Travelling, les petits aux pays des merveilles

Posté par Morgane, le 17 février 2010

Au sein du festival Travelling à Rennes, une partie est dédiée aux plus petits, dès 18 mois. Éléphant d’or regroupe deux programmes de courts métrages et c’est un jury enfant qui a remis le Prix 2010 au film Guyane de Imanou Petit. Le Prix École au Cinéma a, quant à lui, été décerné au Petit Dragon de Bruno Collet, film d’animation très drôle sur une poupée Bruce Lee qui revient à la vie et part à la découverte du petit monde dans lequel il s’éveille.

Je ai pu voir que le programme de courts "Éléphant d’or 2" (sept courts), mais celui-ci regorge déjà de jolies trouvailles. Catch Him! qui nous vient tout droit de Slovaquie est original de par son animation et son style graphique. La Carte, film en prises de vue réelle, nous attendrit et nous fait rire par le biais de deux personnages amoureux mais qui vivent dans deux cartes postales différentes. Et d’un point de vue personnel, mon coup de coeur va aux Escargots de Joseph réalisé par Sophie Roze. Film d’animation dont les personnages sont faits de pâte à modeler, Les Escargots de Joseph plonge dans l’univers d’un petit garçon très timide et introverti vivant dans son monde et où ses amis sont des escargots. Il se fait alors avaler par son nombril en forme de coquille d’escargot et découvre le monde terrifiant et triste des nombrilistes. Une fable poétique et très touchante sur la difficulté de communiquer avec les autres et la nécessité de s’ouvrir au monde extérieur qui nous entoure.

Les enfants ont également pu, durant le festival, découvrir ou redécouvrir des films comme Coraline, Panda petit panda, Mon voisin Totoro... et tout un cycle consacré au personnage d’Alice aux pays des merveilles. Il y en avait pour tous les goûts.

Jean Simmons (1929-2010), si désirée…

Posté par vincy, le 23 janvier 2010

jean_simmons_gallery_17.jpgElle avait un physique qui nous rappelait Vivien Leigh, quelque chose d'Audrey Hepburn avant l'heure.  Une beauté de tragédienne. C'est d'ailleurs dans Hamlet, de Laurence Olivier, en 1948, en sublime Ophélie qu'elle fut révélée au grand public. Jean Simmons est décédée à presque 81 ans, près de Los Angeles, des suites d'un cancer du poumon.

Sans aucun court dramatique cette londonienne née en janvier 1929 a tout appris sur le tas. Elle commence à 15 ans avec Give us the Moon et enchaîne les petits rôles. Pour elle, c'est un métier, qui lui fait gagner de l'argent. Dans César et Cléopatre (avec Leigh, Stewart Granger et Claude Rains, elle est une harpiste). David Lean lui offre son premier personnage important, celui d'Estella, jeune, dans Les grandes espérances. Grâce à Lean, elle commence à prendre plaisir au jeu. Les rôles s'étoffent et le grand Laurence Olivier la transforme à jamais en Ophélie. Elle y reçoit sa première nomination à l'Oscar (du meilleur second rôle féminin) et un prix d'interprétation à Venise (où le film est aussi Lion d'or).

Ironiquement ce sera son prix le plus prestigieux, hormis un Golden Globe récompensant sa "carrière très variée" en 1958. En tournant un deuxième film avec Stewart Granger, elle se marie avec lui et s'exile à Hollywood. Beauté un peu diaphane, silhouette gracieuse, elle devient vite l'ange diabolique idéal, un peu pervers.  "J'ai toujours aimé avoir des rôles de méchante, ce qui n'est pas vraiment ma nature", avouait-elle. Simmons devient tête d'affiche de thrillers et de polars. Après la Rank en Grande Bretagne, elle est liée à la 20th Century Fox aux Etats-Unis.

