Pourquoi le musée George Lucas sera (finalement) à Los Angeles ?

Posté par vincy, le 12 janvier 2017

Il y a deux ans, le musée de George Lucas devait s'installer à Chicago, pour 700M$. La ville d'Obama, et ville de naissance de son épouse Mellody, l'avait emporté sur San Francisco et Los Angeles. Finalement, après maintes controverses, le créateur de Star Wars a remis son projet en compétition entre sa ville californienne, San Francisco, où est installé sa société, et Los Angeles, capitale du cinéma et des arts (la ville va accueillir plusieurs nouveaux musées dans les prochaines années dont celui des Oscars). Et c'est Los Angeles qui a gagné.

Le Musée de l'art narratif (Museum of Narrative Art) abritera les 10000 pièces de la collection d’art (Degas, Renoir...) et d’objets provenant des tournages des films de George Lucas (dont le masque de Dark Vador). Le milliardaire financera quasiment intégralement le projet, étendu sur trois hectares.

L'Université de l'étudiant George Lucas à deux pas

Le musée de l’Art narratif sera situé dans le Parc des expositions de Los Angeles, à proximité de l'historique stade olympique, le Los Angeles Memorial Coliseum, mais aussi du Musée d'histoire naturelle, du California Science Center et du California African American Museum. Ce quartier universitaire (avec la University of South California, où le cinéaste a fait ses études) est desservi par la ligne Expo du métro de L.A., qui relie le centre-ville à Santa Monica.

La victoire de Los Angeles reste une surprise tant George Lucas (comme Coppola) a toujours été attaché à son indépendance depuis l'installation du Skywalker Ranch et de Lucas Films à San Francisco. "Frisco" proposait le site de Treasure Island, assez isolé en pleine baie. Les aspects pragmatiques ont sans doute contribué au processus de décision : L.A. accueille près de 50 millions de touristes par an quand San Francisco n'en reçoit que moins de 20 millions.

Le musée devait initialement ouvrir en 2018 à Chicago. L'opposition des habitants, tout comme l'opposition de ceux de San Francisco ont aussi contraint les Lucas à revoir leur projet. Finalement, le musée devrait ouvrir en 2020. Le chantier sera amorcé dès cette année aux coins des avenues Vermont et Exposition. A terme, il devrait générer 1000 emplois permanents. Le budget est réévalué à un milliard de dollars.

L'architecture du bâtiment est conçue par le jeune chinois Ma Yansong.

Bilan 2015: un box office nord-américain record qui profitent surtout aux mastodontes

Posté par vincy, le 9 janvier 2016

star wars le réveil de la force épisode 7 han solo harrison ford

Avec 11,13 milliards de $ en 2015 (+7,4% par rapport à 2014), le box office nord-américain a battu un record historique, essentiellement du grâce aux scores faramineux de Star Wars : La force se réveille, sorti deux semaines avant la fin de l'année.

L'ère dominatrice de Lucas et Spielberg

Enfoncés les 10,92 milliards de $ de 2013. Outre Star Wars, l'année a pu aussi compter sur Jurassic World et ses 652M$. Deux films sortis en 2015 se classent donc parmi les 5 plus grosses recettes (hors inflation) du box office nord-américain, aux côtés d'Avatar, Titanic et le premier Avengers. Si on tient compte de l'inflation, 2015 aura placé deux films dans le Top 25 des films les plus vus sur le continent (Star Wars 7 et Jurassic World). Ce n'est jamais arrivé hormis pour les années 1965 (La mélodie du bonheur, Docteur Jivago) et 1973 (L'Arnaque, L'Exorciste). La franchise Star Wars imaginée par George Lucas place ainsi son 5e film dans ce Top 25 et la franchise des films réalisés ou produits par Spielberg fait de même, surclassant ainsi Disney et ses 4 films d'animation.

