The Irishman de Martin Scorsese (enfin) en montage

Posté par vincy, le 14 mars 2019

Thierry Frémaux était le week-end dernier à Los Angeles. S'il parlait restauration, on imagine qu'il en a profité pour faire le tour des studios. Et peut-être pour négocier avec Netflix la présence de quelques uns des gros films qu'il pourrait projeter à Cannes.

Parmi ceux-ci, il y a le nouveau Martin Scorsese, Palme d'or en 1976 et président du jury en 1998. The Irishman est l'un des plus gros budgets de Netflix (140M$). Cependant, même si Netflix et Cannes parviennent à pactiser de nouveau, rien n'est certain sur le présence du film sur la Croisette. Le montage vient à peine de commencer. Et il y aurait plus de 300 scènes entre les mains de la vénérable Thelma Schoonmaker, la monteuse fidèle du cinéaste.

Car cette fois-ci, Scorsese a abandonné sa technique du storyboard pour mettre en scène au jour le jour chaque plan et laisser les comédiens s'emparer de la séquence..

Le film réunit Robert De Niro et Joe Pesci, qui ont partagé l'affiche de Raging Bull, Les Affranchis et Casino, trois des plus grands Scorsese. Anna Paquin, Ray Romano (qui était dans la série Vinyl, produite par le réalisateur) et Harvey Keitel (au générique de Mean Streets et Taxi Driver) sont aussi du casting. Mais le bonus c'est Al Pacino dans le rôle de Jimmy Hoffa (déjà incarné par Jack Nicholson dans Hoffa en 1992). Pour lui, c'est une première avec Scorsese. Il a déjà été face à De Niro dans Heat de Michael Mann, un événement à l'époque tant les deux acteurs représentaient la nouvelle génération du cinéma américain des années 1970. Pacino sera aussi à l'affiche de Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino, promis pour la compétition cannoise.

L'histoire est celle du maffieux Frank "L'irlandais" Sheeran, soupçonné d'avoir assassiné le chef de la mafia Jimmy Hoffa.

Netflix a prévu de diffuser The Irishman au second semestre 2019 en vue de concourir pour les Oscars, si les règles de l'Académie ne changent pas sous la pression du lobbying de Steven Spielberg.

Dernière fugue pour Manuel Pradal (1964-2017)

Posté par redaction, le 13 mai 2017

Le cinéaste français Manuel Pradal est mort samedi 13 mai à Paris, à l’âge de 53 ans, des suites d’une longue maladie a-t-on appris par l'AFP.

Né le 22 mars 1964 à Aubenas, Manuel Pradal, admirateur de Pier Paolo Pasolini et diplômé de la première promotion de la Femis, "était un cinéaste exigeant, sensible, poète", a déclaré sa soeur Laure Pradal à l'agence de presse.

Il avait écrit et réalisé Canti, son premier film, avec Agnès Jaoui (1991), Marie, baie des Anges, qui révéla Vahina Giocante, le polar US Ginostra avec Harvey Keitel et Andie MacDowell, La Blonde aux seins nus, avec Giocante et Nicolas Duvauchelle, Tom le Cancre, diffusé essentiellement dans des lieux alternatifs, et dernièrement l'adaptation de Benoît Brisefer: les taxis rouges (un flop financier magistral) et La Petite Inconnue (2016).

On lui doit aussi le film franco-américain présenté à Deauville, Un crime, polar coécrit avec Tonino Benacquista où Emmanuelle Béart croisait Harvey Keitel. Il passait ainsi du film pour enfants à des drames sombres, de productions avec des bénévoles à des castings de stars, militant délibérément pour "un cinéma buissonnier".

Manuel Pradal voulait "montrer que le cinéma amateur peut redonner du jus, de l’espace à un septième art de plus en plus étouffé par son hypermarchandisation". Même si, lucide il confiait à L'humanité il y a deux ans: "Entre deux films où l’on gagne sa vie, je ne renonce pas à faire des films où '?la vie vous gagne'".

Wes Anderson revient à l’animation avec une histoire de chiens

Posté par vincy, le 22 décembre 2016

Il y a un mois on le voyait s'amuser avec Adrien Brody pour faire la pub d'une grande enseigne de fringues. Wes Anderson a annoncé lundi, pour Noël, comme un cadeau à ses fans, son prochain film: Isle of Dogs. Il a utilisé son canal télé sur Vimeo pour préciser quelques détails.

