Oscars 2019: Green Book sera-t-il victime de ses polémiques?

Posté par vincy, le 23 février 2019

Green Book est l'un des favoris pour l'Oscar du meilleur film cette année. Il a toutes ses chances: un sujet politique et consensuel, une comédie dramatique, le prix du public au festival de Toronto, le Golden Globe dans la catégorie musical ou comédie, le film de l'année pour l'American Film Institue et pour le National Board of Review, le meilleur film selon la Producers Guild of America, et un joli succès public aux Etats-Unis (67M$ soit déjà plus que La forme de l'eau, Oscar l'an dernier).

Il peut perdre aussi. Roma est qualitativement supérieur, mais une partie des votants pourraient ne pas vouloir donner l'Oscar pour un film Netflix. A Star is Born, Black Panther et Bohemian Rhapsody sont largement plus populaires. Blackkklansman et Vice sont plus politiques. La Favorite pourrait être aussi un concurrent surprenant, correspondant aux choix habituels de l'Académie.

Green Book a cependant du affronter plusieurs polémiques au fil des mois. Ce qui risque de le desservir. Une partie des critiques et des professionnels lui reprochent, pour raccourcir, son point de vue "blanc", à travers le regard du personnage joué par Viggo Mortensen, Tony Vallelonga. Le film est produit par le fils de Tony, Nick, personnalité controversée (pro-Trump et islamophobe, même s'il s'est excusé pour certains tweets). Ce qui entraîne une deuxième polémique: le consentement de la famille de Don Shirley, incarné par Mahershala Ali, qui n'a pas été impliquée dans le développement du film. Les deux personnages réels sont morts à quelques mois d'écart en 2013.

Trop blanc pour beaucoup, le film est aussi accusé d'un racisme anti-blancs, selon comment on le perçoit (et ses opinions). Certains critiques, y compris dans la presse branchée, ont vu dans cette histoire une glorification d'un personnage noir et un grand mépris pour le personnage blanc. A cela s'ajoute que, selon la famille, Donald Shirley ne voulait pas d'un film sur cette histoire (comme on va vous l'expliquer).

N word et autres mensonges

Cela aurait pu rester une politique de réseaux sociaux si, en pleine tournée promotionnelle, Viggo Mortensen n'avait pas utilisé l'infamant mot en N, plutôt que le correct afro-américain ou noir. Paradoxalement, le mot est utilisé dans des films comme Si Beale Street pouvait parler ou dans la pièce actuellement à Broadway, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, sans que cela créé de polémiques. Mortensen a du s'excuser et Ali a fait savoir officiellement qu'il acceptait ces excuses.

Mais les vannes étaient ouvertes. En décembre, alors que le film commençait à récolter plusieurs citations ou prix, la famille de Donald Shirley s'émeut publiquement d'avoir été mise à l'écart et reproche le manque d'authenticité de certains faits décrits dans la fiction. Le frère de Donald Shirley évoque même "une symphonie de mensonges". Selon la famille, Shirley n'était pas aussi seul, ni coupé de la communauté afro-américaine. Pire, ils accusent Vallelonga de révisionnisme, puisque selon eux les deux hommes n'avaient pas d'autres relations que professionnelles. Nulle amitié réelle donc.

Pourtant, dans le documentaire Lost Bohemia de Josef Astor, Donald Shirley dit le contraire, confiant sa pleine confiance envers son chauffeur. "Tony n'était pas seulement mon chauffeur. Nous n'avons jamais eu de relation employeur-employé. Nous étions liés par une amitié mutuelle." S'il a refusé de donner son accord au projet, c'était, apparemment, davantage par peur qu'on révèle son homosexualité, alors qu'il n'a jamais fait son outing.

Peter Farrelly, le réalisateur, explique également qu'il a tenté de joindre la famille avant le tournage. Mahershala Ali a préféré continuer de s'excuser en se disant désolé si sa participation au film dans le rôle de Shirley les a offensés. Le neveu du pianiste reconnaît que l'interprétation de l'acteur est remarquable mais ne reconnaît pas son oncle tel qu'il est dépeint dans le film. "Ils ont fait un succès commercial, un film populaire, mais dans ce process, ils ont distordu et réduit la vit d'un des deux personnages principaux."