Des ventes de billets en baisse, compensées par les records des salles Imax

Cependant les dix plus gros succès ont capté 3,6 milliards de dollars. Le marché se concentre sur des mastodontes. D'ailleurs, les recettes sont gonflées par ces mêmes mastodontes qui colonisent les salles IMAX où les billets sont plus chers. Ainsi, le nombre de billets vendus, 1,334 million au total, n'augmente "que" de 5,2%. Il y a eu davantage de spectateurs dans les salles durant les années précédentes, à l'exception de 2011 et 2014. On est très loin du score de l'année 2002 avec 1,576 million de spectateurs.
Enfin, cette hausse des recettes est bien inférieure à celle enregistrées dans des marchés comme la Chine, le Royaume-Uni, ou la Corée du sud.

Car la part de marché des Etats-Unis et du Canada anglophone continue ainsi de se réduire pour Hollywood (désormais moins d'un dollar sur trois provient du plus gros pourvoyeur de spectateurs du monde). On estime à 38 milliards de $ les recettes des films en salles dans le monde (+3,5%), très loin devant les précédents records. La Chine continue sa progression inexorable. Elle représente dorénavant 18% des recettes mondiales, avec une hausse de 50% (!) par rapport à l'année dernière. Il ne sera pas étonnant de voir de plus en plus de films hollywoodiens produits avec des critères moraux et des castings pouvant séduire les Chinois.

La plupart des hits font 70% de leurs recettes à l'étranger

Mais cette perte de l'hégémonie américaine ne contrarie pas les studios. Quatre films sont ainsi entrés dans le Top 7 historique des recettes (toujours hors inflation). Quasiment tous les films venus d'Hollywood font désormais plus de la moitié, et parfois les trois quarts, de leurs recettes à l'étranger. Dans le top 50 des recettes mondiales seuls Bob l'éponge, Pitch Perfect 2, Snoopy et les Peanuts, NWA Straight Outta Compton, Crazy Amy et Get Hard font exception. A l'inverse, les Minions, 007 Spectre, Mission Impossible Rogue Nation, Cinquante nuances de Grey, Terminator Genesys ou Taken 3, pour ne citer que les films du Top 20, captent plus de 70% des recettes hors Etats-Unis.

Un ourson et un loup sauvent le désastre des films étrangers

Et grâce à la Chine, pour la première fois, 5 films ont dépassé le milliard de dollars de recettes durant une seule année calendaire. Les productions hollywoodiennes dominent largement le Top 100 mondial, si on excepte quelques productions asiatiques qui font l'essentiel de leur business à domicile. Le premier film non américain (sans l'appui d'un studio US) ayant bénéficié d'une sortie sur plusieurs marchés est un film franco-britannique, Paddington, 25e, avec près de 260M$ (dont une grosse partie en 2014), loin devant le film franco-chinois de Jean-Jacques Annaud, Le dernier loup (123M$, 42e), énorme succès en Chine.

juliette binocheCar si les suites, remakes, spin-offs et reboots ont cartonné (12 sur 30), tout comme l'animation (7 sur 30 dont deux des plus grosses recettes du genre), les films indépendants et étrangers ont soufferts sur le sol nord américain. Paddington (film animé par ailleurs) est l'exception de l'année (37e), loin devant La femme au tableau et Indian Palace : Suite royale. Et le premier film en langue étrangère est là encore un film d'animation, en espagnol, Un Gallo con Muchos Huevos, seulement 124e (le premier film en français est Sils Maria, 182e!).

Année après année, les films en langue étrangères aux Etats-Unis séduisent de moins en moins. Si les films venus d'Inde et d'Amérique du sud résistent, c'est la bérézina pour le cinéma européen non anglophone. Depuis dix ans, seulement 8 de ces films ont rapporté plus de 9 millions de $ (dont Intouchables et La Môme côté français). A peine un par an en moyenne. En 2015, ils ne sont que 13 (dont Timbuktu) à avoir rapporté plus de un million de dollars au box office.

King Universal

Enfin, côté studios, Universal, qui a cumulé les leaders et sorti trois de ses dix plus gros hits cette année, avec 7 films au dessus de 100M$, a dominé le marché (21,3% du box office). Depuis 2000, c'est sa meilleure année mais aussi la première fois que le studio est leader annuel et la première fois qu'un studio passe le cap des 20% de parts de marché. Derrière Buena Vista/Disney, avec lui aussi trois de ses dix plus gros hits cette année et 6 films au dessus de 100M$, a vécu un superbe exercice (19,8%). Les 6 majors cumulent ainsi 80,6% de parts de marché (hors filiales indépendantes) contre 77,4% l'an dernier et 71% en 2013. Hormis Lionsgate, aucun distributeur indépendant n'a de films dans le Top 30 annuel.

