Posté par Sabrina, le 18 mai 2010
Dès mercredi 12 mai 2010, lors de la cérémonie d'ouverture de ce 63e Festival de Cannes, Tim Burton rendait hommage à Jafar Panahi, lui consacrant un fauteuil vide parmi ceux des membre du Jury.
Emprisonné dans son pays à la prison d'Evin (Téhéran) pour avoir préparé un film sur la réélection contestée du Président Mahmoud Ahmadinejad, le cinéaste iranien Jafar Panahi a réussi à faire parvenir un message à l'attention, notamment, du Festival de Cannes, de Gilles Jacob, de Bernard Kouchner ainsi que de notre ministère de la Culture et de la Communication. Message que l'on pouvait entendre du haut des marches, dès le samedi 15 mai, minutieusement lu par Frédéric Mittérand entouré, entre autres, d'Armin Arefi, journaliste et auteur franco-iranien ainsi que d'Abbas Bakhtiari, directeur du centre culturel Pouya, à Paris.
L'idée même de cette missive a été instiguée par Agnès Varda et Bertrand Tavernier. Bernard Henry-Levy, appuyé par toute la famille Panahi a, quant à lui, aidé à faire sortir le message du réalisateur de la prison d'Evin.
Rappelons que Jafar Panahi est l'un des cinéaste iraniens les plus éminents et connus à l'étranger. Il appartient à ce qu'on appelle désormais la "nouvelle vague iranienne". Ancien assistant d'Abbas Kiarostami (lequel montera bientôt les marches avec Copie conforme, en lice pour cette Palme d'Or 2010, ndlr), on lui doit, entre autres, Le ballon blanc(Caméra d'Or, Cannes 1995), Le Cercle (Lion d'Or, Mostra de Venise 2000), L'or pourpre (Prix du Jury - Sélection Un certain Regard, Cannes 2003) ou encore, plus récemment, Hors-jeu (Ours d'argent, Berlin 2006).
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Lettre du cinéaste iranien
" Mes chers amis, veuillez accepter mes chaleureuses salutations depuis la cellule étroite et sombre de la prison d’Evin. C’est à l’occasion de la visite des membres de ma famille, que j’ai été informé de vos précieux efforts lors de la première journée d’inauguration du 63ème festival mondial de Cannes. C’est depuis cette prison, que je salue votre honneur et votre humanité. Je remercie tout particulièrement M. Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture, M. Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères et M. Gilles Jacob pour tous les efforts qu’ils fournissent en vue de ma libération.
Votre voix est à l’unisson avec celles de ma femme, de mes enfants et de tous mes compatriotes qui me parviennent de l’extérieur des murs de la prison et qui œuvrent pour ma liberté. Mais n’oublions pas qu’ici des milliers de prisonniers sans défense n’ont pas même une seule personne pour relayer leur détresse. Ils n’ont, tout comme moi, commis le moindre crime. Et mon sang n’est pas plus important que le leur. Je peux vous assurer que je ne signerai aucune confession forcée malgré les menaces. Je suis innocent. Je n’ai réalisé aucun film contre le Régime iranien.
C’est avec amour que je vis ces instants, en pensant à tous mes amis membres du Jury, les réalisateurs et tous les participants au festival de Cannes qui aperçoivent mon nom sur un siège vide. Avec l’espoir d’un meilleur lendemain,"
Jafar Panahi
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Posté par vincy, le 26 janvier 2010
Le Festival de Cannes a dévoilé le nom de son prochain président du jury. Tim Burton succède ainsi à Isabelle Huppert (2009) et Sean Penn (2008). Burton a déjà été membre du jury en 1997 (notre premier festival de Cannes pour Ecran Noir) et il était revenu traîné sa silhouette sur la Croisette en 2006 lorsque sa compagne Helena Bonham-Carter avait eu cet honneur. Il n'a été sélectionné qu'une seule fois, avec Ed Wood en 1994.
Le cinéaste a déclaré : "Après avoir passé mes jeunes années à voir des triples programmes et à faire des marathons de 48h de films d’horreur, je me sens prêt pour Cannes. C’est un grand honneur et je suis très impatient de me retrouver avec mes camarades jurés pour voir de beaux films venus du monde entier. Quand on pense à Cannes, on pense cinéma du monde. Et puisque j’ai toujours vécu les films comme des rêves, je vais vivre un rêve devenu réalité."
