Cannes 2018 : Cannes en orbite avec « Le Cinquième Élément »

Posté par kristofy, le 19 mai 2018

Puisque cette 71e édition nous emmène dans les étoiles avec l’avant-première mondiale de Solo: A Star Wars Story, nouvel épisode de l'univers étendu de la saga Star Wars, présenté hors compétition, et la projection de 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick dans une nouvelle copie 70 mm restaurée (sans modification numérique de l'oeuvre de 1968) à Cannes Classics, profitons-en pour un petit tour d’horizon des « Space opéras » qui ont eu les honneurs de la sélection officielle.

Cannes ce n'est à priori pas le lieu où on s'imagine voir un film de vaisseau spatial et de bataille intergalactique, et pourtant certains gros films de science-fiction ont bel et bien décollé depuis la croisette.
Par exemple, retour en 1997...

C'était le mercredi 7 mai 1997, en début de soirée pour la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes, les photographes crépitent car l'équipe du film arrive en smoking : il y a la star américaine Bruce Willis, notre réalisateur-star Luc Besson, et cette grande fille à la robe plus que minimaliste dont on apprendra rapidement le nom : Milla Jovovitch. Les invités et les festivaliers trépignent d'impatience avant de découvrir ce film futuriste, Le Cinquième Elément, parce que la rumeur en a déjà fait le film événement de l'année. En fait, partout en France, il y a déjà cette grande affiche multicolore avec la mention "ouverture officielle Cannes 1997". Le film sort d'ailleurs le même jour dans les salles et le public se presse depuis le début de la journée. Avant même cette cérémonie, les premiers retours à Cannes sont très élogieux : Luc Besson a déjà gagné son pari. Deux jours après, le 9 mai, le film sort aux Etats-Unis et s'impose à la 1e place du du box-office : "le film européen le plus cher de l'histoire" est aussi "la nouvelle oeuvre du réalisateur français qui ose défier les Américains sur leur propre terrain", Luc Besson et les équipes de Gaumont sont ivres.

Luc Besson était déjà le réalisateur qui avait conquis non seulement la France mais plus largement le monde : il avait derrière lui les succès à l'international de Le Grand Bleu en 1988 (déjà en ouverture de Cannes, mais avec un accueil plutôt décevant), Nikita en 1990 et de Leon en 1994. Le Cinquième Elément devenait en quelque sorte le couronnement de sa carrière.

Il avait déjà écrit la base de cette histoire futuriste en 1975 (à 16 ans) : un certain 2300 Zaltman Bléros y gagnait un voyage vers Fhloston Paradise et tombait amoureux d'une Sabline : une vingtaine d'année plus tard, c'est devenu Korben Dallas qui récupère dans son taxi volant Leeloo pour aller chercher quelque chose sur Fhloston Paradise car Zorg et le Mal menacent de tout détruire... La préparation du film démarre au début des années 90 (juste après Nikita) : des dessinateurs sont rassemblés pour imaginer le design visuel comme Moebius et Jean-Claude Mézières (dont l'oeuvre Valérian inspire déjà Luc Besson, qui en fera un film 20 ans après), mais aussi Jean-Paul Gaultier pour les costumes. Tout s'arrête car c'est beaucoup trop cher et trop compliqué. Tant-pis, le cinéaste s'investit dans un nouveau projet plus léger avec son acteur fétiche Jean Réno : ça sera le film Léon, et encore un succès. La production du Cinquième Elément reprend, le scénario est affiné, les dessins deviennent des décors et des costumes, la star Bruce Willis dit oui, c'est toujours le budget le plus cher et le tournage va se dérouler pendant 21 semaines aux studios de Pinnewood et en Mauritanie.

Ce 7 mai 1997 au soir, le palais du Festival de Cannes vient de passer 2 heures au 23e siècle avec Bruce Willis blond, Milla Jovovitch rousse, Gary Oldman et une mèche hitlérienne, une diva bleue, des voitures volantes, des Mondoschawans, des Mangalores, et beaucoup sont un peu amoureux de Leeloo. La cérémonie fut suivie d'une fête immense avec un défilé de personnages avec les costumes du film et un concert.