Il s'agit d'un film d'animation, son deuxième après l'excellent Fantastic Mr Fox il y a sept ans. Il utilisera d'ailleurs la même technique du stop-motion.

Et une fois de plus, il s'offre un casting royal, entre habitués et invités surprises: Scarlett Johansson, Bill Murray, Edward Norton, Bob Balaban, Tilda Swinton, Frances McDormand, Bryan Cranston, Jeff Goldblum, F. Murray Abraham, Harvey Keitel, Akira Ito, Akira Takayama, Koyu Rankin, Courtney B. Vance, Liev Schreiber et même Yoko Ono!

Ce sera le premier film du cinéaste depuis The Grand Budapest Hotel (2014).

On ne sait rien du script. Selon Edward Norton, qui tiendra le rôle principal en prêtant sa voix au chien Rex, le scénario est "terrible". Le studio Fox Searchlight a confirmé ce jeudi 22 décembre qu'il avait acquis les droits mondiaux du film pour une sortie prévue en 2018.

Locarno 2016: Harvey Keitel recevra un Prix pour l’ensemble de sa carrière

Posté par vincy, le 1 août 2016

Le 69e Festival de Locarno décernera un Prix pour l'ensemble de sa carrière à l'acteur américain Harvey Keitel. Le prix lui sera remis le 6 août avant la projection de Smoke, de Wayne Wang sur la Piazza Grande, film qui avait reçu le Prix du Public UBS à Locarno en 1995.

On ne présente plus Keitel. Il a été des premiers Scorsese (Who's that knocking at my door ?, Mean Streets, Alice doesn't live here anymore, Taxi Driver), a été un flic inoubliable dans Thelma & Louise dont on célèbre les 25 ans cette année, un second-rôle délicieux dans Sister Act, son film le plus populaire. On l'a d'ailleurs vu "exploser" au début des années 1990 avec Reservoir Dogs, deux Palme d'or (La leçon de Piano, Pulp Fiction), puis a enchaîné des films aussi variés que Bad Lieutenant et Get Shorty, Cop Land et U-571, Benjamin Gates et The Grand Budapest Hotel. L'an dernier, il était à l'affiche de Youth face à Michael Caine, film désenchanté de Paolo Sorrentino.

L'an prochain, il fêtera ses 50 ans de carrière. A l'âge de 77 ans, Keitel est un dinosaure qui aura tourné pour Altman, De Palma, Rodriguez, Auster, Mangold, Weith ou encore Spike Lee mais aussi les italiens Scola, Faenza, Comencini, Wertmüller, Soldati et Argento. Il est également producteur et coprésident de l’Actors Studio.

"Je suis très heureux d’accueillir à Locarno et de récompenser l’un des acteurs qui a le mieux incarné les différentes âmes de ce cinéma indépendant qui nous est si cher. Au cœur d’un New York qui bat pour une humanité multiethnique, Harvey Keitel a raconté une Amérique qui oscille entre violence et fragilité, entre autodérision et engagement. Parmi ses très nombreuses collaborations, je me dois de citer celles avec Scorsese et Tarantino, comme dans un passage de relais entre deux façons de penser le cinéma" s'est félicité Carlo Chatrian, Directeur artistique du Festival.

Dimanche 7 août, le public du Festival pourra participer à une conversation avec l’acteur au Spazio Cinema.

Amanda Sthers tourne « Madame » avec un casting international

Posté par vincy, le 20 juillet 2016

LGM et StudioCanal annoncent ce matin le début du tournage, pour six semaines, du nouveau film d'Amanda Sthers. Il s'agit de son premier film en langue anglaise, scénarisé par elle-même. Au générique, on retrouve Rossy de Palma (à l'affiche de Julieta), Harvey Keitel (Youth), Toni Collette (Little Miss Sunshine) et Stanislas Merhar (L'ombre des femmes).

Anne (Toni Colette) et Bob (Harvey Keitel), un couple d’américains fortunés récemment installé à Paris, s’apprêtent à donner un grand dîner, et convient douze invités triés sur le volet, réunissant la haute société anglaise, française et américaine. Mais lorsque Anne réalise qu’un treizième couvert est posé pour Steven, le fils du premier mariage de Bob, elle panique : pour cet événement mondain, hors de question de provoquer le mauvais sort!