A l'inverse, son producteur, ami et légataire testamentaire Michael Kappeyne, par ailleurs consultant pour le film, explique que le comédien, favori pour l'Oscar du meilleur second-rôle masculin, a su capter la complexité du musicien, "sa colère intérieure, son sens de la solitude, sa dignité intègre et son intérêt à aider les gens."

On le voit bien: selon les souvenirs des entourages, le regard change sur le film. Après tout, il est vendu comme une fiction inspirée de faits réels et non comme une biographie. Ce n'est pas un documentaire. Ce qui compte c'est la narration et l'émotion qui s'en dégage, en plus du message généreux qu'il comporte. Ce que l'on reproche au film, finalement, c'est d'avoir écrit un récit autour du chauffeur blanc alors que c'est l'employeur noir qui est dominant (ce qui donnerait envie d'un documentaire ou d'une fiction centrée sur la vie de Shirley).

Au moins, le film est véridique sur d'autres aspects du film (l'appartement de Shirley, sa tournée dans le sud, ses concerts devant les blancs, la correspondance du couple Vallelonga, l'arrestation du chauffeur et de son employeur, etc...).

Berlinale 2019: polémiques à cause de la présence de Netflix dans la sélection officielle

Posté par vincy, le 14 février 2019


Désormais, avec une petite musique, c'est un grand N qui s'affiche et non plus la marque au complet, Netflix. La plateforme a récemment fait son entrée parmi les studios en adhérant à la MPAA (Motion Picture Association of America), le puissant comité de censure américain, jusque là club réservé aux six grands studios américains : Paramount Pictures, Sony Pictures Entertainment, Twentieth Century Fox, Universal City Studios, Walt Disney Studios Motion Pictures et Warner Bros. Entertainment.

La MPAA régule la classification des œuvres (G, PG, PG-13, R-Rated, NC-17) et combat le piratage.

Netflix, un studio comme les autres? A Berlin, comme à Cannes et à Venise, la polémique a continué. Si on remarque que les journalistes font moins "bouh" à l'arrivée du logo (il y a même désormais des applaudissements), les exploitants allemands ont critiqué le Festival d'avoir sélectionné des films de la compagnie alors qu'elle se réserve toujours le droit de ne pas les montrer dans les salles de cinéma.

160 exploitants allemands ont adressé une lettre ouverte adressée à la direction de la Berlinale et à la ministre de la Culture, Monika Grütters, pour réclamer le retrait de la compétition du nouveau film d'Isabel Coixet, Elisa y Marcela. Mais personne ne s'est offusqué de la présence hors-compétition, dans le cadre des soirées "Galas" de celle d'un autre film Netflix: The Boy Who Harnessed the Wind (Le garçon qui dompta le vent), premier long métrage du comédien Chiwetel Ejiofor (déjà présenté à Sundance).

Le Festival a répliqué que Elisa y Marcela sortirait en salle en Espagne, ce qui ne contrevient pas au règlement du festival.

Le directeur artistique de la Berlinale, Dieter Kosslick, qui fait sa dernière année de mandat, a déclaré que les festivals internationaux devraient emprunter à l'avenir une position commune afin de savoir comment gérer les films de cinéma destinés aux plateformes. Venise a décerné son Lion d'or à un film Netflix (Roma, un des favoris pour l'Oscar du meilleur film). Cannes a du abandonner la sélection de films de la plateforme, puisque son règlement ne permet plus leur place dans la Compétition.

Il y a urgence à faire un choix. Non pas que les films de Netflix soient meilleurs que les autres. Mais la plateforme, qui revendique désormais rien qu'en France 5 millions d'abonnés, a signé quelques uns des prochains projets d'auteurs réputés et primés, à commencer par Martin Scorsese, David Michôd et Noah Baumbach. Netflix, acteur désormais incontournable, s'invite aussi sur les marchés en prenant les droits internationaux de films étrangers (dernier en date: Le chant du loup). Il va être difficile d'ignorer ces films en festivals, surtout quand ces festivals (à l'instar de Berlin) s'offre une sélection dédiée aux séries ... télévisées.