Comme en écho de cette ouverture exceptionnelle, il y aura cette année à Cannes une nouvelle projection du Grand Bleu sur la plage (30 ans après avoir ouvert l'édition de 1988), et Gary Oldman viendra (21 ans après Le Cinquième Elément) pour une masterclasse.

Cannes 2018 : Gary Oldman, Christopher Nolan, Ryan Coogler et John Travolta en masterclass

Posté par wyzman, le 2 mai 2018

C'est sans aucun doute la nouvelle qui va ravir les festivaliers aujourd'hui ! Alors que l'on vous annonçait hier que Jessica Chastain serait sur la Croisette accompagnée de Marion Cotillard, Penélope Cruz, Lupita Nyong'o, Fan Bingbing et Simon Kinberg pour présenter leur thriller d'espionnage 355, les organisateurs du 71e Festival de Cannes ont décidé d'abandonner leur Leçon de cinéma pour privilégier les bonnes vieilles master class. Pour évoquer leur travail, leur cinéphilie et porter un regard moderne sur le cinéma américain et britannique, les acteurs Gary Oldman et John Travolta et les réalisateurs Christopher Nolan et Ryan Coogler répondront présent.

Des binômes déjà culte

Le jeudi 10 mai à 16h, c'est l'homme à qui l'on doit Fruitvale Station, Creed et plus récemment Black Panther qui lancera les festivités dans la salle Buñuel. Il sera accompagné du journaliste et critique de cinéma américain Elvis Mitchell. Le samedi 12 mai à 16 heures, Christopher Nolan reviendra sur ce qui l'a poussé à réaliser la trilogie The Dark Knight, Interstellar ou encore Dunkerque. Historien et critique de cinéma, le Fançais Philippe Rouyer aura la lourde tâche d'animer cette masterclass qui promet d'être exceptionnelle.

Le mercredi 16 mai à 16h45 cette fois, c'est John Travolta qui viendra répondre aux questions des festivaliers. L'acteur vu dernièrement dans Life on the Line et In a Valley of Violence évoquera ses 45 années passées dans l'industrie aux cotés de Didier Allouch, l'animateur complètement déjanté pendant l'awards season de Canal+. Enfin, le vendredi 18 mai à 16 heures, c'est le quasi légendaire Gary Oldman qui retiendra l'attention des plus chanceux. Oscarisé en février dernier pour son interprétation de Winston Chrchill dans Les Heures sombres, il sera accompagné de son ami de longue date et producteur Douglas Urbanski. A l'instar de Ryan Coogler, les master class de Christopher Nolan, John Travolta et Gary Oldman auront toutes lieu dans la salle Buñuel.

Oscars 2018: La forme de l’eau rafle l’Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur

Posté par vincy, le 5 mars 2018

Jimmy Kimmel a présenté la 90e cérémonie des Oscars. Une soirée qu'il a amorcé avec un prologue très sérieux, rappelant les mouvements activistes récents qui ont ébranlé Hollywood: la montée en puissance des afro-américains, #MeToo, Time'sUp et donc évidemment Harvey Weinstein. C'est donc les Oscars du changement qui ont été célébrés ce soir.  "A tous les rêveurs nous sommes avec vous" disaient Lupita Nyong'o et Kumail Nanjiani Enfin pas tout à fait. Parce que le meilleur gag était évidemment celui qui faisait écho au problème d'enveloppe l'an dernier: par courtoisie, les Oscars ont demandé à Faye Dunaway et Warren Beatty de présenter de nouveau l'Oscar du meilleur film.

Mais malgré toutes ces bonnes intentions, et en l'absence de suspens dans 90% des catégories, ce fut sans aucun doute l'une des soirées les plus ennuyeuses des Oscars en 90 ans! Sans doute à cause de la trop belle qualité des nommés, la concurrence était si rude que les votants ont préféré éparpiller les prix sans distinguer de véritable vainqueur. Une année où trop de bons films ont tué toute idée de razzia. Un peu comme toute la saison des prix qui n'a connu aucun consensus entre les guildes professionnelles, les critiques et le public.

