3 raisons d’aller voir « Manifesto » avec Cate Blanchett

Posté par vincy, le 23 mai 2018

Le concept: Manifesto rassemble aussi bien les manifestes futuriste, dadaïste et situationniste que les pensées d’artistes, d’architectes, de danseurs et de cinéastes tels que Sol LeWitt, Yvonne Rainer ou Jim Jarmusch. A travers 13 personnages dont une enseignante d’école primaire, une présentatrice de journal télévisé, une ouvrière, un clochard, une veuve, une chanteuse rock… Cate (Blanchett) scande ces manifestes composites pour mettre à l’épreuve le sens de ces textes historiques dans notre monde contemporain.

- Cate Blanchett formidable. Il y a peu de comédiennes capables d'incarner avec autant de conviction et de naturel treize personnages différents. Le maquillage, le costume, la coiffure aident avant tout à distinguer le milieu social de chacun. Mais le travail de l'actrice va bien au-delà: diction, accent, geste, ... Cate Blanchett peut tout jouer, du clochard errant dans une zone industrielle désaffectée, à la présentatrice télévisée rouquine et rigide, en passant par la mère de famille a priori conservatrice ou la prolo mangeant son sandwich en triant les déchets. La virtuosité de son jeu contribue énormément à la réussite du film, dont elle est l'unique fil conducteur. C'est aussi un plaisir de cinéphile de la voir se transformer ainsi. Hormis Kate Winslet, Nicole Kidman et Tilda Swinton, on voit mal quelle autre comédienne aurait pu endosser tant de personnages (et autant de textes complexes à clamer) avec tant d'aisance.

- Une mise en scène radicale. L'artiste et vidéaste Julian Rosefeldt réalise un premier film expérimental, sorte de "mash-up" de 53 manifestes artistiques. Sous la forme de courts-métrages érudits s'entrelaçant, la mise en scène met en exergue le texte à travers des séquences en apparence "banales" (une salle de trader, une répétition d'un ballet, un atelier de marionnettiste...). Cette "tranche de société", des bas fonds aux élites, use de codes cinématographiques rodés et familiers. Rosefeldt n'utilise que son actrice comme artifice et se concentre sur les textes dont les auteurs sont aussi variés que Guy Debord, Guillaume Appolinaire, André Breton, Louis Aragon, Paul Eluard, ... Un manifeste cinématographique parce qu'il n' a rien à dire, mais aussi parce que tout a été dit. Il suffit de le filmer à sa manière.

- Un manifeste brillant. La force de Manifesto est de nous plonger sous la forme de courts-métrages abordant le situationnisme, le futurisme, le surréalisme, l'architecture, le fluxus, le créationnisme, le minimalisme, ... Trois séquences retiennent particulièrement le dadaïsme, le pop art et le cinéma. Le Dadaïsme, discours d'une veuve très insolent est jouissif pour les oreilles et rappelle l'humour noir qui peut se dégager d'une critique absurde du monde (mais est-ce si absurde?). Le long monologue, très "Sarah Kane" dans son élan à bout de souffle, de Claes Oldenburg, "Je suis pour un art", autour d'un déjeuner familial, comme une prière avant le repas, passionne par sa franchise et son irrévérence. Enfin, le cinéma, enseigné à une classe d'enfants, est porté par un ludisme enjoué pour expliquer le dogme, Godard, Herzog, Jarmusch... La création n'a rien d'original, c'est la sincérité et l'authenticité de son auteur qui en fait une œuvre. Assurément, le regard singulier et l'appropriation par Rosefeldt et Blanchett de ces manifestes font de Manifesto un film "original", et pédagogique.

3 raisons d’aller voir Diane a les épaules

Posté par vincy, le 15 novembre 2017

Diane a les épaules est le premier long métrage de Fabien Gorgeart. Ses courts métrages s'intéressaient déjà à la parentalité. Le Sens de l’orientation, plusieurs fois sélectionné et récompensé, racontait ainsi l’histoire d’un homme stérile et n'osant pas le dire ; Un chien de ma chienne, avec Clotilde Hesme, suivait l'histoire de deux sœurs dont l'une vivait une interminable et épuisante grossesse.

Ici Diane (Clotilde Hesme de nouveau) a accepté de porter l’enfant de Thomas et Jacques, ses meilleurs amis. C’est dans ces circonstances, pas vraiment idéales, qu’elle tombe amoureuse de Fabrizio. Le choix va devenir compliqué.

