Harvey Weinstein condamné pour agression sexuelle et pour viol

Posté par vincy, le 24 février 2020

Lundi, en fin d'après midi, le producteur américain Harvey Weinstein a été reconnu coupable de l'agression sexuelle de l'ancienne assistante de production Mimi Haleyi en 2006, et le viol de l'aspirante actrice Jessica Mann en 2013. Un verdict qu'on attendait depuis la fin de semaine dernière avant que les jurés n'hésitent sur une des accusations.  Cependant, il a échappé à une condamnation pour les accusations les plus lourdes, notamment le viol aggravé (au premier degré) de Jessica Mann et la circonstance aggravante d'un comportement de "prédateur sexuel". Le jury a aussi déclaré Harvey Weinstein non coupable du viol de l'actrice Annabella Sciorra, en 1993.

L'actrice Ellen Barkin a rappelé: "0.7% des criminels sexuels sont condamnés. Weinstein a été condamné."

Car, c'est malgré tout une victoire pour les victimes de cet agresseur sexuel, dont les premières accusations d'actrices et de mannequins fin 2017, avaient lancé l'ère #MeToo. Le mouvement Time's Up, né de ce scandale, a d'ailleurs réagit en parlant d'une "nouvelle ère de justice" pour les victimes. Car pour la jurisprudence de ce genre d'affaires, jusque là, les condamnation étaient très rares. Ce qui change la donne.

Harvey Weistein est donc envoyé en prison, en attendant de connaître sa peine le 11 mars. La journaliste féministe Gretchen Carlson a tweeté: "J'espère que les menottes sont bien serrées".

Ses avocats ont déjà annoncé qu'ils feront appel. Il risque jusqu'à 29 ans de prison. Cependant, il a évité la prison à vie puisque les jurés n'ont retenu que deux des cinq accusations, et ne l'ont pas inculpé en tant que prédateur sexuel.

Ce qui fait dire à certains que le verdict est mitigé, empêchant à un camp ou un autre d'être totalement satisfait.

Lire aussi: Harvey Weinstein : anatomie d’une sale affaire

Mais pour Harvey Weinstein, c'est une défaite. Il a, durant tout le procès, malgré les détails des faits évoqués par trois de ses victimes, nié toute forme d'agressions sexuelles, clamant que les relations étaient consenties. Clairement, après cinq jours de délibération, le jury l'a unanimement reconnu coupable, même partiellement.

Avouons-le, ce procès était sordide. Les témoignages des femmes étaient poignants (certains détails sur l'anatomie et les pratiques sexuelles du producteur ne parvenaient pas à faire rire). La défense n'a pas arrêter de vouloir les discréditer, à plaider le consentement, jusqu'à les humilier. Faisant fi du trauma psychologique ou de l'emprise de leur client, ils les ont présentées comme des profiteuses, cherchant à tenir des dommages et intérêts et même un surplus de gloire.

L'accusation n'a pas flanché, rappelant la peur qu'il inspirait et le pouvoir qu'il détenait. L'actrice Ashley Judd, harcelée sexuellement par Weinstein en 1997, a tweeté: "Pour les femmes qui ont témoigné dans ce dossier et vécu un enfer traumatique, vous avez rendu un service public aux filles et femmes du monde entier."

Ce n'est pas terminé. L'ancien producteur doit affronter un autre procès, pour d'autres agressions sexuelles, à Los Angeles. Le scénariste et réalisateur Judd Apatow lançait de son côté sur Twitter: "Ce n'est que le début pour qu'il soit jugé responsable de ses actes"

Brad Pitt produira le film sur l’enquête qui a fait tomber Harvey Weinstein

Posté par vincy, le 29 avril 2018

C'est la logique des choses. Hollywood se nourrit d'Hollywood. L'enquête du New York Times qui a conduit au mouvement #MeToo sera transposée au cinéma. Le travail de deux journalistes du quotidien, Jodi Kantor et Megan Twohey (photo), et de leur rédactrice en chef Rebecca Corbett, qui a révélé les agressions et les harcèlements commis par Harvey Weinstein sur des centaines d'actrices va devenir un film, alors que les plaintes se multiplient en vue d'un procès contre le magnat du cinéma.

L'équipe du New York Times a été distinguée il y a une semaine du Prix Pulitzer pour son travail. Un livre est également en cours de rédaction.

Plan B, la société de Brad Pitt (deux fois oscarisée avec 12 Years a Slave et Moonlight), et Annapurna Pictures (L'ile aux chiens, Zero Dark Thiry) ont acquis les droits de l'enquête afin d'en faire un film dans la lignée de Spotlight et Pentagon Papers.

Le film se concentrera sur le travail journalistique qui a permis au scandale d'éclater et non sur Harvey Weinstein.

De son côté Ronan Farrow, qui a révélé l'affaire pour The New Yorker et qui a aussi reçu le Pulitzer pour son enquête, a préféré signé un contrat de trois ans avec HBO pour réaliser une série de documentaires qui poursuivront son travail et accompagneront le mouvement #MeToo.

Cannes 2018 : ce qu’il faut retenir de la conférence de presse

Posté par wyzman, le 12 avril 2018

Malgré quinze minutes de retard, la conférence de presse du 71e Festival de Cannes tenue par Pierre Lescure et Thierry Fremaux a réservé pas mal surprises. A commencer par la sélection officielle : inattendue et rafraîchissante côté Compétition, il sera beaucoup question de diversité dans la section Un certain regard tandis que les Séances spéciales/de minuit/Hors-compétition ont de quoi réjouir les cinéphages aguerris. Voici dans le détail tout ce que vous devez savoir à moins de 4 semaines du lancement des festivités.