Elle demande donc à Maria (Rossy de Palma), sa domestique, d’enfiler une robe et de se faire passer pour une riche amie espagnole. Maria se retrouve assise à côté de David, un expert en art issu de la noblesse britannique. Aussi quand, sous le charme de Maria, il la recontacte le lendemain, révéler sa véritable identité est impossible. Une romance commence, qui va faire trembler les valeurs élitistes et le mariage d’Anne.

A moins que cette dernière n’arrive à l’étouffer…

Le casting comprend aussi Michael Smiley ("Luther"), Tom Hughes (Il était temps), Sonia Rolland (ex Miss France), Joséphine de la Baume (Quai d'Orsay) et l'humoriste belge Alex Vizorek.

Amanda Sthers a écrit plusieurs romans, livres jeunesse et pièces de théâtre, notamment les récents Dans mes yeux, biographie sur et avec Johnny Hallyday, le roman Les Promesses et la pièce Conseil de Famille. Elle s'était faite remarquée, en dehors de la presse people, avec Le Vieux Juif blonde, pièce de théâtre : monologue créé pour Mélanie Thierry et mis en scène par Jacques Weber en 2006. Coscénariste de Un vrai bonheur le film, elle est passée derrière la caméra en 2009 avec Je vais te manquer, qui rassemblait Carole Bouquet, Pierre Arditi, Patrick Mille, Anne Marivin, Michael Lonsdale et Monique Chaumette. Le film n'avait attiré que 160 000 spectateurs.

Un casting très classe pour le prochain Paolo Sorrentino

Posté par vincy, le 11 mai 2014

rachel weisz harvey keitel paul dano michael caine

A peine empoché son Oscar du meilleur film en langue étrangère pour La Grande Bellezza, Paolo Sorrentino avait révélé qu'il enchaînerait avec un film en anglais, In the Future, avec Michael Caine dans le rôle principal (lire notre actualité du 6 mars).

A quelques jours de l'ouverture du Marché international du film de Cannes, Sorrentino a annoncé que Rachel Weisz, Harvey Keitel et Paul Dano seraient de l'aventure. Le film est également rebaptisé La giovinezza (La jeunesse en français, Youth en anglais).

Indigo Films et Pathé produiront ce drame autour de deux vieux amis qui passent leurs vacances dans les Alpes. Fred, un chef d'orchestre à la retraite, et Mick, un réalisateur toujours en activité, tout juste octogénaires, se prélassent dans un élégant hôtel de montagne. Sentant que leur temps est compté, ils décident de faire face à l'avenir ensemble, tout en observant les vies confuses de leurs enfants, l'enthousiasme des jeunes auteurs de Mick et la vie des autres vacanciers. Mick se bat pour faire son dernier grand film tandis que Fred est sollicité pour conduire un orchestre, une dernière fois.

Le tournage va commencer dans les prochaines semaines. Le film devrait sortir en 2015. Un prétendant pour le 68e Festival de Cannes?

Quentin Tarantino, Prix Lumière 2013 : « le Cinéma est ma religion, la France mon Vatican! »

Posté par Morgane, le 19 octobre 2013
Quentin Tarantino entouré de Tavernier, Keitel, Thurman et Laurent

Quentin Tarantino entouré de Tavernier, Keitel, Thurman et Laurent

Festival Lumière, 18 octobre, 19h30, la salle de l'Amphithéâtre du Centre des Congrès de Lyon est comble. Les nombreuses personnalités du 7e Art arrivent peu à peu, de Jerry Schatzberg à Fatih Akin en passant par Michael Cimino, Alain Cavalier, Elia Suleiman, Françoise Fabian, Claude Brasseur, Tahar Rahim, Emmanuelle Devos, Clovis Cornillac et bien d'autres encore. Sont aussi présents dans la salle Gérard Collomb (maire de Lyon), Jean-Jack Queyranne (président du Grand Lyon) et Aurélie Filippetti (ministre de la Culture). Juste après la cérémonie, le réalisateur sera fait commandeur des Arts et Lettres par la ministre.