C'est frais. Sensible assurément. Le film est une comédie légère, qui n'est pas exempte de gravité. Parce que le scénario et les acteurs sont dévoués à l'histoire, cela fait du film une comédie sociale enlevée où tout le monde lâche prise sans jamais lâcher son personnage. Le charme opère rapidement, avec une "cool attitude" et une justesse précise, une alchimie suffisamment rares pour être soulignée. Ça pétille, c'est émouvant et c'est solaire. Bref tant de finesse et de grâce, ça change des comédies françaises habituelles. Ne nous en privons pas.

"Etre enceinte et avoir un enfant, ça n'a rien à voir! Je le sais puisque je le vis!"

C'est chaud. Evidemment, ça touche à un sujet d'actualité "touchy" pour qui n'est pas "friendly". Pourtant le film évite tous les clichés sur le sujet. La GPA n'est qu'un prétexte pour explorer les nouvelles frontières entre amour et amitié et évoquer les nouveaux codes du couple. Bref c'est l'une des premières comédies intelligentes sur l’éclatement du modèle familial traditionnel. C'est aussi une jolie réflexion sur la maternité et la parentalité où le corps féminin est sans aucun doute l'inspiration première de cette histoire.

C'est vivifiant. Avec une actrice au corps plus androgyne - adolescent qui se retrouve avec un gros ventre de mamma, Fabien Gorgeart a raison quand il dit de Clotilde Hesme qu'elle "est à mi-chemin entre une héroïne rohmérienne et le Lieutenant Ripley. C’est notre Sigourney Weaver " Elle n'appartient à aucun genre, peut-être virile comme séductrice, amicale comme amoureuse. Sous-exploitée par le cinéma français, entourée ici d'une ribambelle de bons acteurs, elle prouve ici qu'elle peut passer du burlesque au dramatique, du vaudeville apparent à la comédie romantique. C'est une combattante et ça vaudrait bien une nomination aux César.

Happy Together au Festival Lumière 2017

Posté par Morgane, le 24 octobre 2017

9 jours de festival, de rencontres, de masterclass, de découvertes et redécouvertes… 9 jours pour 397 séances, 177 films et 60 lieux et 700 bénévoles… 9 jours d’amour du cinéma pour cette 9ème édition du Festival Lumière… 9 jours qui comme chaque année se terminent là où ils ont commencé une semaine auparavant, à la Halle Tony Garnier. "Le festival Lumière a compté 171 000 festivaliers cette année, soit une augmentation de 7% et un taux de remplissage des séances de 92 %" indique le communiqué-bilan. Et ajoute: "Le Marché du film classique est également en hausse cette année de 15 % avec 350 professionnels et 21 pays représentés."

Les spectateurs ont donc été une fois encore au rendez-vous, professionnel-le-s du 7ème Art aussi. Wong Kar-wai et sa femme arrivent très décontractés, jean pour tous les deux, casquette noire et indétrônables lunettes de soleil pour lui (quelqu’un aura-t-il vu ses yeux durant ces quelques jours à Lyon? Pas sûr…)

Des prix

Thierry Frémaux prend le micro pour la dernière fois de ce festival. Il parle des divers prix remis durant cette semaine, car outre le Prix Lumière, quatre autres ont été décernés.
- Prix Fabienne Vonier (prix dédié aux femmes de cinéma) a été attribué à Caroline Benjo et Carole Scotta, les fondatrices de la société de production Haut et Court.
- Prix Raymond Chirat récompensant une personnalité oeuvrant pour la préservation et la transmission de la mémoire du cinéma a été remis à Manuel Chiche.
- Prix Bernard Chardère, récompensant un critique et auteur, une personnalité marquante du cinéma, a été remis à Eva Bettan dont on connait bien la voix sur les ondes de France Inter.
- Prix des Lycéens a été attribué à Chungking express de Wong Kar-wai qui succède ainsi à Talons aiguilles (Pedro Almodovar) ex-aequo avec La vie est belle (Frank Capra), La belle équipe (Julien Duvivier) et Sherlock Jr (Buster Keaton).

