Cumberbatch, Foster, Woodley et Rahim dans « Prisoner 760″

Posté par vincy, le 2 novembre 2019

Planning chargé pour Benedict Cumberbatch. En attendant une suite à Docteur Strange, calée à juillet 2021, et de le voir dans le prochain film de Sam Mendes, 1917, prévu en France le 15 janvier 2020, l'acteur a accepté d'être dans le prochain film de Jane Campion, The Power of Dog, avec Elisabeth Moss et probablement Paul Dano, et vient de tourner Louis Wain, avec Claire Foy et Andrea Riseborough.

A l'American Film Market de Los Angeles, STX International a annoncé qu'il serait la tête d'affiche du prochain film de Kevin Macdonald, Prisoner 760, entouré de Jodie Foster, plutôt rare au cinéma, Shailene Woodley et du français Tahar Rahim. Kevin MacDonald a réalisé quelques fictions (Le dernier roi d'Écosse, Jeux de pouvoir, L'aigle de la neuvième légion, Black Sea) et de nombreux documentaires (dont le récent Whitney).

Une histoire vraie

Il s'agit d'une histoire vraie. En 2002, le Mauritanien Mohamedou Ould Slahi, incarné par Rahim, a été capturé par le gouvernement américain, et traine dans la prison de Guantanamo, où il est régulièrement torturé, sans avoir été accusé de quoique ce soit ni même avoir eu un procès. Officiellement, il serait membre d'Al-Qaeda. Il trouve deux alliées avec une avocate, Nancy Hollander (Foster) et son assistante (Woodley). Une course d'obstacles commence pour obtenir justice. Intervient alors le procureur militaire, le Lieutenant Stuart Couch (Cumberbatch), qui découvre une situation indigne des droits américains. Slahi ne sera libéré finalement qu'en 2016, après quatorze ans de détention sans aucune charge contre lui.

Il en a tiré un livre, Les carnets de Guantanamo (publié en France chez Michel Lafon), dont s'est inspiré le scénariste Michael Bronner.

Le tournage débutera début décembre en Afrique du sud.

La doublement oscarisée Jodie Foster n'a été à l'affiche que de quelques films depuis 10 ans, Hotel Artemis, Elysium, Carnage, Le complexe du castor et Maman mode d'emploi. Shailene Woodley a été très remarquée dans la série "Big Little Lies". La star de Divergente a aussi été vue dans A la dérive. Elle a tourné récemment Endings, Beginnings et termine le tournage de Last Letter from Your Lover. Quant à Tahar Rahim, il a été engagé sur deux séries anglophones, The Eddy et The Serpent (toutes deux chez Netflix aux USA). Son dernier long, The Kindness of Strangers, de Lone Scherfig, avait fait l'ouverture de la Berlinale en février dernier.

Le cinéma britannique s’inspire d’histoires vraies

Posté par vincy, le 8 octobre 2019

Si le 30e Dinard Film Festival est un reflet du cinéma britannique, alors les réalisateurs ont été inspirés par les histoires vraies. Comme si le réel était devenu un matériau nécessaire et une matrice imparable pour la fiction. De la grande histoire aux destins individuels, le cinéma britannique, qui a toujours aimer ausculter la réalité, prend de plus en plus ses racines dans des faits ayant existé.

Bien sûr, ils ne racontent pas la même chose. Sous la forme d'une fresque rhétorique, Mike Leigh ravive un massacre de citoyens d'il y a deux siècles dans Peterloo, écho aux révoltes citoyennes et à la brutalité policière actuelles. Le passé est, sinon, plus récent, avec trois films se déroulant essentiellement dans les années 1920-1940. A l'instar de The Keeper, Hitchcock d'or et Hitchcock du public, qui retrace la vie d'un soldat nazi devenu champion de foot anglais juste après la seconde guerre mondiale. Entre les deux guerres, il y a aussi Mr Jones, biopic du photographe Gareth Jones, qui s'aventurera des nazis jusqu'en Mongolie. Ou encore Red Joan, portrait d'une espionne aux grands sentiments dans le Royaume-Uni en fin de guerre, au service des soviétiques. Couverture bien cachée jusqu'à ce qu'elle soit grillée au début des années 2000.

C'est aussi au début de ce troisième millénaire qu'Official Secrets prend place pour faire revivre les persécutions d'une lanceuse d'alerte, coupable de vouloir révéler les manigances américaines et du gouvernement de Tony Blair pour forcer l'ONU à légaliser leur guerre en Irak.

Si les guerres civiles ou internationales, prennent tant le dessus, ce sont aussi, à chaque fois des films qui se focalisent sur des gens opérant un choix crucial, doutant souvent, partagés entre la loyauté et la conviction intime. Ce qui ne veut pas dire que le cinéma est toujours grave. Il suffit de voir Fisherman's Friends, comédie feel-good qui suit des pêcheurs de Cornouailles propulsés en tête des charts musicaux avec des chants folkloriques. C'est authentique, une fois de plus. A l'image de ce drame africain sur les mutilations faîtes aux femmes et la violence masculine, The Girl From Mogadishu, inspiré du parcours de la somalienne Ifrah Ahmed, exilée en Irlande.