Les lumières s'éteignent et l'on revient en images sur l'édition 2013, qui n'est pourtant pas encore finie… L'hommage à Quentin Tarantino peut désormais commencer et c'est à Tim Roth que revient le privilège de prendre la parole en premier. Il commence par un "Fucking Lyon!" qui vient du coeur. "Si je devais partager ma vie en deux parties, il y aurait une partie anglaise imprégnée par Alan Clarke et une partie américaine imprégnée par Quentin. Quand je suis allé en Amérique, je voulais trouver du boulot et j'ai eu un appart avec une table, une chaise, une télé et très peu de scripts. Parmi ceux-ci il y avait celui de Reservoir Dogs. Je l'ai lu et j'ai dit, je dois faire ce film!" Tim Roth et Quentin Tarantino se sont donc rencontrés, ont bu ensemble, ont parlé du film et voilà comment la grande aventure à commencer, comment il a rencontré sa femme et comment il a décidé de rester en Amérique. "Quentin, I love you".

C'est ensuite au tour de Mélanie Laurent, sa résistante française d'Inglorious Basterds, de venir saluer Tarantino dans cette capitale historique de la Résistance qu'est Lyon. À la place d'un discours elle a choisi la musique. Elle chante, accompagnée d'une guitare et d'un piano, le fameux Bang, Bang de Kill Bill sur un tempo lent et langoureux.

Lawrence Bender et Harvey Weinstein, producteurs légendaires de "QT", entrent en scène. Lawrence Bender déclare : "Comme pour Tim (Roth), Quentin Tarantino a changé ma vie! Sans lui je n'aurais jamais eu cette aventure dans le cinéma." Avec d'autres mots, Harvey Weinstein affirme que "travailler avec Quentin Tarantino, c'est partir à l'aventure, pour un long voyage. (…) Et ce qu'il y a de formidable dans le cinéma de Tarantino c'est qu'on a le sentiment que le meilleur est toujours à venir."

Avant qu'Harvey Keitel prenne le micro, est projeté un petit film We love movies d'un poème écrit et lu par Michael Madsen. Puis Mr. White monte sur scène et entame, les larmes aux yeux, par : "Deux personnes sont chères à mon coeur, Bertrand Tavernier et bien sûr Quentin Tarantino… J'étais allé voir L'horloger de Saint Paul et j'ai dit que c'était exactement le genre de réalisateur (en l'occurrence Bertrand Tavernier) avec qui j'avais envie de travailler. Puis un jour, je lis une interview de Bertrand Tavernier dans laquelle il disait qu'il voulait travailler avec un acteur américain, comme Harvey Keitel par exemple. Et du coup on a fait La mort en direct avec la transcendante Romy Schneider." Concours de larmes, Bertrand Tavernier, président de l'Institut Lumière au passage, s'y met aussi… Celui qui dit qu'une remise de prix telle que celle-ci ne peut être émouvante se trompe fortement. Harvey Keitel revient ensuite sur sa rencontre avec Quentin Tarantino, la lecture du script de Reservoir Dogs qui l'a complètement bouleversé. "Quand on lit un scénario de Quentin c'est comme lire un grand roman, regarder un tableau extraordinaire, c'est quelque chose qui nous change, nous transforme de l'intérieur. And I love you Quentin."

Avant d'appeler Uma Thurman à son tour, chaque spectateur reçoit un bout d'une pellicule du film Jackie Brown en hommage à l'amour que porte Tarantino au 35mm. Puis la muse de Tarantino descend et entame en français par un "Bonsoir mesdames et messieurs." Émue d'être là, elle remercie tout d'abord ses amis qui ont rendu les superbes hommages précédents et continue : "En arrivant ici j'ai parlé avec Thierry Frémaux. Je voulais savoir ce que représentait exactement le Prix Lumière. Il m'a dit que c'était le Prix Nobel du cinéma (sic). Tout d'un coup j'ai alors compris pourquoi j'avais fait 10 000 km pour rendre hommage à Quentin Tarantino qui est un ami très cher. Ton cinéma est une explosion, ton travail de la dynamite. J'aime l'extravagance de ton expression, de tes rêves, des tes cauchemars et nous avons les mêmes aspirations pour la liberté, pour le courage, contre l'oppression et plus encore pour l'amour et la passion. I love you."