Pour Cannes, il s'agit aussi de confirmer un peu plus chaque année l'importance des films de genre. Burton est en effet née dans l'animation au début des années 80. De Beetlejuice à L'étrange Noël de M. Jack, de Batman à Edward aux mains d'argent, de Mars attacks! à Sleepy Hollow, de Charlie et la Chocolaterie à Ed Wood, il a a imposé un style, une vision qui en ont fait un cinéaste fétiche, aux oeuvres toujours très attendues. Un réalisateur-star dont le nom sonne comme une marque de fabrique que des milliers de fans entretiennent. Auteur de poèmes, illustrateur, peintre, photographe, il s'attaque au 3D avec l'adaptation d'Alice au pays des merveilles (en salles 7 avril en France) tandis que le Museum of Modern Art de New York lui consacre actuellement un exposition.
Gilles Jacob déclare dans le communiqué : "Cinéaste au cœur d’or et aux mains d’argent, Tim Burton est avant tout un poète. Un prestidigitateur au délire visuel dont l’écran devient féérie. Que sa douce folie et son humour gothique envahissent la Croisette et ce
sera Noël pour tout le monde. Noël et Halloween…"
Le 63e Festival de Cannes se déroulera du 12 au 23 mai 2010.
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Posté par vincy, le 11 décembre 2009
Sans surprise ou presque. Jacques Audiard ne semblait pas étonné au premier étage du Fouquet's quand il a reçu son Prix Louis-Delluc du meilleur film français pour Un prophète. Gilles Jacob lui a remis son grand papier, quelques mois après le rouleau du festival de Cannes (Grand prix du jury). Le 67e prix de cette liste prestigieuse. En fait, la surprise provenait du fait qu'Audiard ne l'avait jamais reçu. En 2001, les jurés ont préféré Intimité (Chéreau) à Sur mes lèvres et en 2005, Les amants réguliers (Garrel) à De battre mon coeur s'est arrêté.
Audiard a donc rendu hommage à la critique. "Je suis très touché de recevoir le Delluc, c'est un beau prix, un prix de la critique. Comme produit d'une réflexion, la critique est indispensable au cinéma. Le cinéma est devenu adulte par elle. Aujourd'hui, la critique manque d'espace, elle est remplacée par la communication sur des produits... ça fout les jetons."
"J'ai voyagé avec mes films. Et il y a des endroits au monde où il n'y a pas de critiques ; il n'y a pas de cinéma aussi."
Audiard avait face à lui les films de Xavier Giannoli, Bruno Dimont, Alain Resnais, Alain Cavalier, Claude et Nathan Miller, Christophe Honoré et Philippe Lioret.
Autant dire qu'il y aura peu de suspens cette année aux César.
En revanche, les jurés ont étonné tout le monde avec le prix Louis-Delluc du premier film. En effet, l'heureuse élue, Léa Fehner, n'était pas dans la liste des quatre finalistes (Adieu Gary, Les beaux gosses, Espion(s), Rien de personnel). Avec Qu'un seul tienne et les autres suivront, qui vient de sortir en salles, le jury espère sans doute réitérer le coup de pouce donné l'an dernier à L'Apprenti, surgit de nulle part et à peine diffusé dans les cinémas français.
Il le faudra. Car si Un prophète a déjà rassemblé 1 220 000 spectateurs, Qu'un seul tienne n'a séduit que 640 parisiens mercredi dernier.
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Posté par vincy, le 13 mai 2009
"L'ouverture d'esprit, la curiosité, l'amour du cinéma, l'esprit d'analyse, la connaissance de l'histoire du cinéma et du travail des grands aînés, et puisque nous parlons de travail, il est prudent d'avoir un emploi complémentaire."
- Lors d'un Chat sur Télérama.fr, Gilles Jacob, Président du festival de Cannes, devait définir les qualités pour faire un bon critique de film.
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Posté par vincy, le 9 mai 2009
Gilles Jacob le disait lors de la conférence de presse du 23 avril : "Nous avons constaté une légère érosion du côté des professionnels du monde entier qui viendraient un peu moins nombreux et un peu moins longtemps". Les studios Américains seront donc là. Les équipes seront moins pléthoriques, mais, malgré la crise économique et les restrictions de budgets, ils viendront sur la Croisette. "Les projections sont pleines, les stands sont pleins", a assuré le Président du Festival.
De Pixar à Tarantino, de Woodstock au casting du Gilliam, de Coppola à la Quinzaine à Raimi en séances spéciales, Cannes n'a quand même pas oublié l'ami américain, même si, cette année, cela manque d'un blockbuster décervelé. Jérôme Paillard, le "boss" du Marché du film, a ainsi déclaré il y a quelques temps à l'AFP : "beaucoup d'acheteurs viennent, les gens seront au rendez-vous, mais pas forcément avec des moyens financiers très importants".