Mon film de l’année 2015 : Star Wars, épisode VII: Le réveil de la force de J.J. Abrams

Posté par wyzman, le 27 décembre 2015

star wars le réveil de la force épisode 7 han solo harrison ford

Dix ans après La Revanche des Sith, La Force a à nouveau frappé dans les salles de cinéma. Et il faut reconnaître que cet acte marquera l'histoire du cinéma pendant au moins une décennie. En effet, s'il ne faut retenir qu'un seul film de toute cette année 2015, c'est sur Le Réveil de la Force que mon choix se porte. Premier volet d'une nouvelle trilogie, le film réalisé, scénarisé et produit pas J. J. Abrams est une véritable pépite de space opera, un genre que George Lucas himself a popularisé et auquel il a donné ses lettres de noblesse. C'était en 1977 avec le premier Star Wars, désormais intitulé épisode IV: Un Nouvel espoir.

Trente-huit ans plus tard, c'est avec un certain aplomb que J. J. Abrams s'est engouffré dans l'univers qui l'a bercé pour livrer un film intense, attendu et épique. Intense car, que l'on soit fan ou pas de la saga, l'évocation de Star Wars suscite de vives réactions, bonnes ou mauvaises. Attendu car Star Wars figure aujourd'hui encore parmi les 3 sagas les plus rentables de l'histoire et que son influence dans la pop culture n'est plus à démontrer. Épique car pendant 135 minutes, le réalisateur de Super 8 nous envoie bien au-delà du septième ciel : aux confins de l'espace grâce à des scènes d'action franchement brillantes.

Les détracteurs du film (et de la saga) évoquent un marketing abject, du fan service à peine masqué et une pâle copie de l'épisode 4. Certes, il y a un peu de vrai dans tout cela. Mais c'est également là que l'on retrouve le génie du jeune Abrams. Plus que conscient de la valeur de la saga pour l'industrie du spectacle, celui-ci a repris les étapes clés de la première trilogie pour les déconstruire, les arranger à sa sauce et faire un film qui parle aux plus anciens, aux novices et aux fans de demain. Avec son casting multigénérationnel et où la diversité se voit, Le Réveil de la Force n'est pas un simple blockbuster made in Disney mais bien un événement auquel personne n'a pu échapper.

Entre cette héroïne qui émerge, cet acolyte noir et en vie, ce boy-scout pas si présent que ça et ces parents qui se remettent en question, Star Wars 7 fait preuve d'une modernité déconcertante voire attendrissante. Doté d'une philosophie bien à lui, où la limite entre bien et mal est moins christique que par le passé, Le Réveil de la Force est un énorme divertissement et un gigantesque spectacle dans lequel la magie opère. Les dialogues semblent d'un autre temps mais le tout est visuellement futuriste. Et c'est une chose que l'on ne peut pas enlever au bébé de J. J. Abrams ! C'est d'ailleurs parce qu'il ne réalisera pas les deux prochains volets que l'on peut décemment dire que cet épisode VII est le film de sa vie, l'œuvre dont le public se souviendra à jamais. Plus encore, c'est un bijou visuel qui renferme tout l'univers créé par George Lucas, le père spirituel de J. J. Abrams, et la pâte de ce dernier.

Que l'on ait aimé ou simplement eu envie de voir ce Star Wars 7, il n'en demeure pas moins le film de l'année, celui qui a dynamité comme jamais le box office et remis au goût du jour une saga que l'on trouvait jusqu'à il y a peu vieille et ringarde. Drôle, fantastique et empli d'une nostalgie et d'une volonté de faire plaisir assumées et revendiquées, Le Réveil de la Force clôt avec brio une année 2015 inoubliable.