Et ce n'est pas terminé puisqu'on attend plusieurs biopics: Judy Garland dans Judy du britannique Rupert Goold, The Personal History of David Copperfield d'Armando Iannucci, The Aeronauts de Tom Harper autour de la pilote Amelia Wren et du savant James Glaisher, ou encore Love Life and Laughter de George Pearson autour de l'artiste Betty Balfour,

Dinard 2019 : Official Secrets et Red Joan, quand deux lanceuses d’alerte partagent des secrets d’état

Posté par kristofy, le 27 septembre 2019

Le 30e Dinard Film Festival est lancé, et le public curieux de cinéma britannique est toujours fidèle pour remplir les différentes salles.

Si Dinard est la plus anglaises des plages françaises, l'actualité a fait que Jean-Claude Mahé (le maire) a évoqué l'un des plus célèbres visiteurs : "Jacques Chirac vient de nous quitter, c'est un ami de Dinard qui s'en va". L'ancien Président de la république était venu en effet plusieurs fois à Dinard pour se reposer tout en gardant son légendaire sens du contact avec les gens, souvent lors de ses promenades, salué par quelques mots ou pour des photos.

Cette année c'est donc le 30ème anniversaire. On y éprouve un peu de nostalgie, notamment parce qu'il s'agit aussi de l'édition requiem du directeur artistique historique du festival, Hussam Hindi.

Mais pour autant le plus important est de regarder vers le futur, et y découvrir les prochains nouveaux talents. Les films en compétition sont pour beaucoup des premiers films, dont un seul, The Last Tree a un distributeur en France. Les différents membres de jury ont été officiellement présentés. Pour les courts-métrages le président est le réalisateur Shane Meadows, révélé en 1995 justement par un court-métrage, dont la plupart des films ont été présentés à Dinard : cette année il y accompagne aussi la projection de sa série The Virtues. Pour les longs-métrages, c'est Sandrine Bonnaire qui joue à la présidente, elle avait d'ailleurs tourné deux fois dans la ville de Dinard pour Claude Chabrol (La cérémonie, Au cœur du mensonge).

Elle n'aura pas à "juger" les deux films "d'espionnage" présentés hors-compétition: une investigation et un interrogatoire, autour de deux femmes loyales à leurs pays, mais encore plus fidèles à leurs valeurs, avec une Angleterre assujettie aux Etats-Unis et ennemie des Soviétiques ou des Irakiens. Deux femmes courageuses, l'une mariée à un kurde de Turquie qui n'a toujours pas le droit d'asile, l'autre amoureuse d'un réfugié d'origine russe. Un risky business qui va bouleverser leurs vies, en plus de ternir leur réputation.

Official Secrets, le film d'ouverture représente à lui seul un certain état d'esprit des cinéastes britanniques : remettre en cause l'autorité. Ici particulièrement dénoncer une manipulation américaine et les mensonges du gouvernement du premier ministre Tony Blair, qui, en 2003 s'est soumis aux Etats-Unis pour lancer une guerre en Irak. Official Secrets de Gavin Hood est l'adaptation d'un livre qui retrace les évènements qui ont suivi la diffusion à la presse d'un mémo secret envoyé par la NSA américaine aux services de renseignements anglais : chercher des renseignements à propos de certains membres du conseil de sécurité de l'ONU pour les obliger à voter en faveur de la guerre que souhaite entreprendre les Etats-Unis du gouvernement Bush... Les grandes lignes de cet évènement politique sont connues : il fallait aux américains trouver des preuves d'armes de destruction massive en Irak ou un vote de l'ONU pour être autorisés légalement à déclencher cette guerre, même si elle sera considérée comme illégale. L'histoire moins connue est celle que raconte ce film : Katharine Gun, une employée des services de renseignements britanniques, a donc fait fuiter en 2003 à la presse un document interne à propos de pressions pour que Tony Blair au nom de l'Angleterre soutienne ce projet de guerre...

Official Secrets tient autant du film d'espionnage à suspense, de l'enquête journalistique, que du thriller de conspiration politique tout en rendant hommage à une lanceuse d'alerte qui sera intimidée et poursuivie pour trahison. Cette femme à la fois héroïne et victime est incarnée par Keira Knightley, avec autour d'elle Ralph Fiennes, Matthew Goode, Adam Bakri, Matt Smith, Rhys Ifans... Autant le casting que la mise en scène est au service de cette intrigue qui débute comme une investigation -un peu comme la série State of play, qui déjà abordait cette question de l'Irak... -  pour s'emballer ensuite vers une succession de conséquences imprévisibles. Chaque problématique (divulguer un document secret ? authentifier un document secret ? trouver la source ? menacer la source ? s'opposer au gouvernement ?...) donne l'occasion à Keira Knightley de briller dans cette histoire incroyable mais vraie, où les convictions et la paix ont motivé ses décisions.

