Edito: Netflix, le réveil de la force

Posté par redaction, le 8 juin 2017

Il est évident que Netflix transforme le paysage cinématographique. On peut se désoler de voir que de grands cinéastes et de bons films ne soient jamais diffusés en salles. Mais après tout, cela fait longtemps que la télévision a attiré les Scorsese, Spielberg et autres Soderbergh pour produire/réaliser des séries. Et n'oublions pas le pionnier, Hitchcock. A Cannes, le débat a envahit la Croisette, au point, parfois, d'en oublier la qualité des films sélectionnés.

Est-ce si révolutionnaire que de vouloir produire des films exclusifs pour fidéliser ses abonnés et en attirer de nouveaux? HBO l'a déjà fait. Canal +, de par sa convention avec l'Etat, s'arroge le droit d'être la première fenêtre de diffusion après le passage en salles et en location vidéo. C'est de bonne guerre. Ce qui choquerait avec Netflix, c'est l'impossibilité de voir Okja, War Machine ou The Meyerowitz Stories au cinéma.  Bizarrement, on ne se pose pas la question pour toutes les séries B qui débarquent directement en vidéo à la demande (e-cinéma, c'est plus chic), sans passer par la case salles. Ces films en e-cinéma ont le droit à des projections presse. Netflix fera sans doute de même prochainement, afin d'accentuer la visibilité de ses productions "starisées".

Le débat autour de la diffusion n'est pas que français et l'intérêt pour Netflix n'est pas réservé qu'aux professionnels américains.

Ainsi, hier, Naomi Kawase s'est dite prête à travailler avec Netflix: "Si une firme comme Netflix ou toute autre société de production étrangère a des moyens pour travailler avec une réalisatrice qui a acquis une réputation internationale, ce peut être une façon pour moi d'exprimer librement ce que je veux", ajoutant qu'elle ne regretterait pas "une telle occasion" qui est, selon elle "plutôt comme un défi à relever". Pour les auteurs, les plateformes de SVàD sont une véritable aubaine alors que le marché art et essai se contracte en nombre de spectateurs dans le monde entier et que les financements sont de plus en plus difficiles à trouver pour des scénarios originaux.

La réalisatrice japonaise a commencé à réfléchir à cette possibilité quand son confrère sud-coréen Bong Joon-ho, dont Okja, en compétition à Cannes et financé par Netflix (50M$), s'est réjoui de la liberté créative qu'il a eu. "Il dit que Netflix lui donne tout l'argent dont il a besoin et n'intervient pas", explique Kawase, rappelant que le cinéma d'auteur japonais est plus que fragile et focalisé sur les productions populaires, souvent adaptées de mangas, romans ou séries TV. Hirokazu Kore-eda ne dit pas autre chose: "Plus de réalisateurs vont à l'avenir vouloir travailler avec Netflix ou Amazon. S'il reste comme il est, tout le secteur va couler." Plutôt que de constater le déclin du cinéma d'auteur japonais, les cinéastes se tournent vers l'étranger pour financer leurs œuvres.

De l'autre coté de la mer du Japon, le cinéma est florissant en Corée du sud. Il sait se protéger, se financer, s'exporter. En Corée du sud (mais aussi aux Etats-Unis et au Royaume Uni), Okja bénéficie même d'une exception: le droit d'être sorti en salles. Mais, comme pour la France, les professionnels ont décidé de se rebeller contre Netflix, producteur et diffuseur du film. Une grande chaîne sud-coréenne de salles de cinéma, CGV, premier réseau du pays avec 1000 écrans, a annoncé qu'elle ne diffuserait pas ce film très attendu si Netflix le mettait en ligne simultanément sur sa plateforme. Il y a deux ans, la suite de Tigre et Dragon avait suscité la même réaction de la part des circuits américains, qui avaient boycotté le film.