Le musée d’art de George Lucas s’installera à Chicago

Posté par vincy, le 25 juin 2014

Malgré son histoire professionnelle et personnelle avec San Francisco, le lobbying de Los Angeles (lire notre actualité du 16 juin), la ville de ses études et de ses débuts, c'est bien Chicago qui a emporté le morceau : le musée d'art de George Lucas - 700 millions de $ d'investissement. Sans doute peut-on y voir une déclaration d'amour déguisée à sa femme, Mellody Hobson, native de la métropole du Midwest. Depuis leur mariage l'an dernier, Lucas et elle partagent leur vie entre San Francisco et Chicago.

Le Lucas Museum of Narrative Art devrait ouvrir en 2018. Il sera érigé sur les bords du Lac Michigan, entre le stade de Soldier Field et le sanctuaire ornithologique de MacCormick, en plein "Museum Campus" (regroupent de plusieurs lieux dédiés aux arts et aux sciences). Il remplacera un affreux parking à ciel ouvert qui fait face à une marina de plaisance.

Le visiteur y découvrira aussi bien des peintures de Norman Rockwell ou de Maxwell Parrish que des objets des films du réalisateur et des des expositions sur le cinéma et les arts numériques.

Los Angeles et San Francisco bataillent pour obtenir le musée de George Lucas

Posté par vincy, le 16 juin 2014

r2 d2 los angeles george lucas

Les deux grandes métropoles rivales californiennes, Los Angeles et San Francisco, se livrent une bataille de communication pour pouvoir accueillir le musée d'art de George Lucas.

Le musée, qui devrait couter aux alentours de 100 millions de $ au final, devrait héberger la collection personnelle (tableaux, photos...) de George Lucas ainsi que des expositions sur le cinéma et le numérique.

Campagne Twitter pour L.A.

Le nouveau maire de Los Angeles, Eric Garcetti, vient d'adresser une lettre au créateur de Star Wars exprimant l'intérêt de la deuxième ville des Etats-Unis pour ce musée.  Le maire propose de construire le musée à proximité de la University of Southern California, où Lucas a étudié dans les années 60. Le quartier abrite également les installations olympiques de la ville (le Colisée et le Memorial Sports Arena), la cté des sciences et le musée d'histoire naturelle, à trois stations de métro du centre-ville. Le projet imaginé par Garcetti est ambitieux : il souhaiterait démolir le Memorial Sports Arena, pourtant rénové récemment, qui serait remplacé par une salle multisports plus vaste et plus moderne, pour y loger le musée.

La ville de Los Angeles serait prête à contribuer à la construction de ce musée, chose assez rare dans un pays où la culture est davantage affaire de mécénat que de fonds publics. Le maire a lancé ce week-end une campagne sur les réseaux sociaux avec le hashtag #WhyLucasInLA) pour que les habitants de la ville s'emparent de ce projet. L.A. met aussi en avant ses 42,2 millions de touristes annuels pour sensibiliser le réalisateur.

San Francisco, le choix naturel

Lucas n'a pas encore répondu à cette invitation. D'autant que la concurrente du nord, San Francisco, lui fait aussi de l'oeil. Le maire de la ville, Edwin Lee a mis à disposition un espace de près d'un hectare sur le port, en plein centre-ville. Le cinéaste avait une préférence pour Crissy Field, à deux pas du Golden Gate Bridge, en plein parc Presidio, où loge déjà le musée de la Famille Walt Disney. Mais l'organisme en charge du parc du Presidio a refusé le projet de Lucas. Cependant, comme une contrepartie, le Presidio Trust a proposé une partie annexe du parc, près du Letterman Digital Arts Center, voisin du siège de Lucasfilm et d'ILM, les deux sociétés fondées par le cinéaste.

Ce ne sont pas les deux seules villes intéressées puisque Chicago a aussi fait une offre, en bordure du Lac Michigan.

Disney met la main sur Indiana Jones

Posté par vincy, le 9 décembre 2013

Pixar, Marvel, Lucasfilm... The Walt Disney Studios continue son marché en venant de racheter les droits de la franchise Indiana Jones à Paramount Pictures.

Le contrat entre les deux studios, tel que précisé par Variety, stipule que Disney récupère les droits marketing et de distribution des futurs films de la série, en plus des droits d'auteurs acquis lors du rachat de Lucasfilm. C'était une condition essentielle pour reprendre le pouvoir sur les aventures de l'archéologue au stetson. Paramount reste le distributeur des quatre premiers films et recevra une participation financière de chacun des nouveaux films qui seront produits et diffusés en salles.