On a souvent regretté qu'en France la chronologie des médias (qui n'est clairement pas en faveur de Netflix, Amazon et Apple) empêche la distribution dans quelques salles d'un film comme Roma, qui méritait amplement une diffusion sur grand écran. Roma, comme d'autres films Netflix, ont pourtant pu être montré en salles durant une courte durée. A défaut de changer les règles, les festivals permettent au moins de profiter pleinement d'une projection grand écran.

La Berlinale a fait ce choix. Festival public plus que critique, il a projeté le nouveau film d'Isabel Coixet et celui de Chiwetel Ejiofor, tous deux inspirés d'une histoire vraie, dans de grandes salles.

Elisa y Marcela est le récit de deux femmes qui s'aiment dans l'Espagne conservatrice et catholique du début du XXe siècle. En noir et blanc, il raconte l'hostilité et l'homophobie qu'elles subissent, jusqu'à ce que l'une d'elles décide de se travestir en homme et de se marier avec sa compagne à l'église. Et ce plus d'un siècle avant la légalisation du mariage pour tous. Isabel Coixet rate complètement son sujet, en le dévitalisant et en frôlant le grotesque à certains moments. Ses bonnes intentions sont bousillées par un scénario répétitif et une mise en scène vaniteuse. Il n'empêche, on aura appris quelque chose : ce mariage lesbien n'a jamais été annulé par l'Eglise, ce qui en fait le premier mariage entre personnes du même sexe de l'histoire.

Netflix ou pas Netflix, ce film n'aurait jamais du être dans une compétition comme celle de Berlin, affaiblissant un peu plus la Berlinale cette année.

En revanche, Le garçon qui dompta le vent a fait forte impression aux spectateurs qui ont applaudit à la fin du film. A juste titre. S'il est très classique dans sa narration et ne révolutionne en rien la réalisation, le film s'avère très efficace et touchant. Entièrement tourné au Malawi, avec le réalisateur Chiwetel Ejiofor et Aïssa Maïga comme seules vedettes, cette histoire s'inspire d'un jeune garçon d'un village africain (aujourd'hui très diplômé y compris aux USA) qui va entreprendre la construction d'une éolienne pour apporter l'électricité à une pompe à eau permettant d'irriguer les champs infertiles pour cause de sècheresse. De l'écologie aux bons sentiments, en passant par les drames familiaux et les personnages réellement attachants, tout y est. Et c'est typiquement le film qui peut trouver son public en salles.

On pourra le voir chez soi, sur Netflix, à compter du 1er mars.

Elsa Zylberstein incarnera Simone Veil pour Olivier Dahan

Posté par vincy, le 31 janvier 2019

Un projet sur Simone Veil, entrée au Panthéon l'été dernier et décédée en 2017, est mis en route. Elsa Zylberstein interprètera la femme politique. Cette femme rescapée de la Shoah a marqué la vie politique française, notamment pour avoir fait adopter la loi dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse et pour avoir été la première présidente du Parlement européen.

Selon l'AFP, Olivier Dahan s'attaquera à cette figure emblématique de la deuxième moitié du XXe siècle. Il a déjà filmé Marion Cotillard en Edith Piaf dans La Môme et Nicole Kidman en Grace Kelly dans Grace de Monaco, son dernier film en date (2014). Ces dernières années, il s'est lancé dans plusieurs projets - Un sac de billes, Charlotte, d'après la biographie de David Foenkinos - avant de les abandonner.

Cette fois-ci le film semble mieux parti. Il sera coscénarisé par la journaliste et écrivaine Vanessa Schneider.

