Scénariste de Truffaut et Resnais, Jean Gruault disparaît

Posté par vincy, le 9 juin 2015

jean gruaultSon dernier scénario aura reçu un accueil glacial au dernier Festival de Cannes. Jean Gruault, auteur de Marguerite et Julien qu'il avait écrit pour François Truffaut et qui fut finalement réalisé par Valérie Donzelli, a été une victime collatérale de la passion cannoise. Pourtant, il apprécie l'aspect contemporain, anachronique, à la Demy, du Donzelli. Il aime le scandale que pourrait provoquer cette histoire d'inceste. Jean Gruault ne saura pas ce qu'il adviendra de ce film tant attendu depuis sa première version dans les années 70. Né en 1924, le scénariste, dramaturge et producteur est décédé le 8 juin à l'âge de 90 ans.

Ami de Rivette, Rohmer, Chabrol et Truffaut, il va commencer comme assistant de Roberto Rossellini avant de se lancer dans l'écriture de scénarios, et notamment l'adaptation de livres historiques. Il écrit Paris nous appartient et La Religieuse de Diderot (Jacques Rivette), Vanina Vanini (Rossellini), Jules et Jim, L'enfant sauvage, Les deux Anglaises et le continent, L'Histoire d'Adèle H., et La chambre verte (François Truffaut), Les carabiniers (Jean-Luc Godard), La redevance du fantôme (Robert Enrico), Les Soeurs Brontë (André Téchiné), Mon oncle d'Amérique, La vie est un roman et L'amour à mort (Alain Resnais), Les années 80 et Golden Eighties (Chantal Akerman).

Au théâtre, il joue durant les années 50, plutôt que de faire le critique aux Cahiers du cinéma, avant d'être l'auteur de deux pièces, Crucifixion dans un boudoir turc et C'était pendant l'horreur. On lui doit aussi le livret d'un opéra, La noche triste, une autobiographie (Ce que dit l'autre), deux romans...

Il fut également producteur avec les films de la Villa.

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Rencontre avec Jean Gruault (EcranNoir.fr) "Truffaut , il fallait toujours qu'il corrige mes scénarios, même si ça lui plaisait. Il avait besoin de réécrire pour que ce soit sa langue, et plus la mienne"
Entretien avec Télérama "Je ne serais pas surpris que les affreux réacs de la Manif pour tous nous tombent dessus."
Débat à la Cinémathèque avec Arnaud Desplechin

Cannes 2015: Qui est Valérie Donzelli ?

Posté par vincy, le 18 mai 2015

valerie donzelliC'est une habituée de la Croisette. Il y a quatorze ans déjà, Valérie Donzelli est révélée à la Quinzaine des réalisateurs avec son rôle dans Martha... Martha de Sandrine Veysset. Elle revient à la Quinzaine sept ans plus tard, en 2008, avec son deuxième court métrage, Il fait beau dans la plus belle ville du monde. Mais c'est en 2011 que l'actrice-scénariste-réalisatrice fait l'événement sur la Croisette, du côté de la Semaine de la critique avec La Guerre est déclarée. Inspiré par la vie du couple à l'écran et à la ville qu'elle forme avec Jérémie Elkaïm, le film insuffle son style rafraîchissant et vif à une histoire bouleversante, mais sans pathos. Le film est un succès en salles (plus de 800000 entrées) et récolte de nombreux prix dans les Festivals et six nominations aux César.

Nous voici en 2015 et Valérie Donzelli est en compétition, dans la cour des grands, avec Marguerite et Julien. On est très loin de ses précédentes réalisations puisqu'il s'agit d'un film historique (et romantique).

En plein XVIe siècle, Julien (Jérémie Elkaïm) et Marguerite (Anaïs Demoustier) de Ravalet, progénitures du seigneur de Tourlaville, s’aiment d’un amour tendre depuis leur enfance, qui, avec le temps, se transformer en passion incestueuse dévorante. Scandale. Ils doivent fuir… Mais la société ne l'entend pas ainsi: ils sont jugés pour adultère et inceste, accusations qu'ils nient, et sont condamnés à la décapitation.