En 1952, Otto Preminger l'engage pour être Un si doux visage, avec Robert Mitchum. Le tournage fut "viril" avec des conflits permanents entre Preminger et Mitchum, et le producteur Howard Hugues qui refusait d'arbitrer les différents.Elle débute aussi sa carrière dans les péplums. On notera L'Egyptien, de Michael Curtiz, en 1954, avec Gene Tierney et Victor Mature, avec qui elle a souvent joué ; Spartacus de Stanley Kubrick en 1960, où elle retrouve Laurence Oliver, mais aussi Tony Curtis et Kirk Douglas. Comme Ingrid Bergman, Jeanne Moreau et Elsa Martinelli, elle avait refusé le personnage de Varinia, qui échoua à Sabine Bethman avant que Kubrick ne la vire et le repropose à Simmons. Mais le péplum le plus marquant c'est La tunique en 1953. Enorme succès populaire (le film aurait rapporté 485 millions de $ s'il était sorti en 2010), il a aussi fait les unes de la presse people quand  Stewart Granger menaça avec une arme l'acteur principal du film, Richard Burton, qui a eu une liaison avec Simmons. Ils divorceront en 1960, après dix ans de mariage.

Jean Simmons  continue les productions à costume comme La Reine Vierge où elle incarne la Reine Elisabeth I, mais elle varie les styles aussi. Aux côtés de Spencer Tracy elle joue The Actress, comédie de George Cukor, où un certain Anthony Perkins débute ; face à Marlon Brando en Napoléon Bonaparte, elle est Désirée. Elle le retrouve, en adepte de l'armée du salut, dans Blanches colombes et vilains messieurs (Guys and Dolls) du grand Joseph L. Mankiewicz, avec Franck Sinatra. Elle tourne quelques films de Robert Wise, mélo ou comédie. Un western de William Wyler, avec Gregory Peck. Ce sont souvent de jolis succès en salles. Simmons est populaire, sans être une star de premier plan.

En 1960 elle croise le chemin de Richard Brooks, son époux de 1960 à 1977. Il la dirige dans Elmer Gantry, le charlatan, avec Burt Lancaster. Stanley Donen la fait jouer avec Cary Grant (et Deborah Kerr et Robert Mitchum, fidèles partenaires de l'actrice) dans Ailleurs l'herbe est plus verte. Et à partir de 1961, sa carrière décline, après 10 ans de starisation. Elle tourne moins et commence à se tourner vers le petit écran. Son mari lui offre un rôle en 1969, dans The Happy Ending. Un drame qui lui vaut sa deuxième nomination à l'Oscar (de la meilleure actrice).

Sur le grand écran, elle ne fera plus rien de vraiment marquant. Sa carrière se prolonge à la télévision, dans des téléfilms et des feuileltons prestigieux, ou en guest star (dans Star Trek!). Elle ne s'est jamais arrêtée, faisant des voix de dessin animé. Elle sera ainsi aux Etats-Unis, la grand mère Sophie du château ambulant de Miyazaki. Son dernier film, après 14 ans d'absence au cinéma, Shadows in the Sun (site officiel), est sorti en juin dernier.

Elle a eu deux enfants. Tracy Granger et Kate Brooks, un de chacun de ses mariages. les prénoms rendent honneur au couple mythique du 7e art, et amis de Simmons, Spencer Tracy et Katharine Heburn.

Le petit monde des Borrowers adapté par le Studio Ghibli

Posté par vincy, le 20 décembre 2009

arrietty_poster_japanVous souvenez-vous du petit monde des Borrowers? Ce film de Peter Hewitt (1997) devrait être culte avec le temps : on y retrouve Dr House (Hugh Laurie) et Draco Malfoy (Tom Felton). Mais l'échec du film (à peine 50 millions de $ dans le monde) avait froidement douché les espoirs d'Hollywood. Grand classique de la littérature jeunesse écrit par Mary Norton et publié en 1952, cette histoire d'une famille de petite taille vivant dans un milieu humain normal, a toujours fasciné Hollywood, qui avait déjà produit une série TV quelques années auparavant. Norton a édité cinq histoires entre les années 50 et 80.