Simone Veil a fait l'objet de nombreux documentaire, dont le récent Auschwitz Projekt d'Emil Weiss. Elle a aussi été incarnée par Emmanuelle Devos dans le téléfilm La Loi, réalisé en 2014 par Christian Faure, et par Marina Foïs dans le court métrage Les Hommes s'en souviendront réalisé par Valérie Müller en 2006.

Les reprises de l’été: Edward Yang, Takeshi Kitano, Ernst Lubitsch et un film queer culte

Posté par vincy, le 8 août 2018

A Brighter Summer Day d'Edward Yang (1991)

L'histoire: Dans les années 60, Xiao Si'r, jeune adolescent, fils d'un réfugié politique chinois, vit à Taiwan. Comme tous les jeunes gens de sa condition il fréquente les gangs qui se mènent une guerre sans merci.

Pourquoi il faut le voir? Edward Yang transpose ici une histoire vraie aussi dramatique que douloureuse. Le cinéaste taïwannais, né à Shanghaï, est mort à l'âge de 59 ans aux Etats-Unis il y a 11 ans. C'est un cinéaste peu connu a priori, par rapport à ses compatriotes (dont Hou Hsiao-hsien pour le quel il a été interprète et compositeur de la musique du film Un été chez grand père). Pourtant ses 7 longs métrages ont reçu de prestigieuses récompenses à Locarno, Berlin et à Cannes (prix de la mise en scène pour l'ultra sensible Yi Yi en 2000). C'est la jeunesse qui l'intéresse ici dans ce "Roméo et Juliette" violent où des ados paumés cherchent à exister au milieu d'une société moralisatrice. A Brighter Summer Day est considéré comme l'un de ses deux chefs d'œuvre avec Yi Yi. Cette chronique sensible et sociale décrypte (avec une sublime esthétique) aussi le phénomène de groupe, le lien entre père et fils, la vaine révolte de la jeunesse face aux institutions (nation, parents, éducation, culture, etc....). Tout est affaire de lien chez lui, de ces relations qui forgent l'identité malgré soi.

A Scene at the Sea de Takeshi Kitano (1991)

L'histoire: Un jeune éboueur sourd-muet se prend d'une passion obsessionnelle pour le surf. Soutenu par le regard protecteur de sa fiancée, sourde-muette comme lui, le jeune homme progresse, d'apprentissages éprouvants en compétitions harassantes, jusqu'à ce que la mer les sépare.

Pourquoi il faut le voir? Tout le monde connaît Kitano en Yakuza et autres rôles de flics et films de mafias. Mais dans les années 1990, Kitano a été un cinéaste marquant pour ses histoires douce-amère, à l'humour ironique, à la sensibilité palpable, et même à l'émotion débordante. A Scene at the Sea est un tournant, pour ne pas dire un virage dans l'œuvre de "Beat Takeshi". C'est son premier film sans gangsters. Le héros est sourd muet et se réfugie dans la passion du surf. Romantique, le film est aussi naturaliste avec cette mer comme horizon indépassable, ce soleil éclatant, le silence et l'amour comme seuls bruits au chaos environnant. Le plus surprenant finalement c'est qu'il s'agit d'un film en apparence légère et en profondeur sublime. Car ce film sur un exclu de la société est peut-être son plus beau, son plus lumineux, son plus coloré. Il y a quelque chose de californien dans l'air et même de hippie. Kitano n'hésite pas à fustiger l'exploitation, la soumission, les inégalités, l'injustice. Même si le soleil se noircit sur la fin, le bonheur est quand même là, dans une larme et un sourire.

Le lieutenant souriant d'Ernst Lubitsch (1931)

L'histoire: L'empereur du Flausenthurm et sa fille, la princesse Anna, sont en visite à Vienne. Pendant le défilé, le lieutenant Niki lance un sourire à son amie Franzi mais la princesse Anna le prend pour elle. Niki doit l'épouser pour réparer l'offense...