Enfin Bertrand Tavernier est là, fidèle au poste pour l'éloge final d'un cinéaste cinéphile à un autre cinéaste cinéphile. Il parle de l'amour amoureux du cinéma qu'a Tarantino et le remercie d'avoir électrisé cette semaine festivalière (Tarantino était en effet présent à de nombreuses séances, dialoguant avec le public, toujours heureux de partager, d'échanger). Un grand merci à ce "cinéphile qui fait exploser les clans et les chapelles." Il le remercie également pour l'amour du cinéma qu'il retrouve dans ses films et s'attarde tout particulièrement sur Django Unchained, ce film "incroyablement courageux dans un pays où l'esclavage reste le péché mortel de l'Amérique." Petit retour sur la scène du Ku Klux Klan. Il y a eu de nombreux films dans lequel le KKK apparaît mais il aura fallu attendre Quentin Tarantino pour avoir "cette scène aussi jubilatoire et métaphorique où ces types à capuche ne voient plus rien!". "Pour tout cela, je voulais te dire merci Quentin" conclut-il.

Prix Lumière pour Quentin TarantinoLes lumières s'éteignent à nouveau pour un retour en images sur l'oeuvre de Quentin Tarantino, de Reservoir Dogs à Django en passant par Pulp Fiction, Jackie Brown, Kill Bill, Boulevard de la mort et Inglorious Basterds.

Une veritable standing ovation s'en suit. Quentin Tarantino, presque sans voix : "Je n'ai pas beaucoup de mots pour dire ce que je ressens et c'est sans doute la première fois que ça m'arrive." Voir le grand Tarantino pleurer cela produit son petit effet… Il remercie ceux qui sont sur scène qu'il considère comme sa propre famille. Remercie également la salle, Lyon, la France puis lance "le Cinéma est ma religion, la France mon Vatican" avant d'ajouter en riant que ça peut être pris comme une insulte mais que c'est le premier exemple qui lui est venu à l'esprit! Remercie le Festival Lumière, Bertrand Tavernier, "son frère d'une autre mère", la ville où le cinéma a été inventé. "Je ne sais pas ce que serait ma vie si le père et la mère des frères Lumière ne s'étaient pas rencontrés. Heureusement, ils se sont rencontrés, le cinéma a été inventé et ils m'ont donné quelque chose à faire!" Il accepte ce prix pour tous les cinéphiles pour qui le cinéma représente plus qu'eux-mêmes et le prend comme un encouragement à faire encore mieux… Puis l'ancien Président du jury du Festival de Cannes revient, "j'ai oublié un truc, VIVE LE CINÉMA !!!!" (en français dans te texte, ndla). Son cri de guerre désormais légendaire.

Ce fut donc une très belle soirée pour ce cinquième prix Lumière. Le festival continue encore ce week-end pour se finir en beauté à la Halle Tony Garnier avec la projection du cultisssime Pulp Fiction. Et ensuite? on n'aura plus qu'à attendre avec impatience la 6e édition et l'annonce de son nouveau Prix Lumière tout en découvrant et redécouvrant tout l'art du Cinéma... Le pari de Thierry Frémaux est réussi : Hollywood s'intéresse désormais à cette manifestation si particulière et Lyon s'est inscrit dans le calendrier des événements où il faut être.

Cannes 2013 : un Carrosse d’or 2013 pour Jane Campion

Posté par kristofy, le 17 mai 2013

jane campionLa réalisatrice doublement palmée d’or (en 1982 pour son court Peel et en 1993 pour La leçon de piano) et récemment en compétition pour Bright star, Jane Campion, est cette année la présidente du jury des courts-métrages et de la Cinéfondation au Festival de Cannes. La Quinzaine des Réalisateurs lui a également remis le prix du Carrosse d’or, qu'elle a dédié au producteur Pierre Rissient (le premier à avoir montré ses courts métrages à Cannes). Elle a par ailleurs remercié son "cher ami" Gilles Jacob.

Pour l’occasion, elle a présenté sur grand écran deux épisodes de la série Top of the lake, co-réalisée avec Garth Davis et co-écrite avec Gérard Lee. Une "conversation avec Jane Campion" était organisée, durant laquelle elle a évoquée tout autant son travail le plus récent que ses toutes premières réalisations, ou sa jeunesse en Nouvelle Zélande avant de voyager en Europe, et bien entendu diverses considérations sur le cinéma agrémentées de petites pointes d’humour.

