Berlinale 2019 : Grâce à Dieu de François Ozon, reconstitution sensible rattrapée par l’actualité

Posté par MpM, le 8 février 2019

Première entrée française de cette 69e Berlinale, Grâce à Dieu, le nouveau film de François Ozon aborde la question de la pédophilie dans l'Eglise en relatant l'histoire des victimes du prêtre Bernard Preynat accusé d'attouchements sexuels sur de jeunes scouts dans la région de Lyon. Le film, qui s'est fait en secret, arrive au moment-même où le cardinal Barbarin et Régine Maire, psychologue au service du diocèse, attendent le verdict du procès dans lequel ils sont accusés d'avoir couvert les agissements du prêtre, et avant même que le principal accusé n'ait été jugé. Un recours a d'ailleurs été déposé pour reporter la sortie du film, prévue le 20 février, afin qu'il ne soit pas sur les écrans avant la fin de la procédure judiciaire.

Et le film, dans tout ça ? On comprend que les accusés (qui bénéficient jusqu'au verdict de la présomption d'innocence) ne soient pas particulièrement ravis d'y apparaître sous leur véritable nom, sans le voile pudique de la fiction pure (d'autant que les victimes, elles, n'apparaissent pas sous leur véritable identité). La narration est en effet un mélange de reconstitution quasi documentaire et d'enquête minutieuse racontant comment le premier plaignant a porté plainte contre le prêtre Preynat après avoir tenté une conciliation avortée avec l'Eglise, puis comment d'autres victimes se sont jointes à son combat en montant l'association "la parole libérée".

La première partie du film consiste ainsi notamment en un échange épistolaire (lu en voix-off) entre Alexandre Guérin (Melvil Poupaud) et Régine Maire d'une part, et le cardinal Barbarin d'autre part. Les enjeux y sont clairement posés, entre le besoin qu'éprouve la victime de voir le responsable sanctionné et la volonté de la hiérarchie religieuse d'amener l'affaire sur le terrain du pardon et de la repentance. Ces allers et retours entre les deux "camps", par le biais des lettres et des rencontres, se font sans temps mort, dans une forme de sécheresse narrative qui laisse très peu de place pour la fiction. Du personnage principal, on ne saura que ce qui a rapport à l'affaire, toute digression étant bannie, ou laissée hors champ.

François Ozon dresse ainsi en creux le portrait de l'accusé (pas vraiment à son avantage) mais aussi de Barbarin et de son équipe, présentés comme les gardiens d'une énorme machine rigide et froide qui ne pense qu'à sa propre sauvegarde. Le film décortique alors la stratégie d'évitement du cardinal, ainsi que l'incompréhension agacée, dénuée du moindre tact, de ceux qui l'entourent : "Pourquoi toujours remuer ces vieilles histoires ?" s'exclame l'un des responsables du diocèse.

On suit ensuite successivement deux autres personnages (interprétés par Denis Ménochet et Swann Arlaud) ayant été abusés par le prêtre, qui poursuivent le travail commencé par Alexandre Gérin. Le premier se met en quête d'autres victimes, en créant l'association "la parole libérée", et le second s'engage dans le mouvement, y trouvant un moyen de reconstruire sa vie. Le film bascule plus clairement dans le format de l'enquête, sans céder pour autant aux sirènes du sensationnalisme. L'aspect très clinique de la première partie laisse place à une fiction plus classique, avec quelques scènes qui permettent d'en savoir plus sur les personnages, et notamment d'appréhender les traces laissées, dans leur vie d'adulte, par les abus subis dans leur enfance.

François Ozon propose ainsi un récit sensible et pudique (malgré des flashbacks répétitifs qui n'apportent pas grand chose au récit) sur une tragédie humaine qui est celle des victimes de Lyon, mais qui pourrait être plus largement celle de toutes les victimes d'abus sexuels. Toutefois, difficile de nier que le film se fait plus précisément à charge contre l'Eglise en tant qu'institution toute-puissante qui n'a pas été capable de prendre la mesure de ce qui se passait dans ses rangs, et contre tous ceux qui ont été, volontairement ou non, les complices des agissements du prélat.