Le problème Netflix est ailleurs

Dans l'histoire, ce sont les spectateurs qui sont pris en otage: soit ils ne peuvent pas voir le film en salles, soit ils sont contraints de s'abonner à la plateforme. Cela peut faire le beau jeu des pirates. Toujours est-il qu'il va falloir rapidement revoir la chronologie des médias. Après tout, en tant que producteur, Netflix a le droit de choisir sa stratégie de distribution, quitte à exclure définitivement la salle de cinéma dans un premier temps (le cinéma serait alors une sorte de deuxième fenêtre, après le streaming exclusif). Pour le cinéphile comme le cinéaste, le "produit" reste un film de cinéma. Qu'on le voit chez soi, en salle, dans un festival ou à bord d'un avion, ça ne change pas grand chose, hormis la sensation, le plaisir que l'on peut éprouver selon le lieu (sous la couette, avec un public, avec les artistes, ou pour combler l'ennui).

Mais avant de se focaliser sur ce combat multi-supports (que les médias ont depuis longtemps intégré), peut-être faut-il mieux se concentrer sur le vrai problème qu'induit la force des plateformes de type Netflix. Il serait beaucoup plus judicieux d'obliger ces géants américains à payer leurs impôts dans le pays où ils sont diffusés, en fonction du chiffre d'affaires dégagé par leurs abonnements locaux. Car ce n'est pas tant le modèle économique d'un Netflix qui pose problème (en effet, s'ils investissent dans des films, on ne peut être que ravis). Mais c'est bien le contournement des règles fiscales et la distorsion de concurrence par rapport aux producteurs-diffuseurs nationaux qui pénaliseront à terme l'industrie cinématographique de pays comme la France, la Corée du sud ou l'Argentine, dont les éco-systèmes ont permis depuis des années de résister à l'hégémonie culturelle américaine.

Ce n'est pas simplement défendre notre exception culturelle que de réclamer des droits et des devoirs à un géant transnational au-dessus des Lois, mais il s'agit bien de protéger notre modèle culturel, qui passe par une solidarité fiscale. Canal + a l'obligation de financer des productions françaises. Pour toucher des aides du CNC, il faut être installé en France. Il n'y a aucune raison que Netflix profite du marché français sans contreparties bénéficiant à tout le secteur.

Cannes 2015: Carte postale du Japon

Posté par vincy, le 13 mai 2015

© vincy thomasCette année, le Japon lance à Cannes le Japan Day Project avec une drôle de mascotte: Kumamon, un ours noir aux pommettes rouges, qui va parader sur la Croisette. La vedette du pavillon japonais à Cannes présentera Attendre à Kumamoto et Pour toujours sur ma terre natale, deux courts métrages dont il est la star. Mais surtout il servira à promouvoir le cinéma, la musique , les mangas et les autres créations culturelles japonaises.

Car c'est bien l'animation japonaise qui aujourd'hui conquiert le monde. Et pas seulement Hayao Miyazaki. Le Festival de Cannes a accueilli de nombreux films animés en tous genres ces dernières années (Innocence : Ghost in the Shell 2 a même eu les honneurs de la compétition). Mais des films de yakuzas (Takeshi Kitano en tête) aux films de samouraïs, le 7e art japonais a souvent brillé sous le ciel bleu de la Côte d'azur.

Pas moins de quatre Palmes d'or, deux Grand prix du jury, un prix de la mise en scène, quatre prix du jury, deux prix du scénario: le tableau d'honneur est flatteur. Akira Kurosawa, Shohei Imamura, Naomi Kawase, Masaki Kobayashi, Hirokazu Kore-Eda, Nagisa Oshima, Kiyoshi Kurosawa font partie de l'élite déjà récompensée en sélection officielle. Et certains sont non seulement encore en activité, mais en sélection cette année: preuve que ce 7e art est toujours aussi vivant. Bien sûr, il manque dans le palmarès cannois Yasujiro Ozu et Kenji Mizoguchi...

Cependant, Cannes offre une perception déformée du cinéma japonais. Troisième producteur de films du monde, le Japon est aussi le troisième plus gros marché cinématographique de la planète, derrière les Etats-Unis et la Chine, grâce notamment à une politique de franchises et d'adaptations de mangas, plus piratées à l'étranger qu'exportées. On est loin des films d'auteurs projetés au Palais.