Il fallait du cinéma bigger than life pour ouvrir ce 30e Dinard Film Festival. Rien de mieux qu'une histoire vraie, fil conducteur de cette édition. Pour Hussam Hindi, son directeur artistique au long de ces années, "le cinéma britannique est magnifique, il est nécessaire, c'est un cinéma qui regarde le monde".

Et, coïncidence de la programmation, le même jour, était présenté un regard sur le monde à travers une autre lanceuse d'alerte. Un autre film d'espionnage, Red Joan, réalisé par Trevor Nunn, qui porte sur les années 1930-1940. Si Official Secrets trouvait son enjeu juridique dans une loi concoctée sur mesure par Margaret Thatcher, Red Joan se place sous la loi des secrets d'état de 1920. Une brillante scientifique tombe amoureuse d'un jeune communiste juif, d'origine russe, mais avec un passeport allemand, à Cambridge. En travaillant sur la future bombe nucléaire, la jeune Joan a les moyens de transmettre des documents à l'URSS de Staline. C'est la catastrophe d'Hiroshima qui la conduit à partager les connaissances de son laboratoire, afin d'équilibrer la menace nucléaire entre les deux camps, et assurer une paix durable. Plus de 50 ans après, elle est arrêtée pour avoir violé 27 secrets d'Etat.

Toutes deux parfaites, Judi Dench et Sophie Cookson incarnent la véritable Joan Stanley, à deux époques différentes. Outre le récit maîtrisé et la belle image rappelant les films des années 1950, Red Joan séduit aussi par son aspect romanesque et les questions qu'il pose. Mais, avant tout, comme le dit le personnage, juger une époque passée avec un regard contemporain n'a aucun sens, si on sort les événements et les opinions de leurs contextes. Que ce soit 16 ans ou 75 ans plus tard, le cinéma rappelle justement que le passé peut trouver un écho dans le présent et que la trahison suprême c'est celle de mentir aux citoyens ou de les mettre en péril avec de mauvaises décisions.

Traîtresses ou pacifistes? Dès que la propagande des gouvernements, au détriment de la protection de leurs citoyens, est menacée par des comportements individuels, ceux-ci répliquent avec force et cherchent à discréditer ceux qui osent les défier. Dans les deux films, l'Etat se défausse, lâchement, après avoir mis toute sa puissance pour discréditer ces femmes patriotes.

Venise 2019 : J’accuse, de Roman Polanski, avec Jean Dujardin

Posté par kristofy, le 31 août 2019

Roman Polanski : à Venise aussi ce nom provoque encore la question de pouvoir séparer l'homme de l'artiste tant son nom semble une provocation à l'ère #metoo. Ses ennuis judiciaires aux Etats-Unis (il est toujours traquée pour avoir fuit le pays illégalement il y a plus de 40 ans), suite à un rapport sexuel avec une mineure (affaire qui judiciairement est terminée, et que la victime elle-même considère comme close) et Lucrecia Martel, la présidente du jury, qui ne souhaitait pas "célébrer" le cinéaste (Oscar, César, Palme d'or, etc...) ont vite fait d'offrir un scandale. Le producteur italien a menacé de retirer le film, jugeant la position de la réalisatrice argentine "partiale". Elle a du envoyer un communiqué pour s'excuser. La réponse des organisateurs est la même qu'en France (Cannes, César, Cinémathèque...) : il faut séparer l'auteur de son œuvre, ce qui devient, semble-t-il, de plus en plus impossible, tout comme pour Woody Allen (pourtant jamais accusé officiellement devant un tribunal), qui fera l'ouverture de Deauville. A Venise sont venus Alexandre Desplat le compositeur de la musique, Emmanuelle Seigner, la femme fidèle, Louis Garrel (Dreyfus), qui défie une fois de plus l'audace capillaire, et Jean Dujardin (Picquart), qui trouve un grand rôle, enfin. Mais point de Polanski. Dans le film on retrouve aussi Grégory Gadebois, Didier Sandre, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric, Vincent Perez...

Polanski est donc en compétition à Venise, où on peut savourer l'ironie de son titre : J'accuse par Roman Polanski. Après deux dernières fantaisies théâtrales en huis-clos Carnage, plutôt réussie, et La Vénus à la fourrure , moins convaincante, il avait signé son film probablement le plus raté, D'après une histoire vraie. Son dernier film d'envergure? Il faut remonter à The Ghost Writer en 2010, en compétition à Berlin, et c'est ce même haut niveau d'ambition qu'il vise avec J'accuse (les deux films ont en commun le scénariste Robert Harris).