Quitte, parfois, à flirter avec un certain didactisme dans son propos. D'autant que les témoignages proposés par le film, ainsi que le récit qui est fait des agissements du cardinal Barbarin ou de ses proches, n'amènent pas vraiment le spectateur à douter de leur culpabilité, ce qui pose un vrai problème éthique. Car si on ne peut reprocher au réalisateur d'avoir voulu raconter "sa" vérité, qui est celle des victimes, on ne peut s'empêcher de s'interroger sur la pertinence de laisser le verdict de fiction s'exprimer avant celui de la justice.

Berlin 2019: François Ozon, Fatih Akin, Denis Côté en compétition

Posté par vincy, le 13 décembre 2018

On connait la présidente du jury, Juliette Binoche, le film d'ouverture, The Kindness of Strangers. Voici les premiers films retenus par la Berlinale pour sa 69e édition.

En compétition, on trouvera Der Boden unter den Füßen (The Ground Beneath My Feet) de Marie Kreutzer, Der Goldene Handschuh (The Golden Glove) de Fatih Akin (photo), Grâce à dieu de François Ozon, Ich war zuhause, aber (I Was at Home, but) de Angela Schanelec, A Tale of Three Sisters de Emin Alper, et Répertoire des villes disparues (Ghost Town Anthology) de Denis Côté.

Par ailleurs le Festival a déjà annoncé trois films hors-compétition dans le cadre de ses soirées de gala: Gully Boy de l'indien Zoya Akhtar, Brecht de l'allemand Heinrich Breloer, et Watergate, documentaire américain de Charles Ferguson.

Swann Arlaud, Melvil Poupaud, Eric Caravaca et Denis Ménochet dans le nouveau film de François Ozon

Posté par vincy, le 9 mars 2018

Cela fait trois semaines que François Ozon est en tournage. Le 12 février dernier, le réalisateur a repris le chemin des plateaux pour son 18e film, Alexandre.

Selon Le Film français, le cinéaste a rassemblé un casting inédit: Melvil Poupaud, un de ses acteurs fidèles (Le temps qu’il reste en 2005, Le refuge en 2010), Swann Arlaud, récent César du meilleur acteur pour Petit paysan, Denis Ménochet (avec qui Ozon avait tourné Dans la maison en 2012 et Eric Caravaca, nommé aux César pour son documentaire Carré 35.

Poupaud, Ménochet et Arlaud interprètent respectivement "Alexandre le catholique, François le baroudeur et Gilles l'écorché vif". En pleine crise de la quarantaine, ils se retrouvent et font le bilan de leur vie.

Alexandre sera produit par Mandarin, déjà en charge des six derniers films de François Ozon, dont le dernier, L'amant double, en compétition à Cannes et l'un de ses pires échecs (390000 entrées en France).

Mars distribuera le film.

Les films de Cannes dominent les nominations aux European Film Awards 2017

Posté par vincy, le 6 novembre 2017

Comme chaque année, les films nordiques et de la "Mittle-Europa" dominent les nominations des European Film Awards. Mais cette année, le cinéma français est particulièrement bien représenté avec 4 films nommés dans trois catégories (film, découverte, animation) et cinq artistes dans les catégories acteur, actrice et scénario. Joli doublé d'ailleurs côté comédiens puisque les Français s'octroient deux nominations côté masculin et côté féminin. Doublé également pour le cinéma français dans la catégorie animation.

Plus globalement, la Palme d'or The Square domine le nombre de citations avec 5 nominations. Dans la catégorie meilleur film, trois films cannois et deux berlinois se disputeront le prix suprême. Le Festival de Cannes est une fois de plus particulièrement bien représenté avec 15 nominations dans les 5 catégories principales révélées hier.

Film européen :
120 battements par minute de Robin Campillo (France)
The Square de Ruben Östlund (Suède)
Faute d’amour d’AndreÏ Zvyagintsev (Russie)
Corps et âme, de Ildikó Enyedi (Hongrie)
De l'autre côté de l'espoir d’Aki Kaurismäki (Finlande)

Réalisateur européen :
Ildikó Enyedi pour Corps et âme
Aki Kaurismäki pour L’autre côté de l’espoir
Yórgos Lánthimos pour pour Mise à mort du Cerf sacré
Ruben Östlund pour The Square
Andrey Zvyagintsev pour Faute d’amour

Actrice européenne :
Juliette Binoche pour Un beau soleil intérieur
Paula Beer pour Frantz
Isabelle Huppert pour Happy End
Florence Pugh pour The Young Lady
Alexandra Borbély pour Corps et âme