L’adaptation d’un manga comme prochain film de Hirokazu Kore-eda

Posté par vincy, le 23 juin 2014

catsing de kamakura diaryHirokazu Kore-eda a bouclé le casting de son prochain film, Kamakura Diary (ou Umimachi Diary).

Masama Nagasawa, connue pour ses participations dans deux Godzilla locaux et son rôle dans Crying Out Love in the Center of the World de Isao Yukisada, Haruka Ayase, également chanteuse et récemment vue dans Real et aussi remarquée dans Crying Out Love in the Center of the World, Kaho, mannequin et actrice vue dans les adaptations d'Otomen et de Sand Chronicles, et l'adolescente Suzu Hirose, dont l'adaptation du manga Crows Explode vient de sortir sur les écrans japonais, formeront le quatuor de jeunes filles.

Le film est l'adaptation du manga éponyme d'Akimi Yoshida (2007), paru en France chez Kana depuis l'an dernier. Le 5è tome sera en librairie en septembre. Il a reçu plusieurs prix au Japon.

L'histoire est celle de trois soeurs qui n’ont pas vu leur père depuis 15 ans, quand il a divorcé de leur mère. Quand elles apprennent sa mort, elles se rendent aux funérailles, où elles font connaissance d'une demi-soeur, désormais orpheline. Réunies sous le même toit, à Kamakura, ville maritime au sud de Tokyo, elles apprendront à faire connaissance.

Le film sortira durant l'été 2015 au Japon. C'est le premier projet du réalisateur Kore-eda depuis le succès de Tel père, tel fils, Prix du jury au Festival de Cannes en 2013 et beau succès au box office japonais (31M$, 10e film de l'année) lors de sa sortie.

Steven Spielberg va produire le remake de Tel père, tel fils, primé par son jury à Cannes

Posté par vincy, le 2 octobre 2013

Tel père Tel fils Kore-edaEn mai, Steven Spielberg président du jury du dernier Festival de Cannes remet le prix du jury à Hirokazu Kore-eda pour son film Tel père, Tel fils.
En octobre, DreamWorks, cofondé par Steven Spielberg, acquiert les droits de remake du film de Kore-eda.

Spielberg ne réalisera pas cette version américaine. Le cinéaste américain avoue avoir "été impressionné" par la capacité du cinéaste japonais à "amener une telle histoire humaine à l'écran". Sans se cacher, avec une arrogance typiquement américaine, Spielberg souhaite faire ce remake "pour apporter au public international" cette histoire. Avec courtoisie, Kore-eda se dit "très honoré qu'une société comme DreamWorks développe son film pour le public américain."

Le film japonais vient de sortir dans les salles de son pays, avec succès. En récoltant 3,2 millions de $ pour son premier week-end, Tel père, Tel fils a dominé le box office. Par ailleurs, il n'a pas été choisi pour représenter le Japon dans la course à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

En France, le film sortira le 25 décembre.

Cannes 2013 : Steven Spielberg et son jury succombent aux désirs d’Adèle et d’Emma

Posté par vincy, le 26 mai 2013

abdellatif kechiche adele exarchopoulos lea seydoux

Le palmarès cannois aurait pu être pire. Même si, pour nous, il manque des films dont l'esthétisme (voire le formalisme) et le propos nous ont davantage séduits, reconnaissons à Steven Spielberg et son jury d'avoir eu du cran : Une Palme pour Adèle, fallait oser. Lui Président a décidé de provoquer un acte culturel (et donc politique) majeur en remettant l'un des plus grands prix du 7e art à un film dont certaines séquences (sexualité frontale, nudité, homosexualité)  l'empêcheront d'être vu dans de nombreux pays (y compris les USA) et dont la durée limitera l'intérêt des exploitants. Avec ce prix, il oblige les exploitants à s'adapter à une création hors-normes...