Paramount avait déjà cédé lucrativement ses droits à Disney sur les Avengers et Iron Man 3.

The Walt Disney Studios n'a pas officiellement annoncé de cinquième film, mais on se doute qu'ils n'ont pas acheté les droits pour ne pas s'en servir. L'acquisition de Lucasfilm a coûté 4 milliards de $, et la franchise Star Wars n'est pas la seule poule aux oeufs d'or de la société de George Lucas. Pour l'instant, aucune histoire n'est en développement. Mais Harrison Ford comme Steven Spielberg ont régulièrement déclaré qu'ils étaient prêts à s'y remettre dès qu'un scénario serait validé.

Reste à savoir si ce sera une suite ou un reboot.

Disney a d'autres idées pour rentabiliser Indiana Jones : une série pour l'une de ses chaînes de TV (sur le modèle développé avec les superhéros de Marvel) ; des produits dérivés (notamment des jouets comme Légo, des livres, des vêtements...) ; des jeux vidéos évidemment (comme pour Star Wars) ; des attractions pour les parcs de loisirs (Indiana Jones est déjà présent dans les parcs Disney de Los Angeles, Orlando et Tokyo, mais pas à Paris, Hong Kong ou Shanghai).

Indiana Jones et le crâne de cristal, sorti en 2008, avait rapporté 786 millions de $ dans le monde. Les aventuriers de l'arche perdue, sortie en 1981, reste le plus gros succès de la franchise.

Le scénario original de Star Wars devient une BD

Posté par vincy, le 9 août 2013

bd the star warsDark Horse Comics va publiera à partir de septembre des BD adaptées des premières versions du scénario original de Star Wars, écrites en 1974.

The Star Wars sera une série de huit albums, à raison d'un volume par mois. Un coffret les rassemblant tous sera édité en juin 2014. L'éditeur de LucasBooks, J.W. Rinzler, a adapté les scripts, tandis que les graphiques seront assurés par Mike Mayhew.

Quelques différences sont notables : Dark Vador est un général de l'Armée impériale, Han Solo un lézard géant et Luke Skywalker un vieux Jedi. Il y a également un certain Annikin Starkiller, diabolique chevalier Sith.

Une bande annonce est déjà en ligne.

Star Wars: Episode VII, qui devrait être réalisé par J.J. Abrams, sortira en salles en 2015.

Ray Harryhausen (1920-2013) : Jason, les Titans, Sinbad et Joe sont orphelins

Posté par vincy, le 8 mai 2013

Ray Harryhausen

Né le 29 juin 1920 à Los Angeles, Ray Harryhausen est mort mardi 7 mai à Londres, où il résidait depuis 53 ans. A 92 ans, ce magicien du cinéma, de cette époque où les ordinateurs ne faisaient pas revivre les dinosaures et autres créatures mythologiques, laisse une trace indélébile dans l'histoire du 7e art. A 29 ans, son travail vaut à son employeur un Oscar des meilleurs effets spéciaux (Monsieur Joe, d'Ernest B. Schoedsack). On lui doit des créations visuelles époustouflantes comme la bataille des squelettes de Jason et les Argonautes.

Des singes aux dinosaures et autres créatures fantastiques

C'est en voyant King Kong en 1933, qu'Harryhausen comprend sa destinée. Le singe animé comme une marionnette par Willis O'Brien le fascine. Le même O'Brien l'encouragera à faire de la sculpture. Et dès les années 40, il se lancera dans l'animation image par image, au côtés de George Pal. C'est évidemment grâce à un singe qu'il va connaître la gloire et son premier Oscar (partagé). Le producteur de Monsieur Joe, Merian C. Cooper fait appel à O'Brien qui confie le travail sur le gorille à Harryhausen. Il se lance alors dans d'autres genres : les dinosaures. Sans lui peu des films de séries B des années 50 auraient pu exister (Le Monstre vient de la mer, Les Soucoupes volantes attaquent, À des millions de kilomètres de la Terre,...). A l'époque, les Américains sont friands d'histoires sensationnelles, d'effets visuels jamais vus, d'expériences fantastiques. Avec leurs budgets modestes, les films sont vite rentables et Harryhausen se perfectionne, jusqu'à inventer sa propre technologie, la "Dynamation" : des éléments animés sont insérés dans des prises de vues réelles en filmant les figurines tout en masquant une partie du cadre ; on ajoute ensuite un premier plan.