On notera que Frances McDormand entre dans le club très fermé des acteurs/actrices deux fois primés, que Roger A. Deakins a attendu 14 nominations pour être récompensé, que James Ivory a du patienter jusqu'à l'âge de 89 ans pour être le plus vieil oscarisé de l'histoire, que Netflix a reçu son premier Oscar (en documentaire), tout comme le Chili (avec le film en langue étrangère), qu'Alexandre Desplat est le seul français oscarisé dans un palmarès très latino-américain, que les minorités et les femmes n'ont pas été oubliés.

Avec 4 Oscars, soit un peu plus que les autres, La Forme de l'eau repart comme le vrai triomphateur de cette course aux Oscars. C'est aussi le triomphe d'un cinéma fantastique, de genre, et d'un cinéma mexicain, décidément dans son âge d'or.

Governors Awards: Charles Burnett, Owen Roizman, Donald Sutherland et Agnès Varda ; prix spécial pour Carne y Arena (Virtually Present, Physically Invisible), le film en réalité virtuelle de Alejandro G. Inarritu.
MEILLEUR FILM: LA FORME DE L'EAU
Meilleur réalisateur: Guillermo del Toro pour La forme de l'eau
Meilleure actrice: Frances McDormand pour 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur acteur: Gary Oldman pour Les heures sombres
Meilleur second-rôle féminin: Allison Janney pour Moi, Tonya
Meilleur second-rôle masculin: Sam Rockwell pour 3 Billboards, les panneaux de la vengeance
Meilleur scénario: Jordan Peele pour Get Out
Meilleur scénario (adaptation): James Ivory pour Call Me By Your Name d'après le roman d'André Aciman
Meilleur film en langue étrangère: Une femme fantastique de Sebastian Lelio (Chili)
Meilleur court métrage: The Silent Child de Chris Overton et Rachel Shenton
Meilleur documentaire: Icarus de Bryan Fogel et Dan Cogan
Meilleur court métrage documentaire: Heaven is a Traffic Jam on the 405 de Frank Stiefel
Meilleur film d'animation: Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina
Meilleur court métrage d'animation: Dear Basketball de Kobe Bryant et Glen Keane
Meilleure musique: Alexandre Desplat pour La forme de l'eau
Meilleure chanson originale: Remember Me dans Coco
Meilleure photo: Roger A. Deakins (enfin) pour Blade Runner 2049
Meilleur montage: Lee Smith pour Dunkerque
Meilleurs décors: Paul D. Austerberry, Shane Vieau et Jeffrey A. Melvin pour La forme de l'eau
Meilleurs costumes: Mark Bridges pour Phantom Thread
Meilleurs maquillages & coiffures: Kazuhiro Tsuji, David Malinowski et Lucy Sibbick pour Les heures sombres
Meilleurs effets visuels: John Nelson, Gerd Nefzer, Paul Lambert et Richard R. Hoover pour Blade Runner 2049
Meilleur montage son: Alex Gibson et Richard King pour Dunkerque
Meilleur mixage son: Gregg Landaker, Gary A. Rizzo et Mark Weingarten pour Dunkerque

BAFTAs 2018 : Three Billboards Outside Ebbing, Missouri et The Shape of Water tirent leur épingle du jeu

Posté par wyzman, le 18 février 2018

A deux semaines des Oscars, les jeux sont loin d'être faits. En effet, c'est ce soir qu'avait lieu la 71e cérémonie des British Academy Film Awards. Bien que les résultats des BAFTAs n'aient aucune incidence sur ceux des Oscars, il n'est pas rare d'y voir les mêmes films récompensés. Lors des nominations, il était impossible de ne pas être frappé par la présence de La forme de l'eau, le dernier film de Guillermo Del Toro qui a été cité pas moins de 12 fois. Derrière lui, Les heures sombres et Three Billboards Outside Ebbing, Missouri recevaient chacun 9 nominations. Sans oublier les blockbusters Dunkerque et Blade Runner 2049, nommés chacun 8 fois - principalement dans les catégories techniques. Comme c'est souvent le cas (et à l'inverse des Oscars), les votants des BAFTAs ont fait le choix de récompenser le plus de films possible.