Désormais c'est l'animation japonaise qui s'y intéresse. Le Studio Ghibli, celui-là même d'Hayao Miyazaki, a annoncé que serait sa prochaine sortie. Intitulé en japonais Karigirashi no Arrietty, ce sera le premier long métrage réalisé par Hiromasa Yonebayashi (surnomé "Maro"), après des années dans des rôles clés comme directeur de l'animation des films du studio. Cette adaptation a été scénarisée et supervisée par Miyazaki.

Le film sortira en juillet au Japon, comme tous les films Ghibli depuis quelques années. Ponyo, le dernier dessin animé en date, avait rapporté 176 millions de $ au box office local. Et tout come Ponyo, Ghibli a diffusé six mois avant la sortie du film, juste avant les fêtes, la chanson du film (disponible sur iTunes), Arrietty 's song, chanté par Cécile Corbel.

Ghibli produit aussi, actuellement, Taketori monogatari d'Isao Takahata.

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Blog officiel du film en japonais

Le décor de Ponyo ne sera pas défiguré

Posté par vincy, le 14 novembre 2009

ponyo_tomo.jpgHayao Miyazaki avait déjà sauvé la forêt de Fuchi, qui l'avait inspiré pour Mon voisin Totoro. Il vient de protéger la baie de Tomo d'un véritable désastre en béton. Cette baie qui a servi de cadre pour dessiner les paysages fantastiques de Ponyo sur la falaise, son dernier long métrage, était menacée par la construction d'un énorme pont.

Le port de Tomo est un des lieux les plus appréciés des touristes. Vieux de 1300 ans, assez bien préservé du modernisme, il a su inspirer des générations de poètes. Mais depuis plus de 20 ans, il est prévu de construire un point routier par dessus l'anse. Comme dans le film de Miyazaki, la ville est compliquée pour circuler. Pourtant la population s'oppose très vite au projet. L'impact sur la beauté du site fédère au delà des frontières et Miyazaki a fortement contribué à lutter contre ce pont.

Le 1er octobre, comme l'a relaté Le Monde, le tribunal d'Hiroshima a définitivement suspendu le projet au nom de la protection du site, et de ses valeurs "historique" et "culturelle".

Le village de Ponyo est sauvé. Et si vous faîtes un tour au Japon, le port se situe au sud de Fukuyama, à l'Est d'Hiroshima.
Sinon Ponyo arrivera en DVD le 23 décembre en France.

Le Comic-Con succombe au 3D avec James Cameron en tête de gondole

Posté par vincy, le 28 juillet 2009

james-cameron-avtar-comic-con-banner.jpgLe Comic-Con de San Diego prend de l'importance année après année (126 000 entrées). Après avoir été le rendez-vous incontournable de la BD et du manga, le voici le lieu privilégié pour lancer des jeux vidéos et des films. 2009 aura été l'année de la 3D. Alors que le cinéma en relief dope les recettes des films hollywoodiens, la technologie, pourtant peu convaincante d'un point de vue cinématographique, semble s'installer durablement dans le paysage.

En symbole, rien de mieux que James Cameron et 20 minutes de son prochain film, Avatar. Ce n'était pas la première fois qu'il présentait un montage d'une des oeuvres les plus attendues de la fin de cette décennie. Cameron avait même fait une conférence de cinq heures à Cinema Expo. Il a juste introduit l'hallucination visuelle, un voyage de science-fiction, par "Êtes-vous prêt pour aller à Pandora?". Il devrait montrer un montage plus abouti vers la mi-août dans des salles 3D ou Imax sélectionnées. Comme Peter Jackson avec son Seigneur des Anneaux, James Cameron a aussi annoncé qu'il devrait ressortir certains de ses plus gros succès comme Titanic, en 3D.14077.jpg

Et sinon, le Comic-Con aura été l'occasion de lancer le teaser d' Iron Man 2 en présence de Robert Downey Jr, qui a aussi fait le "show" pour Sherlock Holmes, "le premier des superhéros". D'autres bande-annonces - Alice au pays des merveilles - ou des extraits du prochain Zemeckis (A Christmas Carol) ont suscité davantage d'adhésions que des films projetés en avant-première. Warner a aussi présenté Jonah Hex et Sony a testé Zombieland. Mais ce qui a remporté le plus de succès fut évidemment la présentation, sans images et sans stars, de la suite de Twilight...

