamment Transformers, 75% des parts du réseau de multiplexes nord-américains AMC, le circuit Hoyt's en Australie, le portail web dédié au cinéma en Chine Mtime ou encore Dick Clark productions, producteur historique de la TV aux Etats-Unis (notamment des Golden Globe Awards)... Le groupe possède déjà  le plus grand circuit de cinémas en Chine (avec un écran sur cinq au total) et un deal avec Imax pour de nouvelles salles. Et ses ambitions ne s'arrêtent pas là puisque le patron du groupe, Wang Jianlin drague les producteurs américains pour qu'ils viennent tourner dans le futur complexe Qingdao Movie Metropolis (plateaux de tournages, post-production, équipements techniques, décors...), en offrant un rabais fiscal de 40% et des charges salariales défiant toute concurrence. Lionsgate, qui a un partenariat avec China Media Capital, s'est déjà dit intéressé et Digital Domain étudie actuellement la possibilité d'installer une filiale pour les effets numériques. Pacific Rim 2 et la suite de Godzilla seront tournés en partie là bas.

La Chine investit aussi à Hollywood dans des propriétés et des terrains. Wang Jianlin peut se le permettre: le chinois le plus riche de la planète pèse 32 milliards de dollars.  Et cela n'émeut plus personne. Les politiques considèrent que c'est juste du business.

Aussi n'y a t-il plus de complexe à traverser le Pacifique. Joe Johnston vient de confirmer qu'il réaliserait un film de Science-Fiction de 100M$, Starfall, dans les studios de Qingdao, coproduit par Lionsgate et Wanda. Le film se déroule dans une station spatiale. Le réalisateur de Captain America, Jurassic Park III et Jumanji est l'une des grosses prises du moment mais pas la seule.

L'Empire du Soleil

Alpha Animation a recruté l'ancien directeur de la stratégie de DreamWorks Animation pour superviser la production de ses films en Chine. Alpha est notamment réputé pour avoir coproduit The Mermaid, le recordman du box office chinois. Le film a rapporté 553M$ dans le monde (dont 526 en Chine), soit le 9e succès de l'année, devant le dernier X-Men ou Kung-Fu Panda 3. Et le groupe Alpha est aussi partenaire de New Regency, et a notamment investit dans The Revenant et Assassins Creed.

Autre géant chinois: Alibaba. Le groupe du milliardaire chinois Jack Ma va investir dans la société historique de Steven Spielberg, Amblin Entertainment, pour coproduire des films à destination du marché chinois. Alibaba Pictures, la branche cinéma du "Amazon" chinois va prendre 20% du capital d'Amblin Partners, ce qui inclut les studios DreamWorks. "Au niveau humain, nous partageons les mêmes valeurs en Orient et en Occident. Nous apporterons plus de Chine à l'Amérique et plus d'Amérique en Chine", a commenté Steven Spielberg.Ou comment se payer un passe-droit vers les salles chinoises. Car pour les producteurs américains, l'équation est simple: sans partenaires chinois, leurs films doivent être validés par le ministère chinois et seuls un certain nombre ont l'autorisation de sortir chaque année. Avec un pourcentage chinois dans leur ADN? les films ne sont plus soumis qu'à la censure classique (sexe, drogue, politique) et contournent la règle des quotas. Iron Man 3 ou Le Dernier loup en ont bénéficié. Pour Spielberg, c'est aussi toute la galaxie d'Alibaba qui s'offre à ses films: site de vidéos en streaming Youku Tudou, plateformes de vente où peuvent être achetés billets et produits dérivés.

Cheval de Troie?

Forcément, cela commence à déranger un pays comme les USA, soucieux de leur "soft power" comme de leur indépendance et de leur puissance cinématographique: seize parlementaires américains se sont ainsi alarmés d'une possible "extension du contrôle de la propagande (chinoise) aux médias américains", pointant les relations étroites entre les milliardaires chinois et le régime communiste.

Les Chinois ont d'autres arguments: selon eux, seule une entreprise chinoise connaît le public chinois. Par ailleurs, beaucoup critiquent Hollywood de ne pas se soucier des attentes de leur public, qui préfère les belles histoires aux films à effets spéciaux."Pour faire de l'argent sur le marché chinois, vous devez comprendre le public chinois, lui plaire. Et le meilleur moyen est d'ajouter des éléments chinois aux histoires" explique le patron de Wanda. Cela promet pour les scénarios à venir...

Ceci dit, ne soyons pas étranger à cette conquête de l'Amérique. Alibaba comme Wanda regardent de très près où ils peuvent investir en Europe. Et pas seulement eux. China’s FF Motion Invest, une filiale du chinois Fundamental Films, a investit 60 millions d'euros dans EuropaCorp, soit 27,9% de la société de Luc Besson (qui conserve 31,6% des actions). Il a déjà mis une part non négligeable dans le budget de Valerian, le prochain film du cinéaste.