Acteur européen :
Nahuel Pérez Biscayart pour 120 battements par minutes
Colin Farrell pour Mise à mort du Cerf sacré
Claes Bang pour The Square
Josef Hader pour Stefan Zweig, Adieu l’Europe
Jean-Louis Trintignant pour Happy End

Scénariste européen :
Ildikó Enyedi pour Corps et âme
Yórgos Lánthimos et Efthymis Filippou pour Mise à mort du Cerf sacré
Andrey Zvyagintsev et Oleg Negin pour Faute d’amour
Ruben Östlund pour The Square
François Ozon pour Frantz

Documentaire européen :
Austerlitz de Sergei Loznitsa (Allemagne)
Communion d’Anna Zamecka (Pologne)
Stranger in Paradise de Guido Hendrikx (Pays-Bas)
The Good Postman de Tonislav Hristov (Bulgarie)
La Chana de Lucija Stojevic (Espagne)

Comédie européenne :
King of the Belgians de Jessica Woodworth et Peter Brosens (Belgique, Pays-Bas, Bulgarie)
The Square de Ruben Östlund (Suède)
Vincent et la fin du monde, de Christophe van Rompaey (Belgique)
Willkommen bei den Hartmanns de Simon Verhoeven (Allemagne)

Découverte européenne-prix Fipresci :
Petit paysan de Hubert Charuel (France)
Godless de Ralitza Petrova (Bulgarie)
The Young Lady de William Oldroyd (Royaume-Uni)
Été 93 de Carla Simón (Espagne)
The Eremites de Ronny Trocker (Allemagne)

Film d’animation européen :
Ethel & Ernest de Roger Mainwood (Royaume-Uni)
Louise en hiver de Jean-François Laguionie (France)
La passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman (Pologne, Royaume-Uni)
Zombillénium d’Arthur de Pins et Alexis Ducord (France)

Cannes 2017: quels habitués pourraient revenir sur la Croisette?

Posté par vincy, le 7 avril 2017

Dans quelques jours, Thierry Frémaux va présenter le programme de la sélection officielle cannoise. Un peu plus tôt que prévu pour un festival qui commencera un peu plus tard que d'habitude, élection présidentielle française oblige. Il y aura des habitués, des espoirs montants et des auteurs réputés. Le cocktail habituel.

Les "abonnés" du Festival sont nombreux à être dans la course, mais ils ne seront pas tous élus. Ainsi le film Mektoub is Mektoub d'Abdellatif Kechiche ne pourra certainement pas faire le déplacement puisque sa saga familiale a donné finalement deux films (Les dés sont jetés, Pray for Jack) et sort ainsi de la zone contractuelle avec son financeur, France Télévisions. Une procédure risque d'empêcher le cinéaste palmé d'être à Cannes cette année. De même rien ne dit que Amant double de François Ozon ne soit prêt.

Pour le reste, les films suivants ne seront pas tous en compétition, ou même en sélection officielle. Certains opteront aussi pour une première plus tardive à Venise ou Toronto, quand d'autres ne trouveront tout simplement pas leur place dans le menu équilibriste du sélectionneur.

La bataille française va faire rage, comme chaque année. Car, aux titres suivants, il faut ajouter ceux que nous mentionnerons dans nos articles autour des étoiles montantes ou des grands auteurs (plus rares sur la Croisette): Jeannette de Bruno Dumont, Redoutable de Michel Hazanavicius (qui pourrait être un film d'ouverture), Les fantômes d'Ismaël d'Arnaud Desplechin, Barbara de Mathieu Amalric, Nos années folles d'André Téchiné et D'Après une histoire vraie de Roman Polanski sont les grands noms les plus propices à entrer dans la compétition.

Côté européen, on attend du poids lourd avec de multiples palmés et primés cannois: The Killing of a Sacred Deer de Yorgos Lanthimos, Submergence de Wim Wenders, The Square de Ruben Östlund, You Were Never Really Here de Lynne Ramsay, A Gentle Creature de Sergei Loznitsa, Happy End de Michael Haneke (on peut parier sur celui-là), In The Fade de Fatih Akin, Loveless d'Andreï Zyaguintsev, Thelma de Joachim Trier, Superfluous Man de Kornel Mundruczo et Wild Pear Tree de Nuri Bilge Ceylan.