Pourtant l'événement était ailleurs : la présence honorable d'Hayao Miyazaki, aux côtés de John Lasseter (Pixar), aussi rare qu'exceptionnelle, prouvait que San Diego devenait une manifestation incontournable pour le 7e Art. A deux heures d'Hollywood.

La Fnac prête ses murs à Ponyo

Posté par Morgane, le 22 mars 2009

Le grand maître de l’animation japonaise, monsieur Hayao Miyazaki, reviendra très prochainement peindre des tableaux oniriques sur nos grands écrans (le 8 avril) et nous plonger dans des rêves toujours plus grands. Avec Ponyo sur la falaise, cet homme à l’imagination sans limite nous fait découvrir un nouvel univers où la Nature, qui a toujours une place prépondérante, se trouve à nouveau en équilibre précoce par la faute de l’Homme et où l’Amitié, comme dans ses autres films, transcende les genres (ici un petit garçon se lie à une petite fille poisson rouge).

Pour l’occasion, la Fnac (neuf magasins en France – Fnac Ternes et Forum des Halles pour Paris et les Fnac de Vélizy, Poitiers, Toulouse, Nice, Rouen, Grenoble et Nantes) proposera, du 25 mars au 5 mai 2009, une exposition-vente d’une trentaine de dessins revenant sur la préparation et la création du dernier-né d’Hayao Miyazaki. Quatre tirages d’art numérotés et tamponnés par le Studio Ghibli et tirés à 149 exemplaires chacun seront également mis en vente.

Pixar honoré d’Hollywood à Venise

Posté par vincy, le 28 janvier 2009

ed carmull john lasseter pixarAnnée faste pour le studio Pixar, pionnier du cartoon 3D, récemment acquis par Walt Disney. Ed Catmull, ingénieur informatique, co-fondateur de Pixar, Président de Walt Disney & Pixar Animation Studios recevra un prix spécial lors de la prochaine cérémonie des Oscars. Le Gordon E. Sawyer Award lui sera remis pour "ses contributions techniques et son leadership dans le domaine du graphisme informatique pour l'industrie du cinéma." Créateur de trois centres de recherche (New York Institute of Technology, le département informatique de Lucasfilm et Pixar Animation Studio) a fait de lui un lien essentiel entre la science et l'art. Depuis 1981, le Gordon E. Sawyer Award récompense les personnalités dont les contributions technologiques ont fait avancer le cinéma. Un français l'a déjà reçu, Pierre Angénieux, en 1990.

En septembre, ce sera au tour de John Lasseter de recevoir une très belle récompense, un Lion d'or pour l'ensemble de son oeuvre, au festival de Venise. Désormais consultant spécial et chef de la création chez Walt Disney & Pixar Animations Studios, il a piloté tous les récents succès en 3D, de Ratatouille à Volt, qui sort le 4 février en France. Il a réussit à laisser une empreinte reconnaissable dans chacun de ses films, mélangeant émotion, affection et dérision. Pour le directeur artistique du Festival, Marco Mueller, il est au point de rencontre "entre l'avant-garde artistique, technologique et formelle et le blockbuster." "Il n'a pas seulement contribuer à amener l'animation à de nouveaux sommets (...) il est aussi devenu un des symboles les plus précieux, vitaux, inventifs du grand cinéma traditionnel hollywoodien."

Il est la deuxième personnalité du monde de l'animation à recevoir ce prix si prestigieux, après son ami Hayao Miyazaki, en 2005.