  • Les selfies seront bien interdits. Thierry Fremaux l'a de nouveau expliqué : "Ce ne sont pas les stars qui se prennent en photo. C'est des gens, invités par des partenaires, qui ont la chance d'être sapés comme jamais. C'est irrespectueux. Quand on a la chance d'être invité, il vaut mieux rester décent par rapport à ceux qui ne le sont pas." Tout cela avant d'ajouter : "On a des problèmes de cortège, de montées de marches, il faut faire entrer 2200 personnes dans la grande salle, les gens tombent, c'est une immense pagaille, c'est pas beau."
  • Le pass "3 jours à Cannes" pour les 18-28 ans fait un tabac. "Hier soir, il y avait 600 lettres de motivation pour le pass #3JoursACannes. On en a reçu de Chine et d’Inde !" Pour rappel, le pass permettra aux jeunes cinéphiles un peu chanceux de découvrir la sélection officielle les 17, 18 et 19 mai prochains.
  • Antoine Desrosières rejoint la sélection officielle à la dernière minute. "A genoux les gars a été ajouté à 3 heures du matin" a annoncé Thierry Fremaux avant de décrire ce film co-créé avec les actrices comme une traversée sur les "nouveaux modes de sexualité, les rapports femme/homme".
  • Les projections du matin réservées à la presse sont encore sources de questionnements. A l'écoute des journalistes, Thierry Frémaux consent : "On voudrait modifier la grille de programmation de Cannes, on veut questionner nos propre pratiques, questionner le futur, alors ce n'est pas en direction de la presse, mais des propos de galas. On n'a pas décidé de faire passer la presse après. Y compris les projections aux marchés doivent se faire après la projection de gala. On est conscients que ça va changer beaucoup de choses. On était convaincus que les télé, les radios seraient ravis, hors pas du tout..." Il ajoute : "L'embargo ça n'est pas possible. Le film est montré, tout le monde peut en parler. Projection de gala et de presse. On est en train de faire plein d'hypothèses, on parle beaucoup avec vos collègues" avant de reconnaître "La grille n'est pas facile à établir, on s'est mis nous même dans une montagne à gravir. Ça va changer beaucoup d'habitudes. C'est évident" et de conclure "Les projections d'avant Cannes nous ne les avons jamais interdites."
  • Le Festival a senti passer l'affaire Harvey Weinstein. Thierry Frémaux évoque un "tremblement de terre. Le monde n'est plus le même depuis octobre dernier. Pour aborder les femmes cinéastes, il y en a, la question des quotas ne concerne en aucun cas les quotas de sélections artistiques." La situation est néanmoins très claire pour le délégué général du festival : "Il n'y aura jamais de discrimination positive en sélection officielle à Cannes." avant de rappeler qu'il y a "trois femmes cinéastes cette année en compétition. On a beaucoup échangé avec des femmes cinéastes ces derniers temps. Et toutes nous disent que le processus de sélection n'est pas concerné par la question #metoo."
  • L'absence de Netflix serait entièrement due aux décisions de ses cadres. "Nous avons un dialogue fructueux, en dépit des apparences, avec Netflix. L'an passé, les débats sur la présence d'Okja nous ont conduit à redire que les films en compétition doivent être ouverts à la salle". Concernant l'édition 2018, Thierry Frémaux insiste : "Il y avait des candidats à la distribution des titres Netflix qui nous intéressaient, ils ont refusé donc ils ne pouvaient pas être en compétition" avant d'éclaircir : "Nous avions fait 2 propositions à ces films [Netflix] : un en compétition [Roma d'Alfonso Cuaron, NDLR] et un hors compétition (The Other Side of the Wind d'OrsonWelles) [...] pour des raisons qui leur incombent Netflix a décidé de les retirer."
  • L'absence de Paolo Sorrentino peut être expliquée. "Vous constatez qu'on a ouvert les portes et les fenêtres pour des gens jamais venus à Cannes. Le film de Paolo [Loro] sort en deux parties dont une sort avant Cannes. La nature même du projet nous a fait hésiter..."
  • Les absences de Xavier Dolan et Jacques Audiard sont regrettables pour tout le monde. "Nous avons vu le film de Dolan, on le voulait mais il est reparti en montage. Donc il n'y a de sa part aucun refus d'aller à Cannes." Parce que Cannes est rarement bon pour une course aux Oscars, Thierry Frémaux rajoute : "Il y a une stratégie d'automne donc en effet, les producteurs n'ont pas choisi Cannes. Le film de Jacques Audiard, très cher, produit par les Américains, soumis à des ventes, est toujours en montage (...) du côté des Américains, Cannes est un lieu où parfois ce n'est pas idéal, parce qu'il y a danger". Et cela, notamment parce que les critiques sont souvent plus tranchées à Cannes qu'à Toronto, Venise ou Sundance.
  • L'absence de séries télé n'a rien à voir avec la polémique Netflix. "L'an passé, nous avions des amis de Cannes, Lynch, Innaritu, Campion. Nous restons un festival de film, un festival de cinéma, on ne s'interdit pas de montrer un épisode, ça ne s'est juste pas trouvé cette année."
  • Le film de clôture n'est toujours pas choisi. "L'une de nos intentions est de terminer un samedi et que le film de clôture soit un film qui sorte. J'espère qu'on trouvera quelque chose, que ce film sorte le vendredi et soit montré à Cannes le samedi soir... Mais on n'a pas trouvé..."