Pourquoi il faut le voir? Un roman de Hans Müller, une opérette (1907) et puis un film, inconnu, d'Ernst Lubitsch. Un film musical avec sa dose de "tubes" de l'époque un peu désuet, avec deux stars: le Français Maurice Chevalier et la future oscarisée (et née en France) Claudette Colbert. Le premier était à son apogée, la seconde à ses débuts de vedette. Ce fut la plus grosse recette de l'année pour la Paramount. Aux débuts du cinéma parlant, Lubitsch expérimentait toutes les possibilités offertes par le son. Le lieutenant souriant a été nommé à l'Oscar du meilleur film. Mais ce qui rend le film précieux, outre la mise en scène déjà virevoltante du réalisateur et son talent pour les duos alchimiques, c'est que le film est rare. A cause d'une sombre affaire de droit d'auteur lié à la version muette de l'opérette au cinéma (Rêve de valse, 1925), le film a longtemps été impossible à projeter ou diffusé puis considéré comme perdu. Il a fallu attendre les années 1990 pour retrouver une copie. L'état de la copie a nécessité un long travail de restauration et il ne fut visible qu'à partir de 2008. Une occasion en or pour découvrir ce joyau joyeux du patrimoine.

Fraise et Chocolat de Tomas Gutierrez Alea (1994)

L'histoire: Dans un quartier de la Havane, David, un étudiant militant du parti communiste est chargé d'enquêter sur les activités transfuges d'un marginal, Diego. Ce dernier, homosexuel et fier de son pays, tombe amoureux de David.

Pourquoi il faut le voir? Alors que Cuba ouvre la voie au mariage entre personnes du même sexe, il y a près de 25 ans, le cinéma cubain nous offrait l'un des plus beaux films "queer" (interprété par des acteurs à la beauté ravageuse). Torride, sensuel, mélodramatique, le film a d'abord été un immense triomphe dans les festivals (9 prix à celui de La Havane, un prix spécial du jury et le Teddy Award à Berlin, le prix spécial du jury à Sundance, un Goya espagnol du meilleur film hispanophone, une nomination à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère). Ce film où se côtoient politique et sexualité a étonnement réussi à franchir les grilles de la censure castriste. Après tout, l'idée de départ est quand même d'espionner un homme, homosexuel et érudit, suspecté comme dissident au régime communiste. Un étudiant militant, hétéro, beau comme un Dieu va en fait devoir s'ouvrir l'esprit et les deux hommes vont apprendre à dépasser leurs préjugés. Ce n'est pas un film gay mais plutôt un film sur la tolérance face à une société rigide. Toute l'histoire tend vers le contact entre les deux hommes: se toucheront-ils enfin? Il n'est pas question de sexe, mais c'est finalement plus pour contourner la censure. Le cinéaste a préféré la parabole. La force de Fraise et Chocolat est finalement d'être un des plus beaux récits sur l'homophobie, évoquant aussi bien la répression des homosexuels que la paranoïa de l'Etat. Malgré cela, sans doute à cause du régime dictatorial de son pays, le cinéaste évite les sujets qui auraient pu fâcher Cuba frontalement.

5 fictions en projet sur les ados thaïlandais piégés dans une grotte

Posté par vincy, le 23 juillet 2018

Un fait divers exceptionnel qui a fait le tour du monde: les membres de l'équipe de football des "Sangliers sauvages", douze jeunes thaïlandais âgés de 11 à 16 ans, étaient restés bloqués, le 23 juin dans la grotte de Tham Luang, une des plus grandes de Thaïlande. Après avoir survécu en buvant l'eau sur les parois de la grotte, pendant neuf jours sans contact avec l'extérieur, ils ont enfin pu être évacués, trois semaines plus tard, alors que l'eau continuait de monter à cause des pluies de la mousson. Il a fallu l'intervention de spéléologues expérimentés, etque les ados apprennent rapidement des notions de plongée, dans un sauvetage où les obstacles s'accumulaient.

Logiquement, comme pour chaque exploit de ce genre (surtout avec un happy end, malgré la mort d'un sauveteur), le cinéma veut s'emparer de ce sujet "bigger than life". Pas moins de six projets sont déjà en développement selon la presse américaine, qui cite le gouvernement thaïlandais. Une commission spéciale devrait même être créée pour superviser toutes les demandes de tournage et valider, ou pas, ces films. Sur les six projets, on dénombre un documentaire (pour Discovery Channel) et cinq fictions, toutes étrangères. Le documentaire est déjà tourné.