On notera la présence de quelques français ou productions françaises au palmarès (Alexandre Desplats à la musique, le documentaire I am not your Negro de Raoul Peck), le triomphe de Daniel Kaluuya en espoir et de Mademoiselle, en compétition à Cannes en 2016 pour le film en langue étrangère.

Voici le palmarès :

• MEILLEUR FILM

CALL ME BY YOUR NAME
DARKEST HOUR
DUNKIRK
THE SHAPE OF WATER
THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI

• MEILLEUR REALISATEUR

BLADE RUNNER 2049 Denis Villeneuve
CALL ME BY YOUR NAME Luca Guadagnino
DUNKIRK Christopher Nolan
THE SHAPE OF WATER Guillermo del Toro
THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI Martin McDonagh

• MEILLEURE ACTRICE

ANNETTE BENING Film Stars Don’t Die in Liverpool
FRANCES McDORMAND Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
MARGOT ROBBIE I, Tonya
SALLY HAWKINS The Shape of Water
SAOIRSE RONAN Lady Bird

• MEILLEUR ACTEUR

DANIEL DAY-LEWIS Phantom Thread
DANIEL KALUUYA Get Out
GARY OLDMAN Darkest Hour
JAMIE BELL Film Stars Don’t Die in Liverpool
TIMOTHÉE CHALAMET Call Me by Your Name

• MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND ROLE

ALLISON JANNEY I, Tonya
KRISTIN SCOTT THOMAS Darkest Hour
LAURIE METCALF Lady Bird
LESLEY MANVILLE Phantom Thread
OCTAVIA SPENCER The Shape of Water

• MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND ROLE

CHRISTOPHER PLUMMER All the Money in the World
HUGH GRANT Paddington 2
SAM ROCKWELL Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
WILLEM DAFOE The Florida Project
WOODY HARRELSON Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

• MEILLEUR FILM BRITANNIQUE

DARKEST HOUR
THE DEATH OF STALIN
GOD’S OWN COUNTRY
LADY MACBETH
PADDINGTON 2
THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI

• MEILLEUR FILM PAR UN NOUVEAU SCÉNARISTE, RÉALISATEUR OU PRODUCTEUR BRITANNIQUE

THE GHOUL Gareth Tunley (Scénariste/Réalisateur/Producteur), Jack Healy Guttman & Tom Meeten (Producteurs)
I AM NOT A WITCH Rungano Nyoni (Scénariste/Réalisateur), Emily Morgan (Producteur)
JAWBONE Johnny Harris (Scénariste/Producteur), Thomas Napper (Réalisateur)
KINGDOM OF US Lucy Cohen (Réalisateur)
LADY MACBETH Alice Birch (Scénariste), William Oldroyd (Réalisateur), Fodhla Cronin O’Reilly (Producteur)

• MEILLEUR FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE

ELLE
FIRST THEY KILLED MY FATHER
MADEMOISELLE (THE HANDMAIDEN)
FAUTE D'AMOUR (LOVELESS)
LE CLIENT (THE SALESMAN)


• MEILLEUR DOCUMENTAIRE
CITY OF GHOSTS
I AM NOT YOUR NEGRO
ICARUS
AN INCONVENIENT SEQUEL
JANE

• MEILLEUR FILM D'ANIMATION

COCO
LOVING VINCENT
MY LIFE AS A COURGETTE

• MEILLEUR SCÉNARIO ORIGINAL

GET OUT Jordan Peele
I, TONYA Steven Rogers
LADY BIRD Greta Gerwig
THE SHAPE OF WATER Guillermo del Toro, Vanessa Taylor
THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI Martin McDonagh

• MEILLEUR SCÉNARIO ADAPTE

CALL ME BY YOUR NAME James Ivory
THE DEATH OF STALIN Armando Iannucci, Ian Martin, David Schneider
FILM STARS DON’T DIE IN LIVERPOOL Matt Greenhalgh
MOLLY’S GAME Aaron Sorkin
PADDINGTON 2 Simon Farnaby, Paul King