La Palme d'or à La vie d'Adèle, malgré nos quelques réserves sur le film, est largement justifiée tant l'oeuvre (3h) est captivante et émouvante. Hymne à l'amour et sà la liberté, l'adaptation de la BD "Le bleu est une couleur chaude" aura enthousiasmé journalistes, festivaliers, professionnels. Steven Spielberg n'a pas oublié de décerner la Palme aux deux actrices Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. "Nous avons été privilégiés de voir ce film, et non gênés" explique le cinéaste en conférence de presse. "C'est l'histoire d'un amour profond, magnifique. Le réalisateur n'a pas du tout bridé le récit. Nous étions sous le charme du film, avec des actrices formidables. Le réalisateur a permis aux personnages de prendre réellement vie" a-t-il poursuivi.

Lorsqu'il a reçu son prix, Abdellatif Kechiche a dédié son prix "à cette belle jeunesse de France qui m'a beaucoup appris sur l'esprit de liberté", "le vivre-ensemble". Ce film est pour "une autre jeunesse, de la révolution tunisienne, pour leur aspiration à vivre eux aussi librement, et aimer librement", a déclaré le cinéaste.

Le suspens pour les César 2014 est mort ce soir.

le jury du 66e festival de cannes 2013 spielbergExceptions culturelles

Défendant l'exception culturelle, Steven Spielberg en a fait la ligne directrice de son palmarès : des films iranien (avec une actrice d'origine argentine), chinois, japonais, américains et mexicain. Le jury a privilégié des mélodrames, et tous les films primés ont de belles qualités. Jia Zhang-ke a offert cette année sa production la plus ambitieuse, entre vengeance personnelle sanglante et tragédie humaine ; Kore-eda Hirokazu n'a peut-être pas réalisé son plus grand film mais l'histoire filiale ne pouvait que séduire des cinéastes comme Spielberg et Lee qui en on fait des thèmes récurrents dans le cinéma ; le grand Bruce Dern permet à le très bon Nebraska de ne pas repartir les mains vides grâce à un personnage mémorable de vieux lunatique et taiseux ; les Coen ont manqué de peu la double Palme d'or mais leur film, l'un des chouchous des festivaliers, ont confirmé leur grand retour grâce à un blues musical qui ne manque pas de dérision : Nebraska comme Inside Llewyn Davis devraient refaire parler d'eux aux prochains Oscars ; enfin, plus surprenant, le jury a préféré un jeune metteur en scène mexicain, Amat Escalante avec son essai très soigné et plutôt réussi (quoique déjà vu) sur la violence, Heli, pour le prix de la mise en scène : c'est la deuxième fois consécutive qu'un mexicain remporte ce prix. Concluons avec le prix d'interprétation féminine pour la franco-argentine Bérénice Bejo : deux ans après la projection de The Artist (prix d'interprétation masculine), la comédienne césarisée est désormais consacrée pour son rôle dramatique dans Le passé. Ironiquement, son personnage devait être incarné par Marion Cotillard, qui doit s'en mordre les doigts.

Après avoir vu tous ses films primés, constatons que l'image, les cadrages et la musique y sont souvent sublimes. Du drame intimiste au film de genre, tout le cinéma est représenté, illustrant une 66e édition prônant haut et fort le souci de la diversité et l'envie de séduction. Mais à voir la liste, c'est surtout un certain cinéma "vérité" qui a été honoré : un regard franc sur le monde, nostalgique ou cruel.

Vesoul 2012 : Kore-eda, invité d’honneur, présente I wish

Posté par kristofy, le 17 février 2012

La 18e édition du Festival international des cinémas d'Asie (FICA) de Vesoul s'est ouverte en présence d'un invité très prestigieux : le réalisateur Kore-Eda Hirokazu qui a reçu un Cyclo d'or d'honneur pour l'ensemble de son oeuvre. Pour la première fois en France est programmée une rétrospective intégrale de ses films, à commencer par ses premiers documentaires inédits (Lesson from a calf, I wanted to be Japanese...) jusqu'à son dernier film I wish dont la sortie en France est programmée pour le 11 avril.