Pour l'instant, le plus rapide (ou le plus opportuniste) est le réalisateur Jon M. Chu (Insaisissables 2) qui avait déjà envoyé une équipe repérer les lieux avant même que les gamins ne soient sauvés. Outre ce projet porté par la sino-américaine Ivanohe Pictures, il y a aussi celui de Pure Flix, société spécialisée dans les films chrétiens et évangéliques, qui souhaiterait avoir les droits sur la mission.

Mais le gouvernement thaïlandais veut garder le contrôle sur les fictions inspirées de ce drame humain, notamment en restant fidèle aux faits, mais surtout en se souciant sans doute qu'aucun des scénarios ne mettent en avant la panique et la confusion des autorités face à ce qui aurait pu être une tragédie.

Isabelle Adjani chez Virginie Despentes

Posté par vincy, le 21 juillet 2018

Isabelle Adjani, lectrice à Avignon et star du prochain film de Romain Gavras, Le monde est à toi (sortie mi-août) livre un entretien fleuve à l'hebdomadaire Les inrocks. Elle y confie qu'elle tournera l'an prochain un film réalisé par Virginie Despentes, auteur de la trologie Vernon Subutex, du roman primé par le Renaudot Apocalypse bébé, membre de l'Académie Goncourt, et réalisatrice (Baise-moi, Bye Bye Blondie, d'après ses propres romans).

L'actrice quatre fois césarisée explique: "Je vais l'an prochain tourner un film de Virginie Despentes explorant à nouveau le lien de souffrance entre une mère et son fils, (...) avec un scénario écrit par Virginie Despentes et Santiago Amigorena. C'est un projet sur un moment de la vie de Maurice Utrillo et de sa mère, la peintre Suzanne Valadon. Cette femme a mis son fils, déjà alcoolique à 14 ans, à la peinture et elle s'est battue pour qu'il survive à ce qui était le sens de sa vie, à savoir le goût de la chute. Elle a été capable d'un très grand abandon dans l'amour de son fils, sans s'abandonner elle-même, mais elle semble, malgré elle, l'avoir aliéné à cette protection qu'un enfant attend de ses parents pour la vie entière."

Deneuve, Dolan, Vallée et un film avec Maïwenn

Dans l'entretien, elle évoque aussi Catherine Deneuve: "J'ai été fascinée, longtemps, par le visage marmoréen de Catherine Deneuve. A mes yeux de jeune fille, elle était une pharaonne blonde, avec cette sorte de perfection stable, inamovible, le chic absolu." Elle partage son amour pour Xavier Dolan ("Toutes les actrices l'adorent, rêvent de tourner avec lui, c'est un peu soûlant, tout ce monde qui fait la queue. Ça n'empêche pas d'être fan"). Elle ne cache pas son admiration pour un compatriote de Dolan, Jean-Marc Vallée avec qui elle aimerait "beaucoup tourner".

Outre son projet avec Despentes, son actualité théâtrale (lectures de la correspondance entre Camus et Casarès, Opening Night de Cyril Teste), elle révèle qu'elle sera aussi dans le prochain film de Yamina Benguigui (Inch'Allah dimanche), avec Rachida Brakni et Maïwenn. Les trois comédiennes seront trois sœurs qui se retrouvent à la mort de leur père.

Vincent Lindon joue « L’Infiltré »

Posté par redaction, le 27 mai 2018

A l'affiche d'En guerre de Stéphane Brizé, qui était en compétition à Cannes, Vincent Lindon sera L'infiltré dans le prochain film de Thierry de Peretti. L'histoire est adaptée de l'autobiographie d’Hubert Avoine, ancien agent des renseignements infiltré dans les cartels de la drogue au Mexique.