• MEILLEUR MUSIQUE DE FILM

BLADE RUNNER 2049 Benjamin Wallfisch, Hans Zimmer
DARKEST HOUR Dario Marianelli
DUNKIRK Hans Zimmer
PHANTOM THREAD Jonny Greenwood
THE SHAPE OF WATER Alexandre Desplat

• MEILLEURE PHOTOGRAPHIE

BLADE RUNNER 2049

DARKEST HOUR
DUNKIRK
THE SHAPE OF WATER
THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI

• MEILLEUR MONTAGE
BABY DRIVER
BLADE RUNNER 2049
DUNKIRK
THE SHAPE OF WATER
THREE BILLBOARDS OUTSIDE EBBING, MISSOURI

• MEILLEURS COSTUMES

BEAUTY AND THE BEAST
DARKEST HOUR
I, TONYA
PHANTOM THREAD
THE SHAPE OF WATER

• MEILLEURS DECORS

BEAUTY AND THE BEAST
BLADE RUNNER 2049
DARKEST HOUR
DUNKIRK
THE SHAPE OF WATER


• MEILLEURS MAQUILLAGE ET COIFFURE

BLADE RUNNER 2049
DARKEST HOUR
I, TONYA
VICTORIA & ABDUL
WONDER

• MEILLEUR SON
BABY DRIVER
BLADE RUNNER 2049
DUNKIRK
THE SHAPE OF WATER
STAR WARS: THE LAST JEDI

• MEILLEURS EFFETS SPECIAUX

BLADE RUNNER 2049
DUNKIRK
THE SHAPE OF WATER
STAR WARS: THE LAST JEDI
WAR FOR THE PLANET OF THE APES

• MEILLEUR COURT-METRAGE D'ANIMATION BRITANNIQUE

HAVE HEART
MAMOON
POLES APART

• MEILLEUR COURT-METRAGE BRITANNIQUE

AAMIR
COWBOY DAVE
A DROWNING MAN
WORK
WREN BOYS

• EE RISING STAR AWARD (nouveau talent élu par le public)
DANIEL KALUUYA
FLORENCE PUGH
JOSH O’CONNOR
TESSA THOMPSON
TIMOTHÉE CHALAMET

SAG Awards 2018 : Three Billboards Outside Ebbing, Missouri et This Is Us raflent la mise

Posté par wyzman, le 22 janvier 2018

C'est hier soir qu'avaient lieu les traditionnels SAG Awards. Comme chaque année depuis 1995, le syndicat des acteurs de cinéma et de télévision a récompensé les meilleures performances de l'année. Dès l'annonce des nominations, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri dominait la cérémonie. Et ça n'a loupé puisque le film de Martin McDonagh est reparti avec les prix du meilleur casting de film, de la meilleure actrice pour Frances McDormand et du meilleur acteur dans un second rôle pour Sam Rockwell.

Côté séries, impossible de passer outre le sacre de This Is Us. La série diffusée sur NBC rafle les SAG Awards de meilleur casting de série dramatique et de meilleur acteur dans une série dramatique. Sterling K. Brown entre par la même occasion dans l'histoire en devenant le premier acteur noir sacré dans cette catégorie de la cérémonie. Enfin, comme prévu, Nicole Kidman et Alexander Skarsgard (Big Little Lies) n'ont pas laissé les votants insensibles.

Cinéma

Meilleur acteur
Timothee Chalamet, Call Me by Your Name
James Franco, The Disaster Artist
Daniel Kaluuya, Get Out
Gary Oldman, Darkest Hour
Denzel Washington, Roman J. Israel, Esq.

Meilleure actrice
Judi Dench, Victoria & Abdul
Sally Hawkins, The Shape of Water
Frances McDormand, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
Margot Robbie, I, Tonya
Saoirse Ronan, Lady Bird

Meilleur second rôle masculin
Steve Carell, Battle of the Sexes
Willem Dafoe, The Florida Project
Woody Harrelson, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
Richard Jenkins, The Shape of Water
Sam Rockwell, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

Meilleur second rôle féminin
Mary J. Blige, Mudbound
Hong Chau, Downsizing
Holly Hunter, The Big Sick
Allison Janney, I, Tonya
Laurie Metcalf, Lady Bird