Le pitch: Pendant les 12 années qu'elle dura, l'Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier. Elle apparaît toujours comme un symbole de l'iniquité dont sont capables les autorités politiques au nom de la raison d'Etat.
Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXe siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme.
L'affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart, véritable héros oublié de l'Affaire Dreyfus. Une fois nommé à la tête du contre-espionnage, le Colonel Picquart finit par découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées. A partir de cet instant, au péril de sa carrière puis de sa vie, il n'aura de cesse d'identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.

Après plusieurs adaptations littéraires c'est la première fois que Roman Polanski adapte un vrai épisode de l'Histoire de France dont la chronologie des faits est déjà connue. C'est d'ailleurs un film qui fait écho à l'académique Le Pianiste: l'antisémitisme et  ses séquelles, la solitude d'un homme au milieu d'un chaos. Toutefois, c'est aussi un scénario adapté du livre D. (An Officer and a Spy) de Robert Harris (en fait la première version du script), publié en 2013 à propos de cette scandaleuse affaire Dreyfus.

D'après une histoire vraie

J'accuse est l'un de ces films de reconstitution historique à l'image très 'qualité française' avec un grand soin apporté aux décors, accessoires et costumes. La précision de Polanski en fait presque un film perfectionniste sur cette époque, à la fois conservatrice, et même conformiste, et bouillonnante de créativité (en peinture, musique, littérature...).

L'introduction à cette histoire commence avec le 5 janvier 1895 où dans une cour d'honneur pleine de militaires se déroule le symbole de la condamnation de Dreyfus au déshonneur : il est dégradé, ses galons arrachés, avant d'être envoyé en prison à l'isolement, loin sur un ilot désert d'outremer. La capitale de cette époque (des dizaines d’années avant l'arrivée des Nazis et la seconde guerre mondiale) est vue comme un lieu où l’antisémitisme est une opinion largement partagée par tous, un personnage évoque même une « dégénérescence morale et artistique du pays »…

C’est dans cette ambiance où l’armée qui cherchait un traître qui communiquait des informations à un autre pays trouve que Dreyfus, juif, est un coupable idéal. Plus tard, en mars 1896, le colonel Picquart, ayant été promu à la tête du service qui rassemble et analyse des documents interceptés, remarque qu’il y a toujours des informations communiquées par un traître avec une écriture semblable, alors il s’interroge: et si Dreyfus n’avait pas été accusé et condamné à tort? Il va reprendre l’enquête et le film nous montre le fonctionnement des services de renseignement de l’armée à travers ses méthodes : reconstitution de documents déchirés dans une poubelle, ouverture de lettres avant leur distribution, filature et photographie, comparaison d’écriture…

Au fil de ses recherches Picquart rapporte à sa hiérarchie ses doutes et ses certitudes avant de se heurter à leur refus d’aller plus loin. Le cas a été jugé avec beaucoup de publicité aux citoyens, hors de question de reconnaître qu’il y aurait eu une erreur car « on ne veut pas d’une autre affaire Dreyfus ». Plus grave encore politiquement, Picquart va découvrir qu’il y a eu falsification et manipulation pour accuser ce colonel Dreyfus… Il est alors muté, pour faire tout autre chose, il sera lui aussi emprisonné. C’est en 1897, d’après les informations réunies par Picquart, qu'Emile Zola écrit dans un journal sa fameuse tribune « J'accuse » au président de la République Félix Faure : le scandale devient explosif.

Au-delà de son contexte politique, le film J'accuse se déroule avec le suspens et le rythme d’un thriller pour identifier s'il y a un autre suspect hormis ce Dreyfus, juif, déjà condamné. Est-ce possible que le plus haut niveau hiérarchique de l’armée soit publiquement remis en cause ?

Bien avant le ghetto de Varsovie

Roman Polanski se repose sur la force du scénario (et des faits historiques) pour livrer ici un nouveau film, chargé de complot politique et de manipulation médiatique. On est alors bien plus proche de The Ghost Writer. Alors que la fiction de The Ghost Writer interrogeait en écho la réalité (l’allégeance du premier ministre britannique Tony Blair aux intérêts de guerre américains de George W. Bush…), cette fois c’est avec la réalité du passé (une France antisémite et un pouvoir qui couvre ses erreurs) que J'accuse pourrait questionner notre présent. C'est toute la puissance du film. Car il fait écho à notre époque, bien plus que le titre pourrait faire croire qu'il résonne comme une disculpation du cinéaste. Non, Polanski, incorrigible, a sans doute vu dans ce héros persécuté injustement, un vague reflet de sa situation, mais c'est avant tout la monté des haines discriminatoires (Juifs, musulmans, homos, etc...) qui l'inquiète et l'ont poussé à revenir sur cet épisode révélateur de l'Histoire de France: Dreyfus n'est que la plus grosse graine qui va germer jusque dans les années 1930 et conduire une partie du pays à embrasser la cause nazie.