La série Top of the lake

La distinction entre cinéma et télévision est peut-être de plus en plus artificielle. Après Bright star j’ai commencé à développer une histoire qui était de l’ordre du roman avec plusieurs chapitres. En Angleterre j’ai rencontré des gens de la BBC pour parler de ce sujet et en le racontant j’ai été encouragée à l’écrire spécifiquement pour la télévision. Aujourd’hui on peut y trouver de plus en plus de fraîcheur et d’audace. On a écrit Top of the lake à deux avec mon Gerard Lee qui est quelqu’un avec qui j’ai une grande connivence. C'est le scénariste de mon premier film Sweetie, et la réalisation a été partagée entre moi et Garth Davis. Je suis ravie de cette expérience un peu différente d’un tournage cinéma.

Une formation artistique avant de faire du cinéma

J’ai suivi un cursus de peinture, peut-être pour me démarquer de mes parents qui eux étaient dans l’univers du théâtre. Je ne savais pas vraiment quoi créer, avec la peinture j’ai appris à me remettre en question et à prendre des risques, à me mettre en péril. Cela m’a conduit à réaliser ensuite des courts-métrages. J’allais beaucoup au cinéma et mon ambition suprême était de faire un court qui soit montré en salle avant un long, ou un court qui aille dans des festivals. Mon tout premier court découlait de la peinture, c’était de l’animation image par image, il est perdu maintenant. Puis j’ai fait un autre court-métrage qui ensuite m’a ouvert les portes d’une école de cinéma. C’était une école un peu conservatrice qui n’aimait pas ce que je faisais, je n’ai pas été encouragée, mais j’ai persévéré à faire des films.

Harvey Keitel et la leçon de Piano

J’étais un peu terrorisée par le travail des acteurs, ma mère était une actrice terrifiante. Pour mes films je me tournais vers des amis que je pouvais diriger et même tyranniser. Puis j’ai travaillé bien évidement avec des acteurs professionnels très différents. Pour La leçon de piano j’ai eu de la chance d’avoir Holly Hunter et Harvey Keitel. Pour lui il y avait des rumeurs comme quoi il pouvait être agressif parfois. Je me suis ouvert à lui, "comment je peux vous diriger, vous avez plus d’expérience ?", ça a été une délicieuse conversation. J’ai appris avec Harvey Keitel comment utiliser au mieux les répétitions avant le tournage, c’était une merveilleuse expérience.

Pas assez de femmes réalisatrice de film ?

Je suis moi-même ennuyée par ce débat, peut-être il faudrait des quotas pour que la moitié des films de l’humanité soient réalisés par des femmes ? Je n’y crois pas, c’est avant tout une question de sensibilités. Kathryn Bigelow par exemple a montré qu’une femme peut très bien faire des films avec des sujets à priori d’hommes. En matière artistique il ne devrait pas être question de genre ou de sexe. Il faudrait qu’on arrête d’aborder cette question-là uniquement avec des femmes. J’ai déjà entendu "qu’est ce que ça vous fait de présenter un film à Cannes en tant que réalisatrice ?", c’est stupide, c’est pareil que pour un homme. Je ne veux pas faire de manifeste féministe. Il faut s’emparer d’un beau sujet et faire du beau travail, c’est l’essentiel.

Catherine Deneuve et Harvey Keitel tombent amoureux

Posté par vincy, le 7 novembre 2012

Variety a annoncé un casting original pour un premier film. Après Jack Lemmon, Robert De Niro et John Malkovitch, Catherine Deneuve donnera la réplique à un autre acteur culte américain, Harvey Keitel.

C'est Robert Cantarella, créateur du Théâtre du Quai de la Gare, ancien directeur du Cent Quatre, metteur en scène de théâtre réputé (de Brecht à Jarry, de Christophe Honoré à Strindberg), qui les réunira pour son premier long métrage.

Co-produit par Les films d'Ici et Cine Plus, ce film sans titre, qui sera distribué par Haut et Court, s'annonce, selon la productrice Charlotte Uzu "rock n' roll". Le tournage débutera l'an prochain entre Bruxelles et Los Angeles.