L'an dernier, WALL-E a été considéré comme l'un des meilleurs films de 2008, tous genres confondus, et devrait, facilement, ramener le 4e Oscar du meilleur film d'animation le 22 février prochain. Le studio avait aussi raflé deux Oscars dans la catégorie meilleur court métrage d'animation.

photo : Ed Catmull à droite, John Lasseter à gauche

Box office 2008 (1) : Cartoons, DreamWorks conforte sa place de leader…

Posté par vincy, le 3 janvier 2009

Aux USA, Wall-E emporte clairement la première place des dessins animés les plus vus (et les plus appréciés) de l'année. Pourtant, et le symbole n'est pas mineur, Disney n'est plus le leader mondial du genre cette année. DreamWorks lui a volé la place depuis quelques années.

Au niveau mondial, Kung-Fu Panda est le troisième film le plus vu de l'année (632 millions de $ de recettes), derrière Batman et Indiana Jones. Wall-E est deuxième (507 millions de $) et Madagascar 2, autre cartoon DreamWorks, troisième (460 millions de $). Mais la carrière de celui-c est loin d'être finie et le film devrait battre le robot de Pixar au finish. En France, Madagascar 2 a même réussi l'exploit d'être le film américain le plus populaire de l'année, devant Indiana Jones et James Bond, et le dessin animé le plus vu, devant Kung-Fu Panda et Wall-E. Clairement DreamWorks est devenu roi dans le genre, onze ans après leur premier long métrage (en 2D).

L'année 2008 aura été particulièrement profitable pour le secteur : on dénombre plusieurs blockbusters internationaux. Horton (297 millions de $, Fox), Ponyo sur la falaise (168 millions de $ seulement en Asie), Bolt (140 millions de $ sur quelques territoires, Disney) ou Les Chimpanzés de l'Espace (64 millions de $, Fox). En France, en revanche, aucune production locale n'a attiré plus de 500 000 spectateurs, laissant l'animation aux mains des distributeurs hollywoodiens.

Disney n'est plus roi en son royaume depuis 2004

De plus en plus, le marché international se concentre autour des productions de DreamWorks, Disney et la Fox. Miyazaki (distribué par Disney de toute façon) reste l'exception qui confirme la règle...Si au début des années 2000, Warner, Paramount et Sony essayèrent de s'imposer dans le genre, ils ne réussirent jamais à déloger le triumvirat, ni à atteindre leurs chiffres au box office international. Jusqu'en 2003, Disney règnait sans partage, ou presque. Shrek menaçait déjà en 2001 le dessin animé maison, Monstres et cie. En 2002, L'âge de glace (Fox) triomphait de tous mais Disney, avec trois films danimation restait le maître en son royaume. En 2003, Disney continuait son emprise sur les publics du monde entier avec Nemo et deux autres cartoons. Mais depuis 2004, Disney a un genou à terre. L'ogre Shrek a tout dévoré. Ainsi, en 2004, 2005 et 2007, et donc en 2008, Dreamworks devient le n°1 du film d'animation. En 2006, la suite de L'Age de glace, dessin animé le plus vu cette année là, permet à la Fox de devenir le champion de l'animation. Depuis Nemo, e fait, Disney n'a jamais trouvé la parade pour reconquérir sa pôle position dans le secter. Toujours 2e, côté films comme côté distributeurs.

Mon premier festival fête son premier jour

Posté par Morgane, le 29 octobre 2008

blog_mia.jpgAujourd’hui, mercredi 29 octobre, Mon premier festival (29 octobre au 4 novembre) a débuté, et en fanfare.

La séance d’ouverture a eu lieu à 15h au Cinéma des Cinéastes et pour l’occasion les petits plats ont été mis dans les grands. Les enfants étaient en effet les rois de la fête, normal me direz-vous puisque Mon Premier Festival s’adresse en priorité à ces petits bouts de chou. Séance de maquillage avant la projection, goûter à la sortie, remise de cadeaux étaient donc au rendez-vous ainsi que Karin Viard, marraine de l’événement et Jacques-Rémy Girerd, réalisateur de Mia et le Migou projeté pour l’occasion. Tous les enfants présents, ainsi que les quelques adultes également, ont alors pu découvrir en avant-première la dernière œuvre, en salles le 10 décembre, de monsieur Girerd, réalisateur également de L’enfant au grelot et La prophétie des grenouilles.