Le film sera probablement diversement accueilli à l’international, il est peut-être trop ‘franco-français’, tout comme par le jury de Venise. Même si la cause défendue traverse beaucoup de pays occidentaux, même si le sentiment d'injustice est universel. Mais J'accuse est un rappel nécessaire, si besoin était, que Roman Polanski est bien encore et toujours un cinéaste important, capable d'une œuvre puissante et traitant de la haine et des préjugés (religieux, politiques, racistes etc...), autant que d'un système broyant la vérité et l'utilité de lanceurs d'alerte seuls contre tous.

Son film sera l'un des évènements ciné de cet automne, avec une sortie en France le 13 novembre.

Netflix dégaine The Irishman de Martin Scorsese

Posté par vincy, le 31 juillet 2019

C'est le plus gros budget pour un film de Martin Scorsese (160M$). C'est aussi l'un des films les plus attendus de l'année. C'est enfin la grande réunion de Robert De Niro et Joe Pesci, et les retrouvailles entre De Niro et Al Pacino (depui Heat en 1995) ou entre De Niro et Scorsese (depuis Casino en 1995 aussi). On pourrait aussi dire que c'est la rencontre tant attendue entre Scorsese et Pacino. Bref c'est l'événement que tous les cinéphiles attendent.

Après un teaser durant les derniers Oscars, Netflix a dévoilé la deuxième bande annonce de The Irishmen, prévu en novembre sur sa plateforme, après avoir dévoilé deux images lundi. Le film fera l'ouverture du New York Film festival. Aux Etats-Unis, il est certain qu'il sortira dans quelques salles avant sa diffusion, afin d'être oscarisable. A l'origine, le film devait être distribué par la Paramount. Netflix aurait déboursé (entre la production et l'acquisition des droits) près de 230M$.

En France, hormis peut-être le cadre d'un festival ou lors de projections spéciales, il faudra être abonné à Netflix.

Le film se déroule sur plusieurs décennies. Ce qui implique, comme on le voit sur la bande annonce, de nombreux effets spéciaux permettant le rajeunissement des acteurs. Il est étonnant de voir De Niro comme il était à l'époque de Casino ou des Affranchis. Harvey Keitel - qui a tourné dans les quatre premiers films de Scorsese, Bobby Cannavale, Anna Paquin et Ray Romano sont aussi au générique de ce film tourné entre 2017 et 2018.

Le scénario est adapté du livre I Heard You Paint Houses: Frank ‘The Irishman’ Sheeran and the Inside Story of the Mafia, the Teamsters, and the Final Ride by Jimmy Hoffa de Charles Brandt. Autrement dit une longue enquête sur Jimmy Hoffa (déjà incarné par Jack Nicholson dans Hoffa en 1992), ici interprété par Al Pacino, et surtout Frank Sheeran (De Niro). Sheeran, syndicaliste fricotant avec la mafia et tueur à gage, et Hoffa, lui-même dirigeant syndicaliste proche de la mafia, se sont rapprochés jusqu'à pactiser ensemble. Les deux seraient également liés à l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Sheeran a confessé à Charles Brandt qu'il aurait tué Jimmy Hoffa, dont on n'a jamais retrouvé la trace.

Jennifer Lawrence chez Paolo Sorrentino

Posté par vincy, le 25 juillet 2019

Mob Girl sera le prochain film de Paolo Sorrentino (Grande Bellezza), avec pour le rôle principal et en tant que productrice, Jennifer Lawrence. Le scénario d'Angelina Burnett est adapté de l'essai du même nom de Teresa Carpenter publié en 1992.

Le film est l'histoire vraie d'une épouse d'un mafieux qui devient indic pour la police. Jeune effrontée attirée par le monde de la délinquance, Arlyne Brickman, née en 1934, a grandit parmi les malfrats new yorkais. Compagne de gangster, sa vie est un chaos permanent. Jusqu'à un certain point. Les menaces sont sans limites. EEn voulant une vie plus sereine, et en croisant des hommes plus rangés, elle s'éloigne du milieu. Même si rien ne la prédestinait à devenir informatrice pour le FBI, elle va aussi être un témoin majeur dans l’affaire de meurtres de la famille Colombo.

Jennifer Lawrence tourne actuellement le premier film de Lila Neugebauer, aux côtés de Brian Tyree Henry, tandis que Paolo Sorrentino pourrait présenter à Venise une nouvelle saison de The Young Pope, The New Pope. Le casting est alléchant: Jude Law, Javier Camera, Sharon Stone, John Malkovich, Cécile de France, Ludivine Sagnier et Stefano Accorsi.