Ray Harryhausen le choc des titansAprès le fiasco du Septième Voyage de Sindbad, il s'exile en Grande-Bretagne : il contribue au monde imaginaire des Voyages de Gulliver et surtout recréé l'Antiquité dans Jason et les Argonautes (qu'il considère comme son meilleur film) et la préhistoire (revisitée) dans Un million d'années avant J.-C.. Deux films cultes qui traverseront les décennies. Après quelques autres aventures de Sinbad, alors que les spectateurs préfèrent désormais les films catastrophes, il développe un vieux rêve : il devra attendre cependant 1981 pour produire l'oeuvre de sa vie, Le Choc des Titans (de Desmond Davis), avec Laurence Olivier, Maggie Smith, Ursula Andress... De la méduse au monstre Kraken, le film imprime des séquences uniques dans la rétine des (nombreux) spectateurs (qui en ont toujours la nostalgie). Le remake, avec ses effets numériques ne parviendra pas à sa cheville, artistiquement. Pourtant Harryhausen regrettera de ne pas pouvoir travailler seul sur ce titanesque projet, devant partager les efforts avec d'autres "animateurs". Il a 61 ans et ce sera son dernier film, ne réussissant jamais à monter le financement de la suite du film.

Les ordinateurs vont accélérer sa mise à la retraite. Consultant honorifique sur Jurassic Park, il comprend que le monde informatique va mettre fin à ses merveilleuses inventions.

Aardman, Burton, Cameron, Pixar, Lucas, Jackson...

Cependant, des studios Aardman à Tim Burton, en passant par la pub et les clips vidéos, nombreux sont ceux qui utilisent encore son concept d'animation image par image. Burton, immense admirateur d'Harryhausen, produira L'Étrange Noël de Monsieur Jack avec cette technique. Dans Les Noces funèbres, le cinéaste invente une marque de piano : Harryhausen. De Pixar (le nom du restaurant dans Monstres & Cie où Bob invite Celia s'appelle aussi Harryhausen) à James Cameron, tous ont un jour ou l'autre rendu hommage à cet artisan génial. Une référence. Harryhausen ne cachait pourtant pas sa méfiance à l'égard d'un numérique qu'il trouvait sans âme. George Lucas n'a pas manqué de réagir à ce décès : "Ray nous a tous grandement inspirés dans l'industrie. L'art de ses premiers films, avec lesquels la plupart d'entre nous ont grandi, nous a tellement inspirés. Sans Ray Harryhausen, il n'y aurait probablement pas eu de Star Wars". Peter Jackson a confessé que sa saga du Seigneur des anneaux était son "film Ray Harryhausen", car "il n'aurait jamais été fait, pas par moi en tout cas" sans son apport.

Il a reçu un Oscar d'honneur amplement mérité en 1992. "Je suis si heureux que tous ces jeunes fans me disent que mes films ont changé leurs vies" avouait-il, toujours amer d'avoir été snobé de son "vivant" par Hollywood malgré la reconnaissance des plus grands cinéastes. "C'est un grand compliment. Cela signifie que j'ai fais davantage que des films divertissants. J'ai toucher la vie des gens, et j'espère qu'elle a changé positivement."

Grand ami de Ray Bradbury, marié depuis 50 ans à la petite-fille du Docteur Livingston, il a fait donation de ses maquettes et travaux au Bradford Museum of Media.

Star Wars : le retour de la princesse Leia, Luke Skywalker et Han Solo, et de nouveaux films

Posté par vincy, le 24 mars 2013

Mark Hamill Luke Skywalker Carrie Fisher Princess Leia Harrison Ford Han Solo Star WarsDisney a bien l'intention de rentabiliser son investissement de 4 milliards de $ : en rachetant Lucasfilm, le studio est décidé à transformer Star Wars en poule aux oeufs d'or.