Film haut en couleurs, Mia et le Migou raconte l’histoire d’une fillette partie à la recherche de son père. Pour cela, elle doit traverser tout le pays et notamment une forêt que l’on dit remplie de Migous…Une histoire pleine de sensibilité dans laquelle la Nature et la nature Humaine tiennent les rôles principaux. Mia et le Migou fait appel à une nature luxuriante pour laquelle le décorateur aurait puisé ses influences chez Raoul Dufy. Mettant en avant le rapport de l’Homme à la Nature, thème très en vogue aujourd’hui et qui n’est pas sans nous rappeler certains films d’Hayao Miyazaki (notamment Nausicaä de la vallée du vent et Princesse Mononoké), Jacques-Rémy Girerd mêle habilement tendresse et envie destructrice de l’homme. Ainsi la morale est certes facile mais elle n’en est que plus belle et plus forte.

A la suite de cette ouverture, les spectateurs, petits et grands, pourront découvrir tout au long de cette semaine de festival un grand nombre de films divers et variés. Beaucoup d’avant-premières mais aussi un cycle « contes et légendes », le coup de cœur à Jacques Perrin, des ciné-concerts, un panorama de l’animation belge, des ateliers et la carte blanche à Karin Viard qui, en tant que marraine, a sélectionné quatre films à voir (L’enfant au grelot de Jacques-Rémy Girerd, Mon voisin Totoro d’Hayao Miyazaki, Ma vie de chien de Lasse Hallström et Grease de Randal Kleiser). De quoi bien s’occuper durant les vacances scolaires !

Miyazaki fait retomber Venise en enfance

Posté par MpM, le 1 septembre 2008

Ponyo sur la falaise

La présentation de Ponyo sur la falaise ,le dernier opus de Hayao Miyazaki, s'annonçait comme l'un des grands moments de ce festival et, vu le tonnerre d'applaudissements lors de la présentation aux professionnels, il a sans aucun doute tenu ses promesses. Il s'agit donc de l'histoire de Ponyo, un poisson-clown vivant au fond de la mer, qui donne au célèbre réalisateur des studios Ghibli l'occasion d'explorer le mystérieux monde sous-marin au cours de séquences tour à tour poétiques (un ballet de méduses), spectaculaires (un tsunami de poissons bleus géants) et bien sûr écologiques (les détritus immombrables ramassés dans le filet du pêcheur).

Mais comme toujours chez Miyazaki, cet univers apparemment magique se doit d'être confronté à un autre monde qui lui soit étranger, voire opposé. Ponyo fait ainsi la connaissance de Sosuke, un jeune garçon vivant sur la terre ferme, et, à son contact, décide de devenir une petite fille. On est alors en terrain connu car la transformation est un thème récurrent de la filmographie du cinéaste, de même que celui de la réconciliation entre l'homme et la nature. Une fois encore, il s'évertue à prôner l'espoir d'une entente et d'une cohabitation véritables entre les deux espèces. Car en acceptant Ponyo telle qu'elle est, et en l'aimant quelle que soit sa forme, Sosuke signifie l'égale importance de l'Humanité et de la Nature.

Le message est charmant, de même que l'animation est délicate et subtile, mais la naϊveté de l'intrigue, ajoutée aux tons très pastels des dessins, a de quoi secrètement décevoir le spectateur adulte, qui ne se sent pas vraiment la cible du film. On avait rarement vu autant de bons sentiments chez Miyazaki, et surtout aussi peu de contrepoids cyniques ou décalés. Le seul personnage vaguement méchant n'a aucune envergure, et les autres ne sont guère plus développés. Pire, le fond de l'histoire est bâclé, la plupart des enjeux étant survolés, voire complétement négligés. Si le film fait au départ penser au Monde de Nemo, force est d'avouer que le poisson-clown de Pixar recelait plus de fantaisie et d'irrévérence que ce gentillet Ponyo aux vrais faux-airs de petite sirène à ne conseiller qu'aux très jeunes enfants.