Bertrand Tavernier a aussi pris la parole en disant de cette semaine : « J’ai vécu des moments extraordinaires. Le plaisir de faire découvrir des films, de faire partager et le plaisir de découvrir des films que je ne connaissais pas. »

Une sortie d'usine "chinoise"

On a également eu la chance de voir la Sortie d’usine tournée par Wong Kar-wai la veille rue du Premier film dans lequel on retrouve le saccadé cher au réalisateur.

Et Wong Kar-wai de conclure : « Je remercie chacun d’entre vous d’avoir fait de ces moments quelque chose d’aussi extraordinaire. » Puis il a dit quelques mots en chinois pour les chinois dans l’audience qu’il a ensuite traduits en anglais, parlant alors de sa fierté de rendre ce festival un peu plus chinois. C'est la première fois qu'un artiste asiatique est honoré par le Prix Lumière.

Pour conclure cette cérémonie de clôture, le festival a projeté en avant-première mondiale la copie restaurée du grand chef-d’oeuvre de WKW, In the mood for love. La magie opère toujours et le film envoute. Après 9 jours de festival, nous sommes totalement In the mood for Wong Kar-wai…

Cannes 2017: Naomi Kawase récompensée

Posté par vincy, le 27 mai 2017

Le jury œcuménique a attribué son prix à un film de la compétition officielle. Vers la lumière (Hikari), de Naomi Kawase succède ainsi à Juste la fin du monde de Xavier Dolan.

Le film sortira en France le 20 septembre 2017. Il raconte l'histoire d'une jeune femme hanté par la mort de son père et la maladie de sa mère. Traductrice de films pour les malvoyants et non voyants, elle fait la rencontre d'un photographe renommé qui perd progressivement la vue.

Le prix du jury œcuménique est décernée par un jury indépendant lors du festival de Cannes depuis 1974. Cette année, aucun autre film n'a été distingué, même par une mention.

Le jury œcuménique du festival de Cannes était présidé cette année par Denyse Muller, ancienne pasteure de l’Église réformée, aujourd’hui présidente d’Iinterfilm France et composé de Gaëlle Courtens (Italie), Andreas Engelschalk (Allemagne), Jos Horemans (Belgique), Benjamin Lorenzo Sanchez (Espagne) et Valérie de Marnhac (France).

Isabelle Huppert et Gérard Depardieu de nouveau réunis

Posté par vincy, le 18 janvier 2016

isabelle huppert gérard depardieu

Ce sera leur quatrième film ensemble. Isabelle Huppert et Gérard Depardieu seront de nouveau réunis pour Madame Hyde, écrit et réalisé par Serge Bozon (Tip Top, avec Huppert et Sandrine Kiberlain). Le projet, annoncé lors des Rendez-vous de Paris d'UniFrance par MK2, est, selon Le Film Français, une version moderne de la nouvelle de Robert Stevenson L’étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde.

Isabelle Huppert et Gérard Depardieu ont déjà tourné ensemble Les Valseuses, Loulou et le récent Valley of Love. Ils incarneront un couple marié et, à leurs côtés, on retrouvera Romain Duris dans le rôle du proviseur de lycée dans lequel enseigne Huppert. Madame Géquil, timide professeure de physique dans un lycée professionnel en banlieue méprisée par ses élèves, ressent soudainement en elle une énergie nouvelle, mystérieuse et dangereuse, qui lui permet d'avoir d'étranges pouvoirs.

Il s'agit d'une comédie noire et fantastique sur les enjeux de l’éducation aujourd’hui, l'apprentissage et la relation entre les élèves et les enseignants.

Modeste film estimé à 4M€, cette coproduction franco-belge (Les films du Pélléas, Arte France Cinéma) se tournera cet automne et sera prêt pour les salles en 2017 (distribué par Haut et Court).

Récemment, Isabelle Huppert disait de Depardieu dans Libération: «C’est une musique, Gérard. Un bloc de poésie. Il a des fulgurances qu’on croit inarticulées et qui prennent tout leur relief, leur vérité, si l’on sait les entendre. Comme un poème où des groupes de mots délivrent leur sens selon le contexte.

Ce n’est pas sur les Valseuses de Bertrand Blier qu’on s’est vraiment rencontrés, il y avait plus de monde entre nous, même si cette scène de fugue et de défloration est restée comme l’une qui incarne l’esprit du film. Je ne vois pas de différence entre le Depardieu des Valseuses et celui d’aujourd’hui. Il est exactement le même acteur. Tellement présent… Ce qu’on tourne n’est jamais conjugué ni au passé ni au futur. (...)