D'Asie, on attend A Radiance (Hikari) de Naomi Kawase, The Third Murder de Hirokazu Kore-eda, Before We Vanish de Kiyoshi Kurosawa et La caméra de Claire de Hong Sang-soo. Ce dernier film est, avec le Hzneke et le Bozon, l'un des trois films avec Isabelle Huppert qui pourrait monter les marches.

D'Afrique, on pourrait revoir Mahamat-Saleh Haroun (Une saison en France).

Enfin, des Amériques, le contingent d'abonnés n'est pas en reste: Wonderstruck de Todd Haynes, The Beguiled (Les proies) de Sofia Coppola, Downsizing d'Alexander Payne (même si rien n'est certain sur l'achèvement du film qui nécessite pas mal d'effets spéciaux), Logan Lucky de Steven Soderbergh, et bien sûr Wonder Wheel de Woody Allen (forcément hors-compétition). Plus au sud, Zama de Lucrecia Martel, April's Daughter de Michel Franco et Where Life is Born de Carlos Reygadas tiennent la corde. Comme on le verra au fil de cette série ce pourrait être une année très mexicaine.

François Ozon enrôle Jacqueline Bisset et Jérémie Renier

Posté par vincy, le 22 décembre 2016

François Ozon s'offre une nouvelle icône du cinéma pour son prochain film: Jacqueline Bisset (Bullitt, Le Magnifique). L'actrice britannique francophone et francophile sera entourée de Jérémie Renier, qui a déjà été filmé par Ozon dans Les amants criminels en 1999 puis Potiche en 2010, et Marine Vacth qu'il avait révélé avec Jeune et Jolie en 2013.

L’Amant Double s'annonce comme un thriller érotique. Le tournage débute en cette fin d'année. Mandarin assure la production, comme pour la plupart des films de Ozon depuis Potiche.

Pour Bisset, c'est un retour au cinéma français. L'actrice, née en 1944, n'avait pas joué dans un film hexagonal depuis Les Gens qui s'aiment de Jean-Charles Tacchella en 2000. Elle vient de tourner un film d'action autour du 11 septembre 2001, Nine eleven de Martin Guigui et le thriller politique Backstabbing for Beginners, avec Theo James, du danois Per Fly. Bisset a reçu une nomination aux César pour La cérémonie de Claude Chabrol, il y a 20 ans, comme second-rôle féminin.

Oscars 2017: parmi les 4 finalistes français, lequel aurait le plus de chance de l’emporter?

Posté par vincy, le 13 septembre 2016

Ce mardi 13 septembre, dans la matinée, au Centre national du cinéma et l'image animée (CNC), et sous la présidence de Frédérique Bredin, la Commission chargée de la sélection du film représentant la France pour l'attribution de l'Oscar du meilleur film étranger s'est érunie. Thierry Frémaux, Alain Terzian, Jean-Paul Salomé, Teresa Cremisi, Sandrine Bonnaire, Léa Seydoux et Eric Toledano ont présélectionné quatre finalistes. Le futur candidat pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère sera révélé le 26 septembre, après l'audition du producteur et du vendeur international de chaque film.

Rappelons que pour être recevable, un film doit être sorti en France entre le 1er octobre 2015 et le 30 septembre 2016, avoir un contrôle artistique majoritairement détenu par des citoyens ou résidents français, et être distribué aux Etats-Unis.

  • Cézanne et moi de Danièle Thompson (Distribué aux Etats-Unis par Magnolia)

Atouts: le sujet avant tout. Après Renoir (joli succès aux USA), l'académisme français pourrait retenter le coup avec Paul Cézanne et Emile Zola. Deux figures artistiques connues et représentant "la qualité française. On peut aussi penser que la notoriété de Guillaume Canet est un avantage.
Handicaps: pas encore sorti, le film doit parier sur son éventuel succès (pas assuré du tout). Danièle Thompson n'est pas non plus une cinéaste qu'on attendrait aux Oscars. Son cinéma populaire est à mille lieues des récents films nommés ou vainqueurs dans cette catégorie.
Côte: 10%

  • Elle de Paul Verhoeven (Sony)
  • Atouts: La notoriété hollywoodienne de Paul Verhoeven, la célébrité dans le circuit d'Isabelle Huppert, la qualité indéniable du film et les critiques très favorables depuis Cannes, y compris par la presse américaine. On peut compter sur un distributeur comme Sony pour en faire un succès dans sa catégorie dans les salles américaines. A l'instar de Dans ses yeux, le thriller peut séduire l'électorat.
    Handicaps: la morale et le sujet même de l'histoire peuvent dérouter le puritanisme américain et son absence de prix ne le place pas en favori automatique face à d'autres concurrents d'autres pays.
    Côte: 80%