La crise financière impacte sur les trésoreries des producteurs, mais surtout le cinéma voit ses recettes globales diminuer avec un marché vidéo en berne, des chaînes de télévision préférant les séries au cinéma, un public sollicité par d'autres loisirs. Le marché proposera cette année 3 200 films venus de 97 pays.Mais aux Etats-Unis, la question se pose sur les films art et essai. De tous les films acquis l'an dernier sur la Croisette, seulement deux ont dépassé les 3 millions de $ aux Box office : Entre les murs (qui devrait finir autour de 4 millions de $) et Synecdoche, New York. Même Two Lovers, malgré ses stars et son cinéaste américain, n'est pas parvenu à franchir cette barre désormais symbolique pour les films à petits budgets ou étrangers, alors que le précédent film de James Gray, La nuit nous appartient, avait assuré 28 millions de $ au box office.
Malgré leur beau palmarès, Valse avec Bashir (2,3 millions de $) et Gomorra (1,5 millions de $) ont à peine remboursé leurs droits de distribution.
C'est donc toute la stratégie de diffusion qui est à revoir ppur ce type de films. La Video-On-Demand semble une piste à privilégier pour des oeuvres pointues. De nombreux acheteurs ne savent en effet pas "vendre" au public américain des fictions aussi exigeantes. L'an dernier, quelques filiales spécialisées dans les films art et essai étaient reparties sans rien avoir acquis.
Pourtant, c'est aussi à Cannes que des hits récents comme Tigre et Dragon, La vie est belle, Le labyrinthe de Pan, Volver ou Carnets de voyages furent découverts et achetés. Tous ont dépassé les 10 millions de $ au B.O nord-américain.
Mais cette année, avec une Compétition très "arty", comme ils disent, les négociations seront serrées, et seuls les films les plus "grand publics" intéresseront des studios qui pensent moins aux Oscars et plus aux dollars.
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Posté par vincy, le 19 mars 2009
C'est l'année Pixar. Un Oscar, un Lion d'or d'honneur à Venise pour John Lasseter et l'ouverture prestigieuse du Festival de Cannes le 13 mai prochain. Et dommage pour ceux qui ont annoncé Millenium (on dénonce : l'AFP, Courrier international, pas mal de blogs...) à la place.
Ecran Noir est ravi de voir enfin un de ses vieux voeux exaucés. Pixar sur la Croisette. Et pas un teaser. Le nouveau long métrage, Là-haut (Up) sera donc présenté en avant-première mondiale à Cannes. C'est la première fois qu'un film d'animation a le droit à cet honneur. C'est aussi une manière de dérouler le tapis rouge à la technologie 3D Relief.
Depuis quelques années, Cannes sélectionne des films d'animation comme Les triplettes de Belleville, Persépolis ou Valse avec Bashir. Mais surtout, les liens étroits avec DreamWorks avaient facilité les lancements de Shrek, Nos voisins les hommes et l'an dernier, Kung-Fu Panda. Le premier dessin animé sélectionné avait été ... Dumbo en 1947.
Là-haut est une comédie d'aventure, l'histoire d'un vieil homme qui rêve de faire un voyage en ballon en Amérique du Sud. Le jour où débute l'équipée, il découvre un passager encombrant. Il sort aux Etats-Unis le 29 mai et en France le 29 juillet.
Le reste de la sélection sera connu le 23 avril. Gilles Jacob a confirmé hier que Edouard Baer allait reprendre le flambeau pour présenter la cérémonie d'ouverture et celle de clôture.
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Posté par MpM, le 26 février 2009
L’acteur et réalisateur américain Clint Eastwood a reçu hier des mains de Gilles Jacob et Thierry Frémaux la première Palme d’or de sa carrière. Il s’agit d’une récompense honorifique rendant "hommage au talent d'un grand maître au sommet de son art". Il y a quelques années, c’est Ingmar Bergman qui avait eu les honneurs d’un tel témoignage d’admiration.
Clint Eastwood, qui était de passage à Paris pour la sortie de son nouveau film Gran Torino, a souvent gravi les marches du Palais des festivals, notamment pour des films tels que Pale Rider, Bird, Chasseur blanc, cœur noir, Mystic River et L’échange, mais n’avait jamais reçu la plus haute récompense cannoise. Malgré cela, sa réputation n’a fait que grandir dans les milieux cinéphiles français et internationaux. Selon ses admirateurs, Clint Eastwood fait à lui seul "la synthèse du classicisme et de la modernité du cinéma américain". Acteur mythique et réalisateur légendaire, l’ancien inspecteur Harry prouve film après film que malgré les années (bientôt 80), il n’a rien perdu ni de sa vitalité, ni de son élégance. Le seul regret, peut-être : que cette décoration remise en toute intimité, presque en catimini, empêche désormais tout jury cannois de lui décerner le prix suprême en pleine lumière, même pour un film qui le mériterait vraiment.
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