Donzelli et Elkaïm ont adapté un scénario écrit dans les années 70 à l’origine par Jean Gruault pour François Truffaut, dont elle est fan. A 42 ans, l'ancienne vendeuse vosgienne de chez Ladurée a réussi à s'imposer avec un style singulier. Dès son premier film en tant que réalisatrice, La Reine des pommes (2009), elle séduit et obtient le prix du public au Festival Premiers Plans d'Angers. En 2012, avec Main dans la main (et Valérie Lemercier en vedette), elle prend quelques risques formels et propose une comédie presque musicale où la danse fait figure d'allégorie. On doit aussi ajouter à sa filmographie le téléfilm Que d'amour!, adaptation du Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux avec les comédiens de la Comédie-Française, pour Arte.

Car s'il y a bien un fil conducteur dans ses films, c'est le couple et sa capacité à résister sur la durée, cette passion romanesque qui peut se confronter aux obstacles du quotidien ou de la société. Burlesque ou tragi-comique, le style allège toujours les drames qui couvent. Donzelli l'avoue régulièrement: le désir est essentiel, et l'amour est fusionnel: "Je ne suis pas très intelligente, pas analytique, je raisonne comme une casserole, je suis foutraque..." Elle est aussi gourmande, "de rencontres, de vie, d’amour". D'Albator à Marilyn, ses héros reflètent sa génération touche-à-tout, insatiable, contradictoire, capable de passer des Fragments d’un discours amoureux, de Roland Barthes à King Kong Théorie de Virginie Despentes, de Lolita de Stanley Kubrick à Fenêtre sur cour d'Alfred Hitchcock

On retrouve cet éclectisme dans ses choix de comédienne. En tant qu'actrice, Donzelli a surtout été un second-rôle: Cette femme-là de Guillaume Nicloux, Qui a tué Bambi ? de Gilles Marchand, Le plus beau jour de ma vie de Julie Lipinski, Voici venu le temps d'Alain Guiraudie, L'Intouchable de Benoît Jacquot, Pourquoi tu pleures ? de Katia Lewkowicz, Les Grandes Ondes (à l'ouest) de Lionel Baier, Opium d'Arielle Dombasle, Saint Laurent de Bertrand Bonello, Les Chevaliers blancs de Joachim Lafosse...

La seule chose qui pourrait nous inquiéter c'est son rapport au jeu. En lice pour la Palme d'or, cette mauvaise joueuse acceptera-t-elle de perdre? "Je suis même prête à tout pour gagner" avoue-t-elle... Elle a la carte dans le cinéma français, mais pour le coup, à Cannes, ce n'est pas elle qui a les cartes en mains.

Cannes 2015: Nespresso organise un « Top Chef » du 7e art

Posté par cynthia, le 27 avril 2015

Durant le Festival de Cannes, Nespresso ne sera pas seulement le fournisseur de caféine des journalistes accrédités dans le Palais. La marque préférée de George Clooney et Jean Dujardin mettra aussi à l’honneur la gastronomie et le cinéma.

Du 14 au 23 mai 2015, à Cannes, Nespresso organisera la 2ème édition des dîners «Les chefs font leur cinéma» avec Yves Camdeborde, Christophe Dufau & Florent Ladeyn. Pour la réalisation de ce concept singulier, Nespresso invite ces 3 grands chefs à devenir les réalisateurs de dîners sur le thème du cinéma. Chacun d’entre eux s’inspirera d’un film qui a marqué l’histoire du Festival de Cannes pour imaginer un scénario en 5 plats, afin d'allier nourriture et septième art et ainsi émoustiller les papilles des 60 convives attendus autour d’un décor original qui (re)plongera dans l’univers du film.

C'est ainsi que l'on pourra déguster le plat d'Yves Camdeborde (Le Comptoir du Relais Saint Germain, Paris) s'inspirer de Sous le soleil de satan de Maurice Pialat (Palme d’Or au Festival de Cannes 1987), ou encore de Christophe Dufau (Les Bacchanales, Vence – 1* Michelin) du documentaire Le Monde du silence de Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle (Palme d’Or au Festival de Cannes 1956) et enfin du chef Florent Ladeyn (L’Auberge du Vert Mont, Boeschepe – 1* Michelin) du film Les 400 coups de François Truffaut (Prix de la mise en scène Festival de Cannes 1959).