Cannes 2018 : Thierry Frémaux impose son style

Posté par wyzman, le 23 mars 2018

A l'approche de la 71e édition du Festival de Cannes, son délégué général, Thierry Frémaux, s'est entretenu avec nos confrères du Film français. L'occasion pour lui de mettre les point sur les "i" après une édition anniversaire qui était malheureusement en demi-teinte. Marquée par ce que l'on appelle communément l'affaire Netflix, Cannes 2017 semblait en effet être un terrain d'affrontement entre les organisateurs du festival et les studios de production et les distributeurs. Voici la liste des mesures entreprises par Thierry Frémaux concernant Cannes 2018 :

  • La fin du selfie : afin de fluidifier la montée des marches, le délégué général du Festival de Cannes l'a annoncé, "les selfies seront interdits pour les spectateurs sur le tapis rouge". Il précise : "Nous avons décidé avec Pierre Lescure de carrément les prohiber. En haut du tapis rouge, la trivialité et le ralentissement provoqués par le désordre intempestif créé par la pratique des selfies nuit à la qualité de la montée des marches. Et donc au Festival tout entier." Une initiative qui devrait ravir les photographes présents sur place mais laisser un goût amer aux anonymes souhaitant immortaliser leur passage sur la Croisette.
  • Plus d'avant-première pour la presse : afin de "redonner toute leur attractivité et tout leur éclat aux soirées de gala", le festival se passera désormais des projections réservées aux journalistes et programmées le matin. En effet, pour s'assurer que "le suspense sera total" au moment des projections publiques, Thierry Frémaux a choisi de modifier complètement la manière dont la presse devra travailler. Les projections presse auront donc lieu le jour même de la montée des marches par l'équipe du film (ou le lendemain matin si le film en question est projeté à 22 heures).
  • Netflix perd sa place en compétition : marqué par le scandale lié à Okja et The Meyerowitz Stories, Thierry Frémaux assure regretter que les deux films se soient "perdus dans les algorithmes de Netflix et n'appartiennent pas à la mémoire cinéphile". Voilà pourquoi un film produit et/ou distribué par Netflix en France ne pourra plus concourir à la Palme d'or. Le géant américain du streaming pourra néanmoins proposer ses films hors-compétition.
  • La place des femmes donnera lieu à une réelle réflexion : persuadé que "sur un sujet pareil, le plus grand festival du monde doit être exemplaire", Thierry Frémaux devrait rencontrer "prochainement" la secrétaire d’État Marlène Schiappa afin de s'assurer que Cannes reste le festival de prédilection des réalisatrices et actrices. Malgré ses 23% de femmes présentes en sélection officielle l'an dernier, l'événement a vu son image terni par l'affaire Harvey Weinstein et le mouvement #MeToo. Pour rappel, Cate Blanchett sera la présidente du jury de cette 71e édition qui se tiendra du mardi 8 mai au samedi 19 mai. Elle est la 12e femme à se voir confier cette fonction.

500M$ pour la reprise de The Weinstein Company

Posté par vincy, le 2 mars 2018

En début de semaine, The Weinstein Company était menacée de banqueroute. Finalement en quelques jours, le studio d'Harvey Weinstein a réussi à trouver un repreneur: le milliardaire Ron Burkle et l'ancienne ministre de Barack Obama (en charge des PME) Maria Contreras-Sweet.

Le montant des actifs était initialement évalué à 500M$ soit 225M$ de dettes, 100M$ dévolus à la création de la nouvelle structure et le reste pour la reprise des actifs, dont le catalogue de 277 films (y compris ceux de Dimension films).

Maria Contreras-Sweet souhaite surtout "lancer une nouvelle société, avec un nouveau conseil d'administration et une nouvelle vision incarnant les principes que nous défendons depuis le début du processus à l'automne". "Ces principes n'ont jamais varié et consistent à bâtir un studio de cinéma mené par un conseil composé d'une majorité de femmes indépendantes", à "sauver 150 emplois" et "créer un fonds de compensation des victimes".

Un coup de pression du procureur qui a menacé 150 emplois

Le feuilleton semble se terminer pour cette entreprise devenue à elle seule toxique à Hollywood. Début février, le procureur de l'Etat de New York avait bloqué un premier projet de reprise car, selon lui, les fonds prévus pour dédommager les victimes des abus sexuels d'Harvey Weinstein étaient insuffisants et que la direction de la nouvelle société incluait des cadres ayant couvert ses agissements. Cette décision avait conduit le week-end dernier à l'annonce d'un probable dépôt de bilan de The Weinstein Company.

En effet, Ron Burkle hésitait à fournir un montant viable pour faire fonctionner l'entreprise et n'avait pas apporté les garanties nécessaires sur le renvoi de certains dirigeants, soupçonnés de complicité sur les agissements de leur patron. Le milliardaire a finalement accepté de mettre 7M$ au pot, assuré que les dirigeants poursuivis ne seraient plus en poste (y compris Bob Weinstein) et, selon la presse financière, augmenté le fond pour l'indemnisation des victimes à 90M$. Du côté de TWC, la menace du dépôt de bilan a activé en urgence la procédure de sauvetage, alors que le conseil d'administration paraissait prêt à trouver une autre solution, tout en craignant que Harvey Weinstein casse une quelconque transaction en les poursuivant en justice.

Cette fois-ci, après un nouvel accord, le procureur semble approuver cette reprise, tout en continuer d'enquêter sur les différentes accusation et de poursuivre la société "pour n'avoir pas protégé ses employés face au comportement du producteur."

Reste la signature définitive, qui dépend de son bon vouloir. Il reste quelques détails à finaliser semble-t-il.