Dans cette comédie romantique "euphorisante", Deneuve  incarnera une retraitée, divorcée. Elle reprend sa vie en main en s'exilant avec son nouveau compagnon - bien plus jeune - à Los Angeles. Mais avant leur départ, celui-ci décède. Elle quitte malgré tout l'Europe pour la Californie où elle croisera le personnage d'Harvey Keitel.

Deneuve, actuellement à l'affiche d'Astérix et Obélix : au service de sa majesté, qui devrait rapidement devenir l'un des deux plus gros succès de sa longue carrière, sera à l'affiche prochainement des Lignes de Wellington, avant d'envahir les écrans en 2013 avec Dieu aime le caviar, Elle s'en va et Dans la cour.

Nouvelle édition DVD pour Mean Streets chez Carlotta

Posté par Benjamin, le 15 avril 2011

Mean Streets, l’un des premiers films de Martin Scorsese, fait peau neuve grâce au DVD édité par Carlotta. L’occasion de revoir cette œuvre singulière du Scorsese de ses débuts, avec toute une pléiade de riches bonus pour comprendre le contexte du film, ce qu’il représente dans la filmographie de Scorsese et dans le cinéma des années 70, en pleine révolution Nouvel Hollywood. Le réalisateur prend la parole, mais aussi un critique de cinéma ou encore le chef op’ du film Kent Wakeford.

L’édition du DVD propose en tout pas moins de six documentaires et entretiens qui permettent de retracer l’histoire du film et son impact sur le cinéma américain. Pour ce qui est du film à proprement parlé, on pourrait se référer à la critique de Pauline Kael qui le considère alors comme le meilleur film de l’année 1973, une œuvre unique dont la sortie fut pourtant très discrète : le film ne trouva pas son public.

Mean Streets est aussi la première rencontre de Scorsese avec le festival de Cannes (focus sur l'année 73) où il fut présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 1974 (voir l'interview de Pierre-Henri Deleau sur sa sélection de l'époque). Là aussi, le film ne fit pas sensation, mais un certain Michel Ciment demanda à rencontrer ce jeune talent qui l’impressionna fortement.

Dans ce film, Martin Scorsese pose les bases de son cinéma en même temps qu’il se détache de ses racines. Avec Mean Streets, il prend son envol et se défait de ses démons intérieurs. Le personnage de Charlie incarné par Harvey Keitel est son double à l’écran. Il est enfermé dans son quotidien d’italo-américain, au coeur d'une société où le crime organisé règne en maître. Charlie dépend de son oncle, mafieux, qui veut le placer à la tête d’un restaurant. Mais il doit aussi rendre des comptes à ses proches, tout en protégeant son meilleur ami, Johnny Boy (Robert De Niro), qui doit d’importantes dettes. Enfin, il cache sa relation avec Teresa, cousine de Johnny Boy et épileptique et que tout le monde dit « malade de la tête ».

Scorsese filme son quartier natal et les héros de son long métrage à la façon d’un documentaire, tout comme il l’avait auparavant fait avec Who’s that girl knocking at my door. La même musique rock rythme les deux films, mais avec Mean Streets, les choses ont plus d’ampleur, les personnages ont plus de consistance. Cet aspect "brut" et réaliste vient alors se heurter à la valse psychologique des personnages. Ainsi, à vouloir satisfaire tout le monde, Charlie se perd et court à sa propre perte. Englué dans un territoire dont il ne veut plus, il cherche désespérément de l’aide auprès de Dieu. Il n’y a que Johnny qui soit véritablement libre. Jeune chien fou, il fait, dit et crie ce qui lui chante. Il joue à l’idiot, fait la tête brûlée pour ne rien regretter. Peu lui importe la réputation, les remarques et les menaces de chacun. Il vit comme si demain n’existait pas.

Pas d’histoire dans Mean Streets mais un portrait à la fois vrai et psychédélique. La présence de la rue, palpable, sensorielle mais aussi, de façon, invisible, la puissance de la psyché. Charlie doute, et toutes ses craintes apparaissent à vif dans le film. Il s’engouffre de plus en plus et s’approche dangereusement du point de non-retour.

Tous les grands thèmes scorsesiens sont posés dans ce film. Les Rolling Stones sont déjà là et on sent pointer dans certaines scènes Les affranchis. Scorsese entre son passé et son avenir de grand cinéaste. Mean Streets est son premier pas dans la cour des grands.