Si vous n'avez pas la chance d'être sur la croisette, sachez que Nespresso organise un jeu concours (sur son site web dédié) afin de remporter un séjour pour deux (montée des marches, nuit dans un palace de la Croisette et dîner gastronomique Les Chefs font leur cinéma).

Enfin, rappelons que la Berlinale dispose, de son côté, d'une sélection cinéma et gastronomie.

Les Français et le cinéma : plébiscite de Louis De Funès, Sophie Marceau et Romy Schneider, Luc Besson…

Posté par vincy, le 30 mars 2015

Selon le sondage BVA-Doméo-Presse régionale, Louis de Funès reste l’acteur préféré (24,8%), Sophie Marceau est l’actrice préférée (33.9%), Luc Besson est de très loin le réalisateur préféré (42.5%) des Français.

Les monstres sacrés ont la vie dure

De Funès reste donc l'acteur favori en 2015, plus de 30 ans après sa mort. Mais attention, les femmes préfèrent Fabrice Luchini et ne le citent même pas parmi leurs cinq acteurs favoris. Et paradoxalement, les plus de 65 ans ne le choisissent pas non plus dans le Top 5, préférant surtout Philippe Noiret.

Lino Ventura (22.7%), Jean Reno (20.4%), Philippe Noiret, Fabrice Luchini, Bourvil, Jean Gabin, Jean Dujardin, Omar Sy et Guillaume Canet sont dans l'ordre les 9 autres acteurs préférés. La moitié des comédiens a disparu. Parmi les dix suivants, dans l'ordre, on note Belmondo, Auteuil, Depardieu, Lindon, Rochefort, Boon, Cornillac, Duris, Mérad et Delon. Etonnant? Dujardin plait davantage aux hommes quand Canet et Sy sont plébiscités par les femmes. Chez les jeunes, Dujardin est derrière De Funès et devant Sy. Mais leurs préférences ne résistent pas aux goûts des plus âgés qui préfèrent Luchini et Ventura.

La moitié des comédiennes ont débuté après Giscard

Sophie Marceau continue son histoire d'amour avec les Français. Avec 33.9% des citations, elle devance de justesse Romy Schneider (33.6%) et largement Catherine Frot (19.9%). Marceau et Schneider se retrouvent citées dans tous les Top 5, peu importe le sexe ou l'âge du répondant. Dans le Top 10, on retrouve sinon Marion Cotillard, Josiane Balasko, Annie Girardot, Simone Signoret, Catherine Deneuve, Karin Viard et Audrey Tautou. Deux actrices de ce classement sont disparues, ce qui distingue très clairement les actrices des acteurs. Suivent Adjani, Binoche, Kiberlain, Huppert, Bonnaire, Ardant, Gainsbourg, Laurent, Mimie Mathy, Bardot. Là encore la moyenne d'âge des comédiennes favorites est beaucoup plus jeune que celle des acteurs. Par segmentation, Marceau domine chez les hommes, les 18-34 ans et les 35-64 ans quand Schneider a la préférence des femmes et des plus de 65 ans. Les seniors se distinguent aussi en étant les seuls à ne pas citer Frot, Balasko et Cotillard dans leur Top 5 puisqu'ils choisissent Signoret, Girardot, et Deneuve.

Pas de place pour les jeunes cinéastes

Sans surprise, Luc Besson est de très loin le réalisateur préféré des Français (42.5%), devant Gérard Oury (19.6%) et François Truffaut (18.9%).
Derrière on trouve Claude Chabrol, Guillaume Canet, Bertrand Tavernier, Jacques Audiard, Jean-Jacques Annaud, Patrice Leconte et Dany Boon. Puis suivent Zidi, Blier, Veber, Klapisch, Lautner, Resnais, Sautet, Jeunet, Clouzot et Becker. Dans ce top 20 seuls deux cinéastes ont commencé leur carrière dans les années 2000 et seulement deux autres dans les années 90. C'est dire que le renouvellement n'est pas pour demain. Et si Besson domine chez les hommes, les femmes, les jeunes, les 35-64 ans, c'est Chabrol qui a les faveurs des seniors.