Nouveau nom et expansion

13 ans après la création de la société par Harvey et Robert Weinstein, un nouveau chapitre semble s'ouvrir. Elle changera de nom (on évoque la marque Wonder Hill) tant le patronyme est devenu imprononçable à Hollywood depuis les révélations sur le comportement d'Harvey Weinstein, accusé d'agressions sexuelles, d'harcèlement moral et sexuel et de viols par plus d'une centaine de femmes. L'intégralité des emplois devrait être préservée et les bureaux de Los Angeles et Londres certainement agrandis. Les premières dates de sortie de films déjà en boîte, dont The Current War avec Benedict Cumberbatch, Hotel Mumbai avec Dev Patel, HHhH avec Rosamund Pike et le remake d'Intouchables, The Upside.

Depuis octobre, aucun film produit par The Weinstein Company n'est sorti en salles. Tous les projets sont suspendus et certains ont été cédés (Paddington 2) ou revendus. Le réalisateur emblématique de la compagnie, Quentin Tarantino, a quitté TWC pour Sony. Bob Weinstein restera propriétaire de la marque Dimensions Films et du film prêt à sortir Polaroid, de Lars Klevberg, avec Tyler Young.

Le ruban blanc pour ne plus jamais dire #MeToo

Posté par redaction, le 27 février 2018

Des dizaines de productrices, réalisatrices, scénaristes, actrices ont accompagné un appel lancé par la Fondation des femmes mardi 27 février.

Quelques mois après l'Affaire Weinstein et ses conséquences, et notamment le mouvement #MeToo, le cinéma français embraye sur cette vague de fond pour que cesse les violences faites aux femmes. A l'instar de l'opération Time's Up aux Etats-Unis, elles/ils appellent à donner des fonds pour aider la Fondation des femmes à pouvoir aider des associations qui agissent pour protéger, assister et défendre les victimes. Un hashtag #MaintenantOnAgit est mis en place par la même occasion.

Jeanne Balibar, Julie Bertuccelli, Sandrine Bonnaire, Valérie Bonneton, Isabelle Carré, Cécile Cassel, Camille Chamoux, Camille Cottin, Valérie Donzelli, Mélanie Doutey, Anaïs Demoustier, Virginie Efira, Andréa Ferreol , Audrey Fleurot,  Sara Forestier, Julie Gayet, Adèle Haenel, Agnès Jaoui, Camélia Jordana, Diane Krueger, Aïssa Maïga,  Tonie Marshall, Chiara Mastroianni, Anna Mouglalis, Sabrina Ouazani, Vanessa Paradis, Clémence Poésy, Firmine Richard, Céline Sallette, Céline Sciamma, Leila Slimani, Rebecca Zlotowski, Christine and The Queens font partie des signataires de cet appel.

Les César en blanc

L'Académie des César, soucieuse que la cérémonie de vendredi ne devienne pas une tribune incontrôlable, a décidé de soutenir l'initiative, qu'elle qualifie de "constructive, positive et concrète". Elle demande à ses 1700 invités d'exprimer leur solidarité avec le mouvement "en portant toutes et tous le ruban blanc, symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes. Il sera distribué à l’entrée de la Salle Pleyel."

Finies les robes en noir des Golden Globes. On opte pour un ruban blanc, comme il y a un ruban rouge pour les victimes du Sida. Mais cela suffira-t-il? Il est facile d'épingler un ruban. Les médias relaient bien les différentes prises de paroles. Les César offriront certainement un espace pour un discours militant. Même si on voit mal un grand déballage. En France, aucune personnalité n'a été accusée de harcèlement ou agression sexuelle. Un silence étrange dans la planète cinéma (alors que des Etats-Unis à la Corée du sud, en passant par le Canada les cas ne manquent pas que ce soit dans le cinéma, les spectacles vivants ou la littérature).

Plus grave, et plus concret, les inégalités perdurent: un producteur sur six nommé aux César est une femme, un réalisateur sur dix nommé aux César est une femme. Les écarts salariaux sont énormes (environ 40% entre un cinéaste et une cinéaste), d'autant que les réalisatrices n'ont pas accès aux films à gros budgets. Ce ruban blanc rappellera également que la France, qui pourtant est l'un des cinémas les plus féminisés du monde, ne traite pas les femmes avec égalité.

Appel de la Fondation des femmes

On a subi. Quels que soient nos lieux de vie, nos métiers, nos origines, nous avons subi ou en avons été les témoins de sexisme ou de violences.

On a enduré. Nous sommes passées outre. Nous avons essayé de faire comme si de rien n’était. Nous avons ravalé notre indignation pour avancer.

On s’est tu. Souvent, nous n’avons rien dit. Par crainte. Par habitude. Pour oublier. Ou parce que nous espérions être l’exception plutôt que la règle.

On a crié. Alors que certaines parlaient depuis longtemps sans être entendues, il y a quelques mois, des actrices ont percé le mur du silence.

On a balancé. Elles ont ouvert la voie. A travers le monde, des millions de femmes leur ont fait écho. Grâce aux réseaux sociaux, elles ont mis en commun leur vécu.

On a dénoncé. De nombreuses femmes ont alors pour la première fois trouvé le courage de porter plainte.

On a rassemblé. Parce que nous sommes convaincues que demain ne doit pas ressembler à hier ou à aujourd’hui.

On a polémiqué. Nous vivons toutes le sexisme mais nous ne sommes pas toutes d’accord sur la façon d’y répondre. Parce que nous ne vivons pas les agressions de la même manière.