Son premier film de fiction Mabrosi a remporté le Lion d'or à Venise en 1995, After life a été récompensé à San Sebastian et Turin, Distance est en compétition à Cannes en 2001 là où Nobody knows gagnera en 2004 un prix d'interprétation masculine pour un enfant de 14 ans, suivront Still walking, Air doll... Vesoul fait découvrir ses autres films inédits en France comme Without memory, Hana, The days after. Le réalisateur japonais a été très touché de cette intention de la part de Vesoul, et à la fin des projections, il était là pour parler avec le public. Ces rencontres conviviales entre artistes invités et spectateurs sont d'ailleurs l'une des particularités du FICA de Vesoul.

I wish est une belle histoire où deux frères vivent séparés l'un de l'autre depuis la séparation de leurs parents, l'un vit chez son père et l'autre chez sa mère dans deux villes éloignées. La construction d'une nouvelle ligne de train fait naître une idée : à l'endroit où deux trains se croisent à très grande vitesse, il se dégage une energie qui pourrait faire exaucer des vœux. Et voila les enfants qui décident de partir pour un périple plein de surprises...

Voici quelques mots confiés par Kore-eda à propos de la genèse de ce nouveau film :

"Les personnages principaux ont été choisis d’après auditions, ils n’avaient quasiment pas d’expériences personnelles. Réaliser un film avec des enfants, c’est plus du plaisir que des difficultés en fait. Les deux frères dans le film sont réellement deux frères dans la vie, ce qui faisait une complicité en plus. Dans la vie, le grand frère est aussi vivace que le petit frère, alors que dans le film, le grand frère est plus un enfant intériorisé alors que l’autre est très expansif. Ces deux personnages, tels qu’ils ont été écrits, ont demandé une véritable part de jeu aux enfants.

A ces acteurs-enfants, je ne donnais pas le scénario à l’avance, j’expliquais chaque matin ce qu’on allait tourner dans la journée. Le petit proposait des choses sans qu’on ne lui montre rien, il est très joueur dans tout les sens du terme. Les acteurs-adultes ont eux bien compris mes intentions de mise en scène avec des enfants qui jouent librement et avec bonne humeur. Les adultes ont aussi participé aux conditions de cette spontanéité.

L'idée de ce film est venue de l’installation d’une nouvelle ligne de TGV dans l’île, d’ailleurs j’aime beaucoup les trains. Mon film Nobody Knows date d'il y a 7 ans, et depuis je suis devenu moi-même père, alors le désir de refaire un film avec des enfants vient aussi de là. La première fois où je suis allé dans cette ville avec ce volcan j’avais 20 ans, et je me demandais comment font les gens pour vivre à côté de ça. C’était aussi la première fois que j’ai goûté ce gâteau qui n’a pas vraiment de goût. Tous ces souvenirs personnels se sont retrouvés dans I wish."

Crédit Photo Kore-eda à Vesoul : Michel Mollaret

Vesoul 2012 : cinq bonnes raisons de participer à la 18e édition du Festival international des cinémas d’Asie

Posté par MpM, le 13 février 2012

La 18e édition du Festival international des cinémas d'Asie (FICA) ouvrira ses portes à Vesoul mardi soir pour une semaine de partages, d'échanges et de découvertes autour du cinéma asiatique.

Depuis plusieurs années, la manifestation est devenue un rendez-vous incontournable pour les passionnés de cinéma et de culture asiatiques en général, mais aussi pour tous les spectateurs cinéphiles ou simplement curieux.

Envie d'aller vérifier par vous-meme ? Ecran Noir a listé au moins cinq bonnes raisons de ne pas louper l' événement.