Meilleur casting
The Big Sick
Get Out
Lady Bird
Mudbound
Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

Meilleure équipe de cascadeurs
Baby Driver
Dunkerque
Logan
War For The Planet Of The Apes
Wonder Woman

Télévision

Meilleur acteur (téléfilm ou mini séries)
Benedict Cumberbatch, “Sherlock”
Jeff Daniels, “Godless”
Robert De Niro, “The Wizard of Lies”
Geoffrey Rush, “Genius”
Alexander Skarsgard, “Big Little Lies”

Meilleure actrice (téléfilm ou mini séries)
Nicole Kidman, “Big Little Lies”
Jessica Lange, “Feud: Bette & Joan”
Susan Sarandon, “Feud: Bette & Joan”
Reese Witherspoon, “Big Little Lies”
Laura Dern, “Big Little Lies”

Meilleur acteur (série dramatique)
Jason Bateman, “Ozark”
Sterling K. Brown, “This Is Us”
Peter Dinklage, “Game of Thrones”
David Harbour, “Stranger Things”
Bob Odenkirk, “Better Call Saul”

Meilleure actrice (série dramatique)
Millie Bobby Brown, “Stranger Things”
Claire Foy, “The Crown”
Elisabeth Moss, “The Handmaid’s Tale”
Robin Wright, “House of Cards”
Laura Linney, “Ozark”

Meilleur acteur (série comique)
Anthony Anderson, “Black-ish”
Aziz Ansari, “Master of None”
Larry David, “Curb Your Enthusiasm”
Sean Hayes, “Will & Grace”
William H. Macy, “Shameless”
Marc Maron, “GLOW”

Meilleure actrice (série comique)
Uzo Aduba, “Orange Is the New Black”
Alison Brie, “GLOW”
Jane Fonda, “Grace and Frankie”
Julia Louis-Dreyfus, “Veep”
Lily Tomlin, “Grace and Frankie”

Meilleur ensemble (série dramatique)
“The Crown”
“Game of Thrones”
“The Handmaid’s Tale”
“Stranger Things”
“This Is Us”

Meilleur ensemble (série comique)
“Black-ish”
“Curb Your Enthusiasm”
“GLOW”
“Orange is the New Black”
“Veep”

Meilleure équipe de cascadeurs dans une série télévisée
“Game of Thrones”
“GLOW”
“Homeland”
“Stranger Things”
“The Walking Dead”

Batman The Dark Knight Rises est prêt à être tourné

Posté par vincy, le 9 avril 2011

Christopher Nolan a fait le point sur le troisième épisode de la saga Batman qu'il réalisera. "Le dernier d'une trilogie" annonce-t-il. Prévu dans les salles pour le 20 juillet 2012, Batman - The Dark Knight rises se tournera cet été à Pittsburgh (Pennsylvanie). Entre les crédits d'impôts et les décors urbains de cette ville en mutation (ancienne capitale de l'acier, elle est devenue une technopole), la métropole offre tous les avantages pour une production à gros budget.

Le scénario est écrit par Nolan et son frère, Jonathan.

Christian Bale rendosse le costume du Chevalier noir. On y croisera aussi Anne Hathaway dans le rôle de Catwoman, Joseph Gordon-Levitt dans celui d'Alberto Falcone, Gary Oldman continuera d'être Jim Gordon, Tom Hardy incarnera Bane (voir actualité du 21 janvier dernier), et les vétérans Morgan Freeman et Michael Caine retrouveront leurs rôles de "bras droit" du justicier. Par ailleurs l'actrice Juno Temple a été confirmée. Et Josh Pence (The Social Network) reprendra le rôle rajeuni de Liam Neeson (dans le premier épisode), Ra's al Ghu, dans des flash-backs. La rumeur Marion Cotillard n'a toujours pas été certifiée.

Le film ne sera pas tourné en 3D.

La Taupe réunira Ralph Fiennes, Colin Firth, Gary Oldman et Michael Fassbender

Posté par vincy, le 18 juillet 2010

Le roman de John Le Carré, La Taupe, sera adapté pour le grand écran par le cinéaste suédois Tomas Alfredson (Let the Right One In). Le thriller d'espionnage avait déjà été transposé pour le petit écran en 1979, avec Alec Guiness et Anthony Bate. Là, on retrouvera Ralph Fiennes, Colin Firth, Gary Oldman et Michael Fassbender. Sacré casting.