Paris reste d'ailleurs une cible prioritaire: Wanda, toujours, veut ouvrir un méga parc thématique, touristique et commercial, EuropaCity. Pour 3,3 milliards de dollars d'investissements.

Jean Yanne était-il prophétique avec son film de 1974, Les Chinois à Paris?

Trois remakes pour Intouchables

Posté par vincy, le 24 octobre 2016

Le cinéma argentin est souvent pillé par les autres (Aux yeux de tous, remake de Dans ses yeux, Un homme à la hauteur, remake de Corazon de Leon). Pour une fois, c'est le cinéma argentin qui s'empare d'un succès étranger. Inseparable, sorti en août dernier, est le remake latino-américain d'Intouchables, d'Eric Toledano et d'Olivier Nakache.

La filiale de Disney, Buena Vista, a acquis les droits pour l'ensemble de l'Amérique latine, à l'exception du Chili, de la Colombie et du Mexique. Le film pourrait aussi être distribué aux Etats-Unis et en Europe.

Intouchables, énorme carton mondial avec 427M$ de recettes (dont 260M$ en dehors de la France), avait récolté 700000$ de recettes en Argentine. Le remake a déjà rapporté 1,9M$ depuis son lancement, devenant le 5e plus gros succès local de l'année.

Le film est réalisé par Marco Carnevale (Corazon de Leon). Oscar Martinez, qui a reçu en septembre le prix d'interprétation masculine à Venise pour El ciudadano ilustre, reprend le rôle tenu par François Cluzet , et le très "blanc" Rodrigo De la Serna (Carnets de voyage, Tetro) hérite du personnage créé par Omar Sy.

Hollywood prépare de son côté le remake etats-uniens du film. Le tournage de The Intouchables, débutera en janvier, réalisé par Neil Burger (L'illusionniste, Divergente), scénarisé par Jon Hartmer (The Electric Company) et réunissant Bryan Cranston et Kevin Hart. L’action devrait se situer à New York.

Et Bollywood a aussi réalisé son propre remake, Oopiri (Thozha). Réalisé par Vamsi Paidipally, la version indienne (télougou et tamoul pour être précis) dure 2h38! Nagarjuna Akkineni et Karthi tiennent les rôles principaux. Particularité: le film a été tourné en France. Le film est sorti en mars dernier en Inde. Le film a été un joli succès en Inde avec un milliard de roupies au box office (pour les deux versions télougou et tamoul) et 1,6 million de $ aux USA soit le 4e plus gros succès en langue télougou et/ou tamoul sur le territoire nord-américain.

Paramount trouve un accord financier avec Tom Cruise pour le 6e épisode de Mission:Impossible

Posté par vincy, le 21 septembre 2016


Tout était calé. Dès la sortie de Mission Impossible : Rogue Nation, Tom Cruise et son réalisateur Christopher McQuarrie avaient confirmé le tournage dès l'été 2016 pour une sortie en 2017) du sixième film de la franchise M:I, lancée il y a 20 ans. Paramount sautait de joie à travers un communiqué qui rassurait les investisseurs. Le studio compte peu de franchises: Star Trek, Lara Croft (qu'il reboote), les Jack Ryan (dont le reboot n'a pas fait fonctionné), Indiana Jones et Transformers. Mission:Impossible est l'une de ses plus performantes avec 927M$ de recettes en Amérique du nord et 1,78 milliard de $ de recettes dans le reste du monde. Le cinquième film a assuré à lui seul 613M$ de recettes dans le monde. En France, Ethan Hunt a attiré 15 millions de spectateurs dans les salles.

Autant dire qu'une telle pépite est profitable.

Mais voilà, la production a d'abord été retardée par des divergences sur le scénario, qui a été réécrit. On parlait désormais d'un tournage en novembre (pour une sortie inscrite au deuxième semestre 2017). Puis, pour cause de planning, le tournage a été décalé à janvier 2017 (Cruise, entre temps, a décidé de tourner The Mummy).

Gourmand

Mais surtout, la pré-production du film a été brutalement interrompue au début de l'été pour une autre raison. En cause, Tom Cruise et les producteurs qui ne s'entendaient pas sur le chèque à verser à l'acteur. A priori, selon la presse professionnelle américaine, le cachet n'était pas en jeu. La star reste l'un des acteurs les mieux payés du système avec environ 20M$ par film. Là où il s'enrichit insolemment, c'est avec son pourcentage sur les profits de chacun de ses blockbusters. Il peut ainsi gagner de 50 à 80M$ par an.

Et c'est là que ça a bloqué. Cruise a été très gourmand, réclamant un pourcentage supérieur à celui qu'il a demandé pour The Mummy (Universal). Après tout, il est Ethan Hunt et s'il en a besoin pour conserver son statut de superstar, le studio n'a pas encore décidé de le remplacer.

Dorénavant, on parle d'un tournage au printemps 2017. La date de sortie a disparu des radars. On peut imaginer que ce sera pour l'été 2018.