On joue bien ensemble. Il est mon frère de jeu. Bien sûr, il y a l’exubérance, ses blagues, le bruit qu’il déplace avec lui - chacun, sur un tournage, fait comme il peut et veut. Mais ils ne parasitent jamais, tapie en lui, cette petite voix qui se faufile et qui sonne si limpide et si proche. Et souvent si douce

Jérémie Renier (in)fidèle ami de François d’Assise

Posté par vincy, le 30 octobre 2015

jeremie renier en slipTrois ans après Elefante Blanco où il était un religieux tourmenté par ses contradictions et la réalité d'un bidonville de Buenos Aires, Jérémie Renier endosse de nouveau l'habit qui fait le moine.

L'acteur incarne Elie de Cortone, fidèle complice de François d'Assise dans L'ami (François d'Assise et ses frères), réalisé par Renaud Fély (Pauline et François, assistant réal de Pialat, Guiraudie, Doillon et Ferran) et Arnaud Louvet. François d'Assise sera interprété par Elio Germano (prix d'interprétation à Cannes en 2010 pour la Nostra vita). Le casting comprend également Alba Rohrwacher (Les merveilles), Yannick Renier, Eric Caravaca, Olivier Gourmet et un vétéran du cinéma italien, Marcello Mazzarella.

Le scénario a été co-écrit par le cinéaste, le producteur Arnaud Louvet, Julie Peyr (Douches froides, Trois souvenirs de ma jeunesse) et Elizabeth Dablemont, en collaboration avec Pierre Tridivic. Il avait été finaliste du Prix des scénaristes l'an dernier.

Ce film historique se déroule au début du XIIIe siècle, lors des dernières années de la vie de François d'Assise. Pendant que François, malade, utilise toutes ses forces pour aller au bout de son idéal, son plus fidèle compagnon et ami, Elie, compose avec le pouvoir pour que leur fraternité devienne l'Ordre que tous attendent. Jusqu'où Elie est-il prêt à aller pour que François accepte les compromis imposés par Rome ? Leur amitié survivra-t-elle à la nécessité de trahir ?

Le film se tourne depuis plus de trois semaines en France et en Italie. Haut et Court distribuera le film.

François d'Assise (1181-1226) fut un religieux catholique italien qui a fondé l'Ordre des frères mineurs. Il a été canonisé en 1228. Saint-François-d'Assise est considéré comme le précurseur du dialogue interreligieux.

Palmarès de Saint-Jean-de-Luz: Bébé tigre à l’unanimité

Posté par vincy, le 11 octobre 2014

Il était normal de ne pas passer à côté. Bébé tigre, le premier film de Cyprien Val, a remporté le Grand Prix du Festival international du film de Saint-Jean-de-Luz ce soir. Le jury de Xavier Beauvois nous a comblés en récompensant le meilleur film de la sélection et en donnat également le prix de la mise en scène à Yann Demange pour son épatant '71.

Bébé Tigre n'est pas seulement un très bon premier film. C'est aussi un film engagé, derrière son récit à la fois romanesque et social. Cyprien Val, 34 ans, diplômé de la Fémis va à rebours d'une France qui doute d'elle, qui a peur des étrangers et qui ne croit plus en son pouvoir d'attraction. Haut et Court distribuera le film le 28 janvier 2015.

Le public et le public jeunes ont été davantage séduit par L'Oranais, également distribué par Haut et Court (et en salles le 19 novembre). Déjà récompensé à Angoulême, le film de Lyes Salem est plus consensuel et classique dans sa forme comme dans son fond. Mais là encore, que le jury récompense un film sur un clandestin du Penjab et que le public plébiscite une oeuvre franche sur l'Algérie, cela prouve que la France rance de Zemmour comme le titrait Libération ce matin (journal qui n'est plus à une provocation simpliste près) n'est pas la seule à exister. On peut encore se rassembler autour de valeurs fondamentales comme la liberté et pardonner les erreurs (dont on peut apprendre tant).

Cette sélection luzienne avait d'ailleurs ce trait commun : on peut tous faire des mauvais choix, des choix regrettables, mais ce sont ces choix là qui nous construisent. Le jury n'a pas fait de mauvais choix.