Si on compare avec la liste des 20 films préférés des Français, on n'est pas étonné de retrouver un tel classement. Tout juste sera-t-on surpris de ne pas voir mentionner François Cluzet (dans deux films favoris des Français), Christian Clavier (5 films), Thierry Lhermitte (3 films) et Jamel Debbouze (2 films).

2014: les 10 stars les plus populaires de l’année

Posté par vincy, le 2 janvier 2015

En 2014, vous avez plébiscité deux légendes différentes du 7e art. D'abord François Truffaut dont on célébrait les 30 ans de sa disparition. La Cinémathèque française lui a consacré une grande exposition, les télévisions ont largement diffusé ses films. Ensuite Brigitte Bardot qui fêtait ses 80 ans avec de nombreux livres, des émissions de télé et différents hommages cathodiques et cinématographiques. Grand écart qui montre à quel point les stars d'hier peuvent encore rivaliser avec celles d'aujourd'hui. Ryan Gosling n'a eu aucun film à 'laffiche, hormis sa première réalisation présentée à Cannes. mais le beau gosse est incitestablement populaire. Keanu Reeves a pu profiter de son grand come-back (trois films, un documentaire). Johnny Depp est boudé dans les salles mais reste très présent dans les médias. Brad Pitt et DiCaprio restent des valeurs sûres et on su séduire leurs fans, avec, respectivement, Fury et Le Loup de Wall Street. Côté filles, on en compte trois: la très populaire Sophie Marceau, Kirsten Dunst (The Two Faces of January a été l'un des 30 films les plus consultés sur notre site) et Penelope Cruz (qui n'a eu aucun film au cinéma, mais était omniprésente sur les écrans avec une pub pour Schweppes et uen autre pour Lancôme).
Notons sinon les percées de Christoph Waltz, Jessica Chastain et Jennifer Lawrence (12e).

  1. François Truffaut
  2. Brigitte Bardot
  3. Ryan Gosling
  4. Sophie Marceau
  5. Kirsten Dunst
  6. Keanu Reeves
  7. Johnny Depp
  8. Penelope Cruz
  9. Brad Pitt
  10. Leonardo DiCaprio

Acteur, scénariste et dialoguiste de génie, Daniel Boulanger nous quitte

Posté par vincy, le 28 octobre 2014

daniel boulanger à bout de souffle godardL'écrivain et scénariste Daniel Boulanger est décédé hier soir à 92 ans. Prix Goncourt de la nouvelle pour "Fouette Cocher!", Prix de l'Académie française pour "Vessies et lanternes", juré Goncourt de 1983 à 2008, il était l'auteur d'une soixantaine de romans.

À partir des années 1960, cet homme trapu, le crâne rasé, et le regard bleu acier, a fait l'acteur. Inspecteur Vital dans À bout de souffle, truand dans Tirez sur le pianiste, il a prêté sa gueule à Godard, de Broca, Truffaut, Chabrol, Lelouch et même Zidi, en directeur de banque, dans La zizanie.

C'est surtout en tant que scénariste que l'écrivain a gagné ses lettres de noblesses dans le 7ème art. Et sa filmographie à ce titre est palpitante. Pour de Broca, il écrit quelques unes des meilleures comédies françaises parmi lesquelles Cartouche, L'homme de Rio, Les tribulations d'un chinois en Chine, Le Diable par la queue, Les caprices de Marie, Chouans!. Pour Chabrol, il s'amuse avec Les sept pêchés capitaux, Marie-Chantal contre le docteur Kha, La route de Corinthe et Le cheval d'orgueil. Parmi ses autres films, passant de la comédie au polar, on retient La vie de château de Jean-Paul Rappeneau, Les pétroleuses de Christian-Jacques, Le plus vieux métier du monde de Claude Autant-Lara, L'affaire Dominici de Claude Bernard-Aubert, Police Python 357 d'Alain Corneau.