Maintenant on agit. Nous sommes différentes mais avons une même envie d’agir. Nous voulons créer un présent plus doux pour celles qui souffrent aujourd’hui, et un avenir apaisé pour nos filles et nos fils. Les femmes victimes de violence méritent que les associations qui les accompagnent aient les moyens de le faire dignement. Nous sommes inquiètes : mal accompagnées, les femmes sont vulnérables face à la justice. Il est temps d’agir. Ensemble, soutenons celles et ceux qui œuvrent concrètement pour qu’aucune n’ait plus jamais à dire #MeToo. Donnons.

L’ensemble des dons sera redistribué à des associations reconnues pour leur engagement sur le terrain, leur expertise et leur efficacité, et dont leur sélection et la bonne utilisation de leurs fonds sont garanties par un Comité d’expertes.

Les liaisons dangereuses entre Uma Thurman, Quentin Tarantino et Harvey Weinstein

Posté par wyzman, le 6 février 2018

En octobre dernier, Uma Thurman était interrogée par la presse sur l'affaire Weinstein, le soir de la première de sa pièce, The Parisian Woman. Ayant collaboré à de multiples reprises avec le producteur tout-puissant Harvey Weinstein, sa réaction était attendue. Mais ce soir-là, il n'y eut aucune déclaration choc, un simple "J'attends de me sentir moins en colère. Quand je serai prête, je dirai ce que j'ai à dire."

Suite d'agressions

Depuis, les accusations de harcèlement et d'agressions sexuelles se sont multipliées à l'encontre de l'homme qui a financé True Romance, Pulp Fiction, les sagas Scream et Kill Bill. Fin novembre, Uma Thurman postait alors sur Instagram un cliché extrait de Kill Bill, accompagné d'une légende dans laquelle elle laissait entendre qu'elle est également l'une des victimes de Harvey Weinstein. Fière de celles qui ont eu le courage de s'élever contre l'homme le plus détesté d'Amérique, elle teasait en outre ses propres révélations. Et ça n'a pas loupé !

Dans un long papier publié sur le site du New York Times samedi soir, l'actrice nommé aux Oscars pour son rôle dans Pulp Fiction évoque les multiples incidents qui l'ont menée à ce moment. Elle revient ainsi brièvement sur une agression sexuelle subie à l'âge de 16 ans par "un acteur, près de 20 ans plus vieux" avant d'en venir à la "première attaque" de Harvey Weinstein.

On apprend ainsi que l'actrice de 47 ans a longtemps entretenu d'excellents rapports avec le mogul et qu'au moment de la sortie de Pulp Fiction, le producteur se serait déshabillé devant elle, tentant de l'emmener avec lui dans le hamman de sa chambre d'hôtel à Paris. Visiblement resté sur sa faim, Harvey Weinstein aurait alors agressé sexuellement Uma Thurman, quelques semaines plus tard, à Londres, dans sa suite du Savoy Hotel. Le lendemain, l'actrice aurait reçu un énorme bouquet de roses jaunes, accompagnées d'une note : "Tu as de bons instincts."

Menaces

L'interprète de Mia Wallace raconte alors comme elle s'est de nouveau rendue à l'hôtel Savoy mais cette fois avec son amie la maquilleuse Ilona Herman pour confronter Weinstein. Seule avec ce dernier, elle l'aurait alors prévenu : "Si tu fais ce que tu m'as fait à d'autres personnes tu perdras ta carrière, ta réputation et ta famille, je te le promets." Le producteur l'aurait alors simplement menacée d'enterrer sa carrière. Ce qui ne fut pas loin d'être le cas... Car après quelques beaux succès durant la décennie 1994-2005, l'actrice n'a plus été à l'affiche de projets porteurs. Un comble pour celle qui a tourné avec John Boorman, Philip Kaufman, Gus Van Sant, Terry Gilliam et Stephen Frears dès ses débuts.

Accident et complot

Dans le même article du New York Times, Uma Thurman revient également sur un incident lié à Kill Bill, un film réalisé par Quentin Tarantino et produit et distribué par Harvey Weinstein. Sur le tournage, celle qui incarne La Mariée a été victime d'un grave accident de voiture qui l'a laissé "avec un coup abîmé pour de bon et des genoux foutus". Apeurée à l'idée de tourner cette scène à la place d'une doublure, Uma Thurman aurait rapidement fait part de son inquiétude à Quentin Tarantino qui lui aurait répondu : "Atteins les 64 kilomètres par heure ou tes cheveux ne voleront pas comme il faut et je te ferai refaire la scène."

"Cela a affecté notre relation pendant les deux/trois ans qui ont suivi. Ce n’est pas comme si on ne se parlait plus, mais la confiance s’était brisée entre nous. Après une année de tournage durant laquelle on avait filmé des choses bien plus dangereuses que ça. De vraies cascades. Je lui demandais de se dépasser, d’en faire elle-même le plus possible et je lui disais qu’on la protégerait. C’était le cas, elle n’était jamais blessée. Jusqu’à cet accident, 4 jours avant la fin du tournage. C’était un simple plan de conduite, on ne l’envisageait même pas comme une cascade. Et ça a failli la tuer" a-t-il déclaré cette nuit. Elle-même ne disait pas autre chose dans son texte de samedi: "Les circonstances de cet accident sont liées à des négligences qui auraient  pu être criminelles, mais je ne pense pas que c'était intentionné. Quentin Tarantino a profondément regretté cet événement, et il a encore des remords."