Palmarès:
Prix du jury
-Meilleur film : Bébé tigre de Cyprien Vial
-Meilleur réalisateur : Yann Demange pour le film '71
-Meilleure interprétation masculine : Grégory Gadebois pour le film Le Dernier coup de marteau d'Alix Delaporte.
-Meilleure interprétation féminine : Jisca Kalvanda pour le film Max et Lenny de Fred Nicolas.
-Meilleur Court métrage : Princesse de Marie-Sophie Chambon
Prix du public
-Meilleur Long métrage : L'Oranais de Lyes Salem
Prix du jury jeune
-Meilleur Long métrage : L'Oranais de Lyes Salem
-Meilleur Court métrage : La Nouvelle musique de François Goetghebeur et Nicolas Lebrun

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Saint-Jean-De-Luz 2014: des amis, des ennemis et une revanche sur soi Lundi-mercredi.
Saint-Jean-de-Luz 2014 : la rançon du passé, la respiration du présent Jeudi-samedi.

Success story à la française : Les Revenants, 5 caméras brisées et Happy

Posté par kristofy, le 28 novembre 2013

Le rêve américain est à portée de mains pour de nombreux artistes français, par exemple Guillaume Canet a réalisé son film Blood Ties avec la collaboration de James Gray au scénario et avec le légendaire James Caan devant la caméra. Si notre célèbre duo Daft Punk a conquis le monde entier cette année avec son tube Get Lucky, il en est de même pour d’autres Français moins connus qui sont à l'origine de créations qui font le tour du monde.

Caroline Benjo, Jimmy Desmarais et Carole Scotta :

les revenantsCes producteurs de cinéma (avec leur société Haut et Court) se sont mis à la production de série télé. Avec la chaîne Canal+ à ainsi été produite la série Les Revenants, dont l’idée originale vient du film éponyme réalisé en 2004 par Robin Campillo.

La série, dirigée par Fabrice Gobert (réalisateur de Simon Werner a disparu), a su installer une ambiance particulière de mystère avec une dizaine de personnages dont on découvre au fur et à mesure les secrets sur huit épisodes…

Ce véritable succès d’audience en France (il s'agit de la création originale de Canal+ la plus suivie) a conquis ensuite le Royaume-Uni (meilleure audience sur Chanel 4 d’une série en vo avec sous-titres). La série a été vendue dans une quarantaine de pays, dont les USA où elle a été diffusée en version originale française sous-titrée sous le titre The Returned.

Ce lundi 25 novembre, lors de la cérémonie des International Emmy Awards à New-York qui récompense le meilleur de la télévision (hors productions américaines), c’est Les Revenants qui a été élue meilleure série dramatique. Une seconde saison sera tournée dans quelque mois pour une diffusion fin 2014. Les Américains, eux, travaillent déjà sur un remake.

A noter qu’une autre série coproduite par Canal+ avait déjà été honorée aux Etats-Unis avec un Golden Globe du meilleur réalisateur (remis par la presse) décerné à Olivier Assayas pour la série Carlos.

Christine Camdessus et Serge Gordey

Mais ce n'est pas tout ! Le travail des cameras brisees producteurs Christine Camdessus et Serge Gordey a lui aussi été récompensé lundi soir par un Emmy Award décerné au documentaire franco-israélo-palestinien 5 caméras brisées qu'ils ont coproduit.

Sorti sur les écrans en février dernier, le film réalisé par Emad Burnat et Guy Davidi avait déjà été nommé à l'Oscar du meilleur film documentaire en 2013. Il a également été récompensé par le Prix du meilleur réalisateur international au Festival de Sundance 2012 ainsi que par le Prix du public et le Prix spécial du jury à l'International Documentary Film Festival d'Amsterdam en 2011.

Clement Ourou et Pierre Dupaquier :

Ces deux réalisateurs font des publicités (notamment pour Evian) et des clips de musique (pour Cassius par exemple) sous leur nom "We are from LA". Ce sont eux les artisans du clip le plus long du monde qui, en ce moment, fait un buzz mondial sur internet en ayant été vu en quelques jours par déjà plus de 3 millions de personnes.

we are from la acteur steve carellLeur création est longue de 24 heures, c’est le clip Happy pour Pharell Williams (le chanteur star de l’année puisqu'il apparaît en même temps dans le tube Get Lucky des Daft Punk et dans Blurred Lines avec Robin Thicke), chanson qui est par ailleurs dans la bande-originale du film Moi, moche et méchant 2.