Boulanger a également signé les dialogues de films cultes comme Peau de banane de Marcel Ophuls, Angélique marquise des anges, Le voleur de Louis Malle, Monnaie de singe d'Yves Robert et Les mariés de l'an II de Rappeneau.

Le jeu comique de Belmondo lui doit beaucoup. De Montand à Noiret, de Deneuve à Marielle, les plus grands ont incarné ses personnages et ses mots à l'écran.

Avec L'homme de Rio, il avait été nommé en 1965 à l'Oscar du meilleur scénario, aux côtés de Jean-Paul Rappeneau, Ariane Mnouchkine et Philippe de Broca. Il avait reçu le prix du meilleur scénario au Festival de Locarno en 1960 pour Le farceur, comédie de de Broca avec Anouk Aimée et Jean-Pierre Cassel.

Fin de vadrouille pour Marie Dubois (1937-2014)

Posté par redaction, le 15 octobre 2014

marie duboisMarie Dubois est morte à l'âge de 77 ans ce mercredi 15 octobre, près de Pau. Elle était jolie, talentueuse, avec ce visage un peu moderne des Annie Girardot dans les années 60. Elle aura donné la réplique aux plus grands: Belmondo, Trintignant, Depardieu, Moreau, Huppert, Brasseur, Montand, De Funès, Noiret, Giannini, Kinski, Blier, Piccoli, Brynner, Fonda (père et fille), Lafont, Ventura, Lollobrigida, Simon...

Mais une sclérose en plaques la ronge depuis ses 23 ans et l'oblige a, progressivement, quitté les plateaux de cinéma depuis le milieu des années 80.

Dans un entretien au site Doctissimo, le 25 février 2003, elle explique: « J'avais 23 ans lorsque la maladie s'est déclarée. C'était après le tournage du film de François Truffaut Tirez sur le pianiste. Heureusement, cette première alerte n'a pas été trop sévère et je me suis empressée de l'oublier ; mais la maladie, elle, ne m'a pas oubliée Elle m'a rattrapée après le tournage de La menace, avec Alain Corneau, quelques vingt ans plus tard. Ces années de répit m'ont permis de mener à bien ma carrière sans que la maladie ne soit omniprésente. »

Née Claudine Huzé le 12 janvier 1937 à Paris, elle débute avec la Nouvelle vague, tournant avec Eric Rohmer (Signe du lion, 1959), Jean-Luc Godard (Une femme est une femme, 1961) et François Truffaut (Tirez sur le pianiste, 1960, Jules et Jim, 1962). Truffaut fut son mentor. C'est lui qui a choisi son nom de scène (emprunté à un roman de Jacques Audiberti, intitulé Marie Dubois).

La Grande Vadrouille et douze ans plus tard un césar

Après ses débuts, Marie Dubois, actrice capable d'être tragédienne et dramatique autant que comique, va alterner les grands succès populaires et les grands auteurs: Week-end à Zuydcoote d'Henri Verneuil, La Chasse à l'homme d'Édouard Molinaro, La Ronde de Roger Vadim, Les Grandes Gueules de Robert Enrico, Le Voleur de Louis Malle et bien entendu La Grande Vadrouille de Gérard Oury en 1966.

De 1967 à 1973, elle tourne souvent, mais les films sont moins remarquables. On la voit quand même dans Gonflés à bloc avec Tony Curtis, Bourvil et Mireille Darc et elle obtient le prix d'interprétation de l'Académie Nationale du Cinéma pour son rôle dans Les Arpenteurs en 1972.

En 1973, lle retrouve alors un second souffle, avec Le Serpent d'Henri Verneuil, Vincent, François, Paul et les autres de Claude Sautet, L'innocent de Luchino Visconti, La Menace d'Alain Corneau, qui lui vaudra un César du meilleur second rôle féminin en 1978, Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais et Garçon ! de Claude Sautet.

A partir de 1984, elle se raréfie. Elle est nominée au César du meilleur second-rôle pour Descente aux enfers de Francis Girod, en 1987. On la retrouvera en vieille duchesse dans Les Caprices d'un fleuve de Bernard Giraudeau et chez Claude Chabrol dans Rien ne va plus.