  • Frantz de François Ozon (Music box)
  • Atouts: Le réalisateur est connu, apprécié, il est même membre de l'Académie. Le sujet franco-allemand, évoquant la réconciliation d'après guerre, lui-même remake d'un film de Lubitsch peut séduire. L'esthétique peut aussi plaire tout comme le style mélodramatique.
    Handicaps: critiques partagées, sans prix majeur ni succès public, Frantz dépend beaucoup de sa réception américaine.
    Côte: 40%

  • Les innocentes d’Anne Fontaine (Music box)
  • Atouts: Après trois mois d'exploitation, le film a récolté un million de $ dans les salles nord-américaine. En sélection officielle à Sundance, ce drame d'Anne Fontaine cumule les bons critères (le sujet en lui-même, la foi, la guerre, les femmes) et a tout d'un film oscarisable.
    Handicaps: Pour toutes ces raisons, il pourrait être le favori, mais on pense automatiquement à Ida, film polonais oscarisé il y a deux ans. La comparaison pourrait être son détriment.
    Côte: 70%

Venise 2016: Kusturica, Ford, Malick, Ozon, Brizé, Larrain, Escalante et Wenders en compétition

Posté par vincy, le 28 juillet 2016

La 73e édition du Festival de Venise, du 31 août au 10 septembre, a dévoilé sa sélection officielle. En compétition, on retrouve pas mal de films pressentis pour Cannes, mais pas forcément prêts ou recalés, et un certain nombre de poids lourds du cinéma mondial. Côté français, on note la présence de François Ozon et de Stéphane Brizé. On peut y ajouter deux coproductions françaises signées Wim Wenders et Christopher Murray. Le cinéma latino-américain est bien représenté par trois films, un an après le Lion d'or pour un film vénézuélien. Le chilien Pablo Larrain est cette fois-ci sélectionné avec un film américain, un biopic qu'on n'attendait pas si tôt. Il aura enchaîné El Club (Grand prix du jury à Berlin en 2015), Neruda (Quinzaine des réalisateurs 2016) et donc Jackie en compétition à Venise. Les Etats-Unis sont en force avec sept productions. En revanche, hormis un film philippin, l'Asie est complètement absente. Notons enfin la présence de deux documentaires, dont celui de Terrence Malick.

The Bad Batch d’Ana Lily Amirpour
Une vie de Stéphane Brizé
La La Land de Damien Chazelle ouverture
The Light between Oceans de Derek Cianfrance
El ciudadano ilustre de Mariano Cohn et Gaston Duprat
Spira Mirabilis de Massimo D’Anolfi et Martina Parenti documentaire
Ang Babaeng Humayo (The Woman who left) de Lav Diaz
La region salvaje d’Amat Escalante
Nocturnal Animals de Tom Ford
Piuma de Roan Johnson
Rai (Paradise) d’Andreï Konchalovsky
Brimstone de Martin Koolhoven
Na mlijecnom putu (On the Milky Road) d’Emir Kusturica
Voyage of time de Terrence Malick documentaire
El cristo ciego de Christopher Murray
Frantz de François Ozon
Questi giorni de Giuseppe Piccioni
Premier contact (Arrival) de Denis Villeneuve
Les beaux jours d’Aranjuez (3D) de Wim Wenders
Jackie de Pablo Larrain

Tournages: Pierre Niney passe de François Ozon à Jérôme Salle

Posté par vincy, le 12 octobre 2015

Pas étonnant qu'il ait quitté la Comédie française: Pierre Niney enchaîne les tournages et les voyages. Fin août, il a commencé celui du nouveau film de François Ozon, Frantz. En Allemagne, en Saxe et dans le Limousin, Ozon revient au drame en costumes, avec un récit qui se déroule juste après la première guerre mondiale. Le tournage s'achève cette semaine. Niney incarne Adrien (en photo), un jeune français qui vient fleurir la tombe de Frantz, le fiancé d'Anna tué pour la France. Sa présence trouble et suscite de nombreuses questions. Paula Beer, Marie Gruber, Ernst Stötzner, Johann von Bülow et Anton von Lucke complètent le casting de cette co-production franco-allemande.Mars distribution n'a pas encore daté le film dans son calendrier.