Clint Eastwood enrôle Paul Walter Hauser, Sam Rockwell et Kathy Bates

Posté par vincy, le 16 juin 2019

Clint Eastwood a trouvé son prochain film avec The Ballad of Richard Jewell. Le cinéaste américain continue son exploration des héros contemporains américains tout en poursuivant son tableau des menaces qui frappent le pays. Richard Jewell est un gardien de la sécurité qui a découvert un sac-à-dos abandonné suspect (à juste titre puisqu'il contenait une bombe), avant qu'un journal le qualifie de suspect possible de l'attaque terroriste des Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996. De héros (qui a sauvé des centaines de vies) à suspect (le plus haï d'Amérique à ce moment là), sa vie a été bouleversée en quelques heures. Il fut disculpé trois mois plus tard, sans jamais recevoir de compensations. Sa réputation fut définitivement ruinée et il tomba malade, jusqu'àêtre atteint d'une attaque cardiaque en 2007, à l'âge de 44 ans.

A l'origine Leonardo DiCaprio et Jonah Hill étaient rattachés à ce projet qui date d'il y a 5 ans. DiCaprio en reste l'un des producteurs. Le scénario est signé de Billy Ray (Captain Phillips), à partir d'un article publié dans Vanity Fair.

Finalement, c'est Paul Walter Hauser (Moi, Tonya, Blackkklansman) qui incarnera Jewell. Kathy Bates (Misery, Titanic) interprètera sa mère et Sam Rockwell (3 Billboards, Vice) qui sera son avocat.

[Mise à jour: Olivia Wilde et Jon Hamm rejoignent aussi le casting: L'actrice interprètera la reporter Kathy Scruggs, qui a couvert les événements, tandis que le comédien sera un agent du FBI qui enquête sur l'attentat.]

Longtemps dans les mains de Fox-Disney, le projet vient aussi de migrer vers Warner Bros, le studio historique des films de Clint Eastwood. Warner va reprendre les droits de distribution du film. Au milieu de ce jeu hollywoodien, il y a Alan Horn, ancien patron du cinéma de la Warner qui est désormais chef des studios Disney. Horn espérait qu'Eastwood lâche sa "maison". Il n'en est rien. C'est plutôt, semble-t-il, la Fox qui ne sait pas encore quoi faire au sein de Disney.

Le studio, malgré le carton de Bohemian Rhapsody, a subit un semi échec avec Alita : Battle Angel et de lourdes pertes avec X-Men Dark Phoenix. Hormis Avatar (dorénavant intégré à l'agenda Disney) et Deadpool (qui va être intégré à l'univers Marvel), il n'a plus qu'une franchise, Kingsman. Il lui reste pour l'instant des drames à gros budgets dans son "line-up" qui est assez vide au-delà de 2020:  Ad Astra, Ford v Ferrari, Mort sur le Nil et le West Side Story de Steven Spielberg.

Oscars 2019: Green Book sera-t-il victime de ses polémiques?

Posté par vincy, le 23 février 2019

Green Book est l'un des favoris pour l'Oscar du meilleur film cette année. Il a toutes ses chances: un sujet politique et consensuel, une comédie dramatique, le prix du public au festival de Toronto, le Golden Globe dans la catégorie musical ou comédie, le film de l'année pour l'American Film Institue et pour le National Board of Review, le meilleur film selon la Producers Guild of America, et un joli succès public aux Etats-Unis (67M$ soit déjà plus que La forme de l'eau, Oscar l'an dernier).

Il peut perdre aussi. Roma est qualitativement supérieur, mais une partie des votants pourraient ne pas vouloir donner l'Oscar pour un film Netflix. A Star is Born, Black Panther et Bohemian Rhapsody sont largement plus populaires. Blackkklansman et Vice sont plus politiques. La Favorite pourrait être aussi un concurrent surprenant, correspondant aux choix habituels de l'Académie.

Green Book a cependant du affronter plusieurs polémiques au fil des mois. Ce qui risque de le desservir. Une partie des critiques et des professionnels lui reprochent, pour raccourcir, son point de vue "blanc", à travers le regard du personnage joué par Viggo Mortensen, Tony Vallelonga. Le film est produit par le fils de Tony, Nick, personnalité controversée (pro-Trump et islamophobe, même s'il s'est excusé pour certains tweets). Ce qui entraîne une deuxième polémique: le consentement de la famille de Don Shirley, incarné par Mahershala Ali, qui n'a pas été impliquée dans le développement du film. Les deux personnages réels sont morts à quelques mois d'écart en 2013.

Trop blanc pour beaucoup, le film est aussi accusé d'un racisme anti-blancs, selon comment on le perçoit (et ses opinions). Certains critiques, y compris dans la presse branchée, ont vu dans cette histoire une glorification d'un personnage noir et un grand mépris pour le personnage blanc. A cela s'ajoute que, selon la famille, Donald Shirley ne voulait pas d'un film sur cette histoire (comme on va vous l'expliquer).

N word et autres mensonges

Cela aurait pu rester une politique de réseaux sociaux si, en pleine tournée promotionnelle, Viggo Mortensen n'avait pas utilisé l'infamant mot en N, plutôt que le correct afro-américain ou noir. Paradoxalement, le mot est utilisé dans des films comme Si Beale Street pouvait parler ou dans la pièce actuellement à Broadway, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, sans que cela créé de polémiques. Mortensen a du s'excuser et Ali a fait savoir officiellement qu'il acceptait ces excuses.