Conscient des dommages causés au corps et à la carrière d'Uma Thurman, le réalisateur de Django Unchained et des Huit Salopards aurait tenté de se rattraper en l'aidant à remettre la main sur la vidéo de l'accident, sur laquelle on voit clairement qu'Uma Thurman était en danger à l'intérieur du véhicule. Toujours proche de l'actrice, celui qui a été son compagnon pendant plusieurs mois confiait récemment à Deadline : "Je savais que l'article [du New York Times, NDLR] allait sortir. Uma et moi en avions parlé pendant un long moment, et décidé comment elle voulait que cela se fasse. Elle voulait de la clarté sur ce qui s'était passé au moment de cet accident, après toutes ces années. Elle a demandé si je pouvais trouver la vidéo pour elle. Je devais la trouver, 15 ans plus tard (…) Shonnan McIntosh l'a trouvée. Je n'en revenais pas."

Hier, sur Instagram, Uma Thurman a partagé la vidéo avec ses 750 000 abonnés. L'occasion pour elle de clarifier la situation : elle n'en veut pas à Quentin Tarantino - qui a publiquement présenté ses excuses pour son manque de jugement - mais à tous ceux qui ont couvert l'accident, enterré la vidéo et ont entravé la suite de sa carrière. Elle nomme ainsi  l'agence CAA qui n'a pas su protéger ses intérêts et les producteurs Lawrence Bender, E. Bennett Walsh et Harvey Weinstein. Les deux premiers auraient détruit le véhicule en question, sur ordre du troisième qui a refusé à Uma Thurman le droit de voir la vidéo en premier lieu.

Le double jeu de Tarantino

Cette nuit, Quentin Tarantino confessait qu'il se sentait coupable de l'avoir mise dans cette voiture. Il reproche au journaliste du New York Times un certain sensationnalisme déformant les faits et affirme qu'il ne connaissait rien au complot de Weinstein sur sa muse: "Je ne peux qu'imaginer que c'est ce que Harvey avait en tête" en lui interdisant d'avoir accès à l'extrait et "je ne savais pas qu'elle croyait que je faisais partie de cette tentative de dissimulation, elle m'avait juste dit qu'elle n'y avait pas accès".

Le cinéaste tombe de plus en plus haut chaque mois qui passe. La chute de Weinstein, la manière dont il a traité son égérie et sa réputation de directeur d'acteurs un peu sadique sont autant de coups qui le rendent vulnérable. Il avait déjà du se justifier, avec un peu de retard à l'allumage sur son producteur historique, obligé de prendre ses distances: "Ces dernières semaines, j'ai été abasourdi et j'ai eu le cœur brisé par les révélations faites sur mon ami de 25 ans, Harvey Weinstein. J'ai besoin de quelque jours de plus pour gérer ma peine, mes émotions, ma colère et mes souvenirs, et ensuite, je prendrai publiquement la parole." Or, ce communiqué est désormais caduque: il avoue clairement qu'il était au courant de ce que son producteur historique avait fait à Mira Sorvino (une autre de ses ex) et à Uma Thurman.

"Quand on préparait Kill Bill, Uma m’a dit qu’il avait tenté la même chose avec elle des années auparavant et j’ai compris qu’il avait un problème, qu’Harvey ‘attaquait’ ses victimes de façon systématique. Je lui ai demandé de s’excuser auprès d’Uma, sans quoi on ne pourrait pas travailler tous ensemble sur Kill Bill. Et c’est ce qu’il a fait. Je n’étais pas présent, mais je sais qu’il l’a fait. J’ai insisté, car à ce moment-là, je savais qu’Uma disait la vérité, que c’était Harvey le menteur, celui qui se cherchait des excuses, qui tentait de relativiser les faits. Il me répondait : ‘Mais tu sais, elle a dit ceci, elle a fait cela…’, mais ça ne marchait plus sur moi, je savais qu’elle ne mentait pas. Quand on ne connaît pas bien les personnes concernées, on peut avoir le bénéfice du doute, mais dans le cas d’Uma et de Harvey, il n’y avait aucun doute. Je savais qu’il mentait et qu’elle disait la vérité" a-t-il expliqué.

Ce qui ne l'a pas empêché de garder Harvey Weinstein comme producteur jusqu'à l'an dernier. Et encore, il a fallu l'Affaire Weinstein pour que Tarantino cherche un autre studio.

Et maintenant ?

Canonisée après ses performances dans Pulp Fiction et Kill Bill, Uma Thurman peine aujourd'hui encore à trouver des rôles à la hauteur de son talent, se contentant de navets (Ma Super ex, Un mari de trop, Bel ami) et d'apparitions dans des films où elle est loin de marquer les esprits (Savages, A vif !). Il n'y a bien que Lars von Trier qui lui offre encore un peu de lustre dans sa filmographie et le Festival de cannes qui lui permet de rester dans la lumière. Comme de nombreuses actrices jugées trop âgées par des producteurs de cinéma, c'est désormais à la télévision qu'elle s'épanouit. En 2012, elle faisait des ravages dans le drama musical Smash, avant de voler la vedette à ses co-stars dans The Slap et Imposters.

Timothée Chalamet et Rebecca Hall n’assument plus d’avoir tourné avec Woody Allen

Posté par vincy, le 17 janvier 2018

Timothée Chalamet, que l'on verra prochainement dans Call Me By Your Name et Lady Bird, a décidé de donner son salaire perçu pour le tournage du dernier film de Woody Allen, A Rainy Day in New York.

Dans un message sur son compte Instagram posté mardi 16 janvier, Timothée Chalamet a annoncé qu’il donnerait les revenus à des organisations contre le harcèlement sexuel: Time's Up, le centre LGBT de New York et RAINN.

Il ne souhaite "pas tirer profit de [son] travail sur ce film". Woody Allen a mauvaise presse depuis l'affaire Weinstein et la campagne #metoo. Il est régulièrement accusé d'agression sexuelle par sa fille Dylan Farrow et cela avait même conduit à une blague de Laurent Laffite lors de l'ouverture d'un festival de Cannes, qui n'avait pas été très appréciée à l'époque.