La chanson de 4 minutes se répète donc pendant 24 heures d’un montage constitué de 360 plans-séquences (dont le ciel correspond avec le déroulement d’une journée passant du jour à la nuit) avec 336 personnes différentes qui dansent, dont les acteurs Steve Carrell et Jamie Foxx. Une création à découvrir ici : 24 hours of happiness.

A noter enfin qu'un autre duo français, Jonas Euvremer et François Rousselet, avait auparavant fait sensation à l’international avec les clips D.A.N.C.E. de  Justice et 4 Minutes de Madonna et Justin Timberlake

Le Louxor sera exploité par trois professionnels du cinéma

Posté par vincy, le 26 novembre 2012

le louxor cinéma parisCarole Scotta, Martin Bidou et Emmanuel Papillon ont été choisis par la Ville de Paris pour exploiter le cinéma Louxor - Palais du cinéma, dont la réouverture est prévue au printemps 2013. Scotta est productrice et présidente de Haut et Court (qui est également distributeur). Sa société est propriétaire du Nouvel Odéon depuis 2009, exploité par Bidou qui a également en charge le cinéma mono-écran le Max Linder et le Vincennes. Papillon est directeur du département Distribution-Exploitation à La Fémis.

Ils exploiteront le Louxor à travers la société Cinelouxor. Il faut encore que cette proposition de la Ville de Paris soit examinée et votée par le Conseil de Paris le 11 décembre prochain. L'appel à candidatures avait été lancée en septembre 2011 pour exploiter ce lieu doté de trois salles de cinémas (respectivement 342, 140 et 74 places) dans le quartier de Barbès à Paris. La Ville espère une fréquentation de 100 000 à 150 000 spectateurs. Le Louxor est situé à deux stations de métro du MK2 Quai de Seine et 4 stations du Pathé Wepler. L'implication des habitants du quartier sera donc primordiale.

30 ans après sa fermeture, le cinéma va renaître dans un quartier en pleine revitalisation culturelle. Outre le Centre musical Barbara inauguré en 2008, la Goutte d'or accueillera en 2014 les nouveaux bâtiments de l'Institut des Cultures d'Islam.

Le Louxor a ouvert en 1921. 60 ans plus tard, sa façade et ses toitures ont été classées par les Monuments Historiques. Après 62 ans de projections cinématographiques, en 1983, le projecteur s'est arrêté et le lieu est devenu une boîte de nuit, d'abord antillaise puis gay. En 1987, le bâtiment ferme et sera abandonné durant 16 ans : en 2003 la Mairie de Paris l'acquiert. En 2010, sous la direction de l'architecte Philippe Pumain, le chantier du nouveau Louxor est lancé.

Catherine Deneuve et Harvey Keitel tombent amoureux

Posté par vincy, le 7 novembre 2012

Variety a annoncé un casting original pour un premier film. Après Jack Lemmon, Robert De Niro et John Malkovitch, Catherine Deneuve donnera la réplique à un autre acteur culte américain, Harvey Keitel.

C'est Robert Cantarella, créateur du Théâtre du Quai de la Gare, ancien directeur du Cent Quatre, metteur en scène de théâtre réputé (de Brecht à Jarry, de Christophe Honoré à Strindberg), qui les réunira pour son premier long métrage.

Co-produit par Les films d'Ici et Cine Plus, ce film sans titre, qui sera distribué par Haut et Court, s'annonce, selon la productrice Charlotte Uzu "rock n' roll". Le tournage débutera l'an prochain entre Bruxelles et Los Angeles.

Dans cette comédie romantique "euphorisante", Deneuve  incarnera une retraitée, divorcée. Elle reprend sa vie en main en s'exilant avec son nouveau compagnon - bien plus jeune - à Los Angeles. Mais avant leur départ, celui-ci décède. Elle quitte malgré tout l'Europe pour la Californie où elle croisera le personnage d'Harvey Keitel.

Deneuve, actuellement à l'affiche d'Astérix et Obélix : au service de sa majesté, qui devrait rapidement devenir l'un des deux plus gros succès de sa longue carrière, sera à l'affiche prochainement des Lignes de Wellington, avant d'envahir les écrans en 2013 avec Dieu aime le caviar, Elle s'en va et Dans la cour.