En 2002, elle publie ses mémoires, J'ai pas menti, j'ai pas tout dit (Plon).

Festival Lumière – Jour 1: Ted Kotcheff et Faye Dunaway in the Town

Posté par Morgane, le 14 octobre 2014

Le Festival Lumière à Lyon a fait claquer son clap d'ouverture! Et pour cette 6ème édition, les festivaliers ont eu droit à des séances supplémentaires avant même l'ouverture officielle du lundi soir… Pour ma part ça a été Wake in frightde Ted Kotcheff (surtout connu pour son opus Rambo) à qui le festival rend hommage cette année.

Un film sauvé de la destruction
Le réalisateur canadien était présent pour nous dire quelques mots avant la projection. On apprend alors que le film a été apprécié par la critique lors de sa sortie mais boudé par le public australien qui n'aimait pas du tout le portrait que Ted Krotcheff dressait d'eux (qui est en effet assez peu reluisant). Et le réalisateur d'enchaîner: "Savez-vous pourquoi j'aime les Français? Quand le film a été présenté à Cannes en 1971, il a eu les honneurs de la critique mais aussi l'amour du public!". En effet le film est resté 9 mois dans les salles parisiennes puis a disparu littéralement pendant 25 ans! En 1996, un producteur australien s'est demandé ce qu'il était advenu et est parti à sa recherche, mais en vain. Puis le monteur du film (qui adorait Wake in fright) s'est lancé lui-même à sa recherche durant 13 ans. Londres, Dublin, New York pour finalement retrouver négatifs, bandes-sons etc. à Pittsburgh, dans une boîte sur laquelle il était inscrit "for destruction". "À une semaine près le film était détruit" nous dit Ted Krotcheff, amusé…

Mais heureusement que ce ne fut pas le cas: ce film quelque peu inclassable est une très belle découverte, qui nous plonge de suite dans une atmosphère bien particulière. La scène d'ouverture, un panorama sur un hôtel miteux et une école perdus au milieu du désert australien, scindé en deux par une voie de chemin de fer. L'ambiance est posée en quelques minutes seulement. L'immensité est omniprésente et pourtant, d'entrée de jeu, on étouffe. La scène de fin, la même que celle d'ouverture, métaphore de cet endroit d'où l'on ne peut s'échapper, accentue ce sentiment oppressant. Le soleil écrasant, la sueur qui perle sur les visages, tout semble poisseux, collant.

Une plaque Ted Kotcheff sur le mur des cinéastes
John Grant, jeune instituteur, doit rentrer à Sidney pour retrouver sa petite amie lors des vacances de Noël. Mais en route il se retrouve en quelque sorte bloqué à Yabba, ville étrangement étrange où tout le monde est très - trop - accueillant et qui se révèlera finalement être une ville cauchemar pour John. Ville qui va le plonger dans la douce folie de ses habitants l'entraînant peu à peu dans une véritable descente aux enfers durant laquelle il va perdre contact avec la réalité.

Ted Kotcheff donne à son film un rythme déconcertant pour le spectateur alternant des scènes qui semblent n'en plus finir au point de nous enivrer, suivies d'un retour au calme qui fait suite à la tempête, pour que celle-ci reprenne ensuite le dessus de plus belle. Le spectateur est baladé, ballotté tout comme le héros qui a bien du mal à reprendre son souffle.

Donald Pleasance y est superbe en docteur mi-sage mi-fou, parfois bouée de sauvetage mais doux dingue avant tout. Ce film est surtout surprenant et donne le "la" au festival. À l'issue de la projection, Ted Kotcheff s'est rendu rue du Premier Film pour inaugurer sa plaque sur le Mur des Cinéastes.

4000 personnes à l'ouverture
L'ouverture officielle du Festival Lumière à la Halle Tony Garnier s'est déroulée devant plus de 4000 personnes. Thierry Frémaux et Bertrand Tavernier présidaient la cérémonie durant laquelle on a pu apercevoir Nicole Garcia, Michel Legrand, Pierre Richard, Jerry Schatzberg, Jean-Hughes Anglade, Richard Anconina, Michael Cimino, Laetitia Casta, Tonie Marshall et quelques autres ainsi que Gérard Collomb (maire de Lyon) et Jean-Jack Queyranne (président du conseil régional de Rhône-Alpes).