Le 7e épisode de la saga est toujours prévu pour l'été 2015, malgré des retards avoués dans le développement du film. Le studio compte bien est le leader annuel avec, en plus, la sortie de The Avengers 2, Ant-Man et du 5e Pirates des Caraïbes.

Le retour de la princesse Leia, Luke Skywalker et Han Solo

Le 7e épisode sera réalisé par J.J. Abrams (lire notre actualité), qui a déjà relancé la franchise Star Trek. Les deux épisodes suivants sortiront en 2018 et 2021 a priori. George Lucas a annoncé récemment à Bloomberg Businessweek qu'il avait négocié (avant le rachat par Disney) avec Harrison Ford, Mark Hamill et Carrie Fisher pour qu'ils reviennent dans l'aventure. 30 ans plus tard, est-ce bien raisonnable? Mais Lucas a été trop précis : "nous étions à peu près en phase finale de négociation avant le rachat par Disney". Se rendant compte qu'il en avait trop dit, il a cependant ajouté : "Je ne vous dirai pas si les négociations ont abouti." Pourtant, Carrie Fisher, alias princesse Leia, avait un peu anticipé la déclaration de Lucas en clamant qu'elle reprendrait son rôle dans l'épisode 7. Ces couacs de communication ne font pas l'affaire de Disney qui souhaitait réserver la surprise aux fans. Du coup tout s'est emballé. Hamill a confirmé et même le discret Ford a confessé cette semaine que les pourparlers étaient bien avancés : "Je pense que c’est presque vrai. Je suis impatient d’y être. Ce n’est pas encore signé mais je pense que ça va arriver. C'est en train de se faire." On ne sait pas si ce seront des caméos, des seconds-rôles ou des personnages centraux...

Des spin-off écrits par le scénariste historique de la saga

Disney ne s'arrêtera pas là. Une nouvelle trilogie ne lui suffit pas. Le studio a demandé à Lawrence Kasdan et Simon Kinberg de travailler sur des spin-off, des films qui n'interagiront pas directement avec la trilogie Star Wars à venir, mais utiliseront la bible de la saga et certains personnages. Kasdan a été le scénariste de L'Empire contre-attaque et du Retour du Jedi tandis que Kinberg a écrit Sherlock Holmes et le futur X-Men. Ils consulteront Abrams pour scénariser ces films "indépendants".

Ce qui se traduira évidemment par davantage de produits dérivés pour les Disneystores et de nouvelles attractions pour les parcs Disney...

Disney rachète Lucasfilms et annonce un nouveau Star Wars pour 2015

Posté par vincy, le 30 octobre 2012

C'est un mythe qui est repris par un autre mythe. The Walt Disney Co. rachète la société de George Lucas, Lucasfilms, pour un montant de 4,05 milliards de $. Aussitôt, un nouvel épisode de Star Wars a été annoncé. Star Wars VII sera programmé en 2015 et les suivants sortiront au rythme d'un film tous les deux ou trois ans.

C'est une lourde perte pour la 20th Century Fox, le studio qui distribuait la saga. Après Marvel et Pixar, Disney étend son empire ... et s'empare même d'Indiana Jones.

41 ans après sa création, Lucas possédait toujours l'intégralité des parts de sa société. Dans un communiqué, le réalisateur et producteur de Star Wars explique qu'il est maintenant temps de passer le relais à une autre génération de cinéastes. "J'ai toujours cru que Star Wars pouvait vivre sans moi et je pense qu'il est important que cette transition se fasse de mon vivant." George Lucas devient de facto actionnaire du groupe Disney, en empochant 40 millions d'actions, en plus d'un confortable matelas de cash.

L'univers Star Wars sera ainsi décliné en films, séries télévisées, contenus multimédias, attractions pour les parcs Disney (ce qui est déjà le cas à Anaheim, Orlando, Paris et Tokyo), spectacle vivants et produits dérivés.

Mais Disney met aussi la main sur des brevets en reprenant Industrial Light Magic, LucasArts et Skywalker Sound.

La filiale sera dirigée par la productrice Kathleen Kennedy