L’intégrale Kore-Eda, en sa présence, avec la première française de I wish

Le réalisateur japonais (Nobody knows, Still walking, Air doll...), habitué de Cannes, recevra un Cyclo d'or d'honneur lors de la soirée d'ouverture du FICA 2012. Pour l'occasion, il viendra avec son dernier film, le magnifique I wish, présenté en première française, et bénéficiera d’une rétrospective présentant l’ensemble de son œuvre.

90 films à (re)découvrir

A Vesoul, on peut voir des films de 9h le matin à minuit. Le plus difficile est donc de choisir entre les longs métrages de fiction de la compétition internationale, les documentaires, les films proposés dans le cadre de la thématique "Les brûlures de l'histoire", la japananimation, les séances grand-public... Quelques titres au hasard, juste pour donner une idée : Les citronniers d'Eran Riklis, Tonnerres lointains de Satyajit Ray, Return ticket de Teng Yung-shing...

Regard sur le cinéma kazakh : 20 films-clef de cette cinématographie méconnue

Un petit tour d’horizon du cinéma kazakh de 1938 à nos jours, vous n’en retrouvez pas un de sitôt ! L’occasion de découvrir de véritables pépites comme le Léopard d’or 1993, Ma vie sur le bicorne d’Ermek Chinarbaev.

La section francophonie d’Asie consacrée à Tran Anh Hung, en sa présence

Le réalisateur franco-vietnamien Tran Anh Hung (L’odeur de la papaye verte, Cyclo) est au cœur de la désormais traditionnelle section "Francophonies d’Asie" et viendra en personne présenter son travail. A ne pas rater, le superbe A la verticale de l’été, et son adaptation sensible de La balade de l’impossible.

L’ambiance du festival : convivialité, échanges et rencontres avec les invités

C’est une dimension importante du FICA : sa tradition de convivialité et de bonne humeur. Ici, les grands réalisateurs côtoient les jeunes débutants, et tous se mêlent au public lors des repas pris en commun et des soirées ouvertes a tous. Apres quatre ou cinq films dans une journée, quoi de plus agréable que d’échanger avec d’autres passionnés, interroger les organisateurs sur leurs choix de sélection, ou tout simplement aller féliciter un cinéaste dont on a apprécié le travail ? Les cinéphiles du monde entier en rêvaient, Vesoul l’a fait !

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18e édition du Festival international des cinémas d'Asie de Vesoul
Du 14 au 21 février
Informations et programme sur le site de la manifestation

Cannes : la belle carte à jouer de l’Asie

Posté par MpM, le 8 mars 2009

ThirstEnfant chéri de Cannes ces dernières années, l’Asie pourrait à nouveau arriver en force sur la Croisette. Ainsi, si l’on en croit la rumeur, Johnnie To aurait déjà son ticket pour le tapis rouge. En tant que réalisateur, pour Vengeance, où il dirige Johnny Hallyday, et/ou en tant que producteur avec Accident de Pou Soi Cheang, à qui l’on doit notamment Dog bite dog. A moins qu’il ne s’agisse encore d’un de ces buzz purement gratuits qui amusent tant le délégué général Thierry Frémaux …

La concurrence est en effet rude du côté de Hong Kong et de la Chine continentale. Lou Ye, qui concourait pour la palme d’or en 2006 avec Une jeunesse chinoise, met la dernière main à Spring fever. Wang Chao, sélectionné à Un certain regard la même année avec Voiture de luxe, est lui en train d’achever Starting over. Enfin, la réalisatrice Yimeng Jin a en stock Sophie’s revenge avec Zhang Ziyi, l’ancienne assistante de Jia Zhang-ke, Carol Lai, a terminé Shuffle et Tian Zhuangzhuang est de retour avec The warrior and the wolf.

Par ailleurs, du côté coréen, trois cinéastes qui ont déjà eu les honneurs de la croisette sont sur les rangs  : Park Chan-wook (Thirst), Bong Joon-ho (Mother) et Hong Sang-soo ; tandis qu’au Japon, on table sur un ancien lauréat, Hirokazu Kore-eda (Air doll), et sur un "petit nouveau", Hideo Nakata (Gensenkan), qui est le candidat idéal pour une séance de minuit à forte teneur horrifique.