Mais les vannes étaient ouvertes. En décembre, alors que le film commençait à récolter plusieurs citations ou prix, la famille de Donald Shirley s'émeut publiquement d'avoir été mise à l'écart et reproche le manque d'authenticité de certains faits décrits dans la fiction. Le frère de Donald Shirley évoque même "une symphonie de mensonges". Selon la famille, Shirley n'était pas aussi seul, ni coupé de la communauté afro-américaine. Pire, ils accusent Vallelonga de révisionnisme, puisque selon eux les deux hommes n'avaient pas d'autres relations que professionnelles. Nulle amitié réelle donc.

Pourtant, dans le documentaire Lost Bohemia de Josef Astor, Donald Shirley dit le contraire, confiant sa pleine confiance envers son chauffeur. "Tony n'était pas seulement mon chauffeur. Nous n'avons jamais eu de relation employeur-employé. Nous étions liés par une amitié mutuelle." S'il a refusé de donner son accord au projet, c'était, apparemment, davantage par peur qu'on révèle son homosexualité, alors qu'il n'a jamais fait son outing.

Peter Farrelly, le réalisateur, explique également qu'il a tenté de joindre la famille avant le tournage. Mahershala Ali a préféré continuer de s'excuser en se disant désolé si sa participation au film dans le rôle de Shirley les a offensés. Le neveu du pianiste reconnaît que l'interprétation de l'acteur est remarquable mais ne reconnaît pas son oncle tel qu'il est dépeint dans le film. "Ils ont fait un succès commercial, un film populaire, mais dans ce process, ils ont distordu et réduit la vit d'un des deux personnages principaux."

A l'inverse, son producteur, ami et légataire testamentaire Michael Kappeyne, par ailleurs consultant pour le film, explique que le comédien, favori pour l'Oscar du meilleur second-rôle masculin, a su capter la complexité du musicien, "sa colère intérieure, son sens de la solitude, sa dignité intègre et son intérêt à aider les gens."

On le voit bien: selon les souvenirs des entourages, le regard change sur le film. Après tout, il est vendu comme une fiction inspirée de faits réels et non comme une biographie. Ce n'est pas un documentaire. Ce qui compte c'est la narration et l'émotion qui s'en dégage, en plus du message généreux qu'il comporte. Ce que l'on reproche au film, finalement, c'est d'avoir écrit un récit autour du chauffeur blanc alors que c'est l'employeur noir qui est dominant (ce qui donnerait envie d'un documentaire ou d'une fiction centrée sur la vie de Shirley).

Au moins, le film est véridique sur d'autres aspects du film (l'appartement de Shirley, sa tournée dans le sud, ses concerts devant les blancs, la correspondance du couple Vallelonga, l'arrestation du chauffeur et de son employeur, etc...).

Berlinale 2019: polémiques à cause de la présence de Netflix dans la sélection officielle

Posté par vincy, le 14 février 2019


Désormais, avec une petite musique, c'est un grand N qui s'affiche et non plus la marque au complet, Netflix. La plateforme a récemment fait son entrée parmi les studios en adhérant à la MPAA (Motion Picture Association of America), le puissant comité de censure américain, jusque là club réservé aux six grands studios américains : Paramount Pictures, Sony Pictures Entertainment, Twentieth Century Fox, Universal City Studios, Walt Disney Studios Motion Pictures et Warner Bros. Entertainment.

La MPAA régule la classification des œuvres (G, PG, PG-13, R-Rated, NC-17) et combat le piratage.

Netflix, un studio comme les autres? A Berlin, comme à Cannes et à Venise, la polémique a continué. Si on remarque que les journalistes font moins "bouh" à l'arrivée du logo (il y a même désormais des applaudissements), les exploitants allemands ont critiqué le Festival d'avoir sélectionné des films de la compagnie alors qu'elle se réserve toujours le droit de ne pas les montrer dans les salles de cinéma.

160 exploitants allemands ont adressé une lettre ouverte adressée à la direction de la Berlinale et à la ministre de la Culture, Monika Grütters, pour réclamer le retrait de la compétition du nouveau film d'Isabel Coixet, Elisa y Marcela. Mais personne ne s'est offusqué de la présence hors-compétition, dans le cadre des soirées "Galas" de celle d'un autre film Netflix: The Boy Who Harnessed the Wind (Le garçon qui dompta le vent), premier long métrage du comédien Chiwetel Ejiofor (déjà présenté à Sundance).

Le Festival a répliqué que Elisa y Marcela sortirait en salle en Espagne, ce qui ne contrevient pas au règlement du festival.