Une fois le Ozon terminé, Pierre Niney embarquera pour L'Odyssée de Jérôme Salle, film d'aventures sur le commandant Cousteau. Le tournage a débuté en septembre en Croatie pour deux semaines et va reprendre en octobre en Afrique du sud puis en décembre dans l'Antarctique. Pierre Niney interprète le fils du commandant Cousteau, Philippe, tandis que Lambert Wilson et Audrey Tautou seront ses parents. Le scénario a été écrit à partir de deux livres: celui de Jean-Michel Cousteau, Mon père, ce commandant, et celui d'Albert Falco, un des membres de l'équipe Cousteau, Capitaine de la Calypso. L'Odyssée sortira en salles le 12 octobre 2016.

Et puis après ces deux films, Pierre Niney débutera en janvier Ports of Call, d'Atiq Rahimi, d'après les Échelles du Levant d’Amin Maalouf. Il jouera aux côtés de Golshifteh Farahani et de Louis Garrel (lire notre actualité du 1er août).

La Grande Bellezza triomphe en beauté aux European Film Awards

Posté par vincy, le 8 décembre 2013

toni servillo la grande bellezza

Hier soir à Berlin, l'Académie du cinéma européen a célébré les vainqueurs de l'année. Et ce fut une razzia pour La Grande Bellezza de Paolo Sorrentino, en compétition au dernier Festival de Cannes (et snobé au palmarès), qui n'a laissé que quelques miettes à ses concurrents. Meilleur film européen, meilleur réalisateur, meilleur acteur (Toni Servillo), meilleur montage (Cristiano Travaglioli) : rarement un film a été autant récompensé lors de cette cérémonie. L'Italie devient le pays le plus récompensé par le trophée du meilleur film européen avec ce cinquième lauréat, 5 ans après Gomorra. Toni Servillo reçoit son deuxième prix du meilleur acteur européen, 5 ans après celui pour Il divo, toujours de Sorrentino.

catherine deneuve wim wendersLes 26e European Film Awards, qui souffrent toujours de notoriété (la soirée est retransmise en différé ce soir sur Arte en France, on pouvait la suivre en direct sur Internet), ont été marqués par les deux prix honorifiques remis à Pedro Almodovar (pour sa contribution au cinéma mondial) et Catherine Deneuve (pour l'ensemble de sa carrière). Almodovar en a profité pour dénoncer la politique suicidaire du gouvernement espagnol en matière de cinéma ; tandis que Deneuve, qui recevait son prix des mains de Wim Wenders, a déclaré se sentir "européenne".

Le cinéma français n'est pas reparti bredouille. François Ozon a reçu le prix du meilleur scénario (Dans la maison) ; Ari Folman, qui a produit l'essentiel des séquences animées de son film Le Congrès en France, a été honoré du prix du meilleur film d'animation ; et La cage dorée de Ruben Alves a récolté le prix du public.

L'Europe du sud s'en tire d'ailleurs bien, malgré un contexte économique difficile pour ses cinématographies. Côté Israël, outre Folman, le prix Carlo di Palma du meilleur chef opérateur est revenu à Asaf Sudry (Fill the Void) ; le prix des meilleurs costumes a été décerné à Blancanieves ; et le prix du compositeur de l'année a été légitimement attribué à Ennio Morricone (pour The Best Offer). N'oublions pas le prix européen de la coproduction, décerné à un producteur, en l'occurrence la roumaine Ada Solomon (dont le film Mère et fils a reçu l'Ours d'or en février dernier).

Côté Europe du nord, Love is all you need de la danoise Susanne Bier a été élu comédie européenne de l'année ; The Act of Killing du danois Joshua Oppenheimer est reparti avec le prix du meilleur documentaire ; déjà couronné en Allemagne par les Césars du pays, Oh Boy! a été choisi comme meilleur premier film européen c(est la première fois qu'un film allemand emporte ce prix) ; le prix des meilleurs décors a distingué le film britannique Anna Karenine ; le prix du meilleur son est revenu au film autrichien Paradis : Foi.

Enfin la Belgique repart avec deux prix : le meilleur court métrage (Death of a Shadow de Tom Can Avermaet) et surtout le prix de la meilleure actrice pour Veerle Baetens (Alabama Monroe). Baetens devient ainsi la première belge a gagné un prix d'interprétation européen.