On attend aussi beaucoup de la Thaïlande, qui est en train de s’imposer comme le nouvel Eldorado des cinéphiles. Wisit Sasanatieng, qui fut le premier réalisateur thaïlandais présenté en Sélection officielle (en 2001, avec Les larmes du tigre noir, dans la section Un certain regard), travaille à Red eagle. Son compatriote et complice Pen-ek Ratanaruang (venu présenter Ploy à la Quinzaine des Réalisateurs en 2007) a également un projet en cours : Nymph.

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Cannes : les films européens qui pourraient monter les marches

Posté par MpM, le 27 février 2009

Berlin terminé, les Oscars décernés… pour s’occuper, la profession n’a plus qu’à lorgner du côté de Cannes et des films qui, s’ils étaient prêts à temps, pourraient faire sensation sur le tapis rouge. La liste est longue et parfois fantasque, mais certains noms reviennent avec une vraie constance. Sûrement de quoi amuser Thierry Frémaux qui, comme chaque année, va au cours des deux mois qui viennent découvrir au fil des articles de journaux ce qu’il est censé aimer ou détester.

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Aux réalisateurs français déjà cités (voir notre article du 18 janvier), se sont peu à peu ajoutés l’incontournable Bruno Dumont (Hadewijch), Marina de Van (Ne te retourne pas, déjà pressenti en 2008) et Gaspar Noe (Soudain le vide), trois réalisateurs susceptibles de susciter une vraie bonne polémique comme la Croisette en est friande. Dans un genre très différent, certains parlent du documentaire de Nicolas Hulot, The titanic Syndrome tandis qu'en outsiders, on voit bien Stéphane Brizé (Mademoiselle Chambon, adapté d'un roman de Eric Holder) ainsi qu' Albert Pereira Lazaro et son complice Emmanuel Klotz pour le film d'animation Les lascars.

Déjà venus, Tony Gatlif (Liberté), Alain Resnais (Les herbes folles) et Cédric Kahn (Les regrets) pourraient enfin faire également partie des prétendants présentés aux sélectionneurs du Festival. On l'a compris, le choix final risque d'être particulièrement complexe... d'autant que, traditionnellement, seuls trois ou quatre films français figurent en compétition.  Même avec la possibilité d'un "repêchage" en "séance spéciale" ou dans le cadre de la section "Un certain regard", la majorité des longs métrages envisagés ne fera pas le voyage, et cela indépendamment de toute considération artistique.

Almodovar, Loach, Von Trier, Mungiu...

Il ne faut pas croire que la sélection s'annonce plus facile dans le reste de l'Europe. Même parmi les "fidèles", voire les déjà palmés, un tri drastique va s'imposer. De Pedro Almodovar (Los abrazios rotos, avec Peneloppe Cruz) dont on ne compte plus les tentatives de remporter la Palme à Ken Loach (Looking for Eric, sur et avec Eric Cantonna) qui l'a reçue en 2006, ils sont tous prêts : Lars von Trier (Antichrist avec Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg), Fatih Atkin (Soul kitchen, une comédie avec Morritz Bleibtreu), Michael Haneke (Le ruban blanc), Cristian Mungiu (Palme d’or 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours qui revient avec Tales from the golden age, sur la Roumanie communiste), Marco Belloccio (Vincere), Bela Tarr (The Turin horse), Andreas Arnold (Fish tank), Danis Tanovic (Triage)...

Toutefois, la surprise pourrait aussi venir de ceux qui n'ont jamais connu les honneurs de la compétition ou même du Festival : l'Italien Michele Placido (Il grande sogno), l'Autrichienne Jessica Hausner (Lourdes), l'Islandais Dagur Kari (The good heart), l'Allemand Matthias Glasner (This is love, sur la prostitution enfantine en Thaïlande) ou encore le film d'animation nordique, Metropia, dirigé par Tarik Saleh.

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A suivre : les films nord-américains attendus sur la Croisette