Susan Sarandon et et Greta Gerwig ont déjà exprimé leur regret d'avoir tourné avec le cinéaste. Jessica Chastain a affrimé qu'elle ne tournerait jamais avec lui. Quant à Rebecca Hall, qui partage l'affiche du même film de Allen que Timothée Chalamet, elle a aussi décidé de reverser son salaire. "Lorsqu’on m’a proposé de tourner pour lui sept mois plus tôt, j’ai rapidement répondu "oui". Il m’a offert l’un de mes premiers rôles importants et je lui suis encore reconnaissante, c’était un jour de tournage dans ma ville natale, facile. Je me suis rapidement rendu compte qu’il n’y avait rien de facile dans tout cela. Les semaines suivantes, j’ai réfléchi profondément à cette décision, je reste tiraillée et triste" explique-t-elle.

Même son de cloche du côté de l'acteur de Call Me By Your Name: "Un bon rôle n’est pas le seul critère pour accepter un boulot" explique-t-il. "C’est devenu beaucoup plus clair pour moi ces derniers mois, après avoir assisté à la naissance d’un mouvement puissant qui veut mettre fin à l’injustice, à l’inégalité et, par-dessus tout, au silence".

Ne voulant pas tirer profit de son travail sur ce film, et ne pouvant pas expliquer pourquoi il a choisi de tourner avec l'un des cinéastes les plus courtisés par les vedettes américaines et britanniques, Timothée Chalamet n'en dira pas plus. En revanche, pour Woody Allen, c'est une mauvaise nouvelle: il va devenir compliquer de faire la promotion d'un de ses films si les stars se déresponsabilisent ou se désengagent. Son prochain film, Wonder Wheel, avec Kate Winslet, qui sort en France le 31 janvier, a fait un bide aux Etats-Unis.

Le réalisateur, 82 ans, a été accusé en 1992 par sa fille adoptive Dylan Farrow de l’avoir agressée sexuellement quand elle avait 7 ans. La chaîne CBS a annoncé qu’elle diffuserait jeudi 18 janvier un entretien avec Dylan Farrow dans laquelle elle reprend ces accusations. C'est son fils Ronan Seamus Farrow qui a été l'un des journalistes à révéler l'affaire Weinstein. Il prépare actuellement un documentaire sur ce scandale pour HBO.

2017 dans le rétro: #MeToo, le hashtag qui a fait vaciller Hollywood

Posté par wyzman, le 29 décembre 2017

Souvent critiqué pour la lenteur de son processus, le journalisme d'investigation a prouvé en 2017 qu'il avait encore de beaux jours devant lui. En effet, il a suffi de trois articles pour dévoiler au monde entier les travers de Hollywood. Ces articles, ce sont bien évidemment ceux de Jodi Kantor et Megan Twohey pour le New York Times, celui de Ronan Farrow pour le New Yorker et enfin celui d'Adam B. Vary pour BuzzFeed.

Le pouvoir des témoignages

Si les deux premiers s'intéressent à Harvey Weinstein et donnent la parole à des victimes présumées de harcèlement sexuel, d'agressions sexuelles et de viol, le troisième évoque le cas d'Anthony Rapp. L'acteur de Star Trek Discovery y raconte la nuit où Kevin Spacey a tenté de l'agresser sexuellement. Ces articles auraient pu faire le buzz et disparaître tout aussi vite s'ils ne comportaient pas autant de témoignages de personnalités. Parmi les victimes de Harvey Weinstein, on trouve ainsi Asia Argento, Rosanna Arquette, Kate Beckinsale, Emma de Caunes, Cara Delevingne, Judith Godrèche, Romola Garai, Heather Graham, Claire Forlani, Eva Green, Jessica Hynes, Florence Darel, Mira Sorvino, Ashley Judd, Angelina Jolie, Minka Kelly, Gwyneth Paltrow, Sarah Polley, Mia Kirshner, Léa Seydoux.

Et ceci n'est qu'un aperçu des victimes les plus célèbres du producteur de Pulp Fiction et Sin City. Aujourd'hui, qui sait combien de jeunes actrices pleines de rêves ont été agressées par l'homme de 65 ans. Du côté de Kevin Spacey, son tweet d'excuses adressées à Kevin Rapp et dans lequel il fait son coming out n'a fait que confirmer ce que beaucoup dans l'usine à rêves redoutaient : l'acteur principal de House of Cards a énormément de choses à se reprocher…

L'explosion de #MeToo

A l'origine issu de l'esprit de l'activiste Tarana Burke, l'expression avait pour ambition de dénoncer les violences sexuelles vécues par les femmes noires. Nous sommes alors en 2006 et l'expression n'est qu'une phrase. Mais dans la foulée des multiples accusations portées à l'encontre de Harvey Weinstein, l'actrice de Charmed Alyssa Milano décide de transformer la phrase en hashtag et veut, par son utilisation, inciter toutes les victimes de violences à caractère sexuel à parler. Nous sommes le 15 octobre et personne n'est en mesure de prévoir ce qui va se passer par la suite.

Car ce ne sont pas quelques réponses que l'actrice de 45 ans va recevoir mais bien des milliers. Son tweet est partagé 25.000 fois et plus de 68.000 internautes lui déclarent avoir également été victimes de violences sexuelles. Mais ça ne s'arrête pas là. Le groupe d'internautes déclarant avoir été agressés comporte aussi des personnalités publiques et des figures majeures de Hollywood.