L’infiltré : de la traque de Chapo Guzman au scandale français des stups, publié il y a un an, raconte six ans de missions d'un agent infiltré des cartels mexicains pour le compte de l'Office français des stups puis pour l'Agence antidrogue américaine, où il a pu obtenir des informations qui ont permis la saisie de dizaine de millions de dollars et la fin de plusieurs réseaux criminels.

La production sera assurée par Les films Velvet et Capa Drama.

Ce sera le troisième long métrage du comédien et metteur en scène Thierry de Peretti, après Les apaches et Une vie violente, sorti en août dernier.

3 raisons d’aller voir « Comme des garçons »

Posté par vincy, le 25 avril 2018

Le pitch. Reims, 1969. Paul Coutard, séducteur invétéré et journaliste sportif au quotidien Le Champenois, décide d’organiser un match de football féminin pour défier son directeur lors de la kermesse annuelle du journal. Sa meilleure ennemie, Emmanuelle Bruno, secrétaire de direction et fille d'un joueur italien légendaire, se retrouve obligée de l’assister. Sans le savoir, ils vont se lancer ensemble dans la création de la première équipe féminine de football de France.

#MeToo. Evidemment, la principale raison de s'intéresser au film de Julien Hallard, c'est son sujet. Dans cette époque sexiste, machiste, misogyne, où l'on fume dans les bureaux et où l'on baise sans capotes, l'affirmation de la femme dans un milieu masculin (sportif qui plus est) montre que la société a progressé sur certains points (les femmes n'ont plus besoin de demander la permission à leur mari, entre autres) mais pas encore sur d'autres. Comme des garçons est un plaidoyer pour l'égalité et le portrait d'une masculinité qui tremble déjà de la dépossession de son rôle de dominant. Sous la forme d'une aimable comédie, on voit bien tous les préjugés, les stéréotypes et les mépris qui sont balancées à ces femmes qui veulent jouer au ballon, comme les garçons. Du tee-shirt moulant (c'est plus vendeur) aux conséquences sur les familles (une femme, ça doit être à la cuisine), on voit bien que tout n'est pas réglé encore aujourd'hui.

Une équipe de choc. Derrière Max Boublil, et son impeccable brushing, son dandysme à la Roger Moore, en séducteur un peu ringard, il y a surtout une "team" de filles physiquement différentes, dotées de tempéraments et de comportements variés. Vanessa Guide en capitaine (forcément sexy mais surtout très compétente), Solène Rigoyt, Carole Franck, Delphine Baril, Zoé Héran, Julie Moulier, Mona Walravens et la trop rare Sarah Suco composent une équipe éclectique et soudée. "Crampons et nichons" est une affaire de féministes, de fans de foot, de graines de championnes, et peut-être aussi de collectif, soudé par leur cause et galvanisé par leur audace. Si le récit est classique, à la manière de toute histoire vraie qui se finit bien malgré Goliath qu'il faut abattre (ici les patrons du foot mâle français), le charme de Comme des garçons doit beaucoup à ce casting de "gueules" et de "caractères". Bref, elles en ont.

Une histoire à peu près vraie. Le réalisateur Julien Hallard a eu l'idée de son film en écoutant la radio. Voyant là un sujet de société tout autant qu'une histoire romanesque et, en puisant dans les faits réels, une série de moments rocambolesques (un peu comme si des jamaïcains voulaient participer aux J.O. d'hiver dans l'épreuve du bobsleigh), il a compris que cela pouvait en faire un feel-good movie. On reste toujours stupéfait à l'idée de voir qu'il y a cinquante ans, les filles ne jouaient pas au foot, "par convenance".  Mai 68 était aussi un combat d'émancipation. Nous voici en pleine célébration d'un des épisodes les plus méconnus de cette révolution sociale. Or le film est bien social puisque ces femmes étaient au foyer, dans les champs ou employées. Mais surtout historiquement, les joueuses de foot ont été considérées comme des paris, y compris au Royaume Uni où elles étaient bannies jusqu'en 1971. Plus étrangement, il faut savoir que le foot féminin a existé en France entre 1919 et 1932 avant de diparaître jusqu'au début des années 1970. Le Stade de Reims, ici raconté et créé en 1968, a été champion de France 5 fois, dont trois fois consécutive entre 1974, date de création de la branche féminine de la FFF, et 1977. Mais surtout, le premier championnat féminin n'a été créé qu'en 1992! Depuis 2007, c'est l'Olympique Lyonnais qui domine le championnat.