Et pour ouvrir cette 6ème édition allait être projeté le classique d'Arthur Penn, Bonnie and Clyde (1967, 10 nominations aux Oscars), en présence d'une Faye Dunaway émue aux larmes. "Voici quelques mots pour décrire notre art: excellence, intelligence, intuition et surtout beauté, juste la beauté. Car si c'est beau c'est forcément de l'art. C'est pour cela qu'on travaille, qu'on espère, pour chaque film, chaque personnage. Et sans vous tous, je ne serai pas la même Faye Dunaway."

Un scénario destiné à Truffaut puis Godard
Bertrand Tavernier a ensuite dit quelques mots sur le film. On a ainsi appris que Faye Dunaway est arrivée sur le film de Bonnie and Clyde un peu par hasard, par un concours de circonstances. Curtis Hanson a fait des photos d'elle et celles-ci ont intrigué Arthur Penn et Warren Beatty. C'est donc un peu grâce à lui que Faye Dunaway est devenue Bonnie Parker.

Le scénario, lui, avait été écrit en premier lieu pour François Truffaut puis pour Jean-Luc Godard. Il a ensuite été refusé par plusieurs réalisateurs - dont Arthur Penn d'ailleurs car il ne voulait pas que Clyde Barrow soit bisexuel. Warren Beatty a insisté et Arthur Penn a finalement accepté en faisant quelques modifications et en transformant notamment Clyde Barrow en bisexuel impuissant. Peu de gens croyaient au film finalement, alors que ce fut un énorme succès dû, dit-on, à son côté anti-establishment.

Ce film a aussi pris beaucoup de libertés par rapport à la véritable histoire de Bonnie et Clyde qui n'étaient apparemment pas aussi magnifiques et romantiques. Et Tavernier de citer alors pour l'occasion: "Quand la légende devient plus intéressante que la réalité, imprimons la légende."

Les lumières s'éteignent, la légende s'illumine et la magie peut opérer…

Truffaut à la Cinémathèque et chez vous

Posté par vincy, le 10 octobre 2014

Depuis hier et jusqu'au 25 janvier 2015, la Cinémathèque française rend hommage avec une exposition consacrée à François Truffaut, dont on célèbre les 30 ans de sa disparition.

Vous ne pouvez pas la voir? Vous voulez prolonger l'expérience de cette expo? Il y a plusieurs moyens  d'y parvenir.

- Un catalogue (35€) de 240 pages qui paraît cette semaine. Coédité par la Cinémathèque et Flammarion, l'ouvrage compile archives personnelles du cinéastes, grands thèmes de son oeuvre, entretiens, photographies de tournages et documents inédits. De nombreux livres sur François Truffaut sont récemment parus.

- Une rétrospective intégrale du 8 octobre - avec une version restaurée du Dernier Métro en ouverture - au 30 novembre. A noter que le 25 octobre L'homme qui aimait les femmes sera présenté par Brigitte Fossey. La rétro est accompagnée d'un cycle "Autour de Truffaut" (des films dont il a été scénariste ou coproducteur) et de documentaires sur lui.

- Une programmation spéciale à la Cinémathèque, "Après François Truffaut: décalques et influences", rassemble des films de Pierre Salvadori, Arnaud Desplechin, Christophe Honoré, Jacques Doillon, Olivier Assayas, Pascale Ferran, Leos Carax, Jean Eustache, Valérie Donzelli, Noémie Lvovsky...

- Sur le site internet de la Cinémathèque, une exposition virtuelle sous forme de journal intime, , "Truffaut par Truffaut", divisé en 14 chapitres sera mis en ligne pour découvrir un Truffaut différent. Chaque lundi, la publication d'un chapitre révélera des archives de l'INA, de la Cinémathèque et celles du réalisateur.

- Deux journées François Truffaut. Les 6 et 7 novembre, des conférences (critique, acteur, littérature, technique) et des dialogues (autour du scénario, de la musique), une lecture et deux tables rondes seront organisées à la Cinémathèque.