C'est ainsi le cas de Reese Witherspoon, America Ferrera, Jennifer Lawrence, Lady Gaga, Gabrielle Union, Evan Rachel Wood, Björk, Hilarie Burton, Jenny Slate, Rosario Dawson, Debra Massing, Anna Paquin, Viola Davis, LauraDern, Anna Faris, Ellen Degeneres, Pauley Perrette, Busy Philipps, etc. Quelques hommes auront également le courage d'évoquer le harcèlement et les attouchements qu'ils ont subis. On peut notamment citer Terry Crews, James Van Der Beek et Javier Munoz.

Des accusés de plus en plus célèbres

La viralité de l'hashtag est si impressionnante que très vite, ce sont d'autres noms qui commencent à faire surface. Si Harvey Weinstein a très vite été renvoyé de The Weinstein Company et Kevin Spacey a perdu son rôle dans House of Cards et sa place dans la course aux Oscars avec Tout l'argent du monde, ils sont rejoints dans la tourmente par des célébrités auxquelles on n'aurait sans doute jamais pensé.

Parmi celles-ci, on peut citer Ben Affleck, Oliver Stone, Lars Von Trier, Terry Richardson, George H.W Bush, Jeremy Piven, Brett Ratner, Dustin Hoffman, Ed Westwick, Charlie Sheen, Jeffrey Tambor, Steven Seagal, Louis C.K., Matthew Weiner, Russell Simmons, Andrew Kreisberg, George Takei, Mark Schawhn, Nick Carter, Matt Lauer, Bruce Weber, Bryan Singer, Larry King, L.A. Reid et la liste est encore longue !

A l'heure actuelle, la plus grande action collective entamée par les victimes présumées est d'appeler à modifier la législation sur le délai de prescription des viols. A côté, de multiples associations tentent de capitaliser sur l'essor de l'hashtag #MeToo pour modifier la vision que l'on a des victimes d'agressions sexuelles. Exporté dans des dizaines de pays, #MeToo a trouvé une résonance toute particulière en France où il a été transformé en #BalanceTonPorc par Sandra Muller.

Pour rendre hommage aux victimes de ces agressions, de nombreux acteurs et actrices porteront du noir à la prochaine cérémonie des Golden Globes qui se tiendra le 7 janvier prochain à Beverly Hills.

Quentin Tarantino trouve refuge chez Sony

Posté par vincy, le 17 novembre 2017

quentin tarantino

[Actualisation] Quentin Tarantino a un problème. Son producteur historique n'était autre qu'Harvey Weinstein, désormais aliéné par tout Hollywood, après avoir été accusé par des dizaines de femmes d'agressions sexuelles, de harcèlement sexuel et de viols. The Weinstein Company lutte actuellement pour sa survie. Elle est en faillite et ne peut pas, de toute façon, et hors des considérations morales, épauler le nouveau projet du cinéaste. Tarantino a d'ailleurs quitté les bureaux de la société.

Il devait donc se trouver un nouveau studio et un nouveau producteur. Ce sera finalement Sony Pictures, qui a su emporter la compétition en obtenant les droits mondiaux pour la distribution du film. Officialisé depuis juillet, son prochain film (pour l'instant intitulé #9 puisque c'est son neuvième), sur les meurtres de Charles Manson, avec Margot Robbie dans le rôle de Sharon Tate, l'une des victimes du tueur, est en préparation. La situation étaiturgente. Évidemment, avec 8 longs métrages ayant rapporté 650M$ de recettes en Amérique du nord et une Palme d'or à son actif, le cinéaste était en plus très courtisé.

Tarantino est le transfert de l'année inattendu. Normal qu'il excite les convoitises. Il sait aussi ce qu'il veut: un budget de 100M$ (l'équivalent de Django, son film le plus cher à date), un pourcentage sur les recettes, et le final cut sur son film.

Selon Deadline et Variety, outre Sony, Paramount et Warner Bros étaient les derniers sur les rangs, les seuls qui accepteraient ces (ses) conditions. Les nouveaux indépendants - Amazon Studios, A24, Annapurna et Lionsgate... - n'avaient aucune chance tant que les droits étaient mondiaux.

De tous, cependant, c'est sans doute la Warner qui pouvait être la meilleure option. Le studio a pour lui d'avoir accompagné Clint Eastwood tout au long de sa carrière avec une entière liberté. C'est aussi le studio qui cherche à le séduire à tout prix. Lors de l'audition du réalisateur, la Warner a reconstitué l'ambiance des sixties, logo de l'époque compris, soit la période durant laquelle se déroule le futur film.

Un autre front du côté de 007

Mais la Warner, comme Sony, la Fox, qui est en discussion pour se vendre à Disney, et Universal, sont en plus sur un autre front: les droits de James Bond. Ironie du sort, c'est actuellement Sony qui les possède. Stratégiquement, Sony voudrait garder 007, l'une de ses rares franchises. N'étant pas certain de conserver l'espion de sa majesté, le studio avait besoin d'un (gros) coup pour compenser l'éventuelle perte. Par conséquent, Sony avait aussi mis les bouchées doubles en abordant Tarantino par les sentiments: la stratégie de sortie du film, notamment au niveau international, qui représente environ 60 à 65% des recettes globales des films du cinéaste, un point fort du studio.

Tarantino doit désormais choisir sa star masculine. Leonardo DiCaprio, Brad Pitt et Tom Cruise, avec qui il n'a jamais travaillé, sont parmi ses choix pour le rôle de Manson. Le producteur David Heyman (Harry Potter) a été engagé pour la production.

Le tournage est prévu à Los Angeles pour l'été prochain avec une sortie programmée en 2019.