Kristen Stewart dans la peau de Jean Seberg

Posté par vincy, le 15 mars 2018

Deadline annonce que Kristen Stewart incarnera l'actrice Jean Seberg dans le film Against All Enemies.

Le thriller politique réalisé par le metteur en scène Benedict Andrews (qui n'a réalisé pour le cinéma qu'un seul film: Una) s'inspire de faits réels : jean Seberg, à la fin des années 1960, a été la cible d'un programme de surveillance illégale du FBI.

Autour de l'actrice, on retrouvera Jack O’Connell, Anthony Mackie (qui jouera Hakim Jamal), Margaret Qualley and Colm Meaney seront de l'aventure écrite par Joe Shrapnel et Anna Waterhouse (Frankie & Alice, La couleur de la victoire). Le tournage aura lieu cet été.

Jean Seberg était visée notamment parce qu'elle était proche du militant pour les droits civiques Hakim Jamal, cousin de Malcom X et autre cible du FBI. La comédienne, décédée à l'âge de 40 ans en 1979, mariée à François Moreuil puis à l'écrivain Romain Gary, engagée en faveur des Noirs américains, elle a été révélée par Otto Preminger dans Sainte Jeanne où elle incarnait Jeanne d'Arc (en 1957). Son mythe est surtout né de sa performance dans A Bout de souffle, aux côtés de Belmondo, réalisé par Jean-Luc Godard en 1960. Elle a aussi tourné avec Philippe de Broca, Jean Becker, Claude Chabrol, Yves Boisset et Philippe Garrel.

Jennifer Lawrence enrôle le réalisateur Luca Guadagnino (Call Me by Your Name)

Posté par vincy, le 13 décembre 2017

Fort de son palmarès brillant avec Call Me By Your Name, trois fois nommé aux Golden Globes, six fois nommé aux Independent Spirit Awards, cité plusieurs fois dans différents palmarès de fin d'année (avec le titre de meilleur film aux Gotham Awards et aux Los Angeles Film Critics Association Awards), et parmi les favoris pour les Oscars, Luca Guadagnino est désormais très courtisé à Hollywood.

Jennifer Lawrence sera la star de son prochain film, Burial Rites, un polar inspiré d'un fait réel qu'elle produit. Sony Pictures détient les droits de distribution mondiaux.

Une histoire vraie

Le scénario est l'adaptation du premier roman d'Hannah Kent paru en France en 2014, A la grâce des hommes. L'histoire se déroule en 1829, en Islande. Agnes Magnusdottir est condamnée à mort pour le meurtre de son amant. Dans l'attente de son exécution, elle vit dans une ferme en résidence surveillée. Toute la famille la fuit car elle est considérée comme une criminelle. Le révérend Totti fait exception à la règle et essaie de la comprendre. Ce qu'elle révèle est loin de ce que chacun pense.

Jennifer Lawrence, récemment vue dans Mother! de Darren Aronofsky (son premier flop depuis son avènement comme star internationale du box office), sera à l'affiche l'année prochaine du thriller d'espionnage Red Sparrow et du Marvel X-Men: Dark Phoenix. Malgré de nombreux projets lancés, elle n'a rien tourné depuis.

Luca Guadagnino a trois autres films en route: le remake du film d'horreur de Dario Argenta Suspiria, avec Chloë Grace Moretz, Dakota Johnson et Tilda Swinton, prévu pour une sortie en 2018 et le thriller Rio avec Benedict Cumberbatch, Jake Gyllenhaal et Michelle Williams qui doit se tourner l'an prochain. Il est aussi attaché au projet Le Lac des Cygnes avec Felicity Jones.