- Une programmation pour le jeune public, ainsi que des ateliers Kinokids, des stages pendant la Toussaint est également prévue.

- L'intégrale de François Truffaut en DVD avec un coffret de 21 films.

- Un coffret de cinq CD avec un livret et des photos, qui compile l'ensemble des BOF de sa filmographie.

- Enfin, Arte rendra hommage au cinéaste du 27 octobre au 7 novembre avec la diffusion de La peau douce, Le dernier métro et un documentaire inédit François Truffaut, l'insoumis, et Les Quatre cents coups.

Cannes 2014 : Capra, Wenders, Oshima, Hitchcock, Truffaut, Kieslowski parmi les chefs d’oeuvres de Cannes Classics

Posté par MpM, le 30 avril 2014

cannes 2014Voilà déjà dix ans que le Festival de Cannes a créé la section Cannes Classics qui met à l'honneur le travail de valorisation du patrimoine effectué à travers le monde par les sociétés de production, les ayants droit, les cinémathèques ou les archives nationales.

Films anciens et chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma sont ainsi présentés dans des copies restaurées, en présence de ceux qui les ont restaurés et, quand ils sont encore vivants, de ceux qui les ont réalisés ou interprétés. Une manière pour le Festival "d’enchanter le rapport du public d’aujourd’hui avec la mémoire du cinéma" en accompagnant toutes les nouvelles exploitations des grandes œuvres du passé.

Pour cette 67e édition, 22 longs métrages et deux documentaires ont été sélectionnés. Ils seront projetés selon le désir de leurs ayants droit en format DCP 2K ou 4K. Comme le souligne le Festival "pour la première fois, qu’on le déplore ou qu’on le célèbre, aucune copie 35mm ne sera projetée à Cannes Classic". La fin d'une époque ?

Après la blonde Kim Novak, c'est Sophia Loren qui sera l'invitée d'honneur de la sélection. Pour l'occasion, deux films seront montrés en sa présence : La voce umana d'Edoardo Ponti qui marque son retour au cinéma et Mariage à l'italienne de Vittorio De Sica dont on fête le 50e anniversaire. L'actrice a par ailleurs accepté de présenter une "masterclass".

Deux autres anniversaires seront particulièrement célébrés : celui du western italien, né en 1964, avec la projection de Pour une poignée de dollars de Sergio Leone et celui de la Palme d'or 1984, l'envoûtant Paris, Texas de Wim Wenders.

Le reste de la sélection est éclectique et savoureux, permettant de naviguer un peu au hasard dans le meilleur du patrimoine cinématographique ou au contraire de découvrir des œuvres méconnues : Regards sur une révolution : comment Yukong déplaça les montagnes de Marceline Loridan et Joris Ivens, Contes cruels de la jeunesse de Nagisa Oshima, Les croix de bois de Raymond Bernard, Overlord de Stuart Cooper, La peur de Roberto Rossellini, Le hasard de Krzysztof Kieslowski, Le dernier métro de François Truffaut (à l’occasion des trente ans de la disparition de François Truffaut), Dragon Inn de King Hu, Le jour se lève de Marcel Carné, La couleur de la grenade de Sergei Parajanov, Leolo de Jean-Claude Lauzon, La vie de château de Jean-Paul Rappeneau, La taverne de la Jamaïque d'Alfred Hitchcock, Les violons du bal de Michel Drach, Les montagnes bleues d'Eldar Shengelaia, Horizons perdus de Frank Capra, La chienne de Jean Renoir, Tokyo Olympiades de Kon Ichikawa.

Il faut ajouter deux documentaires produits cette année : Life itself de Steve James, sur le critique de cinéma américain Roger Ebert, et The go-go boys: the inside story of cannon films sur l’histoire de Cannon Films et des producteurs Menahem Golan et Yoram Globus.

Enfin, Cannes Classics s'invite à nouveau au Cinéma de la plage (dont le programme complet sera annoncé ultérieurement) en faisant l'ouverture avec Huit et demi de Federico Fellini, projeté en hommage à Marcello Mastroianni et en écho à l’affiche de cette 67e édition du Festival.