Le scénario est écrit par Peter Morgan (The Queen, Frost/Nixon). Le tournage devrait débuter en octobre à Londres.

Plusieurs romans de John Le Carré  ont été adaptés au cinéma : La maison Russie, The Constant Gardener, ou encore The Tailor of Panama.

Festival de La Rochelle, chapitre 2 : Mike Leigh, ou le théâtre du réel

Posté par Martin, le 3 juillet 2008

behappy.jpgSouvent, Mike Leigh a été considéré comme un réaliste anglais au même titre que Ken Loach et Stephen Frears première manière. C’est qu’il partage avec eux un terrain d’exploration, une certaine classe sociale pauvre et urbaine, et un système de production, la télévision – la moitié de son œuvre est télévisuelle. Son univers en porte les stigmates : des personnages « lower than life » errent dans les lieux les plus quotidiens. Pourtant, le point de vue Mike Leigh n’a rien de naturaliste : ce ne sont pas les pulsions de ses personnages qui l’intéressent, mais plutôt comment ceux-ci cherchent une place à la fois dans et en dehors de la société. A la différence des personnages de Ken Loach qui veulent un travail, de l’argent, les héros de Mike Leigh ne cherchent rien de matériel ; au contraire, ils rêvent de grandeur et d’ailleurs, fidèle en cela à une autre tradition anglaise : ce sont de vrais personnages shakespeariens.

Le Roi Leigh 

Car il y a du Shakespeare chez Mike Leigh, cinéaste dont le réalisme naît de la théâtralité. Le précoce mais déjà abouti Meantime (téléfilm de 1983) se penche sur une famille entière au chômage. Le réalisme sombre auquel on s’attend est bien là ; pourtant la scène à l’ANPE ne manque pas d’humour : le fils cadet, Colin (Tim Roth, boutonneux à lunettes déjà sensationnel) ne se souvient plus de son nom et c’est son père qui le corrige… Colin suit les pas de son grand frère, John (Alfred Molina), et s’invite dans l’appartement d’une de ses amies dans l’espoir de s’intégrer quelque part puisque ni l’école ni le monde du travail ne veulent de lui. Tout est histoire de lieu à conquérir. Il rencontre un personnage matriciel dans l’oeuvre du cinéaste : lumineux et crasseux, Coxy (Gary Oldman) offre son crâne rasé et sa parole facile à ceux qui l’entourent. Skinhead ? Pas vraiment. Dans une des scènes les plus étranges de Meantime, Colin croise dans la rue Coxy qui tourne dans un tonneau en pleine rue, tel le Fou des pièces de Shakespeare. A la fin, Colin se rase le crâne, comme marqué par la révélation de Coxy dans une société aveuglée. 

Théâtre de comédie 

En soulignant la théâtralité des lieux du réel, Mike Leigh dévoile celle de rapports humains qui reposent sur la domination sociale. Coxy, dans sa roue, ne fait que créer un mouvement absurde, seule liberté dans une société-prison. Lorsque sa tante demande à Colin de travailler en participant à la décoration de son intérieur, l’adolescent reste figé sur le canapé, incapable de monter l'escalier qui signerait le début d’un nouvel asservissement. La mise en scène de Mike Leigh se construit autour du décor – et ce jusqu’à son dernier film, Happy-go-lucky (Be Lucky), dont l’héroïne est, avant toute chose, définie par son appartement coloré. Colin fuit dans les rues plutôt que d’entrer dans un espace où il est, au sens propre, déplacé. C’est d’ailleurs dans son propre espace, la chambre qu’il partage avec son frère, qu’aura lieu la révélation finale. Si leur appartement est une autre prison, puisque les fenêtres ne s’ouvrent pas, sa chambre est un havre où, à la manière des personnages du carnaval de Beaucoup de bruit pour rien, il peut ôter son masque (la capuche de sa doudoune) et se montrer enfin tel qu’il est. 

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