Le directeur artistique de la Berlinale, Dieter Kosslick, qui fait sa dernière année de mandat, a déclaré que les festivals internationaux devraient emprunter à l'avenir une position commune afin de savoir comment gérer les films de cinéma destinés aux plateformes. Venise a décerné son Lion d'or à un film Netflix (Roma, un des favoris pour l'Oscar du meilleur film). Cannes a du abandonner la sélection de films de la plateforme, puisque son règlement ne permet plus leur place dans la Compétition.

Il y a urgence à faire un choix. Non pas que les films de Netflix soient meilleurs que les autres. Mais la plateforme, qui revendique désormais rien qu'en France 5 millions d'abonnés, a signé quelques uns des prochains projets d'auteurs réputés et primés, à commencer par Martin Scorsese, David Michôd et Noah Baumbach. Netflix, acteur désormais incontournable, s'invite aussi sur les marchés en prenant les droits internationaux de films étrangers (dernier en date: Le chant du loup). Il va être difficile d'ignorer ces films en festivals, surtout quand ces festivals (à l'instar de Berlin) s'offre une sélection dédiée aux séries ... télévisées.

On a souvent regretté qu'en France la chronologie des médias (qui n'est clairement pas en faveur de Netflix, Amazon et Apple) empêche la distribution dans quelques salles d'un film comme Roma, qui méritait amplement une diffusion sur grand écran. Roma, comme d'autres films Netflix, ont pourtant pu être montré en salles durant une courte durée. A défaut de changer les règles, les festivals permettent au moins de profiter pleinement d'une projection grand écran.

La Berlinale a fait ce choix. Festival public plus que critique, il a projeté le nouveau film d'Isabel Coixet et celui de Chiwetel Ejiofor, tous deux inspirés d'une histoire vraie, dans de grandes salles.

Elisa y Marcela est le récit de deux femmes qui s'aiment dans l'Espagne conservatrice et catholique du début du XXe siècle. En noir et blanc, il raconte l'hostilité et l'homophobie qu'elles subissent, jusqu'à ce que l'une d'elles décide de se travestir en homme et de se marier avec sa compagne à l'église. Et ce plus d'un siècle avant la légalisation du mariage pour tous. Isabel Coixet rate complètement son sujet, en le dévitalisant et en frôlant le grotesque à certains moments. Ses bonnes intentions sont bousillées par un scénario répétitif et une mise en scène vaniteuse. Il n'empêche, on aura appris quelque chose : ce mariage lesbien n'a jamais été annulé par l'Eglise, ce qui en fait le premier mariage entre personnes du même sexe de l'histoire.

Netflix ou pas Netflix, ce film n'aurait jamais du être dans une compétition comme celle de Berlin, affaiblissant un peu plus la Berlinale cette année.

En revanche, Le garçon qui dompta le vent a fait forte impression aux spectateurs qui ont applaudit à la fin du film. A juste titre. S'il est très classique dans sa narration et ne révolutionne en rien la réalisation, le film s'avère très efficace et touchant. Entièrement tourné au Malawi, avec le réalisateur Chiwetel Ejiofor et Aïssa Maïga comme seules vedettes, cette histoire s'inspire d'un jeune garçon d'un village africain (aujourd'hui très diplômé y compris aux USA) qui va entreprendre la construction d'une éolienne pour apporter l'électricité à une pompe à eau permettant d'irriguer les champs infertiles pour cause de sècheresse. De l'écologie aux bons sentiments, en passant par les drames familiaux et les personnages réellement attachants, tout y est. Et c'est typiquement le film qui peut trouver son public en salles.

On pourra le voir chez soi, sur Netflix, à compter du 1er mars.

Elsa Zylberstein incarnera Simone Veil pour Olivier Dahan

Posté par vincy, le 31 janvier 2019

Un projet sur Simone Veil, entrée au Panthéon l'été dernier et décédée en 2017, est mis en route. Elsa Zylberstein interprètera la femme politique. Cette femme rescapée de la Shoah a marqué la vie politique française, notamment pour avoir fait adopter la loi dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse et pour avoir été la première présidente du Parlement européen.

Selon l'AFP, Olivier Dahan s'attaquera à cette figure emblématique de la deuxième moitié du XXe siècle. Il a déjà filmé Marion Cotillard en Edith Piaf dans La Môme et Nicole Kidman en Grace Kelly dans Grace de Monaco, son dernier film en date (2014). Ces dernières années, il s'est lancé dans plusieurs projets - Un sac de billes, Charlotte, d'après la biographie de David Foenkinos - avant de les abandonner.

Cette fois-ci le film semble mieux parti. Il sera coscénarisé par la journaliste et écrivaine Vanessa Schneider.

Simone Veil a fait l'objet de nombreux documentaire, dont le récent Auschwitz Projekt d'Emil Weiss. Elle a aussi été incarnée par Emmanuelle Devos dans le téléfilm La Loi, réalisé en 2014 par Christian Faure, et par Marina Foïs dans le court métrage Les Hommes s'en souviendront réalisé par Valérie Müller en 2006.